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08/05/2007

Enfant qui a mal, enfant qui fait mal ? - Caroline Archer

medium_enfantquiamal.jpgConseils pour les parents adoptifs et les parents d'accueil.
 
Editions : De Boeck.
Collection : Parentalités

Traduction et adaptation : Françoise Hallet
Avant-propos : Caroline Debladis
Préface : Johanne Lemieux, Jean-François Chicoine
 
Caroline Archer  cherche à fournir aux parents adoptifs et d'accueil une compréhension de l'étendue complexe des difficultés auxquelles leurs enfants doivent faire face suite à leurs expériences précoces traumatisantes. En explorant de manière très complète les effets des expériences négatives sur les systèmes innés de réponses biologiques de l'enfant, elle aide les parents à donner du sens aux comportements souvent compliqués de l'enfant blessé / qui blesse dans sa famille. Elle les guide dans l’analyse des difficultés rencontrées dans leur famille et dans la façon de faire face à des situations complexes et elle leur propose un grand nombre de pistes, laissant à chacun le soin de choisir celle qui s’adapte le mieux à la situation concrète de sa famille.
 
Les situations fréquentes qu'elle décrit en détail comprennent : les problèmes de sommeil, la colère, l'agressivité et la violence, les mensonges et les vols, les sorties nocturnes et les fugues, les comportements d'assuétude et d'automutilation, l'impulsivité et la prise de risques, la sexualité, le suicide et les troubles alimentaires compulsifs.
 
Une aide remarquable pour tous les parents d’adoption et d’accueil qui sont confrontés à l’éducation d’un enfant qui a souffert de négligence et/ou de maltraitance dans son enfance.
 
Un glossaire, une liste de livres et de sites internet, ainsi qu’un carnet d’adresses complètent le livre.
 
Le livre est préfacé par Caroline Debladis, présidente de PETALES-France (Parents d’enfants présentant des troubles de l'attachement : ligue d’entraide et de soutien) ainsi que par Jean-François Chicoine, pédiatre, consultant en santé internationale et Johanne Lemieux, créatrice de l’approche Adopteparentalité, bien connus dans le monde francophone de l’adoption.
 
Il s’adresse en priorité aux parents adoptifs de grands enfants, mais les parents d’accueil, les éducateurs, tous les professionnels de la protection de l’enfance et de l’aide à la jeunesse qui s’occupent, d’une façon ou d’une autre, d’enfants adoptés ou en accueil y trouveront matière à réflexion et des stratégies pour faire face aux comportements parfois difficiles des enfants qui leur sont confiés.

 

Caroline Archer

Maman adoptive, elle est consultante en soutien dans l'adoption et accompagnatrice de parents, à la fois en clientèle privée et dans une équipe thérapeutique londonienne spécialisée dans l'accompagnement des familles adoptives et des familles d'accueil.  

Elle est aussi membre de Adoption UK, organisme britannique qui fournit information, soutien et conseils aux futurs parents et aux parents adoptifs ainsi qu'aux familles d'accueil.

 

Sommaire

Remerciements
Avant-propos de l'association PETALES-France
Préface
Introduction
Chapitre 1 : Arrivée à la maison
Chapitre 2 : Informations complémentaires sur les débuts : le développement de l'enfant
Chapitre 3 : Quand les choses ne semblent pas aller
Chapitre 4 : A travers le miroir
Chapitre 5 : Principes fondamentaux
Chapitre 6 : Principes mis en pratique
Chapitre 7 : Situations délicates
Glossaire
Listes de lectures
Sites intéressants sur internet
Carnet d’adresses
Index
                               

Source : De Boeck

10:50 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us

23/03/2007

L'adoption et sa face cachée - Christian Demortier

medium_adoption-face-cachee.jpg
Dans le cas des adoptions, on ne parle que des réussites. Les échecs sont encore niés ou critiqués.
L'échec, dans l'adoption, se double donc d'un second: celui de l'incompréhension des effets de l'adoption
vécus dans un isolement coupable. [Bim TlLAK]

Qu'on arrête d'assimiler la souffrance des parents adoptifs à celle de l'adopté. Les parents adoptifs souffrent, car ils culpabilisent de ne pas être de bons parents et les adoptés souffrent, parce qu'ils ont honte d'avoir été abandonnés si brutalement par leur mère de naissance. [Arthur SEFTON]

L'adoption telle qu'elle existe impose à l'adopté l'ambivalence, état tiraillé entre deux contraires auxquels il n'appartient jamais. Pas d'équilibre possible. [Bim TlLAK]

Forcément, pour vous, les adoptés n'ont pas de problèmes, puisqu'ils n'en parlent pas.




