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11/11/2010

Pierre Lévy-Soussan : "On n'adopte pas pour sauver un enfant"

On n adopte pas pour sauver un enfant Levy-Soussan.jpgJulien Arnaud reçoit Pierre Lévy-Soussan, pédopsychiatre spécialisé dans l'adoption. Dans son dernier ouvrage, "Destins de l'adoption" aux éditions Fayard, il répond à bon nombre d'idées reçues.


Source : TF1 News. Interview-vidéo du 2 novembre 2010.

05/09/2010

Le film "Cherche un enfant, paie cash. Le lobby de l'adoption." parmi les nominés Kindernothilfe 2010 !

Kindernothilfe _ Medienpreis 2010_ Die Nominierten stehen fest.jpgDouze journalistes nominés pour Kindernothilfe Prix des Media.
Remise des prix le 12 Novembre à Berlin.

 

 

(Duisburg, le 5 août 2010). Un jury de cinq membres indépendants a choisi parmi 65 candidatures provenant de l'Allemagne, d'Autriche et de la Suisse, douze journalistes qui ont publié ces dernières années des travaux sur les droits de l'enfant. Sous les auspices de Christina Rau nomme et honore les gagnants du Kindernothilfe avec de nombreuses célébrités  a Berlin. "Dans les quatre catégories de TV, radio, presse écrite et photographie, cette année, cette le thème de fuite des migrations» est traité, explique Sascha Decker, porte-parole du Kindernothilfe. "Les soumissions ont été pour la plupart très forte. Le jury n'a pas eu une décision facile à prendre "

 

Harald Biskup (Kölner Stadt-Anzeiger), Oswald Eggenschwiler (NZZ am Sonntag), Renate Friedrich (n-tv), Andreas Fritzsche (chrisme) et Renata Schmidt Kunz (ORF) ont nommé les journalistes suivants pour le prix Kindernothilfe "Droits de l'enfant dans un Monde”:

TV: Gabriele Probst, "Laisser seuls - les enfants du sida en Ukraine" (Rundfunk Berlin-Brandenburg), Golineh Ataï, «Cherche enfant, payer en cash – Le Lobby d’Adoption» (WDR)  , Kajo Fritz, "L’ange de Ghana" (RTL )

Radio: Rebecca Hillauer, "Les jeunes âmes - des produits bon marché, les enfants dans le tourisme sexuel" (Rundfunk Berlin-Brandenburg), Keno Verseck, «Laissé seul» (Allemagne Funk), Jens Jarisch, «Les enfants de Sodome et Gomorrhe - Pourquoi les jeunes Africains fuient vers l'Europe »(Rundfunk Berlin-Brandenburg)

Imprime: Gaby Herzog, «Les esclaves de la maison de Port-au-Prince" (Neue Zürcher Zeitung), Meike Dinklage, «Sauvé» (Brigitte), le fusil Nicolas, «L'avant-garde du bonheur» (Der Spiegel)

Photo: Martin Steffen, «Enfants Restavec » (NZZ, RP, WDR, etc), Christoph Gödan, "Les Mères grandes» (continents), Hartmut Schwarzbach, "Les braves enfants de Diwalwal Gold" (Continents / magazine Missio)

Kindernothilfe donne ce prix des médias depuis 1999, avec une valeur de 2500 € dans ces catégories. Les contributions journalistiques exceptionnelles contribueront à sensibiliser le public aux droits des enfants, en particulier les abus des droits des enfants.

Source: Kindernothilfe.

 

 

 

07/01/2010

Corée. Une industrie de l’adoption s’est mise en place avec le service de placement des enfants sous la tutelle du ministère de la Santé et des Affaires sociales, et avec le soutien logistique d’organisations religieuses ou philanthropiques.

Une vie toute neuve.jpg"Une vie toute neuve", un film de Ounie Lecomte : à Corée à cri.
La cinéaste, abandonnée enfant à Séoul, puis adoptée par un couple français, exorcise ce trauma. Exil. Entre déracinement et révolte.

 

Nous sommes à Séoul en 1975. Jinhee, 9 ans, est laissée par son père dans un orphelinat de filles tenu par des bonnes sœurs. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, refuse de manger, se cache dans la cour, veut partir. Mais pour aller où ? A un moment donné, une des responsables, exaspérée par son mauvais comportement, lui ouvre le portail et lui dit qu’elle est libre. Evidemment, Jinhee reste dans cet endroit qu’elle déteste, loin des siens, de ceux qu’elle aimait et en qui elle avait toute confiance, que pourrait-elle faire d’autre ?

