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07/01/2012

Québec. Adoption internationale: l'illusion du bébé parfait

adoption internationale quebec johlemieux.jpgL'adoption internationale est devenue un interminable chemin de croix. Tellement, que Québec entend forcer les futurs parents qui rêvent de cueillir un poupon en des contrées lointaines à suivre une formation pour qu'ils sachent dans quel bateau ils embarquent. Entre le fantasme du bébé parfait de quelques mois et la complexe réalité des enfants disponibles, il y a un monde d'illusions à déconstruire.

«L'adoption internationale est à la croisée des chemins», déclare la directrice générale du Secrétariat à l'adoption internationale (SAI), Luce de Bellefeuille. La demande est toujours aussi forte, mais le nombre d'enfants jugés «adoptables» est en chute libre. Beaucoup de nouveau-nés trouvent maintenant une famille sur place, dans leur pays d'origine. Ces nations offrent donc aux adoptants de l'étranger de plus en plus de garçons et de fillettes plus vieux, souvent étiquetés «besoins spéciaux» (lire ici qu'ils cumulent des problèmes de santé physiques et psychologiques).

Baptiste Ricard-Châtelain pour Le Soleil


Adoption internationale: moins d'enfants, et des délais qui s'étirent

(«J'ai de la difficulté à encourager des gens qui veulent adopter qui sont en début de processus. [...] Il faut être fait fort pour passer à travers.»

Le Soleil


Adoption internationale: quatre contraintes pour les futurs parents

Pas simple de démystifier les bouleversements qui ballottent le monde de l'adoption internationale et chamboulent les aspirations des parents en devenir. Donald Foidard a fondé la société Formons une famille il y a une vingtaine d'années. Durant les périodes fastes, ses troupes ont aidé de 300 à 400 Québécois par an à trouver un enfant. Il revient tout juste d'un séjour en Chine, au Viêtnam et au Cambodge. Voici, en quatre temps, ses explications.

Le Soleil

16:37 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : québec | |  del.icio.us

10/06/2011

Québec. Pour une adoption sans rupture du lien de filiation d'origine.

vers l adoption ouverte au Quebec.jpgSelon la DPJ, la réforme de la loi ne sera pas complète tant que Québec n'aura pas revu sa politique en matière d'adoption, attendue ce printemps, et maintenant espérée pour l'automne. La DPJ souhaite que l'on autorise l'adoption ouverte, par laquelle des enfants pourraient être adoptés de façon permanente sans pour autant perdre contact avec leurs parents biologiques. La question est cependant loin de faire l'unanimité.

Nathalie a goûté à ce que cela pourrait donner. Elle a adopté deux enfants. Dans le cas de l'aîné, la mère biologique a consenti à l'adoption, mais non dans celui de la benjamine. Aussi Nathalie a-t-elle dû se rendre régulièrement à des visites supervisées. Elle y laissait l'enfant avec sa mère en présence d'une travailleuse sociale. «La mère était elle-même un produit des centres d'accueil, elle avait été elle-même abandonnée. À lire le dossier, on avait presque le goût d'adopter la mère tellement sa vie avait été misérable.»

Les visites se passaient mal. La petite, qui connaissait à peine sa mère biologique, pleurait sans cesse. La mère, elle, a perdu progressivement tout intérêt. Les visites se sont faites plus courtes, puis plus rares, et l'adoption a pu être prononcée.

Même si, légalement, tout est encore fait pour maintenir les liens biologiques, Nathalie a eu le sentiment que les travailleurs sociaux étaient conscients qu'il était dans l'intérêt de l'enfant d'être avec sa famille d'accueil. «Ils redoutaient les juges et ils disaient que, dans leurs dossiers, ils espéraient souvent tomber sur celui qui n'en a pas que pour les liens du sang.»

Si l'adoption devenait ouverte au Québec et que les enfants adoptés gardaient néanmoins contact avec leurs parents biologiques, les juges seraient peut-être plus enclins à consentir à l'adoption.

Aussi, fait observer Sylvie Desmarais, directrice-conseil à la Protection de la jeunesse, «les parents accepteraient peut-être plus facilement de confier leur enfant à l'adoption s'ils savaient qu'ils pourront toujours recevoir des photos ou des nouvelles d'eux. Je ne dis pas que l'adoption ouverte serait une panacée, mais ça pourrait aider dans certains dossiers».

