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19/04/2010

France. Pupilles de l’État et adoption.

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Les connaît-on vraiment ? Les pupilles de l’État – à ne pas confondre avec les pupilles de la Nation (victimes de guerre) – sont des mineurs adoptables parce qu’orphelins ou abandonnés. Mais beaucoup d’entre eux ne sont pas adoptés…

 

Récemment, l’observatoire national de l’enfance en danger (Oned) a enquêté sur les pupilles de l’État. Dans le cadre du dispositif de protection de l’enfance, cette appellation concerne les mineurs n’ayant pas de famille en mesure de les élever. Les causes de leur admission sont multiples : absence de filiation, retrait d’autorité parentale, condition d’orphelin, déclaration judiciaire d’abandon ou attente d’adoption… Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, ils sont, selon les cas, hébergés en famille d’accueil, en famille adoptive, chez un membre de leur famille ou dans une famille de parrainage. Les deux tiers de ces admissions concernent des enfants dits sans filiation, c’est-à-dire nés sous le secret, alors que 16 % ont fait l’objet d’une déclaration judiciaire d’abandon. À peine 3 % des pupilles sont admis suite à un retrait total de l’autorité parentale. À noter tout de même que pour la deuxième année consécutive, le nombre de naissances suite à un accouchement avec demande de secret a augmenté de 3 %… Les garçons sont légèrement plus nombreux que les filles (53 %) et la tranche d’âge la plus représentée est comprise entre deux et douze ans.


Le nombre des pupilles ne cesse de baisser (-3,5 % en 2008)


Le rapport est composé de trois parties : d’une part la situation des enfants ayant le statut de pupille fin 2008 ; d’autre part les mouvements d’enfants (admissions, sorties) pour la même année ; enfin, les naissances sous le secret, les échecs d’adoption et le fonctionnement des conseils de famille. Ces derniers – 116 suivent la situation de 2 231 enfants, soit une moyenne de 19 par conseil – valident l’orientation de chacun d’eux, mais on estimait, pour 2008, que 8 % des pupilles n’avaient pas été examinées… Au 31 décembre 2008, ils étaient 2 231 pupilles à avoir le statut, soit un peu moins de seize mineurs pour 100 000. Parmi eux, 23 % avaient moins d’un an. Un peu plus du tiers vivaient dans une famille se proposant de les adopter, alors que selon le code de l’action sociale et des familles (CASF), « ils doivent faire l’objet d’un projet d’adoption dans les meilleurs délais ». En effet, l’absence de projet d’adoption a plusieurs causes : recours de la famille d’origine, statut provisoire, « caractéristiques spécifiques » (âge trop élevé, état de santé préoccupant, fratrie inséparable…), bonne insertion dans la famille d’accueil, échec d’adoption antérieur et séquelles psychologiques, liens conservés avec la famille d’origine… Ces enfants dits « à particularité » représentent 42,5 % des pupilles de l’État. Tout de même.


Autre constat : le nombre des pupilles de l’État ne cesse de baisser (-3,5 % en 2008 par rapport à l’année précédente). Ainsi, en 2008, ils étaient 932 enfants à avoir obtenu, définitivement ou provisoirement, le statut de pupille. Mais pour la même année, 1 086 enfants avaient quitté le même statut – soit une légère hausse par rapport à l’année précédente – suite à un jugement d’adoption (70 %), à l’arrivée à leur majorité (18 %) ou à un retour chez les parents d’origine (10 %). Par ailleurs, la durée de présence à l’aide sociale à l’enfance (ASE) dépend des conditions dans lesquelles ils ont été admis comme pupilles : ceux dont la filiation n’est pas établie ou est inconnue, par exemple, arrivent beaucoup plus jeunes que les autres, trois enfants sur cinq ayant moins d’un an. Au final, résume clairement l’Oned, « la majorité des enfants pupilles présents au 31 décembre 2008 sont des enfants sans filiation ou admis suite à une déclaration judiciaire d’abandon ; un peu plus du tiers d’entre eux vivaient dans une famille ayant pour projet de les adopter. »


Source: Lien Social |  N° 969 du 15 avril 2010.

08:31 Écrit par collectif a & a dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : france, pupilles de l'etat, adoption | |  del.icio.us

28/02/2010

Tremblements de terre et adoption

Simon PPL.jpgEarthquakes and adoption



When an earthquake hit Haiti last month, the newspapers were immediately filled with stories of children needed to be "saved" through adoption, and several governments almost immediately granted permission to remove children from the island.



Today I checked the news and not a single article referred to adoption of children from Chile. Not one.



Why is it that one earthquake immediately triggers the drive to adopt "orphans", while the other doesn't?