Un "must" !


Dans "Adopté dans le vide", l’auteur racontait son adoption à l’âge de deux ans en Belgique. Témoignage bouleversant que l’on aurait pu réduire à un cas personnel s’il n’avait déclenché un véritable séisme autour de l’adoption internationale. Parents adoptifs, mais aussi enfants adoptés, voire associations et administrations, ont réagi souvent de façon passionnelle à des propos qui rompaient avec le langage convenu.

C’est ainsi que Christian Demortier, passant du particulier au général, s’est senti le devoir d’aller plus loin. Il ne s’agit ni de dénoncer, ni de généraliser, mais d’alerter sur des souffrances, des non-dits, fut-ce au prix de douloureuses remises en question. Ouvrir les yeux sur des réalités qu’il vaut mieux prendre en compte avant qu’il ne soit trop tard, libérer la parole, dialoguer, rompre le silence pour repartir sur des bases solides…

La méthode employée est didactique en ceci que l’auteur se livre aux questions sans en éluder aucune, répondant avec franchise et une lucidité bien éloignée de la langue de bois enrobée de bons sentiments trop souvent utilisée dans ce domaine.


Au-delà de l’adoption internationale, l’ouvrage incite à une méthode élargie en vue d’une réflexion sur l’action humanitaire, les motivations de ceux qui en font profession, voire les effets pervers.

Christian Demortier a rassemblé avec attention, courage et émotion les multiples réactions suscitées par la publication de son livre "Adopté dans le vide". Ce premier ouvrage était douloureux et on ne s'étonnera pas que celui-là le soit aussi. Il ne revendique donc ni exhaustivité ni exemplarité. Il voudrait provoquer un questionnement.

Les lecteurs qui songent à l'adoption y trouveront matière à réflexion. Ceux qui y sont déjà engagés se sentiront moins isolés face à d'éventuelles difficultés.


Mais au-delà des acteurs privés ou institutionnels, c'est au grand public que ce livre s'adresse. La rapide mondialisation des échanges, le bouleversement des équilibres économiques et culturels fissurent les bons sentiments de la décennie précédente. La lucidité permet de faire l'économie de bien des drames, de dénouer des crises aussi.

L'adoption internationale, pourquoi pas ? Mais pas à n'importe quel prix, pas n'importe comment, pas au détriment de ceux qui - pourtant les principaux intéressés - n'avaient pas voix au chapitre, les enfants. Écoutons-les sans a priori, même si cette parole dérange l'air du temps.


Biographie de l'auteur

Christian Demortier est né en 1965 aux environs de Pondichéry. Il vit à Bruxelles. Enseignant, il consacre son temps à l'écriture. Auteur de Adopté dans le vide en 2001, il écrit également des pièces de théâtre, notamment sur l'adoption (L'Admirable inconnue) et prépare un ouvrage sur l'Inde.


Table

Avant-propos
Préface
1. Motivations des parents adoptifs
2. La mère biologique: don ou abandon ?
3. Les troubles possibles
4. Le malentendu
5. Rencontres avec des adoptés
6. Le teint
7. La culture

22:30 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : témoignage, christian demortier, adopté | |  del.icio.us

