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29/07/2011

Corée. Une nouvelle ère pour l'adoption.

corée,adoptés,adoption internationaleComme vous savez sans doute, la loi sur l'adoption en Corée a été modifiée. J'espère qu'on cherchera maintenant davantage à aider des personnes fragiles qu'à en abuser comme je vous l'ai laissé voir dernièrement par l'interview de la leader de l'association de mères célibataires coréennes Miss Mama Mia.  Bon, il y a sans doute encore beaucoup de chemin à faire... En France, le délai de rétractation est de deux mois pour un accouchement sous X. Par contre, par ici, on a encore du chemin à faire par rapport à la Corée maintenant... concernant les droits de l'homme, un droit à la connaissance de ses origines, un droit bien inscrit dans la Convention Internationale sur les Droits de l'Enfant pourtant.
 

 
La loi sur l'adoption modifiée marque la fin d'une ère dans laquelle l'adoption était associée avec les meilleurs intérêts d'un enfant et ceci au dépend de sa famille d'origine.

Le 29 juin, l'Assemblée Nationale a révisé la loi sur les adoptions internationales et quelques adoptions nationales, donnant aux adoptés le droit d'avoir accès à leurs informations d'adoption et affichant son engagement de prendre comme meilleure méthode de protection des droits de l'enfant, celle de préserver la famille.
 
Ce virage pris et tourné vers la préservation de la famille se remarque déjà dans la modification même de l'intitulé de la loi permanente, passant de "la Loi Spéciale sur la Procédure et la Promotion de l'Adoption à "la Loi Spéciale sur l'Adoption". Ceci marque la fin d'une ère en Corée du Sud pendant laquelle il a été pensé que l'adoption était dans le meilleur intérêt d'un enfant, plutôt que soutenir la famille d'origine à élever l'enfant.
 
Le projet de loi n°1812414 a été soutenu par le gouvernement et a obtenu 188 voix en sa faveur, 0 contre et quatre abstentions, après être passé par des examens constitutionnel et législatifs.

Ce processus de réforme de la loi a été au début mis en place en 2008 quand le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales a donné une mission d'enquête à un groupe consultatif composé de travailleurs d'agences d'adoption, d'assistants sociaux et d'universitaires pour commencer à examiner la révision de la loi permanente sur l'adoption en vue de se préparer à ratifier de la Convention de La Haye sur l'Adoption. Le problème avec ce groupe nommé par le gouvernement initial,  c'est que des parents isolés, des membres de la famille de naissance et des adoptés, c'est à dire les personnes mêmes qui ont été directement affectées par la loi permanente, n'ont pas été consultés.
 
Au vu de tout celà, des avocats de droits de l'enfant, des organisations de femmes, des adoptés, des chercheurs et des organisations d'adoptés se sont mobilisés pour rassembler des témoignages et suivre des auditions publiques tenues par le gouvernement coréen commencées en janvier 2009. Ensemble avec les avocats So Rami et Hwang Pillkyu de Gonggam Public Interest Lawyers, et avec le soutien de la Représentante du Démocratic Party, Choi Young-Hee, la Coalition pour la Réforme de l'Adoption a commencé à rédiger le meilleur projet de loi possible.
 
Au moment du passage de la loi, la coalition comprenait le groupe Dandelions de "parents de naissance" , l'association de familles de mères célibataires coréennes KUMFA, et des associations concernant des adoptés KoRoot, ASK (Adoptee Solidarity Korea ) et TRACK (Truth and Reconciliation for the Adoption Community of Korea).  La signature du projet de loi concernera les deux adoptions extérieures et intérieures avec le but primordial d'encourager la préservation de la famille d'origine.
 
Alors que les mères célibataires étaient encouragées à signer un formulaire pour renoncer à leurs droits parentaux avec leurs bébés toujours dans l'utérus, une semaine doit maintenant s'écouler après la naissance du bébé avant qu'un accord d'adoption ne soit signé. Alors que le conseil principal aux mères célibataires consistait en beaucoup d'informations sur l'adoption, la loi ordonne maintenant que ceux qui sont près de devenir parents doivent recevoir conseils et informations suffisants en matière d'éducation.
 
Par ailleurs, des enfants pourront être adoptés à l'étranger seulement après qu'aucun foyer ne soit trouvé pour eux en Corée et les adoptants étrangers devront se rendre en Corée pour les prendre à moins qu'ils ne fassent reconnaître des circonstances spéciales par le  Ministère de la Santé et des Affaires Sociales.
 
