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02/03/2010

Dans les coulisses de l'adoption internationale. Visite d'une "usine à bébés" au Vietnam

South China Morning Post, Hong Kong. Reportage.

 

Des couples viennent du monde entier à Lang Son, au Vietnam, pour adopter des nourrissons. Sans savoir qu'ils ont été vendus par leur mère pour une bouchée de pain.


Dans une cahute crasseuse jouxtant l'entrée d'un orphelinat, à l'extrême nord du Vietnam, la mère de Hoang pose un regard inquiet — elle semble écartelée entre instinct et résignation - sur son premier bébé, tandis qu'on le lui prend pour le remettre à une femme qui me le propose pour 10 000 dollars [7 000 euros]. "Regardez-le, c'est un si joli petit garçon", me lance Tang Thî Cai, négociante en enfants de son métier, alors que le nourrisson de 2 mois agite les jambes et cligne des yeux. "Si vous le voulez, dépêchez-vous. Nous avons déjà lancé les formalités pour le confier à l'orphelinat, il n'y a pas de temps à perdre." Sentant mon hésitation pendant qu'elle s'affaire dans la pièce insalubre, Mmc Cai poursuit sa ritournelle commerciale. "Si vous préférez une fille, dites-le-moi. Nous avons des femmes enceintes sur le point d'accoucher. Dès qu'une petite fille est disponible, nous pouvons vous téléphoner."


Dans les années 1990, le Vietnam est venu se ranger à la quatrième place mondiale en matière d'adoption internationale après la Chine, la Russie et la Corée du Sud. Au plus fort de la tendance, quelque 2 500 enfants étaient adoptés chaque année au Vietnam. Mais l'attrait de rétributions dépassant 10 000 dollars par enfant adopté dans un pays où le revenu annuel moyen ne dépasse guère un dixième de cette somme est à l'origine d'une myriade d'affaires de corruption. Celles-ci jettent le discrédit sur les programmes internationaux et sèment le doute sur des dizaines de milliers d'adoptions. En 2008, des enquêteurs américains ont découvert que de nombreux bébés prétendument abandonnés sur les marches d'hôpitaux et d'orphelinats avaient en réalité été vendus par leurs mères. Il est par ailleurs de notoriété publique que les autorités falsifient certains documents pour faciliter l'adoption de ces enfants par des couples étrangers. Les enquêteurs ont même mis le doigt sur plusieurs cas impliquant des familles qui n'avaient jamais eu l'intention de faire adopter leur enfant. Ils ont également recueilli les preuves de l'existence de "foyers de maternité" identiques à celui que dirige Mmc Cai, où les mères sont payées l'équivalent de onze mois de salaire par nourrisson remis.


Dans ce qui ressemble plus à une prison qu'à une maternité, quatre mères bercent leur bébé. Si je refuse l'offre de Mme Cai, l'enfant va être vendu à l'orphelinat de Lang Son, situé à dix kilomètres à peine de la frontière avec la Chine. Là, il sera proposé à prix d'or à des couples sans enfants venus des quatre coins du monde. Alors que les adoptants déboursent des milliers de dollars, les mères biologiques n'en reçoivent qu'une infime partie. Elles mènent à terme leur grossesse dans une misère sans nom, avant de passer quelques semaines pelotonnées avec leur bébé sur des lits en bois branlants, alignés bout à bout. Dans Une autre pièce, le plus souvent fermée à double tour, plusieurs femmes enceintes jusqu'au cou se reposent allongées sur des lits. Mme Cai leur offre le gîte et le couvert en échange de la promesse qu'elles lui remettront leur bébé afin qu'il soit adopté. "On ne peut pas les déranger parce qu'elles doivent se ménager", m'annonce MM Cai. Embarrassée le temps d'un instant par les conditions miserables dans lesquelles vivent ces mères et ces enfants, la maitresse des lieux plaisante : "Vous savez quoi ? Vous pouvez adopter Hoang gratuitement si vous achetés des ventilateurs et des climatiseurs pour ces chambres. Je voudrais tellement améliorer les conditions de vie des filles! Mais, comme vous le voyez, nous avons très peu d'argent." Plus tard, alors que les jeunes mères ne peuvent l'entendre, elle renoue avec son baratin de commerçante. "Si vous passez par une agence à Hanoi, cela vous coûtera 16 000 dollars pour adopter un enfant. Si vous passez directement par moi, vous ne paierez que 10 000 dollars pour ramener Hoang chez vous. Je peux vous mettre en conntact avec des personnes qui s'occuperont de toutes les formalités administratives."

Tel est la face du business des bébés vietnamiens que les adoptants étrangers ne voient pas - une ligne de production déprimante constituèe de jeune mères que la pauvreté, la honte et l'appât du gain incitent à abandonner leur bébé.

Jouant la rôle d'un père adoptif potentiel, je suis arrivé ici quatre jours après un groupe de six couples irlandais qui ont emprunté les canaux d'adoption officiels. Ils circulent dans un minibus climatisé, qui est passé sans s'arrêter devant la maison de Mme Cai, et sont allés chercher leurs bébés dans les locaux plus présentables de l'orphelinat. Chacun d'eux a déboursé approximativement 7 500 euros. Ce qu'ils ignorent, c'est que la vie de leurs bouts de chou a commencé non pas dans les villages des mères ou à l'orphelinat, mais dans le cloaque de l'usine à bébés, derrière la maison de Mme Cai. "Ces six bébés viennent tous d'ici. Si je n'étais pas là, il n'y aurait pas d'enfants à adopter", clame-t-elle. Cela fait dix ans que Mme Cai sert d'intermédiaire. Elle offre un refuge officieux aux femmes qui portent un enfant non désiré et vivent dans la province montagneuse et reculée de Lang Son, une région pauvre qui vit essentiellement de la contrebande avec le sud de la Chine. Nombre de femmes qui se rendent chez Mme Cai sont issues de familles paysannes dont les revenus ne dépassent guère 1 dollar par jour. Affable et maternelle, l'intermédiaire les accompagne au fil de leur grossesse, les emmène accoucher à l'hôpital public de Lang Son et leur offre un gîte miteux, le temps de faire les examens médicaux obligatoires et d'entamer les formalités administratives complexes qui précèdent l'adoption. Une fois l'enfant adopté, la mère retourne vivre dans son village - sans aucun suivi médical postnatal.