Oh, I forgot, Haiti already had a flourishing adoption business before their earthquake, while Chilean adoptions are rare.

 

 

Source: Pound Pup Legacy.

16:27 Écrit par collectif a & a dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séismes, adoption internationale | |  del.icio.us

26/02/2010

Adoption internationale ou trafic d'enfants?

Corinna Lankford, a member of New Life Children's Refuge of Boise.jpg [Via Fabriquée en Corée]          

Comment pouvez-vous savoir si votre adoption internationale est légale? Y a-t-il un moyen sûr d'éviter de faire partie d'un trafic d'enfants par inadvertance? Et à quel moment doit-on faire tomber les restrictions de l'adoption afin de donner aux orphelins des foyers?

 

David Smolin possède à la fois des connaissances personnelles et d'expert liées à ces questions. En 1998, lui et sa femme Desiree ont adopté deux filles de l'Inde. Ils pensaient à l'époque que leurs adoptions étaient légales, mais il s'avère qu'elles ne l'étaient pas. Depuis lors, il est devenu un expert universitaire respecté sur l'adoption internationale, et il est maintenant un ardent militant de la réforme de l'adoption internationale. Il partage son histoire et apporte des idées aux personnes qui envisagent l'adoption internationale.

 

"Le problème est qu'il n'y a pas autant d'orphelins que les gens le croient. Il y a beaucoup de familles pauvres qui sont prêtes à placer les enfants dans une sorte d'endroit afin qu'ils puissent recevoir une éducation et obtenir logement et pension. Mais dans un grand nombre de cas ces familles n'ont pas l'intention de renoncer, d'abandonner leurs enfants."
David Smolin

 


International Adoption or Child Trafficking?



Last week, ten American Baptist community members attempted to take 33 children out of Haiti, claiming their goal was to rescue the children. The Haitian government disagreed and charged the Americans with kidnapping.  For many, the story has raised new concerns and questions about adoption.

How do you know if your international adoption is legal? Is there a guaranteed way to avoid inadvertently being a party to child trafficking? And at what point do we break down adoption restrictions in order to give orphans homes?

 

David Smolin has both personal and expert knowledge related to these issues. In 1998, he and his wife Desiree adopted two girls from India. At the time, they thought their adoptions were legal, but it turns out they weren't. Since then, he has become a respected academic expert on international adoption, and is now a leading advocate for international adoption reform.  He shares his story with us, and brings insights for those who are considering international adoption.

Takeaway. 8 février 2010.

 

Les enfants d'Haïti et la question de l'adoption
Haiti’s Children and the Adoption Question

Via United Adoptees International


Comment from the UAI

The New York Times did a great job by starting, or should I say, continuing the debate about intercountry adoption. They interviewed, or at least collected,different academic point of views. Some of them are adoptive parents (AP) themselves. And even in the list of those who left comments, are mostly AP's also. And so the adoption history was constructed as continued. Even though more AP's become aware of the international phenomena of childtrafficking for adoption, not many of them dared the oppose the system which continues the international baby market called: international adoption.

Also many ideas written in several parts and by different persons in the article as in the comments are based on gut feeling instead of tracking down the history and international interests on religious, political and economical fundamental beliefs.

(conducivemag.com)

The international history around foster-care, orphanages ending up with (intercountry) adoption generally shows a well hidden agenda of powerplay, child abuse and exploitation of children brought into limbo by governments and their so-called social workers.

Nowadays more and more adult adoptees found the truth behind their adoption and what was meant as the idea of saving lives and in the best interest of the child they once were, they found a web of money making adoption multinationals connected with churches and religious groups, well backed up by politicians who see their chances to increase the numbers of voters and covered by academics and mewho are pro-adoption and most times (P)AP's themselves.

The whole arena regarding intercountry adoption is based on a strict marketing doctrine of to do well and to save. But the phenomena of intercountry adoption is in reality an international accepted well staged childfactory with celebrities (Madonna, Jolie etc.) marketing for more adoptions, politicians who adopted outside of the normal procedures (Milliband-GB, Schroder-D, Schelfhout-B etc.)

But lets see what happened last few years regarding (intercountry) adoption. The Netherlands accepted a new bill proposed by the homo-lobby in the Netherlands to adopt from the US while the US, according to their arguments, do not want to adopt black babies. Meaning coloured children from American Soil. But how would you explain the hundreds or thousands Haitian children flown into the US for intercountry adoption or Ethiopian children earlier ? But no one is answering this question.

A few years ago, a so-called French relieve organisation 'Arc de Zoe' trafficked children from Chad saying that these children needed medical support in France while hundreds of prospective adoptive parents where waiting at French and Belgium Airports. Just like the American traffickers in Haiti they where released from Prison and free to go after deals with the French governments.

