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08/06/2010

Journée d'études CHC LIEGE - Les troubles de l’attachement

Date : Samedi 12 juin 2010 de 8:45 à 13:00


Lieu : CHC - Clinique Saint Joseph de Liège - Service de Psychiatrie - UAL Avenue George Truffaut, 44 - 4020 Liège - Belgique.



Programme

08h45 Accueil

09h00 Dr Caroline LEMOINE (ULB)
Troubles d'attachement et troubles de conduites chez les adolescents

09h45 Mme Zoé ROSENFELD (ULB)
La question du lien pour l'adolescent adopté et ses parents

10h30 Pause

11h00 Prof D. CHARLIER (UCL) :
Attachement et capacités de mentalisation de jeunes enfants présentant des troubles externalisés du comportement

11h45 Dr. A. MALCHAIR (ULg)
Quand l'attachement détruit : le syndrome de Munchausen par procuration

12h30 Buffet



Contacts

Dr S. FUCHS Hôpital Saint Joseph, rue de Hesbaye, 75 à 4000 LIEGE - Tél. : +32 4 358 27 35 - Fax. : +32 4 355 18 82 - Courriel : sonia.fuchs@chc.be


Source : Société Royale de Médecine Mentale de Belgique

 

 

16/04/2010

Un nouveau scandale d'adoption éclate concernant un garçon russe laissé aux Caraïbes.

New adoption scandal blows up over Russian boy left in Caribbean

Russian diplomats and special services are trying to return to Russia a 12-year-old boy who has been living for several years in the Dominican Republic, presumably after being abandoned by his Russian adoptive parents.

 

"Officers of Russian security agencies, along with Interior Ministry officials, are now charged with returning a 12-year-old Russian to his homeland," a high-ranking source in a Russian security service told RIA Novosti.

 

There is no official word on how the child, born in 1998, managed to find his way to the Caribbean nation some 9,000 km (5,500 miles) from his homeland. He was adopted in 2003 and has been in the Dominican Republic since 2005.

 

The security source said that according to unconfirmed reports "the boy was sold by a drug lord," and his adoptive parents are now in custody in Russia pending an investigation into cocaine trafficking.

 

"Unfortunately, the absence of direct diplomatic relations with the Dominican Republic hampers this process [of returning the boy to Russia]. However, several Russian representatives managed to talk with the boy," he added.

 

"The boy's condition is excellent, I visit him quite often," Virginia Velasquez de Simo, Russia's honorary consul in the Dominican Republic, said in translated comments on Russia's Channel One.

 

Russia's ombudsman for children's rights Pavel Astakhov told RIA Novosti that he was ready to “personally” take the child to his home country. However, he said, Russia’s child protection services had not prepared the documents requested by the Dominican side.

 

“Regional child protection bodies have failed to prepare the necessary documents, which specify where he is being taken and in what conditions [he will live]. Without such papers the Dominican Republic has full authority to keep the child,” he said.

 

Vesti FM radio said the boy, identified as Diego Sollogub, was adopted from a southern Russian city of Kalach-on-Don. Later the adoptive family took the child to the Dominican Republic and returned to Russia, where they were detained by Russian police on suspicion of drug trafficking. After a while, a Dominican family caring for Diego took him to a local orphanage.

 

"In January 2009 they [the adoptive parents] were deprived of parental rights, the adoption was canceled and the boy received the status of a child without parental care. He is currently in an orphanage in the Dominican Republic and our vice consul in Venezuela keeps in touch with him," Astakhov said on Vesti FM.

 

Investigators said the adoptive parents did not transfer the boy to a Dominican family, but sold him for drugs. Channel One reported he was taken to an orphanage by local authorities shortly after they discovered that he was being beaten.

 

"The child was given in payment for drugs, which were smuggled from over there," said Yelena Kiselyova, a senior Federal Drug Control Service investigator.

 

The latest scandal over the adoption of a Russian child abroad comes as the Foreign Ministry announced that all adoptions of Russian children by U.S. parents had been halted until a bilateral agreement on the practice was signed.

 

The suspension was prompted by the case of a 7-year-old Russian boy who was put on a plane to Russia last week by his adoptive family in the United States.

 

Source: Ria Novosti | 15 avril 2010

 

15:36 Écrit par collectif a & a dans Abandon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : russie, enfant abandonné, enfant adopté | |  del.icio.us

14/04/2010

Troubles de l'attachement et états limites

[Via Blogosapiens]

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Dans le cadre de la spécialisation de ma pratique de thérapeute vers l'accompagnement de l'adoption, je suis plongée dans un livre très intéressant sur les troubles de l'attachement des enfants abandonnés. Par ailleurs, je traduisais récemment un document sur les personnalités borderline.

 

La lecture de ces textes montrent clairement le lien entre troubles de l'attachement et structure borderline (états limites). Cela paraît évident a priori, pourtant c'est une piste extrêmement intéressante en termes d'accompagnement car ce qui est préconisé pour l'enfant peut relativement facilement s'adapter à l'adulte.

 

La personne ayant une structure borderline a souffert d'un attachement insécurisant: manque d'attention, de contact, violence y compris sexuelle. L'enfant, au moment où il commence son processus d'individuation au travers de ses premiers pas vers l'autonomie se retrouve face à un ou des parents qui ne répondent que par leur propre problème de symbiose/autonomie non résolu (à moins que l'origine du trouble ne soit dans une difficulté physiologique de l'enfant à entrer en contact, ce qui pourrait aussi poser question en termes transgénérationnels). Comme quoi, si accompagner un enfant est très important, l'accompagnement des parents l'est au moins autant.

