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28/03/2011

Carnet de Voyage. Témoignage de Mee Yung.

Mee Yung adoptee.jpgVoici le début de mon témoignage sur l'adoption internationale ...
Certains se doutent que j'ai été adoptée ; à d'autres, je le leur ai clairement dit.
Mais voilà que savez vous de l'adoption internationale ? Plus exactement ce que peut penser un adopté qui a atteint l'age adulte ?

Pourquoi ai-je décidé d'appeler ce second (?) livre « Carnet de Voyage » ?
ce n'est point pour faire peur par rapport au titre que j'avais en tête au début ... C'est simplement que mon témoignage est le récit de mes voyages en Corée, le premier effectué en 2004, le second en 2005.

Introduction - Préface

Imaginez que vous regardiez un film dont vous avez raté le début. N'avez-vous pas envie de le regarder depuis le départ pour comprendre pleinement l'instant où vous avez commencé le visionner ?
Et si pour votre vie, c'était pareil ?
Comment expliquer le fait que l'on soit arrivé par la « cigogne de fer», que l'on soit en occident entouré de « long-nez » ?

L’adoption est un sujet que tout un chacun a pu aborder. En littérature, les rares livres traitant de ce sujet sont pour la plupart des avis d’adoptants. Mais il est vrai qu’à l’heure où j’écris ces lignes, on commence à peine à voir paraître l’avis de certains adoptés, et enfin, de plus en plus d'adoptés se manifestent !

Pour une bonne partie, les personnes ont pris le recul nécessaire pour faire le point. Qui suis-je ? D’où je viens ? Qu’en est-il de mon pays d'origine ?
Questions pour le moins difficiles, auxquelles il faudra répondre un jour ou l'autre tant du côté des parents que des enfants : du côté adoptant, comme du côté de l’enfant, les attentes sont importantes voire écrasantes. Bien des familles se sont heurtées à l’incompréhension et ont fini par s'enfoncer dans le dialogue de sourds.

Par ailleurs, tout se passe comme si on plaçait l’enfant dans un contexte adulte : on ne semble pas lui laisser le choix : il doit faire table rase de son passé. Mais est-ce pour autant qu’il doit se taire une fois devenu adulte ?

Des discussions que j’ai eues avec des non adoptés, il en est ressorti que je « crachais dans la soupe », que je « méprisais cette fameuse chance d’avoir été élevée en France ».
Cela ressemble, par moment, à des propos d’éleveurs de bétails. Oui, l’adoption est soumise à un marché : il y a une demande forte des pays riches, notamment occidentaux, et une offre « proposée » par des pays plus pauvres...
La chance me dit-on … Parce que j’ai joué au loto et j’ai gagné le gros lot ?

De tels propos ne sont, à mon avis, que le reflet d’une vision erronée de l’adoption. L’adoption n’est, en aucun cas, un chemin semé de roses, bien au contraire… : apprendre à se connaître et se reconnaître, tenter de panser des blessures (manque d’enfants d’un côté, manque d’amour de l’autre.)

Tant que la plupart des personnes abordant le sujet ont / auront une vision judéo-chrétienne, une image d'Épinal, les adoptés adultes auront du mal à s’y retrouver en tant que citoyens de leur pays d’adoption, et de manière plus globale, comme citoyens du monde.

J'ai souhaité que ce récit s'inscrive dans un témoignage sur l'adoption. Cette fois-ci, pour une fois, cela se passe du côté de l'adopté : Ses ressentis, ses expériences.
Non pas que je veuille parler au nom de tous les adoptés, loin de là. Il ne s'agit que d'un témoignage parmi tant d'autres car il y a autant d'histoires que d'adoptions.


Par ailleurs, cet ouvrage fait suite à la demande d’adoptants ou de futurs adoptants. Ils souhaitent connaître l’avis voire mêmes les conseils d’adoptés majeurs. Il est temps pour nous, adoptés majeurs, de dire notre point de vue sur la question. Aussi douloureux soit il pour certains d’entre nous. Foin de nous victimiser ! Bien au contraire, il s’agit avant tout de donner des informations, voire des conseils, mais aussi d’échanger des avis.

Les récits suivants sont le fruit d’une réflexion, assez douloureuse parfois : C’est une partie de ma vie que j’expose aux yeux des lecteurs - raconter sa propre vie est un exercice en soi très difficile et parfois déroutant - et c’est pourtant ce que je vais faire.
Au cours de mes deux premiers séjours, j’ai tenu des carnets de voyage. Ce sont ces carnets que je vais vous présenter maintenant.


La suite sur le forum The Royal IdP Essploring Fundation

19/02/2007

J'ai été volée à mes parents - Céline Giraud et Emilie Trevert

medium_volee-a-mes-parents.2.jpgEditeur : Flammarion. 348 pages


Résumé du livre

 
L'existence d'une femme peut basculer de bien des façons, mais ce qu'a vécu Céline Giraud est véritablement singulier. A vingt-cinq ans, cette Française découvre l'impensable : âgée de quelques jours seulement, elle a été dérobée à ses parents péruviens par des escrocs. Ceux-ci se livraient à un trafic d'enfants alimentant des réseaux d'adoption internationale. Céline savait depuis longtemps qu'elle avait été adoptée, mais elle croyait, tout comme ses parents adoptifs, que sa mère biologique l'avait abandonnée, faute de moyens pour l'élever. Il n'en est rien. Une fois passé le choc de cette révélation, la jeune femme enquête pour retrouver ses parents et la trace du réseau qui l'a enlevée. Au Pérou, elle fait la connaissance d'une famille pauvre, la sienne, dont elle ignorait tout. Puis elle alerte la justice péruvienne et se procure un dossier judiciaire où figurent tous les détails du trafic dont elle a été victime. Ainsi que les noms de vingt-quatre enfants volés comme elle, dont trois ont été adoptés en France. Au Pérou, le scandale est énorme mais il ne passe pas l'Atlantique. L'association française agréée par l'Etat qui a organisé ces adoptions, n'a pas jugé bon d'avertir les familles adoptives de ce trafic odieux. Dans cet ouvrage, Céline Giraud raconte son incroyable enquête, mais aussi le bouleversement d'une jeune femme qui se retrouve avec deux mères qui l'aiment, l'une dans une banlieue française cossue, l'autre dans un bidonville au Pérou.