En même temps, croit Josée, travailleuse sociale de la DPJ à la retraite depuis peu, «des couples auraient-ils vraiment envie d'adopter s'ils étaient obligés, pendant des années, de garder contact avec des parents biologiques qui ne sont pas faciles?»

Presque tous les parents adoptifs sont stériles, rappelle Josée, et cela suppose de faire le deuil de la grossesse. S'ils décident d'adopter un enfant et qu'ils doivent maintenir des contacts avec les parents biologiques, «cela leur rappellera sans cesse que cet enfant n'est pas le leur, et ce n'est pas facile».

Le Dr Yvon Gauthier, qui a été pédopsychiatre à l'hôpital Sainte-Justine jusqu'à sa retraite et qui a tenu une clinique de l'attachement, n'est pas contre l'idée de permettre l'adoption ouverte avec maintien du lien biologique, mais il relève que cela n'est pas simple. «C'est bien beau, la génétique, mais le danger, c'est de mêler l'enfant. Si l'adoption devenait ouverte, je suis d'avis que, avant l'âge de 8 ou 10 ans, il ne devrait pas y avoir plus d'une visite par an avec les parents biologiques. Avant cela, c'est dur pour un enfant de comprendre ce qui se passe.»

Source : Cyberpresse Québec Canada

08/01/2011

Québec. Les adoptions d'enfants haïtiens toujours suspendues

Le Soleil Quebec.jpgLes Québécois qui souhaitent adopter un enfant haïtien devront prendre leur mal en patience. Alors qu'aucune nouvelle inscription n'est permise depuis le tremblement de terre il y a un an, l'organisme Soleil des Nations mise plutôt sur le parrainage. En espérant que la situation se règle le plus vite possible.

Dans les semaines suivant le séisme, environ 200 enfants haïtiens sont arrivés en sol canadien. Mais il s'agissait de jeunes dont le dossier était très avancé. Ils avaient déjà été jumelés à une famille d'ici, et leur arrivée était imminente, séisme ou non.

Depuis, tout est suspendu. Et avant que les adoptions au Québec reprennent, il faudra que le Sénat haïtien entérine une nouvelle loi sur l'adoption. Une procédure qui peut paraître bien longue dans le contexte où le pays en pleines élections peine à restructurer son administration.

«Le projet de loi a été adopté par l'assemblée des députés, et on attend que ce le soit aussi par le Sénat haïtien. Quand l'ensemble des conditions seront réunies et que leur projet de loi sera adopté par le Sénat, le Québec sera prêt à poursuivre la collaboration», explique Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, dont relève le Secrétariat à l'adoption internationale.

Responsable des adoptions en Haïti pour l'organisme Soleil des Nations, basé à Trois-Rivières, Brigitte Bonneau comprend la situation. Mais elle connaît aussi les besoins dans les crèches. «On comprend que tout doit se faire dans le respect, qu'on doit s'assurer de la provenance des enfants pour les protéger, dit-elle. Mais à la veille du tremblement de terre, il y avait aussi des centaines de parents en attente.» Mme Bonneau reconnaît toutefois que le Québec «peut être fier» de la rapidité avec laquelle il a été chercher les petits Haïtiens fin janvier 2010. Dans certains pays, en France notamment, certains sont arrivés seulement avant les Fêtes, soit près d'un an après le séisme, explique celle qui assure que son organisme serait prêt à reprendre son boulot au plus vite. «Quand Haïti va donner son go, on va avoir des parents, indique Mme Bonneau. Si, demain matin, une crèche propose huit enfants, nous on a huit familles.»

Or, la réouverture des dossiers n'a pas grand chance d'être demain matin. Si aucune personne interrogée ne veut avancer de date, tous parlent en termes de mois, voire d'années. «Haïti n'est pas capable de mettre de date non plus», explique pour sa part Louise Quintin, attachée de presse de la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, de qui relève le Secrétariat à l'adoption internationale.

Une note positive toutefois, elle indique que les élections en cours en Haïti ne devraient pas retarder l'adoption du projet de loi. «Une presque certitude est que nonobstant un changement de gouvernement, cette loi continuerait à suivre son cours.»