La loi actuelle établit une base légale pour conduire la Corée du Sud à respecter les normes internationales données par la Convention de la Haye sur l'Adoption Internationale. une autorité centrale sous le Ministre de la Santé et des Affaires Sociales.  Parmi d'autres fonctions, l'autorité centrale doit protéger pour les adoptés un droit de l'homme , celui à la connaissance d'informations médicales propres et à son identité.
 
 
Le projet de loi qui est passé établit une base légale pour aider à porter la Corée jusqu'à des normes (standards) internationales selon la Convention d'Adoption de la Haye. En plus d'avoir des adoptions qui passent par décisions de justice, il y aura une nouvelle autorité centrale de l'information qui protègera les adoptés le droit de l'homme à la connaissance de ses origines et d' informations médicales propres à lui. Son président sera nommé par le Président de la Corée puis controlé par le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et un conseil de direction formé d'adoptés.
 
Une base de données sera constituée afin que les adoptés puissent s'en servir pour la recherche de leurs familles d'origine. Dans le cas d'un parent biologique décédé ou de la non obtention d'un consentement pour des raisons inévitables, ou dans le cas où l'adopté a besoin d' informations dans un but thérapeutique , les informations pourront lui être révélées sans permission du parent biologique.
 
Il est dans l'espoir de la coalition que sous ces nouvelles protections légales les adoptés ne seront plus soumis à un traitement injuste et irrégulier pendant la recherche d'informations
 
C'est l'espoir de la coalition que sous ceux des nouvelles protections légales, des adoptés ne seront plus soumises au traitement déloyal (injuste) et irrégulier pendant la recherche d'informations sur leur origine.
 
La coalition est heureuse de voir des hommes de lois et du personnel du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et du Ministère de la Justice travaillant sur cette question.
 
Bien que la loi ait changé, l'interprétation de la loi au niveau politique et sa mise en oeuvre dans la pratique doivent être faits par beaucoup d'autres organismes, incluant le Bureau du président, l'autorité centrale prévue en matière d'adoption , le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales, le Ministère de la Justice et les agences d'adoption. À cet égard, il est impératif que ces organismes restent ouverts aux recommandations en cours des parties affectées et assurent aussi que la loi soit exécutée.
 
Il y a toujours beaucoup de travail à faire en Corée pour une pleine égalité en droits entre hommes et femmes et pour les droits de l'enfant , mais on devrait louer le gouvernement de faire ces pas significatifs dans la bonne direction.

 
Ecrit par Jane Jeong Trenka (présidente de TRACK), Tammy Ko Robinson (professeur de l' Université de Hanyang ) et Kim Stoker (Représentant Adoptee Solidarity Korea  ASK), tous membres de la Coalition pour la Réforme de l'Adoption

Article traduit par Greg.


Sources : [Viewpoint] A new era for adoption | Korea Joongang Daily | 7 juillet 2011
[Op-Ed] New adoption law puts family preservation first | The Hankyoreh | 7 juillet 2011
  
   
 
 

07/07/2011

Haïti. L'adoption internationale, une priorité qu'on veut nous imposer

Le Nouvelliste en Haiti.jpgCet article est dédié à tous les parents haïtiens qui jusqu'à ce jour gardent l'espoir de retrouver leurs enfants séparés d'eux à la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010.
Quelques jours après le tremblement de terre de 2010, un journaliste étranger écrivait : l'adoption internationale n'est pas une aide humanitaire. Suite au tremblement de terre, en effet, l'adoption internationale a dominé l'actualité internationale ; aujourd'hui encore elle semble être le thème central de ceux-là qui prétendent oeuvrer pour la protection et le bien-être des enfants.

 

"Adoption internationale", un thème prioritaire également pour de nombreux pays « amis ». Au cours de la visite éclair en Haïti d'Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, pour assister à l'investiture du président Michel Martelly, le ministre français a pris le temps de visiter un orphelinat et la Fondation Solidarité Internationale, engagée dans l'adoption internationale. De plus, selon des sources autorisées, le ministre Juppé aurait soulevé la question de l'adoption internationale lors de son entretien privé avec le président Martelly (qui a dû peut-être paraître fort surpris du choix d'un tel sujet, compte tenu des grands problèmes auxquels sont confrontées actuellement les familles haïtiennes).

