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31/01/2012

Espagne. L'affaire des bébés volés. Baltasar Garzon, poursuivi à la demande de deux associations d'extrême droite.

Baltasar Garzon, poursuivi à la demande de deux associations d'extrême droite, est accusé d'avoir enfreint la loi d'amnistie votée en octobre 1977, deux ans après la mort de Francisco Franco, qui était censée imposer un pacte du silence sur les années noires de la guerre civile (1936-1939) et de la dictature (1939-1975). A 56 ans, poursuivi pour abus de pouvoir, Baltasar Garzon risque vingt ans d'interdiction d'exercer, une peine qui mettrait fin à sa carrière. Son procès doit se poursuivre mercredi avec les premières auditions des 22 témoins représentant les familles de victimes.

Le magistrat a d'ailleurs profité de sa déposition pour souligner qu'il n'existait "aucune donnée sur la guerre civile", et que son instruction avait finalement reposé sur le travail d'associations et sur des témoignages pour chiffrer le nombre des disparus à plus de 114 000.

Le dossier ouvert par Baltasar Garzon, mondialement connu pour avoir fait arrêter l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres, lui a valu l'inimitié des milieux conservateurs qui l'accusaient de raviver de vieilles blessures.
Mais les familles de disparus ne cessent de dénoncer l'absence de volonté de l'Espagne de faire face à son passé, en dépit d'une loi votée en 2007 afin de réhabiliter les victimes.

Un dernier scandale en date a fait surface l'an dernier lorsque des familles ont commencé à témoigner sur le sort de bébés volés pendant la dictature, une pratique qui a donné lieu à un véritable trafic jusque dans les années 1980.

La suite dans Le Monde.

15:40 Écrit par collectif a & a dans Bébés volés, Maltraitance, Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : espagne | |  del.icio.us

10/11/2011

Enquête sur le scandale des bébés espagnols volés. Un incroyable trafic d'enfants.

enfants voles du franquisme.jpgDu franquisme aux années 80, 300 000 bébés espagnols ont été volés à leur famille pour être revendus.
Le documentaire inédit de Caroline du Saint tente de faire la lumière sur ce terrible secret.


La Une propose le jeudi 10 novembre 2011 à 21.50 une enquête surprenante, nourrie de témoignages bouleversants, sur un trafic de bébés volés en Espagne qui a commencé sous la dictature de Franco et qui a duré près de 50 ans : Bébés volés : l’incroyable scandale, un documentaire de  Caroline du Saint

Un incroyable scandale, c’est le mot : 300 000 bébés ont été volés à leurs mères au cœur de l’Europe, pour alimenter un incroyable trafic d’enfants. Le scandale, qui  vient d’éclater en Espagne, est devenu une affaire d’Etat. Des enfants, aujourd’hui trentenaires, partent à la recherche du secret caché de leurs origines et des milliers de plaintes ont été déposées. Le film rend la parole à ces enfants et à leurs mères dépossédées, réduits au silence pendant des décennies. Il nous mènera aussi chez les responsables du trafic : médecins, religieux, qui exercent encore mais qui vont aujourd'hui rendre des comptes.

Tout a commencé en 1940 sous la dictature de Franco. Les nouveaux nés des familles républicaines étaient enlevés à leurs mères pour être élevés dans des familles franquistes. Voler des bébés était alors un projet politique : « rééduquer » les enfants des « rouges » dans les valeurs nationalistes et catholiques.  Dans les années 50 et 60,  la politique a fait place à la morale chrétienne. Les bébés étaient enlevés à des jeunes filles mineures ou des mères célibataires, à qui on annonçait la mort de leur enfant juste après l’accouchement.   Mais plus incroyable encore, ces vols de bébés ont continué, à plus grande échelle encore, sous la démocratie... Les réseaux mis en place sous la dictature ont perduré,  l'argent a remplacé les idéologies et le trafic s’est même internationalisé. Cet incroyable commerce illicite ne s’est interrompu qu’en… 1987 ! De 30.000 bébés volés sous la dictature, on passe à 300.000 enfants enlevés dans l’Espagne moderne. Ce trafic fut rendu possible par la complicité entre institutions religieuses et cliniques privées. Pour avoir une idée de l’ampleur de ce trafic, un exemple : dans les années 80, une clinique privée de Madrid a déclaré 37 décès de nouveaux nés en un mois sur une centaine de naissances, avec des causes de décès aussi farfelues qu’une otite. 37 décès ou plutôt 37 bébés arrachés à leur mère. Petit à petit des langues se sont déliées et aujourd'hui, les bébés volés d'alors sont devenus des adultes et réclament la vérité. Une gigantesque enquête ADN a été lancée pour tenter de renouer les liens entre ces enfants en quête de réelle identité et leur mère biologique. Des milliers de plaintes ont été déposées, plusieurs centaines sont en cours d'instruction. Les premiers procès devraient avoir lieu dans quelques mois. Et une cellule « bébés volés » a été constituée au sein du ministère de la justice espagnol.