 

La difficulté avec une personne ayant une structure borderline est de pouvoir entrer dans une relation authentique avec elle. L'enfant souffrant de troubles de l'attachement ne connaît pas cette relation authentique et a besoin, plus que tout, que le contact avec l'adulte, le parent, la mère au sens archétypal, reprenne sa place. Le fil du contact doit être repris en douceur, avec beaucoup de patience, en laissant la plupart du temps l'initiative à l'enfant. Il en est de même avec l'adulte qui fera lui aussi des allers et retours dans la relation thérapeutique.

 

Le point où je veux en venir est que plutôt que de regarder une personne uniquement au travers du filtre d'une dite structure borderline, qui revient à poser une étiquette, il semble plus thérapeutique de s'intéresser à ses troubles de l'attachement.


Source : Blogosapiens | 12.04.2010

10/04/2010

Adoption internationale en Russie. Retour à l'expéditeur

Russian Boy Artiom Savaliev.jpgLa Russie souhaite geler l'adoption d'enfants russes par des citoyens américains après qu'une famille du Tennessee eut renvoyé à Moscou par avion l'enfant qu'elle avait adopté.
Le petit Russe de 7 ans est arrivé à Moscou tout seul, avec une lettre qui aurait été écrite par sa mère adoptive.




Le jeune garçon de 7 ans, Artiom Saveliev, appelé Justin Artyom Hansen aux États-Unis, est arrivé dans la capitale russe, tout seul, avec une lettre qui aurait été écrite par sa mère adoptive, ont rapporté les médias russes. La missive est signée Torry Hansen.



L'enfant est mentalement instable. Il est violent et souffre de problèmes psychotiques sévères. L'orphelinat russe m'a menti et trompée. [...] Après avoir donné le meilleur de moi-même à cet enfant, je suis désolée de dire que pour la sécurité de ma famille, de mes amis et la mienne, je ne veux plus m'en occuper.

— Torry Hansen, mère adoptive américaine



Les autorités russes ont indiqué qu'un homme avait conduit le garçonnet au ministère de l'Éducation. Peu après son arrivée, l'enfant a été emmené à l'hôpital pour être examiné. Selon la Commission russe des droits des enfants, il a soutenu que sa mère adoptive était « méchante » et qu'elle « ne l'aimait pas ». Il avait été adopté à l'orphelinat de Partizansk, dans l'est de la Russie en septembre, selon diverses agences.



L'affaire, largement traitée dans les médias russes, a scandalisé la population et les autorités. « La façon dont il a été traité est immorale », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Serguëi Lavrov.



Les adoptions sur la glace


Le ministre Lavrov a précisé que son ministère prônait la suspension des adoptions par des Américains jusqu'à ce que les deux pays concluent un accord, qui établirait « les conditions sous lesquelles l'adoption peut avoir lieu » et « les engagements » des familles adoptives.



Washington a déjà refusé de négocier une entente en ce sens auparavant, mais cet événement est « la goutte qui fait déborder le vase », a ajouté le ministre Lavrov.



Le porte-parole du département américain d'État, Philip Crowley, a admis que cette affaire était « troublante ». « Nous aimerions voir ces adoptions se poursuivre, mais nous comprenons les inquiétudes de la Russie, et nous continuerons à travailler avec la Russie pour résoudre ces problèmes », a déclaré M. Crowley.



Les autorités américaines ont assuré qu'elles collaboreraient avec leurs homologues russes et avec les agences d'adoption internationale pour mieux protéger les enfants adoptés.



Moscou a dit vérifier si des lois avaient été brisées. Un porte-parole du ministère russe de l'Éducation a en outre indiqué à l'agence RIA Novosti que le gouvernement avait suspendu la licence de l'agence américaine World Association for Children and Parents, qui avait aidé à l'adoption du garçon.



Le shérif du comté de Bedford, au Tennessee, a de son côté indiqué Torry Hansen fait par ailleurs l'objet d'une enquête.



Selon Associated Press, c'est la grand-mère adoptive, Nancy Hansen, qui a conduit le garçon à l'aéroport de Washington. Elle a nié qu'il ait été abandonné, disant qu'un agent de bord s'en était occupé jusqu'à son arrivée en Russie. La famille a en outre versé 200 $ à un homme en Russie pour qu'il vienne l'accueillir à l'aéroport.



Elle a affirmé que son petit-fils avait des problèmes de comportement, qu'il donnait des coups de pied et de poing et qu'il proférait des menaces.



La Russie a resserré son processus d'adoption après la mort d'enfants russes, tués par leurs parents adoptifs américains.

* En 2006, une femme de Virginie a été condamnée à une peine d'emprisonnement pour avoir battu à mort sa fillette de 2 ans, adoptée en Sibérie quelques mois plus tôt.
* Deux ans plus tard, une femme de l'Utah était condamnée à purger une peine d'emprisonnement de 15 ans pour avoir tué un enfant russe qu'elle gardait.
* Plus tôt cette année, un couple de Pennsylvanie a été accusé d'avoir tué le garçon russe de 7 ans qu'il avait adopté.