 


C'est à nous de se battre pour que des choses comme cela n'arrivent plus.

 
Vendue, trahie, aimée, choyée…
Comment ces 4 mots si contradictoires peuvent ils cohabiter dans la même phrase ? Et pourtant c’est bien cela mon histoire, un terrible mélange de malheur et de bonheur, de pleurs et de rire, de tristesse et de joie, de peines et d’amour.

 
Mon histoire commence il y a 24 ans, au Pérou, à Lima.
Ma mère, qui a déjà une petite fille, est enceinte,… de moi ; pas de travail, ni de ressource, une famille en pleine crise…Son quotidien n’est fait que de cris, de pleurs et de reproches. Par-dessus cela mon père est parti de la maison.
Et puis, une main qui se tend, une aide qui tombe du ciel. Ma mère ramasse un jour un petit flyer parlant d’une association caritative, San benito de palermo, aidant les mères célibataires en difficulté à repartir d’un bon pied dans la société (soin pendant la grossesse, prise en charge des frais d’accouchement, denrées alimentaires pour la mère, au bébé, soins médicaux gratuits, vêtements…). C’est trop beau pour être vrai ! Chance ? Hasard ? Non. C’est son pire cauchemar qu’elle tient dans ses mains, mais fatalement, elle ne le sait pas.
Plus que dans le besoin, quelques jours plus tard, elle pousse les portes de cette association dont les bureaux se trouvent en plein centre de Lima. Elle a besoin d’aide, elle est sûre qu’ici elle pourra le trouver.

 
Je pousse mon premier cri le 14 juillet 1980 (signe du destin ?). De l’autre côté de la terre, un jeune couple de français qui ne peut pas avoir d’enfant, est prévenu de ma naissance par l’association française, Rayon de Soleil de l’enfant étranger, par laquelle ils ont décidés de passer pour adopter un enfant. Dès le 15 juillet, les voilà en train de préparer leur voyage : une petite fille nouveau née les attend leur a-t-on dit !
Mes parents foulent pour la première fois le sol péruvien le 29 juillet 1980, tard dans la nuit. Le 30 juillet, à 7 heures du matin, deux femmes débarquent, prétextant être de l’association San benito de palermo, la directrice et l’assistante sociales leur disent elles. Dans leurs bras, un nouveau né de 16 jours, toute petite, toute fragile, moi.
Selon leurs dires, ma mère a 16 ans et se trouvant trop jeune pour avoir un enfant m’a laissé à l’adoption. Mes parents adoptifs, encore jeunes et bien naïfs se contenteront de cette version. Ils sont les plus heureux du monde et décide de m’appeler Céline.

... ...



Source : Coordination des Actions pour le Droit à la Connaissance des Origines - Forum CADCO

23/12/2005

L'adoption sans merci. Rencontre avec Barbara Monestier

Précieux parce qu'il sort des cénacles, "Dis Merci !" (*) donne la parole a une enfant adoptée.

 

Si c'était à refaire, souhaiteriez-vous à nouveau être adoptée ?

Petite, j'aurais voulu rester au Chili. Mainteant que je suis grande, revenir en arrière serait impossible. Je ne sais pas s'il vaut mieux être adoptée ou pas, mais je sais que c'est ma vie.

 

Vous-même seriez-vous prête à adopter un enfant ?

Si je ne peux pas avoir d'enfant, je ne crois que j'adopterais. J'ai moi-même mis 25 ans à m'en sortir. Alors, j'avoue franchement que je ne suis pas prête à refaire le chemin à l'envers. Je crois que c'est un parcours qui est toujours difficile et cela se passe parfois plus mal que moi.

 

La question est délicate et vous n'avez certainement pas tous les éléments en mains pour y répondre mais que pensez-vous de l'adoption d'enfants par des couples homosexuels ?

Je redoute la question, en effet. D'une manière générale, je ne crois pas qu'il faille faciliter l'adoption. Parce qu'elle est difficile mais aussi parce qu'elle encourage l'abandon. Sans parler du véritable trafic d'enfants qui existe à cause d'elle. Je ne suis pas sûre du tout que l'adoption d'enfants par les couples homosexuels soit une bonne chose car elle risque de compliquer encore plus la longue quête d'identité d'un enfant adopté.

 

Votre voyage au Chili vous a permis de rencontrer votre mère biologique et de vous réconcilier apparemment avec votre mère adoptive. Ce retour au sources était donc essentiel...

Oui, j'ai désormais la conviction que mes parents adoptifs m'aiment et que ce sont eux, ma famille. Sachant cela, les problèmes à venir - car il y en a encore - ne risquent plus d'aboutir sur une rupture.

 

(*) Dis merci!

Source : La Libre Belgique