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29/07/2011

Corée. Une nouvelle ère pour l'adoption.

corée,adoptés,adoption internationaleComme vous savez sans doute, la loi sur l'adoption en Corée a été modifiée. J'espère qu'on cherchera maintenant davantage à aider des personnes fragiles qu'à en abuser comme je vous l'ai laissé voir dernièrement par l'interview de la leader de l'association de mères célibataires coréennes Miss Mama Mia.  Bon, il y a sans doute encore beaucoup de chemin à faire... En France, le délai de rétractation est de deux mois pour un accouchement sous X. Par contre, par ici, on a encore du chemin à faire par rapport à la Corée maintenant... concernant les droits de l'homme, un droit à la connaissance de ses origines, un droit bien inscrit dans la Convention Internationale sur les Droits de l'Enfant pourtant.
 

 
La loi sur l'adoption modifiée marque la fin d'une ère dans laquelle l'adoption était associée avec les meilleurs intérêts d'un enfant et ceci au dépend de sa famille d'origine.

Le 29 juin, l'Assemblée Nationale a révisé la loi sur les adoptions internationales et quelques adoptions nationales, donnant aux adoptés le droit d'avoir accès à leurs informations d'adoption et affichant son engagement de prendre comme meilleure méthode de protection des droits de l'enfant, celle de préserver la famille.
 
Ce virage pris et tourné vers la préservation de la famille se remarque déjà dans la modification même de l'intitulé de la loi permanente, passant de "la Loi Spéciale sur la Procédure et la Promotion de l'Adoption à "la Loi Spéciale sur l'Adoption". Ceci marque la fin d'une ère en Corée du Sud pendant laquelle il a été pensé que l'adoption était dans le meilleur intérêt d'un enfant, plutôt que soutenir la famille d'origine à élever l'enfant.
 
Le projet de loi n°1812414 a été soutenu par le gouvernement et a obtenu 188 voix en sa faveur, 0 contre et quatre abstentions, après être passé par des examens constitutionnel et législatifs.

Ce processus de réforme de la loi a été au début mis en place en 2008 quand le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales a donné une mission d'enquête à un groupe consultatif composé de travailleurs d'agences d'adoption, d'assistants sociaux et d'universitaires pour commencer à examiner la révision de la loi permanente sur l'adoption en vue de se préparer à ratifier de la Convention de La Haye sur l'Adoption. Le problème avec ce groupe nommé par le gouvernement initial,  c'est que des parents isolés, des membres de la famille de naissance et des adoptés, c'est à dire les personnes mêmes qui ont été directement affectées par la loi permanente, n'ont pas été consultés.
 
Au vu de tout celà, des avocats de droits de l'enfant, des organisations de femmes, des adoptés, des chercheurs et des organisations d'adoptés se sont mobilisés pour rassembler des témoignages et suivre des auditions publiques tenues par le gouvernement coréen commencées en janvier 2009. Ensemble avec les avocats So Rami et Hwang Pillkyu de Gonggam Public Interest Lawyers, et avec le soutien de la Représentante du Démocratic Party, Choi Young-Hee, la Coalition pour la Réforme de l'Adoption a commencé à rédiger le meilleur projet de loi possible.
 
Au moment du passage de la loi, la coalition comprenait le groupe Dandelions de "parents de naissance" , l'association de familles de mères célibataires coréennes KUMFA, et des associations concernant des adoptés KoRoot, ASK (Adoptee Solidarity Korea ) et TRACK (Truth and Reconciliation for the Adoption Community of Korea).  La signature du projet de loi concernera les deux adoptions extérieures et intérieures avec le but primordial d'encourager la préservation de la famille d'origine.
 
Alors que les mères célibataires étaient encouragées à signer un formulaire pour renoncer à leurs droits parentaux avec leurs bébés toujours dans l'utérus, une semaine doit maintenant s'écouler après la naissance du bébé avant qu'un accord d'adoption ne soit signé. Alors que le conseil principal aux mères célibataires consistait en beaucoup d'informations sur l'adoption, la loi ordonne maintenant que ceux qui sont près de devenir parents doivent recevoir conseils et informations suffisants en matière d'éducation.
 
Par ailleurs, des enfants pourront être adoptés à l'étranger seulement après qu'aucun foyer ne soit trouvé pour eux en Corée et les adoptants étrangers devront se rendre en Corée pour les prendre à moins qu'ils ne fassent reconnaître des circonstances spéciales par le  Ministère de la Santé et des Affaires Sociales.
 
La loi actuelle établit une base légale pour conduire la Corée du Sud à respecter les normes internationales données par la Convention de la Haye sur l'Adoption Internationale. une autorité centrale sous le Ministre de la Santé et des Affaires Sociales.  Parmi d'autres fonctions, l'autorité centrale doit protéger pour les adoptés un droit de l'homme , celui à la connaissance d'informations médicales propres et à son identité.
 
 
Le projet de loi qui est passé établit une base légale pour aider à porter la Corée jusqu'à des normes (standards) internationales selon la Convention d'Adoption de la Haye. En plus d'avoir des adoptions qui passent par décisions de justice, il y aura une nouvelle autorité centrale de l'information qui protègera les adoptés le droit de l'homme à la connaissance de ses origines et d' informations médicales propres à lui. Son président sera nommé par le Président de la Corée puis controlé par le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et un conseil de direction formé d'adoptés.
 
Une base de données sera constituée afin que les adoptés puissent s'en servir pour la recherche de leurs familles d'origine. Dans le cas d'un parent biologique décédé ou de la non obtention d'un consentement pour des raisons inévitables, ou dans le cas où l'adopté a besoin d' informations dans un but thérapeutique , les informations pourront lui être révélées sans permission du parent biologique.
 
Il est dans l'espoir de la coalition que sous ces nouvelles protections légales les adoptés ne seront plus soumis à un traitement injuste et irrégulier pendant la recherche d'informations
 
C'est l'espoir de la coalition que sous ceux des nouvelles protections légales, des adoptés ne seront plus soumises au traitement déloyal (injuste) et irrégulier pendant la recherche d'informations sur leur origine.
 
La coalition est heureuse de voir des hommes de lois et du personnel du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et du Ministère de la Justice travaillant sur cette question.
 
Bien que la loi ait changé, l'interprétation de la loi au niveau politique et sa mise en oeuvre dans la pratique doivent être faits par beaucoup d'autres organismes, incluant le Bureau du président, l'autorité centrale prévue en matière d'adoption , le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales, le Ministère de la Justice et les agences d'adoption. À cet égard, il est impératif que ces organismes restent ouverts aux recommandations en cours des parties affectées et assurent aussi que la loi soit exécutée.
 