Quelques chiffres

- En 2009, 1586 enfants russes ont été adoptés par des Américains. (Source : National Council for Adoption)

- En tout, les Américains ont adopté plus de 60 000 enfants originaires de Russie. (National Council for Adoption)

- La Russie occupe le 3e rang des pays où des citoyens américains adoptent des enfants. (Département d'État américain)

- 740 000 enfants sont sans autorité parentale en Russie, c'est-à-dire orphelins ou confiés à des organismes par des parents qui ne veulent ou ne peuvent pas les élever (UNICEF)

- Le problème de l'alcoolisme foetal de plusieurs enfants russes, notamment ceux confiés en adoption, est un phénomène connu. En 2003, le pédiatre Jean-François Chicoine, l'infirmière Patricia germain et la travailleuse sociale Johanne Lemieux, spécialisée en adoption internationale, écrivaient dans le livre L'enfant adopté dans le monde en quinze chapitres et demi: « À titre de comparaison, on diagnostiquera environ 20 syndromes d'alcoolisation foetale aux États-Unis pour 10 000 naissances, et on en repérera en Russie, 1000 à 2000 pour 10 000 naissances. Pas surprenant avec de tels chiffres que s'y compliquent donc et l'avenir de leur progéniture et celui de plusieurs enfants qui y sont adoptés. »



Source: Radio Canada | 10 avril 2009



US Mother Returns Adopted Russian Boy like Pair of Shoes


A seven-year-old boy arrived at Moscow’s Domodedovo Airport on April 8 in the morning. The skinny boy had no luggage with him – he was only holding a letter in his hands.


“I am Artyom,” he only said.

He did not have any adults with him. He was wandering over the airport alone until customs officers paid attention to the exhausted child. The boy could not explain anything properly. He only handed them a letter. Employees of the airport were shocked when the letter was translated from English into Russian. Torry Hansen, a US citizen, wrote in the letter that she adopted the child on September 29, 2009. The woman wrote that she did not like the boy, he did not fit her, and she decided to return him like a pair of shoes. The woman sent the child back to Russia.

Custody officers picked the boy from the airport and took him to a police station in the Moscow center.

“The boy had a Russian passport with the US visa and a birth certificate. He also had a boarding ticket. He arrived on board a plane of United Airlines. The boarding ticket said that the child was not accompanied by adults,” Pavel Astakhov, the Kremlin’s commissioner for children’s rights said.

One may only guess how the boy managed to pass through customs in the USA and board the plane without adults. However, as soon as the boy found himself at the police station, officials of the US embassy showed up very quickly.

Russia Today: American parents send adopted boy back to Russia by himself

“They wanted to take the child away, and we had to take quite an effort to leave him here. US officials were trying to assure us that he was a US citizen, but the boy had the Russian passport with a visa. They said that it would be much better for the boy to go to the US embassy,” Astakhov said.

The boy was later hospitalized with exhaustion. Afterwards, he will be accommodated in a Moscow orphanage.

The saddest thing in this story is the fact that the adoption agency, which was in charge of the questions of Artyom’s living in the US foster family, said two weeks before that the boy was doing just fine. Photographs of the happy family and the happy boy were attached to the report, officials of the Russian ministry for education and science said.

The boy could hardly speak after he arrived in Moscow. The people who worked with him in Moscow said that he had so much sorrow and sadness in his eyes. Artyom said that he had not been eating anything for several days. He only had several sweets.

 

Source : Pravda.

 

UPDATES: Atryem/Artyom Savilliev and his Abandoner Torry Hansen
Family Preservation Advocate | 10 avril 2010

 

- La Russie bannit 113 agences d'adoption...
régions russes d'accepter les demandes d'adoption transmises par 113 organisations américaines non accréditées en Russie, [...] Les personnes ayant adopté un enfant en Russie doivent envoyer des rapports cinq, 11, 23 et 26 mois après l [...]
Lire la suite

 

- Les sénateurs de Russie appellent à suspendre...
suspendre l'adoption d'enfants russes par des [...] La Russie renforce les règles de l'adoption pour les Etats-Unis suite à l'acquitement de Harrison. [...] Suite à cet acquittement, la Russie a décidé de renforcer les règles d'adoption pour les [...]
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- L'adoption internationale se plie de plus en...
En Russie par exemple, il existe des « facilitateurs » qui font payer des honoraires parfois exorbitants pour mettre en relation une famille avec un [...] on est en train de créer un appel d'air et d'inciter les familles à l'abandon.
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17/02/2010

L’adoption n’est pas une action humanitaire d’urgence

 

Chronique de l Abrincate.jpg

[Via Chronique de l'Abrincate, le blog de Bernard BOETON.]

 

Ci-dessous, le texte rédigé par deux médecins français ayant accompagné une convoi d’enfants adoptés en provenance d’Haïti et ayant transité par la Guadeloupe.



6 heures du matin, Orly, un froid glacial, un aéroport vide,  excepté la porte I, gardée par quelques personnes en civil. Le personnel de la Croix rouge et du Samu sont là, tentent de préparer un espace intime en vue de l’arrivée de 46 enfants au cours de la matinée venant d’Haïti, transitant par la Guadeloupe. Vers 7 heures un premier avion atterri et 26 enfants portés par des adultes, apparaissent enfin. Hagards, sidérés, endormis, fatigués tous enveloppés dans des couvertures, ils sont installés avec douceur dans la partie du Hall qui leur est réservée. Quelques vieux jouets trainent, et accueillent les plus téméraires qui quittent les genoux bienveillants de leurs référents. On leur parle doucement et on leur propose des boissons et des gâteaux. Le calme règne. Pas pour longtemps. Les premiers référents de Guadeloupe partis, les enfants hurlent, s’agrippent, s’endorment subitement, sont pris de panique, s’immobilisent dans des expressions vides. Les adultes regardent. Le personnel des CMUP (cellules médico psychologiques d’urgence) s’inquiètent en voyant émerger au-delà des manifestations réactionnelles assez classiques au vu de la situation, les malaises anciens des enfants. Les plaies psychiques s’ouvrent révélant les amputations affectives récentes et sévères, traces profondes du vécu des enfants, réactivées par l’urgence du transfert.

