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20/12/2005

L'adoption dans tous ses états. Enjeux et pratiques. Terre des Hommes.

medium_tdh_adoption_01.3.jpgFondation Terre des Hommes.


Aide directe à l'enfance meurtrie, sans préoccupation d'ordre politique, racial ou confessionnel.
Auteurs : Simone Hürzeler-Caramore, Marlène Hofstetter, Miren Bengoa et Mélodie Chibatte.

 


Un document d’analyse publié par le service adoption de Terre des hommes, basé sur plus de 40 ans d’expérience dans le domaine de l’adoption internationale.

Partant de l’enfant et de ses besoins, cet ouvrage de 112 pages aborde les différents aspects liés à l’adoption internationale en général et au travail de l’intermédiaire en particulier. Tenant compte de la complexité du sujet, les thèmes sont divisés en cinq chapitres qui peuvent être lus ensemble ou séparément : l’enfant et son adoptabilité, la préparation et le suivi des parents, le devenir de l’enfant adopté, l’évolution de l’adoption au niveau légal ainsi que l’éthique et le trafic d’enfants.

 

 L'adoption en dernier recours

"L'adoption internationale doit être conçue comme la dernière solution lorsque toutes les autres alternatives ont été épuisées. Pour chaque enfant, tout devrait être fait pour trouver une solution sur place: réhabilitation familiale, avec soutien si nécessaire, accueil au sein de la famille élargie ou auprès de proches, recherche d'une famille adoptive pour une adoption nationale, c'est-à-dire dans le pays même et recherche d'une famille d'accueil. Ces solutions ont pour but et comme idéal de permettre à l'enfant de grandir dans son pays d'origine, c'est-à-dire d'avoir accès à son héritage culturel, considéré comme un droit naturel.

L'adoption internationale ne sera par conséquent envisagée que lorsque toutes les démarches dans le pays ont été épuisées: seulement alors l'enfant est libéré par les autorités compétentes pour l'adoption internationale. Celle-ci ne constitue une solution adéquate et un moyen opportun de protéger l'enfant que lorsque deux aspects fondamentaux sont respectés. D'une part, elle doit être exécutée dans la légalité et le respect de l'intérêt de l'enfant. D'autre part, la situation dans les pays d'origine doit être améliorée par des mesures de prévention de l'abandon, de réhabilitation familiale et de soutien aux parents naturels, pour diminuer le risque d'abandon de l'enfant pour des raisons culturelles, religieuses ou financières.

 

 L'Etat garant de la protection de l'enfant

Bien que le projet relève d'une décision intime du couple, l'adoption - contrairement à la décision personnelle de faire un enfant - n'est pas un acte privé. L'adoption d'un enfant constitue un acte public dans la mesure où l'Etat intervient dans toutes les étapes de la procédure, tant dans le pays d'origine de l'enfant que dans son pays d'accueil. Ces procédures sont censées défendre l'intérêt de l'enfant qui est né et prévoir son avenir. Ces dispositifs juridiques et institutionnels impliquent un nombre important d'intervenants dont dépend la réalisation du projet d'adoption. Leurs interventions peuvent être mal vécues par les futurs parents adoptifs qui les considèrent comme une ingérence dans leur vie privée. Cependant, c'est le rôle de chaque Etat de mettre sur pied un cadre légal qui permette de garantir la protection de l'enfant et de se donner les moyens de vérifier que ce cadre soit respecté.

 

 Conclusion

Terre des hommes a développé un regard critique sur les dispositions légales, leur application et le rerspect des principes éthiques dans les pays d'origine, dans le but de vérifier son propre fonctionnement et la pertinence de ses interventions, mais aussi pour dénoncer les abus et les dérives de l'adoption commerciale. Depuis une quinzine d'années, nous assistons à un accroissement inquiétant de ce phénomène où l'intérêt des parents prime sur celui de l'enfant. Malgré les efforts entrepris ces dernières années pour améliorer la protection de l'enfant, ses droits élémentaires sont régulièrement bafoués sur un marché qui obéit aux lois de l'offre et de la demande.

Par le biais d'une campagne internationale contre le trafic d'enfants, Terre des hommes s'efforce d'alerter l'opinion publique et les autorités et tente de sensibiliser les futurs parents adoptifs aux méfaits des pratiques illicites.

En s'appuyant sur son expérience au Brésil, Terre des hommes continue à encourager et soutenir le développement de l'adoption nationale et à promouvoir les bonnes pratiques qui placent clairement l'intérêt de l'enfant au centre des préoccupations.

Une histoire d'adoption ne se termine pas lorsque la procédure a pris fin. Consciente de cette réalité, Tdh conseille, soutient et accompagne les adoptés adultes dans leurs recherches sur l'histoire de leur passé, de leur origine. Cette prestation s'inscrit dans le temps et la continuité de notre travail auprès des familles adoptives.

A la base, l'adoption est une mesure de protection de l'enfant, car elle permet à celui-ci de grandir dans une famille, soit dans l'environnement qui est considéré comme le plus propice à son environnement. De plus, il s'agit d'une solution définitive qui donne un statut clair à l'enfant, lui permettant de se construire en tant que personne et de s'inscrire dans une histoire familiale. Néanmoins, l'adoption est un acte conséquent qui officialise la rupture du lien avec la famille biologique. Dans le cas d'une adoption internationale, il faut encore ajouter le transfert d'un pays à l'autre et les différences d'apparence et de culture y relatives. L'adoption internationale doit donc demeurer une solution de dernier ecours quand aucune issue satisfaisante n'a pu être trouvée sur place. A conditions de respecter ce principe, l'adoption internationale offre une alternative légitime, riche et durable pour l'enfant. "

 

Pratiques non éthiques et le rôle des intermédiaires

 

Fondation Terre des hommes
En Budron C8
1052 Le Mont-sur-Lausanne
SUISSE

E-mail

 

19/12/2005

Le règne de Narcisse. Tony ANATRELLA

medium_regne_de_narcisse.jpgLivre. Le règne de Narcisse.
Les enjeux du déni de la différence sexuelle.



Psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, Tony Anatrella enseigne la psychologie à Paris. Il est connu pour ses recherches sur la psychologie juvénile et la psychologie sexuelle. Il est également prêtre. Dans de nombreuses publications, il est à l’origine de divers concepts sur l’adolescence (l’adulescence, les bébés couples, la société adolescentrique, etc.). Ce dernier livre s’inscrit dans la suite de La différence interdite et Époux, heureux époux..., et surtout de Non à la société dépressive (Flammarion).

Points forts


- Notoriété de l’auteur.
- Sujet au cœur de l’actualité.
- Débat de société.


Résumé

Le règne de Narcisse analyse les structures psychiques et sociales qui sont à l’œuvre dans les revendications homosexuelles pour répondre aux questions que se posent de nombreux parents, éducateurs, enseignants, médecins et élus.
– Qu’est-ce que l’homosexualité ?
– Quels sont les enjeux de l’homosexualité sur le sens du couple et de la famille, sur la psychologie de l’enfant ?
– Que se joue-t-il à travers le slogan et la loi votée en FRANCE sur « l’homophobie » et qu’est-ce qui se dessine pour l’avenir psychologique de chacun et de la société ?

La revendication du mariage et de l’adoption des enfants par des personnes de même sexe participe de la mentalité narcissique qui caractérise notre société, dans laquelle on croit que tout citoyen doit pouvoir disposer des mêmes droits que les autres, indépendamment de la situation de chacun. Mais comment une tendance pulsionnelle peut-elle être légalisée et devenir une institution ? Si tel était le cas, ne faudrait-il pas, au nom de l’égalité, toutes les légaliser, même celles qui sont actuellement pénalisées ?

Ce déni de la différence sexuelle et du sens de la procréation laisse entendre que seuls les sentiments et la volonté de « posséder » un enfant sont suffisants pour être « parent » au singulier et sans sexe, au lieu de l’être au pluriel et dans l’altérité sexuelle. Mais dans quelle structure relationnelle va-t-on engager l’enfant qui a besoin, pour se développer, d’un homme qui soit son père et d’une femme qui soit sa mère ?
Pour l’auteur, la nouvelle loi pénalisant les propos homophobes, votée précipitamment en France en décembre 2004, fait de l’homosexualité un instrument de censure et renoue avec la mentalité des pays totalitaires en instituant un délit d’opinion et une juridiction d’exception.

Tony Anatrella montre que vouloir faire de chaque « orientation sexuelle » un modèle social parmi d’autres pour fonder le couple et la famille est une idéologie dangereuse pour l’intérêt général.

Dans le Figaro.fr

Le narcissisme contemporain, dans lequel le sujet se prend pour la référence de tout, détricote le lien social et remet en question la plupart des solidarités humaines. Sous l'emprise de l'individu-roi, le législateur contribue à dévaloriser le sens du couple et de la famille au point de saper celui de l'autorité, de l'engagement et de l'éducation, à travers des lois qui créent de la pathologie sociale. Narcisse impose son ordre funeste autour de quatre faits importants.Le comportement de nombreux jeunes est le symptôme de la confusion du lien familial, d'un mépris du sens des lois, des références culturelles de la société et d'un désarroi délétère qu'on a laissé s'installer. S'ajoute ce que l'on nous prépare pour demain en brouillant, par exemple, le sens de la filiation sans mesurer les effets collatéraux.

1) Le règne de Narcisse délaisse les réalités et les lois objectives au bénéfice des revendications subjectives que la loi devrait légitimer au lieu de s'inspirer de ce qui a une dimension objective et universelle. En acceptant l'arbitraire de la subjectivité, le législateur favorise la désocialisation et dévalorise toutes les autres lois qui peuvent être de moins en moins respectées. A chacun ses moeurs, à chacun ses lois et, grâce à ce miroir dans lequel des personnes veulent se légitimer, la société se fragmente en tribus psychiques et en territoires hors la loi.

2) Le règne de Narcisse c'est le nivellement du «tous ensemble, tous pareils». Au nom de l'égalitarisme, la loi ne distingue plus entre l'essentiel et l'accidentel. Alors que les problèmes de nombreux jeunes révèlent de graves carences familiales, les élus sapent les fondements de la famille en légalisant tout ce qui existe. Prochainement ils risquent de fabriquer du couple et de la famille, non seulement à partir des «tendances sexuelles», ce qui est incohérent, mais aussi en légalisant des cas particuliers qui ont toujours existé sans pour autant être des références. Ce besoin de lois justificatives en dit long sur l'incertitude de ceux qui les revendiquent. La confusion première vient du manque de soutien de l'État à ce qui constitue réellement la famille issue de l'union d'un homme et d'une femme.

3) Le règne de Narcisse c'est aussi celui du transgresseur qui passe pour un héros et se trouve valorisé par les médias et encore davantage s'il utilise sa situation pour en appeler à réformer les lois de la société et les règles morales. C'est de cette façon que fonctionne le pervers narcissique qui instrumentalise tout au nom de son plaisir. On crée une situation de fait pour ensuite demander sa légalisation. Hier c'était avec la drogue, aujourd'hui c'est avec l'adoption des enfants, dans un duo homosexuel, au nom de leur sécurité juridique. Nous assistons, une fois de plus, au meurtre des symboles et au pillage des rôles et des fonctions familiales. La manipulation et la propagande de Narcisse détournent le sens des réalités. Comment s'étonner que devant de telles mesures insidieuses, arbitraires et transgressives, des jeunes soient dans le mépris des lois ?

4) Le règne de Narcisse culmine enfin dans le négationnisme de la différence sexuelle et le révisionnisme des normes sexuelles de la société, qui fondent pourtant le lien social, et dans la revendication du «droit» à l'enfant. Un récent colloque sur l'«homoparentalité» est venu le prétendre. La plupart des enquêtes sur le «bien-être» des enfants vivant dans ces conditions sont limitées et faussées. Elles ne rendent pas compte des structures psychiques qui se mettent en place. Les vrais problèmes apparaissent bien plus tardivement. Les mots, les discours et les chiffres sont manipulés pour en appeler à «l'égalité» afin d'éviter la question de l'instrumentalisation des enfants qui servent d'étayage à ces adultes. La filiation se brouille et devient socialement illisible.