19/02/2007

J'ai été volée à mes parents - Céline Giraud et Emilie Trevert

medium_volee-a-mes-parents.2.jpgEditeur : Flammarion. 348 pages


Résumé du livre

 
L'existence d'une femme peut basculer de bien des façons, mais ce qu'a vécu Céline Giraud est véritablement singulier. A vingt-cinq ans, cette Française découvre l'impensable : âgée de quelques jours seulement, elle a été dérobée à ses parents péruviens par des escrocs. Ceux-ci se livraient à un trafic d'enfants alimentant des réseaux d'adoption internationale. Céline savait depuis longtemps qu'elle avait été adoptée, mais elle croyait, tout comme ses parents adoptifs, que sa mère biologique l'avait abandonnée, faute de moyens pour l'élever. Il n'en est rien. Une fois passé le choc de cette révélation, la jeune femme enquête pour retrouver ses parents et la trace du réseau qui l'a enlevée. Au Pérou, elle fait la connaissance d'une famille pauvre, la sienne, dont elle ignorait tout. Puis elle alerte la justice péruvienne et se procure un dossier judiciaire où figurent tous les détails du trafic dont elle a été victime. Ainsi que les noms de vingt-quatre enfants volés comme elle, dont trois ont été adoptés en France. Au Pérou, le scandale est énorme mais il ne passe pas l'Atlantique. L'association française agréée par l'Etat qui a organisé ces adoptions, n'a pas jugé bon d'avertir les familles adoptives de ce trafic odieux. Dans cet ouvrage, Céline Giraud raconte son incroyable enquête, mais aussi le bouleversement d'une jeune femme qui se retrouve avec deux mères qui l'aiment, l'une dans une banlieue française cossue, l'autre dans un bidonville au Pérou.

 


C'est à nous de se battre pour que des choses comme cela n'arrivent plus.

 
Vendue, trahie, aimée, choyée…
Comment ces 4 mots si contradictoires peuvent ils cohabiter dans la même phrase ? Et pourtant c’est bien cela mon histoire, un terrible mélange de malheur et de bonheur, de pleurs et de rire, de tristesse et de joie, de peines et d’amour.

 
Mon histoire commence il y a 24 ans, au Pérou, à Lima.
Ma mère, qui a déjà une petite fille, est enceinte,… de moi ; pas de travail, ni de ressource, une famille en pleine crise…Son quotidien n’est fait que de cris, de pleurs et de reproches. Par-dessus cela mon père est parti de la maison.
Et puis, une main qui se tend, une aide qui tombe du ciel. Ma mère ramasse un jour un petit flyer parlant d’une association caritative, San benito de palermo, aidant les mères célibataires en difficulté à repartir d’un bon pied dans la société (soin pendant la grossesse, prise en charge des frais d’accouchement, denrées alimentaires pour la mère, au bébé, soins médicaux gratuits, vêtements…). C’est trop beau pour être vrai ! Chance ? Hasard ? Non. C’est son pire cauchemar qu’elle tient dans ses mains, mais fatalement, elle ne le sait pas.
Plus que dans le besoin, quelques jours plus tard, elle pousse les portes de cette association dont les bureaux se trouvent en plein centre de Lima. Elle a besoin d’aide, elle est sûre qu’ici elle pourra le trouver.

 
Je pousse mon premier cri le 14 juillet 1980 (signe du destin ?). De l’autre côté de la terre, un jeune couple de français qui ne peut pas avoir d’enfant, est prévenu de ma naissance par l’association française, Rayon de Soleil de l’enfant étranger, par laquelle ils ont décidés de passer pour adopter un enfant. Dès le 15 juillet, les voilà en train de préparer leur voyage : une petite fille nouveau née les attend leur a-t-on dit !
Mes parents foulent pour la première fois le sol péruvien le 29 juillet 1980, tard dans la nuit. Le 30 juillet, à 7 heures du matin, deux femmes débarquent, prétextant être de l’association San benito de palermo, la directrice et l’assistante sociales leur disent elles. Dans leurs bras, un nouveau né de 16 jours, toute petite, toute fragile, moi.
Selon leurs dires, ma mère a 16 ans et se trouvant trop jeune pour avoir un enfant m’a laissé à l’adoption. Mes parents adoptifs, encore jeunes et bien naïfs se contenteront de cette version. Ils sont les plus heureux du monde et décide de m’appeler Céline.

... ...