Solution parrainage

En attendant, Soleil des Nations mise sur un autre volet de sa mission : le parrainage dont la responsable est Julie Légaré, elle-même mère adoptive d'une petite Haïtienne . Pour 40 $ par mois, une personne d'ici peut parrainer un enfant de l'école Enfant-Jésus dans le village de Lamardelle.

Plus récemment aussi, la Fondation Enfant-Jésus a ouvert un refuge pour des adolescentes victimes du séisme et particulièrement vulnérables depuis.

«Les jeunes filles ont un toit où elles sont en sécurité. Elles ont aussi un support psychologique, des soins de santé, énumère Mme Bonneau. Elles ont aussi accès à une formation où elles peuvent apprendre un métier.»

On peut en savoir plus sur le programme de parrainage au www.soleildesnations.com/haiti.

 

Source: Le Soleil |08.01.2011

01/11/2009

Québec. Réforme de l'adoption : l'intérêt de l'enfant.

adoption sans rupture de lien.jpgPour une adoption sans rupture du lien de filiation d'origine.


Dans Le Devoir du 22 octobre dernier, mon collègue Robert Leckey de la faculté de droit de l'Université McGill dénonce l'avant-projet de loi portant sur la réforme du droit de l'adoption, déposé par la ministre de la Justice, Kathleen Weil, le 6 octobre. L'avant-projet propose des modifications fondamentales aux dispositions du Code civil qui régissent l'adoption d'un enfant.

Si elles sont adoptées par l'Assemblée nationale, les nouvelles règles permettront au tribunal de prononcer l'adoption d'un enfant en faveur de parents adoptants, sans pour autant rompre le lien de filiation préexistant. Le tribunal pourra avoir recours à ce mode d'adoption alternatif s'il juge nécessaire de préserver des liens d'appartenance significatifs entre l'enfant et sa famille d'origine. De tels liens sont susceptibles d'exister, notamment lorsque l'enfant est adopté à un âge avancé.

Depuis les années 1920, le droit québécois ne connaît qu'une seule forme d'adoption, soit l'adoption plénière. Au terme du jugement d'adoption, l'adopté cesse d'appartenir à sa famille d'origine. Sa filiation est effacée et remplacée par la filiation adoptive. Un nouvel acte de naissance mentionnant exclusivement le nom des nouveaux parents de l'enfant est dressé par le Directeur de l'état civil. L'adoption plénière consacre en quelque sorte la renaissance de l'enfant en lui forgeant une toute nouvelle identité.

Sans doute ce modèle juridique pouvait-il se justifier à l'époque des «filles-mères», les enfants étant alors confiés à l'adoption dès après leur naissance. En réalité, les enfants adoptés n'avaient jamais été en contact direct ou indirect avec leurs parents d'origine. Mais tel n'est pas le cas de la grande majorité des enfants qui sont aujourd'hui adoptés. Âgés de plus de deux ans, ceux-ci ont souvent vécus avec leurs parents d'origine. Bien qu'ils se soient montrés incapables d'en assumer le soin et la charge en raison de leurs limites intellectuelles, de leurs carences ou de leur négligence, ces parents représentent parfois d'importants repères identitaires pour l'enfant.

Qui plus est, l'enfant peut avoir développé des liens significatifs avec les membres de sa parenté d'origine, dont ses grands-parents et ses frères et soeurs. Or le système actuel oppose le besoin de l'enfant de grandir auprès de parents adoptants aimants, capables de lui procurer la stabilité socioaffective qu'il requiert, et celui, tout aussi fondamental, de conserver son histoire, son passé et son identité. En donnant au tribunal le pouvoir de prononcer une adoption sans rompre la filiation d'origine, l'avant-projet de loi cherche à concilier ces deux besoins.
 

Des mythes à déconstruire
 

L'adoption sans rupture du lien d'origine fait peur. On craint l'immixtion et l'ingérence des parents d'origine dans le quotidien de l'enfant. Il s'agit là d'une crainte non fondée. En dépit du maintien du lien de filiation préexistant, les parents d'origine ne pourront jamais s'interposer unilatéralement dans la vie de l'enfant. Seuls les parents adoptifs demeureront titulaires de l'autorité parentale. Cela dit, si l'intérêt de l'enfant le commande, il leur sera loisible de convenir, avec les parents d'origine, d'une entente permettant la divulgation ou l'échange de renseignements ou le maintien de relations personnelles.