Le désir d'enfant n'est pas en soi légitime, encore faut-il être dans les conditions d'un couple générationnel pour l'accueillir. L'adoption a toujours impliqué un critère de sexualité fondé sur la différence sexuelle. C'est un principe d'humanité et de réalité pas un préjugé, ni une discrimination. L'enfant a besoin de recevoir des matériaux psychiques venant d'un homme et d'une femme, ou d'une personne ayant intégré psychiquement la différence sexuelle, pour se structurer affectivement. Sinon les effets identitaires directs et collatéraux apparaîtront pour lui, une fois devenu adulte, et pour la société sur plusieurs générations.
Allons-nous vers une filiation désincarnée qui fera violence à l'identité personnelle ? Cette vision de la filiation trafiquée prépare les problèmes sociaux de demain, comme l'architecture monstrueuse des années 60 a démoralisé les cités. De détails en détails la société se défait alors que l'on sait ce qui peut la faire vivre et progresser.


Fiche biographique


11:10 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Tony Anatrella, psychanalyste, adoption | |  del.icio.us

16/12/2005

L' Enfant dans l'adoption. Enfances & Psy.

Au-delà de la quête difficile des parents adoptifs, souvent développée dans les medias, le numéro 29 d’ Enfances et Psy portera la réflexion sur ce que vit l’enfant dans l’adoption : un parcours qui commence par un abandon, des ruptures, avant la rencontre avec ses futurs parents.
Comment l’enfant traverse-t-il toutes ces étapes, quel travail psychologique nécessite cette nouvelle filiation, quelles questions se posent à lui concernant son identité, mais aussi son narcissisme, la reconstruction de son histoire ou la quête de ses origines ?
Comment est-il accompagné dans ce périple par les divers professionnels de l’enfance amenés à croiser son chemin et celui de sa famille ?


Auteurs : Isabelle Cluet - Jean-Louis Le Run - Antoine Leblanc


Ont participé à ce numéro : Marguerite Blais - Claire Brisset - Jean-Jacques Choulot - Johanne De Champlain - Geneviève Delaisi De Parseval - Pierre Denis - Claire Dubucq-Green - Muriel Eglin - Christian Flavigny - Elisabeth Fortineau-Guillorit - Nicole Guedeney - Nazir Hamad - Danielle Lacombe - Sylvie Lang-Lainé - Didier Lauru - Huguette Le Bont - Jean-Yves Le Fourn - Vida Malek-Yonan - Martine Paucher - Janice Peyré - Nicole Vacher-Neill -

Tables des matières

Avant-propos
L’enfant dans l’adoption
Jean-Louis Le Run, pédopsychiatre

ADOPTER EN FRANCE ET AILLEURS

Adoption nationale et internationale
Toujours plus conforme à l’intérêt de l’enfant
Claire Brisset, Défenseure des enfants

Réforme de l’adoption
La loi du 4 juillet 2005
Muriel Eglin, magistrate et conseillère auprès de la Défenseure des enfants

L’adoption des enfants nés en France
Les pupilles de l’État et le conseil de famille
Huguette Le Bont, pédiatre

Les difficultés de l’adoption internationale
Jean-Jacques Choulot, pédiatre

DE L’ABANDON À LA RENCONTRE

L’enfant adopté
Le droit à la reconnaissance dans le respect de son histoire
Janice Peyré, présidente de la fédération
Enfance et familles d’adoption

Les entretiens psychologiques dans la procédure d’agrément
Danielle Lacombe, psychologue

L’accompagnement des mères de naissance dans le parcours de la procédure d’adoption
Sylvie Lang-Lainé, psychologue clinicienne

Le placement familial
Interview de Vida Malek-Yonan, psychologue

COMPRENDRE ET ACCOMPAGNER

Adoption, les apports de la théorie de l’attachement
Nicole Guedeney, Claire Dubucq-Green, pédopsychiatres

“ Si je n’étais pas dans ton ventre… ”
Accompagnement de soutien psychologique de la parentalité et de la filiation adoptive
Élisabeth Fortineau-Guillorit, pédopsychiatre, psychanalyste

Penser l’adoption du côté de l’enfant
Pierre Denis, psychologue

Filiation adoptive : se dégager de la fascination pour la réalité externe
Martine Paucher, psychologue clinicienne psychanalyste

Adolescence et adoption
Jean-Louis Le Run, pédopsychiatre

QUESTIONS D’ORIGINE ET AU-DELÀ

La fonction de la trace
Nazir Hamad, psychanalyste

“ Œdipe l’adopté ”
Didier Lauru, psychiatre, psychanalyste et Jean-Yves Le Fourn, pédopsychiatre

L’enfant adopté face à l’homosexualité de ses parents
Christian Flavigny, psychanalyste

Qu’est-ce qu’un parent suffisamment bon ?
G. Delaisi de Parseval, psychanalyste

Il était une fois…
Effet thérapeutique des contes pour les équipes soignantes
Nicole Vacher-Neill, psychiatre

TÉMOIGNAGES

Interview d’une jeune adulte, Lola, 24 ans
Anne Saba, 16 ans ; Laure et Marion, 12 ans
Plus jamais ça ! Catherine G., née sous X
Un regard de parents : deux mères québécoises d’une fratrie péruvienne Marguerite Blais, Johanne de Champlain

FICHE INFO

LECTURES CROISÉES

Mise en vente le 5 janvier 2006

Source : http://www.edition-eres.com/

 


15:45 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adoption, abandon, rupture, identité, origine | |  del.icio.us

11/12/2005

Guide de traitement des troubles sévères de l'attachement | Niels Peter Rygaard

L'enfant abandonné - Guide de traitement des troubles de l'attachement.
Niels Peter Rygaard
Editions De Boeck Université
Collection : Comprendre. Source

Traduction : Françoise Hallet, médecin responsable de la promotion de la santé à l'école Centre de santé A. Nazé, Colfontaine (Belgique).
Préface : Rémy Puyuelo, pédopsychiatre. Membre de l'Association Psychanalytique Internationale.
Avant-propos : Luc Fouarge, directeur du Centre d'Observation et de Guidance (COGA)

Résumé

Les compétences sociales et émotionnelles d’un enfant se construisent lors des premières années de l’attachement. Pour 3 à 5 % des enfants cependant, ce processus est perturbé par des carences précoces, des parents dysfonctionnels, un manque de soins.
Les problèmes des jeunes qui souffrent de troubles sévères de l’attachement sont nombreux : manque d'adaptation sociale, relations brèves et superficielles, comportement agressifs, violents et criminels, maltraitance envers les autres et perturbations de la vie familiale, etc.