 

Le personnel administratif et les personnalités politiques des ministères notent la normalité des réactions de ces enfants qui viennent de subir un traumatisme, celui du séisme. Deux regards, deux interprétations, qui se transforment en dialogue de sourd. La vie psychique n’existe pas, la souffrance profonde non plus, seule l’expression réactionnelle, et donc entendez ponctuelle, a le droit de cité : enfants fatigués par le voyage, le décalage horaire, ce qu’ils ont vu et vécu du séisme…

 

Durant l’attente pour remplir les formalités administratives, les psychologues passent voir les parents et leur expliquent progressivement  le vécu des enfants arrivés. Ils iront ainsi tout au long de la matinée les tenir au courant des réactions de leurs enfants.

 

Les rencontres sont pour certaines émouvantes, d’autres effrayantes tant les conditions d’urgence de cette mise en relation, sont en soi un séisme, cette fois psychique.

 

Les référents de Guadeloupe sont surpris de constater que personne ne parle créole et ils pourront à plusieurs reprises calmer les enfants en s’adressant à eux dans leur langue, pour compenser notre impuissance à le faire.  Après leur départ personne ne pourra prendre le relais, certains enfants hurleront pendant des heures, même après la rencontre avec leurs parents adoptifs. Ils devront partir avec cet enfant inconsolable, inapprochable, nous confiant déjà qu’ils ne supportaient plus ses cris et qu’ils auraient besoin de repos. Mais impossible, ils doivent partir avec l’enfant, cela fait déjà 6h, 7 ou 8 heures qu’ils sont là dans ce grand couloir aménagé d’aéroport.

 

Alors que nous entendons dans l’espace public que tout est fait en tenant compte de règles éthiques, juridiques, sévères, nous assistons médusés à la séparation de jumeaux arrivés dans deux avions différents, adoptés dans deux familles différentes ; deux enfants adoptés dans la même famille devenant frère et sœur sans aucune préparation ; des parents adoptifs déchirant une lettre d’une mère de naissance ne souhaitant rien garder du passé ; d’autres ne supportant pas la tenue de l’enfant qu’ils ont rencontré 5 minutes plus tôt et qu’ils changent, le dévêtant, lui supprimant ainsi ce qui faisait office de peau, d’enveloppement sensoriel ; de parents inadaptés psychiquement sans capacités identificatoires à l’enfant ; d’autres s’adressant à l’enfant avec son nouveau prénom sans lui avoir parlé de leur souhait de le rebaptiser tout de suite. Heureusement quelques belles rencontres nous apaisent tel cet homme seul accueillant son petit garçon avec douceur, sans chercher à l’accaparer, lui offrant de belles chaussures qu’il aime exhiber à ses copains, l’obligeant à l’attendre, ce qu’il accepte; ou ce couple avec deux enfants dont une petite fille de 5 ans qui pendant des heures tournera dans le hall, refusant de partir, son père la suivant, attendant qu’elle l’apprivoise.

 

Au regard de toutes nos observations de ce jour, nous confirmons que  l’adoption n’a pas sa place dans un dispositif humanitaire. La logique de sauvetage physique, en tenant compte de l’urgence médicale seulement, ne peut pas être éthique si elle ne prend pas en compte la santé psychique des enfants que nous voulons sauver. L’amputation n’est pas réservée au corps, elle existe dans la vie psychique où la souffrance lancinante empêche tout processus vital. Ici l’amputation est le déracinement, l’arrachement, la précipitation, propre à « l’accélération des procédures d’adoption en cours ». Celle-ci devient un risque majeur d’échec pour la construction du lien de filiation adoptif.

 

Nous déplorons que notre expertise clinique soit inaudible au nom du déni de la vie psychique de l’enfant, de sa construction. « Vous ne pouvez pas en trois minutes dire comment vont ses enfants » avons-nous entendu ce matin là par des personnalités institutionnelles organisant ce dispositif. Vouloir traduire la vie affective des enfants, est en soi insupportable. Personne n’a contrecarré un diagnostic médical fait en trois minutes. Deux santés, pour deux priorités qui ne sont pas à égalité.

 

L’invisible du psychisme nécessite un regard qui repose sur des années d’expérience et de pratique, le refuser, l’ignorer, le dénier est une atteinte direct aux droits des enfants et leur intérêt d’être reconnu dans leur identité de Sujet.

 

Nous demandons à l’exemple d’autres pays, le gel de toute arrivée d’urgence des enfants. Et de prendre des mesures spécifiques propres à l’adoption sans les confondre avec les exigences des sauvetages humanitaires.

 

Dr Pierre Lévy-Soussan  
psychiatre, psychanalyste

Mme Sophie Marinopoulos
psychologue, psychanalyste

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Témoignage du Dr Bydlowski.
Le transport des enfants haïtiens en cours d’adoption par des parents français

12 Février 2010 – Retour de Guadeloupe

 

L’émotion soulevée par le séisme a entraîné les autorités françaises à accélérer les procédures d’adoption en cours.

 

La lenteur habituelle de ces protocoles est en effet impopulaire auprès des familles en mal d’enfant. Elle a cependant sa rationalité : aucune adoption ne peut se réussir dans l’urgence. Il faut en effet respecter la temporalité de l’installation  de la parentalité d’une part et celle de la préparation de l’enfant au moment crucial de la mise en relation avec la famille adoptante et du départ du milieu d’origine.