Au début de l'automne 2009, six fonctionnaires d'une autre province située au sud de Hanoi ont été condamnés à des peines de prison comprises entre quinze et dix-huit mois pour avoir falsifié des documents en échange d'argent. Alors officiellement abandonnés, plusieurs centaines de bébés devenaient disponibles pour une adoption à l'étranger, avec de coquettes sommes à la clé. Publié en 2008, un rapport de l'ambassade des Etats-Unis dénonçant la corruption massive dans les procédures d'adoption a déclenché ces arrestations. Ce document a même poussé les Etats-Unis à suspendre les adoptions et contribué à ce que l'Irlande mette un terme, en mai, à l'accord autorisant ses ressortissants sans enfant à en adopter un au Vietnam. Cela étant, d'autres pays ne leur ont pas emboîté le pas, et, ces dernières années, des centaines de bébés ont quitté les orphelinats vietnamiens pour rejoindre un foyer en Italie, au Canada, en France, en Belgique et au Danemark.


Les six couples irlandais, dont les demandes avaient été approuvées avant la date butoir du 1er mai 2009, ont été escortés par l'agence d'adoption et les responsables de l'orphelinat tout au long de leur voyage jusqu'à Lang Son. Selon une administratrice de l'orphelinat, celui-ci compte 95 enfants, dont 20 à 25 âgés de moins de 1 an. Tous attendent un nouveau foyer - le pourcentage d'enfants en bas âge est étonnamment élevé pour un orphelinat standard. "La situation est très sensible en ce moment, et nous ne pouvons laisser entrer personne sans autorisation spéciale", m'informe-t-elle. A l'extérieur, dans la rue, la propriétaire d'un café est plus encline à commenter les activités de l'institution. "C'est un défilé ininterrompu d'étrangers. Des groupes arrivent en minibus et repartent avec des bébés, ils vont et viennent sans cesse, confie-t-elle. Tout comme pour les touristes, il en arrive plus ou moins en fonction des saisons. Pendant la haute saison, à partir de novembre, un bus se présente tous les huit ou quinze jours. En été, lorsque le climat est très chaud et humide, il en arrive peut-être une fois par mois. Ils viennent de tout un tas de pays." Indiquant du doigt la maison de Mme Cai, la femme poursuit : "Les filles enceintes vont chez elle. Elle s'en occupe et remet les bébés à l'orphelinat en échange d'argent. Presque tous les enfants de l'orphelinat sont passés par elle."

Très simple, la maisonnette à un étage ne trahit rien des activités qui s'y déroulent. Lorsque Mme Caï m'invite â prendre le thé dans le salon, à l'avant de la maison, seuls son mari et sa petite-fille sont visibles. Mais, quand je l'interroge sur la possibilité d'adopter un enfant directement auprès d'elle, elle me guide à travers deux portes latérales jusqu'à une cour fermée, bétonnée, à l'arrière de l'habitation. C'est là que sont hébergés les femmes enceintes, les mères et les nouveau-nés, dans des pièces exiguës à l'atmosphère suffocante. Les pensionnaires se partagent une cuisine installée sous un toit de tôle et des toilettes à ciel ouvert répugnantes. Hoang est un exemple typique des nourrissons qui vivent ici, m'explique Mme Cai, après m'avoir proposé de l'acheter. Sa mère, qui a 25 ans, vit dans un village perché dans les montagnes. Lorsqu'elle était encore une jeune adolescente, sa famille l'a mariée — cette pratique reste commune dans le nord rural du Vietnam. Et, pendant des années, elle n'a pas pu avoir d'enfant. "Plus tard, lorsqu'elle est tombée enceinte, elle était déjà séparée de son mari, qui avait pris une concubine, raconte Mme Cai. Elle ne voulait pas élever l'enfant toute seule, alors elle est venue me voir pour faire adopter son bébé. Je ne fais pas de publicité, mais je suis connue et toutes les personnes dans cette situation savent ou me trouver." Une des femmes qui partagent la pièce miteuse où vivent Hoang et sa mère a 28 ans. Elle a accouché de jumeaux voilà deux mois. "Elle a déjà deux enfants et, si elle garde ces deux garçons, elle sera pénalisée par la politique vietnamienne de limitation des naissances à deux enfants, m'informe Mme Cai. Elle est venue ici pour que ses fils puissent mener une nouvelle vie dans une autre famille." L'intermédiaire insiste : elle ne reçoit qu' "une petite somme" de l'orphelinat en échange de son approvisionnement en nourrissons. L'argent qu'elle remet aux mères qui abandonnent leur bébé est suffisant, dit-elle, pour couvrir le coût du voyage de retour et constituer "une petite compensation" pour la perte de leur enfant.
"J'aimerais pouvoir faire davantage pour elles", soupire Mme Cai.

 

224 euros
pour la mère en échange
de son enfant

 

Ses activités sont étonnamment similaires à celles de nombreuses organisations illicites d'autres provinces dénoncées dans le rapport de 2008 de l'ambassade des Etats-Unis. Selon ce document, les structures incriminées "nourrissent et logent gratuitement les femmes enceintes en échange de leur engagement à abandonner leur enfant à la naissance". Le rapport poursuit : "Aucune de ces structures ne fait ouvertement de publicité pour ses services. Les femmes apprennent leur existence exclusivement par le bouche-à-oreille. Comme ces structures sont ouvertes et que les femmes sont libres d'y entrer et d'en sortir, elles contractent une dette pour chaque nuit  qu 'elles y passent, et, si elles ne renoncent pas à leur enfant, elles devront s'acquitter de cette dette." Toujours selon le rapport, les mères "vivent souvent dans la misère" et, à leur départ, elles reçoivent "jusqu'à 6 millions de dongs [224 euros] en échange de leur enfant". Qui plus est, "si la source de financement de ces structures n'est pas claire, elles semblent entretenir des liens étroits avec les orphelinats voisins".