 

Une vie toute neuve nous met en contact avec les sensations subtiles de l’enfance désemparée et avec la peur universelle de l’abandon. Ounie Lecomte, qui réalise ici son premier long métrage, puise dans son propre parcours, même si le film ne raconte pas véritablement son histoire, qu’elle a écrit et réécrit plusieurs versions du scénario pour parvenir au cœur vivant d’une émotion qui était comme bloquée dans un passé indicible.

 

Ounie Lecomte a 8 ans, en effet, quand sa grand-mère et un oncle prennent le bus avec elle vers une destination inconnue : «Je me souviens d’une certaine excitation, il allait se passer quelque chose d’extraordinaire. Je faisais mille caprices en chemin pour manger des gâteaux. Je ne me souviens pas du moment où on m’a laissée à l’orphelinat, tout s’est effacé. Plus tard, j’ai ressenti un sentiment de révolte : ils avaient cédé à tous mes caprices parce qu’ils savaient ce qui m’attendait, comme on obéit aux dernières volontés d’un prisonnier avant l’échafaud.»

Elle n’est pas orpheline quand on l’abandonne, ses parents se sont simplement séparés, «le divorce avait et a encore aujourd’hui en Corée une image très négative, avec une forte stigmatisation sociale». Pour repartir du bon pied, il fallait aux adultes se défaire des fruits de leur première union. Il faut dire qu’au lendemain de la guerre de Corée (1950-1953), le gouvernement sud-coréen a encouragé sinon l’abandon, du moins l’adoption d’enfants par des couples étrangers, principalement occidentaux. Une industrie de l’adoption s’est ainsi mise en place avec le service de placement des enfants sous la tutelle du ministère de la Santé et des Affaires sociales, et avec le soutien logistique d’organisations religieuses ou philanthropiques. Comme l’explique Ounie Lecomte, ce croisement entre la honte de l’abandon et la publicité de l’adoption produisait un sentiment de culpabilité insoutenable : «On était laissé dans un non-dit complet, une absence féroce d’information. D’un autre côté, vous ne pouviez vous plaindre, on vous offrait la chance d’un avenir meilleur en Occident. Pour l’enfant que j’étais, et pour mes camarades sans aucun doute, il y avait une culpabilité absolue à se sentir malheureux, on ne trouvait plus aucune justification à notre douleur, elle n’avait plus de raison d’être et ne devait donc tout simplement pas s’exprimer.» Plus de 160 000 enfants ont été envoyés ainsi à l’étranger entre 1953 et 2006 ; pendant plus de trente années, jusqu’au milieu des années 90, la Corée du Sud a été le pays au monde dont étaient originaires le plus grand nombre d’enfants adoptés légalement par des couples étrangers.

 

Ounie Lecomte arrive en France vers l’âge de 10 ans, elle est adoptée par un pasteur protestant et sa famille s’occupant du temple de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) : «A l’arrivée en France, j’ai dormi deux jours d’affilée, une sorte de coma total, une petite mort. Quand je me suis réveillé, j’étais à nouveau plongée dans l’inconnu. Comme nous étions au mois de juin, mes parents, pour m’acclimater, m’ont mis à l’école maternelle. J’étais au milieu d’enfants de 3 ans, ne comprenant rien à ce qui se disait autour de moi, à peine si on n’allait pas me mettre sur le pot (rires). C’était ridicule.»

 

parkas. Une vie toute neuve s’arrête précisément à l’aéroport, au moment du départ pour la France. Le tournage du film n’a pas été simple, notamment parce que la jeune femme a perdu l’usage de la langue coréenne. Elle a essayé de la récupérer, mais n’y parvient pas. Il a fallu tout le temps communiquer dans un anglais «approximatif». Quinze jours avant le tournage, elle n’a toujours pas trouvé la fille qui doit tenir le rôle principal : «J’avais toujours l’impression de repousser le moment du choix jusqu’à ce que ça s’impose à moi. J’ai vu Kim Saeron, en regardant sur écran vidéo des essais tournés par le premier assistant-réalisateur. Elle avait un visage opaque qui me plaisait, elle ne se livrait pas totalement, et on pouvait projeter beaucoup de chose.» Les enfants n’avaient pas lu le scénario, ils découvraient le film au gré du plan de travail, il fallait souvent simplifier, parfois tricher, «on communiquait par des choses physiques, concrètes, mécaniques, jamais par la psychologie. Mes propres handicaps et la maîtrise relative des enfants sur leur rôle étaient plutôt très propices à restituer ce parcours d’une enfant qui vit comme avec des ornières, qui ne sait plus qui elle est, ni ce qu’elle va devenir».

