08.06.2008
Vers un supermarché de l’adoption ?
Article consacré au rapport sur l'adoption de Jean-Marie Colombani.
[Via AgoraVox, La Taverne des Poètes]
Le rapport remis par la commission Colombani sur l’adoption n’a pas fini de susciter des critiques. Pierre Verdier, auteur éminent d’ouvrages et d’articles dans le domaine de l’aide sociale à l’enfance, s’interroge sur les intentions et objectifs du rapport de la commission. Il se demande notamment si le seul objectif dudit rapport ne serait pas de permettre aux candidats de trouver des enfants sur le grand marché mondial...
Pierre Verdier fait autorité dans le domaine spécialisé du droit de l’enfant et de la famille. Auteurs de nombreux ouvrages qui servent de référence aux professionnels des services de l’aide à l’enfance (Conseils généraux), il est aussi ancien directeur de DDASS et ancien membre du CSA (Conseil supérieur de l'adoption). Il est avocat au barreau de Paris.
Son constat est inquiétant. Il remarque tout d’abord que la commission Colombani a tiré un grand trait sur les études menées ces dernières années par des auteurs qualifiés tels que Jean-François Mattei, Irène Théry, Jean Hauser, quelques autres et lui-même. Le rapport fait table rase des questions soulevées par ces spécialistes comme : faut-il maintenir telle quelle l’adoption plénière ? Doit-on introduire en France l’adoption ouverte comme elle est pratiquée dans certains pays avec succès ? Faut-il légaliser la gestation pour autrui ? Mais le rapport élude aussi des questions tenant à la Kafala (système d’"adoption" du Maghreb), l’adoption par les homosexuels...
Pierre Verdier met en doute les arguments avancés dans le rapport Colombani comme le fait d’annoncer le nombre de "2 100 petits enfants placés qui pourraient faire l’objet d’un projet d’adoption". Ce nombre, dit-il, est sorti de nulle part. L’idée pernicieuse serait-elle de faire croire que de nombreux enfants adoptables croupissent dans les foyers de l’enfance à cause des blocages administratifs et des pratiques des travailleurs sociaux qui donneraient trop la priorité aux liens avec la famille ? Cette hypothèse n’est pas farfelue si on prend au pied de la lettre cette phrase du rapport : "Il ne faut pas renoncer à faire évoluer les pratiques pour augmenter le nombre d’enfants susceptibles d’être adoptés." Pierre Verdier voit dans cette annonce un effet de la politique des quotas.
Pierre Verdier, qui examine les propositions du rapport Colombani, tombe cependant d’accord avec son auteur sur certains points :
- Le projet pour l’enfant : actuellement le tribunal prononce l’abandon de l’enfant sur le fondement de l’article 350 du Code civil :
Rappelons qu’une évolution a été introduite par la loi du 4 juillet 2005 qui a modifié l’article 350 afin de faciliter l’adoption des enfants dont les parents se sont volontairement désintéressés depuis au moins un an, quel qu’en soit le motif. Le critère de "grande détresse des parents" ne fait plus obstacle à la demande en déclaration d’abandon.
Mais cette procédure prévoit une sorte de systématisme : "est déclaré abandonné par le tribunal de grande instance..." Cette sorte d’automaticité à décider judiciairement l’enfant abandonné, pourvu bien entendu que les critères soient remplis, laisse peu de place à l’examen de l’intérêt de l’enfant et de son avenir au travers d’un projet. Le rapport Colombani, qui préconise, "l’élaboration in fine d’un projet pour l’enfant" va donc dans le bon sens.
- Promouvoir l’adoption simple : la proposition 15 du rapport est de mieux informer sur l’adoption simple qui, dit Pierre Verdier, correspond le mieux à la réalité de l’enfant adopté qui a une double filiation. L’avantage de cette forme d’adoption est aussi qu’elle est révocable, ce qui n’est pas le cas de l’adoption plénière.
- Donner un rôle à la famille adoptive : la proposition 24 envisage d’intégrer les familles adoptives comme membres de l’AFA (Agence française de l’adoption créée en 2005). C’est une bonne chose, dit Verdier, sauf qu’il ne faut pas limiter la notion de "famille adoptive" aux adoptants. Il ne faut pas oublier d’associer les enfants adoptés qui, en grandissant, ont leur mot à dire sur leur devenir.
En définitive, Pierre Verdier demeure inquiet sur l’esprit qui anime le projet de réforme et qui semble voué à augmenter l’offre d’enfants adoptables, comme si l’on raisonnait en termes économiques et non en termes de filiation et de politique sociale. Mais ironise-t-il : le projet de grand supermarché de l’adoption internationale ne sera, faute de vraie ambition et de possibilités réelles, qu’une mesquine épicerie.
