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07/11/2007

Darfour : parrainer plutôt qu’adopter

ca9caed2078c8d19cbba89055cc3469a.jpgPar Vanessa Voleau, membre de l’ONG Intervida.


Nous avons tous découvert avec stupéfaction la tentative d’évacuation de 103 orphelins du Darfour par l’association l’Arche de Zoé et l’arrestation des organisateurs de cette expédition. Malgré la forte médiatisation de cette affaire, toute la lumière reste à faire sur son déroulement.

 

Cependant, nous nous interrogeons sur les motivations qui ont incité ses bénévoles à faire fuir des enfants victimes de la guerre, alors que ces derniers sont dépourvus de toute faculté de jugement et de choix face à leur avenir.

 

En visitant le site web de cette association, nous pouvons deviner une équipe engagée, prête à braver le droit international pour sauver des vies. Mais il y a des maux qui ne guériront jamais sur des coups de tête, passionnels, irresponsables et peu soucieux de donner l’exemple.

 

Comme l’indique la déclaration des droits de l’enfant des Nations unies : «L’enfant ne doit pas être soumis à la traite, sous quelque forme que ce soit, et doit être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, […] dans le sentiment qu’il lui appartient de consacrer son énergie et ses talents au service de ses semblables.»

 

Il est totalement légitime de vouloir aider les populations en difficulté, mais les actes passionnels ne résoudront jamais des crises qui nécessitent la pratique de la raison et du bon sens.

 

Tout d’abord, cette action déraisonnable n’a fait qu’aggraver la terreur ressentie par ces enfants : déracinés, traqués, montrés du doigt, ils sont encore plus désemparés aujourd’hui.

 

Des millions d’enfants dans le monde sont menacés par une mort certaine. Non seulement à cause de la guerre, mais aussi en raison de l’insécurité alimentaire et sanitaire dans laquelle ils grandissent. De nombreuses ONG ont compris que pour sauver des vies, il est plus utile d’agir sur le terrain, auprès des communautés concernées par la misère, en leur offrant les outils nécessaires à leur développement. Il faut combattre le mal à la racine.

 

Ce n’est pas en s’appropriant la vie de ces enfants que la situation du Darfour changera. Qu’en est-il de ceux qui resteront sur place, livrés à leur propre sort ?

 

Nous pouvons parler ici d’inégalités et de sélection arbitraire. Et c’est pourquoi la communauté internationale doit poursuivre ses efforts de sensibilisation, de négociation, voire engager des sanctions pour parvenir à une solution au Darfour.

 

Les enfants sont l’avenir de leur pays. Ce n’est pas en les déracinant que l’on pourra aider ces nations, en proie à la violence et à la misère, à se développer dans le respect de la dignité humaine. C’est avant tout grâce à l’éducation et à un environnement sain qu’un avenir plus serein et pacifique pourra se dessiner.

 

Intervida, ONG spécialisée dans le parrainage d’enfants, affirme que l’adoption n’est pas la solution. L’enfant parrainé dans son pays d’origine devient l’ambassadeur de sa communauté qui pourra ainsi acquérir son autonomie économique et sociale et participer au développement de sa nation. Pour aider des enfants menacés d’une mort certaine, nous devons réaliser un travail global, mené sur plusieurs fronts : la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, la participation civile et le développement communautaire.

 

Certes, ce travail de longue haleine demande une intervention dans chaque communauté sur une période de dix à trente ans, mais permet, à terme, d’obtenir des résultats pérennes.

 

Source : Libération 

09:40 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Arche de Zoé, ONG, parrainage | |  del.icio.us

05/10/2007

Trafics d'enfants et adoption internationale

 

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Terre des hommes considère que l’adoption internationale est une «industrie» qui engendre un chiffre d’affaires de quelque CHF 8 milliards par an. D’un esprit au départ humanitaire, l’adoption internationale est aujourd’hui gagnée par des dérives mercantiles qui prennent souvent la forme d’un véritable trafic. Terre des hommes se refuse à ce que l’enfant soit défini comme une marchandise à qui on associe des critères de qualité.

