27.12.2010

France. Politique de l’immigration. Des enfants bloqués en Haïti

Ligues des Droits de l Homme France.jpgLes associations se réjouissent d’apprendre que des avions vont être dépêchés en Haïti pour ramener enfin plus d’une centaine d’orphelins à leurs parents adoptifs.

 
Sans vouloir opposer les uns aux autres, nous ne pouvons que relayer la douleur des familles d’origine haïtienne qui, elles, attendent toujours leurs propres enfants : beaucoup se trouvent toujours isolés en Haïti depuis le séisme où ils ont perdu la personne qui s’occupait d’eux.

Les proches qui leur restent en France se désespèrent devant les obstacles insurmontables qui leur sont opposés notamment par l’Ambassade de France en Haïti ou l’Office des Migrations : des papiers impossibles à trouver leur sont sans arrêt demandés.

Nombreux sont ceux qui n’ont pas eu la chance d’être pris en charge et sont confiés à des voisins ou vivent seuls sous la responsabilité du plus âgé, dans des conditions très précaires, sans accès aux soins, sans école.

En Guyane des centaines d’enfants sont attendus par leurs parents qui ont pourtant obtenu le regroupement familial mais n’arrivent pas à obtenir le visa.

Nous manifestons notre incompréhension devant cette politique qui prive des enfants déjà très éprouvés, d’un de leurs droits fondamentaux : vivre en famille ! « Faciliter le regroupement des familles » avait été une promesse prise publiquement au lendemain du séisme par le Ministre de l’Immigration de l’époque. Pour de trop nombreuses familles, il s’agit une fois de plus, d’une promesse non tenue.

Nous exigeons un traitement égalitaire dans l’intérêt des enfants et des familles.

Signataires (par ordre alphabétique) :

· Centre Anacaona Droits Humains Haïti, anacaona_droitshumains_haiti@yahoo.fr
· Collectif Haïti de France, www.collectif-haiti.fr
· France Amérique Latine, www.franceameriquelatine.org
· Ligue des Droits de l’Homme, www.ldh-france.org
· Plateforme d’Associations Franco-haïtiennes, www.pafha.fr
· Réseau Education Sans Frontières www.educationsansfrontieres.org

contact@collectif-haiti.fr
www.collectif-haiti.fr

Source: Ligue des Droits de l'Homme. 21.12.2010

14.08.2010

En Belgique-du-Nord, les nourrissons flamands peuvent aussi aller en internat.

baby internaat in vl.jpgUn "internat" pour bébé et enfants en bas âge ouvrira ses portes ce lundi à Waregem, rapporte le Standaard sur son site internet. Deux bébés y sont déjà inscrits. Ils passeront 4 nuits par semaine loin de leurs parents. Il reste encore 14 places vacantes. Avis aux parents submergés …

L'accueil de nuit des jeunes enfants n'est pas nouveau en Belgique, mais c'est la première fois qu'une crèche offre cette possibilité tout au long de la semaine. Les parents pourront y laisser leurs enfants du dimanche soir au vendredi soir, exactement comme avec un internat pour enfants et adolescents. "Deux enfants seront accueillis dès la semaine prochaine", indique Gretel Annemans, à l'origine de cette initiative. "Tous les deux resteront ici quatre nuits par semaine".

 

Car les grands-parents ne sont plus là pour aider...


Elle explique que "de nombreux parents peuvent beaucoup moins compter sur les grands-parents que par le passé", étant donné que ces derniers sont encore eux-mêmes souvent au travail. Il arrive aussi fréquemment que les grands-parents habitent trop loin. Il semblerait donc que certains parents préfèrent dormir sur leurs deux oreilles pour être en forme au travail plutôt que de s’occuper eux-mêmes de leur petit bébé, au risque de ne pas fermer l’œil de la nuit.
Cette crèche, baptisée Ennès, a demandé une attestation auprès de l'office flamande de l'enfance, Kind en Gezin, mais le document ne peut être délivré qu'après ouverture et visite d'inspecteurs. Pour l'accueil de nuit, des précautions particulières doivent être prises, notamment en matière de prévention des incendies.

 

Selon le professeur émérite Jean-Yves Hayez, de l’UCL : "L’enfant comprendra..."