Niels Peter Rygaard, auteur de ce guide de thérapie, travaille depuis 25 ans avec des jeunes souffrant de troubles graves de l’attachement, ainsi qu’avec leurs familles. Il envisage le développement de l'enfant – de sa conception à l'adolescence - à la fois sur le plan théorique et sur le plan pratique. Il propose des listes de symptômes aux différents stades de développement, des profils de tests compréhensibles et des conseils de traitement faciles à mettre en oeuvre.

Cet ouvrage est destiné principalement aux psychologues, pédopsychiatres et psychothérapeutes. Il s’adresse également aux éducateurs et intervenants sociaux, de même qu’aux parents, enseignants et familles d’accueil.

A propos de l'auteur

Niels Peter Rygaard est psychologue, spécialisé dans le traitement des troubles de l'attachement; il travaille depuis de nombreuses années avec des enfants et leur famille, ainsi qu’avec des familles d’accueil au Danemark. Ses recherches actuelles portent sur les aménagements des programmes éducatifs et des traitements pratiqués par le personnel chargé de l’encadrement de jeunes en milieu fermé.

Sommaire du livre

Préface
Avant-propos
Bienvenue
Introduction
Première partie. Développement des troubles de l'attachement de la conception à l'adolescence
Chapitre 1. Causes et symptômes
Chapitre 2. Stades de l'auto-organisation
Chapitre 3. Rupture de contact avant 2 ans.Symptômes d'instabilité physique
Chapitre 4. Rupture de contact et développement du système nerveux central
Chapitre 5. Développement sensori-moteur anormal chez le jeune enfant
Chapitre 6. Arrêt du développement de la personnalité émotionnelle
Deuxième partie. Traitement
Chapitre 7. Comment pratiquer la Thérapie du Milieu ?
Chapitre 8. Thérapie du Milieu pendant la grossesse, après la naissance et jusqu'à 3 ans
Chapitre 9. Problèmes transitoires de lien et troubles de l'attachement chez les enfants adoptés
Chapitre 10. Thérapie du Milieu pour enfants d'âge préscolaire
Chapitre 11. Thérapie du Milieu pour l'enfant d'âge scolaire (7-12 ans)
Chapitre 12. Vie quotidienne en famille, en famille d'accueil ou en institution
Chapitre 13. Thérapie du Milieu pour les adolescents (13 à 17 ans)
Chapitre 14. Troubles de l'attachement, problèmes de comportement sexuel et abus sexuel
Troisième partie. Recommandations pour organiser le milieu thérapeutique. Cadre affectif, physique et social
Chapitre 15. Le développement personnel de l'éducateur d'enfants atteints de troubles de l'attachement
Chapitre 16. Phases de développement de l'équipe et de sa direction
Chapitre 17. Méthodes de travail pour l'équipe
Post-scriptum et remerciements
Glossaire
Bibliographie

Post-scriptum et remerciements de l'auteur

" Dans la tâche la plus complexe de toutes - travailler avec d'autres humains -, il n'y a pas de vérités ni de méthodes absolues. Mon objectif a été celui d'un guide et un guide n'est qu'un étudiant curieux de plus. La seule qualification d'un guide est qu'il était là avant et qu'il a construit une carte du territoire, bien qu'incomplète. J'espère que cette carte s'avérera utile lors de votre voyage vers la compréhension des mystères de l'attachement et de ses compagnons, les troubles de l'attachement.

J'ai moi-même eu tant de guides que je ne sais lequel remercier en premier.

Je remercie l'équipe et les responsables de la maison d'accueil Himmelbjerggaarden qui pendant 10 ans m'ont démontré ce que veulent dire dévouement infatigable et professionnalisme. Je remercie les parents des 48 enfants inclus dans mon étude qui m'ont confié les détails intimes de leurs vies.

Je remercie Gunnar Hjelholt, psychologue social et cofondateur de ElT (The European Institute for Trans-National Studies in Group and Organizational Development), qui a transformé son expérience de vie dans un camp de concentration nazi en un travail de toute une vie pour créer des institutions humaines et professionnelles. En tant que mon superviseur, il m'a enseigné les relations intimes entre l' organisation de la personnalité et l'organisation sociale.

Je remercie le Dr Françoise Hallet, cofondatrice de PETALES (Parents d'enfants présentant des Troubles de l' Attachement: ligue d'Entraide et de Soutien) qui de sa propre initiative a décidé de traduire le manuscrit en français. Je suis profondément impressionné par son attitude professionnelle et ses connaissances.

Je remercie mes collègues danois, Helgi Rasmussen pour sa recherche sans compromis de la sincérité et ses capacités dans la tradition Tavistock, et Nikolaj Lunoe pour son introduction et ses élaborations sur les travaux de William Schutz.

Du côté privé, je remercie mon ex-épouse, Susanna Siggaard, gestalt-thérapeute et consultante en organisation, pour sa compréhension profonde et intuitive des petites âmes (autant que des grandes) et mes deux joyaux, Johanne et Jacob, qui démontrent que l'amour conquiert tout. Niels Peter Rygaard "

Un chapitre du livre.

