09.06.2009

En France, la polémique enfle sur l'adoption des enfants dits "délaissés"

Nadine Morano.jpgPrésenté au Conseil des ministres du 1er avril et déposé dès le lendemain sur le bureau du Sénat, le projet de loi relatif à l'adoption (voir Localtis.info du 1er avril 2009) commence à susciter des réactions, bien qu'il ne soit pas encore inscrit à l'ordre du jour. Ces réactions se concentrent plus précisément sur ses deux premiers articles, qui modifient l'article 350 du Code civil, relatif à la déclaration d'abandon à la suite d'un délaissement manifeste des parents naturels. Le projet de loi prévoit notamment que les services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) des départements doivent examiner chaque année la situation de l'enfant accueilli ou bénéficiant d'une mesure éducative au regard des dispositions de l'article 350 du Code civil. En d'autres termes, l'ASE sera amenée à se prononcer, au moins une fois par an, sur l'éventualité d'une situation de désintérêt manifeste des parents. Dans l'hypothèse où le juge, saisi par le rapport de l'ASE, constaterait le délaissement effectif, l'enfant pourrait devenir adoptable.

 

Cette disposition suscite une très vive réaction de la part de la présidente de l'association Fil d'Ariane France, qui représente les "parents d'enfants placés à la protection de l'enfance". Dans un texte très virulent et très accusateur à l'égard des services sociaux des départements et des assistantes familiales salariées par ces derniers, Catherine Gadot, la présidente de l'association, affirme que ce texte "va inciter les quelques professionnels peu scrupuleux et adeptes du placement, à établir de faux rapports (basés sur des mensonges ou des conclusions trop rapides) afin de faire adopter les enfants placés". Elle accuse également les familles d'accueil, salariées du département, de détourner la procédure pour adopter elles-mêmes. Au final, elle considère que "cette loi est l'aboutissement d'un processus de commerce de nos enfants dans toute son horreur". Dans un registre plus policé, elle est rejointe par deux soutiens de poids : Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, et Pierre Verdier, avocat au barreau de Paris, spécialiste de l'ASE et ancien Ddass.

 

Au même titre que celle qui oppose depuis des années les associations d'enfants nés "sous X" à la recherche de leurs parents naturels et les associations représentant les parents adoptifs, cette controverse était inévitable (voir Localtis.ino du 1er avril 2009).

 

Nadine Morano - la secrétaire d'Etat chargée de la famille - avait bien tenté de prendre les devants lors de la présentation du projet de loi, en indiquant qu'il n'était pas question de fixer des objectifs chiffrés sur le nombre de déclarations d'abandon. Elle avait également chargé l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) "de consulter les travailleurs sociaux" pour définir "les critères du délaissement parental", dans un rapport qui devrait paraître prochainement. Il est toutefois peu probable que ces précautions suffisent à éteindre la polémique, qui devrait repartir de plus belle lorsque le Sénat entreprendra l'examen du texte.

 

Source: Localitis.info, le 09 juin 2009.

 

Repères

- Réforme de l'adoption en France. Des faux espoirs qui vont faire mal.
Par Jean-Pierre ROSENCZVEIG, via son blog "Les droits des enfants vus par un juge des enfants".


- Pour une éthique de l’adoption.
Suite au rapport Colombani, le gouvernement envisage une nouvelle réforme de l’adoption, concernant essentiellement l’adoption internationale. Il ne s’agit pas, a rappelé Rama Yade, Secrétaire d’État chargée des affaires étrangères et des droits de l’Homme, de « faire du chiffre, ou d’entretenir les familles dans l’illusion d’une augmentation miracle du nombre d’adoptions internationales mais bien de créer un nouveau socle à l’adoption internationale par les familles françaises » (communiqué du 23 octobre 2008).
ATD Quart Monde. Pierre VERDIER.

- Le délaissement parental sera apprécié sur de nouveaux critères.
La secrétaire d’État à la famille présente mercredi 1er avril, en conseil des ministres, un projet de loi visant à faciliter l’adoption des enfants délaissés par leurs parents
La Croix | 01/04/2009

- Projet de loi pour faciliter l'adoption des enfants délaissés par les parents.
La Libre Belgique | 01/04/2009

- Nadine Morano veut augmenter le nombre d’enfants adoptables.
À la suite du rapport Colombani sur l’adoption, Nadine Morano souhaite augmenter le nombre d’enfants adoptables en France. Une communication avec le Quai d’Orsay aura lieu le 21 août en conseil des ministres.
La Croix | 27/07/2008

 

Ailleurs

- Exclusif : des travailleurs sociaux ont "volés" mes enfants.
Un père de famille dont les trois jeunes enfants ont été "retiré" de ses bras par des travailleurs sociaux et ensuite adopté entame un combat auprès de la Cour européenne des droits de l'homme afin d'être réuni avec eux.
Exclusive: Social workers  'stole' my children.
A father whose three young children were “dragged” from his arms by social workers and adopted is taking his battle to be reunited with them to the European Court of Human Rights.
Daily Express. 7 juin 2009.

- Les meilleures mères n'ont pas à être intelligentes.
Un juge a eu tort de supprimer la garde de sa fille à une femme jugée "stupide".
Mother ‘too stupid’ to keep child.
Times & Telegraph. 1 juin 2009.


02.04.2009

Réforme de l'adoption en France. Des faux espoirs qui vont faire mal.

BlogDroitsDesEnfants.jpg

 

 


Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la Famille n’aura donc pas tenu compte ni des avertissements qui lui ont été donnés, ni de l’histoire. Dans sa communication en conseil des ministres, elle laisse entrevoir aux milliers de personnes – le chiffre varie d’un discours à un autre de 15 000 à 30 000 - qui attendent longtemps, parfois en vain d’accueillir un enfant qu’on pourra répondre à leur attente et leur « servir » en enfant. Elle va être crue comme d’autres dans le passé qui ont fait des promesses identiques. Elle va faire mal à des gens qui souffrent déjà fortement – trop - de ne pas pouvoir satisfaire leur (légitime) désir d’enfant.

 

Un billet de Jean-Pierre ROSENCZVEIG sur son blog "Les droits des enfants vus par un juge des enfants".

 

Une nouvelle fois, il faut affirmer que tous les présupposés du raisonnement ministériel sont faux. L’ASE n’est pas une réserve d’enfants adoptables pour avoir été abandonnés à leur sort par les services sociaux après avoir été délaissés par leurs parents. Ces services sociaux négligeraient fréquemment d’engager la procédure d’adoption et son préalable la déclaration judiciaire d’abandon.