Références : Organiser le grand supermarché de l'adoption : réflexions à propos du rapport Colombani.
Journal du droit des jeunes - Revue d'action juridique et sociale - N° 275 mai 2008.
Sur le même sujet
->Rapport sur l'adoption de Jean-Marie Colombani
Documentation française, Paris, 2008
-> Le rapport Colombani veut encourager l'adoption nationale
Reuters. 19 mars 2008.
10:46 Publié dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : adoption, rapport colombani, pierre verdier
02.06.2008
L'homoparentalité en question. Et l'enfant dans tout ça ? Béatrice Bourges
L'éclairage sur l'homoparentalité montre que le débat est nécessaire. Les avis divergent et sont souvent passionnels. La majorité des professionnels de l'enfance affirme qu'un enfant a besoin d'un père et d'une mère pour se construire. Or, ceux qui sont entendus ne sont pas ceux qui représentent la majorité des Français. Il est utile de contrer une pensée dominante qui, pourtant, est minoritaire.
Couverture
L'avenir de la famille française sera-t-il « homoparental » ? À l'heure où quelques pays européens ont déjà accordé aux couples gays le droit au mariage et à l'adoption, la question fait débat en France. Sous la pression électorale, Nicolas Sarkozy songe même à équiper les candidats éventuels d'un véritable kit familial : avec le contrat d'union civile, assimilable en tout point au mariage, auquel serait assorti le statut de « beau-parent » calqué sur le modèle des familles recomposées. Si le droit à l'enfant revendiqué par les couples homosexuels se trouve bien au coeur de ces nouvelles expériences sociojuridiques, étrangement, le droit de l'enfant lui-même semble avoir été relégué aux oubliettes... Car peut-on réellement croire à la neutralité de la sexualité parentale dans la construction psychique de l'enfant ? La souffrance chroniquement observée chez les enfants adoptés, qui n'ont de cesse de retrouver la mère et le père dont ils sont nés, ne risque-t-elle pas de s'aggraver dans le cas où la famille d'accueil ne représente même plus ce modèle ? Passant au crible tous les arguments politiquement corrects en faveur de l'homoparentalité, qui tendent à favoriser les bons soins au détriment du lien naturel, Béatrice Bourges démontre également la nécessité d'une filiation parfaitement reconnaissable par les enfants à travers la possibilité de différencier sexuellement leurs parents. Réunissant les résultats d'une expertise magistrale dans les domaines psychanalytique, sociologique et juridique, dans un contexte élargi aux frontières de l'Europe, elle rétablit ainsi la vérité sur les chiffres de l'adoption, dénonce les véritables enjeux de société qui se dissimulent derrière la revendication familiale des homosexuels et fustige l'abandon de la famille traditionnelle par les responsables politiques, sacrifiée à une minorité.
Un plaidoyer à la fois ferme et subtil en faveur des différences... vitales.
Puisque l'on ne devient pas enfant, l'on « naît » enfant.
Auteur
Béatrice Bourges est présidente de l’association pour la protection de l’enfance créée en janvier 2007 dans le but de faire valoir l’intérêt supérieur des enfants tel que contenu dans la convention internationale pour les Droits de l'enfant adoptée par les Nations-Unies le 20 novembre 1989.
Sur le même sujet
-> Avis du Conseil des Femmes Francophones de Belgique sur l'adoption d'enfants par des couples homosexuels
Dans le cadre du débat parlementaire sur l'adoption par les couples homosexuels, le Conseil des Femmes Francophones de Belgique estime qu'il est inopportun que pour répondre au désir des adultes, la loi fasse abstraction de la réalité en permettant que soit créé, par le biais de l'adoption, un lien niant la différence de sexe qui est à l'origine de toute filiation. Le CFFB préférerait que l'on se limite à accorder sous certaines conditions l'exercice de droits parentaux au compagnon ou à la compagne du parent biologique ou adoptif lorsqu'il participe à l'éducation de l'enfant, droits éventuellement assortis de droits successoraux en faveur des enfants.
Avis du CFFB 14.01.2006
-> Droit à l'adoption. Adoptons un autre regard.
Pour les couples hétéro, homo ou les monoparents, à chaque débat sur l'adoption, je reste perplexe sur la manière d'aborder la question. Et si on s'intéressait davantage à ces «enfants à adopter» ?
Tanguy Verraes. 22.12.2005
-> Adoption homoparentale. Les psys belges engagent à la prudence.
