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02/12/2012

Arche de Zoé : quelques leçons apprises…

arche-de-zoe.jpgA l’occasion du procès qui s’ouvre, en France, cette semaine (03.12.12), l’affaire de l’Arche de Zoé (en 2007) revient dans l’actualité et permet de rappeler quelques leçons apprises, à la lumière de cette pitoyable saga.

 

 

Y avait-il « exercice sans autorisation de l’activité d’intermédiaire en adoption d’enfants » ?

L’Arche de Zoé ne s’est jamais présentée aux familles comme ayant le statut légal d’intermédiaire en adoption. Mais, tant par écrit (dans les documents d’informations aux familles) qu’oralement (dans les conférences publiques) la possibilité de l’adoption est toujours mentionnée comme l’étape suivant l’accueil des enfants, mais sous la seule responsabilité des familles, celle de l’Arche de Zoé « s’arrêtant » à la remise des enfants aux familles dès l’arrivée sur sol français.

Un des critères de sélection des familles étant la capacité de prise en charge des enfants à vie, attestée si possible par un agrément de l’Aide Sociale à l’Enfance, des familles ont « naturellement » vu ainsi, de bonne foi, la possibilité de réaliser leur désir d’adoption, plus rapidement et pour moins cher que dans les procédures habituelles.

 

Les fondateurs de l’Arche de Zoé ont sciemment surfé sur l’appel d’air créé par la conjonction d’une situation d’urgence et d’une « demande » d’adoption, en proposant une procédure « accélérée » d’arrivée d’enfants présentés – qui plus est – comme orphelins et en danger de mort. Or l’adoption n’est pas une action d’urgence et seuls sont adoptables les enfants déclarés tels par les autorités de leurs pays.

La suite sur le blog de Bernard Boeton "Chronique de l'Abrincate"

Arche de Zoé : "Ma mère m'a dit que les Blancs nous auraient mangés"
Le Monde

Arche de Zoé: l'absence d'Eric Breteau, une "grande lâcheté"
RTL


Historique de l'affaire "Arche de Zoé" au Tchad

 

11/01/2012

Tchad : l’Arche de Zoé avait-elle agi avec l’appui "en sous-main" du président Nicolas Sarkozy ?

sarkozy.jpgL’opération montée en octobre 2007 par l’ONG française l’Arche de Zoé - la tentative avortée de faire sortir 103 faux orphelins du Tchad en vue d’une adoption en France - pourrait bien avoir été "publicitaire", pour populariser la cause du Darfour (la province soudanaise voisine) auprès de l’opinion publique européenne et française en particulier, avec un appui "en sous-main" du président Nicolas Sarkozy, affirme un livre paru mardi.

Selon les auteurs, François-Xavier Pinte - le "deuxième pilote belge" qui avait recruté un collègue, Jacques Wilmart - et le journaliste Geoffroy d’Ursel, un "faisceau d’indices" laisse penser que Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner, ont pu couvrir les préparatifs de l’opération, sans en avoir "la preuve irréfutable".

Ils citent notamment dans cet ouvrage, intitulé "Sarkozy dans l’avion ? Les Zozos de la Françafrique", le fait qu’une lettre de garantie pour la location du Boeing 757 qui devait emmener les enfants d’Abéché (est du Tchad) à Vatry, près de Reims (nord de la France), était signée par le frère du président, François Sarkozy, qui dirigeait la société pharmaceutique Paris Biotech Santé.

Quant au président de l’Arché de Zoé, Eric Breteau, il affirmait agir avec le parrainage de Cecilia Sarkozy, l’épouse du chef de l’Etat. Et les 25 membres de l’ONG ont effectué, après leur arrivée au Tchad, le vol entre la capitale, N’DJamena, et Abéché, en avion "Transall" de l’armée française, ont indiqué les deux auteurs lors d’une conférence de presse à Bruxelles organisée par les Editions de l’Arbre. Les membres de l’association avaient été condamnés pour enlèvement au Tchad en 2007 avant d’être grâcié par le président de ce pays africain en 2008.

