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07/02/2012

Ratés et fraudes à l'adoption. Quelles sanctions ?

En Belgique francophone, depuis le 1er septembre 2005, plus question d’adopter un enfant à l’étranger sans suivre, au préalable, des cours de préparation à l’adoption, et sans obtenir un jugement déclarant le demandeur « apte » à assumer le statut de candidat adoptant. Deux sésames indispensables, avant d’adresser une demande à un organisme agréé d’adoption ou à l’autorité centrale compétente, en Communauté française.


Pas d’autre possibilité : la « filière libre » n’existe plus. 

N'empêche que certains candidats à l'adoption contournent les nouvelles conditions qu'impose la loi.
En effet, selon Catherine Fonck: "Nous avons cependant constaté que dans la pratique, que certains candidats à l'adoption engage de bonne foi une procédure à l'étranger sans respecter les étapes de la procédure légale."

Sous prétexte de "régulariser" une dizaine de cas difficiles, il y a le risque de rétablir les “filières libres” d’adoption à l’étranger, et ce malgré les garde-fous. Quelles sont les sanctions prévues dans la nouvelle loi sur l'adoption ?

Source: Le Soir 7.02.2012.

14/01/2011

Quand l'enfant de l'ennemi finit par gagner l'après-guerre

Elle était fille de l'ennemi et cela ne pouvait pas se savoir. Soixante-sept ans après sa naissance, Gerlinda Swillen est devenue, en Belgique, la première enfant de la guerre à obtenir la nationalité allemande. Elle peut enfin sortir de l'ombre et s'afficher comme une femme avec une identité complète. "Ceci clôture ma quête de père. Mon histoire personnelle est réparée." Grâce à cette double nationalité, Gerlinda Swillen espère ouvrir la voie de la reconnaissance des enfants de la guerre. Ils seraient pas moins de 20000 dans notre pays.


Pour les enfants de la guerre, le deuxième conflit mondial ne s'est pas achevé en 1945. "Beaucoup d'entre nous ont du alors commencer à mener leur propre guerre", explique Gerlinda Swillen. "La lutte pour la reconnaissance de notre identité biologique." Les enfants nés d'une mère belge et d'un père soldat allemand étaient les enfants de l'ennemi. Des enfants dont personne ne devait savoir comment ils avaient été conçus, même pas eux-mêmes. "J'ai longtemps vécu avec une demi-identité".Jusqu'à aujourd'hui. Sur son bureau trône l'Einbùrgerungsurkunde, le document officiel qui matérialise la fin de son combat. Elle a désormais la double nationalité belgo-allemande.

Elle est la première dans ce cas mais entend bien ne pas rester la seule. Depuis qu'elle est sortie du placard en 2007 en tant que fille d'un soldat de la Wehrmacht, elle a parlé à presque une centaine d'autres enfants de la guerre. Jusque là, ils représentaient une face cachée de notre histoire. Aujourd'hui, elle milite pour la création d'un réseau européen qui se battrait pour leurs droits. "La double nationalité, c'est une étape importante pour l'obtention d'un statut protégé pour les enfants de la guerre. La nationalité est tellement importante. Certains bébés de la guerre étaient même apatrides. C'est affreux. Etre protégé par la loi, c'est souvent lié à la nationalité. Sans nationalité, c'est à peine si l'on a des droits."

Elle-même a essayé depuis son plus jeune âge de retrouver sa véritable identité mais elle se heurtait chaque fois à un mur. "Ma mère me rabrouait chaque fois que je posais des questions sur mon père, mais je savais bien qu'il y avait quelque chose qui clochait. Les adultes commençaient à chuchoter lorsque j'arrivais ou se mettaient subitement à parler dans une autre langue. Et ma mère se comportait bizarrement. Jusqu'à l'âge de quatre ans, j'habitais chez mes grands-parents. Mais quand ma mère s'est mariée avec un veuf qui avait un jeune fils, tout a subitement changé."

Sa mère tricotait les mêmes vêtements pour elle et pour son demi-frère. "Rien ne pouvait la rendre plus heureuse que lorsque quelqu'un remarquait que nous avions presque l'air d'être des jumeaux. Elle voulait surtout gommer mes origines, oublier le passé. C'était un tabou absolu. Il lui arrivait bien de dire, quand elle était fâchée, que si elle s'était mariée, c'était pour moi. Je me suis rendu compte plus tard que beaucoup de mères célibataires d'enfants de la guerre avaient fait de même, pour protéger leur enfant de l'exclusion. Mais, après avoir franchi ce pas, le nom du vrai père devenait encore plus tabou."