La passion est mauvaise conseillère. Prenons le temps d'une réflexion qui intègre l'idée que différenciation n'est pas discrimination négative. Evitons amalgames et confusions.
J.P. LECLERCQ. 18.12.2005
-> "Adopter à l'étranger ? C'est de la poudre aux yeux!"
Jusqu'ici, aucune adoption par un couple homosexuel n'a été enregistrée au niveau international.
Stéphane Albessard 08.12.2005
-> Arguments relatifs à la psychologie de l'enfant en défaveur d'une adoption par les couples homosexuels.
Le projet d'adoption d'enfants par un couple homosexuel concerne :
De façon minoritaire, des enfants défavorisés dont les parents biologiques ne peuvent plus s'occuper et qu'ils ont proposé pour l'adoption : elle est donc de type classique et déjà possible dans le chef d'une personne homosexuelle seule.
De façon majoritaire, des enfants conçus volontairement à l'intention spécifique du couple qui désire les adopter par après : enfants portés par une mère lesbienne, le plus souvent après insémination (3) ; enfants portés par une mère porteuse (4) à l'intention d'un couple gay; enfants issus d'un contrat de co- parentalité passé entre un couple gay un couple de lesbiennes, etc.
Professeur Jean-Yves HAYEZ 07.12.2005
-> L'enfant L'Oréal, et le goût de la grenadine.
Le débat sur l’ « homoparentalité » et l’adoption par des couples homosexuels pose des questions importantes à trois niveaux au moins.
Docteur Jean-Paul Matot 06.12.2005
-> Adoption et couples homosexuels.
Depuis une trentaine d'années, les familles vivent une difficile "transition historique". Des situations inédites mettent souvent les "nouveaux parents", mais aussi les enfants, dans des situations complexes.
Christian Van Rompaey - Journal "En Marche". 04.12.2005
-> « Arrêtons de copier les hétéros. »
Les gays sont comme des exilés. Soit ils se laissent assimiler, soit ils décident de bousculer les valeurs dominantes.
Interview d'Iréne Kauber. 02.12.2005
-> Lettre du Service de Santé Mentale de Tournai à la Chambre des Représentants de Belgique
Il y a plusieurs mois maintenant vous nous interpelliez à propos de ces questions bien contemporaines touchant entre autre à l'adoption d'enfants par des couples homoparentaux. Il s'agit là de questions bien difficiles, soulevant les passions.
Vous souhaitiez avoir un maximum d'avis pour ouvrir le débat.
Il ne s'agit pas d'une argumentation bien construite, mais d'un certain nombre de " flashs " permettant effectivement d'ouvrir des bases de réflexion.
Lettre du SSM 01.12.2005
-> Dans l'intérêt de l'enfant vraiment ?
La Ligue de familles en Belgique s'est prononcée pour l'adoption par les couples homosexuels. L'intérêt de l'enfant n'est-il pourtant pas de grandir avec un père et une mère de sexe différent ?
Diane DRORY 01.12.2005
09:57 Publié dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : béatrice bourges, homoparentalité, adoption
27.12.2007
The international adoptions lobby: an insider's perspective
Romania - for export only, the untold story of the Romanian 'orphans' by Roelie Post
A review by Rupert Wolfe-Murray, published in VIVID Romania through international eyes, 19 November 2007
There are several unusual things about Roelie Post and her important new book on international adoptions. An employee of the European Commission, between 1999 and 2005 Post handled one of its most controversial dossiers: Romania's institutionalised children. She is one of very few EC insiders who has risked her career by publishing her experiences, in diary format. Whether one agrees with her or not, one has to admire this courage.
The book itself is not particularly fancy looking: it has a plain white cover and a title some would call clunky. Although such a cover may look out of place in a modern bookshop where cover designs are becoming increasingly sophisticated, I appreciate the clean and simple look as a sign of its seriousness. Despite these superficial drawbacks the book is very readable and engaging.
Post's story is compelling. In 1999 she was given the Romanian children dossier and as she gradually learnt about the issue she came to be one of the champions of the remarkable reform process that has resulted in the closure of Romania's large children's homes. To better appreciate this achievement it is essential to understand that Romania is the only country in Central and Eastern Europe that has managed to stop the practice of institutionalising children in need, and has set up alternatives such as foster care, daycare centres and family-type homes. The basis of the reforms are that families are the building block of society.
However, her job and the reform process are but a backdrop against which the real drama is played out; the relentless lobby for international adoptions from Romania. Much has been written about this shadowy and unaccountable lobby, but never before has so many details been revealed about their actions in the heart of Brussels, and their access to some of the world's top politicians.