 

“Il faut distinguer les parents qui placent leur enfant par nécessité et ceux qui le font par confort. Dans certaines situations (travail, déplacement), mieux vaut une structure stable, avec des professionnels. Il faut parler au nourrisson, lui expliquer. Même s’il ne comprend pas tout, il finira par comprendre.”
“ En revanche ”, poursuit le professeur, “ si les parents placent régulièrement l’enfant pour leur confort personnel, lors de mini-trips par exemple, il finira par comprendre. Avec le risque que, plus tard, il se referme sur lui-même et devienne égocentrique ”.
Il y a risque de développer des problèmes psycho-affectifs.

 

Source : RTL Info.

 

 

Ook baby's kunnen nu op 'internaat'

 

BRUSSEL - U wil uw baby laten overnachten op de kinderopvang, net zoals in een internaat? Geen probleem bij kinderopvang Ennès in Waregem, die maandag opent. 'Samen met de ouders voor hun kind zorgen', zo noemt de uitbaatster het zelf.
'Mogelijkheid tot internaatsformule, voltijds of deeltijds', staat er op de website van Ennès, een nieuw kinderopvanginitiatief in Waregem. Nachtopvang in kinderdagverblijven is op zich niet nieuw, maar het is voor het eerst dat een kinderverzorgster zich richt op nachtopvang voor een hele week. Ouders kunnen er hun baby's en peuters kwijt tussen zondagavond en vrijdagavond.
'Er komen volgende week al twee kindjes op internaat', vertelt initiatiefneemster Gretel Annemans (42). 'Allebei blijven ze hier vier nachten per week. Omdat ik de prijs afhankelijk maak van het inkomen van de ouders, kunnen ook gezinnen uit de lagere sociale klassen hier terecht.'

 

Twee slaapkamers

 

Annemans werkte voordien in de bijzondere jeugdzorg en merkte daar dat er veel vraag is naar nachtopvang voor baby's en peuters. 'Maar ik richt me uitdrukkelijk niet alleen op de bijzondere jeugdzorg: iedereen is hier welkom', zegt ze. 'Ouders kunnen veel minder dan vroeger rekenen op oma en opa die even bijspringen, want die zijn vaak zelf nog aan het werk. Ook wonen veel ouders niet meer zo dicht bij familieleden.'
Elk kind krijgt zijn eigen bedje, verdeeld over twee slaapkamers. 'Er is officieel plaats voor dertien kinderen, maar ik zal me beperken tot acht of negen kindjes in de dagopvang en vier of vijf kindjes in de nachtopvang.'
Rookdetector
Ennès heeft bij Kind & Gezin een aanvraag ingediend voor een attest van toezicht, maar dat kan pas toegekend worden als de opvang open is en er bezoek is geweest van inspecteurs. 'Kinderopvangcentra die nachtopvang aanbieden, moeten speciale maatregelen nemen voor de brandveiligheid', zegt woordvoerder Ronny Machiels. 'Er moeten rookdetectors hangen en er moeten voldoende nooduitgangen zijn. Centra met nachtopvang moeten ook een aparte slaapruimte hebben. De kinderen mogen dus niet in de leefruimte zelf slapen.'
Een internaat voor kleuters bestaat in Vlaanderen al enkele jaren, bijvoorbeeld in Mechelen. Maar nachtopvangplaatsen voor baby's en peuters waren totnogtoe gericht op occasionele opvang. Een van die 'kinderhotels' is Deborah Centre in Ravels. 'Wij liggen tegenover een feestzaal en krijgen vooral kinderen van ouders die daar naar een feestje gaan', zegt Dorothea Dekkers van Deborah Centre. 'Dat gebeurt vooral in het weekend en tijdens de vakanties. Maar zo vaak komt het niet voor, want er wonen hier ook veel grootouders in de buurt.'

 

Bron : Standaard.

 

 

Pas d'internat pour nourrissons en Belgique francophone

 

"Ce type d'institutions n'existe pas en Belgique francophone et aucun projet n'envisage pour l'instant d'en créer une", souligne Marie-Christine Mauroy, médecin coordonnateur de l'ONE.