Il y a toujours beaucoup de travail à faire en Corée pour une pleine égalité en droits entre hommes et femmes et pour les droits de l'enfant , mais on devrait louer le gouvernement de faire ces pas significatifs dans la bonne direction.

 
Ecrit par Jane Jeong Trenka (présidente de TRACK), Tammy Ko Robinson (professeur de l' Université de Hanyang ) et Kim Stoker (Représentant Adoptee Solidarity Korea  ASK), tous membres de la Coalition pour la Réforme de l'Adoption

Article traduit par Greg.


Sources : [Viewpoint] A new era for adoption | Korea Joongang Daily | 7 juillet 2011
[Op-Ed] New adoption law puts family preservation first | The Hankyoreh | 7 juillet 2011
  
   
 
 

30/06/2011

Interview avec une mère coréenne qui avait donné son bébé à une agence d'adoption.

A l'automne dernier, en Corée, j'ai rencontré une personne à qui je pense beaucoup encore. Souvent des histoires pas jolies à l'origine d'adoptions me font penser à elle. D'ailleurs je vous l'ai déjà un peu présentée quand j'ai rapporté une de ces histoires "Enfants volés en Espagne". C'est  une jeune femme que la famille a poussé à donner son enfant pour l'adoption, un bébé qui a été vite envoyé à l'étranger ( La Corée du Sud est actuellement le pays qui donne les enfants les plus jeunes pour l'adoption internationale, des enfants tous âgés de moins d'un an pratiquement .) un bébé qu'elle a voulu reprendre à l'agence d'adoption très peu de temps après de l'avoir donné... en vain. Elle n'a obtenu aucune information sur son enfant, un enfant qui doit avoir plus de six ans maintenant.


 
Dernièrement, il a été diffusé dans un reportage à la télévision française intitulé "Adoption: blessures secrètes" . On n'a pas parlé de blessures du côté des "mères de naissance". Par contre, on parlait souvent d'un spécialiste de l'adoption, "le guide de l'adoption" ( suivre son livre qui s'intitule ainsi),qui parlait de pays fiable au niveau des dossiers pour la Colombie, un des pays au monde au top des indices de corruption administrative... qui parlait d'Ethiopie comme un pays dont les enfants destinés pour l'adoption internationale étaient de vrais orphelins, et qui se révélaient être parmi les moins problématiques côté éducation adoptive, un pays dont des cas de trafic d'enfants pour l'adoption se révèlent tous les mois pratiquement... 
 

On se penche souvent par ici sur les personnes qui adoptent, un peu moins sur les personnes adoptées, et pratiquement jamais sur les personnes qui donnent leurs enfants pour l'adoption: des mères célibataires dans l'immense majorité, partout au monde.  On découvre souvent par là,si on si penche, une grande injustice sociale où un "droit à avoir des enfants" créé chez des riches devance de façon très prioritaire une solidarité sociale (parrainage dans des pays pauvres, protection sociale dans des pays riches comme la Corée maintenant.).

 
Il y a un peu moins de deux ans une petite association coréenne de mères célibataires  avait attiré l'attention du New York Times : "Group Resists Korean Stigma for Unwed Mothers"  
Elles s'entraident pour pouvoir garder et élever leurs enfants, et elles militent pour une plus juste reconnaissance dans la société coréenne.

 
Le mois dernier, on m'a communiqué le petit film d'une interview en coréen. On y questionne amicalement Hyung Sook Choi, leader de cette association coréenne des familles de mères célibataires: Miss Mamma Mia. Cela a été réalisé par Yeon-Ah Paik  qui prépare un film-reportage sur l'histoire de Hyung Sook Choi (Sortie prévue à l'automne prochain sous le titre de "A Bittersweet Joke" ). Cette interview a été présentée début mai dans une conférence à l'université du Minnesota, état des Etats-Unis où se trouve un nombre important d'adoptés originaires de Corée. J'ai souhaité que ce soit sous-titré en français... On l'a fait (La personne qui l'a fait ne maîtrise pas très bien le français. Pardon de sa part.) 

 
Ce n'est pas le discours d'un sociologue, ni celui d'un psychologue, ni celui d'un pédiatre... Ce n'est pas le témoignage d'un éducateur spécialisé plus ou moins bon, ni celui d'un parent adoptif plus ou moins bon, ni celui d'une personne qui a été adoptée plus ou moins bien... C'est le simple témoignage d'une mère qui a failli devenir une "mère de naissance", comme on dit communément en anglais (birthmother). C'est le simple témoignage d'une mère qui a donné, il y a quelques années seulement, son bébé au plus rodé des systèmes d'adoption internationale au monde, comprendre "le meilleur" donc, celui de Corée du Sud. C'est le simple témoignage d'une mère qui a donné son enfant à une agence d'adoption... et qui a eu beaucoup de mal à le récupérer par la suite. C'est le simple témoignage d'une personne qui dévoile quel genre de personne peut souvent se trouver derrière une "mère de naissance", derrière une mère qui doit avoir souvent bien du mal à témoigner... pas une" mauvaise personne".

 
L'interview est visible par le lien suivant vidéo de Jane Jeong Trenka dans Youtube, Coréenne adoptée au Minnesota , écrivain et présidente d'une association (TRACK) qui milite notamment en Corée pour mettre fin au système coréen d'adoptions internationales :  

 
Greg  
 

11:18 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corée, mère de naissance | |  del.icio.us

17/08/2010

Les enfants perdus de Corée

Fabriquee en Coree.jpg

Korea's Lost Children

Korea's Lost Children, un documentaire de la BBC diffusé le 6 août 2010.


«Le documentaire explore les points de vue des personnes qui ont été personnellement touchées par l'adoption internationale.» Ellen Otzen, productrice de BBC World Service.


Chaque année, environ 1 000 enfants sud-coréens sont donnés en adoption aux pays occidentaux. Le programme d'adoption internationale a commencé dans les années 1950 comme réponse du gouvernement appauvri face aux masses d'orphelins métis de la guerre de la Corée.


Tout compte fait, environ 200 000 enfants coréens ont été adoptés à l'étranger au cours des 60 dernières années. Environ 300 d'entre eux sont depuis retournés vivre en Corée - et beaucoup sont maintenant impliqués dans la tentative pour modifier les lois sur l'adoption.


Dans ce programme, la journaliste de la BBC, Ellen Otzen, rencontre Jane Jeong Trenka et Suki Leith, qui ont été adoptées par des familles américaines, afin d'explorer l'impact que l'adoption étrangère a eu sur elles.