During the 1990s the adoption of babies from Romania was a free-for-all. During the early 1990s a child could be adopted with a simple receipt from a local judge and before 1997 the records of how many were sent abroad are scant. The 1997 reforms were formulated by those in the pay of the lobby, and a free market in children was set up. The results were that the so-called ‘orphanages' became processing centres for the export of children, and corruption became rampant. By 2001 the practice was banned and since then the lobby has been desperately trying to prove that Romanian women are unable to look after their own children and international adoption is the only answer.
Not only did the Romanian government come under tremendous pressure from politicians in the US politicians and in some EU member states (namely, Italy and France) but Roelie Post was continually harassed in her job at the Commission. Her book is a blow by blow account of the main lobbyists in Brussels, with scandalous walk on parts from the likes of Silvio Berlusconi and Romano Prodi. For anyone interested in the intriguing international adoption story this book is essential reading.
Résumé
Un livre-témoignage passionnant sur un lobbying très particulier. Roelie POSTest une actrice et un témoin privilégié ayant travaillé à la Commission Européenne de 1999 à 2007 sur le dossier "Les enfants roumains et la protection de l'enfance" dans la perspective de l’intégration de la Roumanie dans l’Union Européenne.
En 1999, la politique d’adoption des orphelins roumains s’apparentait à un système de traite d’enfant sous le couvert de la corruption. La Commission Européenne demanda à la Roumanie de réformer sa politique des droits de l’enfant, pour conditions de sa future adhésion à l’Union. Des fonctionnaires furent engagés à l’y aider. Parmi eux, Roelie Post qui emmène le lecteur dans ses huit ans d’aventures entre la Roumanie et la CEE.
Les grands orphelinats furent fermés et la majorité des enfants placés aux seins de familles roumaines. Depuis, l’application de la réforme fait apparaître que l’adoption internationale n’a plus lieux d’être. Un groupe de pression puissant et féroce s’est créé pour maintenir les adoptions internationales.
A travers l’histoire des orphelins roumains, Roelie Post fait une autre lumière sur la politique globale de l’adoption internationale et les intérêts privés qui font concurrence aux droits de l’enfant.
Sur le même sujet
- "Adoptie is kinderhandel"
- "Internationale adoptie is eigenlijk kinderhandel"
- "Internationale adoptie moet uitgebannen"
- Le blog Romania for export only
Commentaires des lecteurs
Romania For Export Only - A review
15:50 Publié dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roelie post, témoignage, roumanie, adoption, adoption internationale
26.06.2007
No Kid - Corinne Maier
Quarante raisons de ne pas avoir d’enfant
Des moutards ? Non, merci !
"Les enfants, c'est l'enfer !", pensent les nombreux couples qui refusent d'en élever.
Corinne Maier, mère de surcroît décrit l'enfer de devenir parent : "C'est être prêt à tout sacrifier. Couple, loisirs, vie sexuelle, amis - et réussite sociale si vous êtes une femme. Tout ça pour des gosses qui vous prennent pour leur boniche. Franchement, demande l'iconoclaste, est-ce que ça en vaut la peine ?"
Excessif comme tous les pamphlets, No Kid livre 40 bonnes raisons de ne pas engendrer. Drôle, car souvent véridique, son réquisitoire s'adresse à tous ceux qui continuent à résister, mais aussi à ces pères et mères au bord de la crise de nerfs, excédés par leur progéniture, et qui se demandent si personne ne pourrait "reprendre" (pour un jour ou pour toujours) ces abominables tueurs de désirs, ces gouffres financiers, ces despotes sans pitié que sont leurs sales petits chronophages de 2, 8, 15 ou 20 ans.
L'idée est venue comme ça à l'auteur, d'une discussion avec deux amies sur la méfiance que suscitent les nullipares, dans une société qui encense les bébés. Pourtant, nul besoin d'afficher une haine viscérale des morpions, comme Courteline ou Houellebecq, pour trouver d'innombrables motifs de s'en passer. Ne pas vouloir y consacrer des paquets de temps et d'argent, ne ressentir aucun attrait pour l'éducation, se trouver en aucune façon à la hauteur de la tâche, ne pas apprécier la proximité des mouflets, se satisfaire de la compagnie d'animaux, privilégier sa carrière et sa mobilité, estimer que la planète est déjà surpeuplée sont autant de mobiles valables, sinon respectables.
Or le refus des réfractaires reste toujours suspect. Certains le taisent donc comme une maladie honteuse, d'autres l'expriment d'autant plus crânement que l'entourage est pressant : "Alors, tu t'y mets quand ?" Lorsqu'on lui pose la question, Katia, 35 ans, lâche systématiquement un bien fade "On verra ..." Façon polie de clore le débat, à propos d'une décision qui ne concerne qu'elle.