 

- Article de Niels Peter Rygaard "Therapy with Adoptees in Puberty"

- Article de Rémy Puyuelo sur CAIRN

- Site Internet de Niels Peter Rygaard

 

Sur le même sujet

- Thérapie avec des adolescents adoptés, par Niels Peter Rygaard. Traduction de l'anglais par Françoise Hallet.

01/12/2005

Au risque de l’adoption. Cécile Delannoy.

medium_risque_adoption.jpg

Au risque de l’adoption. Une vie à construire ensemble.
Un livre écrit par Cécile DELANNOY
Editions La découverte 2004 (240 p)

L'auteure, agrégée de lettres classiques et titulaire d’un DEA de sciences de l’éducation, a été professeur de lettres au lycée, formatrice à la MAFPEN de Nantes puis à l’IUFM des Pays de la Loire, et rédactrice en chef de la revue Les Cahiers pédagogiques. Aujourd’hui retraitée, elle participe aux travaux de l’AGSAS, association qui réunit des enseignants et des psychanalystes. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment dans le domaine des sciences de l’éducation.

 

Cécile Delannoy est elle même mère adoptive et aujourd’hui grand-mère. La plupart des parents qui adoptent pensent, en toute bonne foi, que enfants de sang ou enfants adoptés, cela ne fait aucune différence. L’expérience montre qu’il n’en est pas toujours ainsi. Si les adultes ont choisi d’adopter, les enfants n’ont pas demandé à l’être. L’auteur a réalisé à ce sujet une minutieuse enquête. Elle rejoint les observations de Pascal Roman dans « L’adoption à l’étranger et la souffrance des liens » et celles de l’association PETALES , sur les difficultés de cette vie à construire sur un double traumatisme initial.
Un livre d’une grande intelligence et d’une rare honnêteté

Résumé.

La plupart des parents qui adoptent pensent, en toute bonne foi, qu’enfants « de leur sang » ou enfants « adoptés », cela ne fait aucune différence. Mais ils oublient souvent de se demander s’il en va de même pour ces enfants… S’ils ont choisi de les adopter, eux n’ont pas choisi de l’être. L’auteur, elle-même mère adoptive et aujourd’hui grand-mère, a voulu savoir comment était vécue l’adoption de part et d’autre, puis comprendre les séquelles possibles, traces laissées en chacun par une histoire difficile, un passé douloureux. Elle a ainsi réalisé un véritable travail d’enquête auprès de parents adoptifs et d’enfants adoptés ; de la petite enfance à l’âge adulte, des heurts de l’adolescence aux moments de tendresse, elle nous restitue ici sans fards la réalité de l’adoption. Les parents – et les enfants – de ces familles se reconnaîtront souvent dans cet ouvrage vivant, dont la force réside autant dans les témoignages que dans l’analyse qui les accompagne. Les différents parcours, la confrontation des points de vue, la parole des spécialistes consultés permettront à chacun d’être préparé aux angoisses et interrogations légitimes. Car s’il est des enfants adoptés qui ne posent aucun problème, d’autres réagissent, en particulier à l’adolescence, par des comportements excessifs et quelquefois destructeurs. Ni optimiste ni pessimiste, ce livre se veut avant tout le reflet d’une vie à construire ensemble.

Dans les Cahiers Pédagogiques 
http://www.cahiers-pedagogiques.com/

"C’est un de ces livres que l’on ne peut résumer et que l’on n’a pas compétence pour critiquer ; il est nourri de l’expérience personnelle de l’auteur (ancienne rédactrice en chef des Cahiers) et d’entretiens avec des familles, des enfants, des adoptés devenus adultes. En notant que, dans l’ensemble des 71 familles que Cécile Delannoy a interrogées, sans faire une véritable enquête sociologique, les enseignants (31) et les professions sociales ou culturelles sont nombreux. Ce n’est pas un hasard. Statistiquement, l’adoption compte peu : 4 000 à 5 000 par an, en face de 750 000 naissances, mais elle concerne directement l’éducation, à la fois parce que les enfants adoptés sont sur-représentés dans les institutions pour enfants à problèmes et parce qu’ils sont dans les écoles : on n’oubliera pas, là, si l’on était tenté d’en faire une exploitation pédagogique, que le rapport des enfants avec leur pays d’origine et leur propre histoire est ambivalent, et très différent de l’un à l’autre. De même, les motivations et comportements sont très différents de l’un à l’autre. Les parcours scolaires sont dans l’ensemble semblables à ceux de tous les enfants, mais, dans la mesure où le milieu familial est souvent plus favorisé, les résultats scolaires sont un peu en dessous de ce qu’on pourrait attendre. Les comportements d’opposition ou de rejet à l’âge du collège sont peut-être plus fréquents, les crises de l’adolescence exacerbées, liées à un manque de sécurité intérieure.

Alors, l’adoption est-elle un « risque » ? Ou du moins l’est-elle plus que toute éducation ? Le livre ne masque pas les difficultés, il ne les majore pas non plus. Avec le recul, on constate que les enfants adoptés s’installent dans la vie et fondent à leur tour un foyer comme les autres. Et les difficultés rencontrées en cours de route sont peut-être, « à notre époque de procréations assistées, de familles recomposées, de brassages culturels, un révélateur d’une crise plus générale des liens de filiation, des liens d’appartenance ».

On souhaite donner envie de lire ce livre, non seulement aux parents adoptifs ou à ceux qui envisagent de le devenir, mais aussi à tous les autres parents et aux enseignants et éducateurs, tous concernés par le beau sous-titre."

Chapitre 12 (non publié) de cet ouvrage: "Besoin de savoir, désir de savoir, refus de savoir"
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=394&var_recherche=C%E9cile+Delannoy

Table des matières.