Les gouvernements successifs se sont engagés à mettre fin à la pratique de l'adoption transnationale. La Corée du Sud est aujourd'hui l'un des pays les plus développés du monde, et a un des taux de natalité les plus faibles dans le monde, alors pourquoi des enfants coréens sont toujours renvoyés?



Aujourd'hui, 89% des enfants coréens envoyés à l'étranger pour l'adoption sont nés de mères célibataires, qui disent qu'elles sont abordées par des agences privées d'adoption pendant leur grossesse qui les poussent à donner leurs enfants en adoption.


L'un des principaux acteurs, Holt International Adoption Agency, a souvent été critiqué par les adoptés coréens pour le non-respect des droits des mères célibataires et la mise en place d'un système qui rend possible «la vente de bébés coréens par correspondance».


Le chef de l'Agence, Molly Holt, affirme que l'objectif principal de l'organisation est tout simplement de donner aux bébés coréens «non désirés», «une famille permanente et aimante permanente et aimante.»


Les adoptés disent qu'il est temps que le gouvernement coréen fassent des lois qui favorisent la préservation de la famille au lieu de l'adoption internationale.



Source : Fabriquée en Corée.

 

 

 

07/01/2010

Corée. Une industrie de l’adoption s’est mise en place avec le service de placement des enfants sous la tutelle du ministère de la Santé et des Affaires sociales, et avec le soutien logistique d’organisations religieuses ou philanthropiques.

Une vie toute neuve.jpg"Une vie toute neuve", un film de Ounie Lecomte : à Corée à cri.
La cinéaste, abandonnée enfant à Séoul, puis adoptée par un couple français, exorcise ce trauma. Exil. Entre déracinement et révolte.

 

Nous sommes à Séoul en 1975. Jinhee, 9 ans, est laissée par son père dans un orphelinat de filles tenu par des bonnes sœurs. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, refuse de manger, se cache dans la cour, veut partir. Mais pour aller où ? A un moment donné, une des responsables, exaspérée par son mauvais comportement, lui ouvre le portail et lui dit qu’elle est libre. Evidemment, Jinhee reste dans cet endroit qu’elle déteste, loin des siens, de ceux qu’elle aimait et en qui elle avait toute confiance, que pourrait-elle faire d’autre ?

 

Une vie toute neuve nous met en contact avec les sensations subtiles de l’enfance désemparée et avec la peur universelle de l’abandon. Ounie Lecomte, qui réalise ici son premier long métrage, puise dans son propre parcours, même si le film ne raconte pas véritablement son histoire, qu’elle a écrit et réécrit plusieurs versions du scénario pour parvenir au cœur vivant d’une émotion qui était comme bloquée dans un passé indicible.

 

Ounie Lecomte a 8 ans, en effet, quand sa grand-mère et un oncle prennent le bus avec elle vers une destination inconnue : «Je me souviens d’une certaine excitation, il allait se passer quelque chose d’extraordinaire. Je faisais mille caprices en chemin pour manger des gâteaux. Je ne me souviens pas du moment où on m’a laissée à l’orphelinat, tout s’est effacé. Plus tard, j’ai ressenti un sentiment de révolte : ils avaient cédé à tous mes caprices parce qu’ils savaient ce qui m’attendait, comme on obéit aux dernières volontés d’un prisonnier avant l’échafaud.»

Elle n’est pas orpheline quand on l’abandonne, ses parents se sont simplement séparés, «le divorce avait et a encore aujourd’hui en Corée une image très négative, avec une forte stigmatisation sociale». Pour repartir du bon pied, il fallait aux adultes se défaire des fruits de leur première union. Il faut dire qu’au lendemain de la guerre de Corée (1950-1953), le gouvernement sud-coréen a encouragé sinon l’abandon, du moins l’adoption d’enfants par des couples étrangers, principalement occidentaux. Une industrie de l’adoption s’est ainsi mise en place avec le service de placement des enfants sous la tutelle du ministère de la Santé et des Affaires sociales, et avec le soutien logistique d’organisations religieuses ou philanthropiques. Comme l’explique Ounie Lecomte, ce croisement entre la honte de l’abandon et la publicité de l’adoption produisait un sentiment de culpabilité insoutenable : «On était laissé dans un non-dit complet, une absence féroce d’information. D’un autre côté, vous ne pouviez vous plaindre, on vous offrait la chance d’un avenir meilleur en Occident. Pour l’enfant que j’étais, et pour mes camarades sans aucun doute, il y avait une culpabilité absolue à se sentir malheureux, on ne trouvait plus aucune justification à notre douleur, elle n’avait plus de raison d’être et ne devait donc tout simplement pas s’exprimer.» Plus de 160 000 enfants ont été envoyés ainsi à l’étranger entre 1953 et 2006 ; pendant plus de trente années, jusqu’au milieu des années 90, la Corée du Sud a été le pays au monde dont étaient originaires le plus grand nombre d’enfants adoptés légalement par des couples étrangers.

 

Ounie Lecomte arrive en France vers l’âge de 10 ans, elle est adoptée par un pasteur protestant et sa famille s’occupant du temple de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) : «A l’arrivée en France, j’ai dormi deux jours d’affilée, une sorte de coma total, une petite mort. Quand je me suis réveillé, j’étais à nouveau plongée dans l’inconnu. Comme nous étions au mois de juin, mes parents, pour m’acclimater, m’ont mis à l’école maternelle. J’étais au milieu d’enfants de 3 ans, ne comprenant rien à ce qui se disait autour de moi, à peine si on n’allait pas me mettre sur le pot (rires). C’était ridicule.»

 

parkas. Une vie toute neuve s’arrête précisément à l’aéroport, au moment du départ pour la France. Le tournage du film n’a pas été simple, notamment parce que la jeune femme a perdu l’usage de la langue coréenne. Elle a essayé de la récupérer, mais n’y parvient pas. Il a fallu tout le temps communiquer dans un anglais «approximatif». Quinze jours avant le tournage, elle n’a toujours pas trouvé la fille qui doit tenir le rôle principal : «J’avais toujours l’impression de repousser le moment du choix jusqu’à ce que ça s’impose à moi. J’ai vu Kim Saeron, en regardant sur écran vidéo des essais tournés par le premier assistant-réalisateur. Elle avait un visage opaque qui me plaisait, elle ne se livrait pas totalement, et on pouvait projeter beaucoup de chose.» Les enfants n’avaient pas lu le scénario, ils découvraient le film au gré du plan de travail, il fallait souvent simplifier, parfois tricher, «on communiquait par des choses physiques, concrètes, mécaniques, jamais par la psychologie. Mes propres handicaps et la maîtrise relative des enfants sur leur rôle étaient plutôt très propices à restituer ce parcours d’une enfant qui vit comme avec des ornières, qui ne sait plus qui elle est, ni ce qu’elle va devenir».

