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01/02/2011

Royaume-Uni. Quand les adoptions tournent mal.

When adoptions go wrong - United Kingdom.jpgOne third breaks down and two third needs significant support by Adoption.
When adoptions go wrong.

One leading charity estimates that a third of adoptions break down these days. Is it any wonder when so many adoptive parents take their new children home only to find they have a secret history of appalling abuse? Bridget Freer reports


Via UAI-News | 1.02.2011

15:04 Écrit par collectif a & a dans Maltraitance, Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : échecs dans l'adoption | |  del.icio.us

27/01/2011

Des enfants haïtiens morts revendiqués pour de l'argent de l'assurance ?

Adopted Haitian Baby Killed for Insurance Money


Counterpunch 25 January 2011

Haiti Quake Journal.
Where Urban Legends Come to Life
By BOADIBA

[...] Urban legends also are flying on the breeze. From mouth to mouth:

The US soldiers sent en masse right after the quake went into the rubble only twice to remove safes at Citibank and Caribbean Market. (This must come from the memory of the American occupation which started in 1916 and ended in 1935 with marines withdrawing the safes containing the nation’s entire gold reserve. It now sleeps in vaults in New York or D.C.) [...]

Some camps are well organized, but not the one across from the police station in Petionville.

At the restaurant across from the police station and the refugee camp, on the terrace overlooking the pool, foreign correspondents sit with their video cams. Two women are eating and talking at a table next to us. “Two women adopted a baby here in Haiti and took him back to New York. There, in the middle of winter, they left him locked up in a car and he died of pneumonia. Afterwards they got the insurance money. They would have gotten away with it if they hadn’t come back some time later to adopt another baby and try the same thing. The second baby was strong and didn’t die. The insurance company got suspicious and investigated. They got arrested.” [...]

Posted by Brian Chapman at 6:14 PM

Via UAI-news

09:42 Écrit par collectif a & a dans Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haïti, adopté | |  del.icio.us

14/01/2011

Quand l'enfant de l'ennemi finit par gagner l'après-guerre

Elle était fille de l'ennemi et cela ne pouvait pas se savoir. Soixante-sept ans après sa naissance, Gerlinda Swillen est devenue, en Belgique, la première enfant de la guerre à obtenir la nationalité allemande. Elle peut enfin sortir de l'ombre et s'afficher comme une femme avec une identité complète. "Ceci clôture ma quête de père. Mon histoire personnelle est réparée." Grâce à cette double nationalité, Gerlinda Swillen espère ouvrir la voie de la reconnaissance des enfants de la guerre. Ils seraient pas moins de 20000 dans notre pays.


Pour les enfants de la guerre, le deuxième conflit mondial ne s'est pas achevé en 1945. "Beaucoup d'entre nous ont du alors commencer à mener leur propre guerre", explique Gerlinda Swillen. "La lutte pour la reconnaissance de notre identité biologique." Les enfants nés d'une mère belge et d'un père soldat allemand étaient les enfants de l'ennemi. Des enfants dont personne ne devait savoir comment ils avaient été conçus, même pas eux-mêmes. "J'ai longtemps vécu avec une demi-identité".Jusqu'à aujourd'hui. Sur son bureau trône l'Einbùrgerungsurkunde, le document officiel qui matérialise la fin de son combat. Elle a désormais la double nationalité belgo-allemande.

Elle est la première dans ce cas mais entend bien ne pas rester la seule. Depuis qu'elle est sortie du placard en 2007 en tant que fille d'un soldat de la Wehrmacht, elle a parlé à presque une centaine d'autres enfants de la guerre. Jusque là, ils représentaient une face cachée de notre histoire. Aujourd'hui, elle milite pour la création d'un réseau européen qui se battrait pour leurs droits. "La double nationalité, c'est une étape importante pour l'obtention d'un statut protégé pour les enfants de la guerre. La nationalité est tellement importante. Certains bébés de la guerre étaient même apatrides. C'est affreux. Etre protégé par la loi, c'est souvent lié à la nationalité. Sans nationalité, c'est à peine si l'on a des droits."

Elle-même a essayé depuis son plus jeune âge de retrouver sa véritable identité mais elle se heurtait chaque fois à un mur. "Ma mère me rabrouait chaque fois que je posais des questions sur mon père, mais je savais bien qu'il y avait quelque chose qui clochait. Les adultes commençaient à chuchoter lorsque j'arrivais ou se mettaient subitement à parler dans une autre langue. Et ma mère se comportait bizarrement. Jusqu'à l'âge de quatre ans, j'habitais chez mes grands-parents. Mais quand ma mère s'est mariée avec un veuf qui avait un jeune fils, tout a subitement changé."

Sa mère tricotait les mêmes vêtements pour elle et pour son demi-frère. "Rien ne pouvait la rendre plus heureuse que lorsque quelqu'un remarquait que nous avions presque l'air d'être des jumeaux. Elle voulait surtout gommer mes origines, oublier le passé. C'était un tabou absolu. Il lui arrivait bien de dire, quand elle était fâchée, que si elle s'était mariée, c'était pour moi. Je me suis rendu compte plus tard que beaucoup de mères célibataires d'enfants de la guerre avaient fait de même, pour protéger leur enfant de l'exclusion. Mais, après avoir franchi ce pas, le nom du vrai père devenait encore plus tabou."