Remerciements - Préface - Avant-propos
- 1. Le temps de la rencontre - L'émotion d'une découverte réciproque - La rencontre à l'étranger - Les débuts en famille - Santé, sommeil... et habitudes culturelles - L'acquisition de la langue - Une intégration réussie
- 2. La parole relative à l'origine - Le choix du prénom - Non, mon chérie, tu n'étais pas dans mon ventre - Mon autre maman, elle m'a abandonnée ? - Se voir adopté dans le regard des autres - Quelle place pour le pays d'origine ? - Quelle place pour le passé dans la vie quotidienne ? - Mettre ensemble des mots sur son histoire
- 3. La fratrie, les fratries - Les fratries adoptives - L'attente et l'accueil du nouveau venu par ses frères et sœurs - De la benjamine dépossédée à des aînés tôt responsables - Un nouveau venu déjà grand - Quelques autres fratries... - Frères et sœurs imaginés ou imaginaires
- 4. Les parcours scolaires - À la maternelle - À l'école primaire - Au collège, au lycée, le temps du choix - À l'université ou dans la vie active
- 5. Attention, zone de turbulences ! - D'inquiétantes déviances - Opposition et révolte à demeure - Passages à l'acte délictueux... et épisodes dépressifs - Des parents désorientés par les crises de l'adolescence - Et pourtant, le plus souvent, ce tunnel a une fin - Que conclure de ces constats ?
- 6. Les parents seraient-ils responsables ? - Des parents peu au clair sur leurs motivations - Des parents qui ont du mal à « parentaliser » - Le lien biologique, quelle importance ?! - Le lien juridique : une préférence masculine ? - Besoin de transparence ou droit au fantasme ? - Mais où sont donc les bons parents ?
- 7. Voix nues
- 8. Être adopté : les questions qu'ils se posent - La vie antérieure - L'identité lignagère - Retourner au pays natal - Le parent et l'enfant, deux regards différents
- 9. L'ambivalence de la dette - Des enfants qui se sentent en dette - Des parents qui ne savent pas demander - Une insatisfaction perpétuelle - De la dette perpétuelle à la dette acquittée
- 10. L'abandon : une perte originelle - Le vécu d'un manque - Des mots si essentiels - Un vécu de perte d'amour - Un vécu de perte d'identité - La perte du passé
- 11. La blessure narcissique de l'abandon - L'imaginaire des causes de l'abandon - D'une honte clandestine à la réparation imaginaire - Défi et provocation - Un autre regard sur la différence
- 12. Besoin du lien, désir du lien, refus du lien - Besoin du lien, progressivité de l'attachement - Désir du lien et décision d'appartenance - Troubles de l'attachement initial et agressivité - L'ambivalence du lien et le conflit de loyauté - La mise à l'épreuve du lien - Questions sans réponses - Conclusion. Des parents suffisamment bons - La relation imaginaire aux parents de naissance - Entre confiance tolérante et lucidité inquiète - Savoir écouter et faciliter l'expression - Aider, c'est aussi savoir se faire aider - Mettre de la distance, introduire un tiers - Prendre un pari sur la vie, prendre le pari de la vie
- Annexes - 1. Brèves histoires de vie - 2. Le public de l'enquête - 3. Contacts.

Extraits de presse.

« Mère adoptive elle-même, Cécile Delannoy brise le silence sur les difficultés rencontrées par certains parents lors de la crise d'adolescence. » LA VIE





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L'enfant adopté. Comprendre la blessure primitive | Nancy Newton-Verrier

medium_enfantadopte.4.gifUn ouvrage utile pour tout les futurs parents adoptifs,  ceux qui sont déjà parents et aussi ... les adoptés (adolescents et adultes).

Editeur : De Boeck Université - collection Comprendre.

 

Un must traduit de l'anglais avec patience et talent par le Dr Françoise Hallet, maman adoptive et membre fondateur de l' asbl PETALES.
Initialement, le titre prévu était :
" La blessure primitive : comprendre l'enfant adopté. " L'éditeur a malheureusement inversé ?


Préface à l'édition francophone.

" Les adoptions nationales et internationales sont de plus en plus nombreuses dans nos pays depuis une trentaine d’années tant en Europe qu’en Amérique du Nord. Il est donc légitime que les interrogations se multiplient sur le vécu familial et individuel de ces adoptions. Dans un premier temps les conseils donnés aux parents étaient de considérer les enfants adoptés comme des enfants nés au sein de leur couple et de ne surtout pas leur parler de leur passé. Mais ces conseils ont montré leurs limites devant les difficultés éprouvées tant par les parents que leurs enfants, adolescents et jeunes adultes, à vivre l’adoption sereinement. Aux Etats-Unis il y a déjà plus de vingt ans que des professionnels, des parents et des adultes adoptés se préoccupent de comprendre et d’expliquer le vécu particulier de l’abandon, préalable à toute adoption, ainsi que celui de l’adoption. De leurs observations et de nombreuses études réalisées sont nés de nouveaux concepts basés notamment sur la théorie de l’attachement initiée dès 1948 par John Bowlby.

Nos pays francophones sont restés à la traîne mais tentent depuis quelques années de combler ce retard, et divers travaux et témoignages parus récemment commencent à dépeindre l’adoption, ses joies et ses difficultés, sur un mode plus réaliste : à côté de grands bonheurs, il y a aussi dans ce mode de parentalité et de filiation des difficultés plus ou moins grandes vécues et ressenties tant par les parents adoptifs que par les enfants adoptés, quel que soit leur âge.

En 2001 en Belgique des parents préoccupés par le devenir particulièrement difficile et douloureux de certains de leurs enfants se sont réunis et ont créé l’association PETALES (Parents d’Enfants présentant des Troubles de l’Attachement : Ligue d’Entraide et de Soutien) qui s’est rapidement développée et est aujourd’hui présente aussi en France et au Québec.
[ http://www.petales.org ]

Ce livre, La blessure primitive, est paru aux Etats-Unis en 1993 et y est considéré comme une référence pour la compréhension du vécu des enfants adoptés et de leurs parents. Aussi, sur le conseil du professeur Hocksbergen, de l’Université d’Utrecht qui l’a fait publier en néerlandais en 2002, j’ai entrepris de le traduire pour le mettre à disposition des parents et des adoptés francophones.