Source : Coordination des Actions pour le Droit à la Connaissance des Origines - Forum CADCO

09/01/2007

Reconstructing Stephen - Why Adoption Hurts

medium_ReconstructingStephenl.3.jpg
At the age of 39, Stephen Francis, management consultant, is fast approaching mid-life crisis. Subject to anxiety, panic attacks, exhaustion and burnout, his life is rapidly going into freefall. Only when he reaches his lowest point, and seeks the help of a counsellor, is he able to address the roots of his malaise, which lie in his early life as an adopted child.

 
What Nancy Verrier Says About Reconstructing Stephen

 
Nancy Verrier, Author of two seminal works on adoption: "The Primal Wound" and "Coming Home to Self" has this to say about Reconstructing Stephen:

 
"What a refreshing book! Stephen Francis has written a book that is both honest and heart-felt. Finding out later in life that he was adopted, Stephen's experience once again reinforces the necessity for honesty in adoption. Adopted people have a sense that they are different from their families, and not being told they are adopted only leaves them feeling confused about this. Many, many adoptees will relate to this book because of the honest portrayal of the many ways in which Stephen expresses his pain and frustration about his situation. It also demonstrates the value of therapy in healing the pain and overcoming the behavorial responses to that pain. His relationship with his half-sister can give hope to those adoptees whose birth mothers have died or who refuse reunion and points to the importance of having some biological connection. I highly recommend this book to anyone connected to adoption."

 
Why Read Reconstructing Stephen?

 
Ever since Dave Pelzer published "A Boy Called It", ordinary people with extraordinary life stories have felt empowered to tell them and in this outspoken autobiography the author uncovers, with unerring frankness and honesty, the truth about his own life and that of the little spoken of – and virtually taboo – subject of adoption from the point of view of an adoptee who feels no sense of kinship or belonging to his adoptive parents. As he retraces the path that led to his shattering discovery that he has been adopted – and realises that the sense of alienation he has felt all his life is grounded in fact rather than paranoia, Stephen describes the inevitable breakdown and deconstruction of his identity and the slow healing process of reconstruction that can then begin to take place, with the help of his wife, his child, his half sister, and his counsellor.

 
Although, in seeking to get in touch with his natural parents, Stephen receives a severe emotional and psychological blow, and the long-waited meeting with his birth mother is potentially traumatic, Stephen becomes stronger through the experience, particularly through being reunited with his half sister Debra. As Stephen Francis movingly writes:


 
"You are confronted by a stranger who nevertheless carried you in her womb for nine months, who held you in her arms albeit briefly perhaps and who decided to cease to be the most important person in your life, who had abandoned you, rejected you, chosen a life without you. Even so you know that in some way you are intimately associated with this person, that you have inherited her genes and she is linked to you by blood, after a lifetime in which you have come to realise that you shared none of these with your adoptive family. In that strange, biological sense, you still feel that whether she likes it or not, and whether you like it or not, she holds the key to your very identity."


 
The author


 
Stephen Francis is a 40 year old successful management consultant though he'd rather not be. He does want to be a good father and husband and to become in some sense whole, whatever that means.
He also wants to give up wine and lose 50 pounds and not have grey hair (though thankfully so far he's not bald). He lives in Southern England but wants really to live in Italy.
 
Reconstructing Stephen is his first book and tells his adoption story.
 
Stephen publishes a regular blog at http://stephenfrancis.blogware.com/


 
 
Source : http://www.reconstructingstephen.co.uk/default.aspx

28/11/2006

L' adoption d'enfants de cultures étrangères

medium_enfants_cultures_etrangeres.2.jpgFanny Cohen-Herlem psychiatre, administrateur du Service Social d'Aide aux Emigrants, chargée de l'adoption internationale et Jacky Mamou pédiatre, ancien président de Médecins du monde, administrateur du SSAE.


 
Fanny Cohen Herlem est l'auteure de "l'Adoption d'enfants de cultures étrangères", qui vient de paraître aux éditions Pascal avec une préface de Simone Veil.
 
Les efforts récents des pouvoirs publics pour améliorer le dispositif français de l'adoption internationale ont notamment pour objectif de mieux respecter les engagements internationaux de notre pays.
Il est important de rappeler que l'adoption internationale, selon la convention internationale des droits de l'enfant de 1989 et la convention de La Haye (CLH) de 1993 (signées et ratifiées par la France), n'est qu'un des moyens de venir en aide aux enfants privés de famille.
 