 

140 000 enfants chaque année se trouvent confiés à l’ASE par leurs parents ou par un juge. L’immensité d’entre eux entretiennent des relations avec leurs parents qui, sur un temps plus ou moins long, se trouvent dans l’incapacité de les élever directement. Ces enfants vont généralement retrouver leur place à leur domicile et si ce n’est pas le cas entretiendront des relations très étroites avec leurs parents qui exerceront l’autorité parentale dans et par-delà leurs difficultés. Chaque année quelques centaines de parents remettent explicitement et volontairement leur enfant à l’aide sociale à l‘enfance aux fins d’adoption. Il est aussi des parents qui soit confient leur enfants pour une période dite temporaire, soit se le voient retirer sur décision judicaire et prennent petit à petit leur distance d’avec leur enfants. Ils l’abandonnent de fait sans pouvoir assumer cette décision. Les travailleurs sociaux reçoivent de la loi la mission de travailler sur la relation parent-enfant et de veiller à la restaurer à mieux. Et ils parviennent le plus souvent. La loi française ne fait qu’affirmer le droit de tout enfant d’être élevé par ses parents (article 6 de la Convention Iinternationale des Droits de l'Enfant).

 

Quand il le faut et selon les cas une procédure de délégation d’autorité parentale (parents vivants mais hors d’état d’exercer leur autorité), de délégation de tutelle (parents décédés ou disparus) ou donc de déclaration judiciaire d’abandon (parents abandonnant de fait leur enfant) est engagée et généralement couronnée de succès : le tribunal accepte. S’agissant des déclarations  judiciaire d’abandon il ne faut pas se contenter d’obtenir la décision de justice il faut ensuite trouver une famille qui accepte d’adopter cet enfant. Et force est de constater que tous les enfants adoptables de France ne sont pas adoptés faute de candidats.


Ils sont aujourd’hui environ 2300 pupilles de l’Etat, ils étaient 40 000 en 1981, 150 000 en 1900 : alors que la population de la France a plus que doublé en un siècle le chiffre des enfants délaissés s’est effondré. Les raisons sont simples : maitrise de la contraception : les enfants arrivent désirés et sont bien accueillis ; meilleur statut de la mère célibataire, soutien au parent isolé.


De tout cela, tout en comprenant la souffrance de ceux qui ne peuvent pas se réaliser comme parents, on doit se réjouir. Reste, faut-il le rappeler haut et fort, que l’Aide sociale à l’enfance n’a pas reçu vocation de la société de produire de l’enfant adoptable pour satisfaire ceux qui ne sont pas parents, mais de veiller à ce qu’un enfant sans famille en trouve une et que le moins possible d’enfants se trouvent privés de famille.


Notre loi, comme, je l’ai déjà dit ici de nombreuses fois, ne reconnait pas un droit à l’enfance sont adopter. D’ailleurs comment le gagerait-elle ? Laisser à penser que les enfants actuellement accueillis par l’aide sociale à l’enfance  sont délaissés par leurs parents est une contre vérité.


J’affirme, preuve à l’appui, qu’est erronée l’assertion de Mme Morano faite il y a quelques mois selon laquelle les 23 000 enfants confiés par les juges des enfants à l’aide sociale à l’enfance seraient sans parents présents. Je peux en témoigner à partir d’une longue pratique des juridictions. Je suis près à admettre que dans certaines situations on a pu louper le coche à un certain moment quand le juge et l’ASE  - non pas l’un ou l’autre séparémen t- ont pensé que la mère ou les parents allaient se réinvestir et qu’en vérité ils ont trompé leur monde. Mais il est tellement facile de réécrire l’histoire une fois la fin du film connue.


Et là est bien l’enjeu : si on a une stratégie pro-adoption, on ne travaillera plus sur le maintien des liens ou leur établissement pour privilégier les conditions formelle de la rupture. Le Dr Maurice Berger est ici très clair et ne cache pas son souhait : retirer des enfants à leurs parents pour les faire adopter. La communication, gouvernementale laisse à penser que les travailleurs sociaux vont prendre la mouche devant la reforme avancée. Ils vont certainement réagir tellement il est vrai une nouvelle fois que leur travail est déformé, méconnu, nié, mais ils commencent à en avoir l’habitude. Et disons le tout net : il serait temps que des voix s’élèvent venant du travail social qui viennent expliquer à l’opinion la fonction tenue auprès des enfants qu’ils ont en charge et la qualité du travail développé dans des conditions souvent difficiles. Je le repère : il ne leur revient de fabriquer de l’enfant adoptable mais de faire en sorte que les familles les plus fragiles de notre société aient une chance de vivre ensemble.


En vérité, ce sont les présidents de conseils généraux qui risquent de réagir car pour une poignée d’enfants adoptables de plus ils risquent de voir sciée la branche de l’aide sociale l‘enfance dont l’objectif est justement d’éviter que des enfants ne soient abandonnés. Quelques enfants de plus seront adoptables mais beaucoup leurs resteront sur les bras. Une nouvelle fois (voir de la justice pénale des enfants) la représentation que le politique se fait de la réalité sociale est fausse. Sur une représentation erronée, avec des convictions idéologiques fortes, on passe une commande politique à l’administration et au législateur : ici il est demandé à l’IGAS de « consulter largement et de rédiger un révérenciel pour le délaissement ».


Sur ce sujet de l’adoption, on est encore une fois dans la démagogie, dans la compassion judéo-chrétienne à l’égard des personnes qui souffrent de n’être pas parents quand il faudrait revendiquer que le rôle de la puissance publique est d’aider les plus faibles à avoir une vie de famille, affirmer qu’on y parvient et que ce n’est que résiduellement qu’il faudra rompre le lien biologique à condition de pouvoir lui substituer un autre lien, ce qui est souvent loin d’être le cas : on sanctionne le parent défaillant et l’enfant reste pupille de l’Etat.


Il faut dire qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas d’enfants adoptable à la hauteur de ce qui est attendu par certains et non pas entretenir l’illusion comme on le fait aujourd’hui avec l’ouverture d’une ligne intranet sur l’adoption. Le courage politique n’est pas de crier fort, mais de dire la vérité même quand elle déçoit.


En tout cas, je peux affirmer à la lumière d’autres démarches de la même veine que beaucoup vont attendre un enfant qui ne viendra pas et souffriront encore plus.


Et je suis choqué que tels médias – je pense au journal télévisé de TF1 de ce mercredi soir – prennent au pied de la lettre le discours gouvernemental sans essayer d’en vérifier les fondements et les effets. On illustre le discours du politique que l’on tient a priori pour fondé et on présente comme acquis des résultats qui ne sont pas du tout évidents à tenir. Aucun recul historique, aucun sens critique, on entretient et on alimente l’illusion.Tous ces gens, les politiques ou les médias qui propagent de fausses informations auront une lourde responsabilité au moment du bilan à l’égard de ces gens qui auront été entretenu dans l’illusion.


Repères


- Délaissement parental : « pas de décisions trop rapides »
Marie-Cécile Renoux a été pendant cinq ans déléguée aux questions familiales à ATD Quart-Monde. Auteur d'un livre sur la protection de l'enfance, elle craint que le projet de loi de Nadine Morano pour accélérer les procédures de délaissement et favoriser l'adoption aille à l'encontre des besoins des familles et des enfants.
Nord éclair.