L'adoption sans rupture du lien d'origine fait également craindre la résurgence d'une idée passéiste qu'on croyait à jamais révolue: la prédominance des liens de sang. Les parents adoptifs redeviendraient les parents de second ordre qu'ils étaient autrefois. Ce n'est pourtant pas la philosophie derrière l'adoption sans rupture du lien d'origine. Il n'est nullement question de hiérarchiser les filiations ou de désavouer les parents adoptifs. Il ne s'agit pas non plus de réintroduire les parents d'origine par la porte d'en arrière au nom de leur seule et unique contribution génétique. La nouvelle institution permettra simplement au tribunal d'envisager l'adoption de l'enfant dans une perspective de continuité avec le passé.

En somme, l'adoption sans rupture du lien d'origine ne doit pas être regardée avec les yeux des parents adoptifs, mais avec ceux de l'enfant. Cet enfant qui, au moment de l'adoption, a déjà sa propre histoire, ses propres liens d'appartenance, sa propre identité. Si le droit actuel autorise l'effacement de ces attributs comme s'ils n'avaient jamais existé, l'adoption sans rupture du lien d'origine a au contraire pour mission de les préserver. Certes, le défi est imposant pour les uns et les autres, mais s'il profite à l'enfant, il vaut assurément la peine d'être relevé.
Alain Roy, Professeur de droit de l'enfant à l'Université de Montréal.
 

Source: Le Devoir | 28 octobre 2009.
 

Repères
 

- Québec.  L'adoption locale sans rupture de lien.

Un avant-projet de loi, portant sur l'adoption locale sans rupture de lien, a été déposé mardi dernier à l'Assemblée nationale. Les parents biologiques pourraient donc demeurer légalement les parents de l'enfant qu'ils ont confié en adoption, tout comme ses parents adoptifs. Qu'en pense la Direction régionale de la protection de la jeunesse (DPJ)?

Le document soulève plusieurs questionnements. Cette loi viendrait-elle à l'encontre du jeune, de sa stabilité? Diminuerait-elle le désir des Québécois d'adopter localement? «Actuellement, lorsqu'un parent confie son enfant à l'adoption, tous les liens sont brisés. Le parent n'a plus aucun droit. Mais je peux vous assurer que le besoin de retrouver ses parents est un besoin fondamental. Il y en a beaucoup des parents qui reconnaissent ne pas être en mesure d'assurer l'éducation de leur enfant, mais de là à mettre une croix dessus, ce n'est pas facile», explique la directrice générale de la Direction régionale de la protection de la jeunesse, Danielle Tremblay.

«Je ne crois pas que les gens hésiteront à adopter un enfant, en ayant peur d'avoir le parent biologique dans le décor. C'est très déchirant de voir un parent laisser aller son enfant de 7 ans parce qu'il n'est pas en mesure de s'en occuper correctement. Et c'est tout aussi déchirant de voir l'enfant quitter sa mère ou son père, parce qu'à 7 ans par exemple, l'enfant a un passé avec son parent», indique Danielle Tremblay.

Le projet de loi, déposé par la ministre de la Justice Kathleen Weil, modifierait le Code civil. Lorsqu'on parle d'adoption locale ou interne, on fait référence aux adoptions faites au Québec. Le projet de loi ne traite en aucun cas de l'adoption réalisée à l'étranger. Le projet institue de nouvelles notions comme l'adoption ouverte, l'adoption sans rupture avec le parent biologique, de même que la délégation judiciaire à des tiers (grands-parents, oncles, tantes, ex-conjoint) de l'autorité parentale. La mère, par exemple, qui ne veut plus assurer son rôle, mais hésite à couper tout lien avec son enfant, pourra privilégier «l'adoption ouverte» et conclure une entente de communication avec les parents adoptifs. Un droit de visite et diverses formes d'échanges avec son enfant pourront être considérés. Selon la DPJ, il est primordial d'apporter de telles modifications à la loi sur l'adoption au Québec, afin de s'adapter aux nouvelles réalités.
Source : Le Quotidien |20 octobre 2009.


