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01/07/2008

Redonner aux adoptés leur identité. Caroline Fortin.

MouvementsRetrouvailles.jpgCaroline Fortin, adoptée et présidente du Mouvements Retouvailles. Québec.
 
 
 
Dans le cadre du dépôt du projet de loi 397, loi modifiant le Code civil en matière d'adoption, nous désirons mettre l'emphase sur le droit aux origines et à l'identité pour les personnes confiées à l'adoption, à titre d'êtres humains à part entière. Il faut équilibrer les droits et responsabilités de chacun. Actuellement, le droit à la vie privée des parents biologiques prime sur le droit à l'identité des enfants. Ce droit légitime est bafoué depuis bon nombre d'années et nous considérons qu'un juste retour du balancier serait plus équitable.
 
Le droit aux origines, l'intérêt de l'enfant et l'égalité entre les enfants sont les points qui devraient être soulevés. L'enfant qui n'a pas été confié à l'adoption connaît le nom de celle qui lui a donné la vie. Pourquoi cette information est-elle cachée à celui qui a été confié à l'adoption? Le droit à la vie privée des parents biologiques pourrait toujours être respecté, car, dans le cas de motifs sérieux, ils pourraient placer un veto d'informations au dossier d'adoption de leur enfant, justifier cette opposition et fournir un historique médical qui permettrait à l'enfant d'avoir une partie de son bagage génétique (par exemple: diabète, cancers, maladies cardiaques, etc.). 


  
Les mêmes droits 
 

 
Il ne s'agit pas ici d'avoir accès au dossier médical complet, mais bel et bien à un résumé des antécédents médicaux familiaux fourni par la mère (par la famille, en cas de décès). Certaines maladies héréditaires se doivent d'être connues afin de faciliter la détection et les traitements, s'il y a lieu. [...] Nous n'avons aucunement l'intention de nous prévaloir de faveurs refusées aux personnes non adoptées, nous voulons simplement les mêmes droits que ceux accordés aux personnes non confiées à l'adoption. Pourquoi tant s'entêter à vouloir continuer à brimer les enfants confiés à l'adoption en les privant de ces informations essentielles?
 
 
Nous considérons qu'une personne confiée à l'adoption doit avoir les mêmes droits qu'une autre personne qui a été élevée dans sa famille biologique. Nous n'avons pas l'ambition d'outrepasser les droits de chacun, mais de faire en sorte que chacun y trouve son compte. Nous voulons simplement notre certificat de naissance incluant le nom de la mère biologique. Les cachotteries du passé pour le «bien paraître» familial, communautaire et chrétien sont révolues. En 2008, tous et chacun peuvent s'exprimer librement. 
 
 
Nous ne pouvons forcer personne à établir un contact avec un requérant et c'est pourquoi un simple veto de contact pourrait être placé au dossier. L'information pourrait être ainsi fournie et les parties concernées ne se rencontreraient pas. Une pénalité pourrait être rattachée au veto de contact en cas de non-respect. 

 
 
Mécanisme à mettre en place 


  
Le projet de loi prévoit également que tout enfant adopté a le droit d'être informé de son statut. Actuellement, aucun mécanisme n'est disponible pour vérifier le tout. Il faudrait donc mettre en place un tel mécanisme afin de permettre à chacun de connaître son statut. 
 
Le 14 mai dernier, la Loi sur l'accès aux dossiers d'adoption (LADA) a été adoptée en Ontario. Le Québec devrait suivre son exemple et celui de bien d'autres provinces qui ont bougé en ce sens, dont, entre autres, la Colombie-Britannique, en novembre 1996. 
 
Au Québec, il est malheureux de constater qu'il n'y a aucune volonté politique de nos dirigeants libéraux à faire avancer la cause. En juin dernier, un rapport a été déposé par Me Carmen Lavallée, à la suite duquel des consultations publiques pour l'automne ont été annoncées. Depuis, rien... Nos ministres responsables de ce dossier, soit Philippe Couillard (MSSS) et Jacques P. Dupuis (Justice), sont-ils suffisamment conscients de la problématique pour prendre des décisions sur le sujet? Sont-ils réellement au fait que 300 000 personnes, au Québec, sont privées de leurs droits? 