En se choisissant l’inconfort d’un tournage en langue étrangère dans un pays lointain, Ounie Lecomte recrée en un sens les conditions de son trauma fondamental, quand le destin l’a submergée et emportée loin de chez elle : «L’histoire m’a entraînée avec son énergie propre sans que je me pose véritablement laquestion du pourquoi. Le tournage a été une mise à l’épreuve parce que tout va vite. J’avais l’impression, en arrivant le matin sur le plateau, d’être un soldat qui monte au front et doit combattre sans souffler toute la journée. J’étais vidée, épuisée et en même temps, il y avait aussi quelque chose de désagréable dans ce que nous imposions aux fillettes. C’était l’hiver, et si l’équipe pouvait porter deux parkas, elles devaient rester en pull dans le froid.»

Le film porte aussi la marque du producteur coréen (et surtout cinéaste) Lee Chang-dong (Oasis, Secret Sunshine…), avec qui Ounie Lecomte a longuement correspondu par mail afin de déployer dans toutes ses puissances d’incarnation un scénario qu’il jugeait dans un premier temps trop timide. Ainsi le film n’est-il pas impressionniste, il fait surgir des événements qui vous sautent à la gorge, comme ce moment où Jinhee arrache les membres des poupées distribuées à Noël ou quand elle creuse un trou dans le sol pour essayer de s’y enterrer vivante. La facture du film est classique mais au meilleur sens du terme : précis et explicite, plus grave que véritablement triste. Même si à la fin de la projection, il fallait évacuer certains spectateurs pris de transe de sanglots.

 

«baiser». «Jamais je ne me suis spécialement intéressée au cinéma, dit aujourd’hui Ounie Lecomte, c’est venu un peu par hasard. A la télé, j’ai rarement vu des films mais ils m’ont marqué. Ça s’est toujours fait par interdiction. Par exemple, un jour, j’ai vu vingt minutes de Pas de printemps pour Marnie de Hitchcock sans savoir ce que c’était. Au moment du premier baiser entre Sean Connery et Tippi Hedren, mes parents se sont affolés et m’ont précipitamment envoyée au lit. Ce bout de film m’a hanté pendant des années. Je n’en connaissais pas le titre, et je ne l’ai vu en entier que beaucoup plus tard.» Lors d’un séjour en 1991 à Séoul, où elle attend pour jouer dans un film qui finalement ne se fera pas (elle avait été remarquée dans Paris s’éveille d’Olivier Assayas), ses parents biologiques la retrouve : «Ce fut quelque chose de très violent, et je n’ai pas du tout répondu à ces retrouvailles. Je me suis échappée. Je suis retournée en Corée plusieurs fois pour y renouer des liens moins passionnés et moins névrosés aussi, sans doute.»

Il y a quelque de chose de très beau dans le film, du fait même qu’il traduit ce qu’aucune langue ne pouvait dire. Ounie Lecomte a perdu l’usage du coréen, mais si elle a voulu passionnément apprendre le français dès son arrivée, elle continue d’entretenir avec cette langue d’adoption (et avec sa littérature) un rapport de fascination et de terreur : «J’ai toujours l’impression que cette langue m’échappe. Quand j’écrivais le scénario, je pouvais me reprendre des dizaines de fois en vérifiant chaque mot dans le dictionnaire de peur de me tromper, comme si je n’étais pas sûr du sens des signes que j’utilisais.» Sentiment d’(in)appartenance inquiète, effacement et reconstruction du souvenir en forme de légende personnelle, voilà qui de surcroît apporte une eau salubre au moulin déglingué du débat sur l’identité nationale, postulant que nous vivons tout peu ou prou dans l’exil d’une mémoire mutilée.