 

A quelques heures de route de Lang Son, à Hanoi, les couples irlandais goûtent à leur toute nouvelle vie de famille. La réglementation oblige les parents et leur bébé à séjourner une quinzaine de jours dans la capitale vietnamienne en attendant l'obtention de passeports et de visas de sortie. Nul doute que ces enfants auront de bien meilleures conditions de vie et plus de chances de s'épanouir en Irlande qu'au Vietnam. Néanmoins, ce qui se passe à Lang Son soulève de graves interrogations sur les processus d'adoption, sur les personnes qui en profitent et sur la motivation de certaines mères. Pour l'instant, à l'heure des toutes premières joies de la parenté, alors qu'en Irlande des chambres préparées avec amour attendent le nouveau membre de la famille, ces couples ont peut-être l'impression de posséder les réponses à l'ensemble des questions qu'ils se posent à propos de ces adoptions. Mais, lorsque leurs bébés grandiront, lorsqu'ils seront devenus des adolescents curieux et conscients d'eux-mêmes, il se peut qu'ils posent alors à leurs parents des questions auxquelles il sera très difficile de répondre.

 

Simon Parry

Courrier International n°1008 du 25 février au 3 mars 2010.

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A l'exception de l'Irlande,
 quelle est l'attitude des autres pays européens ?
Les Trois Singes.jpg

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- Des enfants de tribu des collines du Vietnam "volés" pour l'adoption
[Via Voices for Vietnam Adoption Integrity] Vietnam's hill tribe children "stolen" for adoption (Feature) Hanoi - High among the jagged [...] They should be with their families here in Vietnam, not thousands of miles away [...]
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- Irlande. Suspension de l'adoption internationale avec le Vietnam.
les négociations sur un nouvel accord bilatéral sur l'adoption internationale avec la République socialiste du Vietnam. Cela aura pour effet de suspendre l'adoption internationale du Vietnam, jusqu'à ce que l'approbation du projet de loi [...]
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- Vietnam. Rapport d'évaluation du SSI sur l'adoption internationale et domestique.
2009-12-12 07:39:00 Adoption from Viet Nam. [...] adoptions (ICA) from Viet Nam are [...] ICA: Intercountry adoption THC-93: The Hague Convention of 29 May 1993 on Protection of Children and Co-operation in Respect of Intercountry Adoption [...]
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- Bébés vietnamiens volés, vendus pour l'adoption...
Ce qui suit est une traduction non officielle de l'article intitulé "Stolen Vietnamese babies sold for adoption in west: report" , paru dans Theage.com. [...] Sur le même sujet -> Adoptie Vietnam niet in orde Hanoi, 25 april.
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25/02/2010

Le Népal épinglé sur l'adoption internationale

le-nepal-epingle-sur-ladoption.jpg
Des diplomates de quatorze pays ont demandé dans un communiqué publié mercredi par l'ambassade américaine que le Népal renforce les contrôles sur l'adoption internationale, après la découverte d'un dossier lancé sans l'autorisation des parents biologiques.

 

Dans leur communiqué commun, les diplomates pressent le gouvernement d'«agir promptement» pour mettre en place les garanties contenues dans la convention de la Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale.

 

Cela comprend «la mise en place de mesures visant à assurer l'authenticité et l'exactitude des documents, la promotion de la préservation de la famille et, le plus important, la garantie du bien-être des enfants», ont-ils poursuivi.

 

Cette mise en garde survient après la découverte par un couple américain essayant d'adopter une petite fille népalaise que ses parents biologiques étaient non seulement en vie mais qu'ils la recherchaient activement.

 

Les autorités n'auraient appris l'existence des parents que lors de leur irruption au ministère des Femmes et des Enfants pour demander de l'aide.

 

Le Népal a introduit une nouvelle législation en 2008 pour tenter d'empêcher de tels abus. Les procédures d'adoptions internationales ont repris en 2009 avec le nouveau cadre législatif en vigueur.

 

Mais selon des associations, de larges abus sont toujours en cours.

 

Ce mois-ci, un groupe d'experts de la Haye a appelé à la suspension de l'adoption internationale au Népal après avoir découvert au cours d'investigations que des documents étaient régulièrement falsifiés et que l'intérêt de l'enfant n'était souvent jamais considéré.

 

Source: Cyberpresse.ca

 


- Diplomats in Nepal urged the government to tighten controls on international adoptions after the parents of a child put up for adoption said they had not given their permission.
In a statement issued by the US embassy, diplomats from 14 countries urged the government "to act swiftly" to implement safeguards contained in a 1993 Hague convention on international adoption.
These include "implementing measures aimed at ensuring authenticity and accuracy of documents, promoting family preservation and, most importantly, safeguarding children?s well-being," they said.
Bangkok Post. 24 février 2010.

 

- Le Népal "devrait suspendre" les adoptions.
Les adoptions du Népal devraient être suspendues, recommande un organisme international qui régit les adoptions entre les pays.
Fabriquée en Corée.

 

- Népal. Etude sur les adoptions internationales.
Non pas le profit mais les droits de l'enfant doivent guider les adoptions au Népal. [...] L'étude "Adopting the rights of the child: a study on intercountry adoption and its influence on child protection in Nepal" (60 pages) [...]
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- Trafic d'enfants au Népal.
Selon Madhav Pradhan, "la majorité des adoptions internationales au Népal sont irrégulières". [...] peuvent kidnapper 103 gosses sans risquer grand-chose." - NÉPAL: Inquiétude grandissante face aux adoptions illégales.
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10:37 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : népal, adoption internationale | |  del.icio.us

24/02/2010

Des enfants de tribu des collines du Vietnam "volés" pour l'adoption

[Via Voices for Vietnam Adoption Integrity]

 

Vietnam's hill tribe children "stolen" for adoption (Feature)

 

 

Hanoi - High among the jagged limestone peaks that mark Vietnam's border with Laos, Cao Thi Thu squats on the stone floor of her family's hut and pleads, 'Please help bring my daughters home.'

