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16/01/2014

L'adoption, c'est une capture et une transformation

Rencontrant depuis 2005 [Sandrine Dekens] des personnes adoptées confrontées à des difficultés plus ou moins importantes pour construire leur vie, il apparaît nécessaire d’outiller la réflexion et l’intervention des professionnels auprès de ces enfants et adolescents devenant aujourd’hui des adultes.


L’adoption est un dispositif de création de filiation par les moyens du droit. Les effets de l’adoption plénière sont l’effacement de la filiation d’origine de l’enfant, pour y substituer un nouveau lien de filiation « exclusif et définitif », modifiant ses noms et prénoms, ainsi que sa nationalité (il devient français). L’acte de naissance est réécrit, l’enfant se trouve « né de » ses parents adoptifs, via ce que les juristes nomment une fiction juridique . L’adoption est une pratique récente, devenue depuis les années 1980 un moyen assez ordinaire de faire famille, qui s’est massivement développé depuis les années 2000 dans notre pays. Ce dispositif juridico-administratif qui se situe à l’interface entre les sociétés, entre les États et leurs populations, organise le flux d’enfants des pays du Sud vers ceux du Nord à des fins affiliatives. Du point de vue psychologique, cette pratique construit une néo-identité contemporaine, fabriquée par le droit . Ainsi, les problématiques psychiques des adoptés ne peuvent être pensées comme isolées et individuelles, mais comme une « conséquence planétaire de la mondialité ».

Être adopté se caractérise donc par un itinéraire identitaire singulier, qui consiste à avoir existé dans une filiation et donc sous une identité donnée jusqu’à un certain âge, puis dans un second temps, sous une autre identité, s’accompagnant la plupart du temps d’une migration et d’un changement de classe sociale. L’articulation entre ces deux segments de vie est marquée par les ruptures produisant la déliaison des attachements antérieurs : qu’il ait vécu un délaissement parental, un abandon ou qu’il soit orphelin, l’enfant est pris en charge par les services sociaux ou une institution (délié affectivement), puis rendu juridiquement adoptable (délié juridiquement), et emmené en France pour être adopté (délié culturellement). Ainsi, le fils dernier-né de cette mère pauvre et célibataire qui vivait en Haïti, élevé ‘à la dure’ par un groupe de femmes (tantes et grand-mères) en pleine campagne jusque ses 6 ans, devient un petit français « né de » ses parents normands, fils unique et choyé de ce couple de médecins âgés, vivant en centre ville de Caen. Pour reprendre les mots d’une jeune femme de 21 ans, adoptée en Colombie, « l’adoption, c’est une capture et une transformation ».

 

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Lire la suite de l'article "Adoption : clinique d’une néo-identité contemporaine" par Sandrine Dekens

03/03/2013

Au regard de la théorie de l'attachement, vivre l'attachement au quotidien

Le CREAI de Picardie, lieu de réflexions, de débats et de rencontres des professionnels du secteur social et médico-social propose une conférence-débat sur la théorie de l’attachement.

 

Date de la conférence : le lundi 11 MARS 2013, de 14 h À 17 h

Lieu : CREAI DE PICARDIE/IRFFE
Amphithéâtre Alain Segret
12 rue des deux ponts
80044 AMIENS cedex 1

 

La théorie de l’attachement, élaborée par Bowlby puis ses pairs, explique la création du lien qui amène l’attachement entre le bébé et celui (ou ceux) qui s’occupe(nt) de lui (figure(s) d’attachement). Cette théorie donne une part importante aux épisodes de séparation qui peuvent mettre en danger ce processus d’attachement.

Parler d’attachement, c’est parler du sentiment de sécurité (on parle d’attachement sécure ou insécure). Les situations ne permettant pas un attachement sécure et pouvant générer des difficultés d’attachement, voire des troubles de l’attachement sont l’abandon, la négligence, la maltraitance, la séparation de longue durée (hospitalisation, par exemple).

Lorsqu’un enfant présente des troubles du comportement, les difficultés d’attachement ne sont pas l’explication unique de ces troubles. Mais, la qualité de l’attachement (de l’enfant mais aussi du parent ou autre donneur de soin) entrera en compte dans la façon de faire face aux difficultés, aux traumas de la vie.