De temps en temps, le prénom Karl revenait dans les conversations mais il a fallu longtemps pour qu'elle réalise qu'elle était la fille d'un soldat allemand. Le nom de famille ne sortait pas. Jusqu'à ce jour de 2007 où elle a provoqué sa mère qui était en train de parler de la guerre. "J'ai dit : arrête de radoter, tu ne te souviens même pas du nom de mon père. Bien sûr que si, a-t-elle répondu. Dis-le, alors, ai-je répondu, alors que tout le monde nous regardait en silence. Karl Weigert, a-t-elle lâché". C'était la dernière pièce du puzzle, celle que Gerlinda attendait depuis 64 ans. Depuis ce jour-là, elle ne tient plus aucun compte des tabous. Elle a raconté l'histoire de ses origines à tous ses amis, lancé un appel aux autres enfants de la guerre et s'est plongée dans cette page d'histoire qui fait apparemment encore tellement peur à certains. Et elle est partie à la recherche de son père en Allemagne. Le jour de son 66e anniversaire, le téléphone a sonné. C'était le Deutsch Dienststelle, qui gère les dossiers des 17 millions de soldats de la Wehrmacht. "Nous pensons avoir retrouvé votre père", ont-ils dit. "Mais il y a un problème. L'âge ne correspond pas. "Ma mère avait dit qu'il avait trois ans de plus qu'elle mais il en avait seize de plus", explique Gerlinda Swillen. "Tout le reste collait. Il avait été affecté à Gand, sa mère s'appelait Barbetta - mon nom vient en partie d'elle - et son père travaillait aux chemins defer. Ils ont fait un travail incroyable. Maintenant, j'insiste auprès de tous les autres enfants de la guerre : chaque détail compte et peut aider à reconstituer le puzzle"

Son père était décédé en 1958 mais le frère et !a soeur de celui-ci vivaient encore et ils étaient prêts à la rencontrer. En 2009, elle a reçu une photo de son père. "C'est tout moi, non ?", dit-elle en la montrant. "Ce nez, ce front C'était bizarre aussi d'entendre certaines histoires. Je n'ai pas été élevé par eux, j'ai grandi dans un tout autre milieu et pourtant, on n'a aucune prise sur certains caractères héréditaires. Mon père avait des côtés sexistes et moi j'ai plutôt des idées féministes. Je me serais certainement souvent disputé avec lui, ai-je dit à son frère, mais celui-ci a aussitôt démenti. Quand mon père était vraiment fâché, il ne disait rien : il tournait le dos et s'en allait J'étais sciée qu'il me dise cela, parce que je fais exactement la même chose."

Son père avait claqué la porte de la maison familiale à 17 ans ; à un moment donné, Gerlinda a, elle aussi, radicalement coupé les ponts avec sa mère et son beau-père. "C'était un épicurien, très dynamique, très sociable, et moi aussi. Subitement, vous comprenez plein de choses, votre identité se reconstitue. Je me sentais incroyablement libérée. Cela vous donne une énorme force aussi. J'ai enfin l'explication de plein de choses."
Comme celle de sa mauvaise relation avec sa mère. "J'ai compris subitement qu'elle avait dû vivre pendant des années avec le portrait craché de son amant. Mon fils ressemble aussi énormément à mon père. J'ai compris cela maintenant. Ma mère le savait depuis le début mais ne m'en avait jamais parlé. Maintenant elle en parle souvent. Mais elle n'arrive pas encore à exprimer que moi aussi, je lui ressemble de manière flagrante."

Jusqu'à il y a peu, sa mère ne voulait rien savoir de la famille allemande de Gerlinda mais la curiosité a fini par l'emporter petit à petit. "Elle estimait qu'il l'avait laissé tomber. Mais mon père avait été plutôt honnête. Il l'avait demandée en mariage à mon grand-père. Mon grand-père avait refusé. Parce qu'il était anti-allemand mais aussi parce qu'il percevait le danger. Personne ne le savait, mais il avait du sang juif. Et les Allemands exigeaient que les femmes de leurs soldats aient une ascendance pure. Ils auraient certainement fait une enquête et, s'il l'avaient découvert, nous aurions alors tous risqué de nous retrouver dans un camp de concentration."

Après la guerre, la loi du silence régnait mais maintenant, cela a changé. Gerlinda déteste l'expression "collaboration horizontale" : "En temps de guerre, les relations sexuelles sont une manière d'avoir une bouffée de liberté pour les hommes et les femmes. Si j'en crois les conversations que j'ai eues avec d'autres enfants de la guerre, la plupart de ces relations n'ont rien eu à voir avec la collaboration." Gerlinda elle-même ne s'est pas tourmentée à propos du passé de son père. "Longtemps, je n'ai rien su. Mais j'ai été soulagée d'apprendre que mon père avait toujours fait en sorte de ne pas devoir se battre. D'après mon frère, il détestait les armes, il s'occupait du matériel roulant. Cela m'a soulagé d'apprendre qu'il n'avait pas eu à tuer des gens."

Aujourd'hui, elle estime que son histoire personnelle n'est qu'un détail de l'Histoire du monde. "Cette double nationalité a surtout de l'importance pour pouvoir protéger les enfants de la guerre dans le futur. Je sais que les gens tirent rarement les leçons de l'Histoire mais ces situations se reproduisent encore aujourd'hui. Des enfants conçus par des soldats américains ne reçoivent pas le droit départir à la recherche de leur père. Mais les enfants de la guerre doivent avoir droit à leur identité biologique. Avec ce statut, nous voulons leur donner une protection juridique contre les insultes et l'exclusion. Afin que tout ceci ne se reproduise plus." 