 
Léthargique 


 
À voir les réactions de ceux-ci lors du dépôt du projet de loi du 12 juin, on peut se poser des questions. J'étais présente à ce dépôt et la copie du projet de loi qui leur a été remise a pris la direction du dessous de la pile des documents du jour. Il y avait là beaucoup d'intérêt... Appeler le projet de loi, en discuter, consulter et se rallier aux deux autres partis, est-ce chose si difficile ou compromettante? Que celui qui a le courage de le faire se lève enfin! 
 
À force de demeurer dans l'inaction ou dans le statu quo, on finit par devenir léthargique. Est-ce vraiment ce que le Québec veut? Nous considérons que la population du Québec est beaucoup plus évoluée que les lois archaïques qui régissent le monde de l'adoption au Québec. 
 
La récente alliance Québec-Ontario devrait permettre à Jean Charest et son équipe de rencontrer ceux et celles qui ont fait en sorte que l'Ontario redonne aux adoptés leur identité. De plus, l'exemple de Stephen Harper, premier ministre du Canada, et de tous les chefs de parti au niveau fédéral, qui ont présenté publiquement des excuses aux pensionnaires autochtones, pourrait inciter le gouvernement québécois à poser des gestes pour corriger les erreurs du passé, soit celle d'handicaper une partie de sa population de leur identité et de leurs antécédents médicaux. Que le Québec se réveille, ma foi!
 
 

Source : Le Devoir

 

Sur l'identité et la quête des origines


->  L'origine en héritage. 
Sylvia Nabinger, psychothérapeute .
L'Envol, clinique de l'adoption.

 
-> La quête des origines en adoption internationale. Étre chez soi et étranger.
Françoise-Romaine Ouellette. Anthropologue, professeur-chercheur à l’Institut national de la recherche scientifique (Université du Québec), au Centre Urbanisation, culture et société, elle est responsable scientifique du partenariat multidisciplinaire et intersectoriel de recherche “Familles en mouvance et dynamiques intergénérationnelles”.
Julie Saint-Pierre. Titulaire d’une maîtrise (M. Sc.) en anthropologie, elle est étudiante au doctorat en sémiologie à l’Université du Québec à Montréal.
CAIRN.


-> Revoir son enfant, un besoin viscéral. Mouvement Retrouvailles. Québec.
La dmarche demande du respect. Le désir de renouer avec ses origines, le besoin viscéral de revoir un enfant qu'on a été forcé d'abandonner sont des sentiments très forts. La popularité des émissions de retrouvailles de Claire Lamarche en est la preuve vivante.
Le Quotidien. 21-12-2005.

14/09/2006

« Droit de connaître » « Respect des liens avec la famille d’origine »

medium_retrouvailles.2.jpgQuébec - Colloque sur l'adoption - 7 octobre 2006

Mettons fin à la « grande noirceur » en matière d’adoption

 

L’Association des grands-parents du Québec invite la population à un colloque ayant pour thème « Droit de connaître,  Respect des liens d’origine ».  Plusieurs personnalités prendront la parole : Me Georges Lalande, président du Conseil des aînés, Me Alain Roy, docteur en droit et professeur à l’Université de Montréal; Me Marie Le Couffe, avocate en droit familial, M. Roland Barbier, directeur du Centre communautaire Hochelaga, Mme Normay St-Pierre, animatrice sur les ondes de Radio-Boomer de Laval et Mme Caroline Fortin, présidente du Mouvement Retrouvailles.
 
Mme Margaret F. Delisle, ministre déléguée à la jeunesse et à la réadaptation, M. Yvon Marcoux, ministre de la Justice et les membres du Groupe de travail sur le régime québécois de l’adoption sont invités à assister au colloque et aux échanges qui suivront.
 