And what about the international ring of Catholic churches who took children away from young mothers and gave them away to other parishes for adoption to richer and social more accepted families without children. A book by Carina Hutsebaut shows extensively this phenomena and who does not know now the Magdalene files from Ireland and many other Catholic regions in the world.

What about the annual + 2 billion dollar babymarket called intercountry adoption. Is it really true that those (+45.000, last year) children and their families who are adopted could not have been helped with this amount of money ?

And what about the fight for Adoptee Rights. In the Netherlands it is hard to marry without a birth certificate. But what about those hundreds or thousands Adoptees who have been adopted without one and have to go to court to marry. The Dutch government does not care as does many others in the world. And what if Adoptees want their original name. Again they have to court to fight for it. And what if adoptive parents forgot to complete adoption procedures, suddenly Adoptees are aliens and can be deported from the country where they have been raised in, like the US. What if Adoptees found out that their adoption procedure was false and deliberately falsified or in the most horrible scenario where stolen for adoption. Is there a government who are willing to deal with this ? NO. The Adoptees have been saved according to the international mantra and after arrival in the new country, you are at you own. At least in many legal situations. Many things have been arranged for adopters and agencies. They all covered for possible flaws in the adoption systems. Even many of them are covered by insurances and expensive law-firms. But what if Adoptees wants or need to go to court. Indeed, they are at their own.

Time has come that the adoption world dares to admit their real interest instead 'helping' children. Children became objects of possession. But we are human beings !

13/02/2010

Abolir l'aide - adoption. Ou pas?

De Wereld is van Iedereen.jpg

Ceci est la traduction de l'article "Schaf de hulp adoptie af. Of niet?" paru sur le blog "De Wereld is van Iedereen".
Auteur : Michiel, père de deux enfants nés en Colombie.




L’économiste zambienne Dembisa Moyo soutient que l’aide au développement attise la corruption et sape l'autonomie des pays en voie de développement.

"Je ne nie pas que l'aide au niveau individuel améliore et sauve des vies à court terme. Les nouvelles pompes à eau potable allègent brièvement l'existence. Mais, dans son ensemble, le pays n'ira pas mieux. Au contraire, l’aide est contre-productive et contribue à créer plus de pauvreté." [de Volkskrant]

Je vois un parallèle frappant avec l'adoption internationale. Cela peut également contribuer à ce que les pays investissent insuffisamment dans la protection des enfants, de l'aide aux familles à problèmes (*) et conduire à la corruption et au trafic d'enfants.


Mais Moyo a également rencontré la critique. Premièrement, il y a beaucoup d'autres causes que la pauvreté, comme l'impact, l'influence du colonialisme. Si le monde devrait suivre l'avis de Moyo, beaucoup de gens qui vivent maintenant, seraient mortes. A cela Moyo répond: «Ce qui est encore plus cruel, c'est d'emprisonner délibérément les Africains dans la pauvreté pour soixante années supplémentaires. »


Les partisans de l'adoption internationale utilisent des arguments similaires: il y a maintenant des enfants qui ont besoin d'urgence d’une famille et qui sans l'adoption internationale auront un avenir sombre. Et même encore sans l'adoption, des enfants sont victimes de traite.
Les opposants indiquent que de nombreux adoptés ne sont pas heureux parce qu'ils sont séparés de leurs familles d'origine.

 

La principale différence entre le débat sur l'aide au développement et le débat sur l'adoption est qu'il n' y a pas dans le monde de l'adoption un "gourou" renomé, brillant et convaincant que tout le monde veut écouter.

 

(*) Michiel, l'auteur du blog "De wereld is van iedereeen" fait référence à l'étude anglaise sur la relation entre les structures de soins institutionnels et l'adoption internationale d'enfants en Europe. Shihning Chou et Kevin Browne.


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‘‘L’aide fatale’’ de Dambisa Moyo
Observatoire du Sahara et du Sahel

 

Dead aid : sortir l’Afrique de l’impasse.
Guillaume Vuillemey, Institut économique Molinari.
Le Monde


Plus de Moyo, moins de Bono.
Pierre-Antoine Delhommais.
Le Monde

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Faut-il stopper l’adoption internationale?



faut il stopper l'adoption internationale.jpgAprès le scandale de l’Arche de Zoé, le secteur de l’adoption est en crise. Christine Piffaretti, de l’association suisse Espace Adoption, s’alarme. Les enfants ne sont pas des marchandises.