Le placement dans les pays d'origine, que ce soit dans la famille élargie, en famille d'accueil, ou en institution, et surtout l'adoption nationale sont les premiers recours que les pays qui ont signé la CLH cherchent à mettre en oeuvre.
 
Certains pays ne proposent pas d'enfant en adoption, d'autres sont «contre» l'adoption internationale, blessés à l'idée de voir partir des enfants qu'ils sont, cependant, bien en peine d'aider. Le devoir de tout pays est donc d'aider les autres à trouver les moyens chez eux de faire face à leurs difficultés, comme cela existe déjà, grâce aux programmes d'aide internationaux et aux organisations non gouvernementales (ONG) de terrain.
 
L'adoption internationale, qui est par ailleurs une aventure singulière, ne peut être prise en compte que dans ce contexte.
 
Face à la souffrance des personnes sans enfants qui désirent adopter, la position du pays d'accueil est de les aider à se préparer à accueillir un enfant «de culture étrangère». Il revient aux pays d'origine de déterminer les enfants adoptables et de choisir les futurs parents. Au regard de leur histoire et d'une relation privilégiée, les pays d'origine sont également fondés à choisir les autres pays vers lesquels ils veulent bien laisser partir les enfants.
 
La France peut être fière de ses capacités à faire face à ses responsabilités quant aux moyens qu'elle s'est donnés et continue à se donner en la matière.
 
Les organismes autorisés pour l'adoption (OAA) et, depuis peu, la nouvelle Agence française de l'adoption (AFA) sont des structures qui sont là pour permettre aux futurs parents d'éviter les écueils et les risques de l'adoption individuelle. Les associations de parents travaillent également dans ce sens.
 
Si l'on se réjouit de l'intérêt porté par les médias et l'opinion publique, les associations et les journalistes, que veut dire pour autant «stratégie» quand il s'agit d'adoption ?
Qu'est-ce que cela signifie que d' «aller ouvrir» un pays ?
Comment peut-on parler de «politiques offensives» ? Il ne s'agit pas d'un marché à conquérir ! Allons-nous faire comme plusieurs pays, entre autres les Etats-Unis, qui n'ont justement pas signé la CLH et qui décident de considérer comme tels, sans le moindre scrupule, ces pays d'origine ?
 
Reprenons cette idée fondamentale : on ne cherche pas des enfants pour des parents, ce sont les enfants qui ont «droit» à une famille !
 
Le Service social d'aide aux émigrants (SSAE) souhaite rappeler que des pressions sur des pays d'origine pour augmenter le nombre d'enfants adoptables à l'international seraient à ses yeux irrecevables.

 

Source : "L'enfant adopté n'est pas une marchandise." sur Libération

 



 

 

25/08/2006

L'enfant dans l'adoption

medium_enfant_adoption.2.jpgL’adoption fait la une des médias, le plus souvent pour décrire le parcours difficile des parents adoptants ou pour retracer la douloureuse « recherche des origines » des enfants adoptés parvenus à l’âge adulte – toutes questions essentielles qui ne doivent pas occulter pour autant un autre aspect moins débattu : comment l’enfant, qui est le premier concerné, vit-il l’adoption ? L’adoption, il faut le rappeler, doit rester avant tout un moyen de permettre aux enfants de (re)trouver une famille susceptible de les aimer et de les élever, au sens noble du terme. C’est donc sous cet angle que nous avons choisi d’aborder ce nouveau dossier d’enfances & psy .



Le plus souvent, l’enfant n’a pas demandé à être adopté. Sa voix n’accède pas aux médias, qu’ils soient professionnels ou publics : il a donc besoin de porte-parole. Nous-mêmes, en élaborant ce numéro, nous avons observé qu’il n’était pas si facile pour les professionnels de garder leur propos centré sur l’enfant. Ceci témoigne d’autant de la nécessité de le faire. C’est aussi pour cette raison que nous avons donné la parole dans ce numéro à des adoptés, jeunes ou moins jeunes, pour qu’ils nous parlent chacun à leur façon de leur expérience.