 

Dans la situation tragique créée par le séisme, des enfants non blessés physiquement sont ainsi évacués d’Haiti par groupes de 50 environ en avion militaire et sans accompagnement.  Ils ont entre 6 mois et 9 ans et presqu’aucun ne parle ni ne comprend le français. Leur stress extrême est une leçon de clinique du traumatisme (incontinence, pleurs, sidération ou au contraire hyper agitation). Les Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique) sont la première étape de leur exode, mais aucune structure d’accueil stable n’y est proposée. L’équipe essentiellement  bénévole du CUMPS (cellule  d’urgence médico psychologique) les reçoit et ne doit les garder qu’une nuit. L’urgence prescrite étant de les accompagner au plus vite dans un avion de ligne direction Orly où des parents à peine encadrés les réceptionnent sans accompagnement spécifique. Nouvelle étape puisqu’ensuite les enfants sont répartis dans toute la France. Le risque de solitude des familles adoptantes avec ces enfants qui viennent de traverser des expériences traumatiques est majeur.

 

Le vol AF du 11 février transportait ainsi 19 enfants dont 12 bébés de 6 mois environ et une dizaine d’accompagnants bénévoles (toujours les mêmes) épuisés. On estime que cette semaine 370 enfants auront ainsi  été « traités » ; 130 environ vont suivre dont les dossiers sont en règle. On estime que 400 autres ont leurs dossiers encore en suspens.

 

Les bénévoles du CUMPS témoignent de rencontres potentiellement explosives avec des enfants qui risquent d’être mal acceptés par certains parents ne les ayant jamais rencontrés auparavant, ou bien parce que porteurs de signes de troubles de développement déjà visibles.

La situation, ainsi créée, additionne les traumatismes des rencontres bâclées à ceux de l’effondrement de leur pays, et risque de préparer à l’échec du processus d’adoption. Ajoutons que les services de pédopsychiatrie en France, déjà surpeuplés, auront du mal à faire face à des « urgences adoptives »  immédiates ou différées.

 

Des propositions

1. La création d’une structure d’accueil des enfants haïtiens sur une durée de plusieurs mois en Guadeloupe, en milieu créolophone est une nécessité absolue. Les enfants pourraient y être écoutés, rassurés, soignés. Cette structure permettrait leur bilan et l’évaluation de leur adoptabilité. Elle offrirait aux enfants une expérience de vie collective avec des pairs et la préparation à la rencontre de parents adoptants, sur place, dans un lieu de vie voisin  du pays d’origine.


2. La question de la langue maternelle est essentielle même pour les tout-petits. Il existe en France une communauté de près de 70.000 Haïtiens. Pourquoi ne pas envisager de développer des liens entre ceux-ci et les familles adoptantes, ayant d’ores et déjà accueilli un enfant ? Ces contacts permettraient de développer des espaces de transition, offrant un bain culturel aux enfants, retrouvant par là des repères structurants, dont la perte brutale est pourvoyeuse de traumatismes. Ils permettraient aussi aux parents adoptifs de tisser une histoire favorisant l’accueil des enfants. L’idée est de relancer des processus de vitaux, là où le séisme a semé morts, violences et douleurs.

 

Eloigner purement et simplement, sans accompagnement, ces enfants du lieu de l’horreur est bien insuffisant. Il faut leur donner les moyens, un jour, de pouvoir penser cette expérience, et pour cela, aider les parents adoptifs à soutenir ces processus.

Docteur Monique Bydlowski

 

Communiqué de presse.

Enfants d’Haïti et adoption : du sauvetage au désastre


Le déplacement en urgence des enfants d’Haïti « en cours d’adoption » que la France a conçu comme un processus de sauvetage humanitaire est un nouveau scandale français en matière d’adoption internationale. D’autres pays ont fait le choix du gel de toutes les procédures en cours afin d’éviter les maltraitances et les trafics d’enfants. Après le tirage au sort des enfants par l’Agence Française de l’adoption, l’arche de Zoé, les agréments  obtenus contre l’avis des professionnels par intervention d’un politique, voilà maintenant l’adoption en lieu et place d’un sauvetage humanitaire.


La logique de sauvetage physique, en tenant compte de l’urgence médicale seulement, ne peut pas être éthique si elle ne prend pas en compte la santé psychique des enfants que nous voulons sauver. L’amputation psychique des enfants d’Haïti propre au déracinement, à l’arrachement, la précipitation, propre à « l’accélération des procédures d’adoption en cours» est une pratique inadmissible contre l’enfant et la famille adoptante qui mèneront à des échecs d’adoption dramatiques.


Que sommes nous devenus, les adultes d’aujourd’hui pour imaginer qu’un enfant se possède, s’achète, se prend, se consomme, se livre « en urgence » au mépris de sa temporalité psychique et des étapes légales indispensables garantissant sa légitimité ? Que se passe t-il pour que nous pensions que des enfants âgés de 6 mois à 9 ans déracinés, arrachés à leur culture, dans une précipitation salvatrice au nom du séisme dramatique qui a touché Haïti, ne puissent retrouver le bonheur, qu’en France, dans une famille adoptive ? Pourquoi l’adulte d’aujourd’hui est incapable de penser que l’enfant qui vient de vivre une catastrophe naturelle, est profondément traumatisé et que son statut de survivant l’oblige d’abord à se retrouver parmi « les siens » au sens large : dans son pays, d’entendre sa langue, de sentir ses odeurs, de se retrouver dans sa communauté d’enfants,  pour se restaurer, revivre? Pourquoi les futurs parents adoptifs n’ont pas fait une chaine de solidarité, envoyant des dons massifs, pour que les enfants restent dans leur pays dans une zone non touchée, et soient pris en charge médicalement, psychologiquement, matériellement dans leur pays avant tout ?


