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22/06/2009

Placer les enfants en institution au lieu de les confier aux soins d’une famille doit toujours être le dernier recours.

Children at an orhanage outside Lonrovia.jpg[Via IRIN news et Better Care Network Netherlands.]

 

West Africa: Protecting children from orphan-dealers.
West Afrika: kinderen moeten beschermd worden: Kinderhuizen zouden een laatste optie moeten zijn.



The recent rape of an eight-month-old boy in an orphanage in the Ghanaian capital Accra revealed conditions that child rights advocates say are rampant across West African orphanages. When the authorities investigated the incident they discovered 27 of the 32 children living in the home were not orphans.



The article from Irin 27-05-2009 concludes:

“The problem stems from…systemic failure, which encourages the proliferation of unlicensed and unmonitored orphanage,” Apiah said. “These problems will be there as long as we continue to lack a firm social safety net to support poor parents to raise their children.”



Supporting such safety nets – giving vulnerable families cash transfers, paying for children’s education or healthcare – can influence a family’s decision as to whether or not to keep their child, said UNICEF’s Theis.



“A range of solutions, from safety nets to foster care to community care, have been shown to work, and are much cheaper than putting children in orphanages,” he said. “Putting children into institutionalised care instead of a family setting must always be a last resort. “


Afrique de l’Ouest : Protéger les enfants des marchands d’orphelins.

[Traduit en français et publié sur OSI Bouaké.]


Accra, 28 mai 2009 (IRIN) - Le viol récent d’un petit garçon de huit mois dans un orphelinat d’Accra, capitale ghanéenne, a mis au jour les conditions de vie alarmantes qui prévalent à l’état endémique, selon les défenseurs des droits de l’enfant, dans les orphelinats d’Afrique de l’Ouest. Lorsque les autorités ont enquêté sur l’incident, elles ont découvert que 27 des 32 enfants du foyer n’étaient pas orphelins.



Selon une étude menée en janvier 2009 par le ministère de la Protection sociale (responsable du bien-être des enfants et de la supervision des orphelinats), pas moins de 90 pour cent des quelque 4 500 enfants des orphelinats du Ghana ne sont pas orphelins et 140 des 148 orphelinats du pays opèrent sans permis, selon Helena Obeng Asamoah, directrice adjointe du ministère.



« Nous sommes alarmés de voir à quel point les orphelinats ont violé les lois nationales sur la protection de l’enfance », a-t-elle expliqué à IRIN.



« Les orphelinats du Ghana sont devenus de véritables commerces, des entreprises extrêmement lucratives et rentables », a indiqué à IRIN Eric Okrah, spécialiste de la protection de l’enfance, qui exerce à Accra pour le compte du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).



« Dans ces orphelinats, l’appât du gain a fait passer au second plan le bien-être des enfants », a-t-il ajouté.



Au Ghana, le budget annuel d’un petit orphelinat peut s’élever à pas moins de 70 000 dollars, en fonction de sa taille ; la majeure partie de ces fonds est versée par des bailleurs internationaux et des organisations non-gouvernementales (ONG), et complétée par de modestes contributions de la part des sociétés locales, selon les recherches de Child Rights International (CRI), un organisme ghanéen à but non-lucratif.



Les bailleurs sont attirés par les orphelinats car ils semblent être une solution simple, selon Joachim Theis, directeur du service de protection de l’enfance en Afrique de l’Ouest, à l’UNICEF. « Vous avez un bâtiment, vous hébergez des enfants dedans, c’est facile de les compter. Et c’est facile de récolter des fonds pour eux. C’est un modèle utilisé depuis longtemps. Mais c’est un modèle qui ne va pas ».



Après avoir mené des recherches sur les financements accordés à plusieurs orphelinats ghanéens, Bright Apiah de CRI a émis l’hypothèse qu’à peine 30 pour cent des subventions versées étaient effectivement consacrées à la garde des enfants.



Grace Amaboe, propriétaire de l’orphelinat Peace and Love, a néanmoins expliqué à IRIN que le profit n’était pas son but. « Je vais chercher ces enfants pour des raisons purement humanitaires. Il est absolument faux de suggérer que j’exploite ces pauvres enfants . J’aide simplement les parents de ces enfants et ne me suis jamais servie des enfants confiés à mes soins à des fins financières ».