Face à la réprobation, à la commisération ou à la très fréquente accusation d'égoïsme une contre-offensive s'est depuis longtemps mise en place, surtout dans le monde anglo-saxon. "Babies suck !"
("Les enfants têtent !" ou, plutôt, "nous pompent jusqu'au trognon !")
"No Kid" n'est pas un chef d'oeuvre, mais un opus salvateur pour parents à bout de nerfs et célibataires sans enfant culpabilisés par le discours ambiant. Un petit plaisir de lecture, acide et incisif.
Morceaux choisis
"Vouloir à tout prix se reproduire est un souhait d'une banalité consommée. Mais il faut croire que faire comme tout le monde et imiter son voisin sécurise. Etre 'inclus' dans la société, aujourd'hui, c'est avoir un emploi et/ou faire un enfant. Engagez-vous, engagez-vous. Pour être dans le coup, ceux qui ne parviennent pas à avoir d'enfant font preuve d'un acharnement procréatif qui défie l'entendement. Ces obnubilés de la reproduction affrontent le parcours du combattant des traitements contre une stérilité. Avec la complicité de médecins un peu désarmés, comme tout le monde, face à la science qui cavale."
"La merdeuf est une mère de famille qui est avant tout... une mère de famille. Elle travaille, certes, mais pour des raisons économiques et aussi parce que le modèle de la-mère-de-famille-à-la-maison toute une vie n'est guère épanouissant. Sa propre mère témoigne. La mère de la merdeuf a été toute sa vie une mère au foyer et a consacré sa vie entière à ses rejetons, leur répétant sans cesse qu'elle a fait de grands sacrifices pour eux, et qu'elle est passée à côté de quelque chose d'essentiel et d'enrichissant : le travail. Les quadragénaires de ma génération ont, le plus souvent, été élevés par ce type de femmes : consacrées corps et âme aux tâches ménagères et à l'éducation des enfants, totalement frustrées par le vide de leur existence. Fatigue chronique, solitude, insatisfaction, excès de table et intérêt obsessionnel pour les enfants : souvent grosses et ballonnées dans des gaines disgracieuses, nos mères étaient des harpies. La merdeuf, elle, fera mieux, elle se l'est juré."
A propos de l'auteur
Psychanalyste à Paris, Corinne Maier est l'auteur de livres fortement inspirés par Jacques Lacan ouvrant une initiation à la fois drôle, lumineuse et bien renseignée sur ce monde singulier qui est le nôtre où la règle est plutôt de faire compliqué quand on peut faire simple. Elle est diplômée de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, formation complétée par deux diplômes de troisième cycle de relations internationales et d'Economie, et par une thèse soutenue à l'université Paris VIII en 'Psychanalyse et champ freudien'. Elle est également chercheuse à la direction recherche et développement d'EDF, à Clamait.
Sources : Evene et Le Vif/ l'Express
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13.06.2007
Caroline Archer - Enfant qui a mal, enfant qui fait mal ?
Titre original : First Steps in Parenting the Child Who Hurts
Nourrissons, petits enfants.
Conseils pour les parents adoptifs et les parents d'accueil
Editions : De Boeck Université.
Collection : Parentalités
Traduction : Françoise Hallet
Préface
Il existe des rencontres qui relèvent du hasard selon certains, de la synchronicité ou du karma selon d'autres. Nous voilà à faire la préface de la traduction française d'un ouvrage sur la parentalité adoptive rédigé par une femme que nous n'avons jamais rencontrée, mais qui après lecture de son livre, nous semble étrangement familière. Elle partage notre indignation devant tant de souffrances inutiles véçues en silence par les familles adoptives depuis trop longtemps. Elle défend bec et ongle la conviction qu'un parent bien outillé peut faire de petits miracles. Nous saisissons l'urgence avec laquelle elle veut supporter, sensibiliser et surtout outiller les parents adoptants durant cette période cruciale que sont les premiers pas de l'enfant blessé qui entre dans une nouvelle vie.
Enfin un rare livre traduit en français qui répondra efficacement à l'éternelle question de parents adoptants: Bon, maintenant que je comprends mieux les blessures invisibles de mon enfant, comment vais-je arriver à l'aider?
Pour y arriver, Madame Caroline Archer fait le choix éditorial de faire confiance aux parents jusqu'à preuve du contraire! Serions-nous en présence d'un style d'attachement sécurisé? Elle les traite en personnes intelligentes, sensibles et sensées qui sauront comprendre qu'il ne s'agit pas de sornettes à croire sans base scientifiques ou de recettes à appliquer bêtement, mais plutôt de suggestions concrètes auxquelles elle invite chaque parent à ajouter ses épices favorites!