Source : De Morgen | Courrier International n° 1050 | 16-21.12.2010

 

- Enfants 'de la Wehrmacht' en Belgique
L'occupation allemande au cours du dernier conflit mondial a conduit inévitablement à des relations entre les militaires de l'armée ennemie et la population belge féminine. De ces relations sont nés, selon les estimations les plus prudentes, 20.000 enfants, sans parler des enfants avortés. La recherche sur ces enfants, que Gerlinda Swillen a entamée en septembre 2007, concerne des rapports éphémères ou de plus longue durée, désirés par l'homme et la femme. Comment en sont-ils arrivés là ? Qui étaient les mères, mais aussi les pères concernés ? Comment se déroulaient la grossesse et la naissance ? Quel fut le sort des enfants ? Pour traiter de ces questions, Gerlinda Swillen analyse des archives et des documents d'époque. Mais elle a aussi besoin de témoignages de mères, d'enfants, de médecins, d'infirmières, de membres des familles, de voisins, de connaissances. 
Après des années de silence en Belgique, l'âge des témoins devient aussi problématique. Les entendre devient donc très urgent. Le CEGES appuie cet appel au témoignage.

- Trente "enfants de la Wehrmacht" sont enfin prêts à témoigner
Le CEGES va lever l'un des derniers tabous de la Seconde Guerre mondiale. Sa recherche est menée par Gerlinda Swillen, qui fut aussi la fille d'un soldat allemand.
La Libre Belgique | 15.10.2008

 

30/09/2010

L’adoption internationale chute. Le nombre d'adoptions d'enfants étrangers : moins 40% en cinq ans.

L adoption internationale en baisse.jpg. Il n'est pratiquement plus possible d'adopter des enfants chinois,qui constituait en Belgique francophone la principale "source" d'adoptions internationales
. La Communauté française de Belgique entend évaluer le décret qui règle les adoptions, quitte à en modifier certaines dispositions.
. L'écart va croissant entre le nombre de demandes d'adoption et le nombre limité d'enfants "adoptables".

Adopter un enfant à l’étranger devient de plus en plus difficile. Et, depuis quelques années, on constate une baisse significative du nombre d’adoptions internationales. La Communauté française n’échappe pas au phénomène.

En 2004, on dénombrait 366 adoptions (y compris celles d’enfants belges). Avec, au fil des ans, un recul progressif : 334 adoptions en 2005 ; 248 en 206 ; 212 en 2007 ; 180 en 2008 et, malgré tout, une
légère hausse en 2009 (220 dossiers). Laquelle, selon Didier Dehou, le directeur de l’Autorité centrale communautaire, « se confirmerait en 2010, avec des chiffres légèrement supérieurs ».

En cinq ans, le nombre d’adoptions internationales a diminué de 40 %. Plusieurs facteurs expliquent cette réalité…

Un : de plus en plus de pays d’origine se ferment, officiellement ou non, à l’adoption internationale. C’est le cas de la Chine (lire ici), de la Russie, de l’Inde, de Madagascar, des Philippines, etc. Autant de pays historiquement très investis dans le secteur.

Deux : les législations évoluent, les procédures deviennent çà et là plus contraignantes, beaucoup d’Etats préconisent d’abord l’adoption interne. Comme le stipulent d’ailleurs les textes internationaux
(Convention de La Haye du 29 mai 1993 et Convention sur les droits de l’enfant du 20 novembre 1989). Lesquels visent « l’intérêt supérieur de l’enfant » ; son droit d’avoir une famille, d’être protégé et, le cas échéant, adopté « si c’est la meilleure solution pour lui ».

Trois : « On constate un écart croissant entre le nombre toujours plus grand de demandes d’adoption et le nombre limité d’enfants “adoptables” », rappelle Didier Dehou. Un écart de 1 à 10 ou 11, selon
les endroits. Avec, dans certains Etats, l’instauration de « quotas » annuels ou de moratoires.

Quatre : confrontés à des dérives éthiques (enlèvements, vols, traite…) ou victimes d’affaires très médiatisées (Arche de Zoé, Haïti…), les pays d’accueil veillent désormais à soigner leur image à
l’étranger.

Dans ce contexte, rappelle Geneviève Gilson, la présidente des organismes d’adoption agréés s en Communauté française, « la pression est forte. Avec des moyens mis en œuvre pour investir le “marché“, à la limite parfois du raisonnable ».

Avec 17.433 adoptions déclarées en 2008, les Etats-Unis restent le principal pays d’accueil (près de la moitié des dossiers enregistrés). Derrière, on retrouve l’Italie (3.977), la France (3.271), l’Espagne (3.156), l’Allemagne (1.251), le Canada (1.208), etc.