 

L’adoption commerciale se développe avec ou sans respect des lois et règlements nationaux et internationaux, et dans l’intérêt quasi exclusif des parents adoptifs et des intermédiaires. Il convient donc de réintégrer la dimension éthique de l’adoption en mettant l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur des procédures d’adoption.

 

Dans ce contexte, le rôle essentiel de Terre des hommes consiste à dénoncer auprès des autorités et de l’opinion publique internationale les différentes formes de trafics et les mauvaises pratiques, et à renforcer les compétences des acteurs locaux par des programmes de formation et de sensibilisation à des pratiques éthiques.

 

Terre des hommes travaille sur deux fronts: dans les pays d’origine mais également dans les pays d’accueil. En plus d’activités de plaidoyer, Terre des hommes doit aussi prévenir l’abandon, promouvoir l’adoption nationale, mettre en place des programmes de formation pour les travailleurs sociaux, le personnel institutionnel et les membres du système judicaire.

 

Enfin il est nécessaire, pour renforcer leur efficacité, d’étudier la conformité des lois nationales et internationales avec la Convention de La Haye qui, depuis 1993, s’est fixée trois objectifs principaux: pratiquer l’adoption internationale dans le respect de l’intérêt de l’enfant, établir une coopération entre les Etats pour sauvegarder les intérêts des enfants, et assurer la reconnaissance des adoptions prononcées entre les Etats contractants.
En théorie, les gouvernements et les autorités compétentes aussi bien des pays d’origine que des pays d’accueil affichent leur accord sur le principe du droit de l’enfant à une famille et non l’inverse (le droit à l’enfant). Pourtant, dans la pratique, les procédures existantes ne permettent que très rarement le respect de ce précepte.

 

En Suisse par exemple, le législateur n’a pas pris la décision de rendre obligatoire pour les futurs parents adoptifs le passage par des intermédiaires suisses agréés pour la recherche de leur enfant, laissant la porte ouverte à de multiples abus. Ce qui revient à dire que la Suisse autorise le placement d’enfants étrangers dans des familles suisses sans contrôler, au niveau fédéral ou cantonal, la légalité de la procédure d’adoption dans le pays d’origine de l’enfant.

 

Le trafic d’enfants en vue d’adoption internationale n’a cessé d’augmenter ces vingt dernières années. La diminution du nombre d’enfants adoptables dans les pays occidentaux, et un déséquilibre entre les demandes en adoption et le nombre limité d’enfants adoptables, s’est traduit par le développement d’un marché parallèle illégal.

 

Le phénomène a démarré en Amérique latine et en Asie au début des années 70 et a pris une ampleur considérable depuis. De nouveaux marchés pour l’adoption illégale se sont ouverts au début des années 90, comme en Roumanie par exemple. Sur le continent africain, les trafics liés à l’adoption internationale sont relativement faibles.

 

Les rigueurs du droit et la diversité des règles tant morales, religieuses que juridiques rendent complexe le champ de l’adoption internationale, et sont autant de facteurs favorisant l’implantation du trafic dans certains pays d’origine. Le trafic en vue d’adoption internationale peut être organisé par les futurs parents adoptifs ou avec la participation d’une tierce personne. Dans le premier cas, l’illégalité de l’adoption internationale résulte d’une action des adoptants eux-mêmes: dans le second cas, des intermédiaires kidnappent des enfants et en font trafic, font pression sur les mères pour qu’elles abandonnent leur enfant, ou soudoient de hauts responsables.

 

Le trafic lié à l’adoption prend donc la forme d’actes légaux ou illégaux, attentatoires à la dignité de l’enfant. Le trafic «illégal» peut consister en l’«achat» d’enfants à leurs parents, en l’obtention du consentement des parents à l’adoption par la fraude, en exerçant de fortes pressions sur les mères célibataires, ou par l’enlèvement de bébés. Dans ce dernier cas, l’enlèvement se conjugue avec la falsification de l’état civil du nouveau né.