Belga
Source : Tchadpages


Historique de l'affaire "Arche de Zoé" au Tchad

22/10/2010

Affaire de l’arche de Zoé. « Certains enfants ont pu perdre leur sécurité affective », dit Sandrine Dekens, ethnopsychologue.

ZOE-CADY.jpgPour les enfants enlevés, ce n’est pas le retour dans leur famille qui pose problème mais le fort sentiment d’abandon qu’ils ont dû éprouver.

Quelles répercussions ont pu avoir l’affaire de l’arche de Zoé sur les enfants ?

Il est difficile de faire de la psychologie clinique sans avoir vu ces enfants et avec le peu d’informations dont on dispose. Mais il est probable qu’ils aient éprouvé un fort sentiment d’abandon. Ils vivaient dans leur famille et se sont retrouvés confiés à des étrangers très étranges, car blancs (il est possible que certains n’en aient jamais côtoyé). 

Arrachés de leur milieu affectif habituel, dans un milieu inconnu, avec des inconnus. Il est probable qu’ils n’aient par ailleurs rien compris de ce qui leur arrivait. Car les familles africaines n’expliquent pas toujours aux enfants ce qu’ils vivent avec des mots. Et ils se sont retrouvés avec des adultes dont ils ne comprenaient pas la langue, qui ne leur ont sans doute pas expliqué grand-chose, voire leur ont menti.

Quels ont pu être les effets de cet « abandon » ?

Plus l’enfant est petit, plus il risque d’être dans le non-sens total, et plus la séparation peut avoir des répercussions sur son développement. Le bébé est juste centré sur la perte : il va essayer de retrouver une figure d’attachement stable et déprimer s’il n’en trouve pas une rapidement. 

Plus l’enfant est grand, plus il va essayer de se raconter une histoire sur ce qui lui arrive pour lui donner du sens. Si la séparation n’a pas été trop longue, on peut imaginer que certains ont dû attendre qu’une mère, une tante, une voisine vienne les chercher.

Les personnes qui s’occupaient de ces enfants n’étaient pas nécessairement leur « mère »…

Au Soudan et au Tchad, ce qu’on appelle chez nous « la mère » n’existe pas : il n’y a pas de figure unique qui aurait à la fois accouché de cet enfant et serait sa figure de référence. Les fonctions maternelles peuvent être réparties sur plusieurs personnes. Les enfants peuvent avoir une mère du ventre, une mère de lait, une mère d’éducation, une petite mère de la journée. 

C’est donc un argument ethnocentré de légitimer la rupture du lien en disant « ce n’était pas vraiment sa mère ». Et il est erroné de penser que si l’enfant n’avait plus sa mère biologique ou ne vivait pas avec elle, la rupture serait moins grave. Ce n’est en tout cas pas cela qui doit motiver le recours à une adoption internationale, même légale.

Il existe d’ailleurs peu de pays d’Afrique qui acceptent qu’on adopte leurs enfants, même de façon « légale »…

Ces pays veulent prendre en charge leurs enfants eux-mêmes et qu’on leur en donne les moyens. Si les familles ont du mal à les nourrir, elles ne vont absolument pas demander qu’on leur retire leurs enfants. Elles vont chercher un lieu où on délivre des soins, de la nourriture, des médicaments. 

C’est là qu’il y a eu un marché de dupes, qui consiste à présenter l’adoption comme un moyen de secourir les populations pauvres en les soulageant de leurs enfants ! Les enfants plus grands ont pu être dupés eux aussi, si on leur a fait miroiter qu’on allait les « sauver », ou que l’adoption allait leur permettre de manger, d’aller à l’école, de se construire une nouvelle vie… qui sont en réalité des enjeux de migration et non de filiation. 