Nous approuvons l'importance qu'elle apporte au lien d'attachement, aux problèmes d'intégration sensorielle, aux conséquences réelles des traumatismes sur le cerveau en développement d'un jeune enfant, à la nécessité de voir plus loin que le symptôme et la confiance qu'elle a dans les ressources et le potentiel guérisseur d'un enfant bien informé.
Le choix rédactionnel d'entremêler le savoir, les théories scientifiques sous-jacentes aux recommandations, le savoir-faire, les trucs, méthodes éducatives et moyens concrets d'interventions ainsi que le savoir-être, l'importance des remises en question personelles des parents, l'observation des conséquences de leurs propres blessures sur la relation parent-enfant tout comme la mise à profit de leurs ressources, nous a , au départ étonné. Puis lorsqu'on referme la dernière page, tout se tient, tout s'explique et surtout, tout peut être untile!
Un livre concret, réaliste et plein d'espoir !
Résumé
Partant de la reconnaissance du traumatisme et de la blessure que subit tout enfant qui est séparé de sa mère de naissance et confié à une famille d'adoption ou d'accueil, l'auteur, elle-même mère adoptive, explique avec sensibilité les réactions de l'enfant, envisage les questions que peut se poser la famille qui le reçoit et propose de nombreuses pistes concrètes pour favoriser son attachement et son développement en stimulant tous ses sens.
De nombreux problèmes quotidiens potentiels sont envisagés : les troubles du sommeil, les pleurs, l'agressivité, l'alimentation… Les répercussions sur la vie de famille et sur les frères et sœurs sont aussi analysées ainsi que l'éventualité que l'enfant soit porteur d'un handicap.
Un glossaire, une liste de livres et de sites internet ainsi qu'un carnet d'adresses complètent l'ouvrage.
Le livre est préfacé par Janice Peyré, présidente d'EFA (Enfance et Familles d'Adoption, France) ainsi que par Jean-François Chicoine, pédiatre, consultant en santé internationale et Johanne Lemieux, travailleuse sociale et créatrice de l'approche Adopteparentalité, bien connus dans le monde francophone de l'adoption.
Il s'adresse en priorité aux parents adoptifs de jeunes enfants, mais les parents d'accueil, les éducateurs, tous les professionnels de la petite enfance qui s'occupent, d'une façon ou d'une autre, d'enfants adoptés ou en accueil y trouveront matière à réflexion et des stratégies pour favoriser l'adaptation et l'attachement des enfants qui leur sont confiés.
15:50 Publié dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.05.2007
Enfant qui a mal, enfant qui fait mal ? - Caroline Archer
Conseils pour les parents adoptifs et les parents d'accueil.
Editions : De Boeck.
Collection : Parentalités
Traduction et adaptation : Françoise Hallet
Avant-propos : Caroline Debladis
Préface : Johanne Lemieux, Jean-François Chicoine
Caroline Archer cherche à fournir aux parents adoptifs et d'accueil une compréhension de l'étendue complexe des difficultés auxquelles leurs enfants doivent faire face suite à leurs expériences précoces traumatisantes. En explorant de manière très complète les effets des expériences négatives sur les systèmes innés de réponses biologiques de l'enfant, elle aide les parents à donner du sens aux comportements souvent compliqués de l'enfant blessé / qui blesse dans sa famille. Elle les guide dans l’analyse des difficultés rencontrées dans leur famille et dans la façon de faire face à des situations complexes et elle leur propose un grand nombre de pistes, laissant à chacun le soin de choisir celle qui s’adapte le mieux à la situation concrète de sa famille.
Les situations fréquentes qu'elle décrit en détail comprennent : les problèmes de sommeil, la colère, l'agressivité et la violence, les mensonges et les vols, les sorties nocturnes et les fugues, les comportements d'assuétude et d'automutilation, l'impulsivité et la prise de risques, la sexualité, le suicide et les troubles alimentaires compulsifs.
Une aide remarquable pour tous les parents d’adoption et d’accueil qui sont confrontés à l’éducation d’un enfant qui a souffert de négligence et/ou de maltraitance dans son enfance.
Un glossaire, une liste de livres et de sites internet, ainsi qu’un carnet d’adresses complètent le livre.