Actions et/ou pressions diplomatiques auprès des pays d’origine, aides humanitaires liées, politique de coopération pro-active… « Ici, on financera une école, un orphelinat, un hôpital, explique un expert.
Des centaines de milliers de dollars légalement (ou non) déversés en échange de l’assurance que les places disponibles seront réservées à leurs ressortissants. »

Mais cela dure un temps. « Lorsque la pression que subit un pays d’origine devient trop forte, constate le Service social international, les abus surgissent immanquablement, suivis par une prise de conscience politique, puis légale, et aboutissant enfin à la mise en place de structures plus respectueuses des droits de l’enfant, mais souvent aussi plus restrictives. »

Il n’empêche : plus que jamais, l’adoption internationale est devenue un véritable « marché ». Avec une « demande » toujours plus forte (malgré la mise en place de procédures pour les candidats adoptant dans certains pays, la filière dite « libre » reste majoritaire). Et une « offre » globalement en baisse (moins d’orphelins de père et de mère ; moins d’abandons ; plus de règles éthiques, etc.).

Dans ce contexte, la (très petite) Communauté française de Belgique s’efforce de faire valoir sa législation parmi les plus contraignantes du… monde en matière de respect des droits de l’enfant. Elle tente également de nouer de nouveaux partenariats, en Afrique notamment (Togo, Burkina, Côte d'Ivoire…).

Enfin, elle développe aussi l’adoption d’enfants « à besoins spécifiques » (fratrie, enfants handicapés ou plus âgés). Une approche qui, sous cette forme-là, intéresse assez largement les pays d’origine. « Dans la grande majorité des cas, rappelle Didier Dehou (ACC), les parents souhaitent un enfant seul, en bas âge et en bonne santé. Ça n’est pas la seule voie possible. »

Ce que confirme Jean-Michel Charlier, de l’ASBL Emmanuel adoption : «C’est vrai qu’adopter un enfant à particularité, ça nécessite une ouverture supplémentaire, mais c’est une démarche extrêmement riche
dans une société où domine le culte d’une certaine norme et de la performance à tout prix. »


Source : Le Soir. 27 septembre 2010.

 

- La dure réalité des chiffres 

Les statistiques des principaux pays d’accueil confirment une fois encore la diminution du nombre d’adoptions internationales réalisées à travers le monde. Si les principaux pays d’origine restent plus ou moins les mêmes, leur évolution diffère sensiblement. La situation de la demande dans les pays d’accueil reste toutefois une grande inconnue.

Editorial du bulletin Mensuel n°8/2009 SSI/CIR

 

- Adoptions internationales: une situation toujours plus tendue 

Les premières statistiques concernant l'année 2006 indiquent une tendance à la diminution du nombre d'adoptions internationales. Ce ralentissement n'est pas sans soulever de nombreuses questions, tant quant à ses causes possibles qu'à ses éventuelles conséquences à long terme.

Editorial du bulletin Mensuel n° 3/2007 SSI/CIR

 

08:24 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique | |  del.icio.us

16/12/2009

"Les forces économiques sont entrées en jeu qui, en dépit des intentions sincères de la plupart des parents adoptifs et d'un suivi consciencieux des autorités, ont conduit inévitablement à des effets indésirables". Brigitte Slot.

De Standaard.jpgKind zoekt ouders

   

De STANDAARD ANALYSE — 'Adoptie bevindt zich wereldwijd in crisis' kopte De Standaard gisteren. In Brussel ging die dag een staten-generaal van start die de knelpunten voor Vlaanderen onder de loep moet nemen. Eén van de grootste problemen? Te weinig kinderen voor te veel ouders. Er staan in Vlaanderen meer dan 400 kandidaat-ouders op een wachtlijst. Ter vergelijking: vorig jaar werden 210 buitenlandse kindjes door Vlamingen geadopteerd. Dat terwijl Bulgaarse weeskinderen nog altijd in erbarmelijke omstandigheden opgroeien of de straten van Calcutta overspoeld worden door bedelende weeskinderen.


Dat tekort aan buitenlandse kinderen er niet altijd geweest. Brigitte Slot, beleidsmedewerker bij het ministerie van Financiën in Nederland, schrijft in Justitiële Verkenningen over de beginjaren van adoptie: 'Het aanbod was vele malen groter dan de vraag. Oorlog, armoede, sociale ontwrichting, waren oorzaak van een niet onaanzienlijk aanbod van kinderen.'


Redmiddel


Uit die situatie vloeide een specifieke mentaliteit voort, typisch voor de jaren zeventig. 'Adoptie werd lange tijd gezien als een daad van mededogen', zegt Slot. 'Als laatste redmiddel om een kind zonder ouders kans te bieden op een menswaardig bestaan. In professioneel opzicht was adoptie het exclusieve terrein van maatschappelijk werkers, psychologen en juristen. Adoptie werd uitsluitend door een humanitaire bril bezien.'


Maar adoptie is ook handel, zo concludeert Slot, en het is dat steeds meer geworden. 'Met het groeiende aantal internationale adopties ontstond een nieuwe situatie. Vraag en aanbod werden door professionele partijen op elkaar afgestemd. Daaromheen ontstond een dienstverlenende industrie om adoptie in goede banen te leiden en problemen waar mogelijk op te lossen. (...) Op deze manier zijn economische krachten in het spel gekomen die, ondanks de oprechte bedoelingen van de meeste adoptieouders en een gewetensvol toezicht door overheden, onvermijdelijk tot onwenselijke effecten leiden.'