Il n’y avait pas urgence à transférer ces enfants en France dans les conditions auxquelles nous avons assistées lors de l’arrivée de 46 enfants sur les 363 arrivés. Ce que nous avons vu et entendu à l’aéroport d’Orly le 11 février 2010 n’est pas digne d’un pays d’accueil, civilisé, qui respecte les enfants de toutes origines, leurs donne des droits et s’occupe de leur intérêt.


L’intérêt de l’enfant, ce thème majeur dans la protection de l’enfance, est en perte de sens depuis longtemps et ce 11 février 2010 en est la démonstration vivante. Cet accueil, plus exactement cette « livraison », vient sceller notre surdité face aux besoins des enfants et leur intérêt majeur. Perdus, les enfants tout juste arrivés, oscillent entre se taire comme ultime réflexe de survie en plongeant dans une hypersomnie, des états de sidération, de prostration ;  ou bien hurler à en perdre la voix pendant des heures, s’agitant, marchant le regard perdu, hagard, n’attendant plus rien de ce monde adulte qui ne veut pas les entendre dans leurs besoins premiers. La chronologie des troubles, qui n’existaient pas avant le départ d’Haïti, permet d’évoquer une cause traumatique aigue, précoce, liée au déplacement dans l’urgence des enfants, sans aucune préparation psychique. Ces états traumatiques ne sont pas liés directement aux conséquences du séisme ni aux conditions de vie après. De tels états ne sont presque jamais observés avec une telle intensité ou sur un aussi grand nombre d’enfants dans les suites d’une catastrophe naturelle.


Pendant que nous imaginons être des sauveteurs d’enfants, le monde nous regarde agir, juge nos passages à l’acte et fera le bilan. Les plus graves conséquences seront subies par les enfants et leurs familles et les années à venir révéleront des échecs d’adoption que nous avons fabriqués de toutes pièces.  La « livraison » des enfants d’Haïti va laisser de lourdes traces dans l’histoire de l’adoption internationale en France.


Sophie Marinopoulos et Pierre Lévy-Soussan


Source: Chronique de l'Abrincate.

 

- "Adopter n'est pas un acte humanitaire"
Lors de crises humanitaires, généralement, toutes les procédures d'adoption sont gelées.
Youphil | Julie Schneider | 11/01/2011

 

- Haïti : urgence, traumatisme et adoption

Depuis une quinzaine de jours, des enfants arrivent à Orly et Roissy ; 70 % ont moins de trois ans. 7, 30, 40, 61 enfants selon les vols sont ainsi débarqués en France depuis le tremblement de terre d’Haïti. Ils sont hagards, prostrés, tenus dans les bras de secouristes tout aussi bouleversés et silencieux face à des enfants qui ne réagissent pas, qui ne réagissent plus. Sont-ils toujours vivants, psychiquement ?

Ces enfants, ces tout-petits, ces bébés même, ont vécu un événement traumatique majeur. Il ne s’agit pas tant du tremblement de terre que des conséquences néfastes de celui-ci sur leur vie et leurs repères. En quelques heures, ils ont été dans le chaos total d’un tremblement de terre, avec des adultes perdus, submergés de peine, de désespoir et d’impuissance. Certains  sont blessés, d’autres ont erré seuls pendant des heures, d’autres abandonnés …

Ils se trouvent en situation de deuil traumatique non seulement parce qu’ils ont été confrontés à un risque de mort imminente mais surtout par ces multiples pertes qu’ils ont dû subir en quelques jours : perte de leurs figures d’attachement, de leurs repères et comme si cela n’était pas suffisant, perte de leurs racines, de leurs habitudes.

Ce n’est pas tant la catastrophe de ce tremblement de terre que la manière dont ses conséquences ont été traitées qui risque de faire une trace traumatique durable dans leur histoire de ces enfants.

De l’autre côté, il y a des parents qui sont à des niveaux d’élaboration de leur parentalité bien différents : de rares parents ont déjà rencontré leur enfant (12%), la majorité ne les connaît qu’en photos (63%) et certains ont juste un prénom mais pas même une photo (25%). Il y a aussi des frères et des sœurs bouleversés dans leur rapport à cet enfant venu d’ailleurs et, pour certains, dans des états de réactivation traumatique de leur propre histoire d’enfants adoptés.

Le tremblement de terre et le retour des enfants ont violement court-circuité leur démarche  d’adoption.

Dans un tel contexte, comment penser la rencontre entre cet enfant et ces familles ?

Comment pouvoir s’imaginer qu’en quelques heures, dans un aéroport aux conditions d’accueil précaires, tout ce processus de construction autour de cette nouvelle filiation va pouvoir se faire ? Comment ne pas craindre les effets de déculturation et de désaffiliation si aucune étape n’est prévue avec du temps pour que chacun, enfant et parents, aille l’un vers l’autre ?

Les conséquences traumatogènes d’un tel événement (le tremblement de terre ET cette adoption précipitée) dépendront de ce qui pourra leur en être dit, de ce qui pourra être mis en place pour réassurer au plus tôt ces enfants et leur permettre d’intégrer ces multiples ruptures subies.