En se choisissant l’inconfort d’un tournage en langue étrangère dans un pays lointain, Ounie Lecomte recrée en un sens les conditions de son trauma fondamental, quand le destin l’a submergée et emportée loin de chez elle : «L’histoire m’a entraînée avec son énergie propre sans que je me pose véritablement laquestion du pourquoi. Le tournage a été une mise à l’épreuve parce que tout va vite. J’avais l’impression, en arrivant le matin sur le plateau, d’être un soldat qui monte au front et doit combattre sans souffler toute la journée. J’étais vidée, épuisée et en même temps, il y avait aussi quelque chose de désagréable dans ce que nous imposions aux fillettes. C’était l’hiver, et si l’équipe pouvait porter deux parkas, elles devaient rester en pull dans le froid.»

Le film porte aussi la marque du producteur coréen (et surtout cinéaste) Lee Chang-dong (Oasis, Secret Sunshine…), avec qui Ounie Lecomte a longuement correspondu par mail afin de déployer dans toutes ses puissances d’incarnation un scénario qu’il jugeait dans un premier temps trop timide. Ainsi le film n’est-il pas impressionniste, il fait surgir des événements qui vous sautent à la gorge, comme ce moment où Jinhee arrache les membres des poupées distribuées à Noël ou quand elle creuse un trou dans le sol pour essayer de s’y enterrer vivante. La facture du film est classique mais au meilleur sens du terme : précis et explicite, plus grave que véritablement triste. Même si à la fin de la projection, il fallait évacuer certains spectateurs pris de transe de sanglots.

 

«baiser». «Jamais je ne me suis spécialement intéressée au cinéma, dit aujourd’hui Ounie Lecomte, c’est venu un peu par hasard. A la télé, j’ai rarement vu des films mais ils m’ont marqué. Ça s’est toujours fait par interdiction. Par exemple, un jour, j’ai vu vingt minutes de Pas de printemps pour Marnie de Hitchcock sans savoir ce que c’était. Au moment du premier baiser entre Sean Connery et Tippi Hedren, mes parents se sont affolés et m’ont précipitamment envoyée au lit. Ce bout de film m’a hanté pendant des années. Je n’en connaissais pas le titre, et je ne l’ai vu en entier que beaucoup plus tard.» Lors d’un séjour en 1991 à Séoul, où elle attend pour jouer dans un film qui finalement ne se fera pas (elle avait été remarquée dans Paris s’éveille d’Olivier Assayas), ses parents biologiques la retrouve : «Ce fut quelque chose de très violent, et je n’ai pas du tout répondu à ces retrouvailles. Je me suis échappée. Je suis retournée en Corée plusieurs fois pour y renouer des liens moins passionnés et moins névrosés aussi, sans doute.»

Il y a quelque de chose de très beau dans le film, du fait même qu’il traduit ce qu’aucune langue ne pouvait dire. Ounie Lecomte a perdu l’usage du coréen, mais si elle a voulu passionnément apprendre le français dès son arrivée, elle continue d’entretenir avec cette langue d’adoption (et avec sa littérature) un rapport de fascination et de terreur : «J’ai toujours l’impression que cette langue m’échappe. Quand j’écrivais le scénario, je pouvais me reprendre des dizaines de fois en vérifiant chaque mot dans le dictionnaire de peur de me tromper, comme si je n’étais pas sûr du sens des signes que j’utilisais.» Sentiment d’(in)appartenance inquiète, effacement et reconstruction du souvenir en forme de légende personnelle, voilà qui de surcroît apporte une eau salubre au moulin déglingué du débat sur l’identité nationale, postulant que nous vivons tout peu ou prou dans l’exil d’une mémoire mutilée.


Source : Libération.

 

- La Corée continue de nier accès aux adoptés coréens de l'étranger.
Lire la suite.

 

05/12/2009

Une étude de Donaldson Adoption Institute dit que les questions d'identité durent toute une vie et recommande d'ouvrir les certificats de naissance.

Fabriquee en Coree.jpg


Via le blog de Kim Myung-Sook, deux articles traduit en français.



Les adoptés font face à la discrimination



Dans plusieurs états aux États-Unis, tout comme dans d'autres pays, les adoptés ont des certificats de naissance amendés (modifiés, avec les noms des parents adoptifs), et n'ont pas accès à leurs certificats de naissance originaux qui sont scellés par la loi.


L'étude, "Beyond Culture Camp: Promoting Positive Identity Formation in Adoption", s'est portée deux groupes d'adultes (les adoptés nés en Corée et les adoptés blancs), mais selon le directeur exécutif Adam Pertman, les résultats sont pertinents aux adoptés de toutes les races.


Aux États-Unis, il y a environ 6 à 8 millions de personnes qui ont été adoptées. Beaucoup disent maintenant à l'Institut Evan B. Donaldson, qu'ils étaient stigmatisés dans l'enfance et ont lutté avec leur identité et leur estime de soi jusqu'à l'âge adulte.


Beaucoup des 468 adultes interrogés affirment avoir souffert de discrimination. Plus d'adoptés blancs (35 pour cent) que coréens (21 pour cent) ont indiqué avoir été taquinés tout simplement parce qu'ils ont été adoptés.

Environ 86 pour cent ont dit qu'ils avaient pris des mesures pour retrouver leurs parents biologiques et que les retrouver était le seul facteur qui les avait aidés à acquérir une identité adoptive positive.

Pertman espère que cette étude aidera à promouvoir des lois, politiques et pratiques pour donner aux adoptés un meilleur accès à l'information sur leur naissance et pour contribuer à éliminer les stéréotypes afin d'améliorer leurs vies.

les adoptés ont dit ABCNews.com dit qu'elles étaient largement entravés par les lois des États qui garde le secret des certificats de naissance et les dossiers d'adoption ou les coûts pour embaucher des chercheurs. Certains ont également été rejetés par leurs parents biologiques.

Pour Joan Wheeler, une travailleuse sociale de 53 ans et auteure de , son combat pour l'identité a été si pénible qu'elle ne croit même pas à l'adoption, souhaite avoir été placée en famille d'accueil ou sous tutelle de sorte qu'elle aurait pu avoir accès à sa parenté de sang.