Il faut donc se demander pourquoi ce focus sur l'adoption internationale, alors que selon l'UNICEF « 1,2 millions d'enfants étaient déjà considérés comme étant extrêmement vulnérables avant le tremblement de terre. Un an plus tard, les enfants d'Haïti sont encore au bord du précipice » ( voir « Un an après - Des secours à la reconstruction : un long parcours », Janvier 2011 UNICEF Haïti).

Pour répondre à cette question, il faut remonter à 2010. Le 20 Janvier 2010, l'ex-Premier ministre Bellerive, sur la demande de certaines organisations de droits humains, adopte une mesure d'urgence selon laquelle le Premier ministre est le seul habilité à autoriser le départ d'enfants haïtiens du territoire national et que dans ces cas, il doire s'agir d'enfants pour lesquels le processus d'adoption avait été déjà engagé et approuvé, ce, de concert avec les ambassades concernées. Cette mesure, conforme aux principes de droits humains, visait à assurer que la priorité dans cette situation de catastrophes soit donnée aux efforts visant la réunification des enfants avec leurs parents ou les membres de leur famille, à éviter toutes tentatives prématurées ou irrégulières de sortir un enfant de son pays. Malgré cette mesure, des enfants haïtiens ont continué à sortir du pays au vu et au su de tous. Pourtant, bien que foulée aux pieds dès les premiers jours, cette mesure gêne.

Nombreux sont ceux (étrangers pour la plupart) qui ne veulent que rouvrir l'adoption internationale avec tout ce qu'elle comporte d'illégalité, c'est-à-dire, la traite d'enfants, la vente d'enfants, le trafic d'organes, la prostitution infantile, la pédophilie, etc. Et pour cela, les pressions et les pièges « diplomatiques » s'intensifient, particulièrement à la veille de la tournée du président Martelly en Europe à la fin du mois de juin.

L'enfant a le droit de grandir dans un milieu familial et l'Etat a pour obligation de donner une famille permanente à l'enfant pour lequel une famille appropriée ne peut être trouvée dans son pays d'origine. Cependant, l'adoption internationale telle que pratiquée en Haïti n'est pas toujours un moyen visant à assurer à l'enfant dans une situation de vulnérabilité un environnement familial au contraire, l'adoption internationale, et plus souvent qu'on ne le suppose, est un mécanisme utilisé par beaucoup pour s'enrichir sans aucune considération pour la situation de l'enfant ou pour exercer toutes sortes de violence sur l'enfant. Les anecdotes relatives à la vente d'enfants, vente d'organes, aux primes d'assurances sont nombreuses. Vrai ou faux ! Comme dit le proverbe il n'y a pas de fumée sans feu.

D'un côté, il y a les crèches. Selon l'UNICEF des 700 centres d'enfants actuellement répertoriés, seulement 300 sont accrédités. Les crèches sont des institutions hébergeant des enfants en bas âge et dont le seul but est de les donner en adoption internationale. Généralement ces crèches sont liées à des organismes étrangers d'adoption, se chargent de chercher des enfants et des parents adoptifs étrangers, le plus souvent sans autre considération que monétaire. Il s'agit là d'un commerce extrêmement lucratif. 80 à 90% sont des adoptions individuelles, c'est-à-dire une relation directe entre les propriétaires de crèches et les parents adoptifs étrangers. En plus des rémunérations (et mensualités) payées par les parents adoptifs, les crèches recevaient des subventions via des ONGs et ONGIs (certaines d'entre elles allant jusqu'à prendre en charge des mères adolescentes).

D'un autre côté, les orphelinats, ou des milliers d'enfants-vivent des situations abusives. Selon des estimations, près de 50 000 enfants sont placés en institutions; de ce nombre, à peu près 20 000 sont orphelins de père ou de mère ; les autres n'y sont qu'en raison de pauvreté. Suite au séisme de 2010, les orphelinats sont devenus l'une des activités les plus lucratives après les ONGs nationales et internationales.
Les illégalités dans les procédures d'adoption sont pourtant connues de tous. Il s'agit de véritables réseaux criminels dédiés à la traite d'enfants et à des adoptions irrégulières. Ces réseaux, opérant à travers les crèches et les orphelinats, s'approvisionnent en enfants en utilisant souvent la menace, la fraude ou le mensonge, convainquant ainsi les parents biologiques à donner leurs enfants en adoption. Ces réseaux, experts dans la fabrication de faux documents, de fausses mères, de déclarations d'abandon ou de consentement frauduleux, collaborent également avec des avocats et des juges de paix.