 

Dans certains cas, payer une somme d’argent peut s’avérer suffisant pour obtenir la proposition d’un enfant pour l’adoption internationale et pour clore la procédure en toute légalité. Plus l’enfant est jeune et en bonne santé plus le coût de la procédure est élevé. Ce type de trafic, qualifié de légal car il ne suppose pas l’accomplissement d’un acte frauduleux au sens de la loi, est néanmoins contraire à l’intérêt de l’enfant.

 

Source : Terre des hommes

14/08/2007

Guatemala: 46 enfants découverts dans un orphelinat clandestin


385352043e37178b15a6cf6a8a9fca10.jpgQuarante-six enfants destinés à une adoption illégale ont été découverts dans un orphelinat clandestin du Guatemala.
Le propriétaire de l'établissement vit aux Etats-Unis, selon une employée. Le plus jeune des 23 filles et 23 garçons n'a que trois jours. Le plus grand a deux ans.


Après l'irruption de la police dans l'orphelinat situé près de la ville coloniale touristique d'Antigua, les enfants sont restés dans l'établissement sous la tutelle du personnel, désormais surveillés par les forces de l'ordre. La justice guatémaltèque devra décider de leur placement.
L'orphelinat Casa Quivira appartient à un citoyen américain, Clifford Phillips, et à son épouse guatémaltèque, Sandra Lopez, une avocate.

L'épouse du propriétaire, avocate, a été arrêtée au cours de l'opération, ainsi qu'une autre avocate Vilma Zamora.

 

Les adoptions d'enfants par des étrangers, notamment des Américains, se multiplient au Guatemala. Le trafic qui s'est organisé autour de ce négoce échappe au contrôle de l'Etat, selon un enquêteur du parquet spécial pour les délits contre les mineurs.

 

Selon lui, il existe "une mafia" derrière les vols d'enfants destinés à l'adoption. Pour adopter un enfant guatémaltèque, il faut parfois verser jusqu'à 50 000 dollars.


Source : Le Matin 
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Et en Haïti, 47 enfants "libérés" d'un centre d'adoption

 

GENEVE (Reuters) - Quarante-sept enfants ont été rendus à leurs parents en Haïti après avoir passé pour certains deux ans dans des conditions inhumaines dans un centre d'adoption de Port-au-Prince, la capitale, a annoncé l'Organisation internationale des migrations (OIM).

 

Agés de deux à sept ans, ces enfants ont été "abandonnés" par leurs parents à qui l'on avait promis qu'ils seraient bien pris en charge et qu'on leur verserait une aide financière pour réaliser des projets professionnels et subvenir aux besoins de leurs autres enfants, a précisé l'OIM.

 

Les enfants ont séjourné dans cet établissement entre six mois et deux ans, théoriquement en attendant une adoption par des étrangers.

 

Beaucoup ont souffert de malnutrition, ce qui a entravé leur croissance, ainsi que de maladies de peau, a déclaré une porte-parole de l'OIM, Jemini Pandya.

 

Après avoir appris la manière dont les enfants étaient traités dans le centre et comprenant qu'ils avaient été dupés, les parents ont dénoncé son propriétaire et obtenu cette semaine une injonction de justice ordonnant leur "libération".

 

Une quarantaine d'enfants originaires d'une autre ville sont toujours dans le centre, les autorités n'ayant pas encore entamé de procédure pour qu'ils soient rendus à leurs familles, a déclaré la porte-parole.

 

L'extrême pauvreté des pouvoirs publics en Haïti ne leur permet pas d'enquêter sur tous les centres d'adoption internationale, a-t-elle précisé.