Aujourd'hui, les parents naturels accueillent souvent favorablement les contacts, mais avant les années 1970 et 1980, les adoptions fermées étaient la norme et les dossiers étaient scellés fermement à la naissance.

Maitenant, les experts considèrent que ces politiques sont archaïques, privant les adoptés, non seulement des dossiers médicaux vitaux, mais aussi de leur sentiment d'identité. Seul l'Alaska, le Kansas, le New Hampshire, le Maine, l'Oregon, l'Alabama, le Tennessee et le Delaware donnent accès à l'original des certificats de naissance.

Melinda Warshaw, musicienne et professeure d'art de Pound Ridge, NY, de 62 ans, est active dans la lutte pour l'ouverture des dossiers fermés dans son état. Auteure de "A Legitimate Life", elle dit que sans son certificat de naissance original, elle a l'impression qu'elle a une "fausse identité".

Marlou Russell, de Santa Monica, Californie, psychologue qui se spécialise dans l'adoption dit qu'il est naturel de vouloir connaître ses racines. Elle a été adoptée en 1950 et a reçu un certificat de naissance amendé nommant ses parents adoptifs en tant que parents de naissance. En 1991, elle a cherché et trouvé sa mère biologique, avec qui elle entretient une relation "positive".

De nombreux adoptés et parents adoptifs se sentent plus liés après une réunion avec la famille biologique, selon Russell.

Pour plus de détails, lire l'article original Adoptees Face Sting of Discrimination publié sur ABCNews.com, le 23 novembre 2009.


Source: Fabriquée en Corée.




Adoptés de la Corée et en quête d'identité


Aux adoptés qui se croient/ se sentent seuls. Lisez ceci.

L'étude de Evan B. Donaldson Adoption Institute sur les luttes des adoptés coréens par rapport à leurs identités.

Publié sur New YorK Times, le 8 novembre 2009.

Enfant, Kim Eun Mi Young détestait être différente.

Quand son père a amené des jouets à la maison, un disque et un livre d'images sur la Corée du Sud, le pays d'où elle a été adoptée en 1961, elle les a ignorés.

En grandissant en Géorgie, au Kansas et à Hawaï, dans une famille de militaire, elle sortait seulement adolescents de race blanche, même quand les garçons asiatiques étaient dans les parages.

"À aucun moment, je ne me suis considérée autre chose qu'une blanche", a dit Mme Young, 48 ans, qui habite à San Antonio. "Je n'avais aucun sens d'identité en tant que femme coréenne. Fréquenter un homme asiatique m'aurait forcé à accepter qui j'étais."

Ce n'est que dans sa trentaine qu'elle a commencé à explorer son héritage coréen. Une nuit, après une sortie pour fêter avec son mari de l'époque, elle dit qu'elle a craqué et s'est mise à pleurer de façon incontrôlable.

"Je me souviens d'être assise là à penser, où est ma mère? Pourquoi m'a-t-elle laissée? Pourquoi ne pouvait-elle pas se battre pour me garder", dit-elle. "Ça a été le commencement de mon voyage pour découvrir qui je suis."

Les expériences de Mme Young sont communes chez les enfants adoptés en provenance de la Corée, selon l'une des plus grandes études sur l'adoption transraciale, qui doivent être publiées lundi. Le rapport, qui met l'accent sur la première génération d'enfants adoptés en Corée du Sud, a révélé que 78 pour cent de ceux qui ont répondu s'étaient considérés de race blanche ou avaient voulu être des blancs quand ils étaient enfants. Soixante pour cent ont indiqué que leur identité raciale était devenue importante au moment où ils étaient à l'école moyenne, et, adultes, près de 61 pour cent ont dit qu'ils avaient été en Corée, tant pour en apprendre davantage sur la culture que pour trouver leurs parents biologiques.

Comme Mme Young, la plupart des adoptés coréens ont été élevés dans les quartiers à prédominance blanche et ont vu peu, sinon aucun, des gens qui leur ressemblaient. Le rapport indique également que les enfants étaient moqués et étaient victimes de discrimination raciale, souvent par des enseignants. Et seule une minorité des personnes interrogées ont déclaré s'être senti bien accueillis par les membres de leur propre groupe ethnique.

En conséquence, bon nombre d'entre eux ont eu du mal à venir à bout de leur identité raciale et ethnique.

Le rapport a été publié par le Evan B. Donaldson Adoption Institute, un groupe de politique et de recherche sur l'adoption à but non lucratif basé à New York. Depuis 1953, des parents aux États-Unis ont adopté plus d'un demi-million d'enfants venant d'autres pays, la grande majorité d'entre eux des orphelinats de l'Asie, L'Amérique du Sud et, plus récemment, l'Afrique. Pourtant, l'impact de ces adoptions sur l'identité n'a été étudié que de façon sporadique. Les auteurs de l'étude Donaldson Adoption Institute ont dit qu'ils espéraient que leur travail guidera les responsables politiques, les parents et les agences d'adoption pour aider la génération actuelle des enfants adoptés dans des pays d'Asie à former sainement leurs identités.

"Tellement de recherches sur l'adoption transraciale a été faite selon le point de vue des parents adoptifs ou des enfants adolescents", a dit Adam Pertman, directeur exécutif de l'institut. "Nous avons voulu pouvoir tirer parti de la connaissance et de l'expérience de vie d'un groupe d'individus qui peuvent fournir un aperçu de ce que nous devons faire mieux."

L'étude recommande plusieurs modifications dans les pratiques d'adoption qui sont importantes selon l'Institut, notamment un meilleur soutien pour les parents adoptifs et la reconnaissance que l'adoption grandit en importance pour leurs enfants à partir de l'âge de jeune adulte, et tout au long de l'âge adulte.

La Corée du Sud a été le premier pays où les Américains ont adopté en grand nombre. De 1953 à 2007, environ 160 000 enfants sud-coréens ont été adoptés par des gens d'autres pays, la plupart d'entre eux aux États-Unis. Ils constituent le groupe le plus important des adoptés transraciaux aux États-Unis et, selon certaines estimations, 10 pour cent de la population coréenne du pays.

Le rapport dit que des changements importants ont eu lieu depuis que la première génération d'enfants adoptés ont été amenés aux États-Unis, du temps où on disait aux parents d'assimiler les enfants dans leurs familles sans égard à leur culture d'origine.

Pourtant, même les adoptés qui ont été exposés à leur culture et ont des parents qui discutent des questions de race et de discrimination disent qu'ils ont trouvé cela difficile en grandissant.