Femina L’affaire de l’Arche de Zoé va-t-elle avoir des conséquences sur l’adoption en général?
Christine Piffaretti Pendant un certain temps, elle va faire planer le doute sur des ONG qui travaillent très dur pour obtenir la confiance des gouvernements. Les parents adoptifs vont aussi être soupçonnés de se constituer en un lobby qui fait pression. Les choses s’apaiseront. Mais il faut rester vigilant.



Doit-on boycotter certains pays?
Les autorités devraient avoir le courage d’interdire provisoirement les adoptions dans les pays qui n’offrent pas les garanties minimales. Le Cambodge,Haïti ou le Guatemala demandent une attention particulière en raison des risques de trafic. Certains pays d’Afrique ont même déclaré des enfants adoptables, sans savoir si leurs parents étaient décédés, sans s’assurer qu’ils n’avaient pas été volés. C’est inacceptable.



Tous ces enfants ne sont alors pas orphelins…
La notion de famille est différente selon les continents. Dans la culture africaine, par exemple, on pense famille élargie. Il est normal que des bébés soient placés auprès de tantes, de cousines ou qu’ils vivent avec leur grand-mère si leurs parents ont disparu ou sont dans l’incapacité de s’en occuper. C’est leur réalité. Pareil après la catastrophe du tsunami, les demandes d’adoption sont arrivées massivement alors que la plupart des orphelins avaient des relais autour d’eux pour rester dans leur pays d’origine.



Le malaise autour des filières de l’adoption n’est donc pas récent?
Il y a dix-huit ans, à la mort des Ceausescu en Roumanie, le monde entier s’est senti concerné en voyant les images des orphelinats. La Roumanie est devenue un véritable «réservoir d’enfants» contrôlé par le marché gris. D’où, il y a trois ans, la décision de bloquer les adoptions au niveau international.



L’explosion des demandes d’adoption venant des pays industrialisés ne pose-t-elle pas problème?
On assiste à un retournement de situation. Comme si on cherchait des enfants pour des parents adoptants, plus qu’une famille pour accueillir un orphelin… Sauf que ce ne sont pas des marchandises disponibles sur un marché international, où l’on vient s’approvisionner avec son panier. Il y a une autre confusion: l’adoption n’est pas un acte humanitaire, mais bel et bien une filiation qui va se tisser sur toute une vie. La question que l’on doit se poser aujourd’hui est la suivante: est-ce que l’intérêt de l’enfant est de quitter son pays? On a tort d’imaginer qu’il sera forcément mieux chez nous.



Les pays en voie de développement ont-ils pris des mesures concrètes?
A l’échelle mondiale, on a vu de nettes améliorations depuis que la Convention de La Haye a été signée en 2003. Ce texte veut rendre les Etats signataires attentifs à la protection de l’enfance. Des programmes de planning familial ou des structures d’accueil ont été mis en place en Inde, au Brésil ou en Colombie. L’objectif étant que les enfants restent chez eux, si c’est possible.



Et en Suisse, comment ça se passe?
La Suisse collabore étroitement avec la Colombie et la Thaïlande. Cela fonctionne bien. Mais il y a toujours des risques lorsque de futurs parents passent par des circuits privés non reconnus par l’Autorité Suisse en matière d’adoption. Au niveau national, on parle de 500 enfants adoptés par an en moyenne, dont une vingtaine nés sur territoire helvétique.



Bio express

Christine Piffaretti est née en 1953 et habite Genève. Psychothérapeute, elle est très engagée dans les questions de filiation. Directrice de l’Ecole des parents de 1988 à 1996, elle a eu la chance de côtoyer Françoise Dolto. Elle est responsable de l’Association Espace Adoption, une ONG suisse qu’elle a fondée en 1999 et qu’elle dirige depuis.
Renseignements: www.espaceadoption.ch



Source: Femina.ch

 

 

11:02 Écrit par collectif a & a dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adoption internationale, enfant adopté | |  del.icio.us

31/12/2009

Dans un livre paru en 1988, un professeur d'économie libéral, prône "un marché libre de l'adoption".

Pour un marche libre de l adoption.jpgPour un marché libre de l’adoption. Par Bertrand Lemennicier.
Chapitre 6 du "Marché du Mariage et de la Famille". Paris PUF 1988.




Faut-il donc privatiser et déréglementer l’adoption en France ?



Oui. Cette affirmation peut paraître provocante et monstrueuse, mais en réfléchissant plus attentivement aux problèmes posés par l'adoption, on s'aperçoit vite qu'il n'en est rien.