Le livre est préfacé par Caroline Debladis, présidente de PETALES-France (Parents d’enfants présentant des troubles de l'attachement : ligue d’entraide et de soutien) ainsi que par Jean-François Chicoine, pédiatre, consultant en santé internationale et Johanne Lemieux, créatrice de l’approche Adopteparentalité, bien connus dans le monde francophone de l’adoption.
Il s’adresse en priorité aux parents adoptifs de grands enfants, mais les parents d’accueil, les éducateurs, tous les professionnels de la protection de l’enfance et de l’aide à la jeunesse qui s’occupent, d’une façon ou d’une autre, d’enfants adoptés ou en accueil y trouveront matière à réflexion et des stratégies pour faire face aux comportements parfois difficiles des enfants qui leur sont confiés.
Caroline Archer
Maman adoptive, elle est consultante en soutien dans l'adoption et accompagnatrice de parents, à la fois en clientèle privée et dans une équipe thérapeutique londonienne spécialisée dans l'accompagnement des familles adoptives et des familles d'accueil.
Elle est aussi membre de Adoption UK, organisme britannique qui fournit information, soutien et conseils aux futurs parents et aux parents adoptifs ainsi qu'aux familles d'accueil.
Sommaire
Remerciements
Avant-propos de l'association PETALES-France
Préface
Introduction
Chapitre 1 : Arrivée à la maison
Chapitre 2 : Informations complémentaires sur les débuts : le développement de l'enfant
Chapitre 3 : Quand les choses ne semblent pas aller
Chapitre 4 : A travers le miroir
Chapitre 5 : Principes fondamentaux
Chapitre 6 : Principes mis en pratique
Chapitre 7 : Situations délicates
Glossaire
Listes de lectures
Sites intéressants sur internet
Carnet d’adresses
Index
Source : De Boeck
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23.03.2007
L'adoption et sa face cachée - Christian Demortier
Au-delà de l’adoption internationale, l’ouvrage incite à une méthode élargie en vue d’une réflexion sur l’action humanitaire, les motivations de ceux qui en font profession, voire les effets pervers.
Biographie de l'auteur
Préface
5. Rencontres avec des adoptés
22:30 Publié dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : témoignage, Christian Demortier, adopté
19.02.2007
J'ai été volée à mes parents - Céline Giraud et Emilie Trevert
Editeur : Flammarion. 348 pages
Résumé du livre
L'existence d'une femme peut basculer de bien des façons, mais ce qu'a vécu Céline Giraud est véritablement singulier. A vingt-cinq ans, cette Française découvre l'impensable : âgée de quelques jours seulement, elle a été dérobée à ses parents péruviens par des escrocs. Ceux-ci se livraient à un trafic d'enfants alimentant des réseaux d'adoption internationale. Céline savait depuis longtemps qu'elle avait été adoptée, mais elle croyait, tout comme ses parents adoptifs, que sa mère biologique l'avait abandonnée, faute de moyens pour l'élever. Il n'en est rien. Une fois passé le choc de cette révélation, la jeune femme enquête pour retrouver ses parents et la trace du réseau qui l'a enlevée. Au Pérou, elle fait la connaissance d'une famille pauvre, la sienne, dont elle ignorait tout. Puis elle alerte la justice péruvienne et se procure un dossier judiciaire où figurent tous les détails du trafic dont elle a été victime. Ainsi que les noms de vingt-quatre enfants volés comme elle, dont trois ont été adoptés en France. Au Pérou, le scandale est énorme mais il ne passe pas l'Atlantique. L'association française agréée par l'Etat qui a organisé ces adoptions, n'a pas jugé bon d'avertir les familles adoptives de ce trafic odieux. Dans cet ouvrage, Céline Giraud raconte son incroyable enquête, mais aussi le bouleversement d'une jeune femme qui se retrouve avec deux mères qui l'aiment, l'une dans une banlieue française cossue, l'autre dans un bidonville au Pérou.
C'est à nous de se battre pour que des choses comme cela n'arrivent plus.
Vendue, trahie, aimée, choyée…
Comment ces 4 mots si contradictoires peuvent ils cohabiter dans la même phrase ? Et pourtant c’est bien cela mon histoire, un terrible mélange de malheur et de bonheur, de pleurs et de rire, de tristesse et de joie, de peines et d’amour.
Mon histoire commence il y a 24 ans, au Pérou, à Lima.
Ma mère, qui a déjà une petite fille, est enceinte,… de moi ; pas de travail, ni de ressource, une famille en pleine crise…Son quotidien n’est fait que de cris, de pleurs et de reproches. Par-dessus cela mon père est parti de la maison.