Ce documentaire est une enquête fouillée sur ce système occulte ; une enquête nourrie de témoignages forts des victimes du scandale (enfants volés, mères spoliées, parents adoptifs) et d’images poignantes des premières retrouvailles dans les familles recomposées. Une enquête surprenante sur un incroyable scandale au cœur de l’Europe. Production : Capa Presse TV

 

Le samedi 12 novembre 2011 à 21.05 sur La Trois. Le doc sera suivi à 22.00 de 'Ninos' de José-Luis Penafuerte

Entre juillet 36 et mars 39, la guerre civile espagnole a provoqué l'évacuation forcée de plus de trente mille enfants espagnols, des enfants qui avaient entre 4 et 14 ans, par trains, bateaux, camions ou à pied.Par la suite ces enfants ont été accueillis en Belgique, en Russie, au Mexique, en Angleterre et en France. Autant de routes, d'arrêts et de chemins d'espoir, qui les ont amené vers un nouveau destin, une nouvelle survie, une nouvelle vie. Depuis lors, ils sont appelés Los niños de la guerra, une histoire tombée dans l'oubli.Le film est avant une introspection à travers la mémoire intime et collective de ces " enfants " oubliés. Il évoquera l'itinéraire de Emilia Labajos (Belgique), et rappellera les faits mais jamais il ne nous écrasera avec un excès de vieux documents, évitant de nous tourner vers son passé et d'y rester. Ce film nous conduira dans les espaces où une mémoire se construira sous nos yeux, une mémoire vivace et douloureuse qui se bat contre l'oubli

Source: RTBF
 

10:02 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, enfants volés | |  del.icio.us

20/06/2011

L'Espagne enquête sur 849 cas présumé de trafic de bébés.

MADRID - Des procureurs espagnols enquêtent sur 849 cas de nouveau-nés qui auraient été volés à leur mère et vendus à d'autres familles dans le seul but d'en tirer un profit, a annoncé le procureur général du pays vendredi.

Candido Conde-Pumpido a indiqué que 162 dossiers avaient déjà été déférés devant la justice, et que seulement 38 autres avaient été abandonnés par manque de preuves.

Le vol de bébés durant la guerre civile de 1936-1939 en Espagne est déjà bien documenté, mais certains cas de trafic d'enfants seraient survenus jusqu'au milieu des années 1990.

De nombreux Espagnols ont été affectés par ce scandale, qui s'est déroulé «sur une période prolongée», a affirmé M. Conde-Pumpido lors d'une conférence de presse.

Le bureau du procureur général a été alerté par ANADIR, une association qui recherche des enfants ou des parents disparus.

Enrique Vila, un avocat qui représente ANADIR, a déclaré que ce qui avait commencé comme une punition politique contre les sympathisants républicains durant la guerre civile s'était transformé en combine lucrative qui a persisté illégalement bien après le retour de la démocratie en Espagne, en 1978.

Le juge d'instruction Baltasar Garzon a calculé qu'il pourrait y avoir eu jusqu'à 30 000 vols de bébés en Espagne dans la foulée de la guerre civile.

Me Vila a affirmé qu'il y avait, derrière ce trafic de bébés, un vaste réseau impliquant des médecins, des infirmières, des sages-femmes, des religieuses et des intermédiaires qui trouvaient des enfants aux couples qui en voulaient. Les mères des bébés se faisaient dire que leur enfant était mort-né.