 

It is more than three years since officials came to Thu's village and offered her the chance to send her daughters - Cao Thi Lan, 3, and Cao Thi Luong, 8 - to be educated in the provincial capital. Instead, they were sold for adoption overseas.

 

Clutching the only photographs she has of the girls - shots ironically taken at the children's home to send out to prospective adoptive parents abroad - the pain of separation from her daughters is as sharp today as it was on the day she last saw them.

 

'I am sad and I am very worried,' the 35-year-old said. 'I don't even know which country they are in. I don't know if they are together or apart. They should be with their families

 

here in Vietnam, not thousands of miles away with strangers.'

Lan and Luong were among 13 children taken away from Vietnam's smallest and least developed ethnic minority - the Ruc hill tribe - and then given to adoptive parents in Italy and the US months later in return for fees of around 10,000 US dollars per child.

 

A police investigation has been launched into complaints from the parents that their children were adopted without their permission but villagers fear it will be a whitewash and want foreign governments to intervene. Those pleas to diplomats have so far fallen on deaf ears.

 

It was in September 2006 when officials from Quang Bing province's capital Dong Hoi visited the tiny hill tribe, which numbers only 500 people.

 

They picked out 13 children aged 2 to 9 and offered to house and feed them at a children's social welfare centre in Dong Hoi and return them when their education and vocational training was complete, the families say they were told.

 

The parents - all poor farmers and most illiterate - agreed and were driven to Dong Hoi with their children where they signed consent forms placing them into the care of the local authority.

 

Four months later, in the Lunar New Year holiday in 2007, Thu went to visit her daughters. 'They looked well but they missed me very much. They said 'Mummy, please take us home',' she recalled.

 

'I couldn't bear to see them so sad so I decided to take them home. I took them by the hands and led them out of the children's home towards the bus stop - but the security guards stopped me and told me I couldn't take them away.

 

'The officials at the children's home said I had signed papers and had to leave them in their care. I was crying and very upset but I believed them and I went home alone.'

 

A year later - shortly before the 2008 Lunar New Year holiday - Thu travelled to Dong Hoi to visit her daughters again. When she arrived, she was told both girls had been adopted overseas.

 

'Those men lied to me,' said Thu, who has three other children. 'They said the children would return to the village when they finished school. But they sold them as if they were livestock.'

 

News of the children's fate spread quickly around the Ruc community villages as other parents discovered that their sons and daughters too had been sent overseas for adoption. Some were even handed photographs of their children with their new adoptive parents.

 

In the provincial capital Dong Hai, Le Thi Thu Ha, director of the children's home where the 13 children were taken, confirmed a police investigation had been launched into the circumstances in which the Ruc children were adopted overseas.

 

Ha - who recently replaced former director Nguyen Tien Ngu who handled the adoptions - insisted, 'All of the legal documents (for the adoptions) were in order. It was approved by the provincial ministry of justice and the provincial social welfare centre and it was done with the consent of the Ruc parents.

 

'The local police force started investigating the case a few months ago when the parents persisted with their complaints. We expect the investigation to be complete and the results announced in the first quarter of 2010.'

 

By the time the investigation is complete, the children will have been apart from their parents for more than four years. Despite appeals made to them nearly two years ago, neither the US nor the Italian embassies have taken up the parents' cause.

 

Anthropologist Peter Bille Larsen, who worked in the border area, alerted the embassies in early 2008 and is baffled by the inaction. He argues the children should be sent home however long it takes.

 

'I would want to see my children again even if they had been sent to the other end of the world,' he said, dismissing the idea that the youngsters were better off in relatively wealthy western families.

 

Asked why diplomats in Hanoi had apparently done nothing to help the families, Italy's charge d'affaires in Hanoi Cesare Bieller said that his embassy had no powers of investigation.

 

However, Bieller added, 'We acknowledge the importance of the task you are undertaking and we hope that your story will be received with the importance that it deserves.'

 

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12/02/2010

Ces enfants qui deviennent des marchandises.

Le récent scandale entourant des cas d'adoption illégaux rappelle que, face à la misère, de nombreux parents sont prêts à abandonner leur progéniture pour lui assurer un avenir décent.

Haiti Adoption Self Service.jpg





Le mot d’ordre des Haïtiens est de survivre. La très grande majorité des habitants, aux corps et aux esprits taraudés par la misère, ne lèvent les yeux vers le ciel que pour implorer la miséricorde divine ou interpréter les mouvements des nuages en vue d’anticiper les pluies jamais bienvenues en ville. D’autant plus depuis le séisme qui a mis tout le monde ou presque dans la rue. Cette extrême misère a transformé les enfants haïtiens en marchandises.


Actuellement, tout se vend ou mérite pourboire : un sourire pour une photo auprès d’une montagne de détritus, la confession et la visite de votre propre inénarrable misère, une information sur la dernière rue à contourner pour trouver tel immeuble important effondré ou tel bureau public encore fonctionnel. Mais le plus rentable est un enfant à donner en adoption, un enfant à confier à un bienfaiteur fortuné. Pour les plus pauvres, qu’un enfant ait 2 mois ou 14 ans, c’est du pareil au même. C’est, pour beaucoup, une charge impossible à supporter. Mais c’est aussi, depuis le séisme, une opportunité financière, de l’argent frais à portée de main. A combien se monnaient les enfants ? Cinq cents, 1 000 dollars américains ! Une fortune, ici. Largement suffisante pour monter un commerce, rêver de richesse, alors qu’en réalité on (re)perdra tout après deux mois. Dans l’esprit des mères, c’est aussi donner une chance à leur enfant – une chance d’éducation, une chance de trouver un boulot digne, une chance de richesse. Pour soi-même et son homme, c’est l’espoir d’un pécule mensuel, d’un visa pour une aventure nord–américaine ou européenne, considérée comme le boulevard du bien-être et du bonheur. C’est dans ce contexte qu’il faut situer ce scandale des enfants “kidnappés” par des Américains.