L’adoption, même faite dans un cadre légal, n’est pas une opération de « sauvetage », ni un geste humanitaire, ni une migration. C’est l’établissement d’une filiation. Or ces enfants-là ne semblent pas avoir été en attente de parents.

Comment ont-ils pu vivre ensuite le retour dans leur famille ?

Ce n’est pas le retour qui pose problème, mais la séparation, le sentiment d’abandon et les perturbations qu’ils entraînent : certains enfants ont pu perdre leur sécurité affective, peuvent ne plus supporter des séparations ultérieures, avoir des problèmes de sommeil, beaucoup pleurer, être considérés comme « difficiles ». 

Les familles n’ont ainsi pas forcément retrouvé l’enfant qu’elles ont laissé. De leur côté, ces familles ont pu éprouver un fort sentiment de culpabilité. Certaines ont pu être considérées comme des victimes par leur communauté, mais d’autres être rendues responsables d’avoir abandonné leur enfant et considérées comme de « mauvais parents ». 

 

Source: La Croix. 22/10/2010

 

- Les enfants oubliés de l’Arche de Zoé

Trois ans après la révélation de l’affaire, que sont devenues les victimes ? Le 25 octobre 2007, plusieurs membres de l’Arche de Zoé étaient arrêtés au moment d’embarquer 103 enfants tchadiens vers la France. Notre reporter a retrouvé quelques-unes de ces victimes, à la frontière soudanaise.

Le dossier complet sur le devenir de ces enfants sur Osi Bouaké

 

18:07 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : arche de zoé, tchad, france, sandrine dekens | |  del.icio.us

23/04/2009

Situations d’urgence et adoption internationale : quelle éthique ?

adoption.jpgPar Julie Sence-Herlihy, Maitre de conférences en civilisation britannique.
Thèse : " L'Adoption en Angleterre: histoire, acteurs, et enjeux d'un véritable moteur social " soutenue en décembre 2007 à l'université de Rennes 2 sous la direction du Professeur Claire Charlot.
Via Le Mensuel de l'Université.


En octobre 2007, l’association française l’Arche de Zoé a fait la une de l’actualité lorsque les autorités tchadiennes ont arrêté plusieurs de ses bénévoles et responsables alors que ceux-ci s’apprêtaient à emmener illégalement une centaine d’enfants vers l’Europe dans le but de les faire accueillir par des familles. Les nombreuses réactions suscitées par ce scandale de fausse évacuation sanitaire, d’opération secrète et d’incertitude quant aux origines des enfants montrent à quel point les questions éthiques de l’adoption internationale sont délicates en situation d’urgence.


Ces dernières années, de nombreuses régions du monde ont dû faire face à des catastrophes naturelles (Tsunami en Asie en décembre 2004, tremblement de terre en Chine en mars 2008) ou à des situations de guerre (conflit au Rwanda, au Darfour). Dans de telles situations d’urgence, beaucoup d’enfants sont séparés de leurs parents et se retrouvent abandonnés à leur sort. L’attention des parents candidats à l’adoption internationale peut alors se porter naturellement vers ces enfants, à qui ils aimeraient offrir un foyer aimant et la stabilité qui leur fait cruellement défaut dans leur pays d’origine. Bien que ces « élans du coeur » soient compréhensibles, l’adoption est-elle pour autant une solution dans ces cas précis.


D’une manière générale, les organismes internationaux tels que le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) ou l’Unicef, ainsi que les Organisations Non Gouvernementales en poste parlent de ces enfants perdus en employant le terme d’enfants « non accompagnés ». Ils souhaitent ainsi souligner le fait que les enfants ont été séparés de leurs familles, mais ne sont pas orphelins pour autant. Il est donc préférable de considérer qu’en situation d’urgence, un enfant n’est pas susceptible d’être adoptable. Les autorités des pays victimes de catastrophes naturelles ou en situation de guerre évitent ainsi de se tourner vers l’adoption internationale en premier recours, car les recherches pour retrouver les familles - même éloignées - des enfants prennent en moyenne deux ans (1).