Heidi Weitzman, qui a été adoptée de la Corée à l'âge de 7 mois et qui a grandi dans les quartiers ethniquement mixtes de St. Paul, a déclaré que ses parents étaient en contact avec d'autres parents ayant des enfants coréens et lui ont même offert de l'envoyer à un "camp de la culture" où elle pouvait en apprendre davantage sur son héritage.

"Mais je haïssais ça", a déclaré Mme Weitzman, une thérapeute en santé mentale à Saint-Paul. "Je ne voulais pas faire quelque chose qui me faisait ressortir comme étant coréenne. En étant entourée de gens qui étaient blonds et brunets, je pensais que j'étais blanche." Ce n'est que lorsqu'elle a déménage à New York après le collège qu'elle a commencé à devenir confortable en tant que Coréenne.

"J'avais 21 ans avant de pouvoir me regarder dans le miroir et ne pas être surprise par ce que je voyais me rendant mon regard", dit-elle. "Le processus de découvrir qui je suis, a été un long processus, et je suis toujours là-dessus."

Le chemin de Mme Weitzman vers la découverte de soi, est assez typique des 179 adoptés coréens avec les deux parents de race blanche qui ont répondu à l'enquête Donaldson Adoption Institute. La plupart ont dit qu'ils ont commencé à se considérer davantage comme Coréens lorsqu'ils ont fréquenté le collège ou lorsqu'ils ont déménagé vers les quartiers ethniquement diverses à l'âge adulte.

Pour Joel Ballantyne, un professeur de secondaire à Fort Lauderdale, en Floride, qui a été adopté par des parents blancs en 1977, l'étude confirme beaucoup des sentiments que lui et d'autres adoptés ont tenté d'expliquer depuis des années.

"Cela donne la preuve que nous ne sommes pas fous ou simplement ingrats envers nos parents adoptifs, lorsque nous parlons de nos expériences", a déclaré M. Ballantyne, 35 ans, qui a été adopté à 3 ans et qui a grandi en Alabama, au Texas, et enfin, en Californie.

Jennifer Town, 33 ans, .est d'accord.

"Beaucoup d'adoptés ont des problèmes à parler de ces questions avec leurs familles adoptives", dit-elle. "Ils le prennent comme une sorte de rejet quand nous essayons juste de comprendre qui nous sommes."

Mme Towns, qui a été adoptée en 1979 et a grandi dans une petite ville du Minnesota, se souvient qu'au cours du collège, quand elle a annoncé qu'elle allait en Corée pour en savoir plus sur son passé, ses parents ont "flippé".

"Ils le considéraient comme un rejet", dit-elle. "Ma mère adoptive est vraiment fanatique de la généalogie, retraçant sa famille en Suède, et elle était fâchée après moi parce que je voulais savoir qui j'étais.

M Ballantyne a déclaré avoir reçu une réaction similaire quand il parlé à ses parents de ses plans de voyage en Corée.

L'étude de la Donaldson Adoption Institut conclut que ces voyages sont parmi les nombreux moyens dont les parents et les agences d'adoption pourraient aider les adoptés à traiter leur lutte avec l'identité et la race. Mais Mme Towns et M. Ballantyne ont dit tous les deux que tandis que voyager en Corée du Sud a été une expérience révélatrice à bien des égards, c'était également démoralisant.

Beaucoup de Coréens ne les considèrent pas comme de "vrais Coréens" parce qu'ils ne parlaient pas la langue ou ne semblaient pas comprendre la culture.

M. Ballantyne a trouvé sa grand-mère maternelle, mais quand il l'a rencontrée, elle l'a grondé pour ne pas avoir appris le coréen avant de venir.

Elle était celle qui m'avait mis en adoption", a-t-il dit. "Alors, cela a juste créé une tension entre nous. Même quand je partais, elle a continué à dire que j'avais besoin d'apprendre le Corée avant que je revienne."

Sonya Wilson, adoptée en 1976 par une famille blanche dans Clarissa, Minnesota, affirme que même si elle partage un grand nombre des expériences des personnes interrogées dans l'étude - elle a grandi en étant la seule Asiatique dans un village de 600 habitants - les changements de politique doivent s'intéresser à pourquoi les enfants sont mis en adoption, et devraient faire davantage pour aider les femmes célibataires en Corée du Sud pour garder leurs enfants. "Cette étude ne traite pas de ces questions", a dit Mme Wilson.

Mme Young a dit que l'étude était utile, mais que ça arrivait trop tard pour aider les gens comme elle.

"J'aurais aimé que quelqu'un ait fait quelque chose comme ça quand j'étais jeune", a-t-elle dit.

À LIRE!!! Rapport de plus de 100 pages: BEYOND CULTURE CAMP: PROMOTING HEALTHY IDENTITY FORMATION IN ADOPTION

Source: Fabriquée en Corée.

09:24 Écrit par collectif a & a dans Etude - Recherche | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : usa, enfants adoptés, corée, identité, origine | |  del.icio.us

24/11/2009

Enfants à naître à vendre en Corée du Sud.

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Unborn children for sale in South Korea


The illegal sale of children makes up more than half of all the cases of human trafficking around the world, according to recent estimates.

 

Traditionally it has involved the exploitation of children in poorer nations, but an Al Jazeera investigation has found that it is also happening in developed countries, such as South Korea.

 

For four months, Al Jazeera surfed community boards on popular Korean internet sites, and found an underground trade where pregnant women can sell their unborn children.

 

The few cases that have surfaced have alarmed the government so much that it is believed to have formed a special task force to bring human-trafficking laws up to date, Al Jazeera's Steve Chao says.

 

One of the challenges is how to give authorities the power to better police the murky world of the internet.

 

Twenty years ago the United Nations adopted the Convention of the Rights of the Child. The CRC or UNCRC, sets out the civil, political, economic, social and cultural rights of children.

 

As of December 2008, 193 signatories had ratified it, including every member of the UN except the US and Somalia.

 

The treaty restricts the involvement of children in military conflicts and prohibits the sale of children, child prostitution and child pornography.

 

The UNCRC has been used as a blueprint for child protection legislation around the world.

 

However, the treaty's promise to protect children has not always been kept.

 

Onus on government

Lisa Laumann, from the Save the Children charity, says it is up to both the government and the community to protect children.

 

"Intergovernmental organisations like the United Nations provide the framework around which governments can come together to agree on what good practice is and how governments should behave legally on behalf of their citizens," she told Al Jazeera.

 

"But it's up to the governments themselves to draft that legislation, develop the systems and institutions that guarantee those rights.

 

"There also has to be an effort made to help communities, families and children themselves, to understand what rights mean for them and how they can support them."

 

Source: Aljazeera.

