11.12.2009

Canada. La Maison de L'Escargot : une maison pour enfants en situation d'abandon présentant des troubles de l'attachement.

Maison l Escargot.jpgLa Maison L’Escargot du Centre jeunesse de la Montérégie s’est vu remettre le Prix d’excellence santé et services sociaux de l’Institut d’administration publique de Québec après avoir remporté, il y a un mois, le Prix d’excellence du ministère de la Santé et des Services sociaux.

 

 

La maison L’Escargot est un milieu de réadaptation conçu spécifiquement pour accueillir six enfants de moins de six ans qui présentent des troubles sévères de l’attachement et vivent une situation d’abandon par leurs parents.

 

À cause de leurs retards de développement et de leurs problèmes de conduites, ces enfants « brûlent » systématiquement les familles d’accueil où ils sont placés. Sans un milieu de vie stable, sans l’accompagnement et les nombreux services spécialisés dont ils ont besoin, c’est une spirale de déplacements et de ruptures répétées qui s’enclenche et la répercussion de problèmes pour la vie.

 

La Maison L’Escargot, unique en son genre au Canada, offre à ces enfants ce milieu de vie stable, chaleureux et sécurisant. À l’aide d’un accompagnement personnalisé et d’une intervention intensive spécialisée, les enfants de L’Escargot y reconstruisent la base de leur identité et retrouvent une capacité d’attachement suffisante pour envisager un projet de vie dans une famille. Leur institutionnalisation est ainsi évitée et ils auront plus de chances de devenir des adultes responsables.

 

Une équipe d’experts a bâti un programme d’intervention novateur qui conjugue les connaissances sur les troubles de l’attachement avec les pratiques de la réadaptation, réadaptées elles-mêmes aux tout-petits. La direction et les représentants syndicaux ont convenu de règles de travail pour favoriser une présence continue auprès des enfants. Un long démarchage a permis d’obtenir les fonds supplémentaires exigés par l’aménagement du lieu, l’accompagnement plus intensif des enfants et la panoplie de services spécialisés à leur fournir.

 

Les résultats sont maintenant bien tangibles : Trois enfants ont intégré un milieu familial permanent. Un quatrième est en intégration progressive. Ils ont tous rattrapé leurs importants retards de développement. La médication de plusieurs a été réduite. Ils ont acquis la confiance et les habiletés sociales pour entrer en relation avec leur entourage. Quatre autres enfants vivent actuellement à la Maison l’Escargot. De plus, le savoir issu de cette expérience fait boule de neige dans les milieux d’intervention et scolaires de sorte que l’intervention de pointe qui s’y fait a permis de faire avancer les connaissances et les modes de pratique au profit de nombreux autres enfants vivant ces mêmes problèmes. Enfin, la couverture médiatique positive de la Maison L’Escargot a sensibilisé la population à la situation des enfants confiés à des centres jeunesse si bien que des gens d’affaires et du milieu politique s’impliquent à la cause de cette maison peu commune.

 

Ce prix vient reconnaître le caractère novateur de la Maison l’Escargot et l’apport inestimable auprès des enfants qui en bénéficient. Il reconnaît aussi la persévérance et l’expertise du personnel du Centre jeunesse de la Montérégie et la contribution indispensable des partenaires que sont la Fondation du CJM, la Fondation Lucie et André Chagnon, les gens d’affaires de Longueuil et tous les autres donateurs issus tant du milieu politique que du grand public.

 

À PROPOS DE L’INSTITUT D’ADMINISTRATION PUBLIQUE DE QUÉBEC


L’institut d’administration publique de Québec est un organisme sans but lucratif dont la mission est de promouvoir l’excellence dans l’administration publique en encourageant les pratiques exemplaires et en reconnaissant le travail des personnes qui ont atteint de hauts standards dans ce domaine.

 

À PROPOS DU CENTRE JEUNESSE DE LA MONTÉRÉGIE


Le Centre jeunesse de la Montérégie est un établissement offrant des services spécialisés de protection, de réadaptation et d’hébergement sur l’ensemble du territoire à travers 26 points de service. Les services s’adressent à des jeunes âgés de 0 à 18 ans et à leur famille. L’établissement offre aussi des services d’adoption et de retrouvailles.


Source: Santé Montérégie.

13.11.2009

L'attachement si difficile des enfants adoptés.

attachement si diffcile.jpgDes parents à la recherche de soins pour leurs enfants se réunissent régulièrement à Vannes (France) à l'initiative de l'association Pétales.

 


Samedi 16 janvier 2009, à 14 h 30. Réunion à Saint-Vincent Ferrier, église de Kercado à Vannes.
Renseignements complémentaires auprès de Marie-France Gicquel au 18, rue Abbé-de-La-Valière, Carentoir.
Tél. 02 99 08 93 13 ou 06 07 75 11 34.

 

L'association Pétales réunit régulièrement un groupe de paroles destiné à des parents d'enfants présentant des troubles de l'attachement. Ces enfants sont principalement adoptés mais peuvent aussi avoir été prématurés, hospitalisés à quelques mois, ou avoir souffert d'une dépression profonde de leur mère.


Ces troubles empoisonnent la vie des enfants qui en souffrent : impulsifs, manipulateurs, parfois violents, il supportent mal l'intimité, ne font confiance à personne, cherchent continuellement une place de chef ou de victime.


D'une manière générale, ces jeunes ont vécu des traumatismes liés à la négligence ou à une rupture brutale des liens avec leurs parents biologiques ou l'adulte en charge de veiller sur eux. Ils n'ont pu créer un attachement sain.


«Les amis, même notre propre famille, ne comprennent pas ce que nous vivons, pour eux il s'agit de troubles de l'adolescence. Ces enfants sont souvent adorables à l'extérieur», ajoute Marie-France Gicquel, de l'association Pétales, qui sait combien la culpabilisation est fréquente chez les parents.


Des troubles bien identifiés


La théorie de l'attachement a été développée par le pédopsychiatre anglais John Bowlby. Si les liens entre l'enfant et la mère ne sont pas construits durant les douze premiers mois de la vie de l'enfant, «son développement et son humanisation sont en péril.» écrivait-il.


Ces troubles ont été particulièrement étudiés au Québec ou en Belgique, mais pas en France.


« Les médecins ou psychologues qui prennent en compte ces troubles sont rares », souligne Marie-France Gicquel. « On nous a renvoyé au complexe d'OEdipe et proposé une thérapie familiale au risque de mettre toute la famille en danger », ajoute une dame . « On culpabilise les parents. C'est comme si pour une appendicite on décidait d'opérer toute la famille. »


Ce père adoptif lance : « Quand vous êtes amputé d'un bras, vous êtes handicapé, et tout le monde le comprend. Ces enfants sont réellement amputés d'une capacité affective, ils ne savent pas s'attacher. »


Source : Ouest-France.