Soyons d'abord conscient qu'un tel marché existe. Au mieux il est gris, au pire il est noir; car l'interdiction par le gouvernement d'acheter ou de vendre un enfant (ou le droit de l'élever) ne fait pas disparaître l'offre et la demande qui émergent, spontanément, des abandons et des couples, qui, pour une raison ou une autre, ne peuvent avoir leurs propres enfants et désirent en élever.
Malheureusement, penseront certains, il existe des parents qui ne veulent pas élever leurs enfants. Le cas le plus courant est celui de la naissance d'un enfant illégitime et de son abandon par une mère célibataire trop jeune pour l'élever. Mais les parents peuvent aussi commencer par s'occuper d'eux et ensuite pour une raison ou une autre (mort, extrême pauvreté, alcoolisme, etc.) les abandonner, les martyriser ou les négliger. Sur la requête d'une assistante sociale ou celle d'un voisin, l'autorité parentale est retirée et l'enfant est placé auprès d'une famille nourricière ou dans une institution publique ou privée qui le prend en charge avant son adoption (s'il peut encore être adopté, car l'âge limite a été fixé à 15 ans par la loi du 11 juillet 1966). Aussi brutal que cela puisse paraître, si certains enfants ne sont pas désirés alors que d'autres parents, faute d'en avoir, en recherchent désespérément, un échange mutuellement bénéfique, est possible même s'il s'agit d'un marché d'occasion .



Le marché des enfants est-il un marché d'occasion?



Les enfants abandonnés et repris par d'autres parents ne sont pas de première main. D'une façon générale, les parents qui désirent élever des enfants préfèrent les leurs. C'est faute de pouvoir les procréer qu'ils sont amenés à rechercher des enfants substituts. Mais les enfants abandonnés ne constituent pas une population représentative de l'ensemble des enfants.

En 1968, 70 % sont nés de père inconnu, 52 % sont des filles. L'âge de l'enfant lors du placement pour adoption est pour 55 % des cas inférieur à 1 an. La catégorie sociale d'origine des enfants abandonnés n'est pas connue. On peut cependant suspecter qu'ils ne viennent pas des catégories sociales supérieures. Deux raisons font pencher la balance en faveur de cette idée : d'une part la pratique de la contraception et de l'avortement est plus fréquent dans les classes supérieures et, d'autre part, la pauvreté incite fortement à abandonner son enfant.

Il est difficile de connaître les caractéristiques de la population des adoptés. L'enquête réalisée sous la direction de Marmier sur un échantillon assez faible de 223 adoptés dans les années 1950 et interviewés en 1968 permet avec toutes les précautions d'usage sur la faiblesse de l'échantillon de s'en faire une idée (au départ, l'enquête a été menée sur 1042 bénéficiaires de l'adoption, sur un total de 993 dossiers exploitables, 582 non réponses ou adresse inconnue et seulement 411 contacts avec ces familles, sur ces 411 seulement 223 ont accepté d'être interviewés). Le tableau suivant montre la réussite scolaire de cette cohorte d'adoptés au niveau de l'Enseignement Supérieur, selon la catégorie socioprofessionnelle des adoptants.

...

A l'exception des familles ouvrières, la proportion d'adoptés entrant dans l'Enseignement Supérieur est inférieure à la probabilité qu'ont les jeunes de cette catégorie d'accéder à un tel enseignement malgré des conditions favorables puisque les foyers adoptifs sont présumés offrir de bonne condition d'éducation sur le plan matériel. Comme pour la population normale, vivre dans un foyer adoptif de cadres supérieurs augmente les chances de faire des études supérieures, mais la réussite scolaire est, malgré des conditions financières avantageuses, moins brillante que pour les enfants de la population normale. Naturellement si ces enfants qui ont été adoptés ne l'avaient pas été, leur réussite scolaire aurait été bien inférieure.

Quand les nouveaux parents bénéficient de tous les droits et obligations légalement reconnus aux parents, on parle d'adoption plénière (à ne pas confondre avec l'adoption simple qui consiste pour un membre du couple à adopter l'enfant de l'autre pour des raisons de succession). Si ces droits sont limités à la garde de l'enfant pour une période transitoire, on parle de placement familial. D'une certaine façon, la garde de l'enfant de parents divorcés s'apparente au cas du placement familial, avec, en droit, une pleine jouissance pour chaque conjoint des droits et obligations associés à son éducation.