«On ne peut pas attribuer cela à une seule organisation», a dit M. Conde-Pumpido.

 

Spain probes 849 cases of alleged baby trafficking


MADRID -- Spanish prosecutors are investigating 849 cases of newborn children stolen from their mothers and sold to other families for profit, the country's attorney general said Friday.

Candido Conde-Pumpido said 162 cases had already been referred for trial and only 38 have been dropped for a lack of evidence.

It is well documented that babies were taken from women who had supported the defeated Republican side after Spain's 1936-39 civil war. However, some of the baby trafficking cases are as recent as the mid-1990s.

"A great many Spaniards" had been affected by the scandal, which took place "over a prolonged period of time," Conde-Pumpido said at a news conference.

His office was alerted to the cases by ANADIR, an association of people searching for lost children or parents.

Enrique Vila, a lawyer representing ANADIR, said what had begun as a politically motivated punishment for Republican sympathizers eventually became a purely moneymaking scheme that persisted illegally well past Spain's return to democracy in 1978.

Investigating magistrate Baltasar Garzon has calculated there could have been 30,000 baby thefts in Spain in the wake of the civil war.

Vila has argued that there was more or less a nationwide network behind it, involving doctors, nurses, midwives, nuns and intermediaries that would find children for couples that wanted them. Mothers were told that their babies were stillborn.

"It is not possible to attribute this to a single organization," said Conde-Pumpido, speaking in the eastern city of Valencia following a meeting with prosecutors general from Spain's 17 autonomous regions.

Source: The Sacramento bee , Pound Pup Legacy

 

 

11:42 Écrit par collectif a & a | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : espagne, bébés volés, trafic d'enfants | |  del.icio.us

08/02/2011

Espagne. Trafic de bébés, l’autre visage du franquisme

Ninos Robados Espagne.jpgL’Espagne a bien du mal à regarder en face son passé. Le ministère public espagnol a rejeté début février la demande d’une association qui demandait l’ouverture au niveau national d’une enquête sur le vol organisé à grande échelle d’enfants. Initié sous la dictature de Franco le sinistre trafic aurait perduré jusqu’à la fin des années 1980.

 

 

C’est tellement gros qu’on se demande naturellement dans un premier temps s’il ne s’agit pas d’un canular. Et pourtant non. L’association Anadir (association nationale des victimes d’adoptions illégales) appuie ses affirmations sur un décret datant de 1940, qui permettait au régime franquiste de placer les enfants sous sa garde si leur “éducation morale” était en danger.



Mediapart | La Mouette |  Henry Moreigne 7 février 2011

29/01/2011

Un enfant volé est-il récupérable ?

Es recuperable un hijo robado.jpgJe vous laisse la traduction d'un article de la presse espagnole qui me semble intéressant et qui est un peu une suite de ce que je vous avais présenté le mois dernier.

Aujourd'hui même, on a dû présenter à la justice espagnole un dossier de 400 cas de vols d'enfants. C'est sans doute comme celà aussi qu'il faudrait intervenir en Corée du Sud pour de nombreux cas, même si celà doit être bien plus difficile car on a là affaire à une véritable institution toujours bien en place et qui n'est qu'une ramification internationale d'une très puissante multinationale de l'adoption.

L'article peut être aussi intéressant dans ce qu'il soulève  pour une évolution à prendre autour des adoptés et des parents biologiques. Je pense notamment comme à un droit pour les parents biologiques qui se traduirait comme un devoir minimal d'information pour des agences d'adoptions et/ou pour des parents adoptifs quand des parents biologiques demandent à avoir des nouvelles de l'enfant adopté. Je pense évidemment aussi au droit des enfants adoptés, une fois devenus adultes, d'avoir un minimum d'informations sur leur origine, et même auparavant comme pour des raisons médicales, par exemple.  

