Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/06/2008

Accepter sa stérilité

biosphere.jpg[Via le blog Bioshère]




La France se dirige vers la légalisation de la pratique des mères porteuses (Le Monde du 26.06.2008). Rien de nouveau sous le soleil. Dans certaines populations africaines, il existe traditionnellement un mariage légal entre femmes. C'est le cas des Nuer soudanais chez lesquels la fille stérile est considérée comme un homme de son lignage d'origine. La femme stérile perçoit de la sorte une part des dots et avec ce capital, elle peut à son tour acquitter le prix de la fiancée pour une jeune fille qu'elle épouse légalement. Elle lui choisit un homme, un étranger pauvre qui gardera le statut de serviteur, pour engendrer des enfants. Cette histoire, rapportée par Françoise Héritier, montre que le statut de femme stérile engendre socialement des arrangements pour lui procurer un enfant. Il s'agit donc d'une société nataliste pour laquelle l'absence d'enfant est une tare. Les Nuers en arrivent même à procurer un enfant à un mort sans descendance.



En France, les vieux du Sénat proposent aujourd'hui de légaliser la pratique des mères porteuses pour éviter que les enfants nés à l'étranger se trouvent privés de filiation maternelle en France. La maternité pour autrui est en effet tolérée en Belgique et aux Pays-Bas, autorisée au Royaume-Uni au Canada et aux USA, interdite en France par une décision de la Cour de cassation en 1991. Quelques Françaises font donc du tourisme procréatif, par exemple pour 50 000 euros quand on utile les services d'une mère porteuse américaine. Pour les femmes qui ne peuvent mener à terme leur grossesse, par exemple par absence d'utérus, la loi future permettrait d'avoir des enfants en toute sécurité médicale. Mais les humains doivent retrouver le sens des limites, l'éthique est un moyen de mettre un frein à cette volonté occidentale de faire tout ce qu'on a envie de faire du moment qu'on a les moyens de payer. Le bébé n'est pas une marchandise.



Une association défend la légalisation de la gestation pour autrui, la biosphère interdit de contourner la réalité d'une stérilité que la nature a donnée à une femme ou à un homme. D'abord parce que ces différentes pratiques dont les mères porteuses ne sont qu'une facette suppriment une sélection naturelle qui a ses avantages, ensuite parce que le fait de faire des enfants à n'importe quel prix n'est pas une obligation dans un monde déjà surpeuplé, enfin parce que la morale ne peut reposer sur le fait que d'autres pays (ou d'autres personnes) ont mis en place des systèmes qui mettent à mal la filiation.

 

-> Mères porteuses. Va-t-on en France pouvoir "acheter" des enfants ?

30/05/2008

Mères porteuses. Va-t-on en France pouvoir "acheter" des enfants ?

991522897.jpg

Dans le journal France Soir, Bernard Debré, professeur de médecine, revient sur le cas de la petite Donna, pour dénoncer les problèmes posés par la pratique des mères porteuses.

 

Il rappelle qu'il existe 3 situations de grossesse pour autrui (GPA) :
- un embryon est conçu par une mère et un père mais la mère ne peut porter cet enfant. Le couple a alors recours à une mère porteuse qui donnera l'enfant à la naissance.
- le père peut donner ses spermatozoïdes mais la femme n'a pas d'ovule. L'enfant est donc fabriqué grâce aux spermatozoïdes du père et à l'ovule de la mère porteuse. L'enfant est abandonné à la naissance et adopté par le couple stérile.
- un couple est stérile. L'embryon est conçu à partir d'un don de sperme et d'ovule anonymes. Le couple a aussi recours à une mère porteuse qui abandonne l'enfant à la naissance. Le couple stérile l'adopte.

 

Les problèmes éthiques posés par ces 3 cas sont différents. La marchandisation de l'être humain n'est acceptée qu'aux Pays-Bas, ce que Bernard Debré considère comme "une régression éthique". "Bientôt, il y aura des ventes d'enfants comme il y a des ventes de chevaux à Deauville. Quelle honte!"

