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10/07/2011

"Ma mère zéro". L'enfance en quête de ses liens biologiques et de son identité.

ma mere zero.jpgFejzo et sa sœur ont été adoptés. Se laissant influencer par Maud qu’il a récemment rencontré dans le parc, Fé décide de retrouver sa mère biologique, sa mère Zéro comme il dit. Mais il ne sait pas comment s’y prendre et des milliers de questions le submergent. Ses parents décident de lui venir en aide tandis que sa sœur se révolte à l’idée de ne pas avoir cette chance car elle a été abandonnée secrètement. Fé prend alors conscience qu'il risque de modifier l’équilibre familial auquel il tient.


 

Tous les jours après l'école, Fé aime s'asseoir sur un banc du parc et dessine avec talent les oiseaux car "quand on fait le portrait d'une poule, tout est à sa place". C'est comme ça qu'il rencontre Maud. Et en tombe un peu amoureux. Tient-il son talent de sa mère ? Fé l'ignore car il a été adopté. Sa mère bosniaque, réfugiée aux Pays-Bas pendant la guerre, l'a confié à une famille qui accueillait déjà An Bing Wa, une petite Chinoise de trois ans son aînée. Sollicité par Maud, le garçon s'interroge. Qui est sa mère ? Où est-elle ? Pourquoi l'a-t-elle abandonné ? Dès lors, Fé est hanté par cette absence, imaginant mille visages et mille retrouvailles. Il se met en tête de retrouver sa "mère zéro" et provoque la pagaille au sein de sa famille. D'une belle écriture, ce roman aborde avec délicatesse et humour les questions de l'identité et du courage. Comment, à dix ans, faire face à un processus qu'on ne maîtrise pas et qui va bouleverser tant de choses ? En grandissant, peut-être. 


L'avis de Ricochet

Feyzo est un enfant adopté, comme sa sœur Bing venue de Chine. Il se sent aimé et vit bien sa situation, jusqu’au jour où la jolie Maud l’incite à retrouver sa mère biologique, sa « mère zéro ». Feyzo commence à se poser plein de questions, perturbant l’équilibre entier de la famille.
Le narrateur est un petit garçon : s’il possède une intelligence du cœur instinctive et s’il exprime ses sentiments avec sincérité, ces derniers demeurent souvent confus. Les adultes – parents, médiateur – ont alors une grande importance dans l’orientation bienveillante du jeune héros. Marjolijn Hof complexifie son roman avec la problématique de Bing, la grande sœur abandonnée qui ne pourra, elle, jamais retrouver sa mère. Le ton est parfois un peu trop compréhensif et « psychologisant », mais la démarche progressive de recherche d’un parent reste exemplaire. Parallèlement aux questions graves sur les origines, le quotidien de Feyzo est aussi fait de relations amicales et amoureuses mouvantes, au cours desquelles il montre son caractère responsable. Signalons enfin les dernières pages nuancées, sans jugement ni solution toute faite.

Source : Ricochet-Jeunes

 

recherche,identité,origine,adoptéInédit : Nés abandonnés, documentaire de Jean-Pierre Vedel


"Dès ma naissance, le 29 décembre 1955, c'est une autre femme que ma mère qui va m'élever, pendant trois ans. Je n'entendrai plus jamais parler de cette femme ensuite. Aujourd'hui, je pars à sa recherche pour retrouver le fil de ce premier attachement. Je veux aussi aller à la rencontre des femmes qui comme ma mère mettent au monde un enfant qu'elles ne pourront pas élever, pour les confier à d'autres femmes, d'autres familles."



Le réalisateur, Jean-Pierre Vedel, a voulu articuler sa propre histoire à celles des autres, aujourd'hui. En 2011, le regard de la société sur ces femmes qui décident d'abandonner leur enfant a t-il changé ? A travers deux témoignages, le documentaire inédit proposé ce dimanche à 22h55 sur France 3 nous montre d'abord combien ces femmes enceintes sans l'avoir désiré se sentent le plus souvent seules et démunies. On découvre qu'elles peuvent trouver à Paris une structure d'accueil unique en France, l'association M.O.I.S.E, où elles sont accompagnées sans être jugées.
 