La bonne société haïtienne peut bien s’émouvoir et s’indigner, la communauté internationale ne fait que s’appuyer sur la corruption qui règne dans le pays, sa vénalité, son amoralité – en vérité, son désespoir. Aucune de ces mères domiciliées à Calebasse, à environ 20 kilomètres à l’est de Port-au-Prince, et qui ont vendu leurs enfants, n’a pipé mot après l’arrestation des trente-trois missionnaires américains acheteurs d’enfants. Chesnel Régilus a vendu ses enfants. Il a 50 ans environ et est père de quatre jeunes infortunés. Pour justifier son acte, il évoque avec calme le délabrement du pays, la maladie des petits qu’il doit faire soigner en République dominicaine voisine. Et sa confiance dans le pasteur Jean Saint Vil, qui a établi le contact avec les missionnaires inculpés. “Assurer l’avenir des enfants est la seule chose qui compte”, a affirmé un autre jeune père. Pour les Haïtiens très pauvres, l’étranger blanc est devenu synonyme de richesse et de puissance, voire d’altruisme. L’étranger, en Haïti, symbolise la main tendue que l’Haïtien refuse à son frère. Alors, comment mettre en doute la légitimité de ces actes ? De quels papiers parle-t-on ? De quels principes ? De quel instinct maternel, chez ces femmes qui ne peuvent nourrir leurs propres enfants ?


La police haïtienne qui a intercepté les missionnaires américains acheteurs d’enfants a démontré que l’Etat haïtien existe encore. Après les critiques acides qui ont porté sur la mauvaise gestion gouvernementale du désastre, c’est une bonne nouvelle. La justice les condamnera ou les blanchira, mais il est certain que d’autres viendront à leur suite pour profiter du désastre. Patrice Dumont Le Matin (extraits), Port-au-Prince.

Courrier International | 11.02.2010 | Patrice Dumont.




- Pourquoi l'adoption des enfants haïtiens est une très mauvaise idée, pour eux et pour nous.
L'article original "Chin: Why adopting Haitian children is a terrible idea - for them and us." a été traduit en français par Kim Myung-Sook et publié sur Fabriquée en Corée.
Elizabeth Chin est professeure d'anthropologie au Occidental College, à Los Angeles. Elle a mené des travaux sur le terrain à Haïti depuis 1993.

 

- Haïti: quand l'adoption internationale rime avec business.
Haïti est un des principaux « fournisseurs » d’enfants adoptables. Une filière quasi commerciale s’y est installée, basée sur la loi du marché plus que sur une logique d’aide à l’enfance. Beaucoup d’enfants adoptés ont encore leurs parents…
Le Matin Haïti | 15 octobre 2009.

 

09/02/2010

Les Evangélistes et l'Adoption internationale. Une lecture obligée.

The Daily Beast.jpgThe Evangelical Adoption Campaign.
By Kathryn Joyce.


Bill Clinton, who is helping relief efforts in earthquake-torn Haiti, has stepped in to the U.S. missionaries' adoption mêlée. His diplomatic efforts may free all but one of the 10 jailed missionaries. The group's leader, Laura Silsby, will likely still be held. During a visit Friday, Clinton said he believed the Haitian government would likely want to find a way "to defuse the crisis."

As Clinton works to spring the U.S. missionaries charged with kidnapping, the case highlights a new evangelical strategy: Adopt Third World babies and convert them.

 

For the past week, the news from Haiti has been dominated by the story of 10 American evangelicals from Idaho who were caught at the border of the Dominican Republic attempting to take 33 Haitian children, many with living parents, out of the country without documentation. The Americans, missionaries with the recently created New Life Children’s Refuge, were arrested and charged with kidnapping and criminal conspiracy—a reprieve from the child trafficking charges they may have faced.

 

American evangelical churches are embracing a new orphan theology that urges Christians to see adoption and “orphan-care” as an integral part of their faith.

 

The details that emerged about the group’s plans and leader, Laura Silsby, were unsavory. Although Silsby, the legally embattled CEO of a personal shopping business, claimed that the group never intended to put the children up for adoption, an itinerary for New Life’s mission, published by an affiliated Southern Baptist church, bluntly described a plan to “gather 100 orphans from the streets and collapsed orphanages” onto a bus, then take them to a hotel in the Dominican Republic. There, New Life hoped to build permanent orphanage facilities, including a beachfront restaurant and “seaside villas” for prospective adoptive parents—amenities that underscore their understanding of local adoption residency requirements, even as they claimed ignorance of Haitian law. Additional planning and fundraising documents described the group’s goal to “equip each child” with the opportunity “for adoption into a loving Christian family,” and help them “find new life in Christ.”

 

After the arrests, Silsby and supporters explained that they’d been called by God to help orphans in Haiti, that they were “acting not only in faith but God’s faith.”

 

The news of an adoption organization driven by missionary zeal surprised many, but it shouldn’t. Although New Life’s illegal actions have been condemned by other religious adoption agencies, their sense of calling fits into a growing movement of American evangelical churches embracing a new orphan theology that urges Christians to see adoption and “orphan-care” as an integral part of their faith—and a means of spreading the gospel.

 

This January, Christianity Today declared adoption the next culture war issue, and a major theological development of 2009. Indeed, 2009 was filled with news of adoption, as Russell Moore, dean of the theological school at the Southern Baptist Theological Seminary, released his book Adopted for Life: The Priority of Adoption for Christian Families and Churches, exhorting Christians to “be at the forefront of the adoption of orphans close to home and around the world.”

 

Moore’s message came with both political and theological justifications, both positioning adoption as part of a holistic “pro-life” stance and, in a stunning admission, as a means for Christians to fulfill the Great Commission: evangelizing and making converts of the nations. In fact, adoption has become such a critical, though under-recognized, part of the evangelical agenda that in 2008, The Wall Street Journal’s “Taste” section advised Senator John McCain to highlight his adopted daughter—once the target of an ugly smear campaign—as a means of shoring up his lukewarm evangelical appeal.

 

This June, Moore helped pass a Southern Baptist Convention resolution calling upon all 16 million members of the denomination to prayerfully consider whether or not God was calling them to adopt. With both domestic and international adoption described as almost “contagious” in evangelical churches, with even small congregations boasting dozens of adopted children, it’s evident that more Christians are feeling that “call”—whether from God, or from leaders like Moore.