À côté d’articles plus théoriques, fidèles en cela à l’esprit d’enfances & psy , nous avons privilégié des contributions concernant le travail des professionnels de l’enfance avec ces enfants et leurs familles.

L’adoption peut correspondre à des situations très diverses : être adopté très précocement est différent d’être adopté tardivement, alors qu’on a déjà un long vécu familial ou institutionnel ; venir d’un autre pays apporte encore de nouvelles dimensions ; autant d’enfants adoptés, autant d’histoires singulières. L’ensemble des points de vue du dossier reflète la diversité de ces situations.

Il n’y a pas de « pathologies » spécifiques à l’adoption. En revanche, on peut repérer de grandes problématiques qui seront vécues et traitées différemment en fonction de l’enfant et de ses ressources, de ses expériences passées, de son histoire, mais aussi bien sûr en fonction de ses parents adoptifs, de la façon dont ceux-ci peuvent l’accueillir et de tout ce qui fait la dynamique de n’importe quelle famille.

L’histoire commence par une séparation, qui est une perte et pour beaucoup un abandon : Sylvie Lang-Lainé évoque le cheminement de ces mères qui accouchent dans l’anonymat et leur accompagnement par une équipe spécialisée. Elle nous montre comment, grâce au cadre proposé, ces femmes, souvent très jeunes, vont pouvoir passer du déni initial de grossesse et du rejet de l’enfant à la reconnaissance de leur état et à un projet de don porteur de vie pour l’enfant.

Abandonné, l’enfant n’est pas pour autant livré à lui-même : dans le Val-de-Marne comme dans d’autres départements, dès la sortie de la maternité, il sera confié transitoirement, jusqu’à son adoption, à une famille d’accueil. Psychologue dans le cadre d’un placement familial adoption, Vida Malek raconte de façon très sensible tout le travail d’élaboration qui accompagne ce passage et nous fait sentir l’importance pour la psyché infantile d’un environnement soutenant, porteur d’un désir pour lui et garant de la transmission de ces premiers vécus.

L’adoption commence aussi par un désir d’enfant, un désir de devenir parents chez les futurs parents adoptifs. Un désir qui s’origine dans une histoire familiale s’étendant sur plusieurs générations, dans laquelle viendra s’inscrire ou non l’enfant et qu’il pourra faire sienne : ce seront alors, au-delà du biologique, son histoire familiale, ses origines. Danielle Lacombe évoque la façon dont s’exprime et s’élabore ce désir dans le cadre des entretiens préalables à l’agrément d’adoption, et comment on tente ainsi de garantir un minimum de sécurité à l’enfant.

En France, et pour les enfants nés en France, l’État a prévu des dispositifs pour encadrer cette rencontre sous l’égide des services départementaux d’aide sociale à l’enfance. Huguette Le Bont nous éclaire sur les aspects légaux et administratifs concernant les pupilles de l’État, et sur le rôle du conseil de famille chargé, notamment, de la délicate mission de choisir tels parents pour tel enfant.

Mais l’adoption ne se limite pas aux enfants nés en France – où l’adoption internationale s’est considérablement développée ces dernières années, pour représenter actuellement plus des deux tiers des adoptions. Jean-Jacques Choulot en décrit la difficile réalité dans les multiples situations que sa longue pratique pédiatrique dans ce domaine l’a amené à rencontrer et met en garde contre les conditions d’adoption, quelquefois anarchiques et douteuses sur le plan éthique, des filières non agréées.

Les choses évoluent vite au plan international, certains pays s’ouvrent à l’adoption, d’autres se ferment. La logique de l’administration départementale rencontre ici ses limites et, pour harmoniser les pratiques et les compétences, il a fallu réformer la loi : Muriel Eglin, magistrate, fait donc le point sur la réforme de l’adoption récemment votée par l’Assemblée nationale.

Claire Brisset, Défenseure des enfants, soulève les questions éthiques concernant la protection de l’enfant : lutte contre les dérives financières, accompagnement des familles, etc.