 

L'internat pour nourrissons à Waregem choque la Ligue flamande des familles
Alors qu'un "internat" pour bébés et enfants en bas âge ouvrira ses portes lundi à Waregem, l'Office de la naissance et de l'enfance (ONE) a indiqué vendredi à l'agence Belga qu'aucune institution de ce genre n'existait en Belgiquefrancophone.

 

"Ce type d'institutions n'existe pas en Belgique francophone et aucun projet n'envisage pour l'instant d'en créer une", souligne Marie-Christine Mauroy, médecin coordonnateur de l'ONE.

 

"Priver un enfant en bas âge de ses parents pendant plusieurs jours pourrait le traumatiser", explique Marie-Christine Mauroy. En effet, il a été prouvé que l'enfant, qui n'établit pas un lien d'attachement dit "secure" avec un nombre réduit de personnes, pourrait éprouver, à l'avenir, des problèmes d'ordre psycho-affectif.
Cependant, Marie-Christine Mauroy préfère ne pas juger trop vite négativement l'internat flamand baptisé Ennès. "Tout peut très bien se passer si des mesures sont mises en place pour assurer la stabilité affective de l'enfant, par exemple, faire en sorte qu'un bébé soit toujours gardé par la même puéricultrice."

 

S'il n'y a aucun internat pour nourrissons en Belgique francophone, il existe, par contre, des crèches à horaires plus larges qui ouvrent très tôt le matin et ferment plus tard.
Il existe également des crèches qui fonctionnent 24h/24 comme la crèche "Les Bouts d'Choux" à Namur. Une crèche semblable est actuellement en construction près du centre hospitalier Peltzer-la-Tourelle à Verviers.

 

 

Internat pour bébés - Ils n'ont toujours rien compris !!!

14.03.2010

La Slovaquie prévoit d’enlever des enfants roms à leur famille

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Amnesty International estime que le fait de créer des internats pour les enfants roms et de « les détacher progressivement de leur mode de vie actuel dans les campements » serait discriminatoire et constituerait une atteinte flagrante au mode de vie des Roms.


Ce 8 mars 2010, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a annoncé que le gouvernement proposait un système dans lequel les enfants roms vivant dans des campements seraient placés dans des internats.



« L’idée que les enfants roms doivent être enlevés de leur famille et placés dans des internats, alors qu’ils pourraient être scolarisés dans des écoles classiques près de leur domicile, est de toute évidence contraire au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. C’est une atteinte à leur identité de les déraciner de leur environnement et de les enlever à leur famille », a déclaré Halya Gowan, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.



Les difficultés que rencontrent certaines familles roms vivant dans des campements – comme d’autres familles en Slovaquie – pour assurer l’éducation de leurs enfants en raison de la pauvreté, des barrières linguistiques et d’autres facteurs mettent en évidence la nécessité que le gouvernement apporte à tous son soutien et son assistance pour surmonter ces obstacles.



« Isolés du monde extérieur, les enfants roms auront plus de mal à participer pleinement à la société slovaque. La proposition du gouvernement perpétuera la ségrégation qu’ils subissent actuellement. En fait, elle va même l’officialiser, a souligné Halya Gowan.



« La proposition du gouvernement est complètement inadaptée aux évolutions de l’Union européenne. Si elle est adoptée, elle sera absolument contraire au droit slovaque et aux engagements internationaux en matière de droits humains sur la non-discrimination auxquels la Slovaquie est tenue. »



Amnesty International a déjà fait part à plusieurs reprises de ses graves préoccupations face à la discrimination et la ségrégation que subissent les enfants roms dans les écoles slovaques, notamment par le biais de leur placement dans des établissements spéciaux et des classes destinées aux élèves atteints de handicap mental.



« Au lieu de créer un nouveau système parallèle d’éducation distincte pour les enfants en fonction de leur origine ethnique, il faut que le gouvernement slovaque concentre ses efforts sur l’objectif d’intégrer tous les enfants dans l’enseignement général, quelles que soient leur origine sociale, leur langue ou leurs aptitudes », a insisté Halya Gowan.



