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27/09/2014

Adoptions forcées en Flandre

Dans les années 70, des jeunes filles amenées dans des couvents flamands étaient contraintes d'abandonner leur bébé.

flandre mater matua

L’Eglise tente de réparer les pots cassés

L’Eglise catholique belge a exprimé son désir d’aider à retrouver les enfants que l’on a enlevé de force à de jeunes mamans durant les années 70. La plupart de ces femmes séjournaient à l’époque dans un foyer de Lommel (Limbourg). D’après l’asbl Mater Matuta qui défend leurs intérêts, les bébés ont été vendus contre des sommes importantes à des parents adoptifs. Si l'Eglise tend désormais la main, elle n'accepte pas pour autant de présenter des excuses.

Source: Flandreinfo

Mater Matuta dénonce certaines pratiques d’adoption

Des centaines de victimes d’adoption forcée ou illégale continuent à chercher leurs parents, quand ce ne sont pas les parents qui recherchent leurs enfants. Il s’agit la plupart du temps de jeunes femmes qui ont eu une grossesse non désirée jusque dans les années 1980 et qu’on a forcées à abandonner leur bébé. La nouvelle association flamande "Mater Matuta" veut aider des mères et des enfants adoptés. Elle réclame aussi la création d’une commission qui enquête sur les pratiques d’adoption du passé en Belgique.


Source: Flandreinfo


22/03/2014

Orphelin génétique. Vivre en étant un enfant de donneur anonyme

Breanna.JPGMTV diffuse ce samedi 22 mars 2014 un docu-fiction sur les enfants issus du don de sperme aux Etats-Unis, en suivant le parcours de Breeanna, 17 ans. Et chez nous, où en est-on par rapport à ce sujet de société épineux ? Leen Bastiaansen témoigne à cœur ouvert d'une réalité pas facile à vivre.

Histoire vraie : Breeanna, 17 ans (photo à gauche), est issue d'un don de sperme. Pendant la majeure partie de sa vie, elle cache ce fait, tâche de l'enfouir. Ses deux mamans, Sherry et Debra se sont séparées quand elle a eu trois ans et sa mère biologique s'est remise à fréquenter des hommes. Aux Etats-Unis, on peut avoir des informations qui sont encore confidentielles dans nombre de pays d'Europe. En se rendant sur le site Donor Sibling Registry , L'adolescente apprend qu'elle est issue du donneur anonyme 1096 et qu'elle a au moins 15 demi-frères et soeurs...

Le docu-fiction la suit dans ses rencontres avec quelques-uns d'entre eux. Cette série « Generation Cryo » est à voir à partir de samedi sur MTV, à 12h25.

6 épisodes d'une heure qui relèveront pour nous beaucoup plus de la « fiction » que du « docu vécu » tant cela peut nous paraître loin, se passant dans un autre monde, les Etats-Unis.
Mais pourtant, ici en Belgique, le recours à des donneurs de sperme existe, des enfants naissent et vivent avec ce secret (pour certains) ou ce fait ancré en eux... Et pour l'instant, ils ne peuvent pas remonter à la source masculine de leur vie.

Le témoignage d'une jeune femme belge

Pour mieux comprendre, nous avons rencontré Leen Bastiaansen. Cette jeune Flamande de 29 ans est professeur et chercheuse en psychologie à l'Université d'Anvers. Elle a appris à 20 ans, qu'elle était un enfant de donneur et sa vie a basculé. Ce qu'elle ressentait en elle avait donc bien une origine... Depuis, elle a créé une association, www.donorkind.be une association qui veut aider les enfants de donneur à savoir qui ils sont, d'où la moitié de leur capital génétique vient. Et soutenir ceux pour qui leur conception résonne comme un coup de tonnerre.


Vous êtes une enfant de donneur. Comment l'avez-vous appris ?

Quand j'avais 20 ans, je me posais pas mal de questions sur la relation que j'avais avec mon père. Mes parents ont divorcé quand j'avais 8 ans et depuis ce moment, nous nous sommes peu à peu éloignés. Cela me tracassait beaucoup et je ressentais quelque chose d'étrange chez mon père vis-à-vis de moi, un sentiment que je me souviens avoir toujours eu, à différents degrés. Un jour, j'avais 21 ans, j'en ai parlé à ma mère, encore une fois... et c'est là qu'elle m'a dit qu'elle voulait me parler de quelque chose depuis très longtemps mais qu'elle n'avais jamais su comment aborder le sujet. Elle m'a annoncé que mon père n'était pas mon père biologique et que j'avais été conçue grâce à un don de sperme. Peu après, elle le disait également à mon frère et ma soeur.