Die 'ongewenste effecten' kwamen genadeloos aan het licht wanneer geadopteerde kinderen op volwassen leeftijd op zoek gingen naar hun roots. 'Er zijn heel wat schrijnende situaties bekend van kinderen die helemaal niet afgestaan waren', zegt Inge Demol van Vereniging voor Kind en Adoptiegezin vzw (VAG). 'Het kind was gewoon naar het ziekenhuis gebracht, bijvoorbeeld, omdat het ziek was. Wanneer het weer beter was, ging het naar het weeshuis. De ouders wisten van niets. Kan je je inbeelden wat dat met iemand doet?'


Misbruiken


Het zijn dat soort misbruiken die in 1993 tot het Verdrag van Den Haag geleid hebben. Elk land dat kinderen ter adoptie aanbiedt en dat het verdrag ratificeert, engageert zich om eerst binnen de eigen landsgrenzen een oplossing te zoeken voor het kind, alvorens het aan te bieden voor internationale adoptie. Landen aan de 'ontvangende' kant engageren zich dat de adoptieprocedure zo zorgvuldig mogelijk plaatsvindt.


De inhoud van het verdrag wijst op een mentaliteitsverandering sinds de jaren zeventig. 'Terwijl vroeger eerder de mentaliteit heerste dat het kind dankbaar moest zijn dat het gered werd, vindt men nu dat het kind in de eerste plaats in het herkomstland een plekje moet krijgen', zegt Demol. 'Het Haagse Verdrag heeft in eerste instantie de bedoeling om het kind te beschermen. Een kind is dus pas “adoptabel, als het geen familie in eigen land heeft. Het is vandaag (gisteren, red.) ook op de staten-generaal gezegd: er moeten ouders gezocht worden voor het kind en geen kind voor de ouders.'


Sinds China in 2006 het verdrag ratificeerde, daalde het aantal adopties in Nederland met een derde. Iedereen is het over eens dat het Haagse Verdrag aan de basis ligt van het slinkende aanbod. Maar met de misbruiken en schandalen die aan het licht kwamen, ontstond ook een gevoel van schaamte dat het aanbod mee kan hebben beïnvloed. 'Autoriteiten gaan daarom eerst in eigen land op zoek gaan naar een oplossing', zegt Leen Du Bois van Kind en Gezin. 'We krijgen vaak te horen dat er zoveel weeskinderen zijn die wereldwijd op straat opgroeien, maar zo simpel ligt het dus niet. Omdat ze op straat leven, zijn ze nog niet adoptabel.'


Bron: De Standaard. Valerie Droeven. 15.12.2009.

 

18/10/2009

Haïti : quand l'adoption internationale rime avec business.

Haïti est un des principaux « fournisseurs » d’enfants adoptables. Une filière quasi commerciale s’y est installée, basée sur la loi du marché plus que sur une logique d’aide à l’enfance. Beaucoup d’enfants adoptés ont encore leurs parents…


Sur le tarmac surchauffé de l’aéroport Toussaint Louverture à Port-au-Prince, pas un jour ne passe sans qu’un enfant d’Haïti n’embarque sur un vol international, accompagné de ses parents adoptifs ou d’un représentant d’un organisme d’adoption. Beaucoup partent vers l’Europe : Haïti est en effet devenu un gros «fournisseur » d’enfants adoptables : le premier pour la France, un des principaux pour la Belgique et la Suisse. Plus de 400 petits Haïtiens sont adoptés chaque année en France et une cinquantaine en Belgique. Dans ce pays, leur nombre est en baisse, « notamment à la suite d’une campagne qui dénonçait les mauvaises pratiques d’adoption en Haïti », explique Gerrit De Sloover, le vice-consul honoraire de Belgique en Haïti, consultant sur les questions liées à l’adoption internationale.
De 300 à 400 dans les années 1990, le nombre de dossiers d’adoption internationale d’enfants haïtiens déposés par an à Port-au-Prince, à l’Institut du bien-être social et de la recherche (IBESR) est aujourd’hui compris entre 1 000 et 1 500. Exactement 1 367 pour la période d’octobre 2007 à octobre 2008. Cette augmentation résulte du fait qu’Haïti est un des rares pays à n’avoir pas encore ratifié la Convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale, qui fixe un cadre éthique clair et pose comme principe qu’un enfant n’est adoptable que lorsque aucune famille ne peut l’accueillir dans le pays même.