 

Source : Libération

06/02/2007

Enquête sur la disparition de nouveaux-nés aux fins d’adoption illégale : visite d’une parlementaire du Conseil de l'Europe en Moldova

medium_vermot-mangold.jpgRuth-Gaby Vermot-Mangold (Suisse, SOC), qui prépare actuellement un rapport pour l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur la disparition de nouveaux-nés aux fins d’adoption illégale, se rendra en Moldova du 4 au 6 février 2007.

 

Son objectif est d’enquêter sur des annonces qui seraient parues dans des journaux qui cibleraient des mères célibataires prêtes à vendre leur enfant aux fins d’adoption illégale et d’examiner de près un éventuel trafic illicite de bébés.

 

Intervenant la veille de son départ, Mme Vermot-Mangold a déclaré : « Je ne cherche pas à créer de scandale. Mon but est d’aider ce pays, et d’autres pays européens, à lutter contre le trafic d’enfants, s’il s’avère qu’une telle activité illégale a effectivement lieu ».

 

Son programme provisoire prévoit des réunions avec des ONG spécialisées dans l’adoption et la lutte contre la traite en Moldova ainsi qu’avec des représentants des pouvoirs publics et des députés en charge de ces questions. Elle devrait également visiter des services de maternité et un foyer pour enfants abandonnés.

 

En août 2005, Mme Vermot-Mangold s’est rendue à Kharkov en Ukraine où elle s’est également intéressée aux disparitions présumées de bébés quelques heures après leur naissance.

Son rapport définitif, qui réunira ses conclusions à l’issue de ces deux visites, voire d’autres, devrait être disponible vers la fin 2007.


Proposition de recommandation à l’origine du rapport


Mme Vermot-Mangold devrait donner une conférence de presse le mardi 6 février à 17 h 30 (lieu à confirmer).
Contact : Angus Macdonald, Unité de communication

 

Source : Conseil de l'Europe

 

25/01/2007

France. Trafic de bébés bulgares : procès de parents acheteurs et d'intermédiaires.

medium_proces-bebe-bulgares.4.jpgDepuis ce lundi 22.01.2007.
Une filière bulgare jugée par le tribunal correctionnel de Bobigny.
Ils vendaient des bébés à des couples stériles.

 
Ils ont tous entre trente et quarante ans. Ils sont 41 parents. Des parents en mal d'enfants qui doivent répondre, depuis ce lundi matin, devant le tribunal correctionnel de Bobigny, en région parisienne, de « provocation à l'abandon d'enfant » et de dissimulation de l'état civil des bébés.
  A leurs côtés, sur le banc des prévenus, onze intermédiaires - dont six font défaut et sont encore recherchés -, deux mères biologiques et deux proxénètes présumés. Tous - 56 au total - sont soupçonnés d'avoir pris part à un commerce de nouveaux-nés bulgares entre 2001 et 2005.
  Une affaire qui avait scandalisé la France et dont le jugement est attendu pour le 2 février 2007.
L'histoiore commence en Bulgarie. De jeunes tziganes enceintes sont récupérées par les intermédiaires du trafic qui s'organise en France. Elles sont le plus souvent seules, totalement désargentées. Moyennant 300 à 500 euros, les 11 intermédiaires leurs proposent d'accoucher en France et d'abandonner leur nourrisson. Arrivées dans l'Hexagone, les jeunes mères porteuses accouchent doit sous leur propre identité - le père acheteur entre alors en jeu et reconnaît le nouveau-né - soit sous le nom de la future mère acheteuse.

 
Contraintes à se prostituer

 
Les parents adoptifs, également tziganes, ne pouvaient avoir d'enfants de manière naturelle. Chaque couple a ainsi payé entre 5.000 et 7.500 euros pour obtenir le nourrisson. L'enquête, longue de 2 ans, a révélé  que la bande aurait vendu 22 enfants dans diverses régions françaises.
Les parents adoptifs risquent jusqu'à 3 ans de prison  et 45.000 euros d'amende, les intermédiaires, eux, encourent une peine de 10 ans pour traite d'être humains.