Bataille judiciaire pour un enfant


Cette mesure permet d’éviter de graves erreurs concernant l’avenir des enfants, comme cela a été le cas pour Edita Keranovic, une enfant originaire de Bosnie-Herzégovine adoptée par une famille au Royaume-Uni dans les années quatre-vingt dix. Edita est âgée de seulement neuf semaines lorsque sa ville de Sanski Most est prise par les Serbes. Sa mère, son frère, ainsi qu’un grand nombre de ses tantes et cousins meurent lors du massacre, et son père disparaît. Edita est rapidement recueillie par l’orphelinat de Banja Luka. Lorsque son histoire est relayée par les médias britanniques, un couple se propose de l’emmener en Angleterre afin qu’elle bénéficie de traitements médicaux. Son grand-père s’oppose à une adoption, et tente de récupérer la petite fille.


Une bataille judiciaire s’engage alors : le juge de la Haute Cour, ne souhaitant pas qu’Edita soit de nouveau arrachée à une famille, accorde la garde au couple britannique, soulignant toutefois que le comportement des nouveaux parents est irresponsable et lamentable (2) . Cette attitude, qui consiste à « arracher » un enfant à son pays et à sa famille, est d’ailleurs dénoncée par Catherine Stevens, membre active du Romanian Orphanage Fund, dans une lettre ouverte au rédacteur en chef du journal The Independent le 22 février 1997:

« Les organismes tels que le Romanian Orphanage Trust travaillent dans le but de promouvoir des solutions sur place et à long-terme aux problèmes de gardes d’enfants en Europe Centrale et en Europe de l’Est. Nous avons connu un succès considérable en Roumanie, où nous avons permis à plus de 3 000 enfants de quitter l’orphelinat pour retrouver une vie de famille, et ce, en respectant entièrement le cadre légal roumain. Quatre-vingt pour cent de ces enfants sont retournés vivre dans leur famille d’origine ou chez des membres de la famille éloignée. Quand cela s’avère impossible, il y a de nombreuses familles roumaines désireuses de les adopter. Une solution peut être trouvée si les droits et les intérêts de l’enfant passent en premier. Ces droits, et ceux de leurs familles, doivent être préservés. L’adoption internationale ne devrait jamais être le premier recours.»


“Faire une bonne action”


De plus, l’adoption internationale n’apparaît pas comme une solution dans de telles situations car il existe un risque qu’elle soit motivée par des raisons purement humanitaires. Adopter un enfant pour avoir le sentiment de faire une bonne action, pour le « sortir de la misère » implique en effet le danger de le considérer éternellement comme un rescapé, comme celui que l’on a tiré d’affaire, mais également, selon Enfance et Familles d’Adoption, une fédération française qui représente quatre-vingt dix associations et 10 000 familles  :
« Celui de ne pas fonder un véritable lien de filiation, voire celui de considérer l’adopté comme ayant contracté une dette envers ses parents. Sans compter que, contrairement à l’engagement humanitaire (on peut en revenir au bout de cinq, dix, vingt ans, si la vie nous fait changer d’orientation), adopter nous engage à vie! Construire une famille, c’est partager la même chance de créer ensemble une vie heureuse pour tous. Pour les parents, c’est le plaisir d’accompagner un enfant tout au long de sa vie afin qu’il se construise lui-même et qu’il se sente le mieux possible.» (3)


Un débat à recadrer


D’une manière générale, les chercheurs et les sociologues s’intéressent moins souvent à l’expérience des personnes adoptées, et en particulier à celle des enfants. En effet, le point de vue des adoptants est fréquemment mis en avant dans leurs travaux. Pourtant, l’enfant est bien le premier concerné par une adoption: ce paradoxe doit pouvoir aider à recadrer le débat, car comme le précise Muriel Eglin, magistrate, « l’adoption vise à donner une famille à un enfant et non à consacrer un “droit à l’enfant” pour les familles ». (4)


Il s’agit donc de mettre de côté un a priori bien vivace: la parentalité n’est pas un droit. Seul l’enfant a un droit, celui d’avoir des parents. Si l’on considère le monde de l’adoption en général - et de l’adoption internationale en particulier - en se basant sur ce point de vue, il est plus aisé de mieux appréhender son actualité et de mieux comprendre, par exemple, dans quelle mesure les activités de l’Arche de Zoé, exposées par les médias, vont à l’encontre de tous les principes qui devraient guider l’adoption.