- Dépôt de l’Avant-projet de loi intitulé « Loi modifiant le Code civil et d’autres dispositions législatives en matière d’adoption et d’autorité parentale »

La ministre de la Justice, Mme Katleen Weil, a déposé, aujourd’hui, un avant-projet de loi intitulé : « Loi modifiant le Code civil et d’autres dispositions législatives en matière d’adoption et d’autorité parentale ». À première vue, les points inclus dans cet avant-projet de loi tiennent compte des nombreuses demandes effectuées au fil des ans par plusieurs intervenants, dont le Mouvement Retrouvailles. Le seul « hic » c’est qu’il semble s’appliquer uniquement aux adoptions futures.
Qu’en est-il des adoptions du passé ?
Mouvements Retrouvailles. Caroline Fortin, présidente.

- Québec. Atelier sur l’adoption sans rupture du lien de filiation d’origine.
Une adoption québécoise à la mesure de chaque enfant, est-ce possible?

- Québec. Pour une adoption une adoption sans rupture du lien de filiation d'origine. Carmen Lavalée.
Heurts et bonheur de l'adoption. Le Lien adoptif, sa constitution, son suivi.

07:41 Écrit par collectif a & a dans Avis d'expert | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : adoption, enfant adopté, filiation, origine, québec | |  del.icio.us

17/07/2009

Nous, on évite les adoptions. Les procédures sont beaucoup trop longues. Pendant ce temps, nous n'aidons pas les autres. En plus, adopter, c'est enlever l'enfant à sa communauté d'origine pour l'enraciner ailleurs. Ce n'est pas évident.

Aide Internationale a l enfance AMIE.jpg

Québec. Orphelins du sida, enfants soldats, enfants de la rue. La région des Grands Lacs, en Afrique, compte un nombre aussi imposant que triste de ces jeunes aux vies bien mal parties. Mais avec l'appui de donateurs, dont certains Canadiens, le Congolais Athanase Rwamo tente de rescaper certaines d'entre elles.

 

«C'est une goutte d'eau dans l'océan, admet-il. Mais voir un enfant quitter la rue, se prendre en charge, se marier, travailler... Bref, en faire un homme responsable, c'est ça qui nous comble.»

 

Coordonnateur sous-régional de plusieurs associations d'aide à l'enfance au Burundi, au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC), Athanase Rwamo était de passage à Québec récemment lors d'un déjeuner-conférence organisé par l'organisme canadien L'Aide internationale à l'enfance (L'AMIE). Voilà maintenant tout près de 20 ans qu'il tente d'aider les jeunes grâce à divers programmes : formation professionnelle, écoute, hébergement, réunification familiale, activités lucratives et même assistance juridique.

 

Il faut dire que l'envergure des moyens est à l'image des besoins : vaste. Car les enfants des Grands Lacs vivent ? ou survivent ? dans une classe à part, affectés qu'ils sont par les pires fléaux imaginables, et ce, dans des proportions inégalées ailleurs dans le monde.

 

Pour commencer, le Burundi, le Rwanda et la RDC ont tous été durement frappés par la guerre, sinon par le génocide. En RDC seulement, où près de la moitié de la population a moins de 18 ans, 6,6 millions de personnes ont été tuées, et 3,4 autres millions déplacées depuis la fin des années 90. «Une situation qui fait beaucoup d'orphelins traumatisés», indique Rwamo. Au Burundi voisin, c'est 10 % de la population qui est orpheline.

 

Les traumatismes sont aussi le lot du million d'orphelins du sida que comptent les trois pays. «Comme ils ont assisté à la maladie de leurs parents, ils nous arrivent dans des conditions lamentables. Ces enfants doivent être détraumatisés», explique le Congolais.