Je pense particulièrement à une personne en Corée que j'ai rencontré à l'automne là-bas, une femme qui a demandé à me voir parce qu'elle pensait que je pouvais beaucoup l'aider (Elle m'avait remarqué dans une émission de la télévision coréenne qui traitait du problème de l'adoption fin 2009.), une jeune femme que la famille a poussé à donner son enfant pour l'adoption, un bébé que l'agence d'adoption a vite fait d'envoyer très loin à l'étranger ( La Corée du Sud est maintenant le pays au monde qui envoie à l'étranger les enfants à adopter les plus jeunes... Ils ont tous moins d'un an pratiquement.), un bébé que la toute juste mère a voulu récupérer très peu de temps après l'avoir donné... en vain. Je pense particulièrement à elle car elle demande depuis des années des informations via l'agence d'adoption ... absolument rien en retour.


Ce 31 janvier 2011, le Procureur Général de l'Etat espagnol penche dans le sens de rejeter l'idée de système organisé au niveau national. Il va probablement renvoyer les demandes d'enquête dans les tribunaux de province auxquels correspondent les cas. Pour Maitre Vila ce serait déjà une victoire que des procès s'ouvrent dans pratiquement toute l'Espagne.

La Fiscalía cree que el robo de niños no obedece a un plan sistemático a nivel nacional
El Pais | 01.02.2011
 
 
Greg.

 

La traduction non-officielle en français de ¿Es recuperable un hijo robado?, El Pais, 23.01.2011.

 

Un enfant volé est-il récupérable ?

Les mères de bébés enlevés désirent les retrouver par dessus tout, mais ces enfants, aujourd'hui adultes, ont déjà des parents : ceux qui ont payé pour eux.

Un doute insupportable gagne des centaines de personnes en Espagne. Mon fils est-il mort ou me l'ont-ils volé ? Mes parents sont mes parents, ils m'ont adopté ou ils m'ont acheté à un médecin, un prêtre ou une religieuse qui m'a arraché des bras de ma vraie mère ? La recherche de l'historien Ricard Vinyes, la procédure dans laquelle le juge Baltasar Garzón parlait du vol de plus de 30.000 enfants durant dans un franquisme, et les témoignages de femmes d'âges distincts et de villes différentes en répétant les mêmes phrases - "Ils m'ont dit qu'il était mort et qu'ils l'avaient déjà enterré. Je n'ai jamais vu le cadavre" - ont dévoilé une histoire d'achats et de de ventes de bébés en Espagne qui démarre dans les premières années de la dictature et finit dans les premiers de la démocratie... une histoire qui commence comme avec des représailles politiques envers des femmes républicaines justifiées par les théories absurdes du psychiatre Vallejo Nájera, et qui se termine comme un simple négoce aidé par une loi qui jusqu'à 1987 favorisait les adoptions irrégulières, un marché noir de bébés à l'origine de séquelles psychologiques terribles qui trainent jusqu'à nos jours.

Les mères d'enfants volés ont-elles plus le droit de les chercher que les enfants volés, aujourd'hui adultes, de ne pas vouloir être trouvés ? La justice doit-elle intervenir ? Peut-on considérer comme des délinquants les parents qui ont acheté leurs enfants ?

Carla Artés, la première petite fille récupérée par les Grand-Mères de la Place de Mai en Argentine, des femmes qui cherchent les bébés que la dictature a volé à leurs enfants, a su qui elle étant petite. "J'avais 10 ans et je l'ai assumé. Mais pour beaucoup d'enfants qui ont continué de vivre avec les assassins et les tortionnaires de leurs parents, découvrir qui ils sont avec 30 ans est très complexe", explique-t-elle. Son frère, qui n'était pas non plus enfant biologique du couple avec qui ils ont été élevé, a rompu toute relation avec elle, après que Carla se soit déclarée dans un jugement contre son supposé père .

En 2009, le parlement argentin a approuvé une loi qui oblige à se soumettre aux tests d'ADN quand il y aura des soupçons de vol d'enfants. C'est ainsi que les Grand-mères de Place de Mai ont récupéré l'année dernière le dénommé "Petit-fils  102". Il avait été élevé par un employé des Forces Aériennes et les tests n'ont pas voulu être faits pour vérifier si cet homme était son père. Mais par ordre d'un juge il lui a été saisi des dessous intimes à partir desquels on a extrait des échantillons génétiques qui ont confirmé que ses parents étaient en réalité victimes de la dictature.