- «On peut conclure trop vite au délaissement», Véronique Davienne
La déléguée d’ATD Quart Monde, pointe le risque encouru par les parents biologiques.
Les enfants placés bénéficient de soutien… mais pas les parents, ou pas assez. Les parents en grande pauvreté n’ont pas forcément les moyens financiers pour se rendre sur le lieu du placement. Ils ont un manque de confiance et se sentent disqualifiés comme parents. Quand il y a des fratries, les frères et sœurs ne vivent pas au même endroit, donc il n’y a plus de vie familiale. Les placements durent, les parents se découragent, sentent qu’ils n’ont plus leur place. On peut alors conclure trop vite au délaissement alors que cela ne correspond pas à la décision des parents. Cela ne veut pas dire que les enfants doivent absolument rester avec leurs parents vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ils peuvent être élevés par d’autres. Mais là les moyens sont insuffisants pour accompagner les parents.
Libération.


- Réforme de l'adoption : parlons-en. Bruno Tardieu, délégué nationale Atd Quart Monde France.
Si l’adoption est justifiée pour des enfants orphelins ou dont les parents ont fait le choix de l’abandon, elle est beaucoup plus difficile à vivre pour les enfants et les parents auxquels ceci est imposé. Le placement d’enfants touche tous les milieux, mais la capacité de choisir, de dialoguer avec les institutions est très fragilisée pour les parents en situation de grande pauvreté.
ATD-Quart Monde France.



- Une famille « à tout prix » ?. Extrait d'une lettre d'Annick Aubry à Mr Colombani.
J’ai été retirée à mes parents à quatorze ans ainsi que mes neuf frères et sœurs pour des raisons de misère et de violence ; je sais donc de quoi je parle. A cinquante-huit ans, je ne suis toujours pas guérie de ce qui m’est arrivé. Ce placement m’a fait énormément souffrir et a produit beaucoup d’ombre tout au long de ma vie. Bien sûr, vous allez me rétorquer que c’était hier ; qu’aujourd’hui c’est dépassé… L’une de mes plus jeunes soeurs a eu ses enfants retirés. Les aînées de mes nièces commencent à sortir du placement et leur souffrance est la même que la mienne. Au premier stade du placement il y a déjà un problème de rupture du lien affectif.
Quel véritable accompagnement digne de ce nom est mis en oeuvre pour conserver les enfants dans leur propre milieu ? Sur le papier tout paraît aller de soi mais dans la réalité, on est bien loin du compte. Je suis témoin qu’aucun accompagnement n’a été mis en place auprès de ma soeur qui vient de se voir retirer à nouveau ses deux derniers enfants âgés de sept et dix ans. Pourtant je sais qu’elle aime ses enfants même s’il y a des difficultés.
L’enfant n’est pas un objet qu’on peut prendre et déplacer à son gré sans aucun risque pour la suite du cours de sa vie. L’enfant a toujours une histoire - son histoire - si courte soit-elle. Des liens unissent les parents à leur enfant, et surtout les liens de l’enfant avec eux sont des liens puissants qu’il n’est pas possible de nier et qui vont faire partie de la vie de l’enfant quoi qu’il arrive. Que faites-vous de tout cela ?
ATD-Quart Monde France.


- Pour une éthique de l'adoption.
Une saine éthique de l’adoption veut qu’en France ou à l’étranger, la politique et la pratique de l’adoption soient centrées sur le droit de l’enfant.
Lorsque l’adoption paraît être la solution la plus adaptée – nous dirions avec Goldstein, Anna Freud et Solnit « la moins nocive », elle suppose quelques précautions éthiques : que toute autre solution d’aide à la famille ait été engagée et que des traces soient toujours gardées, pour que l’adopté puisse accéder à l’intégralité de son histoire. Alors elle sera une chance pour l’enfant.
Prises de position ATD Quart Monde France.


- “Servir” des enfants à l’adoption

Billet de Jean-Pierre ROSENCZVEIG.

22.02.2009

Québec. "Baby touristing", le tourisme obstétrique dans les hopitaux.

baby touristing.jpg(Source: Radio-Canada). La télévision de Radio-Canada a appris que de nombreuses femmes enceintes étrangères en voyage au Québec y viennent pour accoucher seulement, puis repartent sans payer.



Un nouveau phénomène dans les hôpitaux québécois inquiète les gynécologues-obstétriciens.


La télévision de Radio-Canada a appris que des femmes arrivant de l'étranger, sous prétexte de prendre des vacances au Québec, ne viennent que pour accoucher, avant de repartir avec leur poupon.

Ces patientes arrivent principalement du Maghreb et du nord de l'Afrique.

À l'Hôpital Sainte-Justine l'an dernier, 25 femmes étrangères ont accouché sans payer, une augmentation par rapport aux années précédentes. Le même phénomène se produit à l'Hôpital St. Mary's et à l'Hôpital Saint-Luc.

L'an dernier, à Saint-Luc, 40 femmes en voyage ont accouché. De ce nombre, le tiers a payé, et les deux tiers des patientes sont reparties sans payer. Pour chaque femme qui repart sans payer, cela entraîne des coûts minimaux de 5000 $ par jour pour l'hôpital et un déficit d'honoraires de 400 $ pour le médecin.

« On ne peut pas refuser une maman qui est en train d'accoucher [...] et dire: "vous n'avez pas la carte, vous n'entrez pas" », dit Diane Francoeur, chef du département d'obstétrique-gynécologie, à l'Hôpital Sainte-Justine.

« On a parfois des patientes qui viennent accoucher en vacances, un premier bébé, ensuite un 2e, ensuite un 3e. Un moment donné, l'hypothèse d'accoucher toujours à terme pendant ses vacances, ça s'épuise un petit peu » ajoute de son côté Stéphane Ouellet, gynécologue à l'Hôpital Saint-Luc.

Dans une lettre adressée à la Fédération des médecins spécialistes, les gynécologues et obstétriciens du Québec ont dénoncé ce qu'ils appellent le « baby touristing ».

Selon les intervenants, ce phénomène s'explique principalement non seulement par la qualité des soins offerts au Québec, mais aussi par le fait qu'il soit intéressant de naître citoyen canadien.

En effet, la déclaration de naissance signée par le médecin donne automatiquement la citoyenneté canadienne et le passeport. Sur les blogues, plusieurs femmes ne se gênent pas pour dire que cela permettra à leur enfant de venir étudier au pays gratuitement, et même de recevoir des bourses.


Des exemples ailleurs



Accoucher dans un pays étranger pour que son enfant ait la citoyenneté dudit pays n'est pas un phénomène propre au Canada.

Par exemple, le Los Angeles Times rapportait en 2002 que plusieurs femmes sud-coréennes, munies d'un visa de touriste, allaient accoucher aux États-Unis afin que leur enfant ait la citoyenneté américaine.