 

Enfants soldats

Les 30 000 enfants soldats que l'on trouve en RDC seulement posent quant à eux un défi bien particulier à Athanase Rwamo et à son réseau d'aide. «Nous devons nous en occuper à part, car avec les substances toxiques qu'ils ont dans le corps, ils s'excitent vite, ils ne discutent jamais. Il a déjà fallu 40 policiers pour séparer d'anciens enfants soldats d'autres orphelins. Les esprits s'étaient échauffés, et ils s'étaient souvenu de l'emplacement d'une cache d'armes. Quelques minutes plus tard, ils revenaient avec des mitraillettes entre les mains. Ces jeunes doivent complètement réapprendre à vivre en communauté», explique-t-il.

 

De façon plus silencieuse, mais tout aussi ravageuse, l'extrême pauvreté vient elle aussi détruire les ménages et jeter les enfants à la rue. «Les parents partent à la recherche de revenus et, parfois, ne reviennent pas. C'est sauve-qui-peut! L'aîné se retrouve alors seul pour s'occuper des plus jeunes. Chez nous, les enfants ont des devoirs. Pas des droits», résume Rwamo.

 

Contre l'adoption

Devant le désir de parents occidentaux de tirer ces enfants de la misère grâce à l'adoption, le coordonnateur refuse pourtant de s'engager dans cette voie. Il ne s'agit pas, selon lui, d'une aide efficace, quoi qu'en pensent les Madonna, Angelina Jolie et Brad Pitt de ce monde.

«Nous, on évite les adoptions. Les procédures sont beaucoup trop longues. Pendant ce temps, nous n'aidons pas les autres. En plus, adopter, c'est enlever l'enfant à sa communauté d'origine pour l'enraciner ailleurs. Ce n'est pas évident», conclut-il.


Source : Les enfances volées d'Afrique. Jean-Frédéric Légaré. 12 juillet 2009.

 

14:08 Écrit par collectif a & a dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : québec, athanase rwamo, orphelins, parrainage, sidaa | |  del.icio.us

22/02/2009

Québec. "Baby touristing", le tourisme obstétrique dans les hopitaux.

baby touristing.jpg(Source: Radio-Canada). La télévision de Radio-Canada a appris que de nombreuses femmes enceintes étrangères en voyage au Québec y viennent pour accoucher seulement, puis repartent sans payer.



Un nouveau phénomène dans les hôpitaux québécois inquiète les gynécologues-obstétriciens.


La télévision de Radio-Canada a appris que des femmes arrivant de l'étranger, sous prétexte de prendre des vacances au Québec, ne viennent que pour accoucher, avant de repartir avec leur poupon.

Ces patientes arrivent principalement du Maghreb et du nord de l'Afrique.

À l'Hôpital Sainte-Justine l'an dernier, 25 femmes étrangères ont accouché sans payer, une augmentation par rapport aux années précédentes. Le même phénomène se produit à l'Hôpital St. Mary's et à l'Hôpital Saint-Luc.

L'an dernier, à Saint-Luc, 40 femmes en voyage ont accouché. De ce nombre, le tiers a payé, et les deux tiers des patientes sont reparties sans payer. Pour chaque femme qui repart sans payer, cela entraîne des coûts minimaux de 5000 $ par jour pour l'hôpital et un déficit d'honoraires de 400 $ pour le médecin.

« On ne peut pas refuser une maman qui est en train d'accoucher [...] et dire: "vous n'avez pas la carte, vous n'entrez pas" », dit Diane Francoeur, chef du département d'obstétrique-gynécologie, à l'Hôpital Sainte-Justine.

« On a parfois des patientes qui viennent accoucher en vacances, un premier bébé, ensuite un 2e, ensuite un 3e. Un moment donné, l'hypothèse d'accoucher toujours à terme pendant ses vacances, ça s'épuise un petit peu » ajoute de son côté Stéphane Ouellet, gynécologue à l'Hôpital Saint-Luc.

Dans une lettre adressée à la Fédération des médecins spécialistes, les gynécologues et obstétriciens du Québec ont dénoncé ce qu'ils appellent le « baby touristing ».

Selon les intervenants, ce phénomène s'explique principalement non seulement par la qualité des soins offerts au Québec, mais aussi par le fait qu'il soit intéressant de naître citoyen canadien.

En effet, la déclaration de naissance signée par le médecin donne automatiquement la citoyenneté canadienne et le passeport. Sur les blogues, plusieurs femmes ne se gênent pas pour dire que cela permettra à leur enfant de venir étudier au pays gratuitement, et même de recevoir des bourses.