Source : Libération.

 

- La Corée continue de nier accès aux adoptés coréens de l'étranger.
Lire la suite.

 

19/10/2009

Cherche un enfant, paie cash. Le lobby de l'adoption (suite).

Marineta has lost her child.jpg





Le film-documentaire "Search a Child, Pay Cash - The Adoption Lobby." s'attache à examiner comment le système de l'adoption internationale fonctionne et comment des pressions politiques sont excercées afin de faciliter le business d'enfants.



Marineta Ciofu a perdu toute trace de son enfant. Il y a presque 10 années, la femme roumaine issue d'un milieu pauvre avait laissé sa fille illégitime dans une pouponnière - avec la ferme intention de la ramener dès que elle-même serait dans une meilleure situation. Mais soudainement, la jeune fille avait disparu. Presque dix ans plus tard, Marineta apprend la vérité. Son enfant avait été adoptée. En faveur d'une famille américaine.


Film : Part 1- Part 2- Part 3- Part 4- Part 5 Final.

 

Search a Child, Pay Cash - The Adoption Lobby, the documentary shows the preparation for a world market of children.

Because, a European Adoption Policy would lead that European children will be made available for the international adoption industry. Whereas the European Union asked from Romania to become like other EU countries, and not to export children, now the Adoption Lobby wants to reverse that and to have the whole of Europe to become like Romania was....


United Adoptees International - News.

 

Repères

 

- Romanian Government opposes resumption of international adoptions.
Romanian Times.


- The truth of what happened to Romania’s orphans.
Children's Rights and Human Rights. Brian Douglas.


- Haut niveau de pression externe sur la Roumanie. Les États-Unis et l'Union Européenne forcent pour la réouverture des adoptions internationales.
Publié dans le journal roumain "Jurnalul National".


- The international adoptions lobby: an insider's perspective.
Romania for export only - Roelie PostRomania - for export only, the untold story of the Romanian 'orphans' by Roelie Post.

 

- Romania’s orphans – millions of euro at stake.
Many European organizations involved in a forceful lobby for the resumption of international adoptions
sfin.ro | Saptamana Financiara | October 9, 2006.

17/10/2009

France. La Réunion. L'île des Enfants Perdus

Island of the Lost Children - France.jpg

 

Dans les années 60, des enfants de la Réunion ont été déportés vers la France rurale et contraints par le gouvernement français de travailler comme des ouvriers esclaves.

Source : Pound Pup Legacy.

 

Repères

- France's lost children fight back.
BBC News

 

- Le drame des enfants déportés de La Réunion : entre fiction et réalité.
En mars 2004, France 3 diffusait un télé-film de Francis Girod intitulé "Le pays des enfants perdus". Une fiction sur l’épisode, lui bien réel, des centaines d’enfants et d’adolescents réunionnais envoyés malgré eux dans l’hexagone durant les années 60 - 70. L’histoire de ces petits Réunionnais, trop longtemps restée muette, est aujourd’hui mieux connue en France comme à La Réunion où, paradoxalement, ce scandale est passé quasiment inaperçu auprès de toute une partie de la population.
Témoignages.

 

- Une enfance volée.
Jean-Jacques Martial fait partie de ces enfants qui ont été arrachés à leur île et déplacés vers la Métropole. En revendiquant son nom qui lui avait été confisqué, en portant plainte contre l'État pour déportation, Jean-Jacques Martial a mis fin au silence qui entourait ce scandale.
Une sélection d'articles permettant de découvrir cette affaire.

30/09/2009

Je suis heureux que ma mère soit vivante ***

je suis heureux que ma mere soit vivante.jpgNotre identité est un vêtement dont notre enfance a dessiné les coutures. La présence de ceux qui nous ont élevés, nos parents, a été fondatrice de ce que nous sommes. Mais que se passe-t-il quand il s'agit d'absence ?
Entre 7 et 20 ans, Thomas a recherché Julie, sa mère biologique. A l'insu de ses parents adoptifs, il va retrouver cette femme qui l'a abandonné à 4 ans et commencer auprès d'elle une 'double vie'. Mais 'qui a deux maisons perd la raison ...' dit le proverbe.