Un problème régional



En Afrique de l’Ouest, selon M. Theis de l’UNICEF, des milliers d’enfants sont considérés à tort comme orphelins, mais les statistiques manquent à ce sujet et de nouvelles recherches doivent être menées pour cerner ce problème.



Sur les quelque 1 821 enfants placés en orphelinat, en Sierra Leone, seuls 256 ont perdu leurs deux parents, selon les conclusions de l’UNICEF et des organismes de protection de l’enfance.



L’on estime qu’un Libérien sur huit est un enfant ayant perdu un ou ses deux parents. Mais bon nombre des quelque 5 800 enfants placés en orphelinat ne seraient pas orphelins, selon les défenseurs des droits de l’enfant de la région.



Une question de pauvreté



Dans l’ensemble de la région, certains employés d’orphelinat ciblent les communautés rurales défavorisées et « exploitent la pauvreté et l’ignorance des parents » en leur promettant de l’argent et en proposant de financer l’éducation de leurs enfants, a expliqué M. Apiah de CRI.



Certains parents signent sans le savoir des documents stipulant qu’ils renoncent à leur droit de garde de l’enfant, selon Mme Asamoah, du ministère ghanéen de la Protection sociale ; un grand nombre de signataires sont illettrés.



Maame Serwah, 40 ans, a envoyé son fils de 10 ans à l’orphelinat Peace and Love car elle n’avait pas les moyens de l’élever. « J’avais même peine à me nourrir moi-même. Cela me faisait trop souffrir de le voir pleurer presque tout le temps. Je pense que l’orphelinat était un moyen de m’en sortir ».



Mais depuis qu’elle a eu connaissance des maltraitances subies par les orphelins, elle a fait appel au ministère de la Protection sociale pour retirer son fils de l’orphelinat. « Maintenant, j’ai besoin de mon fils. Je ferai tout ce qu’il faudra pour l’élever moi-même », a-t-elle déclaré à IRIN.



Dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, les familles confient traditionnellement leurs enfants aux bons soins de parents ou d’autres tuteurs, si cela peut leur permettre d’être mieux instruits ou d’avoir du travail, mais certains orphelinats exploitent cette tradition, selon M. Theis.
« Quand des parents signent le formulaire d’un orphelinat, ils n’ont pas dans l’idée de renoncer pour toujours à leurs enfants . L’idée de ne plus jamais revoir leur enfant est inconcevable ».



Une défaillance du système



Face à une prise de conscience croissante de ce problème, les gouvernements et les organismes de protection de l’enfance de certains pays s’efforcent d’améliorer la réglementation dans ce domaine.



La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf a notamment formé un comité spécial sur l’adoption des enfants libériens, dont une des tâches consistera à se pencher sur les pratiques observées dans les orphelinats.



Avec l’aide d’organismes de protection de l’enfance tels que l’UNICEF, le ministère ghanéen de la Protection sociale élabore actuellement des directives sur les critères de désignation des orphelins et les conditions de vie dans les orphelinats, et promeut les programmes alternatifs d’aide aux orphelins.



Le ministère sierra-léonais de la Protection sociale, des Sexospécificités et de l’Enfance renforce également les normes relatives aux orphelinats et audite ces derniers à l’échelle nationale, une opération qui a abouti à la fermeture d’un grand nombre d’entre eux, selon l’UNICEF.



Mais les gouvernements doivent également faire respecter la législation existante, a estimé M. Apiah. Notamment, en vertu de la loi ghanéenne sur les enfants de 1998, les orphelinats doivent présenter des rapports d’audit annuels au ministère de la Protection sociale pour pouvoir renouveler leurs permis, or la plupart des orphelinats ne se conforment pas à la règle, a-t-il expliqué.



« Le problème vient d’une défaillance du système, qui encourage la prolifération des orphelinats sans permis et non supervisés », a expliqué M. Apiah. « Ces problèmes subsisteront tant que nous n’aurons pas un filet de sécurité social solide pour aider les parents pauvres à élever leurs enfants ».