 

This November, hundreds of churches participated in “Orphan Sunday,” a nationwide adoption event where churches focused their sermons on promoting adoption as a Christian duty. And in 2007, Focus on the Family estimates it reached 19 million people through its “Cry of the Orphan” campaign. A number of upcoming conferences will further the message, including the Christian Alliance for Orphans Summit this April, which will now focus on Haiti, promoting adoption as a “long-term response” to the crisis and the best way that “ordinary people can make a lasting difference for orphans.”

 

In the wake of the New Life fiasco, Russell Moore worried the news would “give a black eye to the orphan-care movement,” as anti-abortion vigilantes had to the pro-life movement—a lawless take on a shared agenda. But there are larger problems with the call for American Christians to adopt en masse. Among them are the widely misunderstood definitions of orphans, which lead to ever-ballooning estimates of children in need of adoption. Another is the strong taint of colonialism in casting American adopters as saviors and focusing on adoption as a solution for impoverished communities. In some countries in recent years, including Liberia and Ethiopia, religious adoption organizations have been singled out for censure by national authorities, accused of using church ties to legitimize unethical practices.

 

To be sure, many Christians and non-Christians involved in adoption keep these considerations in mind, and while the activist group Christian Defense Coalition is campaigning for the release of New Life missionaries, many other Christian groups have distanced themselves from a plan some denounced as “child trafficking.” But the wholesale call for Christians to adopt as a solution for poverty and disaster—often at a cost of up to $30,000 per child—and particularly for purposes of proselytization, seems destined to lead to more people jumping headlong into a perceived “calling” to care for orphans without understanding the complex ethics that surround all adoptions.


Kathryn Joyce is the author of Quiverfull: Inside the Christian Patriarchy Movement (Beacon, 2009).

 

Source: The Daily Beast | 6.02.2010.

 

- Americans Held in Haiti Are Divided Over Leader
Divisions emerged within the group of 10 Americans jailed in Haiti on child abduction charges, with eight of them signing a note over the weekend saying that they had been misled by Laura Silsby, the leader of the group.
“Laura wants to control,” said the scribbled note handed to a producer for NBC News. “We believe lying. We’re afraid.”
The New York Times | 7 février 2010.

 

- Missionnaires ou menteurs?
Articles traduits en français par Kim Myung-Sook et publié sur Fabriquée en Corée.

 

- Et pendant ce temps-là sur blogdei.com & voxdei.org

Sachant qu’un enfant de Dieu ne peut mentir et considérant que le verdict de leur procès n’a pas été rendu, même si les médias et l’opinion publique manipulée les ont déjà condamnés, faisons grâce et croyons ou du moins écoutons le point de vue de nos frères et soeurs, et le récit de ce qui s’est passé selon eux. C’est la moindre des choses: pourtant les médias anti-chrétiens ne l’ont même pas fait !  
Lire la suite.

 

- Haïti, de l'adoption au trafic
Dix jours après le séisme qui a dévasté Haïti, une employée de l'Unicef rendait visite à des collègues évacués de Port-au-Prince à l'hôtel Santo Domingo, sur le front de mer de la capitale dominicaine. Un groupe de plusieurs dizaines de jeunes enfants haïtiens, accompagnés de quelques étrangers, attire son attention. Interrogé, un des responsables du groupe réplique que ces enfants ont été adoptés de manière légale et qu'ils partent vers l'Allemagne.
La fonctionnaire de l'Unicef demande en vain à voir les documents des enfants, et alerte le Conseil national pour l'enfance et l'adolescence (Conani), l'instance dominicaine chargée de la protection des mineurs. Une discussion tendue s'engage, qui monte d'un cran avec l'arrivée de l'ambassadeur d'Allemagne à Saint-Domingue, Christian Germann.
Péremptoire, il affirme avoir les autorisations nécessaires au départ du groupe d'enfants, tant des autorités haïtiennes que dominicaines. Il exige, et obtient, que le groupe de 63 enfants, âgés de moins de 5 ans, s'envole le soir même vers Francfort. Ce départ houleux s'est produit après la directive du premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, en date du 20 janvier, exigeant sa signature pour toute adoption d'enfant. Aucun de ceux partis vers l'Allemagne n'a obtenu cette autorisation signée par le premier ministre.
La suite sur LE MONDE | 10.02.2010

 

31/01/2010

Adoptions privées et illégales d'enfants - Dix Américains arrêtés en Haïti

33 enfants haitiens.jpgLa police haïtienne a arrêté dix Américains en train d'évacuer du pays 33 enfants dans le cadre d'un programme d'adoption illicite. Cet incident ravive la hantise des autorités haïtiennes qui craignent que des malfaiteurs ne profitent du chaos consécutif au séisme pour se livrer au trafic d’enfants.

 

Dix Américains, cinq hommes et cinq femmes, ont été arrêtés vendredi par un commissaire de police haïtien, alors qu'ils allaient traverser la frontière dominicaine. Avec eux, 31 enfants âgés de 2 mois à 12 ans qu’ils sont soupçonnés d’avoir “volé”, pour les proposer illégalement à l’adoption.

 

Les Américains arrêtés ont été présentés comme faisant partie d'une organisation caritative baptisée “Le Refuge pour une nouvelle vie des enfants”, basée dans l'Etat de l'Idaho. Deux pasteurs, l'un en Haïti, l'autre à Atlanta, aux Etats-Unis, pourraient également être impliqués dans cette affaire.

 

“Ils ont perdu leurs maisons, leurs familles et ils ont si profondément besoin de l'amour de Dieu et de sa compassion”, assure Laura Silsby, présentée comme la responsable du groupe d’Américains, sur ces images d’AP.


Les suspects ont été interpellés à Malpasse, principal poste-frontière entre Haïti et la République dominicaine, à la suite d'une fouille routinière de leur véhicule.