De temps en temps, le prénom Karl revenait dans les conversations mais il a fallu longtemps pour qu'elle réalise qu'elle était la fille d'un soldat allemand. Le nom de famille ne sortait pas. Jusqu'à ce jour de 2007 où elle a provoqué sa mère qui était en train de parler de la guerre. "J'ai dit : arrête de radoter, tu ne te souviens même pas du nom de mon père. Bien sûr que si, a-t-elle répondu. Dis-le, alors, ai-je répondu, alors que tout le monde nous regardait en silence. Karl Weigert, a-t-elle lâché". C'était la dernière pièce du puzzle, celle que Gerlinda attendait depuis 64 ans. Depuis ce jour-là, elle ne tient plus aucun compte des tabous. Elle a raconté l'histoire de ses origines à tous ses amis, lancé un appel aux autres enfants de la guerre et s'est plongée dans cette page d'histoire qui fait apparemment encore tellement peur à certains. Et elle est partie à la recherche de son père en Allemagne. Le jour de son 66e anniversaire, le téléphone a sonné. C'était le Deutsch Dienststelle, qui gère les dossiers des 17 millions de soldats de la Wehrmacht. "Nous pensons avoir retrouvé votre père", ont-ils dit. "Mais il y a un problème. L'âge ne correspond pas. "Ma mère avait dit qu'il avait trois ans de plus qu'elle mais il en avait seize de plus", explique Gerlinda Swillen. "Tout le reste collait. Il avait été affecté à Gand, sa mère s'appelait Barbetta - mon nom vient en partie d'elle - et son père travaillait aux chemins defer. Ils ont fait un travail incroyable. Maintenant, j'insiste auprès de tous les autres enfants de la guerre : chaque détail compte et peut aider à reconstituer le puzzle"

Son père était décédé en 1958 mais le frère et !a soeur de celui-ci vivaient encore et ils étaient prêts à la rencontrer. En 2009, elle a reçu une photo de son père. "C'est tout moi, non ?", dit-elle en la montrant. "Ce nez, ce front C'était bizarre aussi d'entendre certaines histoires. Je n'ai pas été élevé par eux, j'ai grandi dans un tout autre milieu et pourtant, on n'a aucune prise sur certains caractères héréditaires. Mon père avait des côtés sexistes et moi j'ai plutôt des idées féministes. Je me serais certainement souvent disputé avec lui, ai-je dit à son frère, mais celui-ci a aussitôt démenti. Quand mon père était vraiment fâché, il ne disait rien : il tournait le dos et s'en allait J'étais sciée qu'il me dise cela, parce que je fais exactement la même chose."

Son père avait claqué la porte de la maison familiale à 17 ans ; à un moment donné, Gerlinda a, elle aussi, radicalement coupé les ponts avec sa mère et son beau-père. "C'était un épicurien, très dynamique, très sociable, et moi aussi. Subitement, vous comprenez plein de choses, votre identité se reconstitue. Je me sentais incroyablement libérée. Cela vous donne une énorme force aussi. J'ai enfin l'explication de plein de choses."
Comme celle de sa mauvaise relation avec sa mère. "J'ai compris subitement qu'elle avait dû vivre pendant des années avec le portrait craché de son amant. Mon fils ressemble aussi énormément à mon père. J'ai compris cela maintenant. Ma mère le savait depuis le début mais ne m'en avait jamais parlé. Maintenant elle en parle souvent. Mais elle n'arrive pas encore à exprimer que moi aussi, je lui ressemble de manière flagrante."

Jusqu'à il y a peu, sa mère ne voulait rien savoir de la famille allemande de Gerlinda mais la curiosité a fini par l'emporter petit à petit. "Elle estimait qu'il l'avait laissé tomber. Mais mon père avait été plutôt honnête. Il l'avait demandée en mariage à mon grand-père. Mon grand-père avait refusé. Parce qu'il était anti-allemand mais aussi parce qu'il percevait le danger. Personne ne le savait, mais il avait du sang juif. Et les Allemands exigeaient que les femmes de leurs soldats aient une ascendance pure. Ils auraient certainement fait une enquête et, s'il l'avaient découvert, nous aurions alors tous risqué de nous retrouver dans un camp de concentration."

Après la guerre, la loi du silence régnait mais maintenant, cela a changé. Gerlinda déteste l'expression "collaboration horizontale" : "En temps de guerre, les relations sexuelles sont une manière d'avoir une bouffée de liberté pour les hommes et les femmes. Si j'en crois les conversations que j'ai eues avec d'autres enfants de la guerre, la plupart de ces relations n'ont rien eu à voir avec la collaboration." Gerlinda elle-même ne s'est pas tourmentée à propos du passé de son père. "Longtemps, je n'ai rien su. Mais j'ai été soulagée d'apprendre que mon père avait toujours fait en sorte de ne pas devoir se battre. D'après mon frère, il détestait les armes, il s'occupait du matériel roulant. Cela m'a soulagé d'apprendre qu'il n'avait pas eu à tuer des gens."