 
Autre prévention retenue contre ces intermédaires, celle de proxénétisme. Car, abusant au maximum des jeunes femmes désorientées sur le sol français, ils les ont souvent contraintes à se prostituer, faisant d'elles leurs esclaves. Souvent forcées par leur proxénète à vendre leurs enfants, ces jeunes femmes ne sont pas poursuivies par la justice. Appelées à venir témoigner, elles ont préféré décliner la proposition...
Seule l'une d'entre elles, Nikolova Hristova Guinka, 29 ans, a décidé de briser le silence. Forte de son expérience, elle éclairera le tribunal sur la façon dont les trafiquants organisaient leur triste business. C'est elle, déjà, qui avait décleché l'enquête en portant plainte en juillet 2004. Nikolova Guinka devra cependant aussi répondre d'un me,songe sur l'état civil de son enfant.

 
Particularité de l'affaire, après avoir été placés en famille d'acccueil au début de l'enquête, quasi tous les enfants ont depuis lors, été rendus à leurs parents adoptifs, après que ces derniers ont fait l'objet d'une enquête sociale.

Sources : Le Monde, Libération, Le Figaro, Le Soir


“La personne humaine ne peut faire l’objet d’un commerce”

Remarquable jugement prononcé, vendredi 2 février 2007, dans l’affaire du trafic des bébés bulgares, qui porte sur une vingtaine d’enfants vendus entre 2001 et 2005 à des parents de la communauté tsigane française. La présidente Catherine Feyler-Sapene a pris soin d’expliquer précisément la démarche suivie par le tribunal avant d’annoncer les peines retenues contre les 56 prévenus de ce dossier (lire , “Le bébé, il est sorti…c’est 6000 euros" )

Confrontés pour la première fois à ce délit de “traite d’être humain” institué par la loi du 18 mars 2003 devenue article 225-4 du code pénal,  les juges ne disposaient en la matière d’aucune jurisprudence. Il leur a fallu se plonger dans les débats et les textes préparatoires du projet de loi afin d’interpréter la volonté du législateur. Il est ainsi apparu au tribunal que, contrairement à ce qui avait été soutenu en défense, la question du consentement des mères bulgares qui avaient vendu leur enfant ne devait pas entrer en ligne de compte. “Ce qui est puni, c’est de faire de la personne humaine, l’objet d’un commerce, a indiqué la présidente. Le législateur est unanime sur le fait que le consentement est totalement indifférent”.

A l’égard des parents acheteurs, les juges ont voulu à la fois tenir compte du “désir d’enfant difficilement réalisable” par les voies légales de l’adoption pour des personnes majoritairement membres de la communauté des gens du voyage, mais aussi leur rappeler le principe de l’interdiction de tout commerce d’être humain en prononçant contre la plupart d’entre eux des peines “symboliques” de six mois avec sursis.

Mais le tribunal a tenu à établir des distinctions entre les multiples situations humaines qui lui étaient soumises. Il a ainsi condamné plus lourdement un couple, déjà parents de quatre filles, qui a acheté un garçon, ou une mère âgée qui avait fait acheter - et reconnaître civilement - par l’un de ses fils, un bébé qu’elle élève elle-même. Des enfants de confort personnel, en quelque sorte.

Chroniques Judiciaires de Pascale Robert-Diard. 02.02.2007


medium_StandartBulgarie.3.jpgTrafic de bébés en Bulgarie : une vieille histoire

 
L’affaire qui a éclaté en France en 2004 autour d’un trafic de bébés en provenance de Bulgarie met en lumière une vieille « tradition ». Des médecins revendaient déjà des bébés déjà à l’époque communiste, sous le règne du « père » Jivkov. Des bébés peuvent être déjà vendus 1000 euros avant leur naissance. Les trafiquants gagnent dix fois plus que les mères.

