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31/05/2010

Mâles en péril. Le krach du sperme.

Le krach du sperme et autres menaces Pierre Duterte.jpgEn 50 ans, la population mâle européenne a vu son taux de fertilité diminuer de moitié. À ce rythme-là, en 2060, le taux de spermatozoïdes ne sera plus que le quart de ce qu'il était en 1950. Le nombre de cancers du testicule et de malformations congénitales de l'appareil reproducteur masculin ne cesse de croître. Pourquoi ?

Le Krach du sperme met à jour les causes de ce constat alarmant en expliquant les résultats des recherches scientifiques modernes. Au banc des accusés, des molécules mises sur le marché - PCB, DDT, bisphénols, phtalates, pesticides - semblent être à l'origine de cette baisse de la fertilité chez les hommes. L'ouvrage s'interroge sur d'autres pathologies que pourraient créer ces produits : obésité, troubles du comportement, cancers chez les moins de 15 ans...;

Toutefois, des solutions existent, qui passent par une prise de conscience collective de ce problème et une volonté de mettre en oeuvre de vrais changements de comportements.

 


Depuis les années 1990, un nombre de scientifiques sans cesse croissant enquêtent sur des anomalies médicales de plus en plus alarmantes. La première est une chute spectaculaire du nombre de spermatozoïdes dans les populations occidentales : plus de 50% en vingt ans. La deuxième est un accroissement de 400% des cancers du testicule chez les jeunes. La troisième, une augmentation vertigineuse des obésités, variant selon les régions (un tiers de la population en France). La quatrième un accroissement de 1% par an des cancers de l'enfant. La cinquième, une augmentation de 373% en vingt ans des cas d'autisme et de troubles mentaux tels que l'hyperactivité.

 

Et il y en a d'autres.

 

Des centaines d'études ont confirmé et précisé les soupçons des scientifiques au cours des années : les causes de ces pathologies sont les plastiques. Du biberon au supermarché, des parfums aux produits cosmétiques, des bouteilles de liquides alimentaires aux revêtements de sols, nous en absorbons sans cesse. Ils sont partout, dans l'air, dans l'eau le sol. Leur nocivité procède de ce qu'ils contiennent de fausses hormones féminines, perturbateurs endocriniens selon leur nom scientifique.

 

Alors a commencé une campagne de déni et même de désinformation.

 

Le Dr Pierre Duterte et Gerald Messadié dévoilent dans ces pages rigoureusement documentées, des faits au moins aussi graves pour l'avenir des humains que le réchauffement de la planète. La situation a été publiquement dénoncée au Conseil de l'Europe, mystérieusement, l'opinion publique n'en est pas informée ou ne l'est que partiellement, comme dans l' « affaire des biberons ».

 

Les auteurs n'appartiennent à aucun parti. L'un médecin, l'autre journaliste scientifique, ils sont de longue date rompus à la recherche de l'information scientifique de haut niveau et à son analyse.

 

- La fertilité masculine menacée

Féminisation de la nature d’un côté, diminution du nombre de spermatozoïdes chez l’homme de l’autre. Dans « Mâles en péril », le documentaire qu'ils ont réalisé, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade livrent une enquête édifiante sur ces phénomènes inquiétants. Une véritable investigation scientifique qui met au jour de bien troublantes questions…
Sur ARTE. Edité le 28 octobre 2008.

 

- Accepter sa stérilité

Via le blog Biosphère.

11:42 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : stérilité, infertilité | |  del.icio.us

06/04/2010

Nouveau mémoire rédigé par un adopté

Harlow s Monkey.jpgNew memoir by an adoptee

 

This book (along with the one by Korean birth mothers) arrived in my mail box this weekend. I read a draft of the other book but my friend, Sarah Park, a Professor of Library Science, gave me the heads up on this one! I'm very excited since there are so few books written by Native adoptees about their experiences. And, in a happy coincidence, I've been doing research lately in the Social Welfare History Archives, looking through the Child Welfare League of America collection, and had just read through the Indian Adoption Project documents. The Indian Adoption Project was a joint program by the CWLA and the Bureau of Indian Affairs that specifically promoted the adoption of Indian children to white families from 1958-1967.