 

- Témoignages. Les troubles de l’attachement : « enfant velcro », « enfant sumo », « enfant solo » : quel devenir à l’âge adulte ?
Psytoyens asbl.


13.07.2009

Royaume-Uni. Un enfant sur 15 ne réussit pas à créer des liens avec sa famille adoptive.

Number of adopted children returned to care has doubled in five years.jpgLe nombre d'enfants adoptés dont les nouvelles familles se décomposent ont doublé au cours des cinq dernières années, indiquent les nouveaux chiffres d'aujourd'hui.
Ils suggèrent que près d'un enfant sur 15 qui sont adoptés par les nouveaux parents ne parviennent pas à créer des liens avec leurs familles et finissent par retourner dans le système des soins et de placement.



Number of adopted children returned to care has doubled in five years


The number of adopted children who have been returned to care homes because their new parents cannot cope with them has doubled in the past five years.

Data obtained under the Freedom of Information Act show that the number has increased by a third in the past year alone as parents struggle with often challenging children who have suffered years of neglect or abuse in their natural families.

Going back into care after living with an adoptive family is a traumatic experience for children, and for the adoptive parents who have to accept their only chance of having a family has gone. It is also a huge cost to an already over-stretched system with the children likely to need expensive specialist care.

The increase in breakdowns comes despite a fall in the number of children being adopted. Only 4,637 children were adopted in 2007, the lowest number since 1999.

The data on breakdowns is in a survey of local authorities, conducted by More4 News and shared with The Times. More4 News will broadcast its special report tonight at 8pm.

Experts say the figures show that many children are being left to suffer at the hands of dysfunctional natural parents for too long before being taken into care by social workers. By the time they are adopted, many have severe emotional or behavioural problems.

Local authorities are not obliged to keep any data on adoption breakdowns and the vast majority of those contacted by More4 News had no figures or only partial records. However, according to the numbers kept by 92 out of 450 local authorities in England, Scotland and Wales, 57 children were returned to care in 2008-09 compared with 26 in 2004-05. If the pattern is repeated across the country, it means more than 250 children were returned to the care system last year.

The Adoption Act of 2002 was supposed to speed up adoption so that children do not have to languish in the care system for too long. However, the bigger problem may be that they are allowed to stay with their natural parents for too long before social workers remove them from their home.

Lord Laming, Britain’s foremost expert on child protection, highlighted this issue in the wake of the Baby P tragedy. He urged social workers to be far more realistic about parents’ ability to turn their lives around and to act more decisively when there are problems.

The figures are also a reflection of the changing face of adoption. Before the 1970s, most adopted children were babies born to single mothers, but today more than three quarters have been removed from their homes because of abuse or neglect. The increase in alcohol and drug abuse among parents is also a growing factor in care proceedings, with parents often being given several chances to break their habit before children are removed.

According to data provided to More4 News by the local authorities, last year only four per cent of adopted children were babies, with the majority aged between one and four. A quarter were aged between five and nine.

Adoption UK, the charity which supports adoptive families, said not enough was being done to help parents to care for a challenging child.

Jonathan Pearce, of Adoption UK, said: “The figures starkly illustrate the difficulties and complexity of modern-day adoptions from care and also highlight the lack of support for adoptive families in their challenging task of being therapeutic parents for traumatised children.”

The charity says the system is still too preoccupied with the intense and lengthy approvals process for would-be adoptive parents, rather than preparing them in advance and helping them afterwards.


Case study
‘I had naively believed in love’


Initially, the adoption seemed to be going well. But Kate discovered that Alex, whom she had adopted when the child was four, had an attachment disorder and heard voices.

“She never left my side, ever,” Kate says. “She couldn’t watch television, she couldn’t play, she didn’t want to play with other children. There was nothing that she could do by herself.”

Alex’s behaviour deteriorated rapidly and she began to torture the family cat. She tried to kill her rabbit. Social services had warned Kate that her daughter’s background was “as bad as it gets”. Alex’s natural mother was an alcoholic and a drug addict.

“I naively believed that with enough love and enough attention and security we could make it all better for her,” Kate says. “But it became a nightmare caring for a child who isn’t attached to you.”

(All names have been changed))


Source: Times. 10 juillet 2009.


One in 15 children fail to bond with their adopted families according to new figures



Numbers of adopted children whose new families break down have doubled in the past five years, new figures indicated today.

They suggest that around one in 15 children who are adopted by new parents fail to bond with their new families and end up back in the state care system.

The growth in the level of failed adoptions is the latest blow to hit the system for finding new families for children who cannot live with their own parents which has been surrounded in deepening controversy for a decade.

Only slightly over 3,000 children a year now win new families by adoption from the state care system.

Numbers have dropped despite Tony Blair's 2002 adoption law which was intended to push up adoption totals back towards the high levels of the 1970s.

Many of the children who are adopted from care are not babies but older children who have been put up for adoption by social workers only after years of failed attempts to persuade their birth parents to look after them properly.

Most have spent years in care homes or living with a succession of temporary foster parents.

The Labour adoption law did, however, open the door for more single parents and gay couples to adopt children.

The new figures, gleaned from freedom of information requests, show that 57 children were returned to the state care system in the year that ended in April following failed adoptions from 92 local authorities with children's services departments.

The figure compared with 26 in 2004/05.

It suggests that among the 300 councils with children's social services there may have been almost 200 failed adoptions last year from around 3,200 adoptions of children from the care system.

The rising numbers suggest adoption may be coming too late to help many children. In the 1970s, when there were more than 20,000 adoptions from care every year, most adoptions were of babies given up by single parents.

But generous new benefits and housing for single mothers and the growing suspicion of adoption among social workers - who have been open about their dislike of the idea of supplying childless middle class women with families - cut numbers down heavily during the 1980s.

Many couples find it hard to pass the tests set for adoptive parents, which weed out those considered too old, too unfit, those with undesirable habits like smokers, and those with undesirable views on matters like race equality.

However social workers have been anxious to attract new kinds of adoptive parents since Mr Blair's law was passed.

They have been on the lookout for more single parents, sometimes on the basis that children who have grown up with single mothers should be placed with adoptive single mothers.

A series of Roman Catholic adoption agencies have been forced to stop finding homes for children because they object to placing them with gay couples, and in May, the main state-financed adoption agency, the British Association for Adoption and Foster, was forced to apologise after a publication called opponents of gay adoption 'retarded homophobes'.