 


A la base de film réalisé par Claude et Nathan, il y a cet article inspiré d'un fait divers d'Emmanuel Carrère paru dans L’Evénement du jeudi (1996) et intitulé: Je la recherche, le la tue, je l'aime ou la disparition de la mère. L’écrivain y relatait l’amour meurtrier d’un jeune homme pour la mère qui l’avait abandonné autrefois. Treize ans plus tard, c'est devenu un uppercut de 90 minutes qui laisse le spectateur troublé et bouleversé par un récit qui touche à l'identité, soit le matériau qui nourrit sans doute la majorité des créateurs en tout genre.

 

En quelques mots, nous suivons le parcours du jeune Thomas, qui remue ciel et terre pour retrouver sa mère biologique qui l'a abandonné lorsqu'il avait 4 ans. Et lorsqu'il la retrouve, il mène une espèce de double vie partagée entre la maison de sa vraie maman et celle de sa mère adoptive.

 

S'il y a bien quelque chose de troublant dans Je suis heureux que ma mère soit vivante, c'est cette tension latente et palpable  (Vincent Rottiers y est exceptionnel) qui est le plus douloureux. Bénéficiant d'une mise en scène très sobre et proche du documentaire, ce film permet à Claude Miller de revisiter un de ses thèmes de prédilection comme la gestion des enfants par leurs parents et des parents par leurs enfants. Thème qui était déjà bien présent dans Un secret ou La classe de neige.
Mais plus encore, parce que l'angle est finalement assez radical, le film pose beaucoup de questions sur l'adoption et les difficultés que rencontrent (très) souvent les familles d'accueil et adoptives.

 

Logique pour l'adopté de savoir un joure d'où il vient. C'est qui nous construit ou nous détruit. Et débouche sur des comportements extrêmes.

 


« L’adoption, c’est très complexe »

 

Claude Miller et son fils Nathan collabore ensemble depuis une vingtaine d’années. Pour la première fois, père et fils réalisent ensemble. C’est le poignant Je suis content que ma mère soit vivante qui sort ce mercredi. Inspiré d’un fait divers qu’avait relaté en 1996 Emmanuel Carrère – le projet est d’abord tombé dans les mains de Jacques Audiard –, ce film raconte l’histoire d’un jeune homme (Vincent Rottiers qui l’incarne est stupéfiant), abandonné par sa mère à l’âge de quatre ans. Adolescent, Thomas part à la recherche de sa mère biologique. Une quête d’identité qui traverse, en filigrane, la filmographie de Claude Miller.

 

Ce n’est pas votre premier film, où l’identité est au cœur du propos. Qu’est-ce qui vous touche tant ?


Claude : Je vais vous enfoncer une porte grande ouverte. Je pense que nous sommes cousus de notre enfance, qu’elle est fondatrice de la personne que nous sommes. J’ai tendance à me rappeler plus de mes souvenirs d’enfance (bons ou mauvais) que de mes souvenirs d’adulte. C’est comme ça. Je suis fait comme ça. C’est peut-être pour cela que j’ai autant de tendance à aborder des sujets avec des enfants.

 

La quête de Thomas prend une tournure radicale et pose, légitimement, la question de la complexité de l’adoption. Vous pensez que même si l’enfant est heureux dans sa famille adoptive, il fera tout pour retrouver ses parents biologiques ?


Claude : Je ne suis pas un cinéaste qui résout les problèmes qu’il pose. J’avoue que je n’ai pas de leçon à donner. Simplement, j’ai des émotions à faire partager. Peut-être que ça peut, dans le meilleur des cas une réflexion et amorcer des conversations comme que nous avons. Mais je me garde d’avoir un avis clôturé sur l’adoption. C’est un film à débat et d’accord pour le débat.

J’avais aussi envie de poser la question de savoir les conséquences d’un abandon chez un jeune enfant quand on sait que toutes les sensations avant quatre ans, par exemple, sont sensuelles.

Vous l’avez dit, l’adoption c’est un problème très complexe. L’adoption, en soi est très politiquement correcte. C’est magnifique pour l’enfant abandonné et pour les parents frustrés ou qui ou qui ont envie de faire un geste. Je crois que l’adoption multiplie les problèmes quand il y a problème. Et il y a toujours la possibilité pour l’enfant difficile ou difficile à élever de dire : « T’es pas mon père ». C’est déjà dur de gérer des enfants ou pour les enfants, de gérer leurs parents. Et l’adoption fait un effet loupe. Dans le bon ou le mauvais sens.