 

One Small Sacrifice: Lost Children of the Indian Adoption Projects.
Trace A. DeMeyer (Author)

 

Source : Harlow's Monkey | 29.03.2010

 

14:53 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adopté, témoignage | |  del.icio.us

17/03/2010

Protection de l'enfance. Nos enfants en otages. Françoise Rodary

Nos enfants en otage Francoise Rodary.jpgLa perte d’un enfant, son vol, sa captation.
L’enfant comme enjeu d’un conflit entre adultes



 
 
Une mise en garde pleine de tact des récits vécus proposés par Françoise Rodary, Co-auteur du Sang des Femmes : la sage-femme, Prix Pergaud 2008.
Frédérique Ferrand, professeur à la Faculté de droit de l’Université Jean Moulin Lyon 3,  membre de la commission européenne de droit de la famille (CEFL) en a rédigé la préface.


Résumé

Neuf récits qui ont pour thème directeur la perte d'un enfant, son vol, ou sa captation. L'enfant est alors l'enjeu d'un conflit entre les adultes. Que celui-ci soit utilisé comme instrument de vengeance lors d'une séparation ; qu'il soit l'objet d'un enjeu narcissique de la part d'un des membres de la famille ; qu'il soit traité comme une marchandise ; qu'il constitue une réserve d'organes à même de régénérer le corps d'un père-ogre, comme le rendra possible la biologie dans un futur proche. Il n'y a pas de psychologie lourdement intrusive dans ces neufs récits (huit sont fidèlement inspirés de faits réels). L'auteur-passeur témoigne et encourage le lecteur à la réflexion, devant ces histoires étonnantes. Ces récits illustrent, chacun à leur manière, l'égoïsme sans scrupule de ceux qui se servent d'un enfant pour arriver à leurs fins. Françoise Rodary nous fait entrer dans le monde cruel de l'enfance trahie, blessée, sacrifiée. Sacrifiée à l'égoïsme des adultes ; à des calculs personnels qui entraînent l'enfant dans une situation chaotique, au détriment de son épanouissement psychologique.


Critique

« Le sens n’est jamais donné ni disponible, il s’agit de se rendre disponible pour lui, et cette disponibilité se nomme liberté. »

Jean-Luc Nancy, Hegel, l’inquiétude du négatif, Hachette, 1997.

Les nouvelles de Françoise Rodary, écrites dans un style limpide et incisif, on les dira volontiers réalistes, mais qu’est-ce que le réalisme ? C’est de leur nudité même que ces nouvelles crues et cruelles tirent toute leur force. Elles rappellent l’art de Maupassant, pour leur côté incisif et concis.

 

L’auteur, toute jeune encore, a été très marqué par la lecture de la nouvelle « Aux champs », qui met en scène un enfant vendu par ses parents à de riches bourgeois. Maupassant met les enfants des deux familles paysannes en scène, leurs sentiments et leurs pensées, il nous les livre, tandis que Françoise Rodary évite soigneusement de mettre en scène les enfants, qui sont les grands absents de ses nouvelles, tout en en étant le motif central. Elle ne plonge pas le lecteur dans une ambiance avec force détails, elle centre son écriture sur le drame, rien que le drame.

 

Quels sont les moyens littéraires mis en jeu par l’auteur et quel dessein poursuit-il ?

 

On l’a vu : les procédés littéraires mis en jeu dans ses nouvelles sont divers. On y trouve des dialogues, des lettres, un article de journal, un forum de discussions sur Internet et même des rapports médicaux ainsi que des notes de synthèse.

 

Les dialogues abondent, toujours justes, toujours amenés par la situation exposée avec force en quelques phrases. Ils nous plongent au cœur des drames humains qu’elle met en scène. Jamais l’auteur ne se permet aucun commentaire, jamais il ne juge.

 

Nul hiatus entre l’auteur et le narrateur. Françoise Rodary fait parler des personnages qui sont des personnes, elle leur donne la parole qu’on ne leur a jamais donnée, que les drames vécus par eux leur a interdite. C’est le seul parti pris de l’auteur.

 

Les histoires parlent d’elles-mêmes, c’est la seule manière de rendre à leur humanité, toute leur humanité - par-delà bien et mal - les personnes qui ont été comme balayées par l’histoire dont ils ont été les acteurs impuissants.

 

Françoise Rodary nous montre que des décisions et des actes conduisent inéluctablement au drame : la perte d’un enfant, dans des circonstances, des contextes géographiques et historiques chaque fois différents.