Santiago González, qui vient de trouver sa famille biologique et de créer un site web www.adoptados.org  pour en aider d' autres à le faire  pense : "Si cet enfant a été élevé dans une autre famille on ne peut pas lui demander après 30 ou 40 ans de sentir de l' affection pour une mère biologique qu'il ne connaît pas. Le mineur est complètement innocent. Cet enfant doit-il être, aujourd'hui adulte, celui qui a à payer émotionnellement le vol que sa mère biologique a subi ? Je crois que si une institution trouve un enfant volé ou adopté elle doit lui faire savoir que sa famille d'origine le cherche. S'il ne veut pas la contacter, il devrait suffire de lui renvoyer un message du genre "il a été trouvé, il est sain, il est heureux, et si dans un avenir il veut ou il s'en sent capable, il saura déjà comment entrer dans en contact".

L' avocat Enrique Vila, spécialisé dans la recherche de parents biologiques - lui même cherche sa mère - et auteur d' "Histoires volées"(édité chez "Temas de hoy") assure que 90 % les trouvent. "Les 10 % restants sont les enfants volés. Celà leur est très difficile parce que les institutions religieuses ( celles qui, dans la majorité des cas, décidaient avec qui le bébé allait "mieux") nient toute information". Sur 100 consultations qu'il reçoit dans son bureau, 10 correspondent à de faux enfants. "C'était une affaire très bien organisée. Il y avait des capteurs de parents et d'enfants. Les fournisseurs de parents adoptifs étaient des femmes avec des contacts sociaux. Les fournisseurs d'enfants étaient des médecins, des sage-femmes, des assistants sanitaires et des religieux qui réalisaient un acte supposé de charité chrétienne. Leur association agissait sur les femmes de manière brutale".

Le 27 janvier prochain Enrique Vila et Antonio Barroso (qui a découvert cela fait trois ans que ses parents l'avaient acheté pour 200.000 pesètes) présenteront au procureur général de l'État 400 cas de vols d'enfants. Ils pensent qu'il s'agit d'un délit imprescriptible d'enlèvement ou de détention illégale, et que le procureur devrait s'en occuper.

Cependant, dans la majorité de ces familles, on ne croit pas que les parents, ceux qui les ont achetés, soient des délinquants. Vila a en reçu plusieurs dans son bureau. "Ils sont effrayés. La majorité n'avaient pas conscience qu'ils volaient un bébé. Ils pensaient que l'argent qu'ils payaient était une aide pour la mère biologique, qu'elle leur avait remis leur fils volontairement. Ils recevaient le bébé sans un papier et l'inscrivaient à l'état civil comme leur propre fils, mais ils pensaient qu'ils évitaient ainsi un tas de formalités et de paperasses, sans commettre de délit".

Le sociologue Francisco González de Tena, qui a rencontré des dizaines de mères d'enfants volés et qui a rédigé pour le juge Garzón un rapport avec ses déductions, assure : "Du point de vue social et anthropologique, le problème est immense. Il s'est transformé en sujet très douloureux pour moi parce que je comprends que jamais on ne pourra tout élucider. En faisant une projection bien mesurée, il y a des milliers d'enfants volés en Espagne. Depuis un mai 2009 je reçois entre deux et trois cas possibles par jour".

"Nous vivons dans une société qui n'est pas sûre dans l'ascendance biologique, dans laquelle beaucoup de personnes ne peuvent pas être sûres de qui elles sont", assure González de Tena. "Cela implique des problèmes médicaux, parce que faute d' antécédents les archives cliniques ne sont pas fiables; des problèmes juridiques, des problèmes d' hérédité et des problèmes psychologiques. Les adoptés ont peur. Ils ont déjà des parents, ils ne veulent pas de complications, et ceux qui cherchent, ne cherchent pas une mère, mais une origine, par curiosité. Mais les mères d'enfants volés, elles, oui, cherchent leurs fils".