 

Est-ce que vos rapports à vous deux ont changé ?


Nathan : Nos fonctionnements de vie font que tous les cadavres ont été sortis du placard et hachés menus bien avant cette aventure. Il n’y a aucun interdit entre nous au niveau du dialogue. On se parle comme de vieux amis et ça aide dans la circonstance. Et du point de vue du cinéma, ça reste du travail. On travaille. Il n’y a pas de considération humaine à prendre. On pense jamais à qui est l’autre sur un plateau.

 

Un père et un fils qui coréalisent un film sur un tel sujet, c’est amusant, entre guillemets…

 

Claude : C’est peut-être l’inconscient parce qu’on se dit toujours avec Nathan qu’on n’était pas conscient du parallélisme entre le sujet. Peut-être parce qu’on ne voyait que le côté mère fils. Par contre, on savait qu’il y avait un très beau sujet à traiter et qu’on avait envie de travailler ensemble.

Nathan : Ceux qui étaient plus au courant de ce que vous dites, c’était le producteur, Jean-Louis Livi, qui nous connaît intimement.


Source: Le Soir. Philippe Manche. 30 septembre 2009.

 


"Je suis heureux que ma mère soit vivante" : ce fils qui aime si fort sa mère indigne
Critique. LE MONDE | 29.09.09

 

Quelle est la relation mère /fils exactement ? « J’ai mal à ma mère », ce mélange d’amour et de haine sur lequel on n’arrive pas à mettre un nom, qui rend mal à l’aise, agressif et bien davantage !

Ce film peu démonstratif, avare en mots instaure un climat efficace! J’ai par ailleurs retrouvé là où vit la mère de Thomas, barre d’immeubles un peu de l’univers des films d’Andrea Arnold, climat social compris !

Sur l’ensemble du film, une construction linéaire nous conduit surement vers le drame qui surgit quand on ne l’attend pas, nous en étions même à le croire évitable ! mais un gamin devenu jeune homme n’a toujours pas saisi pourquoi il y a si longtemps on l’a abandonné et surtout manqué à cette promesse de revenir le chercher !

Voila Les Miller Père et fils livrent un film impressionnant car sobre et psychologiquement juste! Quand en plus le dit film est porte par deux acteurs, Sophie Cattani (Julie Martino la mère biologique) exhibant une fragilité cependant exempte de remords, et pour finir le jeune Vincent Rottiers (Thomas), exceptionnel !!! Ce regard pénétrant de celui qui cherche à pardonner et se heurte à sa propre incompréhension basculant alors dans l’impensable ! 
Les Irréductibles. 6 octobre 2009.

 

 

 

05/09/2009

Cherche un enfant, paie cash. Le lobby de l'adoption.

Marineta Ciofu.jpgUn film de Golineh Atai sur la WDR.
Lundi 7 septembre 2009. 22h.
Jeudi 10 septembre 2009. 14h15.
Samedi 12 septembre 2009. 22h. ARD Digital TV.

 

 

 

Marineta Ciofu a perdu toute trace de son enfant. Il y a presque 10 années, la femme roumaine issue d'un milieu pauvre avait laissé sa fille illégitime dans une pouponnière - avec la ferme intention de la ramener dès que elle-même serait dans une meilleure situation. Mais soudainement, la jeune fille avait disparu. Presque dix ans plus tard, Marineta apprend la vérité. Son enfant avait été adoptée. En faveur d'une famille américaine.



L'histoire avait commencé, en fait, en 1989. A cette époque, les premières images de la Roumanie - les photos provenaient  des maisons d’enfants, qui étaient comme des chambres de torture. Famélique, des enfants souffrant de troubles mentaux. L'Occident était en état de choc, et voulait aider - peu importe comment. Des dizaines de milliers d'enfants roumains ont été donnés en adoption à l'étranger. Le monde de la charité internationale des enfants a créé le mythe des enfants perdus, qui n'ont personne dans leur patrie.



La Roumanie en 1989 fut le début de "l'industrie de l'adoption" des pays riches occidentaux et des cas comme celui de Marineta Ciofu dont l'enfant a disparu sans son consentement. Elle n'a même pas le droit de savoir où elle est allée.