Puis, Jean-Pierre Vedel s'attache au sort d'un enfant né sous X aujourd'hui, filme son premier contact avec celles qui vont le recueillir. Car selon la loi, sa mère a deux mois pour confirmer l'abandon ou le reprendre avec elle. Deux mois pendant lesquels il va être pris en charge dans une pouponnière, ou par des assistantes familiales qui l'accueillent chez elles, au sein de leur famille. On voit comment ces personnes vont l'aider à passer le cap de ces deux mois sans mère, faire en sorte qu'il ne tombe pas dans le vide, qu'il ne perde pas le fil de sa propre histoire.

Nous entendrons ensuite des adultes abandonnés à la naissance qui témoignent de la trace laissée par le vide originel et le secret de leur naissance. Jean-Pierre Vedel veut nous montrer que deux situations a priori contradictoires peuvent se concilier : qu'une mère, sans honte et en toute sécurité, puisse abandonner son enfant, et que les premiers pas de cet enfant puissent être accompagnés par des bras rassurants.

Source : Le blog de TV News
 



12/02/2011

Réponse à Christian Flavigny en réaction à l’article « L’accouchement sous X est dans l’intérêt de l’enfant » [Le Monde]

logo CADCO asso.jpgDe la dignité dans l’adoption
Par Corinne Daubigny
Psychanalyste



Que m’évoque le plaidoyer de Mr Flavigny pour « l’accouchement sous X dans l’intérêt de l’enfant » ?

Primo, l’image d'une psychanalyse rétrograde qui commencerait par stigmatiser comme névrose et pathologie les revendications citoyennes d'un dialogue sur la pertinence des lois françaises au regard du droit international, des droits de l’Homme (donc aussi bien des femmes et des enfants), des acquis des sciences sociales ; et donc surtout finalement au regard des voix de toutes les personnes concernées par la loi (parents de naissance, personnes adoptées et parents adoptifs).

Envoyer sur le divan toute personne adoptée s’interrogeant sur le bien fondé des lois sur l’adoption et l’accouchement sous X, est-ce que ça concerne « l’intérêt de l’enfant » ou prioritairement les intérêts (mal compris) des psys ?

Ca me renvoie l’image d'une psychanalyse aliénante qui chercherait systématiquement la source de la souffrance du sujet dans un sentiment de culpabilité présumé chez le patient que le thérapeute se chargerait d'absoudre. On y apprend d’ailleurs que si l’accouchement sous X a constitué une « fracture », il suffit d’aider l’enfant à « tourner la page » (la page de son sentiment de culpabilité, pour l’auteur), et la fracture se révèle utile à l’ »épanouissement « de l’enfant. Ce qui défie toute clinique du traumatisme !
Enfin l’image inquiétante d'une psychanalyse qui, dans le débat politique, veut occuper la place de l'expertise en rejetant la voix de ceux qui s'expriment, tout en parlant en place de ceux qui se taisent.

Mais de quelle expertise s'agirait-il ?

L'expertise d'une psychanalyse occupée à nier ses fondements, interprétant désormais le silence comme un signe de bonne santé et la parole comme le signe d'égarement ? « Qui ne dit mot consent », dit l’adage populaire. Mais doit-on confondre résignation et santé ? Tout tient donc à la nature du consentement ! dans l’adoption encore plus qu’ailleurs.

L'expertise d'une psychanalyse aliénante qui voudrait donner à croire que l'identité du sujet se soutient du seul désir de ses parents ? Comme si jamais le désir des parents n’allait à l’encontre de la construction du sujet ...

L'expertise d'une psychanalyse qui tiendrait pour négligeable au regard de la parenté et de la filiation le fait de mettre au monde les enfants, et qui nierait globalement la dette de vie de tout un chacun ?

L'expertise antisociale d'une psychanalyse qui voudrait faire reposer l'adoption plénière sur l'accouchement sous X : on ne saurait donc (plus) adopter plénièrement des enfants qui auraient le malheur de connaître leurs parents de naissance et d'avoir été d'abord reconnus par ces derniers ? !