Aujourd'hui, elle estime que son histoire personnelle n'est qu'un détail de l'Histoire du monde. "Cette double nationalité a surtout de l'importance pour pouvoir protéger les enfants de la guerre dans le futur. Je sais que les gens tirent rarement les leçons de l'Histoire mais ces situations se reproduisent encore aujourd'hui. Des enfants conçus par des soldats américains ne reçoivent pas le droit départir à la recherche de leur père. Mais les enfants de la guerre doivent avoir droit à leur identité biologique. Avec ce statut, nous voulons leur donner une protection juridique contre les insultes et l'exclusion. Afin que tout ceci ne se reproduise plus." 

Source : De Morgen | Courrier International n° 1050 | 16-21.12.2010

 

- Enfants 'de la Wehrmacht' en Belgique
L'occupation allemande au cours du dernier conflit mondial a conduit inévitablement à des relations entre les militaires de l'armée ennemie et la population belge féminine. De ces relations sont nés, selon les estimations les plus prudentes, 20.000 enfants, sans parler des enfants avortés. La recherche sur ces enfants, que Gerlinda Swillen a entamée en septembre 2007, concerne des rapports éphémères ou de plus longue durée, désirés par l'homme et la femme. Comment en sont-ils arrivés là ? Qui étaient les mères, mais aussi les pères concernés ? Comment se déroulaient la grossesse et la naissance ? Quel fut le sort des enfants ? Pour traiter de ces questions, Gerlinda Swillen analyse des archives et des documents d'époque. Mais elle a aussi besoin de témoignages de mères, d'enfants, de médecins, d'infirmières, de membres des familles, de voisins, de connaissances. 
Après des années de silence en Belgique, l'âge des témoins devient aussi problématique. Les entendre devient donc très urgent. Le CEGES appuie cet appel au témoignage.

- Trente "enfants de la Wehrmacht" sont enfin prêts à témoigner
Le CEGES va lever l'un des derniers tabous de la Seconde Guerre mondiale. Sa recherche est menée par Gerlinda Swillen, qui fut aussi la fille d'un soldat allemand.
La Libre Belgique | 15.10.2008

 

21/12/2010

Espagne. Niños robados. Enfants volés

Espana_ninos_robados_vidas_ficcion.jpgHistoriquement, je croyais la Corée du Sud championne du monde dans le domaine des adoptions pas très nettes. A présent, je crois que c'est peut-être l'Espagne. Bon, il y a de grandes différences:  il s'agit là d'une histoire intranationale ... et ces adoptés, en se construisant durant leur l'enfance n'ont pas, je pense souffert psychologiquement d'un déracinement total et/ou d'un sentiment d'étrangeté permanent.  Ils ignoraient qu'ils étaient volés, et même souvent qu'ils avaient été adoptés.
 
Je crois néanmoins intéressant de présenter ce qui suit car je pense qu'on peut trouver beaucoup de choses similaires dans d'autres pays, notamment comment peut se développer un sacré sale système à partir de quelque chose qui doit en principe aider, protéger des enfants. Je crois aussi intéressant de présenter ce qui suit car celà présente une réaction civile intéressante. 
 
Il y a plus d'un an un juge espagnol, Baltasar GARZON (très connu pour avoir ouvert plusieurs enquêtes internationales en tapant très haut au niveau des droits de l'homme. Il a coincé quelques temps Pinochet à Londres notamment.), se pencha sur des enfants volés aux républicains par les nationalistes après la guerre civile espagnole (1936-1939). Aujourd'hui, El Mundo, l'un des quotidiens espagnol le plus important du pays, vient en aide à l'association ANADIR (Association Nationale des Victimes d'Adoptions Illégales) 

Greg

Avec son aimable autorisation, voici la traduction non officielle en français de "Familias ficticias; vidas robadas"

 
Des vies de fiction. (1er onglet)
Des familles fictives; Des vies volées.

par Raquel Quílez
 
"Mes parents m'ont confessé qu'ils m'avaient acheté"; "Ils ont payé pour moi davantage que pour un appartement"; "Un religieux leur a permis de choisir entre un petit garçon ou une petite fille", "Ils ont eu à employer une mère porteuse"... Ces témoignages n'appartiennent pas des scénarios de film. Ce sont des histoires réelles de personnes qui, devenues adultes, ont découvert que leur vie est un mensonge. Dans l'hôpital des nouveaux-nés ont changé de mains avec au préalable un paiement de leurs parents adoptifs. Qui est leur vraie mère ? Qui s'est enrichi avec leur vente ? Énormément de questions se bousculent sans réponse dans leurs têtes.
 

Selon l'avocat Enrique Vila, entre 200.000 et 300.000 personnes  pourraient être concernés. Des cas qui trouvent leurs racines à l'époque du franquisme  apparaissent maintenant à la lumière avec des protagonistes qui découvrent que leur famille n'est pas celle qu'ils croyaient. Leurs histoires rappellent des scénarios de film : des enfants en échange d'argent en plein jour, des bébés qui sortaient de salles d'accouchements en étant déclarés morts, des sages femmes qui falsifiaient des documents...
[ Lien au deuxième onglet : "Ainsi se déroulaient leurs histoires."]
 
