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03/11/2009

Approche clinique pédiatrique de l’enfant abandonné, adopté,affectivement insécure ou atteint d’un trouble de l’attachement.

Jean-Francois CHICOINE.jpgPar le Docteur Jean-François CHICOINE, pédiatre au CHU Sainte-Justine, professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et viceprésident de la Société de pédiatrie internationale.

En 2002, avec Rémi Baril, il fonde la société « Le Monde est ailleurs », qui se porte à la défense de la santé et des droits des 0-18 ans. Depuis lors, il partage sa vie professionnelle entre le travail clinique et son expertise éducative.


Le mercredi 4 novembre 2009.

Lieu : La Marlagne
Centre Culturel Marcel Hicter
Chemin des Marronniers 26
5100 WEPION (Namur)
BELGIQUE

Une organisation de La Ridelle et Les Chanterelles, deux services d’accueil familial agréés par l’AWIPH.


Programme

8h30 : Accueil.

9h00 - 12h00 : Lien & Attachement

- abandon, modèles théoriques.
- mémoires, génétique, épigénétique.
- développement sensori-perceptif, moteur, cognitif et langagier.
- nutrition, croissance.
- parentalité, guidance familiale, techniques éducatives.
- comportement, scolarité.
- adolescence, identité.

13h30-16h30 : Lien & Attachement

- et problématiques neurodéveloppementales
(difficultés d'apprentissage, troubles d'apprentissage, TDAH)
- et problématiques neurocognitives ( syndrôme d'alcoolisation foetale)
- et problématiques neuropsychologiques (Troubles d'attachement, troubles intériorisés et extériorisés, troubles oppositionnels avec provocation, troubles de conduite, troubles de l'humeur dépressive, troubles anxieux, troubles dans la sphère de l'autisme, tics et syndrôme de Gilles de la Tourette).
- problématiques et solutions ... familiales, de crèche & scolaire, psychosociales, médicamenteuses, pédiatriques adaptées.


Inscriptions

La Ridelle
Tél : 00 32 83 21 65 90
Email: colloqueaccueilfamilial@hotmail.com


Source : Fondation Pour l'Enfance.

 

Voir aussi "Le lien...S'en mêler sans s'emmêler!", un colloque sur le lien et l'attachement chez le petit enfant.

16/01/2007

Les troubles de l'attachement dans l'adoption internationale.

 

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L'Association Namuroise de Psychothérapeutes et Systémiciens organise une conférence sur le thème
"Les troubles de l'attachement dans l'adoption internationale", par le Dr Jean-François Chicoine, Professeur à l'Université de Montréal - Vice-président de la Société de Pédiatrie Internationale.

 

Date : le 23 janvier 2007 de 9h à 12h30

 

Lieu : Acinapolis à Namur.
Rue de la Gare fleurie 16
5100 Jambes
BELGIQUE

 

PAF: 30€ à verser sur le compte 360-1072176-41.

 

Renseignements

A.N.P.S., Association Namuroise de Psychothérapeutes et Systémiciens
Siège social asbl : Route des Forts 16 - 5100 Wépion - Belgique
Secrétariat : Rue Chapelle Lessire 19 - 5020 Malonne - Belgique
Tél : 00 32 81 44 52 45
Fax : 00 32 81 44 73 39
E-mail : sky76031@skynet.be

Site Internet : http://www.systemique.net

 

 

 

 

28/12/2005

Les attachements particuliers. Jean-François Chicoine et Johanne Lemieux.

« Tant que l’on aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant qu’on aura pas dit que, jusqu’ici, cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quelque chose qui change. »

Professeur Henri Laborit
Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais


L’enfant adopté qui se méfie des adultes n’a pas raison, mais il a des raisons de le faire. Ses manières d’être, d’agir et de réagir sont déterminées par la somme des expériences fœtales et environnementales auxquelles il a eu plus ou moins droit (ou pas) : alcoolisation fœtale, malnutrition, ruptures, maltraitance, saleté repoussante, etc. Plus il aura souffert, plus longtemps il aura souffert, moins l’enfant sera en confiance avec qui que ce soit.


Ses manières d’être, d’agir et de réagir sont également déterminées par la somme des expériences environnementales auxquelles il a et aura plus ou moins droit (ou pas) : solidité parentale, disponibilité parentale, empathie parentale, etc. Plus les parents adoptifs seront suffisamment bons, selon l’expression chère à Winnicott, plus l’enfant aura confiance en lui et meilleur sera son appétit pour l’autre.