En janvier 2007, le International Herald Tribune mentionnait des cas similaires de femmes chinoises qui allaient accoucher à Hong Kong pour que leur enfant obtienne le statut de résident permanent de cette région administrative, ce qui leur donnait droit à l'éducation gratuite et à une assurance maladie.

Le journal rapportait aussi l'exemple de femmes mexicaines qui traversaient aux États-Unis pour y donner naissance et faire en sorte que leur enfant ait la citoyenneté américaine.

 

Source : Radio-Canada.

 


Sur le même sujet


- Le "baby touristing", une exploitation de nos lois sur la citoyenneté, par Tom Blackwell.
Point de Bascule. 21.02.2009.


- Les Maghrébines et le «baby touristing»
Le Financier. 18.02.2009


- Des «touristes» viendraient accoucher au Québec sans payer.
Le Devoir. 17.02.2009

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07.02.2009

Les échecs dans la situation adoptive : reconnaissance, soin et prévention. Fatalité ou singularité ?

COPES.jpgStage de perfectionnement COPES, 20 rue de Dantzig 75015 Paris.
Du 25 au 27 mai et du 22 au 24 juin 2009.




Quelles sont les difficultés récurrentes ?
Quels sont les différents types de problématiques et d’échecs ?
L’adoption comporte plusieurs risques propres à la spécificité de cette forme de parentalité.
Tenter de discerner les facteurs de risques liés aux adoptants, à l’enfant et aux tiers qui interviennent dans le processus.
Analyser les scenarii fondamentaux actualisés dans cette filiation particulière.
Aborder les facteurs liés à l’accompagnement de l’adoption tant du côté des parents (avant, pendant et après l'agrément) que du côté de l’enfant (adoptabilité).
Préciser les enjeux et les conditions de l’apparentement, de la construction de l’attachement et de l’affiliation (état psychique des parents, de l’enfant, rôle des intermédiaires).
Pointer l’importance des toutes premières phases de la construction de la parentalité du côté de l’enfant et du côté des parents ainsi que des périodes ultérieures ou critiques (adolescence) : difficultés ordinaires ou plus spécifiques ?
Définir les conduites à mettre en place pour l’accompagnement des parents et de l’enfant dans des situations de crise au plus long cours.


L’animation et la continuité du stage sont assurées par Anne-Marie CRINE, psychologue, attachée au Service de l’Adoption du Ministère de la Communauté Française de Belgique et du Centre de Ressources en matière d’Adoption à Luxembourg, consultante auprès d’organismes internationaux (UNICEF, SSI).

 

En savoir plus : COPES

20.01.2009

A propos de la politique de l'enfant unique en Chine.

chine.jpgA propos de la politique de l'enfant unique Le Monde consacre un article à la question des retraites en Chine, menacées par la politique de l'enfant unique toujours en place. Expert à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Monika Queisser affirme que "la Chine va avoir un problème pour financer sa transition démographique" : d'ici à 2050, les retraités devraient représenter 31% de la population totale.

 

Par ailleurs, Marie Claire rappelle qu'après le tremblement de terre qui a ravagé la région chinoise du Sichuan, le gouvernement a décidé de venir en aide aux mères ayant perdu leur enfant et qui, en raison de la politique de l'enfant unique s'étaient fait ligaturer les trompes. Plusieurs équipes de médecins ont été dépêchés dans le Sud de la Chine et aujourd'hui, 757 femmes seraient de nouveau enceintes.

 

Enfin, selon le service des Nations-Unies, "les réfugiés vivant le long de la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar pourront continuer à recourir aux méthodes et aux services de planification familiale, grâce à une coopération entre le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA)". Pour le délégué régional adjoint du HCR, Giuseppe de Vincentis : "la planification familiale et la médecine de la procréation s'inscrivent dans les droits humains fondamentaux". A plus long terme, Garimella Giridhar, déléguée de l'UNFPA en Thaïlande, espère que le coopération entre le gouvernement et le HCR "permettra une amélioration dans l'anticipation, la régularité et l'efficacité de l'information sur la médecine de la procréation".


Source :  genethique.org

16.01.2009

Affaire TODOROVA c. ITALIE - Requête no 33932/06 - Arrêt Strasbourg 13.01.2009 - Cour européenne des droits de l'homme

Twins adopted: Italy condemned by the European Court


EUROPE-ITALY-ECHR. The European Court of Human Rights yesterday condemned Italy for allowing the adoption of two twins, 27 days after their birth, without listening to his mother, who have not recognized the children wanted a period of reflection before being received by a court. These summarize the facts. On 7 October 2005 Temenuzhla Ivanchova Todorova, Bulgarian citizen resident in Bari, had given birth to twins at the San Paolo di Bari At that time the woman asked not to recognize that the children and was granted anonymity. The same day, the social worker, MP, abandonment informed his superior, in writing. Three days later, the Court of minors Bari urged to proceed urgently to the placement of children at a reception center.

 

On 11 October 2005, the same social worker MP passed on to his superior a report in which it was specified that the mother of the twins had actually asked to have some 'time to reflect before deciding whether or not to recognize his children, and to be heard by the Court of minors. The mother also expressed the wish that children were placed temporarily in a reception or a family on condition that it was allowed to see them, and that pending a final decision.

 

Despite this request, October 18, the prosecutor asked the court to declare the children taken, and December 6, children were actually assigned to a family with a view to their adoption. In his opinion, the judge noted that the mother had not requested a time to recognize the children but only "a little 'time to recover and assess the prospects," the woman said to have had two more children and a family another State, that the father of the twins was an Italian citizen with whom he had lost every report, which had neither the means nor a life sufficiently stable to take care of his children and then was "not conceivable that he had not thought about ' abandonment during pregnancy. " On 21 March 2006, the woman has appealed to the Court of Appeal of Bari, demanding the withdrawal of the decision to adottabilita ', but the court had declared the application inadmissible. The Court noted in particular that Italy has ratified the European Convention relating to adoption, according to which the consent of a parent in the adoption of their child should be accepted only after the expiry of a period that does not'' must be less than six weeks''.

 

The European judges have explained that "it was essential for the applicant able to express themselves before the court and challenge the choice of abandoning her children," and that "the State had an obligation to ensure that the consent given by the applicant abandonment of his children had been clarified and accompanied by adequate safeguards. "

 

The judges in Strasbourg are therefore considered too short a time between the birth of twins and the decision of the Court adottabilità children of Bari (27 days).

 

This fact and the fact that it had not taken account of the wishes of the mother was considered by the Strasbourg Court of violations of the European Convention on Human Rights (Article 8, Respect for private and family life).

 

Ms. Todorova Temenuzhla Ivanchova requested compensation of 400 thousand euros. The Court considered that the claim was overstated, and has condemned the Italian state to pay the mother 15 thousand euros for moral damages and 2150 for legal costs.