Traditionnellement, les gains de l'échange se réalisent spontanément par une transaction monétaire, c'est-à-dire par le marché. Mais, comme il est interdit d'acheter ou de vendre des enfants, de telles transactions se font au marché noir. En effet, la loi du 11 juillet 1966 interdit l'échange d'enfants entre particuliers comme cela se pratiquait dans les années cinquante par l'intermédiaire de la sage femme, du médecin ou de l'avocat. Si des parents désirent voir leurs enfants être adoptés par une autre famille, ces derniers devront d'abord être recueillis par une institution publique ou privée (ayant reçu l'autorisation de l'Etat d'exercer cette activité) et c'est celle-ci qui choisira la famille qui les adoptera - article 348-4 du code civil. Cette réglementation empêche un marché libre de fonctionner pour équilibrer l'offre et la demande d'adoption. La raison en est simple. Le prix officiel des enfants (aux qualités nécessairement différentes) est artificiellement maintenu par la loi au niveau du coût des agences de placements. En fixant arbitrairement un prix voisin de zéro aux enfants susceptibles d'être adoptés, les pouvoirs publics font comme s'ils évaluaient le prix d'un enfant à un niveau différent de celui qui s'établirait spontanément sur le marché. Ce prix légal est inférieur à ce que valent réellement les enfants! Une demande excédentaire d'enfants émerge. Celle-ci n'étant pas satisfaite par les agences publiques de placements, suscite l'apparition d'un marché noir que les journalistes dénoncent régulièrement et que les avocats ou les juges bénissent, en privé, tant le problème est devenu aigu.
Pour convaincre le lecteur de l'intérêt d'un régime de "laissez nous faire " en matière d'adoption d'enfants ou de droits de garde, nous allons discuter les arguments qui sont souvent avancés par les pouvoirs publics afin d'empêcher les couples de profiter d'opportunités de gains à l'échange. Ceci permettra de mieux comprendre le point de vue de l'économiste sur la question.



Les objections à un marché libre de l’adoption des enfants et la contre argumentation



Les objections au commerce des enfants s'organisent sous la forme d'un discours désormais bien balisé. En général les critiques faites au marché sont employées par les groupes de pression auprès des hommes politiques afin de soustraire un bien ou un service aux lois du marché. Cet argumentaire est la plupart du temps le même, qu'il s'agisse de soustraire le travail, les matières premières, la monnaie, les usages du corps humain ou les enfants aux lois de l'offre et de la demande. Nous avons distingué cinq arguments :
- Les prix élevé, supposé, auquel sont échangés les enfants, interdit aux couples pauvres d'adopter des enfants: le marché libre exclut les pauvres de l'adoption;
- Le prix auquel s'échangent les services ne récompense pas les mérites ou la qualité du bien ou du service
offert : le prix du marché n'est pas juste;
- Les offreurs ou les intermédiaires connaissent mieux le produit ou le service qu'ils rendent, ils ont un pouvoir de négocier plus fort que les demandeurs, ils ont donc toute latitude pour être malhonnêtes ou pour profiter de la crédulité de parents désireux d'élever un enfant à n'importe quel prix: le marché est inégal;
- Habituellement, un échange se fait au bénéfice des échangistes et non pas de l'objet de l'échange. Malheureusement, ici, l'objet de l'échange est à la fois un être humain et un tiers involontaire qui ne peut faire prévaloir son intérêt: le marché est défaillant pour préserver l'intérêt de l'enfant;
- Enfin, les échanges monétaires corrompent les relations entre les parents naturels, les adoptants et les adoptés: le commerce d'enfants est moralement dégradant.



Le marché libre exclut les pauvres de l'adoption




Au marché noir, l'achat d'un enfant coûte cher. En revanche, sur un marché légal, le prix à payer pour avoir le droit de l'élever serait vraisemblablement moins élevé. Un marché noir offre toujours un service plus coûteux et de moins bonne qualité qu'un marché légal (l'alcool au temps de la prohibition ou la drogue aujourd'hui sont là pour attester de cette vérité économique). Le marché noir des enfants n'échappe pas à cette règle. Comparativement au marché légal le prix s'élève, d'une part, pour couvrir les risques encourus pour avoir commis un acte illégal, et d'autre part, pour faire face aux difficultés plus grande que les intermédiaires rencontrent pour inciter une femme à conduire à terme une grossesse en vue d'une adoption illégale, ou pour rapprocher les demandeurs des offreurs. Sur un marché légal ces deux coûts seraient réduits considérablement. On ne peut donc juger du prix d'un enfant à l'adoption sur les seuls critères du prix observé au marché noir.
En réalité, l'existence d'un marché légal permettrait aux pauvres, désirant élever un enfant, de pouvoir satisfaire leur souhait car les agences de placement sélectionnent très sévèrement les couples ( voir encadré). Les considérations financières ne sont pas absentes de cette sélection D'une certaine façon un marché libre de l'adoption corrigerait les inégalités de départ, principal argument justifiant toutes les redistributions forcées de revenus en faveur des pauvres. Une famille nécessiteuse dont le cinquième enfant n'a pas été désiré, ne peut lui offrir des espérances de vie et de carrière professionnelle particulièrement alléchantes. En revanche, l'achat de cet enfant par une famille riche lui ouvre toutes les opportunités et tout le monde est satisfait. La famille pauvre se trouve être plus à l'aise après la vente de ses droits au foyer d'accueil, l'enfant voit ses espérances de niveau de vie futur s'améliorer et la famille qui l'achète au prix fort est heureuse! Où est l'injustice? Par ailleurs, quels sont les parents ou le conseil de famille qui voudraient voir l'enfant être adopté par une famille pauvre? C'est, paradoxalement, l'impossibilité légale d'échanger les droits d'élever les enfants qui perpétue les inégalités dues à la naissance!