Juan Luis Moreno a su qu'ils l'avaient acheté pour 150.000 pesetas quand son père le lui a confessé dans son lit de mort [ LIEN A SON HISTOIRE (en espagnol) ]; Maria Labarga a découvert que son acte de naissance était falsifié et que celle qu'elle croyait être sa mère  ne l'est pas [ LIEN A SON HISTOIRE (en espagnol) ]; Paloma Mosset cherche sa fille, déclarée morte après être née [ LIEN A SON HISTOIRE (en espagnol) ]... Elles sont nombreuses les personnes, après des années de soupçons, qui ont décidé d'enquêter sur leur cas. Une centaine d'entre elles se sont associés dans ANADIR (lien) [ l'Association Nationale de Victimes d' Adoptions Illégales] avec la volonté qu'on les écoutent dans les tribunaux, quelque chose de compliqué jusqu'à présent, puisque les demandes devant divers tribunaux provinciaux ont été mésestimées. Une seule donne lieu à une enquête par le Ministère public d'Algésiras-. " On nous dit que ce sont des délits prescrits parce qu'ils ont déjà plus de 40 ans. Mais il n'y a pas prescription sur la disparition de personnes jusqu'à ce que celles-ci apparaissent et de plus, ce type de cas est fréquent ", affirme Vila, avocat au service d'ANADIR qui prépare une plainte collective devant le Ministère Public Général de l'État pour les mois suivants.
 
Cet avocat enquête depuis 10 ans sur ce genre de cas. Il a commencé par représenter des adoptés à la recherche de leurs origines et il a ainsi découvert que plusieurs figurent comme des enfants naturels dans leur acte de naissance, malgré le fait que leurs propres familles leurs ont racontés qu'ils ne le sont pas. Qui a falsifié leurs papiers ? Qui se cache derrière ces inexactitudes ? Il assure qu'entre 10 et 15 % de ceux qu'il représente se trouve dans cette situation. Selon ses calculs, en Espagne il y aurait environ 2.000.000 d' adoptés nationaux, ce qui, en extrapolant cette donnée, ferait qu' entre 200.000 et 300.000 cas seraient illégaux. Après avoir vérifié que leurs albums de familles reflétaient une fausse réalité, les victimes de ces histoires rompent leur silence et réclament justice.
 
 
Ainsi se déroulaient leurs histoires. (2ème onglet)
Des réseaux de religieux, de médecins et de fonctionnaires 

 
L'histoire des enfants "appropriés" - ainsi préfèrent-ils que l'on les appelle - plonge ses racines dans le franquisme. Bien que dans les premières années elle a été chargée d'idéologie - On volaient les enfants de prisonniers politiques et de femmes républicaines pour les donner aux familles conservatrices - rapidement celà s'est converti en des histoires purement économiques qui ont étendu leurs tentacules au-delà de la dictature. De cela témoigne Francisco Tena, sociologue et expert dans le domaine  qui suit depuis des années les traces de l'origine de certaines de ces personnes. "Les cas plus nombreux se trouvent entre 1963 et 1970, bien que je m'occupe de cas allant de 1943 à 1995. En 50 ans: imagine-toi toutes les victimes qui ont pu exister !",  s'exclame-t-il. L'avocat Enrique Vila représente des "appropriés" de jusqu'à 1979.
 
En étudiant les cas, on découvre un "modus operandi " qui revient souvent. "Des couples mariés qui ne pouvaient avoir des enfants, souvent bien agés, se mettaient en rapport au moyen de connaissances avec des personnes qui pouvaient leur en fournir. Dans une première rencontre on leur disait dans quelle ville ils auraient à aller et l'argent qu'ils devaient payer pour [ lien : CE FUT LE CAS JUAN LUIS ET D'ANTONIO (en espagnol)] et le jour indiqué, ils se déplaçaient là où l'échange était fait, généralement dans des maisons ou des parcs. Après ils ordonnaient à une matrone ou à une infirmière de leur propre ville de falsifier, avec aussi un paiement préalable, le certificat de naissance, puis avec celui-là ils se présentaient à l'état civil où ils inscrivaient le bébé comme propre à eux. Tous emportaient de l'argent",  décrit Vila.
 
Le centre de l'affaire se situait entre les murs des hôpitaux où était vécu des situations bien différentes. Il y avait des mères qui voulaient donner l'enfant pour l' adoption, de jeunes femmes ou des mères célibataires qui, pressées par leurs familles et la morale de l'époque, décidaient de ne pas poursuivre leur maternité, des prostituées qui ne pouvaient pas avoir le bébé... Mais il y avait aussi des cas plus tragiques. "Il y avait des femmes sans histoires avec des accouchements sans problèmes à qui on retirait le nouveau né en leur disant qu'il était mort. Plusieurs ne virent jamais voir le corps du bébé, ni le certificat de décès, ni rien de rien", affirme Francisco Tena. Cet enfant sortait de la clinique avec pour destination un autre foyer et dans la majorité des cas, comme dans celui d'Antonio Barroso  ou de Maria Labarga (liens- en espagnol), on modifiait les historiques médicaux et les actes de naissance pour effacer toute trace de ce qu'on avait fait.
 