Le Docteur en psychologie Guillermo Fouce, professeur à l'Université Charles III de Madrid, assure que des "problèmes d'identité et de manque de défense" que génère le vol d'enfants "sont les plus graves traumas auxquels un être humain peut faire front". Les parents d'enfants volés embarqués dans des "années de recherches infructueuses", souffrent "une dépression, des dérangements de personnalité, d'anxiété ...". Pour les enfants, le sentiment contradictoire vers quelques parents qui les ont trompés et ne pas être sûrs de qui ils sont un risque pour leur stabilité psychique ". La meilleure thérapie, ajoute-t-il,"c'est l'aération émotionnelle, pour laquelle il semble absolument nécessaire une clarification de la vérité et l'appui des institutions : de la judiciaire à la sanitaire ".

La vie entière de beaucoup de personnes se déroule avec un doute impossible à résoudre sans l'intervention d'une autorité judiciaire ou administrative qui oblige à fournir des informations.

 

R e p è r e s

- Des voix s'élèvent pour réclamer l'ouverture dune enquête concernant le trafic d'enfants en Espagne
Vidéo sur tsr.ch

- According to other reports....
...newborns were stolen from their mothers and sold to other families, as recently as the mid-1990s.
Pound Pup Legacy - Kerry

- Bébés volés du franquisme: les victimes espèrent une enquête
La Libre Belgique, Le Point , AFP , France Soir

- Les enfants volés d'Espagne
Ligue des Droits de l'homme Les Ulis

09:12 Écrit par collectif a & a dans Bébés volés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, bébés volés, adoption, identité | |  del.icio.us

28/01/2011

Des centaines de bébés espagnols volés provenant de cliniques et vendus pour l'adoption

Hundreds of Spanish babies stolen from clinics and sold for adoption.jpgHundreds of Spanish babies 'stolen from clinics and sold for adoption'
The families of 261 babies who disappeared in Spanish hospitals over five decades call for an investigation

 

Hundreds of Spanish babies were stolen from their parents by a secret network of doctors and nurses and sold for adoption, according to a petition filed in Madrid.

The families of 261 babies who disappeared in Spanish hospitals over five decades called on the attorney general to open an investigation into the scandal, after presenting evidence from former employees at maternity clinics and parents who admitted illegally adopting babies.

What started as a system for taking children away from families deemed to be politically dangerous to the regime of General Francisco Franco became an illicit business that continued at least until the 1980s, a campaign group has claimed.

Doctors, nurses, nuns and priests are all suspected of lying to mothers who were told their children had died during, or straight after, birth. Journalists investigating a clinic in Madrid at the centre of the allegations found a baby's corpse in a fridge, leading to suggestions that bodies were kept to show parents to prove their own child had died. Campaigners believe thousands of cases of stolen babies will eventually come to light.

"The father of a friend of mine admitted to him that both he and I had been bought from a priest and a nun from Zaragoza after being born in the Miguel Servet hospital," said Antonio Barroso, who discovered four years ago that he was adopted. DNA tests have proved that the people who raised him were not his real parents.

"There are cases that are accompanied by proof in the form of DNA tests and others that are simply mothers who suspect that their babies were stolen," said lawyer Enrique Vila, who represents the National Association of Irregular Adoptions. "We think it was an organised mafia."

Inés Pérez, 89, has confirmed that a priest encouraged her to fake a pregnancy so she could be given a child due to be born at Madrid's San Ramón clinic in 1969. Her adopted daughter, also called Inés, was among those demanding an investigation.

In a separate case, workers from an undertaker's in Malaga said they sometimes buried empty children's coffins that arrived from a local clinic.

The street outside the attorney general's office was blocked by weeping people today hoping to discover what had become of their lost children.

Many said they had been told that apparently healthy babies had died within hours of birth. They had never seen the bodies and the hospitals had taken care of the burials.


Source:  guardian | 27.11.2011

06/01/2011

Les enfants volés du fascisme catholique espagnol

Parti de gauche Midi Pyrenees.jpgReportage sur les enfants volés du franquisme, l’un des derniers grands tabous d’Espagne

Entre les années 40 et 50, plus de 30 000 bébés auraient été soustraits dès la naissance à leurs mères républicaines. L’objectif était de "rééduquer" ces enfants en les plaçant dans des orphelinats religieux ou en les confiant à des familles proches du régime franquiste.Espagne : reportage sur les enfants volés du franquisme, l’un des derniers grands tabous d’Espagne.