 

Elle n’a pas fait des enfants des personnages. Les enfants ne parlent pas et ils n’ont pas la parole. Ils n’existent dans ses nouvelles qu’à titre de « référents », pourtant c’est eux qui, à leur manière, sont à l’origine des drames. Chaque enfant est l’enjeu muet d’un jeu de pouvoirs exercé par les adultes qui se servent des enfants pour arriver à leurs fins.

 

Les enfants à l’origine de ces drames entre adultes sont évidemment innocents. Ils ne savent pas, ils ne décident de rien, ils n’ont pas voix au chapitre. Ils subissent la perte irrémédiable d’un de leurs parents par la volonté de l’autre parent, pour des motifs variés que le lecteur découvre au fur et à mesure de sa lecture. L’auteur n’en fait pas des victimes au sens coutumier de ce terme : aucun ressentiment et aucune revendication ne trouvent à s’exprimer dans ses nouvelles. L’auteur, paradoxalement, donne la parole à ces enfants en les laissant à leur mutisme.

 

L’auteur n’entre pas non plus dans la psychologie des parents. Françoise Rodary les montre à l’œuvre, elle met en scène un enchaînement inéluctable, en montrant les conséquences de certains choix de vie ou de certains actes qui retentissent longtemps après coup, sans jamais prononcer, comme nous l’avons souligné, quelque jugement de valeur que ce soit. Le parti pris comportementaliste de l’auteur ne livre que des faits et leur enchaînement auxquels sont enchaînés les acteurs du drame.

 

Le lecteur assiste impuissant au déroulement des drames, et c’est en cela qu’il s’identifie aux enfants absents de ses nouvelles, mais si présents, si l’on songe au fait qu’ils sont au cœur des drames évoqués. Oui, la force incroyable de ces nouvelles est là : l’impuissance ressentie par le lecteur est bien la même que celle qui fut celles des enfants au moment du drame. A la fin de notre lecture, nous restons sans voix, mais la pensée est à l’œuvre qui nous enjoint de nous demander d’agir au mieux dans notre propre vie pour que de tels drames ne se produisent pas dans « notre cercle de vie ». Si morale de l’auteur il y a, elle est là et rien que là…

 

Aucun « je » dans ces contes cruels modernes, aucun au-delà salvateur qui laisserait entrevoir une transcendance qui s’érigerait en instance appelée à prononcer des jugements moraux ni à proposer des exercices expiatoires.

 

La justice, parfois, se mêle au drame, mais la justice des hommes agit exclusivement dans l’intérêt des enfants, elle fait partie intégrante du drame, dont elle n’atténue nullement la cruauté, mais qu’elle clôt sur lui-même.

 

« Nos enfants en otages  » procure un bonheur de lecture rare et très singulier.

 

Ce livre est beau, malgré sa cruauté. Sa hauteur morale tient toute entière dans le tour de force littéraire qu’il est dénué de toute moralisme. Qu’on ne s’y trompe pas : l’auteur n’est pas relativiste, encore moins nihiliste. Elle ne prône pas la loi du plus fort, elle ne fait pas implicitement l’apologie du fait accompli, du coup de force. Il traduit un respect absolu des personnes en ne prononçant aucune condamnation, cette facilité des bien-pensants.

 

Dans ces récits, personne n’est ni tout blanc ni tout noir, les personnages évoluent dans un monde gris. La position de l’auteur rappelle le froid réalisme hégélien. Ce que Jean-Luc Nancy dit du geste philosophique de Hegel, nous pourrions le dire du geste littéraire de Françoise Rodary :

 

« Ce monde se perçoit comme le monde gris des intérêts, des oppositions, des particularités et des instrumentalités. Il se perçoit ainsi comme un monde dont l’histoire est une succession d’atrocités et dont la conscience est la conscience d’un malheur constitutif. C’est à tous égards le monde de l’extériorité d’où la vie se retire au profit d’un déplacement sans fin d’un terme à un autre, sans soutien ni recueillement dans une identité de sens. Jamais plus ce déplacement ne rejoint le mouvement d’une transcendance qui le soulèvera vers une signification suprême. Il connaît la possibilité « de la mort privée de signification », c’est-à-dire de la mort de la signification même. »

Ce livre, à tous égards, est un livre athée, écrit par-delà bien et mal, mais il ne se réclame explicitement d’aucune obédience philosophique, il évite cet écueil.