J’espère qu’il permettra à un large public de mieux comprendre les enjeux individuels et familiaux de l’adoption et d’apporter des réponses plus adéquates aux questions que se posent tant les parents que les adoptés. "

Résumé

La Blessure Primitive est un livre qui pourrait révolutionner la façon de penser l'adoption. En appliquant les données de la psychologie prénatale et périnatale et celles sur l'attachement, la création du lien et la perte, il détaille les effets de la séparation des enfants adoptés d'avec leur mère de naissance. De plus, il donne à ces enfants, dont la souffrance a longtemps été méconnue ou mal comprise, la validité de leur sentiments ainsi qu'une explication à leurs comportements. L'éclairage qui est ici donné aux expériences d'abandon et de perte contribuera non seulement à l'apaisement des adoptés, de leurs familles adoptives et de leurs mères de naissance, mais apportera compréhension et encouragement à ceux qui se sont sentis abandonnés dans leur enfance.

L'auteur.

Nancy Newton Verrier est mère de deux filles, dont une est adoptée. Elle a un diplôme de psychologie clinique et une pratique privée à Lafayette, Californie. Tout en assurant des consultations en particulier aux membres de la triade adoptive (enfant, parents adoptifs et mères de naissance), elle écrit et donne des conférences sur les effets du traumatisme de la petite enfance et du manque causé par la séparation prématurée de la mère dans diverses circonstances.
[ http://www.nancyverrier.com/index.php ]
 

Dis merci ! Tu ne connais pas ta chance d'avoir été adoptée | Barbara Monestier

R é c i t  de Barbara Monestier.medium_dismerci.jpg
Editions Anne Carrière : http://perso.wanadoo.fr/annecarriere/ 

“ D’où viens-tu ? ”
Encore cette question qui me déchire les entrailles. C’est comme si, pour la centième fois, on me prenait ma vie.
“ Mais je suis d’ici. J’habite Paris, ma famille est française… ”
On n’est donc rien sans ses origines ?
Lorsque j’étais une toute petite enfant, j’habitais au Chili. Je me souviens encore de la maison de ma nounou : nous vivions là, heureux et insouciants, au milieu d’une petite cour carrée, maîtres d’un minuscule royaume. L’hiver on suçait l’eau gelée, l’été on se baignait dans le lavoir.
Jamais on ne m’avait parlé d’adoption. Au début, ils venaient comme ça, en visiteurs, je les trouvais plutôt gentils mais je ne me doutais de rien. Un jour, ils sont venus pour m’arracher à ma vie. Je me sentais comme une marchandise. J’avais quatre ans et demi. Jamais je n’ai oublié.
Ma mère a fait de moi une petite princesse, mais moi je m’en fichais. Je ne voulais pas de toute cette richesse, de ce bonheur de pacotille. “ Tu ne connais pas ta chance ”, me disait-on souvent. Mais que voulaient-ils dire ? Savent-ils où est le bonheur ? Se donne-t-il ? Se prend-il ? Allais-je devoir toute ma vie remercier d’avoir été adoptée ? Mes parents n’avaient-ils pas besoin de moi, eux aussi ? »

Vingt ans après, Barbara Monestier raconte comment, jour après jour, elle a appris à se réconcilier avec sa vie. Un témoignage courageux sur l’adoption, vue du côté de l’enfant.

« C’est le récit poignant d’un engrenage dans lequel les sentiments et les ressentiments s’affolent puis se raidissent. C’est aussi, heureusement, la lente remontée d’une jeune fille vers la vie. »
Elle, 3 octobre 2005.

« Un texte mené à un rythme haletant, un point de vue sur l’adoption à contre-courant des clichés habituels. »
Psychologies magazines, octobre 2005.

Portrait

Barbara Monestier, 26 ans. D'origine chilienne, elle est l'une des premières filles adoptives à rejeter publiquement l'adoption, en s'en prenant particulièrement à sa mère française.

Chilienne de vie

Barbara Monestier en 5 dates
1979
Naissance de Barbara Reyes au Chili.
1983
Adoption de Barbara, installation à Paris.
1988
La famille déménage près de Montpellier.
1999
Grave dépression, tentative de suicide, maison de santé.
2000
Rencontre avec sa mère biologique, son demi-frère et sa demi-soeur.

Il n'y a pas si longtemps, quand on lui parlait en espagnol, elle jouait l'idiote. Et on s'adresse souvent à elle dans cette langue maternelle, parce qu'elle fait terriblement chilienne. Pas argentine, ni péruvienne. Chilena. «Vraiment ?» élude-t-elle avec un accent légèrement traînant, légèrement snob, pas du tout «typé», très du côté aristocratique de sa mère, en allumant une autre cigarette.

Barbara fut officiellement et reste affectivement d'origine aveyronnaise, comme son père, qui lui a offert sa parentèle chaleureuse. Très jeune, elle a déclaré : «Ici, c'est la maison de famille, c'est là que je reviendrai toujours avec mes enfants.» A tous ceux qu'elle a croisés dans son existence, elle a servi ces racines aveyronnaises pour cacher son statut d'enfant adoptée, érigée par elle seule en secret d'Etat. C'est donc en Aveyron, dans la maison de famille, que son père a voulu lui parler de sa mère chilienne. «Tu as serré tes mains sur tes oreilles et continué à dire : "Non, non, ne me dis rien", lui rappelle-t-il dans une lettre qu'elle a glissé au milieu de son livre. J'ai entendu un cri, un vrai cri de douleur qui résonne et résonnera longtemps en moi. Je t'aurais enfoncé un fer rouge dans une plaie béante, je crois que tu n'aurais pas hurlé si fort.»