Soutenir ces filets de sécurité (en accordant des subventions aux familles vulnérables et en couvrant les frais de santé ou de scolarité des enfants) peut permettre d’inciter les familles à garder leur enfant plutôt qu’à s’en séparer, selon M. Theis de l’UNICEF.


« Il a été prouvé que tout un éventail de solutions fonctionnaient, des filets de sécurité à la garde communautaire, en passant par le placement en foyer d’accueil ; des solutions qui sont en outre beaucoup moins chères que le placement en orphelinat », a-t-il indiqué. « Placer les enfants en institution au lieu de les confier aux soins d’une famille doit toujours être le dernier recours ».

 

Repères

- Les orphelins et l'adoption internationale

09/01/2009

L’importance du soutien familial pour les orphelins africains du sida.

Jimmy Kolker UNICEF.jpgLes douze millions d’orphelins du sida africains sont rarement livrés à eux-mêmes. D’après l’Unicef, 98% sont pris en charge par des proches après qu’un ou deux de leurs parents soient décédés du sida ou d’une de ses maladies opportunistes. Un soutien indispensable qui aide les enfants à conserver un équilibre familial, même si la discrimination et la stigmatisation ne sont jamais loin. Explications de Jimmy Kolker, chef du département VIH/sida au siège de l’Unicef, qu’Afrik a rencontré à Dakar lors de la Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles (3-7 décembre).


Afrik.com : Que pouvez-vous nous dire du dépistage et de l’accès au traitement chez les orphelins du sida ?

Jimmy Kolker : Il faut absolument dépister ces enfants, et même tous les autres membres du foyer parce que le sida est une maladie qui se transmet sexuellement mais aussi de la mère à l’enfant. Malheureusement, très peu d’enfants sont testés et on doit faire des efforts pour que, quand une femme accouche, son enfant soit impérativement dépisté pendant les premiers deux mois de sa vie. Aujourd’hui, moins de 10% des enfants ayant une mère séropositive sont testés dans ce lapse de temps. Or, si on constate qu’ils sont séropositifs, on peut immédiatement commencer le traitement antirétroviral. C’est vital car les chances de vie des enfants qui commencent le traitement pendant leurs premières douze semaines de vie sont 75% plus importantes que celles des autres.

Afrik.com : Quel rôle joue la famille élargie pour les orphelins du sida ?

Jimmy Kolker : La famille africaine est très résiliente : dans la grande majorité des cas, les grands-parents, ou bien les oncles, les tantes… prennent un des orphelins. Mais ces enfants restent vulnérables parce que les familles qui les prennent en charge sont pauvres et qu’il y a parfois une discrimination et une stigmatisation envers les enfants qui ont perdu un parent à cause du sida. Par ailleurs, il faut noter que certains adolescents ne sont pas contents de se retrouver avec leur grand-mère, leur oncle… et qu’il y a des cas d’abus.

Afrik.com : Vous estimez que les enfants récupérés par leur famille ont plus de chances de s’en sortir que les autres…

Jimmy Kolker : Il y a des recherches et des études scientifiques qui disent que l’enfant qui est avec un parent ou un grand-parent a un taux de scolarisation égal à celui de ses voisins qui ne sont pas orphelins du sida. Par ailleurs, les comportements sexuels à risque sont plus élevés pour les orphelins du sida qui ne sont pas chez un parent. Donc cette question de tutelle est peut-être la plus importante pour l’égalité et l’intégration de ces enfants dans la société.

Afrik.com : Arrive-t-il que les orphelins du sida soient abandonnés par des proches qui ont peur d’attraper le sida ?

Jimmy Kolker : Il y a moins de recherches sur la peur de la maladie et ses conséquences. On n’a donc pas vraiment de chiffres et de faits pour organiser un programme spécifique mais il y a effectivement des enfants qui ont peur de la maladie, et des adultes qui en ont peur aussi. Il y a parfois une stigmatisation non scientifique, comme le fait qu’on se demande s’il n’y a pas eu un acte de sorcellerie qui a affecté la famille. Il peut arriver aussi qu’on accuse de sorcellerie la famille qui prend l’enfant.

Afrik.com : L’adoption internationale peut-elle être une alternative au rejet des orphelins ?