Business


Souvent portée par un vrai désir d’enfant du côté des parents, l’adoption internationale apparaît sur le terrain comme un véritable business. En 2005, la procédure pouvait coûter aux adoptants entre 5 000 et 6 500 $ US en moyenne, selon l’Unicef, y compris les frais d’avocats engagés par les crèches et ceux de procédure. Aujourd’hui, on approche des 10000 $ US. L’offre a toujours existé du côté haïtien, témoigne Geerit De Sloover, mais la demande a augmenté récemment. Les maisons d’enfants ont dès lors pullulé dans le pays. En 2008, 66 crèches étaient accréditées par l’IBESR (contre 47 en 2005), dont une majorité à Port-au-Prince. Mais leur contrôle par l’Institut est problématique, compte tenu du manque de moyens de l’institution et du manque de volonté de sa part. Aux dires du directeur adjoint de l’IBESR lui-même, M. Casseus, les crèches seraient beaucoup plus nombreuses que celles accréditées par l’Institut, « près de deux cents», lâche-t-il, sans en avoir l’air très certain.
Selon l’Unicef, « l’adoption internationale via des organisations privées qui n’ont pas reçu l’autorisation est malheureusement possible ». « Je connais des cas où des crèches non reconnues sous-traitent à des crèches accréditées», affirme Gerrit De Sloover. Car « parfois, certains n’ont pas assez d’enfants ‘en stock’, explique X. V., directrice depuis dix ans d’une crèche à Port-au-Prince. Ils vont donc en chercher ailleurs » pour répondre aux désirs des parents adoptifs. « J’ai reçu nombre de courriels de parents, toujours les mêmes : [nous avons l’autorisation d’adopter, nous cherchons un enfant, une fille]», poursuit-elle.


Contrôle de pure forme


Les petits qui présentent des «défauts » ne sont guère prisés : les plus âgés et les malades ont peu de chance d’être adoptés et certaines crèches tournées exclusivement vers l’adoption internationale ne les acceptent pas. De plus, la majorité des enfants adoptés en Haïti ont toujours des parents en vie, soit les deux, soit l’un d’eux, une tante, une grand-mère... à qui ils sont littéralement « achetés » pour être confiés aux adoptants. « Il semblerait que certaines crèches donnent de l’argent à la famille », reconnaît M. Casseus. Le plus fréquent est que des gens liés à la crèche recherchent activement des mères pauvres et leur proposent de mettre leurs petits en adoption. « Une fois les papiers signés, on va leur expliquer ce qu’est l’adoption. Ce n’est pas illégal, mais illégitime et abusif », explique Gerrit De Sloover, qui estime cependant que ces cas seraient moins nombreux qu’en Inde.
Parfois, l’initiative vient des parents. On a beaucoup parlé de vente d’enfants en Haïti. Le cas d’une maman ayant vendu les deux siens pour 500 gourdes (10 €) a fait du bruit. « Les parents, dans l’incapacité de s’occuper de leurs enfants, viennent les placer », explique X. V. L’absence de sécurité sociale, de garantie pour les vieux jours, le haut taux de mortalité infantile poussent les parents à avoir beaucoup d’enfants dans l’espoir que quelques-uns s’occuperont d’eux plus tard. Pour le directeur adjoint de l’IBESR, de nombreux parents sont conscients de ce qu’ils font lorsqu’ils placent leur enfant dans une crèche, et se bercent d’illusions en se disant qu’un jour celui-ci les fera voyager... La législation haïtienne, en effet, ne reconnaît pas l’adoption dite plénière qui implique une rupture des liens de filiation avec les parents biologiques. Elle entre ainsi en contradiction avec nombre de législations étrangères. Au moment de donner leur consentement, beaucoup de parents ne sont pas bien informés, et de plus, une majorité signent des documents qu’ils ne savent pas lire (Voir encadré « On a signé pour 18 ans »).


Limiter l’adoption individuelle…


Selon la législation haïtienne actuelle, l’IBESR n’a pas l’obligation de vérifier la véracité du consentement des familles avant qu’une décision d’adoption ne soit prise en justice. Seule la présence dans les dossiers des documents administratifs et judiciaires est vérifiée, ce qui vaut également pour les consulats qui interviennent avant le départ. «C’est un travail purement administratif à la fin du processus », rappelle Gerrit de Sloover. « Durant des années, les critères n’ont pas été appliqués. Aujourd’hui, la procédure est assez lente, car ils ont tendance à l’être plus strictement. On a commencé à demander plus de papiers pour l’adoption, ce qui a avant tout été source de plus de corruption », déclare X. V. De six mois à un an auparavant, le délai peut aujourd’hui atteindre deux ans et demi. « Une part importante est laissée à l’interprétation personnelle des juges et fonctionnaires dans la gestion des cas, explique Gerrit De Sloover. Le concept de ‘faciliter le dossier’ est assez élastique. » X. V. soupire : « Les crèches subissent tellement de pressions... Si vous ne payez pas, le dossier traîne des mois et des mois, et les parents adoptifs vous reprochent de ne pas être aussi rapide que d’autres crèches. Aucun responsable de crèche ne vous dira évidemment qu’il paie... »
Les ambassades aussi exercent des pressions sur les autorités haïtiennes, non pour augmenter les contrôles, mais pour accélérer les procédures. Un projet de loi correctif a été déposé au Parlement, mais il a peu de chances d’être adopté à court terme. Pourtant, la responsabilité relève aussi des pays adoptants. Certains, comme la France, acceptent les démarches faites individuellement par les futurs parents, qui s’adressent directement à une crèche haïtienne. 90 % des enfants “exportés” d’Haïti vers l’Hexagone suivent cette filière.
Ailleurs, l’adoption individuelle est limitée et les parents sont obligés de passer par des organismes d’adoption agréés (OAA), où la procédure est réputée plus longue. « Mais ce qu’il faut, c’est plus de contrôles sur place », explique une autre directrice de crèche. L’IBESR estime qu’il faut aussi « renforcer la procédure du consentement pour que les parents haïtiens soient bien conscients de ce qu’implique l’acte qu’ils posent ». Mais, paradoxe, le salaire du personnel de l’Institut est payé, pour partie, grâce aux recettes issues des dossiers d’adoption déposés : 5 000 gourdes (100 €) par dossier. Même incomplets ou problématiques, ceux-ci sont acceptés en nombre…