Ce qu’ils viennent de vivre se surajoute tout en réactivant les traumas antérieurs. Et l’adoption n’annulera pas la dette traumatique, même avec un amour infini des parents adoptants.

 

Enfance Majuscule
enfancemajuscule@wanadoo.fr

 

- Quitter Haïti en catastrophe ne peut être qu’un traumatisme surajouté pour des enfants qui ont vu leur pays s’effondrer.
Le point de vue de Bernard Golse, pédopsychiatre.
Via Osi Bouaké.




- L'adoption n'est pas de l'aide humanitaire. Opération "Baby Lift" à Haiti.
Via United Adoptees International - News.

 

13/02/2010

Abolir l'aide - adoption. Ou pas?

De Wereld is van Iedereen.jpg

Ceci est la traduction de l'article "Schaf de hulp adoptie af. Of niet?" paru sur le blog "De Wereld is van Iedereen".
Auteur : Michiel, père de deux enfants nés en Colombie.




L’économiste zambienne Dembisa Moyo soutient que l’aide au développement attise la corruption et sape l'autonomie des pays en voie de développement.

"Je ne nie pas que l'aide au niveau individuel améliore et sauve des vies à court terme. Les nouvelles pompes à eau potable allègent brièvement l'existence. Mais, dans son ensemble, le pays n'ira pas mieux. Au contraire, l’aide est contre-productive et contribue à créer plus de pauvreté." [de Volkskrant]

Je vois un parallèle frappant avec l'adoption internationale. Cela peut également contribuer à ce que les pays investissent insuffisamment dans la protection des enfants, de l'aide aux familles à problèmes (*) et conduire à la corruption et au trafic d'enfants.


Mais Moyo a également rencontré la critique. Premièrement, il y a beaucoup d'autres causes que la pauvreté, comme l'impact, l'influence du colonialisme. Si le monde devrait suivre l'avis de Moyo, beaucoup de gens qui vivent maintenant, seraient mortes. A cela Moyo répond: «Ce qui est encore plus cruel, c'est d'emprisonner délibérément les Africains dans la pauvreté pour soixante années supplémentaires. »


Les partisans de l'adoption internationale utilisent des arguments similaires: il y a maintenant des enfants qui ont besoin d'urgence d’une famille et qui sans l'adoption internationale auront un avenir sombre. Et même encore sans l'adoption, des enfants sont victimes de traite.
Les opposants indiquent que de nombreux adoptés ne sont pas heureux parce qu'ils sont séparés de leurs familles d'origine.

 

La principale différence entre le débat sur l'aide au développement et le débat sur l'adoption est qu'il n' y a pas dans le monde de l'adoption un "gourou" renomé, brillant et convaincant que tout le monde veut écouter.

 

(*) Michiel, l'auteur du blog "De wereld is van iedereeen" fait référence à l'étude anglaise sur la relation entre les structures de soins institutionnels et l'adoption internationale d'enfants en Europe. Shihning Chou et Kevin Browne.


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‘‘L’aide fatale’’ de Dambisa Moyo
Observatoire du Sahara et du Sahel

 

Dead aid : sortir l’Afrique de l’impasse.
Guillaume Vuillemey, Institut économique Molinari.
Le Monde


Plus de Moyo, moins de Bono.
Pierre-Antoine Delhommais.
Le Monde

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Faut-il stopper l’adoption internationale?



faut il stopper l'adoption internationale.jpgAprès le scandale de l’Arche de Zoé, le secteur de l’adoption est en crise. Christine Piffaretti, de l’association suisse Espace Adoption, s’alarme. Les enfants ne sont pas des marchandises.



Femina L’affaire de l’Arche de Zoé va-t-elle avoir des conséquences sur l’adoption en général?
Christine Piffaretti Pendant un certain temps, elle va faire planer le doute sur des ONG qui travaillent très dur pour obtenir la confiance des gouvernements. Les parents adoptifs vont aussi être soupçonnés de se constituer en un lobby qui fait pression. Les choses s’apaiseront. Mais il faut rester vigilant.



Doit-on boycotter certains pays?
Les autorités devraient avoir le courage d’interdire provisoirement les adoptions dans les pays qui n’offrent pas les garanties minimales. Le Cambodge,Haïti ou le Guatemala demandent une attention particulière en raison des risques de trafic. Certains pays d’Afrique ont même déclaré des enfants adoptables, sans savoir si leurs parents étaient décédés, sans s’assurer qu’ils n’avaient pas été volés. C’est inacceptable.



Tous ces enfants ne sont alors pas orphelins…
La notion de famille est différente selon les continents. Dans la culture africaine, par exemple, on pense famille élargie. Il est normal que des bébés soient placés auprès de tantes, de cousines ou qu’ils vivent avec leur grand-mère si leurs parents ont disparu ou sont dans l’incapacité de s’en occuper. C’est leur réalité. Pareil après la catastrophe du tsunami, les demandes d’adoption sont arrivées massivement alors que la plupart des orphelins avaient des relais autour d’eux pour rester dans leur pays d’origine.



Le malaise autour des filières de l’adoption n’est donc pas récent?
Il y a dix-huit ans, à la mort des Ceausescu en Roumanie, le monde entier s’est senti concerné en voyant les images des orphelinats. La Roumanie est devenue un véritable «réservoir d’enfants» contrôlé par le marché gris. D’où, il y a trois ans, la décision de bloquer les adoptions au niveau international.