Ce colloque se tiendra au Centre communautaire Hochelaga, 1884, St-Germain à Montréal, le samedi 7 octobre 2006 de 13h00 à 17h00. Par la suite, un vin d’honneur et buffet seront servis. Vous devez réserver dès maintenant, les places étant limitées, en composant le 514-745-6110 à Montréal. Le coût est de 20 $ incluant le buffet et le vin.
 
L’Association des grands-parents du Québec est particulièrement choquée de voir la manière dont certains grands-parents aimants et dévoués sont irrévocablement exclus de la vie de leurs petits-enfants suite à des adoptions.
 
Nous sommes peinés pour les grands-parents mais aussi pour les petits-enfants qui perdent ainsi une très belle relation avec eux. Mais il y a pire, plusieurs grands-mamans nous ont récemment téléphoné en nous mentionnant craindre d’alerter les services sociaux de situations inacceptables vécues par leurs petits-enfants. Ils craignent de les perdre définitivement suite à une adoption.
 
En 1960, l’ « Équipe du tonnerre » prenait le pouvoir. Ainsi commençait ce qui fut appelé la « Révolution tranquille ». La « grande noirceur ». prenait fin. C’était particulièrement vrai dans les domaines familial et religieux. Les relations sexuelles hors mariage étaient fortement condamnées et réprimées par la société. Les futures mères célibataires (appelées les filles-mères) devaient se cacher pour accoucher. C’était des « pécheresses », qu’on ne lapidait pas, mais qu’on méprisait et condamnait. Les enfants issus d’union hors mariage étaient appelés avec le plus grand mépris des « bâtards de la crèche » (en référence aux orphelinats tenus par des religieuses). Ces « enfants du péché », comme on les appelait, étaient massivement donnés en adoption dans le plus grand secret.
 
C’est dans ce contexte que les principes de la présente loi de l’adoption ont été établis. Tout ce qui entourait les adoptions de ces enfants qui aurait permis d’identifier leurs mères étaient systématiquement caché. On falsifiait et on falsifie toujours en toute légalité les actes de naissance des enfants.
 
Depuis 46 ans, les valeurs au Québec ont été complètement bouleversées. Par contre, la législation entourant l’adoption au Québec est toujours celle de la « grande noirceur »: Embûches de toutes sortes pour retrouver sa famille d’origine et négation complète de la filiation biologique.
 
L’Association des grands-parents et le Mouvement Retrouvailles s’unissent pour demander une révision du Code civil pour sortir définitivement le Québec de la « grande noirceur » en matière d’adoption.

Pour informations :
Monic Avoine, coordonnatrice et vice-présidente ou
Henri Lafrance, président de l’Association des grands-parents du Québec.
Téléphone : (418) 529-2355 ou 1-888-624-7227

Source : Mouvements Retrouvailles  

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Retour sur le colloque de l'adoption     

Le samedi 7 octobre se tenait à Montréal le colloque sur l'adoption : Droit de connaître,  Respect des liens d’origine.  Plusieurs personnalités ont pris la parole, soit Me Alain Roy, docteur en droit et professeur à l’Université de Montréal; Me Marie Le Couffe, avocate en droit familial, M. Roland Barbier, directeur du Centre communautaire Hochelaga, Me Georges Lalande, président du Conseil des aînés, Mme Normay St-Pierre, animatrice sur les ondes de Radio-Boomer de Laval et Mme Caroline Fortin, présidente du Mouvement Retrouvailles. Le tout s'est terminé sur un bref témoignage donné par l'une des membres du Mouvement Retrouvailles, Diane Poitras.

Me Alain Roy nous a expliqué les principes fondamentaux de l'adoption au Québec, soit les principes de l'adoption plénière qui fait en sorte d'effacer tous les liens d'origine de l'enfant confié en adoption. Et ce, même en 2006. L'adoption simple est amplement favorisée par Me Roy. De plus, il a été souhaité que la mise en vigueur du projet de loi 125, sanctionné en juin dernier, soit retardée après l'introduction de modifications à la loi actuelle de l'adoption qui devraient être suggérées dans le rapport du comité de travail sur l'adoption, dirigé par Me Carmen Lavallée,  dont le dépôt est prévu pour 1er novembre prochain.