La suite sur le site le l'auteur.


Et voilà un élève qui a bien appris la leçon du professeur libéral :
"Nous avons réalisé la liberté de circulation des biens et des personnes mais pas celle des enfants adoptables." Jean-Marie CAVADA.

17/07/2009

Nous, on évite les adoptions. Les procédures sont beaucoup trop longues. Pendant ce temps, nous n'aidons pas les autres. En plus, adopter, c'est enlever l'enfant à sa communauté d'origine pour l'enraciner ailleurs. Ce n'est pas évident.

Aide Internationale a l enfance AMIE.jpg

Québec. Orphelins du sida, enfants soldats, enfants de la rue. La région des Grands Lacs, en Afrique, compte un nombre aussi imposant que triste de ces jeunes aux vies bien mal parties. Mais avec l'appui de donateurs, dont certains Canadiens, le Congolais Athanase Rwamo tente de rescaper certaines d'entre elles.

 

«C'est une goutte d'eau dans l'océan, admet-il. Mais voir un enfant quitter la rue, se prendre en charge, se marier, travailler... Bref, en faire un homme responsable, c'est ça qui nous comble.»

 

Coordonnateur sous-régional de plusieurs associations d'aide à l'enfance au Burundi, au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC), Athanase Rwamo était de passage à Québec récemment lors d'un déjeuner-conférence organisé par l'organisme canadien L'Aide internationale à l'enfance (L'AMIE). Voilà maintenant tout près de 20 ans qu'il tente d'aider les jeunes grâce à divers programmes : formation professionnelle, écoute, hébergement, réunification familiale, activités lucratives et même assistance juridique.

 

Il faut dire que l'envergure des moyens est à l'image des besoins : vaste. Car les enfants des Grands Lacs vivent ? ou survivent ? dans une classe à part, affectés qu'ils sont par les pires fléaux imaginables, et ce, dans des proportions inégalées ailleurs dans le monde.

 

Pour commencer, le Burundi, le Rwanda et la RDC ont tous été durement frappés par la guerre, sinon par le génocide. En RDC seulement, où près de la moitié de la population a moins de 18 ans, 6,6 millions de personnes ont été tuées, et 3,4 autres millions déplacées depuis la fin des années 90. «Une situation qui fait beaucoup d'orphelins traumatisés», indique Rwamo. Au Burundi voisin, c'est 10 % de la population qui est orpheline.

 

Les traumatismes sont aussi le lot du million d'orphelins du sida que comptent les trois pays. «Comme ils ont assisté à la maladie de leurs parents, ils nous arrivent dans des conditions lamentables. Ces enfants doivent être détraumatisés», explique le Congolais.

 

Enfants soldats

Les 30 000 enfants soldats que l'on trouve en RDC seulement posent quant à eux un défi bien particulier à Athanase Rwamo et à son réseau d'aide. «Nous devons nous en occuper à part, car avec les substances toxiques qu'ils ont dans le corps, ils s'excitent vite, ils ne discutent jamais. Il a déjà fallu 40 policiers pour séparer d'anciens enfants soldats d'autres orphelins. Les esprits s'étaient échauffés, et ils s'étaient souvenu de l'emplacement d'une cache d'armes. Quelques minutes plus tard, ils revenaient avec des mitraillettes entre les mains. Ces jeunes doivent complètement réapprendre à vivre en communauté», explique-t-il.

 

De façon plus silencieuse, mais tout aussi ravageuse, l'extrême pauvreté vient elle aussi détruire les ménages et jeter les enfants à la rue. «Les parents partent à la recherche de revenus et, parfois, ne reviennent pas. C'est sauve-qui-peut! L'aîné se retrouve alors seul pour s'occuper des plus jeunes. Chez nous, les enfants ont des devoirs. Pas des droits», résume Rwamo.

 

Contre l'adoption

Devant le désir de parents occidentaux de tirer ces enfants de la misère grâce à l'adoption, le coordonnateur refuse pourtant de s'engager dans cette voie. Il ne s'agit pas, selon lui, d'une aide efficace, quoi qu'en pensent les Madonna, Angelina Jolie et Brad Pitt de ce monde.