Le cerveau médian

Un jour, l’enfant adopté pourra mentaliser, verbaliser, raconter ses peurs, ses déboires, ses souffrances passées mais, sans égard à son cerveau noble, il ne s’agit pas encore de cela. Pour mieux comprendre pourquoi un enfant profite de son adoption et l’autre pas, ou pas vraiment; pour mieux décoder ses colères, son angoisse, sa dépression, ses difficultés à se fondre au tout parental, à s’y attacher en quelque sorte, il faut fouiller sous la matière corticale et d’abord reconnaître ce qu’il y a d’animal dans le bébé de l’homme- mammifère: son cerveau limbique ou paléomammélien et le rôle déterminant qu’il a sur sa capacité de survie et sur ses stratégies de survivant.


Le quart du cerveau se développe dans le ventre de la mère, les trois quarts dans la réciprocité parents-enfant, dans les bras comme dans l’accordage affectif des regards mutuels, et ce surtout durant les 3 premières années de la vie. Il suffit de mesurer la circonférence crânienne en croissance pour finir de s’en convaincre.


De la naissance à 9 mois environ, la matière cérébrale se nourrit notamment de graisses et d’affection, ce qui permet le développement anatomique des structures préverbales du cerveau, donnant ainsi à l’enfant sa capacité d’être au monde. L’impossibilité de réaliser sainement cette étape charnière conduit à des comportements autonomes d’autostimulation et d’automutilation, le lieu dit de l’autisme institutionnel des enfants de l’Europe de l’est. Entre 8 mois et 12 mois environ, par le jeu des neurohormones et l’arrivée d’un système régulateur sympathique, le cerveau droit va spécialiser une partie de son système limbique, notamment une portion nommée « girus cingulé », le grande responsable de l’attachement sélectif. La peur de l’étranger de l’enfant fait maison s’explique par cette évolution de la physiologie cérébrale. En orphelinat, où les figures de référence sont changeantes ou moins maternalisantes, les difficultés ou l’impossibilité de réaliser sainement cette étape conduisent à l’insécurité affective, au style relationnel insécurisé, à la socialisation erratique, voire aux défis, aux problèmes ou aux troubles de l’attachement quand survient pour l’enfant l’occasion de s’attacher, de confier son regard, son corps, ses aventures à un adulte enfin susceptible de le parenter.

 

La blessure cérébrale

Imaginez que l’enfant pleure, qu’il a faim, qu’il a besoin de voir ou d’être regardé et que, par le passé, les réponses à ces détresses répétitives n’ont jamais été rapides, chaleureuses, cohérentes et prévisibles; imaginez que les émotions, les besoins, les désirs que ce petit être s’apprête à partager avec l’univers ne rebondissent sur rien, ni personne; imaginez ses attentes, les neurones qu’il a câblé et qui le confortent dans l’image qu’il a de lui dans le monde; les neurones qu’il a élagués et qui le confortent dans l’image qu’il a du monde face à lui ; mesurez - et c’est possible en laboratoire avec un dosage du cortisol sanguin- son état d’hypervigilance et de stress permanent et vous réaliserez à quel point cela l’éloigne de la structure et du fonctionnement normatif du cerveau, à quel point sont grands les défis de sa permanence sensorielle et motrice, les défis permettant une force de frappe de sa personne et une qualité d’ouverture à l’autre.


Les attachements particuliers qui en résultent défient toute relation humaine, challenge le principe même de l’adoption, à moins que les parents adoptifs n’aient été informés, éduqués et guidés en termes de décodage, de prévention et d’intervention précoce sur la prise en charge relationnelle du cerveau souffrant et de sa résilience possible par l’arrivée du tuteur parental.