 
Le trafic des bébés bulgares fleurit chez nous et ailleurs dans le monde. Les prix, bien sûr, varient selon le pays de la famille adoptive. À Athènes, ils peuvent atteindre 10 000€ pour un nourrisson de sexe masculin et la moitié de ce prix pour un bébé de sexe féminin.

 
Selon des données informelles, en Crète, un bébé de sexe masculin peut coûter jusqu’à 15 000€. Pourtant, la mère ne reçoit que 1/10e du prix négocié. Le schéma des canaux internationaux est le même - la femme enceinte part pour l’étranger un mois avant l’accouchement pour éviter l’enregistrement du bébé à la frontière. Après son séjour à l’étranger elle retourne avec le ventre vide, sans enfant et plus riche de 1000€. Le contact avec les parents adoptifs, l’hospitalisation de la mère à et le voyage aller-retour est à la charge des trafiquants.

 
« Le trafic de bébés est pratiqué en Bulgarie depuis plusieurs années », dit catégoriquement Maria M., sage femme de Varna à la retraite. Cependant, dans le passé, les mères célibataires ne vendaient pas leurs enfants pour s’enrichir, mais pour éviter la honte pesant sur elles mêmes et sur leurs familles. Le plus souvent, c’étaient des étudiantes ou des lycéennes qui n’étaient pas mariées et préféraient que leur enfant ait une famille au lieu de grandir dans un orphelinat.

 
Déjà à l’époque communiste

 
« Tout se passait dans le stricte secret de la conspiration, parce que c’est illégal », explique la sage femme. Selon elle, les hôpitaux avaient des « fichiers » non officiels de parents qui voulaient adopter un enfant. Dans les documents de la future mère devait être inscrit le nom du père. La case vide signalait le besoin de contact entre les deux parties. Si les négociations aboutissaient, une grande partie de la somme allait pour le médecin et le reste du personnel initié au secret, l’autre partie était pour la mère. À la place du père, signait le père adoptif solvable qui devenait officiellement père du bébé. Après avoir reçu la somme préalablement négociée, la mère renonçait officiellement à son droit parental.

 
Selon Maria, il y a 20 ans, les sommes se situaient entre 200 et 300 leva, mais ces dernières années le prix d’un enfant en Bulgarie a atteint 3000 à 5000 leva (de 1500 à 2500€, NdT). Toutefois, le prix a toujours été estimé selon les moyens des parents candidats.

 
« Nous avons eu tout sorte de cas, des ingénieurs, des médecins, des professeurs, même de grands hommes du Parti », avoue la sage femme retraitée. Elle dit que ce type de secrets ne seront jamais dévoilés parce que tous les participants se rendent compte du danger de se trouver devant les tribunaux. La vérité pourrait infliger de graves traumatismes psychiques aux adoptés innocents. « Vu sur un plan purement humain ce serait très douloureux pour tous » dit la femme et ajoute qu’aujourd’hui les schémas sont les mêmes. Elle-même connaissait trois femmes qui avaient consenti à vendre leurs bébés et qui attendaient l’accouchement sous soins médicaux.

 
« Même si le trafic de bébés est illégal, il rapporte à tout le monde » explique Maria. « Si un enfant n’est pas voulu par sa propre mère, il est préférable pour lui de vivre avec d’autres gens qui s’occuperont de lui », insiste la sage femme. Elle n’approuve pas le comportement des mères qui servent d’incubateurs pour gagner de l’argent, mais elle est convaincue que la majorité d’entre elles le font poussées par la pauvreté. « Dans le même temps, des gens qui désirent élever un enfant et ont les moyens de lui assurer une vie merveilleuse, attendent pendent des années par la procédure officielle. Les trafiquants de bébés le savent et profitent du malheur des gens, mais au bout du compte, ils leur font du bien », assure-t-elle.
 
 
Source: Le Courrier des Balkans


Trafic d'enfants : Le trafic de bébés se développe en Europe.