"C'est totalement illégal", a déclaré Yves Cristalin, ministre haïtien des Affaires sociales. "Aucun enfant ne peut quitter Haïti sans l'autorisation adéquate et ces gens-là n'avaient aucune autorisation".

 

Le Monde | Le Temps | 31 janvier 2010.

 


- Americans arrested taking children out of Haiti


PORT-AU-PRINCE (Reuters) – Haitian police have arrested 10 U.S. citizens caught trying to take 33 children out of the earthquake-stricken country in a suspected illicit adoption scheme, authorities said on Saturday.

The five men and five women were in custody in the capital, Port-au-Prince after their arrests on Friday night. There are fears that traffickers could try to exploit the chaos and turmoil following Haiti's January 12 earthquake quake to engage in illegal adoptions.

One of the suspects, who says she is leader of an Idaho-based charity called New Life Children's Refuge, denied they had done anything wrong.

The suspects were detained at Malpasse, Haiti's main border crossing with the Dominican Republic, after Haitian police conducted a routine search of their vehicle.

Authorities said the Americans had no documents to prove they had cleared the adoption of the 33 children -- aged 2 months to 12 years -- through any embassy and no papers showing they were made orphans by the quake in the impoverished Caribbean country.

"This is totally illegal," said Yves Cristalin, Haiti's social affairs minister. "No children can leave Haiti without proper authorization and these people did not have that authorization."

U.S. authorities could not be reached for immediate comment on the arrests.

But Laura Sillsby from the Idaho group told Reuters from a jail cell at Haiti's Judicial Police headquarters, "We had permission from the Dominican Republic government to bring the children to an orphanage that we have there."

"We have a Baptist minister here (in Port-au-Prince) whose orphanage totally collapsed and he asked us to take the children to the orphanage in the Dominican Republic," Sillsby added.

"I was going to come back here to do the paperwork," Sillsby said. "They accuse us of children trafficking. This is something I would never do. We were not trying to do something wrong."

In addition to outright trafficking in children, authorities have voiced fears since the quake that legitimate aid groups may have flown earthquake orphans out of the country for adoption before efforts to find their parents had been exhausted.

As a result, the Haitian government halted many types of adoptions earlier this month.

There are no reliable estimates of the number of parentless and lost children at risk in Haiti's quake-shattered capital.

Pound Pup Legacy |  30 janvier 2010

 

- Vol présumé d’enfants haïtiens par des missionnaires américains : Arche de Zoé bis ?
...
La charité paternaliste, les "je te sauve car je sais ce qui est mieux pour toi", ont semble-t-il, encore de beaux jours devant eux.
Et si, comme nous le répétons souvent à Culturefemme, toutes ces bonnes âmes si soucieuses du sort des enfants des pays pauvres, se contentaient de faire pression sur leurs dirigeants afin que les rapports Nord-Sud soient moins inégalitaires ? Mieux, et si au fond, ces bonnes âmes si promptes à jouer avec les lois au motif de sauver les pauvres enfants du Sud, gardaient leur générosité pour eux car, au vu du résultat qu’elle produit, ça craint !
Culturefemme.com | 5.02.2010.

 

- Interview de Marlène Hofstetter, responsable du secteur adoption à Terre des hommes

Comment expliquez-vous ces enlèvements?
Ces institutions religieuses américaines profitent de la situation. Elles ramassent les gamins dans la rue et se dirigent ensuite à l'aéroport en disant qu'ils ont besoin d'être évacués. L'aéroport étant contrôlé par les Américains, les enfants passent sans problème. Une fois aux Etats-Unis, ils n'ont même pas de famille d'accueil.

Cela veut dire que l'Etat haïtien ferme les yeux?
Il ne s'agit pas de procédure d'adoption. A l'aéroport, on ne vérifie ni l'identité ni le statut de ces petits. Personne ne se soucie de savoir s'ils sont vraiment orphelins.

Ce trafic a donc lieu avec la complicité des autorités américaines...
A priori. Les Etats-Unis ont une tout autre perception de l'adoption et les autorités se soucient très peu de savoir d'où viennent les enfants. L'Etat a par exemple longtemps fermé les yeux sur le trafic dont étaient victimes les enfants du Guatemala, alors que la plupart des pays avaient interdit l'adoption. Car ce qui compte pour les Américains, c'est le sauvetage de l'enfant. Se demander si c'est la bonne solution est déjà la question de trop.

Sauver les petits Haïtiens est le nouveau trend?
Oui, aujourd'hui chacun veut son petit Haïtien pour contribuer à la bonne cause. Les parents qui cherchent à les adopter se disent qu'ils seront de toute façon mieux chez eux qu'en Haïti. C'est ce qui explique cet engouement des organisations chrétiennes. Mais c'est totalement criminel car, pour l'instant, la situation de ces enfants n'a absolument pas été évaluée!

Et sont-ils monnayés?
Il y a de fortes chances que les familles qui désirent les accueillir doivent débourser quelques milliers de dollars. Les frais de voyage, administratifs et autres figureront dans la facture. Je doute aussi qu'ils soient tous orphelins. En Haïti, il y en a très peu.

Mais le séisme a fait de nombreux orphelins...
C'est possible, mais il faut savoir que 80 à 90% des Haïtiens adoptés ont en réalité de la famille. C'est pourquoi je suis très réservée. Beaucoup de familles vivent à la campagne et placent leurs enfants momentanément dans des institutions à Port-au-Prince car elles n'ont pas l'argent pour les nourrir. En général, on abuse de la situation en faisant signer aux parents un papier qui donne la garde de l'enfant à l'orphelinat.

Ce type de trafic va donc s'amplifier.
Il est difficile d'évaluer précisément la situation. Mais des filières doivent exister. Tout le monde va essayer de tirer profit de la situation, c'est logique.

Des règles strictes ont pourtant été édictées. Seul le président haïtien peut autoriser une adoption depuis le séisme.
Oui. Toutefois, il ne faut pas oublier que parmi la population haïtienne les gens sont nombreux à approuver le fait que les enfants quittent le pays. Ils se disent qu'ils sont sauvés, qu'ils reviendront avec une bonne éducation et une solide formation, alors qu'en réalité personne n'en entend plus jamais parler.