L'expertise d'une psychanalyse obscurantiste et rétrograde qui semble ignorer le vrai ressort des conventions internationales ? Pour mieux en contester la pertinence ?

Pourtant ces conventions ne visent nullement à réduire la parenté au génétique - sans quoi elles ne viseraient probablement pas à organiser l'adoption. Elles visent à prévenir les trafics d'enfants favorisés par la réduction au silence des parents de naissance, et à organiser le transfert de droits sur lequel l'adoption plénière repose fondamentalement : même si la loi française a, en effet, bien du mal à le reconnaître.

Que cette image de la psychanalyse puisse trouver la caution de la psychiatrie est d'autant plus alarmant. Heureusement, la psychiatrie sait montrer un autre visage, et la psychanalyse aussi : un visage plus respectueux de la parole et du droit des gens.
Oui, la psychanalyse, comme bien d'autres champs du savoir (et même tous), est traversée par des idéologies, et ces idéologies n'existeraient pas sans ceux qui pensent pouvoir y trouver leur bonheur. Le vrai et le juste peinent à se faire entendre et supposent en tout cas d'entendre toutes les parties en pesant sérieusement leurs arguments.

Mr Flavigny reprend les siens à des auteurs que nous connaissons depuis quarante ans. Ils n'ouvrent aucune perspective nouvelle et s'appuient sur une déformation grossière des arguments des tenants d'une plus grande transparence des processus d'adoption au regard des désirs et des droits de chacun. Car nulle part l'adoption ne peut se réduire à des "protocoles".
Rien dans l'attention portée à l'éthique de ce processus n'indique un culte quelconque du "génétique".

Par contre l'idéologie raciale la plus meurtrière de tous les temps a fondé sa conception de l'adoption (plénière parce que substitutive) sur le déni de la maternité des mères d'origine et leur silence organisé : ça s'appelait des Lebensborn. Et l'actualité récente, en Espagne, nous rappelle à ses conséquences. Ces Lebensborn ont probablement fondé aussi des familles heureuses, et sans aucun doute des familles globalement silencieuses : osons penser que ça n'ôte rien à l'indignité du "protocole" en question !
Cela nous rappelle en tout cas que l'idolâtrie du tout-génétique n'est pas forcément là où veut le croire.

Pour conclure en deux mots :

- Parler de l’unité psycho-somatique dans la construction de l’identité de l’enfant demande de dépasser l’opposition grossière entre filiation génétique et filiation symbolique.
- Assurer à chacun de pouvoir d’agir dans la dignité, c’est ce que devrait garantir tous les protocoles qui autorisent l’adoption, c’est à dire un processus, appuyé sur des actes juridiques, qui engage tout le reste de la vie psychique et sociale de toutes les personnes concernées.

Paris, le 10 février 2011
Psychanalyse au singulier
http://www.corinne-daubigny.com


Source : Forum CADCO | Pierre Verdier | 11.02.2011

 

Origines personnelles : entre mémoire, solidarité et avenir. Corinne Daubigny.

« Je voudrais bien être le confesseur de la vérité, non pas le martyr. » Montesquieu
Brève histoire, en forme de témoignage, des mouvements sociaux qui ont récemment accompagné l’évolution des représentations collectives et de la législation en matière de « droit » à la connaissance des origines personnelles1. Porte étroite ouvrant sur des questions de choix éthiques...
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25/08/2010

La seule de ma race, par Nathalie Daysse, née sous X.

Nathalie Daysse, nee sous X. Droit à connaitre ses originesLe droit à connaître ses origines

 

Nathalie Daysse était le 20 août 2010 à l'Office du tourisme de La Gacilly pour dédicacer son autobiographie, La seule de ma race. Enfant abandonnée et adoptée à 10 jours, elle raconte ses interrogations et son mal de vivre. Son manque, c'est de ne pas connaître ses origines. « Tout l'amour des parents adoptifs n'empêche de se sentir comme un électron libre », d'être un maillon hors de toute chaîne. À l'âge de 38 ans, mère de famille, elle perd sa mère adoptive. Elle reprend sa quête et finit par retrouver sa mère biologique. Le fil de son histoire se renoue.