Qu'est-ce que cela a provoqué en vous ?

J'étais très choquée quand j'ai entendu ça. D'un côté, c'était complètement irréel. Bien que j'ai toujours senti que quelque chose ne tournait pas rond dans ma relation avec mon père, je n'aurais jamais pensé à quelque chose de ce genre-là. D'un autre côté, c'était un soulagement : comme si plein de pièces du puzzle trouvaient enfin leur place. Les jours après « La découverte », je me sentais très fragile. Je me regardais souvent dans le miroir et... je voyais une inconnue. Se regarder dans la glace était vraiment un acte qui me confrontait à la réalité. Soudain, j'ai pris très conscience de ce à quoi je ressemblais. Des années passèrent durant lesquelles je ne pouvais pas en parler sans me mettre à pleurer. C'était quelque chose que je portais, sans savoir qu'en faire.

Comment avez-vous fait vôtre cette conception ?

Après quelques années, le choc émotionnel était passé. Au début, j'ai vraiment agi individuellement, en essayant de donner un sens à ma nouvelle identité, mais au plus j'étais habituée à l'idée, au plus je voyais la situation des enfants de donneur dans son ensemble et j'ai commencé à en parler avec d'autres.

Vous avez alors créé une association DonorKind pour défendre les intérêts des enfants de donneur et les aider à se battre contre l'anonymat total des donneurs qui existe en Belgique. Pourquoi vous êtes vous engagée dans cette voie de la revendication ?

En fait, j'ai réalisé qu'il y avait des milliers d'autres personnes nées dans les mêmes circonstances, coupées de leurs racines biologiques et personne pour se préoccuper d'eux et de leurs interrogations quant à leur conception.
J'ai commencé à chercher sur Internet des pistes mais il y a très peu de sites belges sur lesquels je trouvais des informations pertinentes sur ma situation. Il y a quelques années, j'ai rencontré une autre femme dans le même cas que moi. Nous avons décidé d'unir nos forces pour essayer de faire changer les choses et, à la fin de 2012, nous avons fondé notre asbl : Donorkind. Nos objectifs : faire prendre conscience que le don de sperme n'est pas anodin et qu'il y a des conséquences à long terme, et en premier lieu pour les enfants conçus de cette façon.

Vous êtes-vous adressée à la clinique où vous avez été conçue ?

Les cliniques de la fertilité prennent soin de leurs clients qui sont des parents voulant des enfants et des donneurs, qui peuvent rendre cela possible. Mais ils se fichent complètement des personnes qu'ils conçoivent tous les jours ! Le sentiment de perte, la colère de ne jamais connaître son père biologique, ces cliniques n'en ont rien à faire ! J'ai pu m'en apercevoir de moi-même lorsque j'ai visité la clinique où je suis née. Ils se fichaient de mes sentiments, ils voulaient juste que je parte. Ils ne voulaient même pas me dire si mon dossier existait encore. Je trouvais ça complètement injuste. C'était comme si quelqu'un d'autre avait volé une part de mon identité et je voulais la récupérer.

Que pensez-vous de l'anonymat du don de sperme ?

Nous essayons de parler aux politiques et de les convaincre que les lois concernant le don de sperme doivent être changées. Le don de sperme anonyme devrait être interdit parce que cela viole le droit fondamental de savoir d'où l'on vient.
Nous sommes conscientes que la biologie n'est pas la seule source de notre identité mais le fait d'être dans l'incapacité de retracer la moitié de son capital génétique est une situation très difficile à vivre pour beaucoup d'enfants de donneur.
Beaucoup d'autres pays ont reconnu que le don anonyme n'est pas éthique et ont changé leurs lois dans ce sens. Mais les politiques belges ne comprennent toujours pas l'urgence de ce problème de société. Par conséquent, c'est aux enfants de donneur eux-mêmes de se lever pour faire entendre leurs droits et tenter de sensibiliser le plus grand nombre sur ce que nous ressentons et pourquoi nous voulons faire changer les choses.

Pensez-vous que vous seriez apaisée si vous pouviez savoir qui est votre géniteur ?