 

Par-delà leur valeur littéraire intrinsèque, les nouvelles de Françoise Rodary nous livrent une leçon de vie et de philosophie sans concepts ni jugements assénés au lecteur. C’est une leçon de liberté, donnée avec une infinie pudeur, la seule qui vaille en la matière.

 

Source: Portail du Chasseur abstrait.
 


Nos enfants en otage
·  Broché: 226 pages
·  Editeur : Editions Pascal (18 février 2010)
·  Langue : Français
·  ISBN-10: 2350190765
·  ISBN-13: 978-2350190761

 

 

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04/01/2010

Comprendre l'attachement et les troubles de l'attachement. Vivien Prior, Danya Glaser.

Comprendre l attachement et les troubles de l attachement Vivien Prior Danya Glaser.jpgCe livre fait le point sur la théorie de l’attachement et ses implications dans la pratique thérapeutique. Les auteurs Vivien Prior et Danya Glaser sont des professionnels de référence en Angleterre dans le domaine de l’attachement et de la prise en charge des enfants et des jeunes qui présentent des troubles de l’attachement.




Le Mot de l'éditeur

Ce livre fait le point sur la théorie de l’attachement et ses implications dans la pratique thérapeutique. Les auteurs sont des professionnels de référence en Angleterre dans le domaine de l’attachement et de la prise en charge des enfants et des jeunes qui présentent des troubles de l’attachement.

La première partie reprend la théorie de l’attachement, la classification des attachements, les facteurs influençant l’organisation et la validation de l’attachement à travers les cultures, le tout appuyé par de nombreuses références et études réalisées dans différents pays.

La deuxième partie, après avoir présenté des notions de statistiques adaptées à la recherche en psychologie, développe les différentes méthodes d’évaluation de l’attachement, tant chez l’enfant que chez l’adolescent ou chez l’adulte, ainsi que les techniques d’évaluation de la qualité des soins donnés par les parents ou d’autres soignants.

La troisième partie montre les liens qui existent entre l’organisation et la sécurité de l’attachement et le fonctionnement des individus, enfants ou adultes.

La quatrième partie s’intéresse aux troubles de l’attachement et aux recherches réalisées dans ce domaine encore controversé. Après avoir présenté les résultats des recherches, les auteurs montrent comment la notion de troubles de l’attachement peut être conceptualisée. S’opposant à certaines déclarations excessives, elles plaident pour une approche scientifique basée sur la théorie de l’attachement et sur les résultats des recherches entreprises.

La dernière partie définit ce qu’est une intervention basée sur l’attachement et ce qui ne l’est pas. Elle décrit diverses interventions thérapeutiques qui ont pour but de favoriser la formation d’attachements sécures entre l’enfant et son(ses) soignant(s).


Nouveauté à paraître, indisponible à ce jour. Date de sortie :  février 2010


Source : FNAC.

 

- Comment se spécialiser pour soigner les troubles de l'attachement?
Geneviève, psychologue
guidesocial.be, le forum des professionnels |Secteur santé mentale | 04.01.2010.

15:25 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : troubles de l'attachement | |  del.icio.us

09/12/2009

L’ombre des origines. A la rencontre d’anciens de l’aide sociale à l’enfance.

L Ombre des origines Jean-Louis Mahe.jpg"Un jour, une adulte m’a dit très justement qu’il y a des blessures qui ne se referment pas. Cet ouvrage nous parle de personnes qui ont été blessées précocement dans leur besoin d’aimer, d’être aimées inconditionnellement, d’être le plus bel enfant du monde aux yeux de leurs parents, d’être rassurées et de pouvoir faire confiance à l’autre. Toutes ont dû être retirées à leurs parents et placées en famille d’accueil ou en institution. Ecrit avec une clarté et un tact remarquables et sans sensiblerie, ce livre est plus qu’un récit sur des enfances difficiles."

Maurice Berger

 

On parle souvent des enfants retirés à leur famille, jamais des adultes qui ont été placés il y a bien longtemps. Comment s’en sont-ils sortis ? Quels ont été les effets, positifs ou négatifs, du placement ? Quelles conclusions peut-on en tirer pour l’avenir de la prise en charge des enfants par l’Etat ?