 

Ce livre émouvant est aussi un plaidoyer. « Les enfants nés sous X sont 400 000 en France. Chacun devrait avoir le droit, s'il le souhaite, à sa majorité, de connaître sa filiation. Même sans le consentement des parents biologiques ». Elle remet en cause « la procédure de l'accouchement sous X et le verrouillage de l'administration ».

 

Elle défend ainsi les intérêts des enfants, et de leurs descendants avec leur histoire, et leur hérédité génétique, alors que sont aujourd'hui davantage pris en compte les intérêts des géniteurs et des parents adoptifs. Sa mère biologique, qui a rédigé la postface, comprend la souffrance de sa fille, mais défend le secret.

 

La seule de ma race, Éditions Le Toucan en librairie, à la Fnac et sur le site Amazone


Source: Ouest France.

11/08/2010

Un Allemand, Arun Dohle, cherche l'aide de la Cour Suprême pour localiser sa mère biologique indienne

Arun Dohle comes back for motherGerman seeks Supreme Court help in locating biological Indian mother.
Adopted German continues search for Indian roots.

 


New Delhi:  Thirty five years after he was adopted by a German couple, the Supreme Court on Tuesday agreed to examine the plea of a man claiming to be the offspring of the brother of a union minister seeking a direction to help him locate his biological mother.

 

A Bench of Justices Markandeya Katju and T S Thakur initially expressed reluctance to pass any direction but later adjourned the matter till Thursday after making some observations.

 

According to the petitioner Arun Dohle, he was born on July 31, 1973, at Sassoon Hospital in Pune. A German couple, Michael and Gertrude Dohle, adopted him four weeks later from the Kusumbai Motichand Mahila Seva Gram (KMMSG) after his mother reportedly abandoned him.

 

He settled in Germany but later came back to India to locate his biological mother.

 

Arun says he was actually kidnapped from his mother and given away for adoption to a German family. He claims to be in fact the son of the brother of a powerful NCP leader in the UPA cabinet.

 

The lanky German national said he suspected the institution had kidnapped him as a baby and separated him from his mother.

 

He suspects that the abandonment theory was a ploy to facilitate his adoption.

 

Arun, through counsel Senthil Jagadeesan in the apex court, alleged that for the past eight years he has been rebuffed by Kusumbai Motichand Mahila Seva Gram, an institution for destitute women where his mother was last known to reside. The Bombay police too refused to help him in tracing his biological mother, he alleged.

 

The Bombay High Court had earlier in 2005 dismissed his plea, following which he appealed in the apex court. In 2005, the apex court had asked the Maharashtra Director General of Police to place in a sealed cover a report on Arun's biological connection.

 

However, when the matter came up today for hearing the sealed letter could not be traced in the files of the registry, forcing the Bench to adjourn the matter till Thursday.

 

But during the arguments, Justice Katju said the Supreme Court cannot convert itself into Parliament and legislate as otherwise the latter too would start deciding judicial matters.

 

"The Supreme Court cannot convert itself into Parliament. Otherwise, let Parliament be closed and let this court start legislating. If we start legislating, tomorrow Parliament would also start deciding cases saying courts are taking 20-30 years to decide litigations," the Bench said.

 

The Bench made the remarks when counsel for Arun argued that the authorities were bound to disclose the identity of his biological mother and cited a 1984 ruling of the apex court in the Laxmikant Pandey case.


Sources : Press Trust of India | 10 août 2010 - Daily News & Analysis | 11 août 2010

 

- Je ne serai pas satisfait tant que je n'ai pas trouvé ma mère de naissance
I won’t be satisfied till I find my birth mother’ Arun Dohle 
DNA India. 18 août 2010.

 

- La recherche de la vérité pour Arun
Le Charabia de Moushette. 13.08.2010.

