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28/10/2009

Une histoire de rupture sur "Ne m'appelez pas mère."

dont call me mother.jpgÀ ce moment-là, nous n'avions jamais entendu parler du Syndrome de Dépression Postadoption [SDPA]. Bien que nous avions lu plusieurs ouvrages sur l'adoption, consulté notre assistante sociale et suvi des formations préparatoires pour les parents adoptant, personne ne connaissait le SDPA.

 

A Story on Disruption. A Story of Post Adoption Depression Syndrome (PADS).

Anonymous

I’m writing this essay to provide information that I wish I had had when we began the adoption process. At that time, we had never heard of Post Adoption Depression Syndrome (PADS). Although we read several adoption books, consulted with our case worker, and went to pre-adoptive parent training, no one knew about PADS. If you suffer from PADS, you will be able to relate to what I am about to write. If you have never suffered from PADS, please do not judge those of us who have. I’m writing this essay anonymously because I have already been maliciously attacked over the internet by people who disagree with the choices we have made. I also want to protect the child we adopted and who we parented for six years.


Lire la suite sur "Don't Call Me Mother".


 

15/09/2008

Êtes-vous préoccupées par le sort des enfants entassés dans les orphelinats?

FabriqueeCoree.jpg

 

Des nouvelles (comme celle parue dans le Journal de Montréal) qui annoncent que le nombre d'adoptions internationales est en baisse dans un pays, ne font pas plaisir aux adoptants, surtout aux personnes qui espèrent devenir parent en adoptant un bébé d'une famille souvent pauvre vivant dans un autre pays. Ces personnes, souvent infertiles, prétendent être préoccupées par le sort réservé aux enfants entassés dans des orphelinats. Certaines à qui on a déjà attribué un enfant, disent même "j'attends MON enfant" depuis plus de X mois.

 

Quant à moi, ce genre de nouvelles, me fait plaisir:

Il y a moins d'enfants offerts en adoption parce que les pays d'origine sont de plus en plus en mesure de contrôler les naissances. (Journal de Montréal)

Au lieu de vous plaindre et de vous lamenter hypocritement sur le sort d'enfants entassés dans des orphelinats, occupez-vous donc de VOS enfants entassés dans des centres de jeunesse de VOTRE pays.

 

Si vous êtes sincèrement préoccupés par le sort des orphelins des pays pauvres, alors parrainez des familles de ces pays. Le prix d'une seule adoption pour "sauver" un enfant pourrait préserver plusieurs familles dans ces pays pauvres. Le prix que vous payez pour acheter (ou "sauver") un enfant d'un orphelinat alimente des trafics d'enfants. Votre désir de devenir parent à tout prix, déguisé sous un désir noble de personne préoccupée par le sort des enfants entassés dans des orphelinats, alimente le trafic d'enfants et les abandons d'enfants.

 

Il en coûte 20$ par mois pour aider un enfant dans une famille d'accueil en Éthiopie. Plus souvent qu'autrement, la famille d'accueil est une parenté de l'enfant. Un parent américain adoptant un enfant par l'agence Better Future Adoptione dépensera entre 14170 $ et 18170 $ en frais et en voyage, selon le site Web. (Adopting Ethiopian Orphans May Not be The Best Solution)

Pendant que vous vous plaignez du temps d'attente pour avoir "votre" enfant des pays "pauvres", il y a des couples infertiles qui ont de la difficulté à adopter un enfant dans leur propre pays. Ces couples pourraient élever ces enfants dans leur pays de naissance, dans leur culture et leur langue (au lieu qu'ils se fassent assimiler dans la culture des adoptants) mais ils doivent attendre aussi longtemps ou parfois même plus longtemps que vous les adoptants des pays de l'ouest, parce que vous possédez le pouvoir de l'argent.
J'ai aussi entendu un témoignage personnel d'une dame coréenne qui voulait adopter un enfant mais on lui a "fortement suggéré" de ne pas le faire parce que, selon l'agence d'adoption, c'était mieux d'envoyer les enfants à l'étranger. La Corée commence tout juste à encourager les adoptions nationales par rapport aux adoptions internationales en grande partie grâce aux pressions des adultes adoptés, des mères biologiques et de plusieurs activistes. (Korean adoptees from abroad and birth mothers protest overseas adoption, Dr Richard Boas speaks on Unwed Koran Moms, Adoptees urge S. Korean government to into truth of overseas adoption)

 