Visionner la vidéo de la télé suisse tsr.ch

Le fascisme catholique espagnol pratiquait couramment le viol d’enfants

L’historien Ricard Vinyes chiffre à 21 000, rien que pour 1942 et 1943, les enfants enlevés de force à des mères républicaines par le régime franquiste avec la complicité active de l’église catholique.

Un document d’une institution religieuse, cité par Baltazar Garzon, chiffre à 30.960 au cours de la décennie 1944-1954 le nombre d’enfants de prisonnières politiques placés sous tutelle de l’Etat. Selon ce magistrat, c’est "un nombre indéterminé" d’enfants qui, de manière "systématique, préconçue et avec une volonté véritablement criminelle", auraient été soustraits à des familles "qui ne s’ajustaient pas au nouveau régime [franquiste]". Des milliers de femmes républicaines venues accoucher dans les hôpitaux ressortent sans bébés. ("La madre biológica entraba por un lado y la adoptiva salía con un bebé por otro"). Tous, sont déclarés morts nés. En fait, l’enfant, bien vivant, est placé sous la tutelle d’une famille proche du régime franquiste, pour être rééduqué. Ce sont les religieuses qui sont chargées de voler les enfants, elles utilisaient leur influence et l’autorité de l’Eglise pour faire taire les plaintes des mères. C’étaient elles aussi qui venaient annoncer « votre enfant est mort ».

Garzon relate cet épisode du début des années 40 basé sur le témoignage de espagne milicienne guerre civile espagnoleFélix Espejo, ancien mineur des Asturies : "Un jour, les mères [prisonnières] sortirent avec leurs enfants dans la cour [de la prison de Saturraran]. Les religieuses leur dirent que les enfants devaient rester à l’intérieur pour une révision médicale. Il y en avait une centaine. Lorsque les mères rentrèrent, ils n’étaient plus là. Concepcion [une prisonnière], qui n’avait pas d’enfant, fut impressionnée par les scènes de douleur et par les cris des mères qui réclamaient leurs petits. Ils les menacèrent en leur disant de se taire si elles voulaient rester en vie. Une femme d’Oviedo libérée peu après vit sa fille dans une maison de militaires, à Valence, mais on ne sait pas si elle a pu la récupérer ou non".

Cette politique d’enlèvements, pour rechristianiser les enfants de mères rouges, s’est ensuite, avec toujours la complicité des « bonnes sœurs » et de leur hiérarchie, transformée en véritable trafic d’enfants. « Ce qui commence comme une sorte de vengeance politique et de mise au pas de la société se transforme au fil des années en un vrai « commerce » qui aurait perduré y compris jusqu’au début des années 80 », explique Hector Rojo (revue Diagonal). Ainsi Isabel, mineure et enceinte, dans la très catholique Espagne de 1974, a dû obéir à ses parents : accouchement discret et un bébé qui disparaît, confié par les religieuses, sous une fausse identité, à une famille bien sous tous rapports.
[Enquête sur les vols d’enfants dans l’Espagne franquiste]
 
Cette église franquiste, loin de tout repentir, continue d’afficher son cléricalisme avec la même morgue, pour tenter de bloquer les lois qui lui déplaisent. Le soutien du Vatican ne lui a jamais fait défaut. La radio contrôlée par la Conférence épiscopale espagnole prend très systématiquement position contre le gouvernement de Zapatero, défend, sur un ton souvent très violent, des positions proches du PP. [Argentine-Espagne : une église pas très catholique]


L’Espagne prête à faire la lumière sur les enfants perdus du franquisme ?

Par Elodie Cuzin, Journaliste à Rue 89

Le célèbre juge Baltasar Garzon continue de mettre le doigt là où ça fait mal en Espagne.