« On a signé pour 18 ans »


Kettelie Wesh vit à Soleil 17, à Port-au-Prince. En 2005, la violence ronge le quartier. Kettelie entend parler de femmes dans le quartier qui ont « placé » leur enfant en crèche pour l’adoption internationale. C’est ainsi qu’elle a rencontré le blanc (l’étranger) qu’elle montre sur une photo jaunie avec sa fille, Jenny. Il est pasteur, soutenu par un réseau d’Églises aux États-Unis pour gérer en Haïti une crèche orientée vers l’adoption internationale, mais qui aide aussi un peu les familles à s’occuper de leurs enfants. « Si j’avais pu, j’aurais placé tous mes enfants. » En octobre 2005, elle y amène la plus jeune, Jenny, 4 ans, qui a plus de chances d’être adoptée parce que c’est une fille, encore petite.
« Le Blanc nous a expliqué que même si l’enfant part, vous restez sa maman. Que vous serez toujours en communication avec lui, même si vous ne pouvez pas le voir et qu’à 18 ans, il reviendrait faire votre connaissance. Il ajoutait que quand les Blancs viendront prendre votre enfant en Haïti, ils auront la courtoisie de venir vous rencontrer et vous expliquer quelle va être la vie de l’enfant. Que vous aurez toujours de ses nouvelles .»
En octobre 2007, Jenny part pour les États-Unis. Kettelie reçoit quelques photos. Mais depuis un an et demi, plus aucune nouvelle. Le pasteur blanc est parti sans qu’elle le sache et son ancien chauffeur transformé à son tour en pasteur a repris les rênes de la crèche. « Quand nous venons demander des nouvelles de nos enfants et que nous faisons un esclandre devant sa porte, il nous envoie la police. J’ai déjà été arrêtée. »
Les enfants adoptés en Haïti ont, pour la plupart, des parents encore en vie, mais qui ne peuvent plus s’en occuper. Ceux-ci signent un consentement à l’adoption, sans souvent avoir conscience de ce que cela implique. « On a signé pour 18 ans, clame Lucienne Ophelia, dont la fille est partie pour l’Allemagne à l’âge de 5 ans. Elle est restée un an dans la crèche. J’allais la voir de temps en temps. J’ai reçu une photo dans les six premiers mois après son départ. Ensuite, plus rien : ni photo, ni nouvelles. Elle va avoir 16 ans. » Lucienne attend son retour, dans deux ans : « Dans mon quartier, tout le monde dit que j’ai vendu mon enfant ». « Nous avons voulu rechercher une vie meilleure pour notre enfant, mais nous n’avions jamais imaginé que nous allions le perdre », témoigne Kettelie.
Et quand, exceptionnellement, des photos arrivent, les crèches changent les enveloppes avant de les remettre aux parents, « pour qu’on ne retrouve pas la trace de l’enfant », souffle d’une voix éteinte Emilio Rafael, père de deux petits adoptés en France en 2001 et dont il est sans nouvelle depuis 2003.



Source : Syfia.info | Maude Malengrez | 15 octobre 2009.

21/06/2009

Il n'y a aucune loi interdisant la vente d'un enfant en Belgique. Jef Vermassen, pénaliste.

baby te kopen bebe a vendre.jpgUn bébé flamand vendu pour 25.000 euros, la mère pas inquiétée


Une mère de 39 ans, originaire de Bourg-Léopold, a vendu son bébé à un couple néerlandais pour 25.000 euros, écrivent samedi les quotidiens Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen, citant des sources judiciaires.


Reportage

La justice était sur les traces de cette femme après un reportage diffusé à la télévision. Après son audition, il est apparu qu'elle avait accouché d'un petit garçon le 27 juillet 2007 dans un hôpital d'Overpelt, mais que le bébé ne vivait pas dans sa famille. Peu après la naissance du nourrisson, sa mère l'a vendu au couple néerlandais, qui avait appris à le connaître sur internet. L'enfant avait été conçu avec le sperme du père néerlandais.


Affaire classée sans suite

Selon l'enquête de police, des preuves solides indiquent que le bébé a été vendu pour environ 25.000 euros. L'affaire est classée sans suite, a laissé entendre le parquet de Hasselt. "Nous ne ferons pas d'autre commentaire", a indiqué la porte-parole du parquet.


Aucune interdiction

"Il n'y a aucune loi interdisant la vente d'un enfant en Belgique", regrette le pénaliste Jef Vermassen. Il s'étonne que la mère-porteuse et les parents néerlandais ne soient pas inquiétés dans ce dossier, alors que son client, Bart Philtjens, le père biologique du bébé D., est poursuivi pour avoir probablement payé la mère-porteuse. (belga)

Source : 7 sur 7.