 

Source : United Adoptees International - News

- Press release
- Le jugement en français 

 

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09.01.2009

L’importance du soutien familial pour les orphelins africains du sida.

Jimmy Kolker UNICEF.jpgLes douze millions d’orphelins du sida africains sont rarement livrés à eux-mêmes. D’après l’Unicef, 98% sont pris en charge par des proches après qu’un ou deux de leurs parents soient décédés du sida ou d’une de ses maladies opportunistes. Un soutien indispensable qui aide les enfants à conserver un équilibre familial, même si la discrimination et la stigmatisation ne sont jamais loin. Explications de Jimmy Kolker, chef du département VIH/sida au siège de l’Unicef, qu’Afrik a rencontré à Dakar lors de la Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles (3-7 décembre).


Afrik.com : Que pouvez-vous nous dire du dépistage et de l’accès au traitement chez les orphelins du sida ?

Jimmy Kolker : Il faut absolument dépister ces enfants, et même tous les autres membres du foyer parce que le sida est une maladie qui se transmet sexuellement mais aussi de la mère à l’enfant. Malheureusement, très peu d’enfants sont testés et on doit faire des efforts pour que, quand une femme accouche, son enfant soit impérativement dépisté pendant les premiers deux mois de sa vie. Aujourd’hui, moins de 10% des enfants ayant une mère séropositive sont testés dans ce lapse de temps. Or, si on constate qu’ils sont séropositifs, on peut immédiatement commencer le traitement antirétroviral. C’est vital car les chances de vie des enfants qui commencent le traitement pendant leurs premières douze semaines de vie sont 75% plus importantes que celles des autres.

Afrik.com : Quel rôle joue la famille élargie pour les orphelins du sida ?

Jimmy Kolker : La famille africaine est très résiliente : dans la grande majorité des cas, les grands-parents, ou bien les oncles, les tantes… prennent un des orphelins. Mais ces enfants restent vulnérables parce que les familles qui les prennent en charge sont pauvres et qu’il y a parfois une discrimination et une stigmatisation envers les enfants qui ont perdu un parent à cause du sida. Par ailleurs, il faut noter que certains adolescents ne sont pas contents de se retrouver avec leur grand-mère, leur oncle… et qu’il y a des cas d’abus.

Afrik.com : Vous estimez que les enfants récupérés par leur famille ont plus de chances de s’en sortir que les autres…

Jimmy Kolker : Il y a des recherches et des études scientifiques qui disent que l’enfant qui est avec un parent ou un grand-parent a un taux de scolarisation égal à celui de ses voisins qui ne sont pas orphelins du sida. Par ailleurs, les comportements sexuels à risque sont plus élevés pour les orphelins du sida qui ne sont pas chez un parent. Donc cette question de tutelle est peut-être la plus importante pour l’égalité et l’intégration de ces enfants dans la société.

Afrik.com : Arrive-t-il que les orphelins du sida soient abandonnés par des proches qui ont peur d’attraper le sida ?

Jimmy Kolker : Il y a moins de recherches sur la peur de la maladie et ses conséquences. On n’a donc pas vraiment de chiffres et de faits pour organiser un programme spécifique mais il y a effectivement des enfants qui ont peur de la maladie, et des adultes qui en ont peur aussi. Il y a parfois une stigmatisation non scientifique, comme le fait qu’on se demande s’il n’y a pas eu un acte de sorcellerie qui a affecté la famille. Il peut arriver aussi qu’on accuse de sorcellerie la famille qui prend l’enfant.

Afrik.com : L’adoption internationale peut-elle être une alternative au rejet des orphelins ?

Jimmy Kolker : Chaque enfant a droit à une famille, et une famille assez stable, mais l’adoption internationale est une solution de dernier ressort. On estime que 98% des enfants qui ont perdu un parent du sida vivent avec un membre de leur famille. D’autres sont dans des institutions mais ils ont peut-être aussi la grande famille qui s’occupe d’eux. En fait, il y a peut-être 0,5% des orphelins qui sont vraiment sans ressources locales. Et dans ce cas, si le gouvernement est d’accord et si les lois sont bien établies (pour qu’il n’y ait pas de trafic d’enfants), l’adoption internationale est peut-être la meilleure solution.

Afrik.com : Les orphelins du sida sont-ils solidaires entre eux ?

Jimmy Kolker : Là où les enfants s’organisent, ils parlent de la solidarité qu’ils ont avec leurs copains qui sont aussi séropositifs ou qui ont perdu un parent à cause du sida. Mais ces organisations sont très rares. Cela dit, quand ces organisations d’appui aux enfants affectés par le sida existent, les organisations adultes doivent se préoccuper davantage de ces enfants et de leurs besoins particuliers. Et les organisations de personnes vivant avec le VIH doivent aussi s’occuper des besoins de ces enfants. Les communautés devraient par ailleurs regrouper les enfants qui sont dans la même situation.

Afrik.com : Quelles stratégies les orphelins utilisent-ils pour s’entraider ?

Jimmy Kolker : Cela dépend beaucoup. Dans des pays comme l’Ouganda, malgré la stigmatisation, tout le monde connaît le sida. La lutte est assez développée et les enfants ougandais peuvent s’exprimer. Il y a même des groupes d’enfants dans les écoles qui bénéficient de l’appui des groupes religieux. Mais il y a d’autres pays, je crois la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, où le sida est vraiment stigmatisé et où on nie l’existence du sida dans la communauté. Dans ce contexte, les enfants disent qu’ils ne connaissent personne qui a le sida, même si leurs parents souffrent de cette maladie. L’Unicef cherche une solution, des moyens et de bonnes idées pour introduire le concept des enfants qui s’entraident dans les communautés qui nient la maladie.

Source: Afrik.

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26.08.2008

L’adoption encore et encore.

[Via le blog Les droits des enfants vus par un juge des enfants. Par Jean-Pierre Rosenczveig.]

 

Rosenczveig.jpgLa communication en Conseil des ministres sur l’adoption de Mme Morano prévue le mercredi 21 août a donc été reportée du fait des événements d’Afghanistan. La ministre s’étant exprimée préalablement sur ses intentions, on connait les orientations qu’elle retient avec sa collègue Rama Yade concernée par l’adoption transnationale.

 

Ce qui en première intention frappe l’observateur un brin expérimenté dans les mesures annoncées est bien leur caractère répétitif, pour ne pas dire récurrent depuis une vingtaine d’années. On tourne vraiment en rond sans répondre vraiment aux difficultés rencontrées par les candidats à l’adoption soucieux d’obtenir satisfaction à la hauteur de leurs attenttes. Mais peut-il en être autrement ?

 

Il est même de fait que le nombre d’adoptions prononcées chaque année diminue. En tout cas, d’une manière non constestable, les adoptions d’enfants de France sont en chute: un peu moins d’un millier - 800 exactement - en 2005. L’adoption transnationale prend donc une place très importance - 80 % - dans les adoptions prononcées. Mais, à un seuil moins élevé qu’il ne fut : environ 4000.