Le Matin | 1 février 2010.

- Haiti: SOS Children's Villages takes care of those 33 children who possibly became victims of child trafficking
31/01/2010 - Late evening on 29 January, the Haitian police have arrested ten U.S. citizens caught trying to take 33 children out of Haiti to the Dominican Republic in a suspected illicit adoption scheme, authorities said on Saturday. The suspects could neither show official papers confirming the identity of the children nor any official permission for bringing the children out of the country. On 30 January in the evening, the Haitian Social Ministry entrusted those 33 children (aged three months to twelve years) to the care of SOS Children's Villages.
SOS Children's Villages International.

 

- Lost children: Why they should stay in Haiti
The high price of foreign adoption is corrupting – meaning parents may be getting `paper orphans'
There is no fool like the one who wants to be fooled.
Professor David Smolin wrote those words in 2005 referring to adoptive parents in the Western world. Eager to believe they are saving orphaned children from poverty, he wrote, they are easily fooled into accepting laundered children from the developing world.
He knows first-hand how such a thing could happen.
thestar.com | 31 janvier 2010.

 

- Arrêtons de parler d'adoption pour les enfants d'Haïti
Ce qui devait arriver est arrivé. Des personnes - américaines en l’espèce - viennent d’être interpellées pour avoir voulu faire sortir une dizaine d’enfants d’Haïti aux fins de les adopter. Nul doute qu’ils aient eu les meilleures intentions du monde. On conçoit même qu'ils aient été choqués de ce que malgré tout ce qui a été et est déployé par les autorités locales et par la communauté internationale,  l’effort ne soit pas à la hauteur du problème posé.  ... ...
Pour autant la fin ne saurait justifier tous les moyens.
Les droits des enfants vus par un juge des enfatnts, Jean-Pierre Rosenczveig | 31 janvier 2010

22/01/2010

Haïti. Adoption: une quinzaine d'enfants ont "disparu" d'hôpitaux (Unicef)

Haitian orphans who are about to be transported to France for adoption are seen at a French military field hospital.jpgUne quinzaine d'enfants ont disparu d'hôpitaux après le séisme qui a frappé Haïti, a annoncé vendredi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), qui prévient que les réseaux de traite des enfants en lien avec "le marché de l'adoption" s'activent après les catastrophes.

 

"Nous avons pour l'instant des informations sur, disons, à peu près 15 enfants ayant disparu d'hôpitaux et cela avec des personnes qui ne sont pas de leur famille", a indiqué Jean-Luc Legrand, conseiller régional de l'Unicef, lors d'un point de presse à Genève.

"La situation de la traite des enfants en Haïti existait déjà avant la catastrophe et malheureusement, les réseaux de traite ont des liens avec le marché de l'adoption internationale", a-t-il expliqué.

"Nous avions déjà fait cette expérience lors du tsunami : ces réseaux s'activent immédiatement lors d'une catastrophe et utilisent la faiblesse de l'Etat, la faiblesse de la coordination des acteurs sur le terrain pour enlever des enfants et les faire sortir du pays", a ajouté M. Legrand.

Le Point. Tribune de Genève. Le Soir. 22.01.2010.

 

Children missing from Haiti hospitals: UNICEF

 

GENEVA -- Children have gone missing from hospitals in Haiti since the devastating earthquake struck, raising fears of trafficking for adoption abroad, the UN Children's Fund (UNICEF) said Friday.

"We have documented let's say around 15 cases of children disappearing from hospitals and not with their own family at the time," said UNICEF adviser Jean Luc Legrand.

"UNICEF has been working in Haiti for many years and we knew the problem with the trade of children in Haiti which existed already beforehand, and unfortunately many of these trade networks have links with the international adoption ‘market'," Mr. Legrand explained.

The agency underlined that it had warned countries during the past week not to step up adoptions from Haiti in the immediate wake of the quake.

Several are fast-tracking adoption procedures already under way, including Belgium, Canada, France, Germany, the Netherlands, Spain and the United States.

Mr. Legrand said the situation was similar to the aftermath of the tsunami in Asia five years ago.

Trafficking networks were springing into action immediately after the disaster and taking advantage of the weakness of local authorities and relief coordination "to kidnap children and get them out of the country," Mr. Legrand told journalists.

Rupert Colville, a spokesman for the office of the UN High Commissioner for Human Rights, said that child enslavement and trafficking in Haiti was "an existing problem and could easily emerge as a serious issue over the coming weeks and months."

The UN mission in Haiti has stepped up surveillance of roads, UNICEF officials said.

Mr. Legrand said there was separate but only anecdotal evidence of people taking children by road to the neighbouring Dominican Republic and planes loading children before they left the airport.

"We have seen over the last years many children being taken out of the country without any legal procedure. This is going on, this is happening now, and we are starting to have the first evidence of that, this is unquestionable," he claimed.

He was unable to give details on the 15 missing children or their condition, or clearly connect the anecdotal observations in Haiti's chaos with trafficking.

The cases were documented by social workers and by partner non-governmental organisations working for UNICEF in hospitals.

National Post Canada. 22.01.2010.

 

- Orphelins haïtiens : priorité à la protection des enfants plutôt qu'à leur adoption
| 21.10.10
| 21.01.10
| 22.01.10

 

- Haïti:  'Adoption Not the Best Choice for Quake Orphans'
Thirty-three children from Haiti arrived in France to adoptive parents Friday evening, as charities and international organisations differed on whether adoptions should be speeded up or halted while the search for relatives continues.
IPS | 23.01.2010.

 

- Haiti earthquake: charities warn against rush to speed adoptions
Children's charities have voiced fears for the safety of thousands of orphans after Western nations began speeding up adoption procedures in the wake of the Haiti earthquake.
Telegraph.co.uk | 22.01.2010


- Débat sur l'adoption des orphelins en Haïti
Article traduit en français par Kim Myung-Sook publié sur Fabriquée en Corée



- Haïti, adoption, la vieille histoire se répète
Plusieurs articles traduits en français par Kim Myung-Sook sur Fabriquée en Corée