A la racine de ces réseaux se trouvent les responsables (ou du moins) des propriétaires de crèches et d'orphelinats vivant de ce commerce et opérant le plus souvent avec la complicité de certains fonctionnaires de l'IBESR.

Plus de 2 400 enfants ont laissé Haïti depuis le tremblement de terre (plus du double du nombre d'adoption autorisée en 2009). Ce chiffre (bien que partiel) en lui-même constitue la preuve de l'illégalité de ces procédures d'adoption. Des billets gratuits ont été offerts à travers le net à ceux-là qui accepteraient de se rendre en Haïti pour ramener des enfants ; comme on ramène des « patates ».


Comment avec des institutions jusqu'à ce jour affaiblies par la catastrophe de janvier 2010 (des ministères, les tribunaux, les services d'Etat civil) a-t-on pu garantir la légalité de ces procédures, s'assurer de l'identité des enfants et de leur adoptabilité, vérifier le consentement des parents, etc. Ce n'est donc pas surprenant que plusieurs cas de traite d'enfants sous le couvert d'adoption internationale irrégulière aient été identifiés à divers points de la frontière entre Haïti et la République Dominicaine et dans certains aéroports, particulièrement l'aéroport Guy Mallary. Le souvenir des 33 Américains arrêtés à la frontière est toujours bien frais; à ce souvenir vient s'ajouter le cas récent des pédophiles allemands.

Il ne fait aucun doute que l'aide humanitaire, comme ce fut le cas dans d'autres pays, a emmené avec elle les prédateurs et les vautours de l'urgence dont le seul objectif est de profiter des situations de chaos pour exercer leurs méfaits ; leur proie de prédilection: les enfants. Alors que la situation de l'irrégularité des adoptions internationales était déjà inquiétante suite au contrôle plus serré des adoptions dans certains pays dont le Guatemala, depuis le tremblement de terre, Haïti attire tous les dossiers frauduleux. Le tremblement de terre est venu en effet mettre à nu des situations d'illégalité, des réseaux de traite et de vente d'enfants, le plus souvent sous le couvert d'adoptions internationales.


Certaines ambassades ont clairement exprimé leur doute quant aux procédures d'adoption postséisme. Cependant, d'autres s'intéressent de plus en plus à l'adoption internationale. Ces dernières, dont celle de France et du Canada s'apprêtent d'ailleurs à célébrer une réunion dite « Réunion du Groupe de Montréal » du 22 au -24 Juin prochain à l'Hôtel Le Plaza à Port-au-Prince. Cette réunion fait suite à une réunion du même type célébrée l'année dernière à Montréal. Le thème central de cette réunion: « l'adoption internationale »; le but: rouvrir la vanne de l'adoption internationale, faire « plaisir » à leurs ressortissants et s'assurer de leur vote.

Suite au tremblement de terre, la France a fait évacuer plus de 1 000 enfants haïtiens. Pour certains Français, la décision du gouvernement français était "logique et raisonnable". Aussi les 21 et 23 décembre 2010, à la veille de la Noël, des centaines d'enfants ont-ils quitté leur pays dans deux avions affrétés « pour évacuation urgente » à cause du choléra. Ces enfants ne faisaient l'objet que d'un consentement des soi-disant parents et d'une autorisation de l'IBESR. Parmi les enfants arrivés en France, près d'une centaine se trouvent dans une situation juridique floue, vu qu'ils n'ont pas de jugement d'adoption mais un simple apparentement (voir Imbroglio juridique pour les enfants haïtiens adoptés - 31 March 2011).

« Quelques jours après le tremblement de terre, décrète un « Humanitarian Parole Policy », à la faveur de cette politique, des centaines d'enfants haïtiens « orphelins » ou séparés de leurs parents à cause du tremblement de terre ont été « évacués ». Certains se retrouvent aujourd'hui dans les « foster care », abandonnés par les parents adoptifs ».

L'Hollande, quant à elle, suite au séisme, a décidé « qu'en raison de la situation inquiétante en Haïti, d'admettre les enfants sans qu'ils disposent de documents de voyage en règle. Le gouvernement hollandais décide alors que les enfants seront rapatriés d'abord, et l'approbation des autorités haïtiennes viendra après. (Voir déclaration du ministre de la justice hollandais Hirsch Ballin).