Author on adoption and the family Patricia Morgan said of the new figures: 'Adopted children themselves have often suffered repeated attempts to re-unite them with their birth parents. Many have also been recycled through many foster homes and children's homes.

'By the time they are finally adopted they can be terribly disturbed and absolutely unmanageable.'

She added: 'There is also a matter of what the adoptive home is like.

'Far more children are now being placed with single mothers. There are figures which show half of placements of older children with single mothers break down.

'There are also increasing numbers of children placed with gay couples and we don't have information on breakdown rates.'

Source: Mail Online.


Looking after Children.
It is bad news that the young are returning to the care system


The Plain English campaign’s recent complaints about the inappropriate use of language in politics has missed the main target. There is no more misleading euphemism in public policy than “looked-after children”, the new term for what used to known as children in care.

The care system in Britain is expensive and ineffective. Around 60 per cent of children in care leave school with no qualifications. They are 50 times more likely to end up in prison than their peers. Neither is there any real relationship between performance and spending. Local authorities now spend £40,000 a year for every child in care. Yet there has been almost no improvement in their educational achievement in a decade. That is why it is especially discouraging news that the number of adopted children who have been returned to the care system after a failed attempt at adoption has doubled in the past five years.

British law enshrines the laudable principle that children should be kept in their natural families. Under the Children’s Act 1989 local authorities were specifically given the task of promoting “the upbringing of children by their own families”. To uphold family life is a laudable principle. But it is not the sovereign value and more than three quarters of adopted children have been victims of abuse or neglect, usually at the hands of parents with alcohol or drug problems.

This presumption often means that children are kept in their birth family for too long. Lord Laming has also pointed out that court fees for applying to take children into care can be a deterrent, falling, as they do, on councils. The Adoption Act 2002 was expressly designed to expedite the adoption process but a 2006 government study found that delays in entering the care system still significantly reduced the chances of a viable adoption.

As a consequence, when children are finally placed in their adoptive families, their problems have been simmering for too long. Then, the support on offer for adoptive parents is inadequate. The Children (Leaving Care) Act 2000 introduced personal advisers to help care leavers to prepare for independent living. The formal system is not working well enough.

The best solution is fostering. The average cost per child in care is £774 per week. For children in residential homes the average is more than £2,000. For foster care it is just £489. The system, however, is 10,000 people short. Worse, more than 90 per cent of foster carers are over 40. Since 2007 there has been a national minimum for allowances but this has by no means been implemented universally. Forty per cent of foster carers receive no fees at all and 75 per cent are paid below the national minimum wage.

The combination of an overloaded system, recalcitrant children and inexperienced parents is not one that we should expect to work very often. In a sense it is a surprise that these disappointing figures are not worse than they are. The most important factor for a child in care is a durable attachment to a trusted adult. When this is lacking, as too often it is — one in ten children is moved nine or more times — progress is all but impossible. Philip Larkin once said that an only life can take so long to climb clear of its wrong beginnings, and may never. We have a duty of care to these children and it is not being exercised.

Source : Times.

 

Repères


- Deux enfants retournés après 6 ans à cause d'une dépression post-adoption
Six ans après avoir adopté deux garçons, Michelle Brau était incapable de créer un lien avec eux. Maintenant, ces garçons se trouvent dans une nouvelle maison. Elle aurait souffert d'une condition que plusieurs ne comprennent pas encore: la dépression post-adoption.
Publié par Kim Myung-Sook sur Fabriquée en Corée.

 

- En France, le dernier ouvrage de Catherine Sellenet Souffrances dans l'adoption résonnerait-il comme un coup de tonnerre dans un ciel serein ? Mais le firmament n’est immaculé que pour ceux qui refusent de voir les nuages qui s’accumulent depuis des années.
C’est que la rumeur enfle : il y aurait de plus en plus d’échecs d’adoption. On évoque des chiffres allant de 2 à 40 %.

 

25.12.2008

Enfant en trouble de l'attachement cherche parents

Pierre Foglia.jpgIl y a une ou deux semaines, ma collègue Katia Gagnon m'a envoyé le texte qui a été publié dimanche dans La Presse en pages 2 et 3, sous le titre Sortir de la maison hantée , texte coup-de-poing, et pourtant tout en retenue, magnifiquement illustré de ces maisons rouges et noires qui hurlent à l'évidence que l'enfant qui les a dessinées a le coeur barbouillé.

 

Dans la petite note qui accompagnait son texte, Katia me disait: tu comprends, l'idée c'est de trouver une famille à cet enfant-là, si ça te tente, on ne sera pas trop de deux à en parler.

Je vous résume. L'Escargot est une dépendance, une extension exceptionnelle du centre de jeunesse de la Montérégie. On y accueille une demi-douzaine de très jeunes enfants (de 3 à 6 ans) qui ont vécu l'enfer. On rafistole du mieux qu'on peut leurs ailes toutes brisées et au bout d'un an ou deux, quand ils recommencent à voler un petit peu, on essaie de ne pas les renvoyer dans le système.

Sont trop fragiles pour le système. Trop écorchés pour se retrouver dans un centre d'accueil ou même dans une famille d'accueil traditionnelle. Qu'importe les horreurs qu'ils ont vécues, ce qui a été touché chez ces enfants, c'est la confiance. Le reste marche plutôt bien, la tête est tout allumée, le coeur assoiffé d'amour c'en est à brailler, mais c'est les pieds : ces enfants-là avancent à tout petits pas dans un champ de mines. Tu leur dis avance, avance, c'est correct, y a pas de danger... S'ils savaient le faire, ils te répondraient en te faisant un doigt. Mon cul, oui, j'y vais pas, ça va encore me sauter dans la gueule. Ça leur a sauté dans la gueule si souvent.

Vous savez combien les psys sont observateurs, ils disent que ces enfants-là souffrent d'un trouble de l'attachement. C'est le nom officiel.

Un enfant en trouble d'attachement a besoin d'une famille où il sera le seul enfant, pas quatre ou cinq comme dans une famille d'accueil traditionnelle, encore moins un régiment comme dans un centre d'accueil. Ça lui prend un lien dont il sera certain que c'est pour l'attacher lui, pas le voisin.

L'expression couper le cordon? Eux, c'est le contraire. Il faut renouer leur cordon à une maman et un papa. Et comptez sur lui pour tirer très fort dessus pour vérifier s'il est bien attaché, si c'est solide, ce truc-là, si ça va pas lâcher à la première secousse.