A travers une série de portraits; Jean-Louis Mahé, psychologue clinicien dans une institution de l’Aide Sociale à l’Enfance du Val de Marne, montre la diversité des trajets. Levant un voile sur ce sujet quasiment tabou, il fait apparaître les failles et les réussites de notre système. Et ouvre la réflexion sur les possibilités de l’améliorer.

 

Source: Albin Michel.

 

Que deviennent les enfants pris en charge par l’ASE (Aide Sociale à l'Enfance)? Mise à part la terrible statistique de l’Institut national d’études démographiques (INED), établissant qu’en 2006, 40 % des SDF (sans dommicile fixe) âgés de 18 à 24 ans sortaient du dispositif de protection de l’enfance, il n’y a aucune visibilité sur leur devenir. Du fait, tout d’abord, de l’absence de tout dispositif d’évaluation statistique. Mais aussi par respect pour leur vie privée. Ils n’ont pas forcément envie qu’on leur reparle de leur passé. Pourtant, le récit passionnant et émouvant que Jean-Louis Mahé nous fait de la destinée de dix anciens de la DASS (Direction de l'Action Sanitaire et Sociale) vient combler un manque et apporter une esquisse de réponse à une légitime curiosité : à quoi sert notre travail d’éducateur ? Les uns s’en sont sortis. Les autres ont vécu une vie de galère. Certains n’ont jamais voulu avoir d’enfants, de peur de reproduire ce qu’ils avaient subi. D’autres ont fondé une famille, s’appuyant sur l’épaule bienveillante et protectrice d’un conjoint. D’aucuns expriment leur haine et leur colère contre un parent gravement maltraitant. Parfois, ils pardonnent l’inqualifiable. Mais tous semblent avoir profité de leur placement, de leur rencontre avec une institution ou des intervenants qu’ils citent comme autant de figures structurantes et affectives. Un éducateur, une assistante maternelle, un directeur comparé à un père… À sa naissance, le petit d’homme est en quête de sensations rassurantes fondamentales. S’il les trouve, il se développera dans des conditions satisfaisantes. Il arrive parfois que les difficultés ou la perversité parentale le plonge dans l’instabilité, la peur de l’abandon, la terreur face aux coups, une image de soi construite sur la honte et la culpabilité. Il risque alors, en grandissant, de rechercher indéfiniment à compenser cette carence relationnelle précoce, en tentant désespérément d’assumer son héritage génétique, émotionnel et culturel. Cette insécurité fondatrice qui mine l’assise narcissique le poursuit alors, le fragilisant souvent dans sa relation à l’autre. Mais le pire n’étant jamais certain, une rencontre peut constituer le socle d’un nouveau départ. Le meilleur surgit quand l’enfant réussit à se dégager de l’ombre de ses origines et trouve des adultes qui construisent avec lui un vécu empreint de respect et d’attention, d’apaisement et de réassurance. Il pourra alors avancer sur son chemin, malgré les obstacles et les épreuves. Le pire, c’est quand il continue à être confronté à des interlocuteurs englués dans leur violence existentielle qui l’enferment dans son malheur.


En explorant ces vies singulières, Jean-Louis Mahé nous montre que permettre à ces enfants de sortir de l’ombre pour aller vers la lumière, c’est leur transmettre du désir, de la fierté et du sens.


Source: Jacques Trémintin. Lien Social.

08:35 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, identité, origine | |  del.icio.us

24/04/2009

Souffrances dans l'adoption

Souffrances dans adoption Cath Sellenet.jpgLe dernier ouvrage de Catherine Sellenet résonnerait-il comme un coup de tonnerre dans un ciel serein ?
Mais le firmament n’est immaculé que pour ceux qui refusent de voir les nuages qui s’accumulent depuis des années. C’est que la rumeur enfle : il y aurait de plus en plus d’échecs d’adoption. On évoque des chiffres allant de 2 à 40 %.



L’auteure prend ici le sujet à bras-le-corps et nous livre l’une des rares études sur une problématique longtemps taboue. Un travail riche, détaillé et approfondi qui, sans prétendre à l’exhaustivité, fournit néanmoins un abondant matériau favorisant la compréhension de la question.

 

Bien sûr, il apparaît nécessaire de se méfier des causalités linéaires et des lectures univoques. Pour autant, plusieurs facteurs qui s’enchaînent dans une spirale interactive peuvent être évoqués.