 

Bien évidemment dans ce qui est annoncé, il y a des mesures positives notamment lorsqu’il est proposé de réactualiser chaque année les demandes afin d’être au clair sur les chiffres. La ministre parle de 25 000 agréments en cours, 8 000 nouveaux étant délivrés chaque année. En d’autres temps récents, on avançait le chiffre de 15 000. Quelle est la réalité ? Ici comme ailleurs, nous avons besoin de disposer d’instruments de mesures fiables.

 

On avance aussi l’idée d’une session d’information et de formation obligatoire pour les demandeurs d’agrément afin de les préparer au parcours qui les attend. OK.

 

Mais le préoccupant est ailleurs. Il tient une nouvelle fois dans cette idée que l’ASE (service de l'aide sociale à l'enfance) serait un reservoir d’enfants adoptables qu’on n’exploiterait pas suffisamment. Les arguments avancés font frémir sur la méconnaissance de la réalité de l’aide sociale à l’enfance moderne.

 

Je cite Mme Morano (La Croix du 27 juillet 2008) : “Nous ne devons plus laisser filer les situations de délaissement parental. Regardez les chiffres : en 2006, sur 23 000 enfants placés après une décision d’un juge, on a dénombre seulement 219 demandes de déclarations judiciaires d’abandon, soit moins d’1% d’enfants adoptables. N’y a-t-il pas, parmi les milliers d’autres, des enfants dont le délaissement est avéré et qui seraient plus heureux dans une famille? Il faut en tout cas en avoir le coeur net (...)"

Les 26 000 enfants confiés chaque année par la justice à l’ASE ne correspondent pas à des enfants delaissés, mais à des enfants en danger.
C’est parmi ceux-là, une infime minorité qui sont sans parents exerçant leur autorité. Pour l’immensité des cas, on est avec des parents qui exercent “mal” l’autorité parentale et qu’il faut assister. D’ailleurs, la procédure judiciaire s’appelle “assistance éducative”.

 

La nuance est de taille car contrairement à ce qu’avance la ministre, ces enfants ne sont pas abandonnés et donc pas adoptables en l’état de notre législation.

 

On peut imaginer sanctionner la mauvaise éducation par le retrait de l’autorité parentale, mais là, on entrerait dans un autre registre par lequel nous sommes passés voici quelques décennies avec la déchéance d’autorité parentale. Si on voulait scier la branche sur laquelle l’ASE repose on ne ferait pas mieux.

 

Il faudra voir la réaction à ces analyses et propositions des députés - par ailleurs présidents de conseils généraux - qui connaissent les realités de ce que font leur service de l’aide sociale à l’enfance. Je doute qu’ils partagent l’analyse ministérielle sur le fait que l’ASE regorge d’enfants délaissés.

 

Quelle image surannée de l’ASE est ainsi véhiculée ! Comme sur d’autres sujets, quelle image dépassée les politiques ont de la jsutice des mineurs en alignant les poncifs et les images d’Epinal d’une autre époque.

 

Veut-on ne pas oublier qu’en 1900 pour 26 millions d’habitants, nous avions 150 000 enfants pupilles de l’Etat, aujourd’hui 2500 seulement pour 64 millions d’habitants. Est-ce une régression ou une avancée ? Une avancée, sans conteste. Alors ne cassons pas l’instrument pour quelques poignées d’enfants adoptables de plus.

 

Si l’on ne permet pas à l’ASE de faire son métier de protection de l’enfance en travaillant à faire fonctionner le lien parents-enfant, on fera effectivement de l’enfant adoptable avec des enfants qui quelques années plus tard vilipenderont le systême qui les aura privé de leur famille au seul prétexte qu’elle était pauvre ou en difficulté et d’autres familles attendaient des enfants.

 

Ce qui est choquant une nouvelle fois dans cette approche, c’est qu’avec la meilleure bonne conscience du monde, on mélange les deux problèmes : celui des enfants qui n’ont pas la chance de bénéficier d’entrée de jeu d’une famille capable dans tous les sens du mot de les accueillir et le problème de ceux qui souhaiteraient fonder une famille ou l’agrandir, mais ne le peuvent pas naturellement.

 

Dans le même temps une fois de plus, je me repète à le dire mais c’est l’expérience du dossier qui parle, on va susciter encore de faux espoirs chez tant de gens qui souffrent de n’être pas parents à la hauteur de ce dont ils rêvaient.

 

C’est irresponsable même si cela part d’une bonne intention.
Il faut dire lucidement et objectivement que l’adoption n’est pas une reponse limitée au problème du désir d’enfants.

 

Il faut dire aussi que l’enjeu des pouvoirs publics est d’abord de garantir à tout enfant sans famille qu’il trouvera une famille pour l’acceuillir. Trop d’enfants devenu pupilles de l’Etat ne seront “demandés” par personne du fait notamment de leur handicap, de leur âge ou de leur couleur de peau. L’idée de moderniser le dispositif de rapprochement entre candidats à l’adoption et enfants réellement adoptables (le SIAPE, Système d’Information pour l’Adoption des Pupilles de l’État) est excellente.

 

Je maintiens qu’il faut aussi faire un effort pour aller solliciter des candidcats à l’adoption qui s’ignorent: il y a dans ce pays généreux nombre de gens qui accepteraient d’accueilir un enfant et pourquoi pas de l’adopter si on les sollicitait.

 

Avant de “faire” de nouveaux enfants adoptables sachant que les enfants declarés judicairement abandonnés sont largement plus âgés que ceux confiés par leurs parents aux fins d’adoption préoccupons nous de ceux qui sont déjà pupilles de l’Etat.

 

En tout cas, j’attends que l’on me demontre rationnellement et scientifiquement que l’ASE est pleine de milliers d’enfants qui seraient délaissés.

 

L’adoption transnationale pose d’autres difficultés qu’il faut aussi abordés lucidement et sur lesquels je reviendrai.

 

01.03.2008

"Adoptie is lang niet zo goed als velen denken", Hilbrand Westra.

964531200.jpgVloeiend Fries spreekt hij, en nauwelijks Koreaans: Jung Woon Seok (38), alias Hilbrand Westra, groeide op in een Fries gezin met acht adoptiekinderen. Maar over adoptie is hij zeer kritisch.

 

Bij (aspirant-)adoptieouders is hij niet erg populair, weet Hilbrand Westra. Dat komt door de ongemakkelijke vraag die hij ze voorhoudt: is adoptie wel in het belang van het kind?

 

Het antwoord is vaak ’nee’, denkt Westra, die in 2006 United Adoptees International oprichtte, een organisatie van volwassen geadopteerden. Die boodschap draagt hij ook uit in krantenartikelen en radio- en tvinterviews. Zijn kritische stem klinkt steeds luider in het Nederlandse adoptiedebat.