La DPJ a une liste de familles pour ces enfants-là. Paraît que ce n'est pas si compliqué. Une petite blonde de 4 ans toute frisottée qui zozote un peu, ça se place comme ça, en claquant des doigts.

Un gamin de 8 ans, c'est beaucoup, beaucoup moins évident. Les gens préfèrent adopter des petits enfants, c'est encore plus vrai pour des enfants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) .

***

Simon a 8 ans. Il est arrivé à l'Escargot, il y a deux ans, un cas très lourd, je cite Katia : «À son arrivée à l'Escargot, il passait son temps sous la table de la cuisine. Il faisait des crises. Il hurlait. Il crachait comme un petit chat enragé.»

Quand je suis allé le voir l'autre jour à l'Escargot, il s'est assis à côté de moi, dans le salon, pas effrayé ni rien. Je me suis présenté comme un monsieur qui raconte des histoires dans les journaux, veux-tu me raconter une histoire, Simon?

Non. Mais je peux te montrer des photos.

Il est allé chercher un album qu'on a feuilleté. Il y avait une photo de lui avec sa classe à l'école, je lui ai demandé comment ça allait à l'école il m'a dit : ça va trop bien.

Trop, comme s'il n'y croyait pas lui-même. Jusqu'ici, dans sa vie, l'école est sa plus grande réussite. En parlant, je faisais exprès de le toucher, la main sur l'épaule ou je le poussais avec mon coude, c'était pour voir à quelle vitesse il rentrerait dans sa coquille d'escargot, mais non, il n'avait pas peur du tout. Vous me donnez deux jours et ce gamin-là, je lui fais le coup du grand monstre des rutabagas en lui disant que si je t'attrape, je te mange les oreilles, combien on parie qu'il se sauve en riant comme un fou?

Je ne me rappelle plus la couleur de ses yeux, mais c'est pas bleu. Il a les cheveux courts. Parlant de ses oreilles, elles sont un peu grandes, mais il n'a pas l'air pour autant d'un éléphant, il a l'air d'un gamin de 8 ans.

C'est son problème, trop vieux pour l'adoption, trop vieux aussi pour l'Escargot.


Enfant cherche parents.


En 35 ans de chronique, j'ai essayé de vous refiler 12 000 chats, quelques chiens, un perroquet, trois lapins. Un enfant, c'est la première fois.

L'Escargot est une maison comme une autre dans un quartier résidentiel de la Rive-Sud, mais ce n'est pas une ressource comme une autre. Une éducatrice par enfant ou presque, des services extrêmement pointus, on sort de là en se disant que dans leur grand malheur, ces enfants-là ont de la chance de pouvoir compter sur un sanctuaire aussi providentiel, une ressource de pays riche, mais pour une fois que ça sert à quelque chose d'être riche, youpi, on se sent moins pourri comme société riche que d'habitude.

Reste que cette ressource a ses limites et c'est là qu'est rendu Simon, à la limite de la ressource.

Savez comme nous sommes prompts, nous les citoyens, à déplorer à propos de tout et de rien l'absence de volonté politique. Ici, c'est clair, le politique a fait ce qu'il avait à faire. L'institutionnel si souvent dénoncé a fait son job, plutôt magnifiquement, même.

C'est maintenant aux gens de bien de prendre Simon par la main.


Qu'est-ce que l'Escargot?


C'est une ressource du centre jeunesse de la Montérégie, une maison qui accueille six enfants de moins de 8 ans. Ces enfants ont été sévèrement maltraités ou négligés, à tel point qu'ils ont conçu un trouble de l'attachement, une maladie répertoriée dans les manuels de psychiatrie. Comme ils n'ont pas pu créer avec leurs parents ce lien d'attachement primordial, ils ont beaucoup de difficulté à faire confiance à un adulte. Ils craignent par-dessus tout d'être rejetés. Dans le quotidien, ce sont des enfants très difficiles, que la plupart des familles d'accueil ont été incapables de garder. C'est pourquoi on a créé, pour eux, cette nouvelle ressource, qui existe depuis maintenant trois ans. Les enfants qui l'ont fréquentée depuis 18 ou 24 mois ont tous vu leurs comportements et leur état psychologique s'améliorer grandement. Certains sont maintenant prêts à faire la transition vers une vraie famille. Ils continueront cependant à voir leurs parents biologiques sur une base régulière.


Source : Cyberpresse.

02.08.2008

Attachement et adoption. Deborah D. Gray.

attachement-adoption.jpgEditions : De Boeck Université.
Collection : Parentalités

 

Description



Ce livre de Deborah D. Gray est avant tout destiné aux parents adoptifs et d’accueil et leur présente d’une façon claire les différentes étapes du développement de tout enfant, puis explique comment ces étapes peuvent être parcourues quand l’enfant a vécu l’abandon par sa maman de naissance. Il fourmille de conseils pratiques et de suggestions, le tout reposant sur des bases théoriques solides concernant l’attachement, le développement et les traumatismes précoces. Des sujets tels que les traumatismes, le deuil, les troubles de l'attachement, l'âge émotionnel par rapport à l'âge chronologique, les changements culturels, l'origine ethnique, l'exposition prénatale à l'alcool et aux drogues, mais aussi comment obtenir des diagnostics, identifier les défis familiaux et y faire face, former un cercle de soutien autour de la famille, rencontrer et travailler avec des professionnels de la santé mentale, sont abordés pour permettre aux parents d'évaluer le développement psychoaffectif de leur enfant, les défis particuliers de leur famille et comment permettre à leur enfant de développer son plein potentiel.

Attachement et adoption est préfacé par Cécile Delannoy, maman adoptive et auteur de Au risque de l’adoption (La Découverte, Paris, 2006), bien connue en France pour son engagement et son soutien des parents adoptifs en difficulté et par Johanne Lemieux, maman adoptive et travailleuse sociale, qui a développé au Québec depuis plus de 10 ans l’Adopteparentalité© méthode biopsychosociale d’accompagnement des familles adoptives.