Jimmy Kolker : Chaque enfant a droit à une famille, et une famille assez stable, mais l’adoption internationale est une solution de dernier ressort. On estime que 98% des enfants qui ont perdu un parent du sida vivent avec un membre de leur famille. D’autres sont dans des institutions mais ils ont peut-être aussi la grande famille qui s’occupe d’eux. En fait, il y a peut-être 0,5% des orphelins qui sont vraiment sans ressources locales. Et dans ce cas, si le gouvernement est d’accord et si les lois sont bien établies (pour qu’il n’y ait pas de trafic d’enfants), l’adoption internationale est peut-être la meilleure solution.

Afrik.com : Les orphelins du sida sont-ils solidaires entre eux ?

Jimmy Kolker : Là où les enfants s’organisent, ils parlent de la solidarité qu’ils ont avec leurs copains qui sont aussi séropositifs ou qui ont perdu un parent à cause du sida. Mais ces organisations sont très rares. Cela dit, quand ces organisations d’appui aux enfants affectés par le sida existent, les organisations adultes doivent se préoccuper davantage de ces enfants et de leurs besoins particuliers. Et les organisations de personnes vivant avec le VIH doivent aussi s’occuper des besoins de ces enfants. Les communautés devraient par ailleurs regrouper les enfants qui sont dans la même situation.

Afrik.com : Quelles stratégies les orphelins utilisent-ils pour s’entraider ?

Jimmy Kolker : Cela dépend beaucoup. Dans des pays comme l’Ouganda, malgré la stigmatisation, tout le monde connaît le sida. La lutte est assez développée et les enfants ougandais peuvent s’exprimer. Il y a même des groupes d’enfants dans les écoles qui bénéficient de l’appui des groupes religieux. Mais il y a d’autres pays, je crois la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, où le sida est vraiment stigmatisé et où on nie l’existence du sida dans la communauté. Dans ce contexte, les enfants disent qu’ils ne connaissent personne qui a le sida, même si leurs parents souffrent de cette maladie. L’Unicef cherche une solution, des moyens et de bonnes idées pour introduire le concept des enfants qui s’entraident dans les communautés qui nient la maladie.

Source: Afrik.

09:50 Écrit par collectif a & a dans Avis d'expert | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, sida, orphelins, unicef, jimmy kolker | |  del.icio.us

22/06/2008

Les enfants toujours en marge du développement en Afrique

APA.jpgAPA - Lilongwe (Malawi).

Omatayo Olaniyan, délégué de l’Union africaine (UA) à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a déclaré que la plupart des enfants africains sont toujours, les parents pauvres des processus de développement de leurs pays. C’est ce qu’a appris l’Agence de Presse Africaine à Lilongwe.



S’exprimant lors de la commémoration de la Journée de l’Enfant africain dans la capitale Lilongwe, il a indiqué que la paupérisation existe, malgré plusieurs politiques, déclarations et résolutions nationales, régionales, continentales et mondiales qui préconisent l’intégration des enfants dans les processus de développement.



Il a précisé qu’il y avait plus questions à résoudre, dans les domaines de la santé, du trafic et de la prostitution des enfants, des mariages forcés, de l’adoption illégale et du travail des enfants entre autres.



« Cela conduit à la désorientation et à un dysfonctionnement dans le développement des enfants avec des conséquences négatives très importantes sur le développement national », a-t-il souligné.



Des pays ont mis en place des politiques nationales à cet effet, a-t-il noté, ajoutant qu’au niveau continental l’UA avait élaboré des mesures adoptées par les Etats membres.



La ministre de la Promotion de la Femme et de l’Enfant, Anna Kachikho à quant à elle, fait remarquer que même si les efforts visant à faire face à la situation des enfants ont été notés sur le terrain, leur participation effective au développement national n’était toujours pas effective.



La Journée de l’Enfant africain a été initiée par l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) qui est devenue l’Union africaine (UA) pour honorer la mémoire des enfants tués dans les rues de Soweto en Afrique du Sud en 1976.



La Journée est une occasion pour plaider pour la promotion, la protection et le respect des droits des enfants en Afrique, soulignent les observateurs.




Source : Agence de Presse Africaine.