Amnesty International engage le gouvernement slovaque à traiter le fond du problème : la ségrégation persistante dont sont victimes les enfants roms dans l’éducation, qui devrait être vaincue par des réformes du système scolaire afin de garantir un enseignement réellement ouvert à tous les enfants. Le gouvernement doit apporter un soutien adapté aux familles et aux élèves qui en ont besoin, pour que ces enfants puissent s’intégrer pleinement dans les écoles élémentaires classiques et y développer au mieux leurs capacités.



Pour voir le document Slovakia : Roma Children Still Lose Out : Segregation persists in Slovak schools despite new law - Campaign Digest, cliquez ici.


Source: Amnesty International.be | 8 mars 2010


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Les Roms, abandonnés comme jamais



Citoyens européens, les Roms sont de plus en plus institutionnellement maltraités. La non-scolarisation de milliers d’enfants est un scandale criant, dénoncé aujourd’hui par certains parlementaires



Nous sommes en 2010, aux portes de Paris. Le 7 février, deux enfants roms de trois ans et quinze mois mouraient dans l’incendie de leur cabane, située sur un terrain d’Orly (94). Censées avoir les mêmes droits que tous les citoyens, les familles roms continuent de subir les discriminations les plus violentes. Quelques jours après, les 11 et 12 février, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, se rendait en Roumanie pour « renforcer la coopération bilatérale en matière de répression des trafics et d’insertion sociale » [on notera l’ordre des priorités, ndlr]. Il s’agira clairement de limiter la libre circulation, dont le principe, déclare le ministre, « ne doit pas servir d’alibi au trafic d’êtres humains ». Trop de « rapatriés » (8000 personnes l’an dernier) – avec une aide au retour de 300 Ä par adulte et 100 Ä par enfant – seraient revenus en France, et un fichier avec empreintes digitales, comme au bon vieux temps, doit être mis en place d’ici quelques mois. Il s’agit, rappelons-le, de citoyens européens. Mais visiblement de seconde zone. De fait, originaires de différents pays européens mais à 90 % Roumains, ils sont à distinguer des gens du voyage qui, eux, sont citoyens français. Les Roms bénéficient en principe des mêmes droits que les autres communautaires… excepté l’accès au salariat pour une période transitoire censée s’achever fin 2011.
Le volet insertion est incontestablement plus compliqué. D’ailleurs l’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) prévoit en principe une aide de 4000 Ä aux Roms initiant un projet professionnel. Qu’y aura-t-il de plus ? On ne sait. Les collectivités locales de chaque pays pourraient, au mieux, coopérer pour présenter un projet. Une conférence européenne sur les Roms doit avoir lieu à Cordoue au mois d’avril.


Une quarantaine de camions d’enseignement en France



Dans le contexte actuel de cette improbable insertion, il existe un élément clé, pivot d’avenir : la scolarisation. Entre cinq et sept mille enfants roms sont, en France, directement concernés, selon le réseau Romeurope. Pourtant, « l’exclusion de l’école constitue presque la norme pour les enfants roms présents en France, plus encore qu’en Roumanie » : le 10 février, quelques députés et sénateurs (Verts, PCF, PS) ont reçu les associations de soutien et quelques enfants roms à l’Assemblée nationale. Il y a été dit qu’environ 2200 habitants de bidonvilles avaient été expulsés dans les deux derniers mois de 2009 ; deux éducatrices spécialisées ont témoigné des obstacles administratifs érigés par les communes pour l’inscription des enfants à l’école. À cette discrimination sociale, ethnique, Romeurope répond, dans une étude de 78 pages, par quelques propositions, dont certaines sont un rappel du droit commun : recensement par les communes des enfants en âge d’être scolarisés, respect du principe de leur affectation dans l’école du secteur, contrôle par l’inspection académique… Le fait, par exemple, qu’il existe une quarantaine de camions d’enseignement en France ne doit pas dédouaner les élus de scolariser les enfants dans leurs communes. En outre, les classes d’initiation (CLIN) et d’accueil (CLA) doivent enfin bénéficier de moyens suffisants, et la scolarisation dès la maternelle favorisée. Les conseils généraux devraient prévoir aussi des aides incitatives (cantine, transport, fournitures…), et les professionnels de l’Éducation nationale disposer de formations adaptées [1].
Évidemment intolérable, cette situation contrevient aux engagements du pays pour les droits de l’enfant.



Source: Lien Social N° 962 du 25 février 2010