 

- India. National Consultation on Countering Challenges in Adoption: Combating Child Trafficking.
India: 10 & 11.01.2009 Nationale consultatie over adoptie en trafficking van children.
Better Care Network.



- L'origine en héritage.
Sylvia Nabinger, psychothérapeute. Mai 2008.

06/08/2010

Des adultes adoptés transnationalement s'expriment.

Australian Journal of Adoption.jpgTransnationally Adopted Adults Speak Out


The following book review appeared in the Australian Journal of Adoption, Vol 2, No 2 (2010).  This article is protected by copyright. It may be reproduced for non-profit, educational purposes, providing that it is reproduced in its entirety, without alteration.

 

Outsiders Within:
Writing on Transracial Adoption
Edited by Jane Jeong Trenka, Julia Chinyere Oparah and Sun Yung Shin
South End Press, 2006
by Evelyn Robinson, MA, Dip Ed, BSW

 

Outsiders Within makes powerful and fascinating reading. It contains thirty chapters written by thirty different authors. Twenty-five of them identify as adults who were transracially adopted as children. Most were raised in the United States, but six grew up in Europe and four in Australia. Their stories are sometimes tragic, sometimes uplifting, but always interesting. The other contributors have either a personal experience with or a personal interest in transracial adoption. The book also contains art work and poetry. Outsiders Within contains many powerful words and ideas. I have selected some of them to support my comments.

Outsiders Within is an American book and is professionally produced and presented. My only complaint about the book is that I am disturbed by the fact that American writers used to understand the correct use of ‘practise’ vs ‘practice’ and ‘dependent’ vs ‘dependant’ (as you will see if you read work published by American writers some years ago), but now, much to my frustration, many of them have abandoned correct usage.

I highly recommend this book to anyone who has an interest in adoption and especially in transracial adoption. It reinforced many of my long-held views about transracial adoption, which encompasses adoption of children from one country to another and from one racial group to another within the same country. As Ellen Barry, Nobel Peace Prize nominee in 2005, writes: children removed from their own communities and placed in white adoptive homes face lifelong emotional repercussions (p62).

 

The value of personal narratives

 

Transracially adopted adults are described in the book as an untapped source of knowledge (p90) and…expert documenters of their own lives (p262). Much of the research into transracial adoption in the past has represented the views of adoptive parents about how well-adjusted their children were. However, many of the contributors point out that…Repressing grief does not make one “well-adjusted” (p172). It is impossible to judge the lifelong outcomes for adopted people by basing research on children. The editors explain in the introduction that it is often not until transracially adopted people reach middle age that they…reach a point where [they] can acknowledge and heal from the pain of isolation and alienation (p1).

Much of the research into outcomes for transracially adopted people has measured them against members of the society into which they have been adopted and explored how they deviate from the norm (ie the dominant culture). The assumption in such research is that it is healthy for the adopted person to assimilate and that lack of assimilation of the dominant culture represents a failure on their part. The authors in this book stress the importance of recognising the value of the personal narratives of those who were adopted transracially and bemoan the fact that their experience is too often devalued and considered inferior to the opinions of supposed experts.

As John Raible, who is a transracial adoptee and an adoptive father, states: …the literature on transracial adoption will remain incomplete and inadequate until the voices of mature adoptees and family members are included (p182). In order to guide current and future policy and practice, it is vital that we understand what life has been like for mature adults who were transracially adopted as children and how they feel about the impact of adoption separation in their lives.

The political perspective

Some contributors examine transracial adoption from a political standpoint. One points out that…Western economic, military, and empire-building forces that have caused serious and permanent disruptions to families in the Third World are notably absent in many adoption narratives (p261). Not for the first time, intercountry adoption is compared to slavery…Both practices are driven by insatiable consumer demand (p143). Also it is made clear that the mothers who lose their children from ‘Third World’ to ‘First World’ countries are never given a voice. Intercountry adoption is described as…a poverty policy…[which]…brutally punishes women - and their children - for being poor by taking their children away (p86).