Notes

1. Entretien avec Madame Chantal Cransac, Chargée de communication à l’AFA, l’Agence Française de l’Adoption, le 23 juin 2008.
2. Moyes, Jojo, Family furious as judge says war baby must stay, The Independent, 18 février 1997.
3. Texte relevé sur le site internet de l’association, www.adoptionefa.org, le 25 septembre 2007.
4. Le Run, Jean Louis, et al.,L’Enfant dans l’Adoption, Petite collection enfances et psychologie, Ramonville, Eres, 2006, p. 27.

 

Source: Le Mensuel de l'Université.

 

Repères


- Tchad. L'affaire "Arche de Zoé".
Neuf Français sont soupçonnés d'avoir voulu faire partir illégalement 103 enfants originaires du Darfour pour la France. Selon eux, il s'agissait d'une "évacuation sanitaire".

 

- Tu veux du poisson ou un enfant?
Les professionnels de l'humanitaire mesurent les dégâts causés par l'opération commando de L'Arche de Zoé: des années d'efforts dans le sens de la rigueur éthique décrédibilisées. Réactions en Suisse.

 

- «L'adoption privée favorise les filières douteuses » Marlène Hofftetter, responsable du service adoption de Terre des hommes.
Experte internationale en matière de traite d'enfants, elle a été contactée par la diplomatie française au Tchad pour obtenir son avis sur l'opération montée par l'association française "Arche de Zoé". Elle est catégorique: «Il est évident qu'aucune procédure n'est respectée dans cette affaire. On ne sait même pas si les 103 enfants ont encore des parents, on ne connaît ni leur statut ni leur point de chute. Leur évacuation en bloc est intolérable. D'ailleurs, cette association voulait déjà faire adopter en masse des enfants victimes du tsunami, sans se soucier de l'intérêt de l'enfant. » Marlène Hofstetter n'est pas étonnée d'apprendre que des familles suisses figurent sur la liste des volontaires pour accueillir un enfant du Darfour. «Le problème fondamental, c'est que la Suisse, comme la France, autorise les adoptions privées sans exiger que des instances intermédiaires contrôlées fassent le lien entre les enfants et les familles adoptantes. Cette situation favorise le recours aux filières plus rapides, mais aussi plus que douteuses ». Le Matin.ch 10.05.2001

 

- Douter des ONG n'est plus tabou. Laure Lugon Zugravu.
Le scandale de l'Arche de Zoé accroît la méfiance envers les ONG. Déjà ébranlée par la gestion floue de l'après-tsunami, l'opinion publique ose en fin se poser des questions. La journaliste Laure Lugon Zugravu, auteur d'un livre sur certaines dérives humanitaires observées sur le terrain, s'en réjouit. Tout comme Nago Humbert, président de Médecins du monde Suisse. 20.01.2008

 

- L'adoption n'est pas une action humanitaire.
Titulaire d’un doctorat d’études arabes et islamiques de l’université de la Sorbonne, Mohamed Al-Haddad est maître de conférences à la faculté des lettres et sciences humaines de Tunis. Il est aussi chroniqueur à Tayyarat, le supplément politique du quotidien panarabe Al-Hayat, et est considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs arabes de la vie politique française.

 

- Le complexe occidental du sauvetage d’enfants.
De l’affaire de l’Arche de Zoé à la mise en cause du système de l’adoption internationale. Un "point de vue" clinique et politique. Sandrine Dekens.