Me Anne-Marie LeCouffe nous a entretenu sur le droit familial. Sa présentation se voulait, entre autres, un exemple d'un jugement rendu récemment dans le dossier d'enfants majeurs ayant vécu diverses situations suite à leur adoption par le conjoint de leur mère. Nous avons pu constaté qu'il est pratiquement impossible, léagelement, d'avoir droit à ses origines après adoption, même lorsqu'un lien demeure avec les parents biologiques. La filiation biologique disparaît après adoption. Me LeCouffe est également en faveur de l'adoption simple, ce qui éviterait, entre autres, d'avoir à revivre, dans une vingtaine d'années, la problématique reliée à l'adoption pléinière.

Me Georges Lalande, président du Conseil des aînés, de par ses exemples, nous a grandement touchés. Il a su démontrer l'importance primordiale de la relation entre l'enfant et le grand-parent.

Normay St-Pierre nous a présenté quelques exemples de témoignages prouvant le ridicule des lois actuelles en matière d'adoption.

Et, finalement, j'ai présenté le Mouvement Retrouvailles en faisant un bref historique de l'organisme, des situations vécues par les mères célibataires de l'époque, des actions prises par l'organisme afin de sensibiliser le gouvernement et la population sur la problématique de l'adoption et des recommandations de modifications que nous désirons voir apportées à court terme aux lois provinciales actuelles.

Bref, un colloque qui se devait d'être tenu et qui devra être recommencé à moyen terme.

Un gros merci aux organisateurs, Monic Avoine et Henri Lafrance, de l'Association des grands-parents du Québec. Merci aux conférenciers et aux participants qui, même en cette longue fin de semaine de l'Action de grâce, se sont déplacés.

Caroline Fortin, présidente
 

21/12/2005

Revoir son enfant, un besoin viscéral. Mouvement Retrouvailles. Québec.

LA DÉMARCHE DEMANDE DU RESPECT.


Le désir de renouer avec ses origines, le besoin viscéral de revoir un enfant qu'on a été forcé d'abandonner sont des sentiments très forts. La popularité des émissions de retrouvailles de Claire Lamarche en est la preuve vivante.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le Mouvement Retrouvailles, un organisme à but non lucratif, se démène depuis plus de 20 ans pour favoriser des rencontres entre des enfants adoptés et leurs parents naturels. Une tâche titanesque, qui exige beaucoup de doigté et de sensibilité. Avant même la première rencontre entre un parent et son enfant, il faut s'assurer d'une bonne préparation psychologique des deux parties. Car il ne faut pas se leurrer, soulignent la directrice régionale de Mouvement Retrouvailles Denise Boudreau et son adjointe Diane Allard, les retrouvailles ne se passent pas toujours comme dans les fils américains.

 

"Il n'y a pas de guide sur la façon d'agir avec les gens. On apprend sur le tas, en se basant sur nos propres expériences. Il faut être discret et attentionné, car on embarque dans la vie des gens, dans ce qu'ils ont de plus privé", mentionne Mme Allard. C'est précisément dans le but de favoriser les échanges et de permettre aux gens touchés d'obtenir une écoute attentive que le Mouvement retrouvailles a instauré la tradition des cafés-rencontres. Devant la faible participation, elles ont dû se résigner récemment à tenir un déjeuner une fois par mois, dans un restaurant, le samedi. Elles déplorent un peu que les gens ne participent pas plus activement à ce genre d'activités, tout en comprenant que les activités de la vie quotidienne soient prenantes.

"Les gens voient ça faciles, des retrouvailles. Ils pensent qu'une fois qu'ils auront fait la connaissance de la personne recherchée, tout sera beau, dans le meilleur des mondes. Mais les démarches demandent du respect, de part et d'autre. Il est bon d'être appuyé avant et après la rencontre", fait valoir Denise Boudreau.

Isabelle Labrie pour Le Quotidien