 

Source : Revue de presse Gène éthique

 

Sur le même sujet

 

->  Mère porteuse, où est l'intérêt de l'enfant ?

Prêt-à-porter, téléphone portable, mères porteuses… On n'arrête pas le progrès ! Le Sénat vient de rendre son rapport sur le sujet, ouvrant la perspective d'une réglementation de la pratique des mères porteuses, dite «maternité pour autrui». Les raisons qui ont conduit le législateur, en 1994 comme en 2004, à refuser la légalisation, seraient-elles donc obsolètes ? La maternité pour autrui serait-elle devenue soudain respectueuse des femmes et de leur féminité ? Quel tour de magie en aurait fait un cadre adéquat pour que les enfants viennent au monde ?

L'intérêt de l'enfant ? Légaliser la pratique ou même, seulement, régulariser l'état civil des enfants ainsi nés, réduirait à néant la protection assurée par la loi. On croit servir l'intérêt de l'enfant en régularisant sa situation ? En fait, on dessert l'intérêt de l'enfant en général en banalisant la violation de la loi adoptée justement pour son bien.

L'enfant ne doit pas payer le prix des actes des adultes. Hélas, de nombreuses hypothèses existent dans lesquelles l'enfant paie le prix des actes des adultes. La loi ne peut pas tout arranger. Peut-on sérieusement à la fois prendre le risque de concevoir un enfant dans des conditions qui présentent de forts risques psychologiques pour lui et le placent dans une situation juridiquement confuse pour, ensuite, se fonder sur l'intérêt de ce même enfant pour exiger de la justice qu'elle démêle la confusion créée ?

Aude Mirkovic, maître de conférences à l'université d'Évry, s'interroge sur le rapport du Sénat préconisant la légalisation des mères porteuses.
Le Figaro

 

->  Mères porteuses : asservissement de la femme, instrumentalisation de l’enfant

Elizabeth Montfort, ancien député européen, administrateur de la Fondation de Service politique et présidente de l'Alliance pour un nouveau féminisme européen revient sur la question des mères porteuses : elle souligne que "la maternité de substitution pourrait s'articuler autour de 5 acteurs : la mère génétique, la mère porteuse, la mère intentionnelle, le père génétique et le père intentionnel, c'est à dire la maternité éclatée".

Elle estime que le fait que la mère porteuse puisse refuser de donner "son" enfant pose 2 problèmes : " la mère porteuse est-elle "propriétaire" de l'enfant si l'ovocyte ne vient pas d'elle ? et quelle suite à donner à la rupture du contrat entre la mère porteuse et les parents intentionnels ?". Elle s'interroge aussi sur ce que deviendrait un enfant né avec un grave handicap.

Elle souligne que la gestation pour autrui (GPA) introduit une nouvelle notion, celle de la "parentalité intentionnelle" et banalise la grossesse et le corps de la femme. Elle rappelle que de récentes découvertes ont prouvé les liens indélébiles qui se créent dès la conception de l'enfant et s'inquiète d'un potentiel trafic de ventre.

"Une femme enceinte ne l'est pas seulement dans son corps, mais dans tout son être. La gestation pour autrui est inacceptable en ce sens qu'elle déconstruit l'unité de la femme", explique-t-elle.

Enfin, Elizabeth Montfort estime qu'"il n'est pas possible de satisfaire son désir d'enfant par des procédés contraires à l'intérêt de l'enfant". La Convention de l'ONU sur les droits de l'enfant de 1989,"rappelle et réaffirme le droit de l'enfant de vivre dans sa famille et son droit de connaitre ses origines, droit constitutif de l'être humain et vital pour son développement". Il rappelle aussi qu'il faut tout faire pour éviter à une femme d'abandonner son enfant.