Je pense réellement que cela me ferait du bien de savoir qui est mon père biologique. Je continue à ressentir de la frustration et un grand malaise à l'idée que des personnes me cachent ces informations... En même temps, c'est très difficile d'expliquer pourquoi je veux le connaître. Je n'espère pas trouver un autre père ou quelque chose comme ça. Je ne pense même pas que je me reconnaîtrais totalement en lui, c'est très possible que non pas du tout... Je veux juste savoir en quoi nous sommes similaires et en quoi nous sommes différents. C'est très important pour moi de pouvoir m'en rendre compte par moi-même.
Malheureusement, je n'ai pas beaucoup d'espoir... Les chances qu'un jour je retrouve mon donneur sont extrêmement faibles, voire inexistantes.

Regarderez-vous la série sur MTV ?

Bien sûr ! Je savais que cela avait été diffusé aux Etats-Unis et j'espérais vraiment une diffusion en Belgique. Je me suis toujours sentie réconfortée par les discussions que j'ai pu avoir avec d'autres enfants de donneur. Parce qu'ils comprennent exactement comment vous vivez avec ça, comment vous le ressentez. Je peux imaginer que je vais sentir lees mêmes sentiments de réconfort et de reconnaissance quand je verrais ces jeunes se parler et partager leur envie de trouver leur géniteur.


- CryoGeneration sur MTV, chaque samedi à partir du 22 mars à 12h25.

- Plus d'infos sur www.donorkind.be et sur la page facebook www.facebook.com/donorkind.
En néerlandais uniquement mais une version française sera prochainement en ligne.

Source : La Libre Belgique et La Dernière Heure.

 

En savoir plus

- Identité. Le droit aux racines. (en néerlandais)
- Les orphelins génétiques.

 

14:56 Écrit par collectif a & a dans Origine - Identité, Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us

21/02/2014

Les enfants de la Réunion. Une reconnaissance tardive

Du début des années 1960 au début des années 1980, l’État français a organisé la déportation de 1 600 enfants réunionnais (orphelins ou présumés abandonnés) vers la métropole. On leur promettait qu’ils pourraient y faire des études puis s’en retourner vers leur pays natal. Mais, arrachés brutalement à leur environnement, ils furent placés en foyer ou en famille d’accueil dans des conditions souvent indignes, voire utilisés comme main d’œuvre agricole gratuite, dans les champs de la Creuse et d’ailleurs.

Les députés voteront sans doute une motion reconnaissant la responsabilité de l’État français dans cette maltraitance.  Une reconnaissance bien tardive, et dont il est affirmé d’avance qu’elle n’ouvrira droit à aucune réparation !

Source : L’exil forcé des enfants de la Réunion


- Les «enfances perdues» de l’Australie et de la Réunion.
Entretien avec Ivan Jablonka.


- J’ai le sentiment que mes origines n’ont pas été respectées. Du coup, j’ai eu beaucoup de mal à me projeter dans le futur.
Témoignage de Marie-Thérèse Gasp, aussi connue sous le nom de Dominique Foucher.



16/01/2014

L'adoption, c'est une capture et une transformation

Rencontrant depuis 2005 [Sandrine Dekens] des personnes adoptées confrontées à des difficultés plus ou moins importantes pour construire leur vie, il apparaît nécessaire d’outiller la réflexion et l’intervention des professionnels auprès de ces enfants et adolescents devenant aujourd’hui des adultes.


L’adoption est un dispositif de création de filiation par les moyens du droit. Les effets de l’adoption plénière sont l’effacement de la filiation d’origine de l’enfant, pour y substituer un nouveau lien de filiation « exclusif et définitif », modifiant ses noms et prénoms, ainsi que sa nationalité (il devient français). L’acte de naissance est réécrit, l’enfant se trouve « né de » ses parents adoptifs, via ce que les juristes nomment une fiction juridique . L’adoption est une pratique récente, devenue depuis les années 1980 un moyen assez ordinaire de faire famille, qui s’est massivement développé depuis les années 2000 dans notre pays. Ce dispositif juridico-administratif qui se situe à l’interface entre les sociétés, entre les États et leurs populations, organise le flux d’enfants des pays du Sud vers ceux du Nord à des fins affiliatives. Du point de vue psychologique, cette pratique construit une néo-identité contemporaine, fabriquée par le droit . Ainsi, les problématiques psychiques des adoptés ne peuvent être pensées comme isolées et individuelles, mais comme une « conséquence planétaire de la mondialité ».