Les associations ont également un rôle important à jouer pour faire évoluer les choses. Janice Peyré, présidente de la plus importante d’entre elles, l’efa, évoque avec justesse et sensibilité la façon dont s’établit le lien parent-enfant dans les diverses dimensions à prendre en compte : celle de l’enfant, celle de ses parents adoptifs, celle de la famille, celle de la société.

Pour aller plus loin dans la compréhension de l’enfant adopté, il fallait interroger les spécialistes du développement et ceux qui œuvrent dans des structures d’aide psychologique spécialisées dans ce domaine.

Nicole Guedeney et Claire Dubucq-Green rappellent l’importance des premiers liens dans l’acquisition d’une sécurité de base mise en évidence par les travaux sur l’attachement – inaugurés par Bowlby et considérablement développés depuis. La séparation ne sera pas vécue de la même manière selon qu’elle survient avant sept ou huit mois ou après, et l’impact sur le care giver, celui qui procure les soins, en sera lui-même transformé.

Élisabeth Fortineau-Guillorit, dans le cadre de L’Arbre vert, a créé un lieu d’accueil parents et enfants où sont abordées et accompagnées les problématiques œuvrant souterrainement dans les difficultés rencontrées : la question des origines, l’abandon, le roman familial, etc., que Nazir Hamad, psychanalyste, identifie chez beaucoup d’adoptifs en quête de repères symboliques – tels qu’une date, un lieu, une adresse qui permettent de commencer à élaborer une histoire. Dans sa consultation, Martine Paucher, sans ignorer l’apport de la réalité du parcours de l’enfant avant son adoption, traite du lien filiatif dans sa réalité interne, tout en avançant quelques idées à propos des représentations parentales chez les enfants adoptés.

Pierre Denis rapporte dans le détail une tentative psychothérapique pour aider Bob. On sent dans son propos l’importance des sentiments transférentiels et contre-transférentiels soulevés par l’enfant mais aussi par ses parents (sa mère), et la nécessité pour une continuité de la prise en charge d’obtenir une alliance thérapeutique avec les parents.

Les légendes, les mythes regorgent d’enfants adoptés : Remus et Romulus, Moïse, Œdipe, Mowgli, qui sont souvent aussi de grands fondateurs. La tragédie d’Œdipe, rapportée par Didier Lauru et Jean-Yves Le Fourn, nous fait comprendre l’ambiguïté de la quête des origines et les enjeux incestueux particuliers à l’enfant adopté, notamment à l’adolescence. C’est sur le mode du conte, bon moyen de décentrer les affects et de faire passer des réalités difficiles, que Nicole Vacher-Neill et son équipe soignante abordent l’adolescence. L’adolescence, justement, l’âge des remises en cause, d’un profond remaniement qui affecte le corps, la psyché, et l’inscription familiale et sociale – un passage souvent difficile pour l’enfant adopté. Jean-Louis Le Run, en insistant sur la singularité de chaque sujet, cherche à dégager en quoi l’adolescence va être affectée par les problèmes majeurs de l’adoption : la question de l’abandon et celle de l’identité, lorsqu’elles entrent en résonance avec les registres mobilisés par l’adolescence, l’objectal et le narcissisme.

Se préoccuper de l’enfant dans l’adoption, c’est nécessairement interroger les nouveaux modes de parentalité. Christian Flavigny aborde la délicate question de l’homoparentalité et l’articule sur celle de l’adoption au sein d’une relation qui ne porte pas l’enfantement. Contestant avec nuance le présupposé d’une parentalité « perverse », Geneviève Delaisi de Parseval invite à réinterpréter dans des termes culturels contemporains les notions de multiparentalité désormais courantes dans nos sociétés. Les adoptions « monoparentales » posent d’autres problématiques qui n’ont pu être traitées. Ce dossier n’est évidemment pas exhaustif.

Comme toutes les questions qui interrogent la parentalité et mettent en cause le mythe des bons parents, ici bousculé par la notion d’abandon, l’adoption suscite des réactions passionnelles, des clivages, des prises de position tranchées qui nuisent parfois au débat. L’accès aux origines, évoqué dans plusieurs articles de ce numéro, en est l’exemple le plus frappant.