 

L'article a été traduit en français par Kim Myung-Sook et publié sur son blog Fabriquée en Corée.

 

23/11/2009

Une génération se bat pour réformer les lois sur l'adoption.

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[Via Fabriquée en Corée, traduit en français par Kim Myung-Sook]



Six adoptés coréens ont déposé un recours devant la Commission des droits civils et anti-corruption l'an dernier pour demander une enquête sur des irrégularités dans leurs documents d'adoption et des procédures illégales possibles à leurs agences d'adoption locales.



Maintenant, ils sont impliqués à part entière dans un combat pour réformer les lois et les procédures d'adoption, et ils reçoivent l'aide de quelques poids lourds.



Les droits des adoptés et des groupes communautaires ainsi que les mères célibataires, le cabinet d'avocats d'intérêt public Gong-Gam et la représentative du Parti démocratique Choi Young-Hee, ont uni leurs forces avec les adoptés dans un effort pour convaincre les législateurs de réviser la Loi Spéciale relative à la promotion et la procédure de l'adoption.

L'Assemblée nationale a abordé la question et étudie les changements à travers une série d'audiences.

La dernière audience a eu lieu hier.

Si leurs efforts aboutissent, les groupes vont changer radicalement le paysage de l'adoption nationale et internationale en Corée, un pays qui, a déclaré le législateur Choi à l'audience d'hier, "a toujours un stigmate qui s'y rattache en tant que l'un des principaux exportateurs d'enfants".

Il se classerait également en tant qu'un des quelques cas au monde où les adoptés sont retournés dans leur pays d'origine et changé les pratiques d'adoption par la législation.



Faux documents



Quand ils ont commencé cette quête, les adoptés, venus de trois pays différents, ont déclaré que leurs dossiers d'adoption contenaient des informations contradictoires.

Dans un cas, une adoptée identifiée uniquement par ses initiales, SIA, a dit qu'une agence d'adoption a informé ses parents adoptifs au Danemark en 1977 qu'ils ne possédaient de documents sur ses parents biologiques. Mais quand SIA est venue en Corée en 1998 et a demandé des informations à leur sujet, l'agence possédait en fait des informations sur sa mère biologique. SIA a également constaté que l'adoption a été faite sans le consentement de sa mère.

Dans un autre cas, une adoptée, identifiée seulement comme PYJ, a déclaré que son agence d'adoption a créé une nouvelle identité pour elle quand elle a été envoyée en adoption à la Norvège en 1975.

Leur première tentative visant à approfondir la question a frappé un mur de briques quand la Commission des droits civils a rejeté l'appel, invoquant l'absence de procédures administratives appropriées en Corée au moment de leurs adoptions.



Ils se battent contre la loi



Les adoptés, cependant, ne se sont pas arrêté là. Au lieu de déposer une autre pétition ou demander pour la libération de leurs dossiers aux agences d'adoption, ils ont décidé d'essayer de réviser les lois relatives à l'adoption pour découvrir la vérité et améliorer le système.

Selon le ministère de la Santé et des Affaires sociales et familiales, 161 588 enfants coréens ont été envoyés à l'étranger pour l'adoption à partir de 1958 jusqu'en 2008. La Corée est le cinquième plus grand exportateur d'enfants après la Chine, le Guatemala, la Russie et l'Éthiopie en 2007, selon World Partners Adoption Inc.

"La plupart des adoptés coréens grandissent dans des pays étrangers et font face à la confusion sur leur identité. Même s'ils viennent en Corée afin de retrouver leurs racines, il y a peu de cas dans lesquels ils reçoivent des informations précises sur leur naissance ou réussissent à localiser leurs parents naturels. Pour améliorer la situation, nous avons décidé de tenir une audience sur la révision de la Loi Spéciale", a le législateur déclaré Choi.



Nécessité d'une réglementation plus stricte



Le projet de loi commence avec l'idée que l'adoption étrangère, et même nationale, n'est pas la meilleure option pour les enfants et que l'aide publique devrait être accordée aux mères pour les aider à élever leurs enfants, un concept qui suit les pratiques d'adoption internationale. Il incorpore également la notion selon laquelle les procédures d'adoption doivent être plus strictement réglementées pour éviter des abus possibles par les agences d'adoption.

"Le gouvernement veut pousser l'adoption nationale, mais tous les enfants ont déjà des mères", a déclaré Jane Jeong Trenka, présidente de Truth and Reconciliation for the Adoption Community of Korea et l'une des adoptés qui ont déposé l'appel à la Commission. "Les enfants peuvent rester avec leurs mères. Les mères célibataires devraient disposer de ressources pour élever leurs propres enfants. C'est encore une question de préjugés sociaux en Corée."

Trenka a ajouté qu'un certain nombre d'adoptés avaient des familles, mais ont été reclassés comme des orphelins avant qu'ils ne soient envoyés à l'étranger pour adoption. "Parce que leurs dossiers ont été manipulés, seulement 2,7 pour cent des enfants adoptés réusssisent à localiser leurs parents de naissance", dit-elle.

La majorité des enfants abandonnés pour adoption en Corée sont les enfants de mères célibataires. Sur les 2 556 adoptions en 2008, internationales et nationales, 2 170 étaient des enfants de mères célibataires. D'autres étaient de familles à faible revenu ou de foyers désunis.

L'un des plus grands obstacles qui empêchent ces femmes d'élever leurs enfants elles-mêmes est la stigmatisation sociale auxquels elles sont confrontées en tant que mères célibataires. Un autre est le manque de services sociaux à leur disposition si elles choisissent d'élever leurs enfants.

Trenka a été adoptée par un couple du Minnesota, aux États-Unis, en 1972 quand elle avait six mois. En 2007, Trenka et d'autres adoptés coréens ont fondé TRACK pour aider amener le gouvernement à reconnaître pleinement ses pratiques de l'adoption, passées et présentes.

Le révérend Kim Do-hyun, qui est le directeur de KoRoot, qui offre un hébergement pour les adoptés coréens de retour au pays, reprend ces réflexions.

"Derrière la Loi Spéciale, il y a l'idée que l'adoption doit être encouragée, dit Kim. "Mais l'adoption n'est pas quelque chose que nous devons promouvoir. Plutôt que d'encourager l'adoption, nous devons renforcer la famille d'origine pour éviter d'autres séparation entre les mères et leurs enfants."



Adoption en tant que business

Un des principaux changements proposés par le projet de loi rédigé par le cabinet d'avocats d'intérêt public Gong-Gam est qu'elle exigerait l'approbation du tribunal pour tous les types d'adoption - actuellement c'est exigé seulement pour les adoptions nationales - et augmenterait l'intervention du gouvernement dans les affaires traitées principalement par des agences privées d'adoption.