Comment ces agences d'adoption pouvaient-elles envoyer leurs enfants à l'étranger alors même que les directives du gouvernement exigeaient une préférence pour l'adoption nationale? Pourquoi l'adoption est-elle un processus laborieux pour un couple indien ordinaire alors que pour les étrangers c'est juste une étiquette de prix? (India- Surrogacy, Adoption and Cyber Crime)
L'afflux de demandes étrangères pour adopter des enfants chinois est, dans bien des cas, ce qui rend plus difficile pour les couples chinois qui ne peuvent pas avoir d'enfant à adopter des orphelinats d'ici. À l'orphelinat de Changde, le gardien a dit que des familles étrangères dépensent généralement cinq à dix fois plus sur les adoptions que des familles chinoises, qui rendent souvent des familles étrangères plus attrayantes. Cela conduit à un long temps d'attente pour les couples chinois (China's Lost Children)
Les frais de commission pour une adoption nationale est d'environ 2190$US mais les frais de commission pour une adoption internationale est de 9600$US (Baby Exporting Nation: The Two Faces of Inter-Country Adoption)

L'adoption internationale "sauve" un enfant pour en créer des milliers d'autres. Au lieu d'encourager les abandons d'enfants, on devrait aider les pays exportateurs d'enfants à garder leurs enfants dans leurs pays. La Roumanie qui a eu le courage de fermer l'adoption internationale malgré les oppositions des lobbyistes des pays de l'ouest a vu le nombre d'abandons d'enfants diminuer (Romania - For exports only)

 

Contrairement à la croyance populaire, la situation d'abandon de la Roumanie s'est beaucoup améliorée depuis que l'interdiction sur l'adoption internationale a été instituée. Au début de 2005, l'UNICEF a publié un sombre rapport disant que la situation d'abandon n'avait pas changé par rapport à 10, 20 ou 30 ans, un rapport qui était fondé sur les chiffres compilés dans une période où le moratoire sur l'adoption internationale venait d'être institué.
Ce rapport est coincé dans l'esprit des gens et le lobby pour rouvrir les adoptions en provenance de la Roumanie veut volontiers maintenir cette image afin de pouvoir dire que l'interdiction de l'adoption internationale en Roumanie a été une catastrophe pour les enfants dans ce pays.
Ce qui n'a pas atteint l'actualité sont les derniers chiffres sur l'abandon d'enfants, celui qui montre que l'abandon dans les centres de maternité (la forme la plus courante d'abandon d'enfants) a diminué, passant de 5130 cas en 2003 à 1710 en 2007.( The Romanian battlefield for children)

Des milliers de mères sont contraintes d'abandonner leurs enfants, des milliers d'enfants se font kidnappés (mon blog entier contient plusieurs dizaines d'exemples et pourtant je n'ai même pas rapporté le quart de ce que j'ai lu) parce que nombreux sont les gens avec le désir de devenir papa et maman ou avec le désir de "sauver" un enfant beau et mignon, sans défaut important.

 

Vous pointez du doigt les trafiqueurs d'enfants qui "diminuent" la chance pour un "vrai" orphelin d'être adopté (mais je suis certaine que vous savez que de vrais orphelins, il n'en existe pratiquement pas.) Moi, je pointe du doigt les adoptants. Vous les adoptants, êtes les premières responsables; votre demande crée l'offre, votre demande crée le trafic d'enfants.

 

L'adoption internationale n'est rien de plus qu'un business cherchant à combler le désir des gens qui veulent devenir parents à tout prix, alors ne me parlez pas de "donner une famille à un enfant". Dites plutôt que vous voulez donnez un enfant à des couples désireux de devenir parents et que vous voulez absolument posséder un enfant à vous et dans l'incapacité d'en posséder un, vous vous tournez vers les enfants des parents pauvres.

 

Aucun parent ne devrait être forcé d'abandonner un enfant à cause de la pauvreté. Pendant que vous vous réjouissez d'avoir un enfant, l'enfant de quelqu'un d'autre, ce "quelqu'un d'autre" appelé "parent biologique" souffre chaque jour pour l'enfant perdu, souvent à cause de la pauvreté. Le mois de novembre, appelé mois de l'adoption, est pour vous un mois de réjouissance.

 

Vous connaissez ma position: je suis contre l'adoption internationale. Je suis également une adoptée adulte: j'ai été adoptée (ou plutôt achetée) par un couple de Québécois. Ma position et mon opinion sur l'adoption internationale ne dépendent de mes expériences en tant qu'adoptée transraciale/internationale: je n'ai pas toujours eu cette position concernant l'adoption internationale. Ce n'est que depuis que j'ai commencé à étudier les problèmes de l'adoption que j'ai pris cette position. Je suis également une femme infertile qui a pensé adopter l'enfant d'un autre pays. Je souffre de ne pas être une mère, je souffre de ne pas avoir de famille et de ne pas connaître de liens biologiques mais pourquoi me plaindrais-je alors que des millions de femmes se font enlever leurs enfant à cause de la pauvreté au détriment des adoptants? Pourquoi devrais-je avoir le "droit" d'adopter un enfant au détriment d'une femme pauvre qui choisirait de garder l'enfant si elle en avait les moyens? Ma décision seule de ne pas adopter ne contribuera certainement pas à préserver une famille mais je ne veux pas faire partie des personnes qui contribuent à déchirer des familles naturelles.