Préface



Comme aurait dit Magritte, au mépris de l’évidence, ceci n’est pas un livre… Ce n’est pas un livre, c’est un guide quotidien pour parents affrontés à la dure réalité d’un enfant qui ne parvient pas à s’attacher à eux avec confi ance, sérénité, sécurité. Un guide comme en ont les jeunes parents qui élèvent leur premier nourrisson et qui doivent apprendre tous les gestes, comment le changer, que faire quand il pleure, quand peut-on introduire du jaune d’oeuf ou une croûte de pain… On le parcourt – la table des matières, puis quelques pages de ci de là – pour savoir ce qu’on y trouvera, et ensuite on le consulte autant que de besoin. Jusqu’à ce qu’il tombe en miettes, pages arrachées, bords écornés ou jaunis, couverture décollée…

C’est un livre pour parents adoptifs, ce n’est pas un livre pour professionnels en quête d’informations solides sur la théorie de l’attachement. Non que l’auteur la connaisse mal ! … Elle en est assez imprégnée pour y faire référence presque à chaque page. Mais son but, son talent, sa vocation, ce n’est pas d’exposer une théorie à des professionnels et de les convaincre de l’intérêt ou de la justesse de cette théorie. Elle ne l’expose pas de manière structurée, ne la discute pas, ne l’argumente pas. C’est pour elle une toile de fond, un contexte évident. Et pour les parents qui reconnaîtront leur enfant dans telle ou telle des nombreuses vignettes qui illustrent ce guide, l’évidence sera la même… Les parents plus exigeants en matière théorique – et bien entendu les professionnels de l’enfance – qui voudraient en savoir plus sur l’attachement peuvent se référer à d’autres ouvrages : Le petit livre d’Antoine et Nicole Guedeney, L’attachement (Masson, 2002), le gros livre de Blaise Pierre Humbert, Le premier lien, théorie de l’attachement (Odile Jacob, 2004), ainsi que l’ouvrage de Peter Fonagy, Théorie de l’attachement et psychanalyse (Erès, 2004), qui confronte théorie freudienne et théorie de l’attachement en soulignant les points de désaccord mais surtout les lignes de convergence possibles. Et ils reviendront peut-être vers Deborah Gray pour habiller la théorie de réalités charnelles, vécues, quotidiennes.



Extraits


- Préface de Cécile Delannoy.

- Avant-propos de Johanne Lemieux, travailleuse sociale au Québec.

- Introduction. Équiper les parents des enfants à risque de problèmes d’attachement.

- Chaptire 1. Qu’est-ce que l’attachement et pourquoi est-ce si important ?
  Qu’est-ce qu’un attachement normal et sain ?
  Le cycle de l’attachement
  Qu’est-ce qui interrompt l’attachement ?

Extraits chapitre 4. Réactions de deuil des enfants.
   Rôle des parents en assistant les enfants dans le deuil
   Retrait affectif
   Irritabilité et comportements d’opposition
   Pourquoi les parents sont-ils en deuil ?
   Deuil non résolu lié au vécu de l’enfance

- Extrait chaptitre 7. Autres complications pour l’attachement.
  Syndrome d’Asperger.

 

* * *

Do the terms RAD and Attachment Disorder mean anything to you ?

With so much time and attention given to adoption-studies and the new-age labeling of RAD given to adopted children, I think it's only natural for adult adoptees to seek new information relating to a disorder that focuses on an adoptee's ability/difficulty achieving fulfillment and security through close personal  relationships.
Pound Pup Legacy - Kerry

06.07.2008

Psychologies.com - Réponse d'expert : Claude Halmos, psychanalyste

ClaudeHalmos.jpg... ... ...  Devons-nous envoyer en internat notre fille adoptive, qui vole et qui ment ?
Nous avons adopté, il y a quatre ans, une enfant roumaine de 8 ans. Très vite, elle a présenté des « troubles de l'attachement » (vols, mensonges, violence). Notre famille est malmenée.
Le pédopsychiatre qui la suit depuis trois ans préconise l'internat. Aidez-nous.

Paule - Grenoble




La réponse de Claude Halmos



Votre lettre, Paule, m'a fait me poser beaucoup de questions. Non pas par rapport à vous, mais par rapport aux professionnels qui s'occupent de votre fille.

Cette enfant en effet a déjà subi, à 12 ans, plus de traumatismes graves que bien des adultes. Elle a vécu la perte de ses parents biologiques ; connu les orphelinats roumains, dont on sait qu'ils ne sont pas des modèles d'humanité, l'arrachement à la langue qui a été celle de ses premières années et enfin l'arrivée dans une famille qu'elle ne connaissait pas. Vous étiez prêts à l'aimer ? Certainement. Mais pensez-vous qu'avec une histoire pareille, un enfant puisse encore croire un adulte et lui faire confiance ? Elle s'est mise à mentir, voler et se montrer violente ? Cela n'a rien d'étonnant. Elle ne fait que reproduire ce qu'on lui a fait.


La vie lui a volé ses « parents de naissance ». On lui a sans doute menti plus souvent qu'à son tour. Quant à la violence, outre celle inhérente à sa situation, les orphelinats roumains n'en sont pas exempts… Or, au lieu d'écouter sa souffrance (et la vôtre), on pose un diagnostic déshumanisé : « troubles de l'attachement ». On vous conseille d'ignorer ses provocations et, pour vous protéger, de la mettre en pension, c'est-à-dire de lui faire vivre un nouvel abandon.


Mais comment n'aurait-elle pas des difficultés à s'attacher ? Qui s'est attaché à elle ? Qui s'est préoccupé de ses attachements de bébé ? Un enfant adopté, Paule, arrive dans sa famille adoptive avec son histoire et il la répète toujours. Il faut donc d'abord aider ses parents adoptifs à comprendre qu'ils ne sont pas en cause. Leur donner les moyens d'analyser ce que suscite chez eux l'attitude de l'enfant. Et faire avec eux et ce dernier un travail pour décrypter ses comportements de façon à pouvoir reconstituer son passé, le lui restituer et lui permettre de le dépasser. C'est-à-dire de retrouver la force de prendre à nouveau le risque d'aimer.


Source : Psychologies.com

 

 

En savoir plus sur les troubles de l'attachement

 

->  Troubles de l'attachement.
Johanne Lemieux, travailleuse sociale, Québec, Canada.

->  Touchez pas à mon coeur.
Johanne Lemieux, travailleuse sociale, Québec, Canada.

->  L'histoire de Marie. Johanne Lemieux.
Johanne Lemieux, travailleuse sociale, Québec, Canada.

->  Guide de traitement des troubles sévères de l'attachement
Niels Peter Rygaard, psychologue. Danemark.

->  Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?
Si la plupart vont bien, l'étude "The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy" met en évidence un peu plus de troubles du comportement, d'anxiété et de dépression que chez les non-adoptés.
Le Figaro

->  Enfants adoptés, l'envers du décor. La première enquête française sur les ratés de l'adoption.
Revue La Vie

17.06.2008

Des enfants adoptés, déracinés et qui souffrent.

Parents, éducateurs, spécialistes sont déconcertés par les « troubles de l'attachement » qui s'emparent de certains enfants adoptés. L'association Petales fédère et soutient les parents concernés.