"Il y avait pratiquement toujours des personnes religieuses impliquées dans ces histoires. Elles se croyaient dotées d'un pouvoir moral leur permettant de retirer des bébés à des mères sans ressources pour les donner à des familles conventionnelles. Mais elles figurent là parce qu'en ces années elles travaillaient comme infirmières dans les hôpitaux, et non parce que c'était une affaire institutionnelle de l'Église", explique Vila. La dimension du scandale est arrivée à atteindre de grandes proportions. "Il y a eu de nombreuses familles à qui on a enlevé des enfants. Les mères étaient pauvres culturellement et écomiquement. Il s'agissait de célibataires, de jeunes sans défense qui se résignaient quand on leur disait que l'enfant était mort. Certaines sont encore aujourd'hui en cours de traitement psychologique", dénonce Francisco Tena, qui relève que "la majorité des adoptants l'ont fait de bonne foi" et qu'on ne peut pas les accuser d'un délit parce que, bien qu'ils ont payé pour les enfants, "on leur disaient que c'était pour des frais médicaux, des frais administratifs, etc.". " Les intermédiaires en ont la responsabilité et il y a eu beaucoup de gens qui se sont enrichis avec cela. Le Ministère Public devrait intervenir et étudier à quel niveau celà se trouve dans les atteintes à l'humanité . Celà est d'une dimension terrible ", juge-t-il.

 
La carte de la tragédie. (3ème onglet)
Des hôpitaux dans le colimateur


 
Selon les études du sociologue Francisco Tena, la majorité des adoptions irrégulières se sont produites à Madrid et à Bilbao. Mais à ANADIR on a associé des personnes de Saragosse, de Malaga, de Barcelone, de Cadix, d'Alicante, de Valence, d'Almería ... [ voir la carte à droite de cette page] "Il y a des noms de cliniques qui se répètent fréquemment dans les histoires. Où l'on trouve le plus de personnes touchées c'est à Madrid, et souvent par la maternité O'Donnell; à Cadix par l'hôpital Zacamola, le Miguel Servet à Saragosse", on raconte à l'association. Il y a aussi Santa Isabel à Valence, et Santa Cristina ou le déjà fermé Saint Raymond dans la capitale.
 
Tena, lui-même, a réalisé une étude sur la maternité O'Donnell qui est rapportée dans son livre "Enfants invisibles dans la chambre obscure", dans lequel il enquête sur une étrange épidémie d'otite qui a provoqué, selon les archives de l'hôpital, de nombreuses morts de bébés en 1964, quand il n'était pas habituel de décéder à cause de çà. On avait soumis cette clinique à une rénovation profonde après.
 
Cependant, l'avocat Enrique Vila relève qu'il s'agissait davantage d'histoires personnelles que de celles de centres hospitaliers. "Dans presque toutes villes il y avait un centre dans lequel plus de cas se produisaient, mais je crois qu'on avait affaire à des réseaux extérieurs aux hôpitaux. Le problème pour les victimes se présente quand elles rendent à ces centres hospitaliers à la recherche de leurs historiques ou de ceux de leurs mères pour retrouver leurs origines." Il y a beaucoup de personnes à qui l'hôpital refuse l'accès à ses rapports, on leur dit qu'ils ont disparu ", dénonce Francisco Tena. On a répondu à Juan Luis et Antonio (lien- en espagnol) qu'ils ne figurent pas comme nés en ces centres, comme non plus leurs mères en tant que personnes admises pour y accoucher . David Rodríguez et Marie Labarga  (lien- en espagnol) ne savent même pas où chercher leurs dossiers. Comme ceux-là, des centaines de victimes essaient ces jours-ci d'éclairer leurs vies. Un objectif pour lequel Internet s'est mis à leur service au moyen de forums et d'adresses "virtuels" comme http://www.buscapersonas.org/  ou http://www.quiensabedonde.es/  où presque chaque jour s'ajoutent de nouveaux noms à la recherche de leurs parents perdus.
 

Que faire ? ( 4ème onglet)
Que doit-on faire si on soupçonne que l'on est un "enfant volé" ?

 
La publication de ces histoires a fait réveiller de nombreux soupçons. Des dizaines de personnes ont contacté le quotidien ELMUNDO à elmundo.es [ENVOYEZ VOTRE HISTOIRE (lien)] pour raconter leurs cas et pour demander une aide devant ce qu'ils considèrent comme pouvant être une irrégularité. Des femmes pour qui on a déclaré un bébé comme mort dans l'hôpital, des personnes qui se sont vu forcées par leurs familles à donner un enfant pour être adopter, des enfants qui croient ne pas avoir grandi dans la famille correcte...
 
Après avoir lu les histoires de Juan Luis Moreno, d'Antonio Barroso, de Maria Labarga, de David Rodríguez ou Paloma Mosset (liens)  ces personnes ont eu l'inquiétude que leurs cas soient similaires, mais elles n'ont pas de preuves qui soutiennent leurs intuitions. Que peuvent- elles faire dans ces cas ? Quels pas doivent-elles faire pour éclaircir leurs histoires ? Les fondateurs d'ANADIR (lien) [l'Association Nationale de Victimes des Adoptions Illégales] et un avocat, Enrique Vila, ont élaboré cette liste d'indications:
 
- Dans le cas des enfants qui soupçonnent qu'ils n'ont pas vécu avec leurs vrais parents...
 