«Nous, on évite les adoptions. Les procédures sont beaucoup trop longues. Pendant ce temps, nous n'aidons pas les autres. En plus, adopter, c'est enlever l'enfant à sa communauté d'origine pour l'enraciner ailleurs. Ce n'est pas évident», conclut-il.


Source : Les enfances volées d'Afrique. Jean-Frédéric Légaré. 12 juillet 2009.

 

14:08 Écrit par collectif a & a dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : québec, athanase rwamo, orphelins, parrainage, sidaa | |  del.icio.us

03/06/2009

Les meilleures mères n'ont pas à être intelligentes.

Although pigs are among the cleverer of farm animals, they have to be taught how to be good mothers.jpgUn juge a eu tort de supprimer la garde de sa fille à une femme "stupide" , soutient Mary Kenny.


The best mothers don't have to be clever

A judge was wrong to remove a daughter from a 'stupid' woman's care, argues Mary Kenny.


Are mothering skills essentially about intelligence? To be sure, to have an intelligent mother who is also a good mother is a great advantage in life, but the two are not necessarily conterminous.

The Nottingham judge who has ruled that a 24-year-old mother, Rachel Pullen, must give up her three-year-old daughter for adoption may be well-meaning, but what he says should certainly not be accepted as a precedent or a principle. Women of limited intelligence can be excellent mothers; brainy intellectuals can be awful mothers.

The upper-class Edwardians (and Victorians) pursued a division of labour on this very point because intelligent women were expected to be out and about taking charge of their social responsibilities, while children were consigned to nannies who were – ideally – warm, comfy, cosy, working-class girls who could be both upright and loving.

Think of Winston Churchill and his devoted, simple-hearted Kentish nanny who loved and cherished him, while his brilliant mother Jennie was far too busy with the ways of the world.

Quite recently, Sir Max Hastings, the former editor of The Daily Telegraph, spoke poignantly on Radio 4's The Last Word about his dauntingly intelligent (and sometimes acidly sharp) mother, Anne Scott-James: Max was attached to her and respected her, but it was his kind, loving, warm-hearted and utterly constant nanny – presumably a woman not clever enough to have been a pioneering female journalist breaking the "glass ceiling" – who was always there for him.

No, it would be an execrable principle to lay down that lack of brain power is a disqualifier for nurturing motherhood. Much of motherhood is instinctive. It is, after all, a natural procedure.

Can a cow, an elephant or a mare be a good mother? They usually are. But pigs, among the more intelligent of farm animals, are not necessarily good mothers: they have to be taught how to do it through skilled husbandry.

Among our human species, there is some research that suggests that the more intelligent a woman is, the less likely she is to become a mother in the first place – the more academic qualifications, the less fertile.

This is explained by a constellation of factors – and intensely focused intellectuals may not wish to have children, or may not feel they can be bothered to devote the time and the patience to parenting. Yet it is still a steady graph that correlates high brain power with lower female fertility.

At one point, the Singapore authorities – never a beacon of democratic libertarianism – tried to bribe high IQ women to have children (or to have more children), as prime minister Lee Kuan Yew was so concerned that women at the lower end of the IQ scale were having so many more babies.

This notion is sailing unpleasantly close to eugenics. And apart from being horribly anti-human, the eugenicists were wrong about most things: at one stage they suggested that the Irish were all stupid.

Sydney Webb wanted the Irish forcibly sterilised – just at the point when Ireland had produced James Joyce, W B Yeats and Sean O'Casey. I would certainly have preferred some nice country Irishwoman as a progenitor than either of the Webbs, who, incidentally, had no issue.

In the case of Rachel Pullen, the effect of the legal process is that Rachel's low IQ (of 70) – her "stupidity", in short – makes her unsuitable to care for her daughter, and the child is likely to be placed for adoption, it seems, coercively.

This seems cruelly harsh, especially since a psychiatrist has assessed Rachel as having "good literacy and numeracy and her general intellectual abilities appear to be within normal range". Rachel has no history of mental illness or of learning disability.

Perhaps Rachel, as a single mother, would need support from social or voluntary services: all mothers, of whatever intelligence range, need some kind of back-up network. But her intelligence should not be the issue.

Kindness, a loving nature, patience, moral sense and attachment to the child are the maternal values that matter, and that should be the guideline: not whether a mother reads Virginia Woolf.

 

Source: Telegraph. 01.06.2009

 

Repères

- Rachel Pullen
Pound Pup Legacy

- Mother ‘too stupid’ to keep child
Times | 31.05.2009

- Un QI jugé trop petit pour s’occuper de son enfant
Le Mague | 01.06.2009

10:09 Écrit par collectif a & a dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us