- L'adoption dans tous ses états. Enjeux et pratiques.

Un document d’analyse publié par le service adoption de Terre des hommes, basé sur plus de 40 ans d’expérience dans le domaine de l’adoption internationale.
Partant de l’enfant et de ses besoins, cet ouvrage de 112 pages aborde les différents aspects liés à l’adoption internationale en général et au travail de l’intermédiaire en particulier. Tenant compte de la complexité du sujet, les thèmes sont divisés en cinq chapitres qui peuvent être lus ensemble ou séparément : l’enfant et son adoptabilité, la préparation et le suivi des parents, le devenir de l’enfant adopté, l’évolution de l’adoption au niveau légal ainsi que l’éthique et le trafic d’enfants.

 

- Orphelins du tsunami : l’adoption en dernier recours.
Janvier 2005. Le gouvernement français a mis en place la semaine dernière un collectif “Asie enfants isolés” pour venir en aide aux enfants orphelins du tsunami. Recréer des lieux de vie où ils seront à l’abri des trafics humains qui sévissent dans la zone et mettre tout en œuvre pour retrouver leur famille sont les priorités de la France.

 

- Tsunami : cas de trafic d'enfant signalés et gel des adoptions en Asie du Sud-est.

 

- Adoptions en Europe : à quel prix ?
"Terre des hommes" pointe les lacunes législatives des pays d'accueil.
L'organisation fustige en particulier l'adoption privée.
"Souvent, les parents ne sont pas conscients qu'ils sont piégés dans des situations de trafic d'enfants."

 

- La situation toujours plus tendue de l’adoption internationale.
Les statistiques de l'adoption internationale montrent une situation particulièrement tendue, les candidats adoptants étant toujours plus nombreux dans la plupart des pays d’accueil.

 

- Adoption internationale, une forme de néocolonialisme.
Dans son billet intitulé "Adoption ou abstention", Guillaume Bardon, Avocat à Tours, souligne à juste titre que certains aspects du projet de la Xème réforme de l'adoption en France ont des inspirations colonialistes. Par le lancement d'un "Peace Corps" à la française, un réseau des volontaires pour l'adoption internationale, cette réforme participe d'une conception colonialiste de l'adoption internationale.

 

17/12/2008

Arche de Zoé : le retour d’Eric Breteau sur le web

Eric Breteau Arche de Zoe.jpgC'est une information France Info : Le président de l'Arche de Zoé relance aujourd'hui le site de l'association qui voulait sauver des orphelins du Darfour... et cherche à régler des comptes.


Installé en Provence, libre mais placé sous contrôle judiciaire dans l'attente de la fin de plusieurs procédures, Eric Breteau compte sur Internet pour mettre fin à ce qu'il estime avoir été "une vaste campagne de désinformation".


Il a donc compilé des vidéos sur son site, "pour qu'éclate la vérité" à travers ce qu'il appelle un "livre multimédia". Problème : ces vidéos sont issues de quelque 18 heures de "rushes" tournés par Marie-Agnès Pelleran, qui a suivi l'affaire depuis le début. Et la journaliste de France 3, par ailleurs membre de l'association, n'a jamais donné d'autorisation à Eric Breteau pour utiliser ce travail...

 

L’arche de Zoé (voir l'affaire ADZ) refait parler d’elle avec un nouveau site internet qu’Eric Breteau fondateur de cette association humanitaire préfère appeler livre multimédia. Raconter, expliquer, justifier et parfois régler des comptes avec les médias, c’est l’objectif d’Eric Breteau qui revient sur les raisons de l’opération Darfour.

Un an après l’opération manquée Eric Breteau conteste les accusations d’amateurisme portées contre son association. Il pose aussi des questions : que sont devenus les 103 enfants qui devaient être accueillis en France, que se passe-t-il au Darfour aujourd’hui ? Pourquoi tant d’acharnement à discréditer ce que certains ont appelé « l’Arche des zozos ».