Les adoptés disent qu'il devrait avoir plus de participation du gouvernement dans les adoptions parce que comme plus d'adoptés adultes réunissent avec leurs parents biologiques et accèdent à leurs dossiers, des exemples de pratiques douteuses d'adoption internationale ont fait surface.

TRACK a documenté ces cas au moyen d'entrevues avec les adoptés et leur famille biologique. Ils ont constaté que dans certains cas, un hojeok (registre de famille) d'orphelin est produit pour l'enfant envoyé à l'adoption internationale, même si l'enfant a une famille. Les contradictions ont également été constatées entre les documents conservés par les parents adoptifs et ceux qui sont conservés par l'agence d'adoption. Dans un cas, l'enfant était sous-alimenté au moment de l'adoption, mais les documents envoyés aux parents adoptifs à l'étranger déclaraient que l'enfant était en bonne santé. Dans un autre cas, un enfant a été confié à l'adoption nationale, mais a été envoyé à l'étranger pour l'adoption internationale.

La coalition des adoptés croit que de telles irrégularités sont arrivées parce que les agences d'adoption manipulent les dossiers pour pousser l'adoption internationale qui est très rentable.

Selon le ministère de la Santé, les quatre agences d'adoption autorisées à faciliter les adoptions internationales chargent de 13 millions de won (17 211 dollars) à 20 millions de won pour chaque enfant envoyé à l'adoption internationale.



La pression sur les mamans



Une autre révision proposée donnerait aux femmes un minimum de 30 jours pour prendre une décision sur l'adoption, qui est la norme dans les pays occidentaux. Il n'y a pas de délai imparti pour cela en Corée du Sud.

Les observateurs disent que les femmes sont souvent forcées de signer un contrat sur l'adoption presque tout de suite après l'accouchement. Si les mères changent d'avis, les agences leur chargent tous les frais encourus, de l'accouchement aux refuges qu'elles opèrent. Ils disent que les agences d'adoption ont tendance à encourager l'adoption plutôt que de dire aux femmes qu'il existe d'autres options disponibles, comme élever leurs enfants elles-mêmes.

"Les agences d'adoption font pression pour que vous abandonniez l'enfant", a déclaré, à l'audience d'hier, Choi Hyang-Sook un membre du groupe Miss Mamma Mia, qui fait également partie de la coalition des adoptés.



L'accès aux dossiers

Troisièmement, les agences seraient tenues d'offrir aux adoptés toutes les informations sur leurs parents de naissance, à l'exception du nom et du numéro d'enregistrement si les parents de naissance ne veulent pas que leur identités soient révélée. Kim explique que les agences d'adoption sont souvent réticentes à partager des informations avec les adoptés qui recherchent leurs parents biologiques et vice-versa, car ils ont peur que les abus du passé deviennent de notoriété public.

"Les agences d'adoption fournissent aux adoptés adultes seulement des informations partielles, en citant la protection de la vie privée de leurs parents de naissance", dit Kim. "Les agences ont souvent falsifié des données pour s'adapter aux goûts des parents adoptifs ou pour respecter les lois du pays auquel elles envoient enfant. Il y a des cas où les adoptés ont été classés comme orphelins quand ils ne l'étaient pas. Plus ils révèlent d'information, plus leur réputation peut être endommagée."

Une agence d'adoption a contesté les accusations. "Il y a des dossiers que l'on peut ouvrir, mais il y a ceux que l'on ne peut pas", a déclaré Choi An-Yeo, responsable chez Holt Children Services Inc, la plus grande et la plus ancienne agence d'adoption en Corée.

Choi a dit les choses étaient différentes il y a quelques décennies. "Il était alors possible d'envoyer un enfant abandonné à l'étranger pour adoption. Si quelqu'un a amené un enfant et a menti qu'il était un tuteur légal, il n'y avait aucun moyen pour nous de le découvrir. Nous avons seulement suivi les lois et nous continuerons à le faire", a-t-elle ajouté.



Unifier les projets de lois sur l'adoption

La représentative du Parti démocratique Choi parraine la proposition, alors que le ministère de la Santé élabore actuellement son propre projet de loi. Ce n'est pas certain comment le projet de loi va être formé, mais Park Sook-ja, la directrice du Bureau de politique de l'enfance, de la jeunesse et de la famille au ministère de la santé, a dit qu'elle sympathisait généralement avec la coalition des adoptés. "Nous partageons les mêmes idées en général, mais nous avons besoin de prendre une étape à la fois", a dit Park.

Le ministère a déjà tenu deux audiences sur le projet de loi, cependant, Park a dit qu'il est trop tôt pour parler du projet de loi puisque la version définitive n'a pas encore été faite.

Choi a indiqué que les différences entre les deux projets de loi seront probablement aplanies avant qu'un projet de loi unifié soit présenté à l'Assemblée au début de l'année prochaine.



Basée sur les mensonges

Des dizaines d'adoptés, y compris Trenka, ont assisté à l'audience d'hier dans l'espoir que le projet de loi présenté par Choi puissent transformer les pratiques d'adoption ici.

Trenka a commenté: "L'adoption est peut-être un acte d'amour, mais toutes les adoptions sont censées séparer les enfants de leurs mères."
Trenka a commencé à écrire à ses parents biologiques régulièrement à 16 ans. Ses parents adoptifs n'aimaient pas qu'elle reste en contact avec ses parents biologiques, mais un jour elle a trouvé des lettres de sa mère biologique dans la boîte aux lettres de ses parents adoptifs. Sa mère biologique avait trouvé l'adresse de ses parents adoptifs et a continué à lui envoyer des lettres. Trenka dit qu'elle se souvient encore du temps où elle a été réunie avec sa mère biologique.

"Ma mère était très émotive. Je n'avais jamais vu un être aussi émotif", dit-elle. "Elle s'est assise sur le sol et s'est épanché."

Trenka a été réunie avec le reste de sa famille dans les années 1990.

"L'adoption est un gros mensonge. Son succès dépend de chacun qui croit en ce mensonge. Ils [mes parents adoptifs] ont voulu croire à ce mensonge, mais je ne pouvais pas faire ça." Lorsqu'on lui a demandé pourquoi elle se consacre à la création de la loi, elle a dit: "Pour ma mère. Ma mère est morte, mais si je n'essaie pas de changer les choses, ma souffrance n'a pas de sens."




Version originale publiée sur JongAngDaily, le 11 novembre 2009, par Limb Jae-un [jbiz91@joongang.co.kr]