 

„Ik raak adoptieouders in de kern van hun wezen”, zegt Westra. Niet dat hij dat beoogt: „Dat ik ze kwets, is een onbedoeld bijeffect.” Wat hij wel wil, is een open en eerlijk debat over de keerzijde van internationale adoptie. Over kinderroof en kinderhandel bijvoorbeeld, over de zwakke positie van afstandsmoeders, of over legale adoptie als lucratieve markt.

 

Over dergelijke thema’s heeft Westra, die bevlogen en snel spreekt, een indrukwekkende kennis. Onderzoeken, cijfers, boektitels, namen van buitenlandse adoptiedeskundigen – hij schudt ze zo uit zijn mouw. Zijn brood verdient hij als zelfstandig bedrijfsadviseur, maar zijn hart ligt bij het onbezoldigde adoptiewerk waaraan hij al vele jaren wekelijks zo’n twintig uur besteedt.

 

De bron van Westra’s vurige interesse is natuurlijk zijn eigen biografie. Als Jung Woon Seok werd hij geboren in Korea, als jongste telg (zo hoorde hij pas veel later) in een samengesteld gezin van acht kinderen. ’Watersteen’ betekent zijn Koreaanse naam, maar ook ’bergtop omgeven door wolken’. Dat beeld past goed bij hem, zegt Westra: „Er zit in mij een standvastige, zakelijke kant, maar ook iets zachts.”

 

Zijn Friese naam kreeg hij op vierjarige leeftijd, toen hij in 1973 ter adoptie werd gesteld. Samen met zijn zusje belandde de kleine Watersteen in Nederland bij het gereformeerde echtpaar Westra, dat hem Hilbrand noemde.

 

Wat volgde is een oer-Hollandse jeugd in een ongewoon Fries gezin, waarin na Hilbrand en zijn zusje nog zes adoptiekinderen werden opgenomen: nog één uit Zuid-Korea, twee kinderen uit Indonesië en drie uit Brazilië. Deze bonte kinderstoet leerde schaatsen, bezocht de compleet witte dorpsschool, las thuis Trouw en de Friese bijbel. Over adoptie werd nauwelijks gepraat.

 

„Ik was me er wel bewust van dat ik anders was, maar ik had daar geen reflectie op”, zegt Westra. Zijn ouders wisten weinig over Korea of de achtergrond van hun andere kinderen. Pas toen Westra het huis verliet om te gaan studeren, rezen er prangende vragen: wie ben ik en waar kom ik eigenlijk vandaan?

 

Hierover probeerde Westra met zijn adoptieouders te praten, maar dat lukte niet tot zijn spijt. Inmiddels heeft hij het contact met hen verbroken, en daarmee ook de relatie met zijn adoptiebroers en -zussen, die zich solidair met hun Friese ouders verklaarden. Anders dan hij, zien zij adoptie niet als een complex probleem maar als een ’heilige’ of ’levensreddende’ daad, zegt Westra. „Ik denk ook dat ze het pijnlijk vinden om me te ontmoeten, want met mij kun je het onderwerp ’adoptie’ niet vermijden.”

 

Als twintiger ondekte Westra op eigen houtje dat zijn adoptiedossier – zijn voorgeschiedenis in Zuid-Korea, te boek gesteld door het kindertehuis aldaar – niet klopte. Hij bleek biologische broers en zussen te hebben van wie hij geen weet had, en zijn gezin van herkomst stak sowieso anders in elkaar dan hij dacht. Maar Westra schrok daar niet meer zo van: „Ik had toen al zo vaak meegemaakt dat adoptiedossiers niet klopten. Mijn verhaal was gewoon het zoveelste bewijs.”

 

Een bewijs van het feit dat adoptie veel complexer is dan je op het eerste en tweede gezicht denkt, zegt Westra. Levensverhalen, zo weet hij nu, worden herzien uit schaamte, slordigheid, onwetendheid of winstbejag. Voor Westra is zijn eigen gefalsificeerde biografie ook een illustratie van de naïviteit van de adoptiebemiddelaar: „Ik ben geadopteerd via de voorloper van Wereldkinderen, maar die zette nooit ook maar één vraagteken bij de dossiers.”

 

Het was de tijd van schrijver Jan de Hartog, een van de eerste adoptievaders in Nederland, zo kan als verzachtende omstandigheid worden aangevoerd. Die deed in het tv-programma ’Mies en scène’ van Mies Bouwman een emotionele oproep tot adoptie: ieder kind dat gered kan worden, is er één, zo was het heersende idee.

 

Anno 2008 lijkt die naïviteit verdwenen, komen er geregeld misstanden in het nieuws en is adoptie een wijdverbreid internationaal fenomeen dat z’n goede imago langzaam aan begint te verliezen. Maar volgens Westra is de ’adoptiemythe’, zoals De Hartog die als eerste verkondigde, nog steeds dominant: „Veel moderne adoptieouders zijn net zo naïef als de ouders van toen. Ze sluiten hun ogen voor de harde werkelijkheid.”

 

In die werkelijkheid, gezien door Westra’s ogen, reizen er jaarlijks 40.000 kinderen uit zogeheten kansarme landen naar hun adoptieouders in het rijke Westen. Zij ondernemen die reis in de eerste plaats om de kinderwens van hun aanstaande nieuwe vader en moeder: „Adoptie is een leverancierskwestie geworden, en geen hulp- of redmiddel.”

 

Westra plaatst kritische kanttekeningen bij alle facetten van het adoptieproces. Bij het geld dat ermee gemoeid is en dat het kinderaanbod volgens hem dus vergroot: „De weeshuizen zijn onder andere zo vol vanwege de vele adoptieaanvragen.” Bij de motieven van adoptieouders: „Als ze zo graag kinderen willen helpen, waarom nemen ze dan geen Nederlands pleegkind?” Bij hun westerse arrogantie: „Veel adoptieouders denken toch dat speelgoed en weelde bijdragen aan geluk.”

 

Bij het beeld van het arme weeskind dat nergens anders terechtkan: „Het is vaak onduidelijk of zogenaamde wezen of vondelingen ook echt zonder ouders zijn.” En bij de moeder die, bijvoorbeeld uit geldnood, wel afstand van haar kind ’moest’ doen: „We vinden in Nederland tegenwoordig dat vrouwen hun kind beter niet kunnen afstaan. Waarom keuren we dat bij buitenlandse vrouwen dan wel goed?”

 

Tot slot betwijfelt Westra of het voor kinderen wel zo goed is om in een totaal andere cultuur door adoptieouders te worden opgevoed: „Waarom denk je dat volwassen geadopteerden zelf zelden kinderen willen adopteren? Ik vind dat je alles op alles moet zetten om een kind bij zijn ouders te laten. Je moet het niet lostrekken van zijn oorspronkelijke basis.”