Des exemples ailleurs



Accoucher dans un pays étranger pour que son enfant ait la citoyenneté dudit pays n'est pas un phénomène propre au Canada.

Par exemple, le Los Angeles Times rapportait en 2002 que plusieurs femmes sud-coréennes, munies d'un visa de touriste, allaient accoucher aux États-Unis afin que leur enfant ait la citoyenneté américaine.

En janvier 2007, le International Herald Tribune mentionnait des cas similaires de femmes chinoises qui allaient accoucher à Hong Kong pour que leur enfant obtienne le statut de résident permanent de cette région administrative, ce qui leur donnait droit à l'éducation gratuite et à une assurance maladie.

Le journal rapportait aussi l'exemple de femmes mexicaines qui traversaient aux États-Unis pour y donner naissance et faire en sorte que leur enfant ait la citoyenneté américaine.

 

Source : Radio-Canada.

 


Sur le même sujet


- Le "baby touristing", une exploitation de nos lois sur la citoyenneté, par Tom Blackwell.
Point de Bascule. 21.02.2009.


- Les Maghrébines et le «baby touristing»
Le Financier. 18.02.2009


- Des «touristes» viendraient accoucher au Québec sans payer.
Le Devoir. 17.02.2009

10:10 Écrit par collectif a & a dans Avis d'expert | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : québec, baby touristing | |  del.icio.us

25/12/2008

Enfant en trouble de l'attachement cherche parents

Pierre Foglia.jpgIl y a une ou deux semaines, ma collègue Katia Gagnon m'a envoyé le texte qui a été publié dimanche dans La Presse en pages 2 et 3, sous le titre Sortir de la maison hantée , texte coup-de-poing, et pourtant tout en retenue, magnifiquement illustré de ces maisons rouges et noires qui hurlent à l'évidence que l'enfant qui les a dessinées a le coeur barbouillé.

 

Dans la petite note qui accompagnait son texte, Katia me disait: tu comprends, l'idée c'est de trouver une famille à cet enfant-là, si ça te tente, on ne sera pas trop de deux à en parler.

Je vous résume. L'Escargot est une dépendance, une extension exceptionnelle du centre de jeunesse de la Montérégie. On y accueille une demi-douzaine de très jeunes enfants (de 3 à 6 ans) qui ont vécu l'enfer. On rafistole du mieux qu'on peut leurs ailes toutes brisées et au bout d'un an ou deux, quand ils recommencent à voler un petit peu, on essaie de ne pas les renvoyer dans le système.

Sont trop fragiles pour le système. Trop écorchés pour se retrouver dans un centre d'accueil ou même dans une famille d'accueil traditionnelle. Qu'importe les horreurs qu'ils ont vécues, ce qui a été touché chez ces enfants, c'est la confiance. Le reste marche plutôt bien, la tête est tout allumée, le coeur assoiffé d'amour c'en est à brailler, mais c'est les pieds : ces enfants-là avancent à tout petits pas dans un champ de mines. Tu leur dis avance, avance, c'est correct, y a pas de danger... S'ils savaient le faire, ils te répondraient en te faisant un doigt. Mon cul, oui, j'y vais pas, ça va encore me sauter dans la gueule. Ça leur a sauté dans la gueule si souvent.

Vous savez combien les psys sont observateurs, ils disent que ces enfants-là souffrent d'un trouble de l'attachement. C'est le nom officiel.

Un enfant en trouble d'attachement a besoin d'une famille où il sera le seul enfant, pas quatre ou cinq comme dans une famille d'accueil traditionnelle, encore moins un régiment comme dans un centre d'accueil. Ça lui prend un lien dont il sera certain que c'est pour l'attacher lui, pas le voisin.

L'expression couper le cordon? Eux, c'est le contraire. Il faut renouer leur cordon à une maman et un papa. Et comptez sur lui pour tirer très fort dessus pour vérifier s'il est bien attaché, si c'est solide, ce truc-là, si ça va pas lâcher à la première secousse.

La DPJ a une liste de familles pour ces enfants-là. Paraît que ce n'est pas si compliqué. Une petite blonde de 4 ans toute frisottée qui zozote un peu, ça se place comme ça, en claquant des doigts.