Comme l'a dit un observateur. « C'est la pauvreté qui transforme les enfants en cheptel adoptable pas les familles occidentales riches en mal d'enfants. »

Ce qui étonne, c'est que tous ces pays ont ratifié la « Convention de la Haye sur la protection des Enfants et la Coopération en matière d'adoption Internationale » ; laquelle convention considère l'adoption internationale comme une mesure de dernier recours, et oblige les Etats parties à adopter toutes les mesures visant à maintenir l'enfant dans sa famille d'origine, à envisager l'adoption nationale, et a s'assurer que les parents adoptifs soient réellement aptes à adopter un enfant.

« Il faut en finir avec le marché aux enfants haïtiens, et avec leur pieuse importation » ; ces mots d'un observateur illustrent bien la problématique de l'adoption internationale.

Il est temps que ceux-là qui prétendent s'intéresser à la situation de l'enfant haïtien se penchent sur les vrais problèmes de l'enfance : l'assistance aux familles nécessiteuses, l'accès à l'éducation et à la santé pour tous les enfants. Rouvrir l'adoption internationale sans mettre des balises solides, c'est livrer des milliers d'enfants à la merci de groupes prédateurs.

La construction de l'Etat de droit passe par la chasse à ces organisations criminelles, et la lutte contre l'impunité devant les crimes perpétrés contre les enfants haïtiens. L'Etat de droit exige des investigations sérieuses visant à démasquer les réseaux de traite et de vente d'enfants, les procédures d'adoption bidon, les individus et les institutions dont le seul but est de s'enrichir aux dépens des petits haïtiens. L'Etat de droit exige également que l'adoption, tant nationale qu'internationale, puisse enfin répondre à sa vraie vocation : celle d'offrir aux enfants abandonnés ou orphelins un environnement familial permanent, chaleureux et sain.

Pour arriver à cet état de fait, il faut (Que peut faire le président Martelly ?):
1) Décréter un moratoire (i.e. suspension provisoire) ferme sur les adoptions internationales, particulièrement les adoptions d'enfants haïtiens par les étrangers, jusqu'à la ratification par Haïti de la Convention de la Haye sur la protection de l'enfant et la coopération en matière d'adoption internationale ;
2) Reformer et épurer l'Institut du Bien-être Social ;
3) Mettre l'action publique en mouvement contre les avocats, juges, propriétaires de crèches et d'orphelinats, fonctionnaires de l'Etat et tous ceux engagés dans la fabrication de faux documents, la vente d'enfants, la traite d'enfants ;
4) Mettre sur pied une commission spéciale ayant pour mission
a. Entreprendre des investigations afin de retracer/retrouver les nombreux enfants perdus pendant le tremblement de terre ;
b. Revoir les adoptions internationales autorisées depuis le 12 janvier 2010
c. Adopter un plan de placement familial pour les enfants et adolescents qui croupissent dans les crèches et orphelinats pour le simple fait que leurs parents n'ont pas les moyens de s'occuper d'eux.
d. Entreprendre des investigations sérieuses sur les irrégularités et les illégalités dans les procédures d'adoption, l'existence et le fonctionnement de ces crèches, orphelinats et maisons d'enfants;
5) Adopter une loi sur l'adoption répondant aux critères et standards internationaux
6) S'assurer qu'Haïti ratifie la Convention de la Haye sur la protection des enfants et l'adoption internationale


Source : Le Nouvelliste en Haïti |27 juin 2011

11/05/2011

Ces enfants volés par les autorités chinoises et placés pour adoption

chine-ces-enfants-voles-par-les-autorites-et-places-pour-adoption.jpg(De Pékin) Un magazine chinois révèle comment, dans la province du Hunan, dans le Sud de la Chine, les autorités « enlèvent des enfants » au nom de la mise en œuvre de la politique de l'enfant unique, et les placent dans des circuits internationaux d'adoption.

La fille de Yang Libing devrait aujourd'hui avoir sept ans. Mais ce travailleur migrant du compté de Longhui, dans la province du Hunan, ne l'a pas vue depuis 2005, date à laquelle les autorités de sa région l'ont enlevée, puis placée dans un orphelinat. Tout ça parce que les parents n'avaient pas pu payer l'amende de 6 000 yuans (640 euros) qu'ils devaient à l'Etat pour avoir enfreint la loi sur l'enfant unique.

A l'époque, Yang Libing et sa femme avaient laissé leur fille à leurs proches ; eux travaillaient dans une autre ville. Quand ils sont revenus, la petite Yang Libing avait disparu. Et le temps qu'ils retrouvent sa trace dans un orphelinat de la région, elle avait été adoptée par des parents américains.