 

Le premier élément relève de l’illusion voulant que l’adoption puisse tout résoudre par elle-même. Elle se doit de réussir : l’enfant adopté illustre la revanche du plus faible. Il doit surprendre par son intégration fulgurante et ses capacités à trouver sa place au plus vite dans sa nouvelle famille. « Tout est rose, la violence n’est pas de mise, la rencontre est le plus souvent magnifiée » (p.22). Tout revers provoque une recherche de responsables qui passe par la diabolisation des mauvais parents, des mauvais enfants ou des mauvais professionnels.

 

Second facteur, l’ignorance voulant faire croire à un enfant ne pouvant qu’accepter la main qui lui est tendue. Son refus de l’adoption interroge la capacité de l’adulte à entendre ses ancrages antérieurs, sa non-mobilisation et ses capacités à être acteur y compris dans son opposition au projet qui est fait pour lui.

 

Troisième facteur, l’accélération du temps qui suit l’arrivée de l’enfant et la précipitation dans les demandes de familiarités qui tournent le dos au nécessaire apprivoisement progressif et à la prise en compte des éventuelles différences culturelles.

 

Quatrième facteur, l’occultation de ce qu’a pu vivre l’enfant. L’accumulation de ruptures et de déracinements bloque parfois la capacité à se projeter dans de nouveaux liens. Même si tous ceux qui sont adoptés ne sont pas abandonniques, certains présentent une telle avidité, une crainte si intense de perdre leur nouvel objet d’amour qu’ils peuvent se montrer difficilement capables de s’abandonner à la douceur de l’étreinte et préféreront parfois même détruire le lien qui leur est proposé, de crainte de connaître à nouveau le délaissement.

 

Pour l’auteure, il n’y a pas pourtant de fatalité dans l’échec. Elle propose d’établir un diagnostic aussi complet que possible de l’état mental, physique, émotionnel et relationnel de l’enfant, afin de définir son adoptabilité et le profil de la famille qui pourra le mieux l’accueillir.

 

Source:  Lien Social - Publication n° 926 du 23 avril 2009 - Jacques Trémintin

 

Repères

 

- Le coin du bibliothécaire. Souffrances dans l'adoption de Catherine Sellenet.
Petales bulletin de liaison n°85. Décembre 2009.

 

- L'adoption à risque
Pr. D. Marcelli. AFA. 6 octobre 2009.

 

- Enfants adoptés : Une vulnérabilité et des besoins de mieux en mieux cernés.
L’adoption internationale s’est considérablement développée depuis une trentaine d’années sans susciter de nombreuses recherches sur le devenir des enfants adoptés. Aujourd’hui que ceux-ci ont grandi, on en sait plus sur les problèmes qu’ils peuvent rencontrer au cours de leur développement, comme sur leurs facultés de récupération.
Actualités Sociales Hebdomadaires - Numéro 2594 du 30/01/2009 - par Caroline Helfter


- Recherche sur les enfants adoptés en difficultés. Volume 2 - 2006.
Catherine SELLENET. Professeur des universités en sciences de l'éducation. Directrice du centre de recherches éducation - culture.
Source: Agence Française de l'Adoption.

 

Enfants adoptés, l'envers du décor.
Un compte-rendu d'une étude est paru dans le numéro 3107 (17 mars 2005) du magazine "La vie".
Il rapporte le résultat d'une étude du ministère de la Santé français selon laquelle 15 % des enfants adoptés finissent par être replacés en institution.

 

- Est-il possible que je souffre du trouble de l'attachement ?
Forum EFA. sisi02. 27.04.2009

 

-  Halte à l'adoption internationale !
Certains le savent, d'autres pas mais ce n'est pas un secret : je suis un coréen du sud de naissance adopté en France en 1985 quand j'avais 8ans par une famille française. 
Quand j'ai commencé à faire des recherches sur mon passé , mes parents adoptifs ne comprenaient pas vraiment pourquoi je me sentais mal dans ma peau. 
Pour resumer mon état d'esprit : j'avais comme l'impression de devoir quelque chose à mes parents adoptifs... Jun Hyun Jin | 3 avril 2009

 

- Difficulté avec mon fils.
Forum EFA. gaella. 09.12.2008

11:04 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : étude, recherche, catherine sellenet, adoption | |  del.icio.us