L’explosion des demandes d’adoption venant des pays industrialisés ne pose-t-elle pas problème?
On assiste à un retournement de situation. Comme si on cherchait des enfants pour des parents adoptants, plus qu’une famille pour accueillir un orphelin… Sauf que ce ne sont pas des marchandises disponibles sur un marché international, où l’on vient s’approvisionner avec son panier. Il y a une autre confusion: l’adoption n’est pas un acte humanitaire, mais bel et bien une filiation qui va se tisser sur toute une vie. La question que l’on doit se poser aujourd’hui est la suivante: est-ce que l’intérêt de l’enfant est de quitter son pays? On a tort d’imaginer qu’il sera forcément mieux chez nous.



Les pays en voie de développement ont-ils pris des mesures concrètes?
A l’échelle mondiale, on a vu de nettes améliorations depuis que la Convention de La Haye a été signée en 2003. Ce texte veut rendre les Etats signataires attentifs à la protection de l’enfance. Des programmes de planning familial ou des structures d’accueil ont été mis en place en Inde, au Brésil ou en Colombie. L’objectif étant que les enfants restent chez eux, si c’est possible.



Et en Suisse, comment ça se passe?
La Suisse collabore étroitement avec la Colombie et la Thaïlande. Cela fonctionne bien. Mais il y a toujours des risques lorsque de futurs parents passent par des circuits privés non reconnus par l’Autorité Suisse en matière d’adoption. Au niveau national, on parle de 500 enfants adoptés par an en moyenne, dont une vingtaine nés sur territoire helvétique.



Bio express

Christine Piffaretti est née en 1953 et habite Genève. Psychothérapeute, elle est très engagée dans les questions de filiation. Directrice de l’Ecole des parents de 1988 à 1996, elle a eu la chance de côtoyer Françoise Dolto. Elle est responsable de l’Association Espace Adoption, une ONG suisse qu’elle a fondée en 1999 et qu’elle dirige depuis.
Renseignements: www.espaceadoption.ch



Source: Femina.ch

 

 

11:02 Écrit par collectif a & a dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adoption internationale, enfant adopté | |  del.icio.us

26/01/2010

Séïsme Haïti: Positions et Déclarations des Adoptés Adultes.

Via United Adoptees International - News.

Logo-UAI-News.jpg

 

- Adoptees of Color Roundtable.
Statement on Haiti

This statement reflects the position of an international community of adoptees of color who wish to pose a critical intervention in the discourse and actions affecting the child victims of the recent earthquake in Haiti. We are domestic and international adoptees with many years of research and both personal and professional experience in adoption studies and activism. We are a community of scholars, activists, professors, artists, lawyers, social workers and health care workers who speak with the knowledge that North Americans and Europeans are lining up to adopt the “orphaned children” of the Haitian earthquake, and who feel compelled to voice our opinion about what it means to be “saved” or “rescued” through adoption.

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- New Statement by Adoptees of Color on Haiti

Please read this powerful Statement on Haiti released by the Adoptees of Color Roundtable:

We are domestic and international adoptees with many years of research and both personal and professional experience in adoption studies and activism. We are a community of scholars, activists, professors, artists, lawyers, social workers and health care workers who speak with the knowledge that North Americans and Europeans are lining up to adopt the “orphaned children” of the Haitian earthquake, and who feel compelled to voice our opinion about what it means to be “saved” or “rescued” through adoption.

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- Statement from Bastard Nation: The Adoptee Rights Organization on Haitian Adoption and Babylifting

For the last week, Bastard Nation: the Adoptee Rights Organization, like the rest of the world, has been watching the devastation in Haiti. The images are frightening, sad, and heartrending, especially those of the children.
We have also watched the rush to rescue Haitian children by adoption. Within three days of the earthquake, Catholic Charities of Miami had set up a scheme modeled on Operation Pedro Pan, a joint State Department-CIA-Miami Diocese project from the early 1960s to separate children from their parents, creating young pawns in the US war against the Castro government. Although “Operation Pierre Pan” in Haiti is on hold, at least for now, numerous evangelical churches and ministries, adoption agencies, secular organizations, unfinalized adoptive parents and other individuals--many with conflicts of interest--have joined the rescue mission call to remove children immediately, no matter what their family status, to the US for the purpose of adoption.

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- Les médias aiment les parents adoptants. La voix des adoptants prévaut.
Media love adoptive parents. The voice of adopters prevail.
United Adoptees International - News. 20 janvier 2010.



- Position de l’association française "La Voix des Adoptés"
"L’adoption d’aujourd’hui a changé. Désormais, en plus des parents qui témoignent de cette aventure, en plus de l’expertise et de la compétence des professionnels, s’ajoute la voix des principaux intéressés, les adoptés : au centre de la discussion et pourtant si peu entendus. Notre association, elle-même fondée et tenue par des adoptés adultes, a d’abord pour vocation d’être un lieu pour eux, pensé pour eux : d’une rencontre ponctuelle à l’investissement personnel, d’une simple question à la participation aux activités proposées, le choix est large et doit convenir à tout adopté, quelle que soit son histoire, son âge ou son pays d’origine. Etre écouté sans être jugé, telle est la philosophie de l’association !
Et enfin, La Voix des Adoptés a l’ambition d’entrer dans le débat de la problématique de l’adoption sur la scène nationale et internationale, pour rendre celui-ci plus constructif et plus dans l’ère du temps.
Nous sommes persuadés que c’est ensemble, avec tous les acteurs du monde de l’adoption, que nous construisons l’adoption de demain."
Haïti. Maintenant. Et après ? 19 janvier 2010.