 

C'était un gamin enjoué, peu avare de risettes au temps du berceau. Et puis, les années passant, sa métamorphose comportementale s'est accomplie. Il est devenu impulsif, accaparant, incapable de contrôler ses humeurs et ses pulsions.

Manipulateur, parfois violent - envers les autres mais aussi envers lui-même - le gosse adorable d'hier s'est mué en un « empoisonneur » dont parents et éducateurs ont un mal fou à comprendre et gérer les écarts de conduite, à la maison, à l'école ou, plus tard, au travail.

Les pédopsychiatres qualifient de « troubles de l'attachement » cette pathologie qui survient au cours des deux ou trois premières années de la vie. Elle concerne, pour une très large part, des enfants adoptés.

D'une manière générale, des jeunes qui, pour des causes diverses (naissance prématurée, hospitalisation de la mère, séparation des parents...), ont mal vécu une rupture avec leurs parents biologiques.

 

Une réunion interrégionale à Angers.

 

L'association Petales France (1) connaît le problème : 95 % de ses centaines d'adhérents sont des parents adoptifs. Elle organise, le 21 juin, à Angers, une réunion interrégionale sur ce thème douloureux. Elle aura lieu de 13 h 30 à 17 h, au parc de loisirs du lac de Maine.

« Pour l'instant, hélas, il n'y a pas de solutions pour ces enfants qui souffrent », commente la Bretonne Marie-France Gicquel, en évitant pudiquement d'entrer dans les détails de son drame personnel.

La « théorie de l'attachement », dont elle relaye les principes pour aider les autres à mieux comprendre, c'est le pédopsychiatre anglais John Bowlby, mort en 1990, qui l'a établie.

« La construction des premiers liens entre l'enfant et la mère répond à un besoin biologique fondamental, écrivait-il. Et, s'ils ne sont pas construits durant les douze premiers mois de la vie de l'enfant, son développement et son humanisation sont en péril. »

Des carences affectives précoces, des traumatismes liés à la négligence ou à une rupture de ces premiers liens gomment donc chez l'enfant « le sentiment de baigner dans un environnement favorable et protecteur » et font émerger chez lui, a contrario, l'idée d'un abandon.

Du coup, explique Marie-France Gicquel, « on assiste chez lui à d'étonnantes métamorphoses. Il fabule. Il ment. Il provoque parfois des punitions en jouant aux victimes. Il est capable de violences et d'automutilations. Les éducateurs, qui s'interrogent sur la signification de ces comportements, ont souvent tendance à incriminer les parents, sans connaître les drames intérieurs que ceux-ci vivent, impuissants... »

Les groupes d'entraide de Petales France s'évertuent à briser justement l'isolement des parents. La réunion d'Angers contribuera à rechercher des solutions susceptibles de déboucher sur des soins adaptés aux enfants. Faute, aujourd'hui, d'une thérapie efficace.

 

(1) Le sigle "Petales" signifie Parents d'enfants présentant les troubles de l'attachement : Ligue d'entraide et de soutien.
Contact : www.petalesfrance.fr/index.html ; BP 50 132, 02303 Chauny Cedex ; tél. 03 23 39 54 12.

 

Sources : Ouest France. Vitré et sa région.


Sur le même sujet


-> Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?
Etude "The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy."

-> Troubles de l'attachement.
 Meanomadis.

-> L'histoire de Marie.
Meanomadis.

-> Touchez pas à mon coeur.
Meanomadis.

12.06.2008

De graves problèmes chez les enfants adoptés d'origine roumaine aux Pays-Bas.

UniversiteitUtrecht.jpgErnstige problemen bij Roemeense adoptiekinderen in Nederland

 

Roemeense adoptiekinderen ervaren ernstige problemen in ontwikkeling en gedrag.
Het is voor ouders en leerkrachten moeilijk om hier goed mee om te gaan, en om geschikte hulpverlening te vinden. Dat concludeert promovenda Kathinka Rijk.

 

Roemeense adoptiekinderen in Nederland zijn in de periode vóór hun adoptie blootgesteld aan (ernstige) verwaarlozing in de Roemeense kindertehuizen. Dit heeft ingrijpende gevolgen voor hun ontwikkeling en gedrag. De Rijk volgde voor haar onderzoek 80 kinderen. Van deze kinderen laat ongeveer de helft gedragsproblemen zien in een mate dat professionele hulpverlening geadviseerd wordt. Deze problemen nemen weinig tot niets af over een periode van vijf jaar. Het percentage kinderen in het speciaal onderwijs (47%) is veel hoger dan normaal.

 

De problemen die de kinderen ervaren, vormen voor de adoptieouders een extra uitdaging in de opvoeding. Ondanks deze zwaardere belasting, lijken de ouders de opvoeding over het algemeen goed aan te kunnen. De ouders geven aan dat ze in de opvoeding een warme en accepterende houding aannemen, en dat een zeer consequente en gestructureerde aanpak het beste is voor deze kinderen. Ze blijken het wel moeilijk te vinden om adequate hulpverlening te vinden voor de complexe en specifieke problemen van hun kind.

 

Ook de leerkrachten en hulpverleners benadrukken het belang van een warme, extreem gestructureerde en consequente aanpak. Sommigen van hen worstelen met het feit dat ze weinig kennis hebben over de effecten van verwaarlozing. Kathinka Rijk benadrukt dat adoptieouders van verwaarloosde kinderen en andere direct betrokkenen goed begeleid moeten worden.

 

Promotie : 13-06-2008, 10:30 uur, Academiegebouw, Domplein 29, Utrecht.
 
Kathinka Rijk, Sociale Wetenschappen
Proefschrift: Coping with the effects of deprivation 
Promotor 1: Prof.dr. W. Koops 
Copromotor 1: Prof.dr. R.A.C. Hoksbergen 


Bron : Universiteit Utrecht, Nederland

 

- Adoption of Romanian children in the Netherlands: Behavioral problems and parenting burden of upbringing for adoptive parents. (2004)
René A. C. Hoksbergen, Jan Ter Laak, Cor van Dijkum, Kathinka Rijk.
Igitur Archief Universiteitsbibliotheek Utrecht.

 

- Adoptie van Roemeense kinderen in Nederland : gedragsproblemen van kinderen en opvoedingsbelasting voor adoptieouders. (2002)
René Hoksbergen, Felici Stoutjesdijk, Kathinka Rijk & Cor van Dijkum.