Gèneéthique.org et Liberté Politique.com

 

->  Portera ? portera pas ?

"Secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano revient sur la proposition, présentée mercredi dernier par une commission sénatoriale, visant à autoriser la pratique des mères porteuses en France. Proposition qu'elle se dit prête à porter.
Le blog de Maître Laurent Epailly, Avocat.


-> Le retour des “ventres à louer” et des sorciers de la vie
Blog de Jean-Pierre Rosenczveig, juge des enfants

 

-> Baby business. Made in Ukraine.

Dans quelques jours, le groupe de travail du Sénat devrait rendre son rapport sur la question des mères porteuses, pratique aujourd'hui interdite en France. "En attendant une loi", Madame Figaro s'est rendu à l'Est de l'Europe où fleurit le tourisme procréatif, au "royaume du baby business". Les agences et cliniques spécialisées se sont donc multipliées : on en compte désormais une vingtaine en Ukraine, dix-sept en République tchèque et une quarantaine en Pologne où le coût des "programmes de maternité de substitution" va de de 15 000 à 30 000 € en moyenne. Premier centre spécialisé dans la reproduction assistée en Ukraine, la clinique Isida a fait, en 2007, 10 millions de dollars de chiffres d'affaires...
Ainsi, en Ukraine, la maternité de substitution "ressemble à un job comme les autres". Et ce d'autant plus que, dans un pays où le salaire mensuel moyen plafonne à 200 €, la rémunération accordée aux mères porteuses est d'environ 3 000 €. "Le refrain du don désintéressé connaît quelques couacs", souligne la journaliste.
Genethique.org

 

->  L’enfant devient une marchandise.


La légalisation éventuelle de la gestation pour autrui est un cas très grave de l’extension du marché à toute chose, quelle qu’elle soit. C’est une dérive que Marx dénonçait déjà au XIXe siècle, mais qui atteint des proportions inédites avec le développement des biotechnologies. Déjà, on propose 1 000 euros, en Espagne par exemple, aux donneuses d’ovocytes. Or, s’il ne s’agit pas d’un don, par définition exceptionnel, la gestation autorisée sera forcément rémunérée, faisant du ventre des femmes un instrument de production et de l’enfant lui-même une marchandise.
Le plus drôle, c’est de voir une gauche «progressiste» applaudir à cette forme inédite et barbare d’exploitation. Quel aveuglement !
Sylviane Agacinski. Philosophe, professeure à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.
Libération.

 

-> Mères porteuses et chosification de l'humain

Responsable de la Commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, Pierre-Olivier Arduin se penche sur la question des mères porteuses, alors que le groupe de travail du Sénat devrait se prononcer en faveur d'une autorisation de cette pratique (cf. Synthèse de presse du 19/05/08). "Que recouvre ce nouveau brouillage de la procréation ?", s'interroge-t-il.

Deux cas de figures sont possibles : soit la mère porteuse loue son utérus afin que l'embryon issu des gamètes des parents biologiques et conçu par fécondation in vitro soit implanté ; soit elle est inséminée de façon artificielle par les spermatozoïdes du père en fournissant un de ses ovocytes (ici, la mère porteuse est donc à la fois mère gestatrice et mère génétique). Quel que soit le cas, "la mère d'intention ne deviendra la mère légale qu'après une procédure d'abandon de l'enfant à la naissance".

La suite sur genethique.org

-> Vent mauvais au pays du moulin
Blog de Maître Laurent Epailly, Avocat à Montpellier.

 

-> Le retour des « ventres à louer » ?
Blog de JP Rosenczveig, juge des enfants

 

-> India Nurtures Business of Surrogate Motherhood
Un article dans le New York Times décrivant l’étape suivante, une fois que le principe est admis : se tourner vers des pays où la main d’oeuvre est meilleur marché… Dans une société libérale, rare sont ceux qui semblent y voir un quelconque problème éthique…