1 º. Contacter des amis, des voisins, des proches, des collègues... de vos supposés parents qui peuvent vous raconter si votre mère a été ou non une femme enceinte ou s'il y a eu quelque chose de bizarre dans votre famille autour de la date de votre naissance.
 
2 º. Faire des tests ADN avec la mère. Le moins cher - pour environ 200 euros - est de se présenter à une pharmacie où on emporte de suite les échantillons de salive à un laboratoire pour les analyser. Ces tests n'ont pas de validité juridique, mais ils serviraient à sortir de doutes. Pour obtenir une preuve valide il faudrait directement faire ces tests dans des centres homologués, où un technicien ou un avocat certifient l'origine des échantillons. Enrique Vila travaille avec l'Université du Pays Basque. Le prix est de 400 euros et en 15 jours les résultats sont obtenus.
3 º. Vérifier l'acte de naissance (état civil ) et l'acte d'accouchement (archives de l'hopital). Si vous figurez comme des enfants naturels, il est clair qu'ils ont été manipulés et qu'il y aurait quelques personnes impliquées dans çà.
 
4 º. Se présenter à la clinique dans laquelle vous êtes supposément nés et demander votre historique clinique, celui de l'accouchement et celui de l' admission de votre mère. On ne peut pas vous le refuser, bien que dans la majorité des cas on vous dira qu'ils ont disparu ou qu'on ne garde pas de si vieux documents . "Souvent la mère adoptive ne rentrait même pas dans le centre hospitalier. On sortait l'enfant et on lui donnait dans un autre lieu, bien que parfois on faisait de faux actes. Le plus probable c'est qu'il n'y est pas de documents et que l'enfant ait été inscrit dans un autre hôpital ou même dans une autre ville", explique Vila.
 
5 º. Contacter ANADIR où il y a déjà 110 membres qui peuvent vous assister légalement et juridiquement, ou un avocat particulier pour étudier les actions légales pertinentes.
 
- Si c'est est la mère qui a un soupçon :
 
1 º. Se présenter à l'hôpital auquel vous êtes rentré pour accoucher et demander votre historique clinique dans lequel les conditions de l'accouchement devraient être établies. La mort d'un bébé doit être inscrite.
 
2 º. Se présenter au cimetière auquel on a supposément emporté le corps de l'enfant et demander à connaitre les entrées en provenances de votre hôpital autour des jours de l'accouchement.
 
3 º. S'il n' y a dans aucun de ces endroits de données fiables, c'est alors le plus probablement que quelque chose se cache derrière. Dans ce cas, contacter ANADIR ou un avocat pour étudier le cas.

20/09/2010

Agrément pour l’enfer. Jeanne Guitard lance un pavé dans la mare.

agrement pour l enfer.jpg 

« Ce n'est pas un conte de fée ».

Jeanne a écrit son histoire d’échec d’adoption d’une fillette née en Colombie, non pas avec une plume d’écrivain mais avec sa plume de souffrance. Rien de pire que de s’attacher à un enfant qui vous renie, on n’échappe pas à cette blessure. L’adoption qui devrait être une belle aventure humaine peut devenir une mise à mort d’indifférence et d’humiliations.

 

Quand elle présente son livre, Jeanne Guitard a la voix qui tremble. Car « Agrément pour l'enfer » n'est pas un roman. C'est le récit d'une douloureuse histoire bien réelle : l'échec d'une adoption. Jeanne, d'origine cannoise, et Alain, son mari d'origine ruthénoise, ont adopté en 1997 une petite Colombienne. « Nous voulions sauver un enfant en mal d'amour, explique Jeanne. Avec le recul, nous n'aurions sans doute pas dû la prendre. » Car la fillette alors âgée de 7 ans refuse l'affection du couple et ne veut pas quitter son pays. Jeanne et son mari comptent sur le temps pour que les relations s'apaisent mais la greffe entre l'enfant et ses parents adoptifs ne prendra jamais. Adolescente, la jeune fille sera placée en foyer : ses parents ne l'ont pas revu depuis 2003.

 

Face à une telle situation, « les parents ont honte et se culpabilisent », raconte Jeanne. Avec l'échec de l'adoption, le couple est accusé d'être des parents maltraitants. « Mon mari en a été profondément touché. Pensez que sa grand-mère cachait des enfants pendant la guerre… » Alors Jeanne le martèle : « non, l'adoption n'est pas un conte de fée ». 30 000 couples français attendent d'adopter un enfant. Elle veut les mettre en garde contre les « pièges » de l'adoption internationale. « 20 % des adoptions sont un échec », souligne-t-elle. Comme sa fille adoptive, certains enfants souffrent du trouble de l'attachement. Un traumatisme dans l'enfance a rompu leurs repères et perturbe leur relation avec leurs parents. Pour ces enfants, les adultes sont complètement interchangeables et il leur est donc impossible d'accepter leurs nouveaux parents : ils cherchent à provoquer le rejet et refusent en particulier leur mère adoptive.