Un gamin de 8 ans, c'est beaucoup, beaucoup moins évident. Les gens préfèrent adopter des petits enfants, c'est encore plus vrai pour des enfants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) .

***

Simon a 8 ans. Il est arrivé à l'Escargot, il y a deux ans, un cas très lourd, je cite Katia : «À son arrivée à l'Escargot, il passait son temps sous la table de la cuisine. Il faisait des crises. Il hurlait. Il crachait comme un petit chat enragé.»

Quand je suis allé le voir l'autre jour à l'Escargot, il s'est assis à côté de moi, dans le salon, pas effrayé ni rien. Je me suis présenté comme un monsieur qui raconte des histoires dans les journaux, veux-tu me raconter une histoire, Simon?

Non. Mais je peux te montrer des photos.

Il est allé chercher un album qu'on a feuilleté. Il y avait une photo de lui avec sa classe à l'école, je lui ai demandé comment ça allait à l'école il m'a dit : ça va trop bien.

Trop, comme s'il n'y croyait pas lui-même. Jusqu'ici, dans sa vie, l'école est sa plus grande réussite. En parlant, je faisais exprès de le toucher, la main sur l'épaule ou je le poussais avec mon coude, c'était pour voir à quelle vitesse il rentrerait dans sa coquille d'escargot, mais non, il n'avait pas peur du tout. Vous me donnez deux jours et ce gamin-là, je lui fais le coup du grand monstre des rutabagas en lui disant que si je t'attrape, je te mange les oreilles, combien on parie qu'il se sauve en riant comme un fou?

Je ne me rappelle plus la couleur de ses yeux, mais c'est pas bleu. Il a les cheveux courts. Parlant de ses oreilles, elles sont un peu grandes, mais il n'a pas l'air pour autant d'un éléphant, il a l'air d'un gamin de 8 ans.

C'est son problème, trop vieux pour l'adoption, trop vieux aussi pour l'Escargot.


Enfant cherche parents.


En 35 ans de chronique, j'ai essayé de vous refiler 12 000 chats, quelques chiens, un perroquet, trois lapins. Un enfant, c'est la première fois.

L'Escargot est une maison comme une autre dans un quartier résidentiel de la Rive-Sud, mais ce n'est pas une ressource comme une autre. Une éducatrice par enfant ou presque, des services extrêmement pointus, on sort de là en se disant que dans leur grand malheur, ces enfants-là ont de la chance de pouvoir compter sur un sanctuaire aussi providentiel, une ressource de pays riche, mais pour une fois que ça sert à quelque chose d'être riche, youpi, on se sent moins pourri comme société riche que d'habitude.

Reste que cette ressource a ses limites et c'est là qu'est rendu Simon, à la limite de la ressource.

Savez comme nous sommes prompts, nous les citoyens, à déplorer à propos de tout et de rien l'absence de volonté politique. Ici, c'est clair, le politique a fait ce qu'il avait à faire. L'institutionnel si souvent dénoncé a fait son job, plutôt magnifiquement, même.

C'est maintenant aux gens de bien de prendre Simon par la main.


Qu'est-ce que l'Escargot?


C'est une ressource du centre jeunesse de la Montérégie, une maison qui accueille six enfants de moins de 8 ans. Ces enfants ont été sévèrement maltraités ou négligés, à tel point qu'ils ont conçu un trouble de l'attachement, une maladie répertoriée dans les manuels de psychiatrie. Comme ils n'ont pas pu créer avec leurs parents ce lien d'attachement primordial, ils ont beaucoup de difficulté à faire confiance à un adulte. Ils craignent par-dessus tout d'être rejetés. Dans le quotidien, ce sont des enfants très difficiles, que la plupart des familles d'accueil ont été incapables de garder. C'est pourquoi on a créé, pour eux, cette nouvelle ressource, qui existe depuis maintenant trois ans. Les enfants qui l'ont fréquentée depuis 18 ou 24 mois ont tous vu leurs comportements et leur état psychologique s'améliorer grandement. Certains sont maintenant prêts à faire la transition vers une vraie famille. Ils continueront cependant à voir leurs parents biologiques sur une base régulière.


Source : Cyberpresse.