Incidemment, l’euphorie qui a permis la création de centaines de milliers de familles par adoption ne doit plus cacher cette nécessité pour les intervenants et pour les parents de posséder des connaissances spécifiques dans la prise en charge en post-adoption internationale, notamment en guidance anticipatoire autour de l’attachement, et ses troubles attendus et surmontés. Devant l’ampleur de la détresse orpheline de l’enfant, de ses besoins longtemps inassouvis, de ses droits bafoués, combien de parents adoptants n’ont-ils pas eu peur d’en rajouter à leurs propres deuils, à leurs propres errances de combattants? Combien de parents avaient-ils la contenance et le temps nécessaire pour panser une blessure organique? L’humilité que ça prend ou encore, plus prosaïquement, la bonne technique disciplinaire, solide, mais jamais humiliante pour faire grandir ce petit être qui a déjà tant donné dans l’humiliation et la honte ? Combien ont su repérer ces stratégies de survie propres à l’enfant négligé et carencé et qui portent tant préjudice à son éventuelle mise en famille? Enfin, combien ont-ils reçu l’écoute nécessaire garante d’un processus d’attachement mieux réussi ?

La valeur ajoutée


« Votre fils adoptif s’est adaptée à sa nouvelle vie mais il m’apparaît clair qu’il ne s’est pas attaché à vous. Il ne vous fait pas confiance. Il n’a jamais remis sa vie entre vos mains. »


Comme des milliers d’autres, les parents de ce rejeton dominicain de 3 ans se sont longtemps émerveillés de le voir contrer des défis apparemment insurmontables, une maigreur inquiétante, des retards en dessin, des difficultés en mathématiques; ils ont vu et encouragé avec fierté son extrême autonomie et sa sociabilité d’enfer ; ils ont longtemps sourit à l’émergence de ses compétences, de ses talents mais aujourd’hui leur fils adoptif de 12 ans est devenu si colérique, opposant, contrôlant et manipulateur qu’ils se retrouvent brisés, comme socialement infertiles, face au psychologue à qu’ils ils ont demandé de l’aide. Il n’est pourtant pas le premier consulté. Mais cette fois-ci, ils comprennent enfin la mécanique, l’ampleur, voire le sens de la blessure primitive de l’enfant à options à qui ils ont tout donné, tant et si bien qu’ils ont occulté la cassure, l’option adoptive justement.

Cette option n’est pas un handicap, une tare ou un défaut de fabrication, c’est plutôt une valeur ajoutée. Les enfants survivants ont acquis des capacités d’adaptation bien au-dessus de la moyenne mais des capacités d’attachement inversement proportionnelles. Trop de parents et de professionnels bien intentionnés, croient encore qu’un enfant adapté à sa nouvelle vie est automatiquement un enfant attaché à sa nouvelle famille. Dans les faits, le travail d’apprivoisement et d’adaptation précède de plusieurs mois, voire en termes d’années, la relation d’attachement. Du moment où il est en meilleure santé, dort bien, mange bien, sourit et fait plein de bisous, la société d’accueil conclu que l’arrivant est adapté, donc que le travail d’intégration est terminé et qu’il n’y a plus rien d’autre à faire que de l’aimer, et de se laisser aimer.

L’attachement n’est pourtant pas l’amour, ni l’amour que l’on ressent pour l’autre, ni l’amour des autres. Pour mieux comprendre le lien d’attachement qui s’inscrit entre un enfant et son parent, il vaut mieux évoquer la notion de confiance que la qualité du sentiment d’amour, cette confiance en soi et en l’autre qui deviendra, avec l’âge, conscience de soi et conscience des autres. En ce sens, l’attachement est un comportement évolutif, très important parce qu’il favorise entre autres la survie du bébé du bébé de l’homme qui mourrait autrement. Du coté de chez soi, l’attachement sain permet l’autonomie, la fierté, l’estime de soi. Du coté des autres, l’attachement facilite la communication, le sens de l’altérité, la mesure du bien et du mal. De la même manière qu’une femme peut aimer son mari sans jamais lui faire confiance, un enfant peut aimer et se sentir aimé de son parent sans totalement lui faire confiance.

Ainsi donc, les difficultés d’attachement en adoption internationale ne sont pas des maladies d’amour, plutôt des pannes de confiance éclairés par le passé organique et environnemental des expériences d’origine du cerveau de l’enfant adoptif, tant sur les plans physiques, sensoriels, moteurs, cognitifs que dans les dimensions affectives et sociales

Jean-François Chicoine, pédiatre et Johanne Lemieux, travailleuse sociale
Extrait de: "Les troubles de l'attchement en adoption internationale"
Société de pédiatrie internationale / Le journal des professionnels de l'enfance, Paris, France


Source : http://www.meanomadis.com/