À travers ces articles se dessine le cheminement, le travail psychique que doit faire l’enfant adopté pour adopter sa nouvelle famille, accepter cette filiation, construire son identité, surmonter la blessure de l’abandon et faire le deuil d’une unification illusoire. Pour certains, ce travail passera par une quête : comprendre ce qui s’est passé, voire retrouver leur mère de naissance, plus rarement leur géniteur. Tout dépendra de la qualité des liens qu’ils auront formés avec leur famille (adoptive) et des rencontres, mises à l’épreuve de ces liens avec l’environnement, en particulier à l’adolescence. Ce cheminement s’effectue avec les parents qui ont choisi d’accueillir et d’aimer cet enfant, de le désirer et de le porter à travers les épreuves et les joies du parcours. L’adoption est une belle aventure.

En centrant le propos sur l’enfant, en exposant les réflexions et les pratiques, nous avons surtout cherché à offrir un outil qui permette aux professionnels de l’enfance de mieux comprendre et aider les enfants et les familles qui font appel à eux.


Jean-Louis Le Run est pédopsychiatre, chef de service d’un intersecteur à Paris, rédacteur en chef de la revue enfances & PSY.  Antoine Leblanc est pédiatre. Isabelle Cluet est assistante sociale.

Co-Auteurs : Marguerite Blais - Claire Brisset - Jean-Jacques Choulot - Johanne De Champlain - Geneviève Delaisi De Parseval - Pierre Denis - Claire Dubucq-Green - Muriel Eglin - Christian Flavigny - Elisabeth Fortineau-Guillorit - Nicole Guedeney - Nazir Hamad - Danielle Lacombe - Sylvie Lang-Lainé - Didier Lauru - Huguette Le Bont - Jean-Yves Le Fourn - Vida Malek-Yonan - Martine Paucher - Janice Peyré - Nicole Vacher-Neill


©2006
Enfances & PSY - La Petite Collection - - collection dirigée par Jean-Louis Le Run

ISBN : 2-7492-0651-0
11 x 17, 288 pages
15.00 €

09:10 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us

23/12/2005

L'adoption sans merci. Rencontre avec Barbara Monestier

Précieux parce qu'il sort des cénacles, "Dis Merci !" (*) donne la parole a une enfant adoptée.

 

Si c'était à refaire, souhaiteriez-vous à nouveau être adoptée ?

Petite, j'aurais voulu rester au Chili. Mainteant que je suis grande, revenir en arrière serait impossible. Je ne sais pas s'il vaut mieux être adoptée ou pas, mais je sais que c'est ma vie.

 

Vous-même seriez-vous prête à adopter un enfant ?

Si je ne peux pas avoir d'enfant, je ne crois que j'adopterais. J'ai moi-même mis 25 ans à m'en sortir. Alors, j'avoue franchement que je ne suis pas prête à refaire le chemin à l'envers. Je crois que c'est un parcours qui est toujours difficile et cela se passe parfois plus mal que moi.

 

La question est délicate et vous n'avez certainement pas tous les éléments en mains pour y répondre mais que pensez-vous de l'adoption d'enfants par des couples homosexuels ?

Je redoute la question, en effet. D'une manière générale, je ne crois pas qu'il faille faciliter l'adoption. Parce qu'elle est difficile mais aussi parce qu'elle encourage l'abandon. Sans parler du véritable trafic d'enfants qui existe à cause d'elle. Je ne suis pas sûre du tout que l'adoption d'enfants par les couples homosexuels soit une bonne chose car elle risque de compliquer encore plus la longue quête d'identité d'un enfant adopté.

 

Votre voyage au Chili vous a permis de rencontrer votre mère biologique et de vous réconcilier apparemment avec votre mère adoptive. Ce retour au sources était donc essentiel...

Oui, j'ai désormais la conviction que mes parents adoptifs m'aiment et que ce sont eux, ma famille. Sachant cela, les problèmes à venir - car il y en a encore - ne risquent plus d'aboutir sur une rupture.

 

(*) Dis merci!

Source : La Libre Belgique