A ces questions, Breteau et son équipe répondent en construisant leur livre multimédia comme "un thriller humanitaire". Le Darfour, l’Opération Children Rescue, l’affaire tchadienne, la dérive des médias…en sont les têtes de chapitre. Mais ce qui d’abord intéresse, c’est la somme de photos et de vidéos inédites. Tournées pour certaines par une journaliste de France 3, ces images que la chaîne n’a pour la plupart jamais diffusées permettent de se faire une idée de l’état d’esprit et du dispositif humanitaire mobilisé par l’arche de Zoé à l’époque des faits. Breteau y développe sa vision du Darfour.

On découvre aussi sur le site la fiche individuelle détaillée des 103 enfants qu’Eric Breteau et son équipe voulait faire accueillir en France. Hissein, Djamos, Atom, autant d’enfants présentés au départ comme orphelins et qui selon Breteau ont soudainement retrouvé leurs parents quand le scandale a éclaté.

Le site est aussi une réponse aux « médiamensonges » selon l’expression de Breteau, ces médias qu’il accuse d’avoir participé à une manipulation de l’opinion oubliant qu’à son retour en France il en a parfaitement joué pour faire valoir sa part de vérité. Ici pas d’autocritique ou de regrets. Eric Breteau explique qu’il a d’abord ouvert ces pages à destination des familles qui lui ont fait confiance. Et lorsqu’on lui demande si cette nouvelle version du site est un point final ou un point de départ, il reste évasif, comme s’il n’avait jamais renoncé à repartir, au Darfour ou ailleurs.


Source: L’arche de Zoé surfe sur le web... David Abiker. France Info.


-  Arche de Zoé: "Eric Breteau est un adepte de la théorie du complot"

Marie-Agnès Peleran est l'une des trois journalistes qui ont suivi L'Arche de Zoé lors de la tentative malheureuse de ramener en France des "enfants du Darfour". Eric Breteau, président de l'association, la prend nommément à partie sur son site Internet, rouvert ce mercredi, lui reprochant d'avoir menti lors de la diffusion de son reportage sur France 3, dans lequel elle exprime les doutes qu'elle a pu avoir pendant l'opération. Jointe par LEXPRESS.FR, elle réagit contre ce qu'elle qualifie de "manipulation".

28/10/2008

Les voyous de l'Arche de Zoé. Enquête sur un kidnapping d'enfants.

voyous-ADZ.jpgLe 25 octobre 2007 à Abéché, au Tchad, les membres de Children Rescue-Arche de Zoé sont arrêtés avec leurs chefs Eric Breteau et Emilie Lelouch, leur pilote belge, l'ensemble de l'équipage et trois journalistes. Ils étaient sur le point de faire embarquer dans un Boeing 757, 103 enfants tchadiens vers la France, pour les placer en famille d'accueil.

 

En quelques jours, des personnalités françaises prennent la défense de ces "bienfaiteurs de l'Afrique" puis s'indignent de leur incarcération malgré le flagrant délit d'enlèvement de mineurs.

 

Qui sont réellement ces individus condamnés à huit ans de travaux forcés puis étrangement grâciés ? Comment ont-ils monté leur opération et de quels moyens disposaient-ils ?

 

S'appuyant sur des documents confidentiels, les dépositions des témoins et les pièces du procès, le journaliste d'investigation Charles Onana, en collaboration avec le député tchadien Ngarléjy Yorongar, révèle comment au nom du "génocide", la propagande contre le terrorisme se mêle à la guerre du pétrole et aux escrocs de l'humanitaire.

 

Source : DirectAbidjan.

- Présentation de l'éditeur

A partir d'un mensonge sur le génocide au Darfour défendu par Georges Bush aux Etats-Unis et Bernard Kouchner en France, des Français, membres d'une fausse association dénommée Children Rescue enlèvent 103 enfants au Tchad en prétextant sauver des orphelins du Darfour. S'appuyant sur des documents confidentiels, les dépositions des témoins et les pièces du procès, le journaliste d'investigation Charles Onana révèle comment au nom du génocide, la propagande contre le terrorisme se mêle à la guerre du pétrole et aux escrocs de l'humanitaire.