Visage sculpté autour des pommettes, yeux noirs ardents, joli nez d'Amérindienne dont elle voudrait se débarrasser, elle semble indestructible et prête à se briser. Elle répond aux questions dans les salons des hôtels alors qu'elle devrait faire le ménage chez les riches de Santiago ou Concepción. Dis merci ! est le titre de son livre, avec en dessous, pour ceux qui n'auraient pas perçu la rage du titre : «Tu ne connais pas ta chance d'avoir été adoptée», récit de sa vie, autrement dit, de son adoption (1). Barbara, fille à papa, peut à 25 ans se permettre de vouloir devenir comédienne, alors que sa soeur aînée-biologique-non abandonnée, Patricia, avait déjà un enfant à nourrir au même âge, là-bas. Elle mesure aujourd'hui que son sort ne paraît pas seulement enviable, il l'est sans doute. Mais elle n'a connu la paix que par intermittence, usant ses parents jusqu'à la folie dans des crises de nerfs, de désespoir, «aimez-moi, ne m'aimez pas, écoutez-moi, ne m'écoutez pas», des années sans sommeil à sombrer dans «le vide». Elle prétend que si sa mère lui avait dit : «Nous sommes allés te chercher parce que nous n'arrivions pas à avoir d'enfant, j'avais besoin de toi pour me sentir mère», plutôt que de lui raconter qu'elle voulait faire son bonheur, elle aurait moins souffert. Elle lui reproche son orgueil, mais on entend surtout qu'aucune femme au monde n'aurait pu subvenir à cette exigence sans fin, ni fond. D'autres adoptés se remettent de l'abandon, bricolent des liens apaisés, opportunistes ou indifférents. Barbara a choisi la guerre passionnelle, contre la mère, et seulement la mère. «A peine rentrée à la maison, à la première remarque de ma mère, je rétorquais violemment : "Tu n'es pas ma vraie mère !" Alors à bout d'exaspération et de souffrance, elle me répondait : "Si tu crois que moi j'avais envie d'avoir une fille comme toi" et ça dégénérait.» C'était en CE2 et ça n'a cessé de dégénérer, jusqu'à mettre en péril le couple parental et les obliger à quitter Paris. «Cria cuervos y te sacaran los ojos», dit un proverbe hispanique. «Elève des corbeaux, et ils t'arracheront les yeux.»

Barbara était âgée de 4 ans et demi quand ces époux français  elle jeune femme d'affaires, lui journaliste proche de la retraite  ont débarqué dans la población où elle vivait en famille avec d'autres enfants abandonnés. Ils dormaient ensemble, se tenaient chaud, elle n'avait pas peur et ignorait le «vide» qui la tourmentera ensuite sans répit. Elle se souvient les avoir défiés. Son père dit «refusés». Surtout la femme, qui lui semblait belle et importante, dorée, quand tous ceux de sa población étaient moricauds. «Le déchirement fut terrible. Je savais que je partais pour une autre vie. Moi, je n'en voulais pas. J'aimais la mienne.» Cette blondeur maternelle, ces yeux bleu vert, ces «ah bon, c'est ta mère ?» incrédules des camarades d'école, elle ne lui pardonnera pas. «Je lui ai tapé dessus, je me frottais à elle dans l'espoir que ça soit contagieux.» Lorsqu'elle est retournée «là-bas», elle a constaté que les pauvres étaient toujours plus typés que les riches. Mais quand elle a découvert sa mère «biologique» en blonde platine décolorée, avec yeux bleu vert, la peau presque claire, elle a été prise d'un fou rire.

Elle a fumé jusqu'à cinq paquets de cigarettes par jour en maison de repos, a ralenti la cadence. Elle a des théories sur l'adoption : tous les adoptés tombent dans la compulsion alimentaire, sexuelle, toxique, alcoolique, alors très tôt, elle s'est jurée de briser cette «fatalité de la délinquance». L'autre théorie, viscérale, c'est de s'opposer à l'adoption par les couples homosexuels. «Moi, si je m'en suis sortie, c'est grâce à la normalité de ma famille», souffle-t-elle. Dans les diverses institutions catholiques où elle avait choisi de s'exiler pour mettre de la distance avec sa «famille» si normale, elle s'est trouvé des marraines, forcément plus gentilles, compréhensives, douces, que sa mère adoptive. Une enseignante, une infirmière, une bonne soeur, une directrice charismatique. Dis merci ! commence par cette dédicace. «Pour mon papa qui est à l'origine de ce livre et qui a toujours été là pour moi.» La petite brune a mis vingt ans à signer un semblant d'armistice avec la femme de son père, il ne faut pas lui en demander plus. «Un déjeuner en famille, ça reste une lutte, un effort.»

Sur la scène de l'adoption internationale, 2005 s'inscrira en France comme l'année du sentimentalement incorrect. Il y a quelques mois, Evelyne Pisier publiait une autofiction aux frontières de la haine sur l'enfant qu'elle avait adopté au Chili (2). Par maison d'édition interposée, Barbara aurait pu tenir le rôle de l'agnelle chilienne qui répond à la méchante bergère. Mais elle ne connaît pas cette femme et elle ne veut pas lire son livre : «Je ne supporterai pas des mots durs.» Elle jure ne pas avoir écrit son récit contre «eux» : ses parents. Elle est moins sûre d'elle quand il s'agit de jurer qu'elle ne l'a pas écrit contre «elle» : sa maman. Et elle semble rester imperméable à cette douceur d'adulte qu'est la gratitude, même ténue. Elle n'est reconnaissante que d'une chose, c'est de ne pas avoir été avortée. Et ça, elle le doit à Marta, sa mère biologique, qu'elle a rencontré à l'âge de 21 ans. «Je lui ai dit merci de ne pas m'avoir supprimé.» C'est tout. Pour l'abandon : «Il n'y a pas de pardon.»

La France, le bel appartement, les institutions sélectes, le ski trois fois par an, les nuits que sa mère a passées à l'aider pour ses devoirs, elle n'était pas demandeuse, mais elle continue à prendre. L'adoption, dit-elle, c'est une tentative de réconciliation entre deux souffrances, celles de l'enfant abandonné et celle du couple stérile, qui échoue presque tout le temps. Cria cuervos, et ils écriront un livre.

(1) Editions Anne Carrière.£

(2) Une question d'âge.

(3) Adolescence et adoption

 

- L'adoption sans merci.
Rencontre avec Barbara Monestier

- Une adoption peut-elle être réussie ?
Barbara Monestier et Evelyne Pisier.