Il est important de comprendre pourquoi et comment cet enfant s’est construit dans cette insécurité afin de l’aider au mieux en intégrant les conséquences de l’attachement insécure dans la prise en charge des comportements difficiles. C’est pourquoi cette conférence, tout en donnant une grande part aux échanges, abordera les thèmes suivants :

 la théorie de l’attachement ;

 les conséquences d’un attachement sécure ou insécure tout au long de la vie d'un individu ;

 l’implication de l'attachement insécure et des facteurs environnants face aux traumas ;

 les principales difficultés rencontrées au quotidien ;

 l’intégration de l'attachement insécure dans la prise en charge des difficultés du quotidien.

 

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS :

Juliette HALIFAX
CREAI de Picardie
6, rue des deux ponts - 80044 AMIENS CEDEX 1
Tél. : 03.22.66.24.34 - Fax : 03.22.52.61.99
Email : juliette.halifax@irffe.fr

 

Source : l'Institut Régional de Formation aux Fonctions Educatives

 

12/01/2013

L’énorme tabou des troubles de l’attachement qui rend déjà difficile la construction de familles traditionnelles

L'adoption pour les homosexuels, réclamée de vive voix par les partisans du mariage pour tous, oublierait-elle le point de vue des adoptés au profit de celui des adoptants...

Atlantico : L’adoption d’un enfant par un couple, loin d’être un simple processus administratif, se révèle être un défi psychologique de taille à la fois pour les parents ainsi que pour les enfants qu’ils adoptent. Quelles sont les principaux blocages liés à cette situation ?


Christian Flavigny : Le premier d’entre eux tient au fait que les parents qui souhaitent adopter sont, dans la plupart des cas, confrontés à l’incapacité d’avoir un enfant de manière biologique, ce qui crée chez eux un vide affectif leur laissant croire qu’ils ne sont pas des parents comme les autres. Cela débouche aussi sur une certaine crise de confiance qui peut poser problème une fois qu’ils réussissent à obtenir la garde d’un enfant, puisqu’ils vont souvent remettre en cause leurs méthodes d’éducation (« Suis-je un bon père ou une bonne mère ? » sachant que je n’y étais pas destiné biologiquement).

 

Du côté des enfants adoptés cette crise de confiance se retrouve puisque ces derniers ont été abandonnés, bon gré mal gré, par leurs parents d’origine. Cela développe chez eux l’impression qu’ils n’étaient pas souhaités par leur famille biologique et crée de fait une méfiance à l’égard du monde adulte. On trouve ainsi des questionnements du type « Suis-je le bon enfant pour mes parents d’adoption » ou « Ne serais-je pas plus heureux dans une famille qui me ressemblerait plus ? ». Cette problématique bien réelle basée sur la permanente possibilité d’une autre famille idéale ne peut exister par définition dans les familles biologiques où la filiation est directe et non remise en cause.

 

La confiance est donc le premier obstacle concret à l’adoption (au-delà des difficultés techniques des procédures NDLR), et cela joue des deux côtés. Il s’agit d’une greffe longue et (...)


Lire la suite sur Atlantico | 12 janvier 2013

 

05/11/2012

Toute une histoire. Quand l’adoption tourne mal…

toute une histoire.jpgL’adoption est une grande et belle aventure. Mais pour Martine, les choses ne se sont pas vraiment passées comme elle l’avait imaginé. C’est un témoignage rare, et c’est avec beaucoup de sincérité qu’elle est venue lever le voile sur un tabou : sommes de retour sur le plateau de TUH et c’est un thème tabou que nous abordons aujourd’hui, celui des adoptions qui tournent mal.... 10 % des enfants adoptés seraient rendus aux services sociaux, ou renvoyés dans leurs pays d’origine parce qu’ils souffrent de troubles, ou que l’incompréhension s’est installée avec leurs parents adoptifs....

   
Les invités

- Barbara : Elle a eu une adolescence difficile.
Pendant des années, Barbara n’a pas compris pourquoi on lui disait que c’était une chance d’avoir été adoptée. Elle a eu une adolescence difficile.

- Tinan : Il ne parle plus à sa mère adoptive.
Tinan ne parle plus à sa mère adoptive depuis 8 ans.

- Martine : Son fils a très mal vécu l’adoption.
L’enfant adoptif de Martine a très mal vécu l’adoption. Il était tellement perturbé qu’il s’est suicidé.


Avis d'Yvonne Poncet-Bonissol

Comment expliquer que dans certains cas l’enfant rejette ses parents adoptifs ?