 

Être parent est le plus beau mais aussi le plus dur des défis. « Quand on a la foi, on s'accroche, explique Jeanne, mais il faut aussi savoir reconnaître son échec. » Pour l'aider à se relever de cette épreuve, Jeanne témoigne et met des mots sur sa souffrance. « C'est mon dernier combat », jure-t-elle. Elle veut que son exemple dramatique alerte les futurs parents adoptants mais aussi déculpabilise ceux qui sont dans la même situation qu'elle. Et qui n'osaient pas forcément parler de leur propre échec.

 

« Agrément pour l'enfer » de Jeanne Guitard aux éditions Persée.

 

Source : La Dépêche, 19.09.2010

 

 

29/06/2010

Enfants indiens volés pour l'adoption

Nagarani.jpgIndian children stolen for adoption


CHENNAI, INDIA. When Nagarani and her husband, Kathirvel, reached the Netherlands from India this month, the couple believed they would be able to prove that a 12-year-old Dutch boy was their son Sathish, who had been stolen from their home in a Chennai slum 11 years ago.


But a Dutch family court last week turned down the couple’s request for a DNA test on the adopted son of a Dutch ethnic Indian family, ruling that it risked inflicting severe emotional trauma to the minor.


“I am dead sure that Rohit is none but our Sathish. I went all the way to the Netherlands, I am disappointed that I was not even allowed to meet my son,” said Nagarani on her return to India last week,

“I am not angry with the Bissesars for taking my son into adoption. We felt very bad that the adoptive parents did not even want to meet us. I wanted to tell them that we became distraught after Sathish was lost. One day I hope Sathish will understand at least our pain we have lived through since we lost him.”


The struggle to retrieve their son by the couple highlights the plight of dozens of Indian parents who are searching for their children after they were apparently stolen by child traffickers and then sold into adoption in foreign countries, without the knowledge of their birth parents.


According to Bachpan Bachao Andolan, or Save Childhood Movement, an Indian child-rights non-governmental organisation, 45,000 children go missing in India every year. Most of the lost children end up as prostitutes, bonded labourers or among the homeless population in big cities. Some of the missing children land in orphanages, and a percentage of those reach their adoptive families in India and abroad.


One night in 1999 when Nagarani and Kathirvel, who only use one name each, were sleeping with their three children in front of their slum hut, one-year-old Sathish was snatched from their bed. Months of searching for the baby proved futile, but the couple suspected that Sathish had been stolen by child traffickers to be sold abroad.


Then in 2005, when police arrested a gang of child traffickers in south India, it was found that they had secretly supplied the children, Sathish among them, to the Malaysian Social Services (MSS), a Chennai-based orphanage that had the permit to send children for adoption abroad.


The investigation revealed that in the previous decade MSS had illegally sent at least 350 Indian children abroad for adoption.


From the office of the orphanage, police recovered in 2005 photos of scores of children who apparently had been stolen from their parents, and Nagarani and Kathirvel identified one child, sent for adoption in the Netherlands, as their son.


As India’s Central Bureau of Investigation (CBI) began investigating the case of Sathish, Against Child Trafficking (ACT), a Netherlands-based non-governmental organisation fighting for the prevention of child trafficking for international adoption, contacted the Dutch family in the city of Almere in 2006 and broke the news that their adopted son, Rohit Shivam Bissessar, may have been stolen from his original family in India.


The Bissessar family, who paid US$35,000 (Dh128,555) to adopt the child, have refused to take a DNA test, fearing that the child could be taken away. Nagarani and Kathirvel, with the help of ACT activists, last Tuesday filed a complaint with the Almere police against officials of the Meiling Foundation, the intermediary Dutch adoption agency that placed Rohit, and the Bissesars, accusing them of kidnapping.


In the complaint to Dutch police the couple alleged that Dutch courts and legal authorities were “shielding the Dutch kidnappers” and that “the Netherlands have been promoting kidnapping of children from other countries to their land”.


The Dutch police is of the opinion that the Bissesar couple had no role in kidnapping and trafficking the child. In a Chennai court India’s CBI, following its investigation in the case of Sathish, charged the child traffickers and Indian MSS officials with kidnapping, fabricating records and sending him for illegal adoption.


There are more than 11.5 million abandoned children in India, according to Bachpan Bachao Andolan, and authorities regularly urge western countries to adopt children from the country’s hundreds of orphanages. According to India’s Central Adoption Resource Authority [Cara], about 1,000 Indian children go for adoption abroad yearly with most going to the US.


Cara guidelines say that a foreign couple adopting an Indian child should not pay more than $3,500 to the Indian orphanage. However, in reality, foreign parents often are forced to pay up to 10 to 12 times that to private adoption agencies that act as middlemen, making adoption a lucrative business in India.


The Child Welfare Committee of Tamil Nadu (CWC) believes trafficking and selling children into adoption in foreign countries is still common in south India.