Et puis, une main qui se tend, une aide qui tombe du ciel. Ma mère ramasse un jour un petit flyer parlant d’une association caritative, San benito de palermo, aidant les mères célibataires en difficulté à repartir d’un bon pied dans la société (soin pendant la grossesse, prise en charge des frais d’accouchement, denrées alimentaires pour la mère, au bébé, soins médicaux gratuits, vêtements…). C’est trop beau pour être vrai ! Chance ? Hasard ? Non. C’est son pire cauchemar qu’elle tient dans ses mains, mais fatalement, elle ne le sait pas.
Plus que dans le besoin, quelques jours plus tard, elle pousse les portes de cette association dont les bureaux se trouvent en plein centre de Lima. Elle a besoin d’aide, elle est sûre qu’ici elle pourra le trouver.
Je pousse mon premier cri le 14 juillet 1980 (signe du destin ?). De l’autre côté de la terre, un jeune couple de français qui ne peut pas avoir d’enfant, est prévenu de ma naissance par l’association française, Rayon de Soleil de l’enfant étranger, par laquelle ils ont décidés de passer pour adopter un enfant. Dès le 15 juillet, les voilà en train de préparer leur voyage : une petite fille nouveau née les attend leur a-t-on dit !
Mes parents foulent pour la première fois le sol péruvien le 29 juillet 1980, tard dans la nuit. Le 30 juillet, à 7 heures du matin, deux femmes débarquent, prétextant être de l’association San benito de palermo, la directrice et l’assistante sociales leur disent elles. Dans leurs bras, un nouveau né de 16 jours, toute petite, toute fragile, moi.
Selon leurs dires, ma mère a 16 ans et se trouvant trop jeune pour avoir un enfant m’a laissé à l’adoption. Mes parents adoptifs, encore jeunes et bien naïfs se contenteront de cette version. Ils sont les plus heureux du monde et décide de m’appeler Céline.
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Source : Coordination des Actions pour le Droit à la Connaissance des Origines - Forum CADCO
11:35 Publié dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : témoignage, céline giraud, adoptée, pérou, adoption internationale
09.01.2007
Reconstructing Stephen - Why Adoption Hurts
What Nancy Verrier Says About Reconstructing Stephen
Nancy Verrier, Author of two seminal works on adoption: "The Primal Wound" and "Coming Home to Self" has this to say about Reconstructing Stephen:
"What a refreshing book! Stephen Francis has written a book that is both honest and heart-felt. Finding out later in life that he was adopted, Stephen's experience once again reinforces the necessity for honesty in adoption. Adopted people have a sense that they are different from their families, and not being told they are adopted only leaves them feeling confused about this. Many, many adoptees will relate to this book because of the honest portrayal of the many ways in which Stephen expresses his pain and frustration about his situation. It also demonstrates the value of therapy in healing the pain and overcoming the behavorial responses to that pain. His relationship with his half-sister can give hope to those adoptees whose birth mothers have died or who refuse reunion and points to the importance of having some biological connection. I highly recommend this book to anyone connected to adoption."
Although, in seeking to get in touch with his natural parents, Stephen receives a severe emotional and psychological blow, and the long-waited meeting with his birth mother is potentially traumatic, Stephen becomes stronger through the experience, particularly through being reunited with his half sister Debra. As Stephen Francis movingly writes:
"You are confronted by a stranger who nevertheless carried you in her womb for nine months, who held you in her arms albeit briefly perhaps and who decided to cease to be the most important person in your life, who had abandoned you, rejected you, chosen a life without you. Even so you know that in some way you are intimately associated with this person, that you have inherited her genes and she is linked to you by blood, after a lifetime in which you have come to realise that you shared none of these with your adoptive family. In that strange, biological sense, you still feel that whether she likes it or not, and whether you like it or not, she holds the key to your very identity."
The author
Stephen Francis is a 40 year old successful management consultant though he'd rather not be. He does want to be a good father and husband and to become in some sense whole, whatever that means.
He also wants to give up wine and lose 50 pounds and not have grey hair (though thankfully so far he's not bald). He lives in Southern England but wants really to live in Italy.
Reconstructing Stephen is his first book and tells his adoption story.
Stephen publishes a regular blog at http://stephenfrancis.blogware.com/
Source : http://www.reconstructingstephen.co.uk/default.aspx
08:55 Publié dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Stephen Francis, adopté, troubles de l'attachement, reconstruction
28.11.2006
L' adoption d'enfants de cultures étrangères
Fanny Cohen-Herlem psychiatre, administrateur du Service Social d'Aide aux Emigrants, chargée de l'adoption internationale et Jacky Mamou pédiatre, ancien président de Médecins du monde, administrateur du SSAE.
Fanny Cohen Herle