 
Le phénomène, loin d'être nouveau, semble au contraire se répandre dans toute l'Europe. C'est du moins le constat de Ruth-Gaby Vermot-Mangold, rapporteuse de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Cette dernière enquête depuis plus d'un an sur les réseaux de trafiquants d'enfants. Des affaires similaires à celle jugée en France ont été mises au jour en Italie, au Portugal et en Grèce.

 
Devant l'urgence de la situation et le vide juridique qui entoure cette traite d'êtres humains, Madame Vermot-Mangold a soumis à l'Assemblée une recommandation  qui préconise l'ouverture d'une réflexion sur l'harmonisation des législations d'Europe sur l'adoption. 

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Disparition de nouveau-nés aux fins d'adoption illégale en Europe
 
Proposition de recommandation présentée par Mme Vermot-Mangold et plusieurs de ses collègues
 
La présente proposition n’a pas été examinée par l’Assemblée et n’engage que ses signataires
1. Le trafic des êtres humains ne cesse de se développer en Europe. Outre la traite des êtres humains et surtout de femmes et de mineurs déjà répandue en Europe de l'Est, un autre commerce se développe dans la région: le trafic des nouveau-nés.
 
2. Chaque jour, des nouveau-nés disparaissent dans des circonstances mystérieuses. A titre d'exemples connus, des bébés ont été enlevés à leur mère quelques heures après leur naissance, dans une clinique de Kharkov en Ukraine. Le personnel médical avait déclaré que les bébés étaient nés prématurés ou décédés à la suite de complications. Les parents n'ont jamais pu voir le corps du bébé.
 
3.  D'autres cas ont été également évoqués en Moldova. Des annonces dans les journaux ciblent les mères célibataires qui seraient prêtes à vendre leur enfant pour une somme de 3 000 euros. Là encore, les bébés sont les victimes d'un trafic et d'adoption internationale illégale.
 
4. Tenant compte de l'intérêt supérieur de l'enfant et de la diversité dans la législation sur l'adoption, notamment dans le domaine de l'adoption internationale et de la nécessité de l'harmonisation de la législation au niveau européen, l'Assemblée parlementaire propose que sa commission compétente poursuive son enquête sur les causes de la disparition des nouveau-nés et étudie les possibilités d'harmoniser la législation en matière d'adoption au niveau européen.
 
5.  L'Assemblée parlementaire souligne que cette problématique s'inscrit en droite ligne dans le plan d'action du 3e Sommet du Conseil de l'Europe et de son programme triennal "Une Europe pour et avec les enfants".   

 

medium_stop-trafics-enfants.jpgTrafics d'enfants et adoption internationale

 

 
Campagne de la Fondation Terre des Hommes | octobre 2001.

10/11/2006

Trafic d'enfants à adopter

Cinq Albanais ont été arrêtés jeudi à Ionnina, au nord-ouest de la Grèce, soupçonnés de participer à un réseau de trafic d'enfants, par des policiers grecs qui s'étaient fait passer pour un couple désireux d'adopter, pour 3000 Euros un enfant de 3 ans et demi enlevé en Albanie. L'enfant, épuisé, a dû être hospitalisé.

 

L'UNICEF estime que chaque année 3000 mineurs albanais sont victimes du trafic à destination de la Grèce et de l'Italie. La plupart sont contraints à la mendicité ou à la prostitution et certains sont destinés à l'adoption.  (AFP)

 

-  Grèce : le business de l’adoption d’enfants

En Grèce, beaucoup de parents ne parviennent pas à adopter d’enfants par les filières légales. Ils sont donc obligés de se tourner vers des réseaux clandestins, qui achètent des enfants ou ont recours à des prostituées, souvent bulgares : le « prix » d’un nourrisson varie de 10 000 à 20 000 euros.
Courriers des Balkans. Mars 2005.


- Trafics d'enfants : la réponse des citoyens et des Etats

- Prévention active contre les trafics d'enfants

- Cartes de crédit et pédocriminalités

- Les principales affaires de trafic d'enfants

 

10:05 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce, albanie | |  del.icio.us