Être adopté se caractérise donc par un itinéraire identitaire singulier, qui consiste à avoir existé dans une filiation et donc sous une identité donnée jusqu’à un certain âge, puis dans un second temps, sous une autre identité, s’accompagnant la plupart du temps d’une migration et d’un changement de classe sociale. L’articulation entre ces deux segments de vie est marquée par les ruptures produisant la déliaison des attachements antérieurs : qu’il ait vécu un délaissement parental, un abandon ou qu’il soit orphelin, l’enfant est pris en charge par les services sociaux ou une institution (délié affectivement), puis rendu juridiquement adoptable (délié juridiquement), et emmené en France pour être adopté (délié culturellement). Ainsi, le fils dernier-né de cette mère pauvre et célibataire qui vivait en Haïti, élevé ‘à la dure’ par un groupe de femmes (tantes et grand-mères) en pleine campagne jusque ses 6 ans, devient un petit français « né de » ses parents normands, fils unique et choyé de ce couple de médecins âgés, vivant en centre ville de Caen. Pour reprendre les mots d’une jeune femme de 21 ans, adoptée en Colombie, « l’adoption, c’est une capture et une transformation ».

 

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Lire la suite de l'article "Adoption : clinique d’une néo-identité contemporaine" par Sandrine Dekens

14/01/2014

Pour des adoptions internationales plus éthiques

Irrégularités, manque de transparence, confusion avec l’humanitaire… Des voix s’élèvent pour stopper les dérives de l’adoption internationale qui ternissent son image.


Mercy, mercy («Pitié, pitié»), l’histoire vraie d’une adoption… Tel est le titre d’un documentaire danois, projeté en France, le 20 novembre dernier, lors du festival «Enfances dans le monde» organisé par le Bureau international catholique de l’enfance (BICE) et qui pourrait bien bouleverser notre regard sur l’adoption internationale, comme il est en train de bouleverser celui des Danois.

La réalisatrice (Katrine Riis Kjaer) a en effet filmé pendant quatre ans l’adoption de deux enfants éthiopiens par un couple danois. On y voit leurs parents «biologiques», malades du sida, céder à la pression d’une agence d’adoption, leur faisant espérer un avenir meilleur («c’est une chance pour vos enfants», «remerciez simplement Dieu de ce qui vous arrive. Ne vous inquiétez pas pour eux, ils vous oublieront.») ; puis, pris de remords, aller frapper désespérément aux portes de l’orphelinat pour réclamer, comme on leur a promis, des nouvelles de leurs enfants.

On suit surtout le parcours tragique de Ruba et de Masho (4 ans), qui ne comprend pas ce qui lui arrive, réclame sa maman, s’enferme dans des crises de violence… jusqu’à ce que ses parents adoptifs, désemparés, la confient aux services sociaux.

«C’est probablement l’un des documents les plus forts et les plus dérangeants sur les abus de l’adoption internationale, mais aussi sur nos rapports aux pays pauvres», souligne Alessandra Aula, secrétaire générale du BICE. Manipulation des parents d’origine, instrumentalisation des enfants, absence de préparation des parents adoptifs aveuglés par leur désir d’enfant, irresponsabilité de l’agence et des autorités danoises. «Ce film montre tout ce qu’il faudrait bannir pour qu’une adoption soit faite dans l’intérêt de l’enfant.» Le gouvernement danois a d’ailleurs depuis suspendu les activités de son agence Danadopt en Éthiopie. «Une adoption ne doit jamais s’apparenter à une vente ou à une pseudo-vente», insiste Alessandra Aula, qui rappelle aussi l’attachement du BICE aux principes énoncés par la Convention internationale des droits de l’enfant et par la convention de La Haye, qui régit l’éthique de l’adoption : «Il faudrait autant que possible le laisser dans sa famille élargie, en favorisant le développement communautaire sur place.» 

