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27/02/2008

Adoptions en Europe : à quel prix ?

143181288.jpg- "Terre des hommes" pointe les lacunes législatives des pays d'accueil.
- L'organisation fustige en particulier l'adoption privée.
- "Souvent, les parents ne sont pas conscients qu'ils sont piégés dans des situations de trafic d'enfants."


C'est l'histoire d'une Française, qui s'est directement adressée à un orphelinat à Katmandou pour adopter un petit Népalais. Moyennant 3 000 dollars, on lui a envoyé la photo de l'enfant promis. Sans même vérifier si elle avait obtenu l'agrément des autorités françaises. Sans même donner de garanties d'adoptabilité de l'enfant.

 

"Au Népal, ils sont spécialistes. On déclare un enfant trouvé, avec rapport de police, alors qu'il a toute sa famille. On lui vole son identité" , explique Marlène Hofstetter, responsable du dossier "Adoption internationale" à la Fondation "Terre des hommes"

 

L'organisation, qui vient de publier un rapport "Pour une responsabilité éthique des pays d'accueil dans l'adoption internationale", fustige précisément l'adoption privée, telle qu'elle est encore pratiquée en France, en Espagne ou en Suisse - mais plus en Belgique, sans le recours à un organisme agréé d'adoption.

 

"Les pires abus"

 

Elle s'inquiète plus encore lorsque des parents partent à la recherche d'un gamin, sur Internet par exemple, dans des pays qui n'ont pas ratifié la Convention de La Haye réglementant l'adoption entre pays depuis 1993. "Des couples travaillent à l'étranger ou ont des contacts avec ces Etats, et nous n'avons pas voulu faire d'exclusion", justifie Wolfgang Meincke, responsable du placement des enfants au ministère allemand de la Famille. "Mais nous n'avions pas, en 2001, évalué les risques de l'adoption privée", reconnaît-il.

 

"Ce type de procédure est le lieu potentiel des pires abus de l'adoption internationale : sélection des enfants par les candidats adoptants, pressions sur les parents d'origine, corruption, faux documents, illégalités procédurales, enlèvements d'enfants", égrènent les auteurs du rapport intitulé "Adoption : à quel prix ?" et présenté hier à Bruxelles. Or, en France et en Suisse, deux tiers des adoptions internationales passent par cette filière. "Et souvent, les parents ne sont pas conscients qu'ils sont piégés dans des situations très complexes de trafic d'enfants", précise Marlène Hofstetter. Les lacunes législatives des pays d'accueil sont considérées comme des facteurs favorisant la corruption, la pression et l'illégalité.

 

"Par la pression sur les pays d'origine que représentent des centaines, voire des milliers d'adoptants individuels insistant auprès des mêmes autorités surchargées, l'adoption privée constitue en outre un frein essentiel au développement d'une adoption internationale centrée sur les enfants et non les adultes", remarque "Terre des hommes". "Notre but est de donner une famille à un enfant et non un enfant à une famille", se défend Richard Bos, secrétaire général de l'Autorité centrale en France, très critiquée par l'organisation.

 

L'un des problèmes fondamentaux, c'est que, contrairement aux idées reçues, la demande dépasse l'offre. En Belgique, citée en exemple par "Terre des hommes", on informe les parents que l'environnement international est fait de "possibilités décroissante et de concurrence croissante", indique Didier Dehou, directeur de l'Autorité centrale communautaire française. "Nous savons pertinemment que la demande croissante ne sera peut-être pas rencontrée."


Sources : Communiqué TDHChild Rights Information Network, La Libre Belgique

 

- Adoption: at what cost?
For an ethical responsibility of receiving countries in intercountry adoption
Isabelle Lammerant, Marlène Hofstetter, Terre des hommes

 

- Playing both side of the fence ?
United Adoptees International News

 

- International adoption, the global baby chace
Marlene Hofstetter, Terre des hommes, Lausanne, septembre 2003.

 

04/02/2008

Lettre ouverte d'EFA à Bernard Kouchner

La Fédération Enfance et Familles d’Adoption apprend qu’une fois encore, un groupe d’adoptants a récemment obtenu des visas après avoir mené des procédures en violation des conventions ratifiées par la France et le Cambodge.