Lire la suite sur Rue89 & Aujourd'hui la Chine |11.05.2011

 

CHINE. Trafic d’enfants au Hunan


Des enfants ont fait l'objet d'un trafic dans une préfecture pauvre du Hunan où des fonctionnaires chargés du planning familial les enlevaient de force à leurs parents pour les placer dans un orphelinat. C'est ce qui ressort d'une enquête du très sérieux magazine économique Xinshiji Zhoukan, à la suite de recherches menées par des parents de ces enfants. Les faits se sont déroulés entre 2002 et 2005. Afin de faire pression sur leurs familles pour récolter des amendes, les fonctionnaires en charge du planning familial de la préfecture de Longhui, à Shaoyang, dans le Hunan, ont emmené de force près d'une vingtaine d'enfants. Contre la somme de 1000 yuans chacun [environ 100 euros], ils les ont placé à l'orphelinat de Shaoyang,  en leur donnant à tous le nom de famille "Shao". Une partie de ces enfants auraient été adoptés, dont certains aux Etats-Unis et aux Pays-Bas. Les 3000 dollars américains payés par les familles adoptantes revenaient à l'orphelinat. L'affaire a pris place dans une préfecture très pauvre où la politique de l'enfant unique a été appliquée de manière très brutale au cours des années 80 et 90. Au passage, certains enfants "saisis" n'auraient même pas été des enfants nés "hors quota", souligne le magazine.

Courrier International | 11.05.2011

 


Suivi de l'article de Caixin sur le traffic d'enfants par les responsables de la planification familiale

Caixin Magazine, Beijing, has published another article about the family planning officials taking over-quota children with more details about the case of Yang Ling, whose father Yang Libing is still looking for her, showing fabricated and forged documents created by the family planning officials to justify taking the baby to the orphanage.

 

Août 2009,  Ina HUT, la directrice de l'organisme d'adoption "Wereldkinderen" au Pays-Bas démissionnait après des pressions du gouvernement néerlandais l'ordonnant de se tenir à l'écart des scandales d'adoptions en Chine.
Lire la suite

 

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La Chine reste connue pour la brutalité sans pitié de sa politique anti-nataliste et de ses dérives, avec de nombreux cas recensés de destruction des habitations des familles ayant plus d’un enfant, de refus de réception de plaintes pour des cas similaires, de pression sur l’emploi, voire de stérilisations et d’avortements forcés. Pour avoir notamment dénoncé ces dernières pratiques dans sa province du Shandong, l'avocat Chen Guangcheng aura ainsi passé quatre années en prison, avant d’être à présent assigné à résidence.


05/04/2011

Conclusion d'une recherche sur l'adoption d'enfants brésiliens par des familles européennes entre 1980 et 1985

sylvia nabinger.jpgQuelle que soit la pression exercée sur les pays d'origine des enfants par la demande émanant des postulants dans les pays d'accueil, l'adoption internationale ne peut, en aucun cas, être considérée comme la solution au problème de l'enfance démunie et abandonnée au Brésil ou dans tout autre pays qui souffre d'une inadéquation entre les ressources disponibles et l'ampleur des problèmes liés à l'enfance. En effet, la seule considération qui doit fonder le prononcé d'un jugement de filiation adoptive et de la sortie d'un mineur vers une autre région du monde, c'est intérêt de enfant.

 

La procédure d'adoption internationale, dont ont bénéficié les enfants brésiliens, objets de cette recherche, conformément à la loi brésilienne du 13 juillet 1990 relative au statut de l'enfant et de l'adolescent (art. 31), à l'article 21 (b) de la Convention internationale des droits de l'enfant, de 1989, et à la Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale signée à La Haye le 31 mai 1993 (Préambule alinéa 3 et art. 4-b) avait le caractère de subsidiarité exigé par le droit interne et les grands instruments internation aux réglementant cette matière.