 

- Biographie de l'auteur

 Charles Onana est journaliste d'investigation, auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la participation des tirailleurs africains à la seconde guerre mondiale et sur la géopolitique des Grands Lacs africains. Il est également l'auteur de plusieurs biographie : Bokassa, ascension et chute d'un empereur; Joséphine Baker contre Hitler; René Maran, le premier Goncourt noir.

 

- Le scandale de l'Arche de Zoé

Reportage vidéo avec transcription. Francopolis.

 

18/10/2008

Arche de Zoé : le Tchad réclame 6 millions d'euros à la France.

membres-arche-de-zoe.jpgLe Tchad demande à la justice française 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts. C'est la somme que les six Français de L'Arche de Zoé ont été condamnés à verser aux familles des 103 enfants qu'ils tentaient d'emmener.

 

Dans une lettre adressée le 7 octobre à la ministre française de la Justice Rachida Dati, N'Djamena demande l'exécution du jugement, donc le versement des 4,12 milliards de FCFA (6,3 millions d'euros) de dommages et intérêts, a affirmé Mahamat Hissène, également porte-parole du gouvernement, en montrant le document.



Les six bénévoles Français de l'association l'"Arche de Zoé" avaient été graciés pour leur peine de huit ans de prison, mais le Tchad réclame les 6,3 millions d'euros de dédommagement, a déclaré ce vendred le ministre tchadien de la communication, Mahamat Hissène.



"Nous estimons qu'en obtenant le transfert des Français (condamnés) du Tchad en France, la France assumait aussi la charge des dommages et intérêts", a expliqué le ministre.



Arrêtés en octobre 2007 à Abéché (Est du Tchad) et jugés dans la capitale N'Djamena, les six Français de l'association l'Arche de Zoé avaient été condamnés le 26 décembre 2007 par la Cour criminelle de N'Djamena à huit an de travaux forcés et à verser "solidairement" 4,12 milliards de FCFA (6,3 millions d'euros) aux familles des 103 enfants que l'association avait tenté d'exfiltrer vers la France.



"Les enfants doivent recevoir les bénéfices des dommages et intérêts"



En attendant, le Tchad a débloqué "il y a quelques jours" 1,5 milliard de FCFA (2,3 millions d'euros) pour les familles, a précisé Mahamat Hissène.



Il ajoute: "Le gouvernement estime que les enfants doivent recevoir les bénéfices des dommages et intérêts. Nous préférons avancer l'argent en attendant que la France nous paie".



Le ministre a également nié le versement par la France de sommes au Tchad de manière extra-officielle: "Si la France nous avait donnés l'argent dû, on ne le réclamerait pas à la justice française".



Le Premier ministre français François Fillon avait exclu que Paris paie ces dommages et intérêts: "Il est hors de question que le contribuable français paie six millions d'euros pour des erreurs que la France n'a pas commises", avait-il déclaré le 1er avril.



Cette affaire avait déclenché une vive tension entre la France et le Tchad, le président français Nicolas Sarkozy était venu spécialement en novembre 2007 à N'Djamena où il avait notamment plaidé pour que les accusés soient jugés en France.



Source : L'Express.

 

- L'Arche de Zoé: qui va payer ?
L'Internaute: Vidéo


- L'épilogue de l'affaire Arche de Zoé fait grincer des dents en Afrique.

Qui paiera les 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts dus aux familles des victimes ? demande la presse africaine, unanime pour critiquer vertement la grâce accordée par le président tchadien Idriss Déby aux six membres de l'association.


- Tsjaad wil Franse schadevergoeding voor adoptie-affaire.
Tsjaad heeft van de Franse regering een schadevergoeding geëist van 6,3 miljoen euro.
NRC-Handelsblad.