 

Ces conventions — comme le précisent très clairement le site du Ministère des affaires étrangères :

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et celui de l’Agence française de l’adoption :

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prévoient un encadrement exclusif par l’AFA ou OAA (à ce jour un seul est autorisé et habilité par le Cambodge), ce qui, dans ce cas, n’a pas été respecté.



EFA a remis, le 1er février 2008, une lettre publique adressée à Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères, au cabinet de Rama Yade. Cette lettre souligne le risque que font courir de telles pratiques sur le regard porté sur nos enfants, sur la crédibilité des autorités françaises en matière d’éthique ainsi que le discrédit jeté sur la signature française de conventions.



EFA avait, déjà, le 15 décembre 2005, publié un communiqué « Quand la France oublie l’éthique en matière d’adoption » à propos d’adoptions illégales au Cambodge.

 

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR BERNARD KOUCHNER MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES



Paris, le 1er février 2008

Monsieur le Ministre

Le 15 décembre 2005 Enfance & Familles d’Adoption publiait un communiqué intitulé « Quand la France oublie l’éthique en matière d’adoption ». Nous attirions l’attention sur l’attitude de la France qui avait entériné des démarches entreprises par des familles françaises au Cambodge alors que ce pays était fermé à l’adoption « parce que de sérieux doutes planaient sur l’adoptabilité des enfants ».



Le 31 mai 2007, j’écrivais à Monsieur Nicolas Sarkozy, président de la République : « […] nous osons espérer de votre part une rupture claire avec des pratiques antérieures en matière de ‘visas de complaisance’. Il est insoutenable, pour des milliers de candidats qui suivent scrupuleusement les procédures et restent dans la légalité, au prix souvent de très longs délais, de constater que quelques-uns bénéficient de passe-droits, parce qu’ils ont des contacts, parce qu’ils instrumentalisent les médias. Cette inégalité de traitement est inacceptable, pour les familles mais aussi pour l’obligation d’éthique que nous imposent nos engagements internationaux.»



Le 17 novembre 2007, dans un message que vous adressiez à notre mouvement à l’occasion de notre congrès, vous écriviez : « La priorité que vous accordez aux droits des enfants et l’accompagnement des familles dans une démarche de responsabilité sont des valeurs auxquelles ce ministère croit profondément ».



Quelques jours auparavant, l’Agence française de l’adoption (AFA) organisait un colloque invitant les pays d’origine à faire part à la France de leurs attentes. Le 26 février 2008, l’organisation non gouvernementale Terre des Hommes rendra publique au Parlement européen une étude comparative sur l’éthique des pays d’accueil européens en matière d’adoption.



Or nous apprenons qu’une fois encore, un groupe d’adoptants a récemment obtenu des visas après avoir mené des procédures en violation des conventions ratifiées par la France et le Cambodge, qui prévoient un encadrement exclusif par l’AFA ou par le seul organisme autorisé pour l’adoption habilité par le Cambodge.



Outre que de telles pratiques font porter sur nos enfants un regard qui n’est pas, pour le moins, facile à vivre, comment les autorités françaises peuvent-elles être crédibles quand elles exigent des candidats ne bénéficiant pas de passe-droits une éthique irréprochable ?



Aujourd’hui, nous vous demandons quelles dispositions vous comptez prendre afin de mettre fin à ce type de pratiques qui, au mépris des enfants qui en sont l’enjeu, au mépris des pays d’origine des enfants et se rajoutant à l’affaire Arche de Zoé, jettent le discrédit sur la signature française de conventions et le doute sur l’éthique dans la politique française en matière d’adoption.



Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma haute considération.



Janice Peyré
Présidente d’Enfance & Familles d’Adoption
Membre du Conseil Supérieur de l’Adoption (CSA)
Membre du Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles (CNAOP)


Source : Fédération Enfance et Familles d'Adoption

* * *

->  Adoption : vers une nouvelle Arche de Zoé ?
L’association "Enfance et familles d’adoption" vient d’adresser une lettre ouverte à Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, pour dénoncer des pratiques dévoyées d’adoption au Cambodge.
Agoravox. La Taverne des Poètes. 6 février 2008..


-> 6 mois après : voici maintenant l’Arche de Yadé, les Peace Corps de Rama et ces volontaires pour l’adoption internationale.
Les premiers volontaires seront envoyés au Cambodge.
Agoravox. Konzench. 5 août 2008.