En définitive, il apparaît clairement que l'adoption internationale ne peut représenter qu'une solution individuelle pour certains enfants de même qu'une réponse à la demande de certains parents adoptants. L'adoptabilité ne doit pas uniquement se concevoir d'un point de vue juridique, mais c'est un concept beaucoup plus large qui intègre un ensemble complexe d'éléments psychologiques dont la capacité affective à affronter le bouleversement le plus profond qui soit: un changement d'état lié àun déplacement transculturel. L'ensemble du processus adoptif doit impérativement être encadré par des services de professionnels, seuls garants avec l'intervenant ultime, le juge, de l'intérêt supérieur de l'enfant, comme le préconise la Convention de La Haye de 1993 en ses articles 10 et 11. Le rôle de ces « tiers obligés » est essentiel. La médiation de la démarche par des équipes pluridisciplinaires de professionnelscompétents et spécialisés, tant dans le pays d'origine de l'enfant que dans le pays d'accueil, apparaît comme la seule méthode pour que l'adoption d'un enfant venant de l'étranger ne soit pas une «aventure» - [dé]marche sans savoir où l'on va - mais une décision à laquelle le risque est inhérent, comme pour tout acte humain qui doit être mesuré autant que faire se peut. Cette fonction centrale des intermédiaires a, semble-t-il, peu retenu l'attention des chercheurs. En analysant les facteurs de réussite ou d'échecs en matière d'adoption internationale, les chercheurs se sont attachés de façon quasi exclusive soit au profil de l'enfant, soit aux caractéristiques présentées par les adoptants. Au terme de cette étude, il nous semble que les chances de réussite de toute démarche adoptive qui s'inscrit de plus dans un cadre transculturel reposent essentiellement sur les capacités d'élaboration psychique des différents intervenants professionnels.


A l'heure où, au Brésil, une frange de l'opinion publique et des milieux professionnels concernés s'interrogent sur la véracité des rumeurs et de certaines investigations journalistiques concernant des trafics d'organes sur la personne d'enfants sortis de leur pays d'origine sous le couvert de procédures d'adoption internationale, il apparaît particulièrement pertinent de multiplier des recherches de cet ordre. C'est par ce biais que l'on pourra rendre à l'adoption internationale son vrai rôle de mesure de protection de l'enfant et sa faculté d'interpeller l'opinion collective et les gouvernements sur la richesse et l'espoir de l'humanité qu'incarnent ses enfants.

 

Source : Thèse pour le doctorat de droit privé soutenue publiquement par Sylvia BALDINO NABINGER le 14 Décembre 1994

08:15 Écrit par collectif a & a dans Etude - Recherche | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brésil, adoption internationale | |  del.icio.us

28/03/2011

Carnet de Voyage. Témoignage de Mee Yung.

Mee Yung adoptee.jpgVoici le début de mon témoignage sur l'adoption internationale ...
Certains se doutent que j'ai été adoptée ; à d'autres, je le leur ai clairement dit.
Mais voilà que savez vous de l'adoption internationale ? Plus exactement ce que peut penser un adopté qui a atteint l'age adulte ?

Pourquoi ai-je décidé d'appeler ce second (?) livre « Carnet de Voyage » ?
ce n'est point pour faire peur par rapport au titre que j'avais en tête au début ... C'est simplement que mon témoignage est le récit de mes voyages en Corée, le premier effectué en 2004, le second en 2005.

Introduction - Préface

Imaginez que vous regardiez un film dont vous avez raté le début. N'avez-vous pas envie de le regarder depuis le départ pour comprendre pleinement l'instant où vous avez commencé le visionner ?
Et si pour votre vie, c'était pareil ?
Comment expliquer le fait que l'on soit arrivé par la « cigogne de fer», que l'on soit en occident entouré de « long-nez » ?

L’adoption est un sujet que tout un chacun a pu aborder. En littérature, les rares livres traitant de ce sujet sont pour la plupart des avis d’adoptants. Mais il est vrai qu’à l’heure où j’écris ces lignes, on commence à peine à voir paraître l’avis de certains adoptés, et enfin, de plus en plus d'adoptés se manifestent !

Pour une bonne partie, les personnes ont pris le recul nécessaire pour faire le point. Qui suis-je ? D’où je viens ? Qu’en est-il de mon pays d'origine ?
Questions pour le moins difficiles, auxquelles il faudra répondre un jour ou l'autre tant du côté des parents que des enfants : du côté adoptant, comme du côté de l’enfant, les attentes sont importantes voire écrasantes. Bien des familles se sont heurtées à l’incompréhension et ont fini par s'enfoncer dans le dialogue de sourds.

Par ailleurs, tout se passe comme si on plaçait l’enfant dans un contexte adulte : on ne semble pas lui laisser le choix : il doit faire table rase de son passé. Mais est-ce pour autant qu’il doit se taire une fois devenu adulte ?