Soit l’enfant est arrivé tardivement dans sa famille d’adoption. Soit il a la nostalgie de son pays d’origine. Soit il a la nostalgie de ses parents biologiques donc il nourrit une haine vis-à-vis de ses parents adoptifs. L’enfant peut aussi ne pas supporter le milieu dans lequel il vit.
Il peut y avoir une non-acceptation non reconnue de la part des parents qui ont du mal à accueillir l’enfant correctement.
Il peut y avoir un trouble de l’attachement qui peut perturber l’adoption. Lorsque l’enfant a été abandonné par sa mère biologique, il a souvent vécu un arrachement majeur qui va entraver la relation entre les parents adoptifs et l’enfant. L’enfant peut refuser inconsciemment que les parents s’attachent à lui et donc le rejette.

Quels conseils donneriez-vous aux parents adoptifs qui se sentent rejetés ?

Il faut savoir que ce n’est pas eux qui sont rejetés. Parfois l’enfant peut être haineux vis-à-vis de ses parents adoptifs car il a en fait peur d’être abandonné à nouveau. Il faut accepter que l’enfant ait des troubles de l’attachement. Avec les enfants adoptés, il faut beaucoup de souplesse, de compréhension, d’écoute.
Parfois, il y a des enfants qui ne sont pas adoptables par exemple s’ils sont abandonniques. Ils sont souvent meurtri par leur passé et c’est dur à gérer. Ils vont tester l’autre pour avoir des preuves d’amour ou de reconnaissance.


Chiffres

30% des familles adoptives connaissent des graves difficultés, au lieu de 15% chez les autres.
10 % des enfants adoptés sont rendus aux services sociaux ou renvoyés dans leurs pays d’origine

Source : Toute une histoire ... France 2.


Dans le numéro 3107 (17 mars 2005) du magazine La vie, un compte-rendu d'une étude est paru sous le titre
 « Enfants adoptés, l'envers du décor ».
Il rapporte le résultat d'une étude du ministère de la Santé français selon laquelle 15 % des enfants adoptés finissent par être replacés en institution.

15/07/2012

Au fil du temps, de rencontres en séparations, d'attachements en détachements

Le vendredi 16 novembre 2012, l'équipe SOS Enfants de La Louvière (APEP du Centre) organisera  un colloque intitulé "Au fil du temps, de rencontres en séparations, d'attachements en détachements".

Où ? Institut Provincial des Arts et Métiers, rue Paul Pastur 1 à 7100 LA LOUVIERE, BELGIQUE.

Comment s'inscrire ? contactez directement l'équipe SOS Enfants : APEP du Centre, Avenue des Croix de Feu, 1/29 à 7100 La Louvière. Tél : 064/22 41 41. Mail : apeplalouviere@skynet.be

Participation aux frais ? 40 € avant le 17 octobre 2012 et 45 € à partir du 18 octobre 2012 (boissons et repas compris)


Source : Office de la Naissance et de l'Enfance.

02/05/2012

Sur le blog Duchesse d'ici et d'ailleurs. Conférence de Johanne Lemieux


17.04.2012 Adoption, en vrac

18.04.2012 L'histoire de Lizi... ce n'est jamais la faute des bébés

19.04.2012 Colère, tristesse, peur, honte, douleur... puissance 10

20.04.2012 Passez du gardien de zoo au parent

21.04.2012 Survivre

22.04.2012 Etre aussi un parent imparfait / une mère indigne

18/02/2012

Les troubles de l’attachement chez les enfants abandonnés

TA Yvon Gauthier.jpg


Comment rescaper un enfant maltraité, abandonné par ses parents? C'est le rôle, la mission de la Direction de la protection de la Jeunesse. La DPJ est souvent critiquée. Sa mission est délicate. Nos collègues de l'émission Enquête ont eu accès au quotidien de ces enfants parmi les plus vulnérables de notre société et qui sont sous la responsabilité de la Protection de la jeunesse reçoivent-ils toujours les soins, les traitements auxquels ils auraient droit?

Sébestien Bovet en discute avec Dr Yvon Gauthier de Ste-Justine, qui s'est occupé toute sa vie des enfants en protection et s’est occupé de la clinique de l'attachement.


Source : Radio Canada | 17.02.2012

 

En savoir plus sur les troubles de l'attachement.