L'histoire retrace la manière dont le système de l'adoption internationale fonctionne, et la façon dont la pression politique est exercée en vue de faciliter la marchandise avec les enfants.

Le film-documentaire est visible à cette page.


Source : „Suche Kind, zahle bar - Die Adoptionslobby“. Ein Film von Golineh Atai. WDR.

 

Zoek een kind, betaal contant: de adoptielobby, een film van Golineh Atai



Maandag, 07 september 2009, 22.00 - 22.45 uur WDR.
Donderdag, 10 September 2009, 14.15 - 15.00 uur (Wdh.)
Zaterdag, 12 september 2009, 22:00 - 22h45 uur   ARD Digital TV



Marineta Ciofu heeft elk spoor van haar kind verloren. Zo’n 10 jaar geleden moest de roemeense uit arme familie haar kind in een kindertehuis achterlaten, met de vaste overtuiging haar terug te halen als het haar beter ging. Maar plotseling was het meisje verdwenen.  Bijna 10 jaar later ervaart Marineta de waarheid. Haar kind werd geadopteerd door een amerkaanse familie.



Roemenie was in 1989 het begin van de „Adoptie industrie“ van rijke westerse landen en waarbij vrouwen zoals Marineta Ciofu hun kinderen zonder hun toestoemming verdwenen. Ze  heeft nog niet het recht te weten waar het naar toe ging.



Die story laat zien hoe het systeem van internationale adoptie functioneert, en hoe politieke druk wordt uitgeoefend om de business met kinderen te vergemakkelijken.



Bron : Better Care Network.

 

When Children Become a Commodity

"Search a child - pay cash. The Adoption Lobby" - report about so-called humanitarian foreign adoptions.

 

Cologne, "They should make their own children, as I have done it, just as my mother has made us. Have they not the same body
as us? "Marineta Ciofu is outraged. They just explained the woman from the North-eastern Romania that her daughter Mihaela was adopted by Americans. Ten years before Marineta brought the girl into a children's home because at that time she could not care for her. When her situation improved, she wanted to get her back, but the girl had disappeared. Without her consent, Mihaela had been given to an American family.

 

Marineta's child is just one of some 30,000 Romanian children that were 'mediated' abroad over the past 20 years. Why do international adoption have such influential advocates, what does it mean to those concerned, and who benefits from it? Golineh Atai looks for answers to these questions in her report "Search a Child - pay cash - The adoption lobby" which the WDR television broadcasts on Monday, September 7, at 22 clock.

 

For over four years, journalist Atai deals with the subject. She had noticed that the reports of international adoption are usually about the adoptive parents, who ardently wish for a child. But hardly anyone asked about the feelings of biological mothers or the children involved. In 2005 she received for the subject "International adoptions in the global children market", a research grant from the Otto-Brenner Prize, which allowed detailed investigations in India.

 

Behind the help for poor children in reality there are selfish businesses and motives,that also the Dutch Roelie Post knows. Whether it would not be better to help poor parents to help themselves, she wants to know. Roelie Post was from 1999 to 2005 responsible for children’s rights for the European Commission. She should see to it that the international adoptions in Romania would be discontinued. This was one of the conditions for the admission of Romania into the EU.

 

What Golineh Atai hears from Roelie Post and her former boss Guenter Verheugen, in interviews, is outrageous. Influential lobbyists practice high-level pressure. In particular, the Americans see their "right to adopt" threatened. In the eye of prospective adoptive parents the EU’s policy prevented that "thousands of Romanian children could come home'. That home, of course, was at the other side of the Atlantic.

 

Together with Roelie Post, Atai was on the road in Romania and visited, apart from Marineta Ciofu, two Romanian families, who adopted children from their own country. But this was a difficult battle, because the authorities and adoption agencies did not want them as parents. Money from abroad, often disguised as donations, were better for them. Police and prosecutors were under one blanket with the Mafia, says a father, who had to fight for five years for Ioana. Three weeks the family hid themselves because the child was already "booked". Roelie Post considers such international adoptions as legalized child trafficking. Golineh Atai’s film shows forcefully that much of what seems humanitarian, ultimately is just an inhumane business.


Monika Herrmann-Schiel (CBA) Monday, 7 September, 22 clock, WDR


Source : Wenn Kinder zur Ware werden.