Des discussions que j’ai eues avec des non adoptés, il en est ressorti que je « crachais dans la soupe », que je « méprisais cette fameuse chance d’avoir été élevée en France ».
Cela ressemble, par moment, à des propos d’éleveurs de bétails. Oui, l’adoption est soumise à un marché : il y a une demande forte des pays riches, notamment occidentaux, et une offre « proposée » par des pays plus pauvres...
La chance me dit-on … Parce que j’ai joué au loto et j’ai gagné le gros lot ?

De tels propos ne sont, à mon avis, que le reflet d’une vision erronée de l’adoption. L’adoption n’est, en aucun cas, un chemin semé de roses, bien au contraire… : apprendre à se connaître et se reconnaître, tenter de panser des blessures (manque d’enfants d’un côté, manque d’amour de l’autre.)

Tant que la plupart des personnes abordant le sujet ont / auront une vision judéo-chrétienne, une image d'Épinal, les adoptés adultes auront du mal à s’y retrouver en tant que citoyens de leur pays d’adoption, et de manière plus globale, comme citoyens du monde.

J'ai souhaité que ce récit s'inscrive dans un témoignage sur l'adoption. Cette fois-ci, pour une fois, cela se passe du côté de l'adopté : Ses ressentis, ses expériences.
Non pas que je veuille parler au nom de tous les adoptés, loin de là. Il ne s'agit que d'un témoignage parmi tant d'autres car il y a autant d'histoires que d'adoptions.


Par ailleurs, cet ouvrage fait suite à la demande d’adoptants ou de futurs adoptants. Ils souhaitent connaître l’avis voire mêmes les conseils d’adoptés majeurs. Il est temps pour nous, adoptés majeurs, de dire notre point de vue sur la question. Aussi douloureux soit il pour certains d’entre nous. Foin de nous victimiser ! Bien au contraire, il s’agit avant tout de donner des informations, voire des conseils, mais aussi d’échanger des avis.

Les récits suivants sont le fruit d’une réflexion, assez douloureuse parfois : C’est une partie de ma vie que j’expose aux yeux des lecteurs - raconter sa propre vie est un exercice en soi très difficile et parfois déroutant - et c’est pourtant ce que je vais faire.
Au cours de mes deux premiers séjours, j’ai tenu des carnets de voyage. Ce sont ces carnets que je vais vous présenter maintenant.


La suite sur le forum The Royal IdP Essploring Fundation

17/02/2011

Interdire TOUTES les adoptions indépendantes! Un modèle pour les États-Unis et le Monde!

Finland set to ban independent adoptions



A Finnish justice ministry working group proposed Friday that the government should propose legislation to ban independent cross-border adoptions and introduce adoption age limits.

Under current legislation international adoptions are subject to permits granted by the Board of Inter-Country Adoption Affairs, a health and social affairs ministry body, but a number of loopholes mean that independent adoptions have been possible.

Most people wishing to adopt from abroad have however gone through the board, with up to 20 independent adoptions a year.

The working group also proposed that all adoptions, including those within the country, would have to be cleared by the board.

The working group wants a minimum age of 25 and a maximum of 50 for adopting parents as well as minimum and maximum age differences of 18 and 42 years, respectively, between adopting parents and the adopted child.


Via Family Preservation Adovcate






13/02/2011

Fruits de l'Ethiopie - Une étude sur l'adoption internationale en Ethiopie

En 2009, l'agence d'adoption hollandaise Wereldkinderen a passé un contrat avec Against Child Trafficking pour conduire une recherche sur l'exactitude des dossiers d'adoption d'enfants adoptés en Ethiopie.
Un rapport a été finalisé en octobre 2009. Il résume les enquêtes dans 25 dossiers d'adoption sélectionné aléatoirement d'enfants adoptés en Ethiopie entre 2004 et 2009. 19 de ces 25 cas, qui sont analysés dans le rapport, présentent au moins des irrégularités.


Fruits of Ethiopia - A study on intercountry adoption in Ethiopia

In 2009, Dutch adoption agency Wereldkinderen contracted  to conduct research into the correctness of adoption files of children adopted from Ethiopia. In October 2009, a report was finished, which summarized investigations into 25 randomly selected adoption files of children adopted from Ethiopia between 2004 and 2009. 19 of these 25 cases contained at least some irregularities, which are analyzed in the report.

Le rapport complet

Read more  Pound Pup Legacy