Er is in België geen wet die de verkoop van een kind verbiedt.  Jef Vermassen.


BRUSSEL - Een 39-jarige vrouw uit Leopoldsburg heeft haar baby verkocht aan een koppel uit Noord-Nederland. Ze kreeg zo'n 25.000 euro voor de transactie, zo bevestigen bronnen bij het gerecht. Dat schrijven de concentra-kranten.

Het gerecht kwam de vrouw op het spoor na een reportage op tv. Na verhoor bleek dat ze op 27 juli 2007 in het ziekenhuis van Overpelt was bevallen, maar dat haar zoontje niet in haar gezin woonde. Kort na de geboorte had ze het meegegeven aan een koppel uit Noord-Nederland, dat ze via het internet had leren kennen.

Het kind is verwekt met sperma van de Nederlandse vader.


Volgens het politie-onderzoek zijn er sterke aanwijzingen dat de baby voor ongeveer 25.000 euro verkocht werd.

Het Hasseltse parket liet weten dat het de zaak seponeert. "Verder geven we geen commentaar", aldus persmagistraat Sofie Delbroek.

"Er is in ons land helaas geen wet die de verkoop van een kind verbiedt", reageert strafpleiter Jef Vermassen. Hij vindt het vreemd dat draagmoeder en koopouders in deze zaak vrijuit gaan, terwijl zijn cliënt Bart Philtjens, de biologische vader van baby D., wél vervolgd wordt omdat hij de draagmoeder vermoedelijk een som betaalde.

Bron : Nieuwsblad.


Il faut interdire sans tarder la vente de bébés nés ou à naître.

Alors que l'affaire du bébé Jayden cédé contre argent via internet faisait grand bruit et indignait l'opinion publique, à nouveau, on se rend compte qu'on se trouve face à un vide juridique. Vendre son enfant n'est en effet pas interdit par la loi belge. Une question morale qui doit être au plus vite débattue !
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06:34 Écrit par collectif a & a dans Abandon | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : belgique, vente de bébés, abandon, jef vermassen | |  del.icio.us

19/06/2009

Belgique. Aide à la jeunesse. Changement de cap, SVP...

Le secteur réclame une réorientation vers l'éducation et la prévention.

Prévenir et éduquer avant, plutôt que d’enfermer. Le secteur de l’Aide à la jeunesse en Communauté française a réclamé jeudi du prochain gouvernement une (ré) orientation claire des moyens disponibles vers des politiques éducatives et préventives, après une législature marquée à ses yeux par une priorité à la création de places en milieu fermé pour les jeunes qui commettent des faits qualifiés d’infractions.

 

On sait que le constat ne fait pas plaisir à la ministre sortante, Catherine FONCK (CDH), qui a été en charge de l’Aide à la jeunesse au cours de la dernière législature, mais il est largement partagé par le secteur.


Pour l’Inter-fédérations de l’Aide à la jeunesse (AAJ), qui regroupe 360 services subventionnés employant environ 5 000 travailleurs, un changement de cap est nécessaire. La délinquance concerne une population de jeunes très minoritaire, mais certains faits divers largement médiatisés ont poussé le gouvernement sortant à attribuer d’importants moyens à l’augmentation des places fermées (nouvelle section à Braine-le-Château, aménagement prévu d’une aile de la prison de Saint-Hubert ), indique Pascal Rigot, au nom de l’Inter-fédérations.

 

Cette plate-forme s’oppose ouvertement à une politique de contrôle social, sécuritaire, et se prononce pour "l’émancipation des personnes" par l’aide individuelle et l’action collective. Sous la précédente législature, elle avait exprimé tout haut ses réserves lors de l’instauration du stage parental, censé replacer les parents défaillants sur le droit chemin.

 

Parmi les revendications de l’Inter-fédérations, il y a d’abord le souhait du secteur d’être considéré par le prochain ministre comme un partenaire à part entière. La plate-forme estime avoir connu de gros problèmes de dialogue avec le cabinet de la ministre FONK, évoquant une "pseudo-concertation" laissant le sentiment amer de ne pas avoir été réellement écouté.

 

S’agissant des statuts, le secteur, qui assume 10 000 prises en charge de jeunes et de familles suivis au quotidien, réclame notamment l’harmonisation des barèmes avec ceux des soins de santé et un financement complet des emplois Maribel social. Pour les jeunes hébergés dans les services résidentiels, logements autonomes ou familles d’accueil, il demande entre autres une augmentation des subsides pour les frais variables (alimentation, habillement, frais scolaires, kot, etc.)

 

Source : La Libre Belgique | 19.06.2009


- Le nouveau Mémorandum AAJ 2009-2014. [pdf]
- Les Positions de l'Inter-Fédérations de l'Aide à la Jeunesse sur les défis sociaux actuels, les débats en cours et les nouvelles mesures pour le secteur AAJ et les concepts politiques actuels. [pdf]
- La synthèse des valeurs de l'Inter-Fédérations.  [pdf]