Alors que sa hiérarchie l’a empêché de mener personnellement l’instruction sur les crimes du franquisme il y a près de deux mois, il vient de transmettre à sept tribunaux la responsabilité d’enquêter, ou non, sur plus de 30 000 enfants de républicains qui furent placés dans des centre pour être « rééduqués ». Une manière de tourner les projecteurs sur cette page noire pourtant peu connue des Espagnols.

Selon les informations réunies par le juge, 30 960 enfants, la plupart fils et filles de républicains exilés, incarcérés ou fusillés, auraient été envoyés dans des internats religieux entre 1944 et 1954. Certains médias espagnols avancent en outre que 12 042 autres avaient déjà été mis sous tutelle de l’Etat franquiste avant 1944. Un chiffre colossal. Et pourtant, nombre d’Espagnols connaissent souvent mieux le drame des « enfants perdus » d’Argentine que le leur.

Le professeur de sciences politiques à l’université Pompeu Fabra et ancien exilé, Viçens Navarro, écrivait ainsi dans les colonnes d’El Pais récemment :

« L’une des surprises au retour de mon long exil fut de constater que mes étudiants (jeunes, éveillés, curieux intellectuellement, épouvantés par les actes barbares commis par les dictatures chiliennes et argentines […]) ignoraient que toutes ces horreurs s’étaient produites également en Espagne sous la dictature franquiste, y compris le vol d’enfants aux mères républicaines assassinées par l’armée responsable du coup d’Etat. »

Des enlèvements auraient eu lieu en France

Dans les années 90, l’une des émissions les plus populaires de la télévision espagnole était une sorte de « Perdu de vue » ibérique. Des familles d’anciens enfants « disparus » étaient alors passées sur le plateau sans que cela ne perturbe outre mesure la soirée des téléspectateurs, se souvient, encore surpris, Emilio Silva, le président de l »Association pour la récupération de la mémoire historique.

« On présentait leur cas à côté des histoires du fiston qui n’a plus donné signe de vie après être parti à la plage et les neuf millions de téléspectateurs ne réagissaient pas différemment, comme si ce qui s’était passé pendant la guerre relevait du destin implacable, et non d’un délit. »

S’ils sont peu commentés en Espagne, les faits sont pourtant loin d’être secrets. Un documentaire, « Les Enfants perdus du franquisme », a été réalisé par Montse Armengou et Ricard Belis pour la télévision catalane mais sa diffusion est restée limitée.

Un artiste originaire d’Alicante et vivant aujourd’hui en France, Saülo Mercader, a lui écrit un livre en français, « Les Chants de l’ombre », dont on avait parlé en France au moment de sa publication, en 2000, mais qui n’a pas encore été traduit en castillan.

Enfin l’assemblée parlementaire duConseil de l’Europe a évoqué explicitement le sort de ces enfants entre 2005 et 2006 pendant l’élaboration de sa condamnation du franquisme, en ajoutant en outre que « des enfants réfugiés ont aussi été enlevés en France par le service extérieur de “rapatriement” du régime et placés ensuite dans des institutions d’Etat franquistes ».


Source : Parti de Gauche Midi-Pyrénées 06.01.2011

 

R e p è r e s

- Les enfants volés du franquisme réclament justice
Près de 300.000 enfants pourraient avoir fait l’objet d’adoptions frauduleuses depuis les années 1940 jusqu'aux années 1990. La justice espagnole commence à entendre les victimes de ce juteux marché.
myeurop.info | 06.01.2011

- The 30,000 lost children of the Franco years are set to be saved from oblivion
Pressure is growing to illuminate the fate decreed by the Spanish dictator to the families of his Republican enemies
The Independent | 2.1.2011

- Espagne. Niños robados. Enfants volés
Historiquement, je croyais la Corée du Sud championne du monde dans le domaine des adoptions pas très nettes. A présent, je crois que c'est peut-être l'Espagne. Bon, il y a de grandes différences:  il s'agit là d'une histoire intranationale ... et ces adoptés, en se construisant durant leur l'enfance n'ont pas, je pense souffert psychologiquement d'un déracinement total et/ou d'un sentiment d'étrangeté permanent.  Ils ignoraient qu'ils étaient volés, et même souvent qu'ils avaient été adoptés.
Greg sur a & a  | 21.12.2010