 
Abstract
 
This is the first report of the second part of a longitudinal study of adopted children born in Romania. Seventy two Dutch adoptive parents, who adopted 80 Romanian children, filled in the Child Behavior Checklist (CBCL) and ‘The Nijmegen child earing questionnaire’ (NVOS). They also participated in a semi-structured interview (respons 83%). Of the adoptees scored on Total Problems 36% and on the Externalizing dimension 34% in the clinical range of the CBCL. They frequently scored clinical for ‘Attention problems’, ‘Thought problems’ and ‘Social problems’. A significant number of children who were two years or older at placement and less than five years in the adoptive family scored in the clinical range on almost all CBCL yndromes. The CBCL-scores predicted for 56% of the mothers who filled in the NVOS and for 51% of the fathers, the positive or negative judgement of family-stress.
 
Source : Pedagogiek. 2002, vol. 22, no1, pp. 55-69

 

- Adoptieouders, zwaar belaste ouders ?
René Hoksbergen, Felici Stoutjesdijk, Kathinka Rijk & Cor van Dijkum.
Pedagogiek. 2002, vol.22, n°4, pp. 338-354

 


Résumé
 
  
Les enfants adoptés roumain rencontrent de graves problèmes de développement et de comportement. Il est difficile pour les parents et les enseignants de s'y prendre avec eux et de trouver une assistance appropriée. C'est la conclusion de Kathinka Rijk, candidate au doctorat.

 

Ls enfants roumains adoptés aux Pays-Bas dans la période précédant leur adoption ont été exposés à des abandons et négligences (graves) dans les orphelinats roumains. Ceci a des conséquences profondes sur leur développement et leur comportement. Rijk a mené son enquête sur 80 enfants. De ces enfants, la moitié montrent des problèmes de comportement de telle sorte qu' une aide professionnelle est conseillée. Ces problèmes ne diminuent peu ou pas sur une période de cinq ans. Le pourcentage d'enfants dans l'enseignement spécial (47%) est beaucoup plus élevé que la normale.

 

Les problèmes que ces enfants rencontrent, forment un défi supplémentaire pour les parents adoptifs en matière d'éducation. Malgré la lourde charge, les parents semblent en générale se débrouiller avec l'éducation. Les parents indiquent qu'ils adoptent une attitude chaleureuse et tolérante dans l'éducation, et qu'une approche très cohérente et structurée est la meilleure pour ces enfants. Toutefois, ils semblent  éprouver des difficultés à trouver une aide adéquate pour surmonter la complexité et des problèmes spécifiques de leur enfant.

 

Les enseignants et les équipes soignantes aussi soulignent l'importance d'une approche chaleureuse, très structurée et cohérente.
Certains d'entre eux ont du mal avec le fait qu'ils ont peu de connaissances sur les effets de l'abandon. Kathinka Rijk souligne que les parents adoptifs d'enfants abandonnés et autre parties concernant doivent être bien accompagnés.

 

 

- Ce n'est pas nouveau

 

En particulier, les enfants adoptés à l'étranger présentent une problématique psychosociale plus importante que les enfants non-adoptés. (Feigelman, 2000; Haugaard, 1998; Hoksbergen, 1996; Moore & Fombonne, 1999; Peters, Atkins & McKernan McKay, 1999; Stams, 1998; Wierzbicki, 1993).

- Feigelman, W. (2000). Adjustments of transracially and inracially adopted children. Child and Adolescent Social Work Journal, 17, 165-184.
- Haugaard, J.J. (1998). Is adoption a risk factor for the development of adjustment problems? Clinical Psychology Review, 18, 47-69.
- Hoksbergen, R.A.C. (1996). Traumabeleving door geadopteerden. Tijdschrift voor Orthopedagogiek, 35, 279-293.
- Moore, J.M., & Fombonne, M.D. (1999). Psychopathology in adopted and non-adopted children: A clinical sample. American Journal of Orthopsychiatry, 69, 403-409.
- Peters, B.R., Atkins, M.C., & McKernan McKay, M. (1999). Adopted children’s behaviour problems: A review of five explanatory models. Clinical Psychology Review, 19, 297-328.
- Stams, G.J.J.M., Juffer, F., Rispens, J., & Hoksbergen, R.A.C. (1998). Give me a child until he is seven. The development and adjustment of children adopted in infancy. Part I: a comparative study. In G.J. Stams.(red.), Give me a child until he is seven. A longitudinal study of adopted children, followed from infancy to middle childhood (pp. 113-159). Diss. Universiteit Utrecht.
- Wierzbicki, M. (1993). Psychological adjustment of adoptees. Journal of Clinical Child Psychology, 22, 4, 447-454.

 

- Adolescents adoptés et troubles du comportement : Perspectives psychopathologiques (2007)
Alexandre BEINE, Eric CONSTANT, Serge GOFFINET

Résumé

A l'adolescence, les enfants adoptés sont plus fréquemment orientés vers des services de soins psychiatriques ambulatoires ou hospitaliers. Ils souffrent davantage de troubles du comportement que leurs contemporains non adoptés. Cette observation semble indiquer l'existence de processus psychopathologiques particuliers à la situation d'adoption. Cet article se propose d'en discuter les principales hypothèses étiologiques. Il aborde ainsi la théorie de l'attachement à la lumière des observations cliniques, les hypothèses systémiques concernant la révélation de l'adoption par les parents adoptifs et l'application spécifique au statut d'adopté des réflexions psychanalytiques sur la subjectivation adolescentaire.

Acta psychiatrica Belgica  




- Adolescence et adoption (2007)
Daniel Gorans , Pédopsychiatre, chef de service, SHIP, hôpital Saint-Jacques, 85, rue Saint-Jacques, 44093 Nantes Cedex 1.

Résumé   Summary 

L’adoption est une filiation particulière qui comporte des risques à moyen terme. L’adolescence de l’enfant adopté est parfois l’occasion d’accidents relationnels. À partir de ce qui est observé depuis quelques années dans un service d’hospitalisation pédopsychiatrique, vignettes cliniques, description de facteurs de risque et hypothèses sur leurs mécanismes d’action sont évoqués.

L'Information Psychiatrique. Volume 83, Numéro 5, 377-81, Mai 2007, Adoption

 

15.02.2008

Petales s’ouvre à Victoriaville. Pour ces enfants «handicapés du cœur»

Petales Québec, joli acronyme pour évoquer les Parents d’enfants présentant des troubles de l’attachement, ligue d’entraide et de soutien, s’implantera à Victoriaville. Il s’agit du premier bureau qu’ouvre l’association en région, elle qui n’est actuellement présente qu’à Montréal et à Québec.