 

Zo kan Westra uren doorgaan, op zakelijke toon, terwijl hij zijn betoog met cijfers en feiten lardeert. Toch vindt hij zichzelf geen ’strijder tegen adoptie’, zoals adoptieouders hem op internetforums wel noemen. Voor sommige kinderen, die echt geen ouders, familiebanden en vangnet meer hebben, kan adoptie volgens Westra wél een laatste redmiddel zijn. „Ik voer geen strijd”, zegt hij. „Ik wil alleen de waarheid boven tafel.”

 

Aan die tafel zit hij nu geregeld, als voorzitter van United Adoptees International, met beleidsmakers en werkers in het adoptieveld. Hij is zich ervan bewust dat hij in die overleggen waarschijnlijk maar een klein deel van de 36.000 volwassen geadopteerden in Nederland vertegenwoordigt. Veel geadopteerden zijn loyaal aan hun adoptieouders, en dat is logisch, zegt Westra: „Je wilt als kind niet ondankbaar zijn. Je adoptieouders hebben je toch alles gegeven wat je nodig had?”

 

Het is overigens ook heel begrijpelijk en prima als volwassen geadopteerden zich níet met het vraagstuk van adoptie willen bezighouden, vindt Westra: „Want wie wel op zoek gaat naar het conflict in zichzelf, betaalt een hoge prijs: relaties worden verbroken, mensen raken hun banen kwijt.”

 


United Adoptees International

In het debat over internationale adoptie ontbrak tot voor kort één stem, zegt Hilbrand Westra: die van de volwassen geadopteerde. Terwijl deze juist heel waardevolle informatie kan verstrekken over bijvoorbeeld de effecten van adoptie. Daarom richtte Westra, zelf geadopteerd, in 2006 een organisatie op voor volwassen geadopteerden: United Adoptees International (UAI, zie voor informatie de website
www.uai-nl.blogspot.com). De UAI beschouwt adoptie niet als de oplossing van een probleem, maar als een probleem op zichzelf.

 

Bron : Trouw

 

 

28.02.2008

Dire la vérité sur l’adoption

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Via [Les droits des enfants vus par un juge des enfants], le blog de Jean-Pierre Rosenczveig.



"Le nombre d’adoptions d’enfants étrangers par des français a donc de nouveau baissé en 2007.
3 162 pour 4 136 en 2006. Elles étaient de 6 000 voici encore quelques années. On se souvient que déjà M. Raffarin, alors premier ministre, avait émis un peu inconsidérément le projet de doubler les adoptions transnationales.



Apparemment la nouvelle Agence Française pour l’Adoption n’atteint pas les objectifs assignés. Le pourra-t-elle jamais et même, osons poser la question, est-ce dramatique qu’elle n’y parvienne jamais ?




Avec lucidité Mme de Choiseul, sa directrice générale, observe que les pays d’origine des enfants sans parents conditionnent désormais l’octroi d’autorisations pour adopter à la mise en œuvre de programmes sociaux sur place avec l’aide des pays qui entendent faciliter l’addition par leurs ressortissants. La France ne serait pas bien organisée pour développer cette démarche d’un nouveau style.



Il y a surtout le fait que nombre de pays ayant ratifié la convention de la Haye de 1993 sur l’adoption internationale avec le souci de ne plus être confrontés à des trafics d’enfants, les conditions sont devenues plus strictes pour adopter. Surtout ces Etats ont alors l’obligation de privilégier l’accueil des enfants adoptables par des compatriotes afin de ne pas les déraciner.



Qui n’adhérerait pas à un tel projet dès lors que dans ces pays il y a effectivement des familles susceptibles de s’ouvrir à ces enfants ? Apparemment de plus en plus dans les pays où nombre d’enfants étaient adoptables par des étrangers émerge une classe moyenne qui s’engage dans l’adoption. Marie-Christine Le Boursicot, membre du Conseil supérieur de l’adoption, cite ainsi le cas de la Chine qui en 2000 avait accepté 15 000 adoptions par des étrangers mais où en 2007 l’adoption nationale l’a emporté sur l’adoption transnationale. D’ailleurs, dans ce contexte où la demande intérieure se developpe, la même Chine n’hésite plus à poser de sérieuses conditions de ressources pour délivrer un visa à des étrangers candidats à l’adoption.



Disons le tout net on ne peut que se réjouir de ce que moins d’enfants aient aujourd’hui besoin d’être adoptés en dehors de leur pays. Globalement on doit y voir un signe positif de l’évolution sociale.



La France a été confrontée à cette situation : en 1900, pour environ 22 millions d’habitants, 150 000 enfants étaient pupilles de l’Etat ; aujourd’hui avec 64 millions nous n’avons que 3 300 pupilles. Les explications sont simples : une meilleure maîtrise de la contraception, un meilleur statut de la femme célibataire, des politiques sociales, tout contribue à ce que plus souvent que parle passé les enfants sont désirés et bien accueillis donc moins souvent abandonnés.



Comment ne pas souhaiter que ce que notre pays a connu, d’autres le connaissent pleinement ?



La chute du nombre d’enfants abandonnés n’est finalement que le révélateur d’une amélioration du niveau de vie d’un pays et de ses populations les plus fragiles.



Bien évidemment en avançant ces constats on ne peut pas ne pas prendre en compte la souffrance de ceux qui, ici ou dans d’autres pays où peu d’enfants sont adoptables, entendent être parents. On sait qu’il y a un acharnement procréatique. Il y a aussi un acharnement adoptif. Il n’est pas difficile d’imaginer que certains sont prêts à beaucoup donner pour adopter; d’autres sont prêts à profiter de cette pénurie en internet et de ces difficultés en externe pour faire miroiter un venir plein d’espoir et de joie.



La difficulté sur ce sujet est bien qu’on est confronté à l’irrationnel. Ceux qui entendent s’ouvrir à un enfant pour se réaliser sont quasiment dans l’impossibilité d’entendre que l’exercice devient quasiment impossible, en tous cas très difficile. D’autant qu’à leur yeux, il y a tant d’enfants au monde qui souffrent et ne souffriraient pas avec eux ! Ces enfants sont-ils pour autant adoptables ? Dans le 93, on dit communément que  quelques 5000 enfants sont sans domicile; admettrait-on aisément que des Chinois ou des Burkinabe débarquent à Roissy pour les adopter?



Il faut ici éviter la démagogie et les faux espoirs. L’un comme l’autre sont redoutables et font très mal. Les pouvoirs publics doivent tenir un langage de vérité. Il sera ici intéressant de connaitre les conclusions de la mission confiée à J.-M. Colombani et le relais qui lui sera donné par le gouvernement.



Les médias ont leur part de responsabilité quand ils ont une approche compassionnelle du sujet sans en restituer les termes exacts. On doit se réjouir de la chute de l’adoption internationale si on se positionne du côté des enfants et non pas présenter la chose comme une catastrophe nationale.



Il faut rappeler que l’adoption est un droit pour l’enfant, mais une possibilité pour eux qui entendent accueillir un enfant. Comment pourrait-il en être autrement ?"

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