“Last week we discovered that one Chennai-based orphanage, having licence to send children for adoption abroad, had virtually stolen five babies by fooling their birth parents, apparently to sell them into adoption to wealthy families – possibly in foreign countries,” said P Manorama, the chairman of CWC in Chennai, referring to the adoption agency Guild of Service, which is currently under investigation for its role in illegal adoption.


“Children are continually getting lost and many are remaining untraced. We have reason to believe that kidnapping of children for business is still going on in the region.”


Source : The National.


Traduction en français sur le wiki de l'adoption

 

- Une habitante d'un quartier pauvre de Chennai se bat pour son fils néerlandais

Le 15 juin, quand Nagarani Kathirvel quittera la misère du taudis de Chennai pour la première fois et apparaîtra dans un palais de justice de Zwolle-Lelystad aux Pays-Bas, elle sera encore loin de la fin de son combat amer et traumatisant. Mais ce sera un commencement (pour établir dans une cour de justice étrangère qu'elle est la mère d'un garçon néerlandais de 12 ans). Il y a 10 ans, Rohit Shivam Bissesar était Satheesh Kumar, un jeune enfant habitant dans un quartier pauvre de Pulianthope, jusqu'à ce qu'il ait été enlevé et donné en adoption à un couple de Néerlandais. Plus tôt ce mois-ci, un tribunal de la ville de Lelystad aux Pays-Bas l'a appelée à comparaître.

Traduit en français sur Fabriquée en Corée

 

- Des enfants volés par l'intermédiaire d'une agence indienne d'adoption

Au moins 30 enfants amenés Australie en vue de leur adoption auraient été volés à leurs parents dans le cadre d'un réseau de trafic d'enfants en Inde.
Certains enfants auraient été volés dans les rues par des gangs qui les vendent pour seulement 10000 roupies ( 280 $ australiens chacun) à une agence d'adoption, qui les envoient dans des pays riches comme l'Australie.
Une grande enquête menée par le magazine Time a découvert qu'une bande de criminels kidnappaient des “jolis” enfants dans des régions les plus pauvres du sud de l'Inde, leur donnait de nouvelles identités et les vendait à des agences d'adoption.

Source : Le wiki de l'adoption | 23.08.2008 | The Australian

18/03/2010

Des enfants ou des matières premières ?

Children or commodities.jpgAnisha Mortel, 18 ans, vit toute seule en Allemagne. Abandonnée par ses parents adoptifs après leur  séparation, Anisha est venue en Inde à la recherche de sa mère biologique qui prétend que sa fille a été vendue par un home d'enfant qui l'avait volée.


Children or commodities?

 

18 year old Anisha Mortel lives all alone in Germany. Abandoned by her foster parents after they separated, Anisha came to India in search of her biological mother who claims her daughter was sold off by a children's home who had stolen her.

 

TIMES NOW investigates the reasons why children like Anisha Mortel are forever searching answers to who really is responsible for what they are.

Anisha was born in 1992 and was entrusted to 'Tender Loving Care Home'. All that Fathima wanted for her daughter was a better life. She says a children's home promised her exactly that. Fathima did not see her child for the next 28 years.

Fathima, Anisha's biological mother, said, "I went back to ask for my kid. She said don't ask for the child. You gave her off to us. I protested. But she said give money for taking care of the child. I didn't have any. She sold off the kid for 6 lakh."

Fatima had handed over her baby to Sister Teresa who counters the claim.

Sister Teresa said, "What money is Anisha's mother talking about, she wanted to sell the child. She threw the child here. The baby was sick. I was taking care of her."

Tender Loving Care Home is under the scanner in adoption racket.

There are no papers to prove either party wrong or right but what has put the scanner on Sister Teresa's home is that in 2005 TLC Home was found guilty and the home's license cancelled.

Fathima could not find her daughter at the orphanage because the child was not even in the country. Her daughter was given up for adoption and taken in by a couple in Germany.
Fathima's daughter lived with her foster parents unaware of her mother's struggle in India.

Anisha said, "I believe that adopted children are always somehow connected to their country. No matter what happened, no matter how old you were, you always feel it's a part of you and you can't cut it out."

In January 2010 Anisha Moertel returned to India, met the woman who gave her birth.

Anisha said, "In Germany I have no home since I left my parent's house. I have no place to breath out. It's so good to find my mother in India."

This reunion might have happened but questions are being raised about the 26 lives that are still at the home run by Sister Teresa.

Children at the home voice their concern:

1. I want to go to Spain. My Mummy calls on Saturday.
Q: Where does she live? Where does she call you from?
A: From Spain.
Q: Do you want to meet her?
A: Yes, I want to meet her. I want to go there because Mummy, daddy are there.
2. child at the home - "If I go to Germany, I will be happy. They will care for me."

What is confounding is that despite a high court order allowing the home to hold in-country adoptions, Sister Teresa refussees to give these children to prospective Indian parents.

Sister Teresa speaking on children being given for adoption to Indian families said, "Why should they go to Indian families? Many Indian families only make them work as maids."

Over 600 children are sold to foreigners every year, not always to happier homes.
For these young lives it is a constant search for answers and who really is responsible for what they are - too young to know how papers exchanged and changed their destinies - too young to matter as votebanks and too young for anyone to care enough to change their lives.


Source: Times Now | 17 mars 2010