Deux mamans d’ici, Danielle Perreault et Julie Morneau, ayant toutes deux eu besoin de l’association pour leurs fillettes adoptives, travaillent activement à rendre ses services accessibles aux parents des Bois-Francs.

 

L’assemblée de fondation du bureau victoriavillois a lieu le samedi 1er mars à 13 heures, à la Maison des familles située au 86, rue St-Paul à Victoriaville.

 

La présidente de Petales Québec, Danielle Marchand, participera à cette rencontre pour expliquer la mission de cet organisme que des parents québécois ont importé de Belgique où il avait été créé en 2001.


 
«Handicapés du cœur»

 

On y parlera bien sûr des enfants présentant des troubles de l’attachement, de ces petits «handicapés du cœur» comme les désigne Petales.
Plus ou moins sévères, se manifestant de diverses manières, les troubles de l’attachement surviennent en raison d’une ou de coupures du lien affectif du bébé avec ses parents, avec sa maman surtout, dit-on.

 

Diverses circonstances peuvent rompre ces précieux liens affectifs. Un bébé séparé de sa mère parce que né prématurément, un accident, une maladie, une dépression post-partum, un traumatisme, de la négligence, un abandon, tout cela risque de fragiliser, voire de détruire ces liens d’attachement dont l'enfant a besoin pour construire ses relations au monde.

 

Et ces mauvais départs dans la vie ont des conséquences plus ou moins graves sur l’enfant, allant jusqu’à des troubles sévères parfois irréversibles. Les troubles de l’attachement peuvent aussi induire des difficultés d’apprentissage et de comportement. Toute la famille et l’environnement de l’enfant (garderie, école) en sont évidemment affectés.

 

Danielle et Julie racontent comment elles ont découvert que leurs petites filles, l’une originaire d’Haïti, l’autre de la Chine, étaient affligées de ce genre de troubles, de ce «bobo au cœur», comme elles disent.

 

Un sujet tabou

 

Les enfants adoptés sont plus à risques de développer des troubles de l’attachement, expliquent-elles. Ça a été le cas de la deuxième fille adoptive de Julie, la première, une autre petite Chinoise, pourtant adoptée elle aussi, n'a pas développé ce genre de problèmes.
«Elle se débattait quand on voulait lui donner son biberon, elle avait des terreurs nocturnes. Plus tard, elle voulait tout faire toute seule, elle n’avait qu’une relation «utilitaire» avec moi. Elle ne me faisait pas confiance», se rappelle Julie.

 

Danielle était déjà la mère biologique d’un petit garçon avant d’adopter sa fillette. Bien sûr, elle se rappelle l’air effrayé du bébé quatre mois et demi qu’elle tenait sur elle dans l’avion l’amenant d’Haïti. Pendant de longs mois, Danielle s’est inquiétée du comportement étrange de sa fille, allant jusqu'à douter de ses capacités d’être mère. «J’étais déboussolée, je ne sentais pas que j’étais pour elle sa mère à 100%. Je ne sentais aucun investissement affectif de sa part. Un jour, alors que je la tenais et que je pleurais, ce qui aurait fait craquer mon garçon, elle m’a regardée, et sans aucune émotion, m’a tapoté l’épaule en me disant «Pauvre p’tite maman!»»

 

Danielle et Julie ont frappé à bien des portes afin de trouver de l’aide…

 

Mais, disent-elles, il n’y a pas vraiment ici de services spécialisés pour ce genre de troubles. Même que, ajoutent-elles, les troubles de l’attachement auxquels se confrontent des parents adoptants ou même des parents biologiques sont encore mal perçus.

 

«Il y a d’ailleurs un tabou autour de ces problèmes. Les troubles d’attachement sont perçus comme des échecs dont on préfère ne pas parler. Et puis, bien des parents craignent d'être jugés», dit Julie.

 

Un groupe de soutien

 

Depuis un an, toutes deux font partie du groupe de soutien né sous l’aile de l’association Parents-ressources des Bois-Francs à la suite de la conférence de la travailleuse sociale Joanne Lemieux, spécialiste au Québec en adoption internationale.
Et c’est au cours des discussions entre parents, notamment sur la question des troubles de l’attachement qu’on a cru bon démarrer ici l’association Petales Québec.

 

La ligue s’ouvre tout autant aux parents adoptants qu’aux parents biologiques, aux parents qui se questionnent, aux grands-parents qui veulent comprendre, aux familles d’accueil, aux éducatrices en garderie et en milieu scolaire, aux professionnels de la santé, enfin à tous ceux qui vivent ou travaillent avec des enfants ayant des troubles de l’attachement.

 

L’association offre une diversité d’activités : des rencontres d’échanges et de soutien, des ateliers de formation, des conférences, de l’accompagnement aux parents cherchant de l’aide dans les milieux scolaires ou de santé, même une ligne d’écoute et d’information. «Parce que les troubles de l’attachement sont bien mal connus, le monde scolaire, entre autres, n’a pas vraiment développé de plans d’intervention pour ces enfants souvent inquiets et anxieux», précise Julie.

 

«Si la rentrée scolaire est parfois difficile, elle peut rendre complètement dysfonctionnel un enfant qui a des troubles d’attachement», ajoute Danielle.

 

Petales cherche, par ailleurs, à développer des services cliniques, à prévenir les troubles. Elle se présente aussi comme un groupe de pression. «Chez Petales, on offre du soutien et des références, parce que nous ne sommes pas des thérapeutes», précise Julie.

 

Une fois que la section victoriavilloise aura été créée, les deux mamans veulent aller à la rencontre de l'équipe de base en santé mentale jeunesse pour faire connaître Petales. «On se réjouit d'ailleurs de la création de cette équipe», souligne Julie

 

La ligne d’écoute, ce sont Danielle (819 758-1737) et Julie (819 357-4838) qui ont accepté de la tenir. Il faudrait d’ailleurs communiquer avec elles avant le 25 février si l’on veut participer à l’assemblée de fondation du bureau victoriavillois de Petales. On peut aussi se renseigner sur l’organisme au http://www.petalesquebec.org/.

 


Source : La Nouvelle Union

31.01.2008

Cahier Labiso n°85 - Présentation de l'asbl Pétales

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L’asbl Pétales regroupe des parents soucieux de faire connaître et reconnaître la problématique des troubles de l’attachement. Cette association belge, créée en 2001, regroupe plus de soixante familles adhérentes et des dizaines d’autres sympathisantes. Elle est présente dans toute la partie francophone du pays et à Bruxelles.

 

Cahier en ligne sur : Labiso


 Autres associations

- En Belgique néerlandophone : Wat nu ?
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