C’est aussi la position de l’Unicef. «L’adoption internationale peut être une solution pour l’enfant, quand elle est faite dans son intérêt. Mais dans certains pays, des réseaux se sont organisés, qui ont perdu de vue cet objectif», souligne Jean-Claude Legrand, conseiller régional en protection de l’enfance à l’Unicef (à Genève). Les pays d’accueil ont dans ce domaine une part de responsabilité. «Leurs ambassadeurs se retrouvent avec le mandat d’obtenir des enfants à adopter, et sont tentés de faire du chiffre, en compétition avec les autres pays.» «Il faut qu’on mette fin à ces dérives, insiste-t-il. C’est dans l’intérêt de tous. D’autant plus qu’un nouveau phénomène émerge : le nombre grandissant d’adoptions en échec, certains enfants ayant le sentiment d’avoir été “enlevés” ou “achetés”. De plus en plus d’adolescents adoptés sont placés dans les services sociaux, même si les gouvernements ne veulent pas publier leurs chiffres. La commission d’enquête mise en place par le gouvernement danois sur les adoptions en Éthiopie a également révélé que de plus en plus de familles adoptives européennes renvoyaient leurs enfants dans leur pays.» 

Sur ces zones sombres de l’adoption, on préférait ne pas lever le voile. Mais le silence commence à se briser. En France, les associations d’adoptés commencent à être mieux écoutées. Regroupées dans le Conseil national des adoptés (CNA), elles viennent de publier une «charte éthique», où elles demandent un plus grand respect de leurs parents d’origine, une totale transparence, et un encadrement plus rigoureux des procédures. «Si les adoptions frauduleuses restent minoritaires, les dérives sont encore trop fréquentes», regrette Cécile Février, présidente du CNA. «Les incitations à l’abandon et les manipulations des parents sont encore courantes dans les pays où on ne connaît pas l’adoption plénière : on leur fait croire qu’ils garderont des liens, que leurs enfants leur enverront de l’argent… On voudrait un meilleur contrôle des OAA (organismes agréés pour l’adoption) à tous les niveaux, car ils bénéficient jusque-là d’une certaine impunité.» Mais elle espère aussi faire changer les mentalités. «L’adoption n’est pas un geste humanitaire, insiste-t-elle. Et il faudrait faire comprendre qu’un enfant peut être heureux dans sa famille même si elle est pauvre, et qu’on n’adopte pas pour lui donner un niveau de vie meilleur.»

 

Lire la suite dans La Croix.


14/05/2013

Autriche. Les enfants tabous du Vorarlberg

En 1946, une région enclavée des Alpes autrichiennes enregistre un étrange pic démographique. Deux cents à trois cents bébés naissent de soldats «indigènes» enrôlés dans l’armée française qui occupe alors la zone. Une filiation longtemps passée sous silence.

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Gamines, l’une était surnommée « die Negerpuppe » (« la poupée nègre »), l’autre était montrée du doigt pour son nez épaté et ses cheveux très noirs. Maria Pramendorfer et Karin Trappel vivent dans des villes voisines du Vorarlberg, dans les Alpes autrichiennes, à l’extrême ouest du pays, au-delà du Tyrol. Elles ne se connaissent pas, mais elles partagent la même histoire, celle de quelques centaines de filles et de garçons nés ici dans l’immédiat après-guerre. Fruits de l’union éphémère d’Autrichiennes et de soldats « indigènes » stationnés quelques mois dans le décor d’opérette du Vorarlberg, elles sont les enfants d’une page taboue de l’histoire, dont la mémoire affleure à peine aujourd’hui alors que s’éteignent ses protagonistes.

Le 30 avril 1945, quelques jours seulement avant que l’Allemagne nazie signe à Berlin sa reddition, la première armée française entre au Vorarlberg. Formée en Afrique du Nord par le général de Lattre de Tassigny, rejointe notamment par le régiment des spahis, elle est alors constituée pour bonne moitié de Maghrébins et d’Africains. Dans ce pays coincé entre les glaciers et le lac de Constance, où les mariages endogènes ont fait des yeux bleus une norme dont l’idéologie hitlérienne a martelé l’idéal, les Autrichiens regardent venir la troupe étrangère, médusés. Au sein de ce défilé des vainqueurs, ils entrevoient des visages jamais vus ici, sombres sinon noirs. 

 

Article complet dans Libération | 3 mars 2013

12:05 Écrit par collectif a & a dans Origine - Identité, Témoignage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us

13/04/2013

Enfances volées - Le regard impitoyable de Paul Senn

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L'exposition «Enfances volées» repose sur les photos de Paul Senn. Ce photoreporter (1901-1953) suisse a développé un nouveau langage pour montrer la vie chez les paysans et les ouvriers dans le monde entier et a publié dans les plus grands journaux suisses.

 

"Aucun mot ne saurait défaire ce qui a été fait" 
Chronique de  l'Abrincate