19/01/2009

Une femme sans qualités - Virginie Mouzat

Une femme sans qualites.jpg« Je n'ai pas d'enfants. Je n'aspire pas au bonheur conjugal, au concubinage, à la grandeur de l'adoption, au dépassement de soi, au secours à l'autre. Je ne suis pas aux abois. Je ne regarde pas ma montre. Je n'ai pas ce souci du temps. Je méprise l'urgence dans laquelle elles se mettent toutes. »

 

Virginie Mouzat, journaliste de mode au figaro, publie son premier roman. L'ouvrage, partiellement auto-biographique, relate l'histoire d'une belle quadra en pleine remise en cause affective. Edité chez Albin Michel, il sort cette semaine en librairie. L'occasion de découvrir la très stylée rédactrice de mode sous un angle inédit. [Express]

Une femme sans qualités, premier roman à la fois fascinant et dérangeant, dessine le portrait d'une jeune femme hors normes qui vit en absolu sa différence, sa révolte et son inadéquation à l'image de fille sexy qu'on lui renvoie d'elle. Jusqu'au malentendu de toute rencontre.


Le Mot de l'éditeur


Elle est belle, grande, sexy. Elle plaît aux hommes, elle le sait. Elle sait aussi que ce qui les attire, c'est une image de femme qu'elle n'est pas. Car depuis toute petite, elle sent sa différence, elle n'appartient pas à la race des femmes. A aucune race. Ce que lui a confirmé un chirurgien à 17 ans, pas d'ovaires et un utérus d'enfant. Elle est donc cette femme splendide, ce corps parfait qu'elle n'habite pas. Lors d'un voyage à Shanghai, elle décide d'en finir mais rencontre un homme, celui à qui elle confie ce récit. Homme à femmes, homme entre deux pays, deux avions. Ils se retrouvent à Paris où elle vit avec un Suédois une sorte de cohabitation sans projet, si ce n'est une maison à Ibiza qu'elle conçoit comme un lieu de retraite au milieu de tout ce vide où elle s'agite. Dîners, fêtes, drogue, alcool, filles sexy et hommes en chasse, son univers, sa prison et son enfer où trônent les photos des top models d'Helmut Newton. Des filles passives qui mettent en scène le désir des hommes. Elle ne veut plus être une image mais peut-elle être autre chose ? L'auteur vit à Paris. « Tu ne sais rien de moi » est son premier roman.


Le choix des libraires



C'est un premier roman, écrit à la première personne sous la forme d'une lettre adressée à un homme. Une mise au point autant qu'une mise à nue, le portrait au scanner d'une grande et belle jeune femme désirée par les hommes et qui avoue son incomplétude au seul qui émeut peut être son âme. Sincère et dégagée des artifices elle lui parle d'Elle qu'il ne connaît pas.
Dotée de tous les attributs de la fille sexy, la narratrice avoue que son utérus est celui d'une petite fille et qu'une opération chirurgicale lui a ôté les ovaires à l'âge de 18 ans. Conclusion, une stérilité irréversible et le sentiment de ne pas appartenir, malgré des apparences trompeuses, au clan des femelles. Seules les hormones ingurgitées lui garantissent une vie au féminin.
Une rage sourde fait d'elle un être atypique, qui ne connaît, ni le désir ni le plaisir, et s'octroie le luxe vengeur de le provoquer chez les autres. Aucune parcelle d'elle-même ne s'abandonne dans son parcours et la colère qu'engendre sa différence ne lui sert qu'à mépriser le reste du genre humain, si bien déterminé.
Le personnage tend vers la mort à chaque page, roulé en boule dans une dissemblance érigée au rang de mode de vie, dans un univers stylé et fêtard où chacun se distrait vaillamment de sa solitude.
En cherchant un refuge dans l'achat d'une maison en bord de mer, la jeune femme devra pourtant renoncer à son «in-utéro» programmé, pour affronter enfin l'existence qui sera la sienne. Comme un cri de nouveau né, les mots de la longue missive déchireront le silence pour peut-être s'ouvrir enfin à la vie.

Choix de Anouk de la librairie LA MUSE AGITÉE à VALLAURIS, France - 15/01/2009


- L'avis de Clarabel

19:28 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : virginie mouzat | |  del.icio.us