Some contributors focus on the over-representation of ‘children of colour’ in the care system, the dangers of terminating parental rights and the push to hasten adoptions. They also point out the dangers in the ‘colour-blind’ approach to transracial adoption. They describe the long term outcomes for the communities who are losing their children and for the children themselves:…children of color who are placed with white adoptive parents also face the real, and potentially devastating, impact of losing their cultural and racial identity (p62).

 

Adoption and loss

 

Many of the contributors describe the profound and complex losses that come with being adopted into a different racial and cultural group from the one into which they were born and their frustration at being pressured to feel grateful for having suffered that loss. “Adoption is like having all of your birth family die and getting a replacement family and being told by society how lucky you are that all of your family is dead but we gave you a new one” (p210). Mark Hagland writes …The gap between one’s self-definition and the identity attributed to one by others has been at the heart of what I call my “cognitive dissonance” as a Korean adoptee (p41).

There are stories of attempted suicide, substance abuse, self-harm, isolation and depression. Beth Kyong Lo advises approaching these issues from a loss and grief perspective (p174). Some of the contributors describe the trials they have faced, while others also describe the efforts they have made to connect with their culture of origin and manage their losses. The narratives centre to a large extent around loss, alienation, sadness, separation, racism, cultural dislocation, second-hand ancestry, patronising attitudes and…the burden of feeling grateful (p274). Sandra White Hawk stresses that…Quality of life is not solely determined by money and possessions. Quality of life is family and sense of belonging (p300). Indigo Williams Willing describes one transracially adopted woman:…Compounding her own sense of difference was that she felt pressured to be “grateful” for being adopted and believed that this silenced her sense of grief and loss (p263).

There is also mention of the on-going effects on the children and grandchildren of those who were transracially adopted and the…intergenerational trauma…a result of the systematic removal of our children (p299).

 

Adoption and recovery

 

The book also contains stories of healing. The editors mention…the growth and transformation that comes from facing the losses we have experienced (p10). Some chapters stress the value of support groups and the healing that occurs when members share their pain and are thereby able to reduce their sense of dislocation and alienation. Many adopted adults are able…to construct an authentic, integrated identity (p8) through a combination of support group attendance, counselling, reading and personal reflection.

For many, their recovery work takes many years. I found the chapter written by Robert McLay, who was born in Scotland to a white mother and a Pakistani father, adopted by a white couple and then brought to Australia as a child with his adoptive family, extremely moving. He describes his journey through substance abuse, attempted suicide and self-loathing to a productive life and healthy self-esteem.

The chapter written by Mark Hagland is both thoughtful and thought-provoking. He describes himself as a gay man and a Korean adoptee. Mark explains how he has come to terms with being…a member of diverse, often highly marginalized, categories in society…to reach…a level of self-acceptance and self-actualization that will allow me to be at peace and in harmony in the world (p42). Mark draws parallels between his experience of being gay and his experience of being a transracial adoptee. He comments that gay people and transracial adoptees both find themselves…compelled to consciously construct an identity, often struggling through isolation and confusion to reach clarity and peace (p40).

Many of the contributors recount their stories of reunion, whether it be with their family or with their country of origin. Their reunion narratives are touching, enlightening and heart-rending. Sadly, as a result of denial, ignorance and poor service provision, few of them were well-prepared. The book closes with the statement…Generation after generation we are coming home (p299).

 

Post adoption services

 

None of the contributors is satisfied with the current level of understanding and awareness among service providers or among politicians who fund services. Many of the contributors describe uninformed and sometimes damaging interventions by social workers, counsellors, psychologists and members of the medical profession. There are calls for more education and openness about the underlying issues involved in transracial adoption and an end to the shallow, destructive way in which it is generally presented. Some contributors stress the need for education in the core issues of adoption and loss to assist them to face the challenge…of transforming the wounds of separation into marks of compassion, intensity, and joy (p37).

The transracially adopted contributors to this book describe themselves as different, displaced, abandoned, on the outside, suffering rejection, rage and melancholy, confused, with hearts broken by the separation, with a sense of emptiness, marginalised, emotionally and socially isolated, alienated, humiliated, helpless and shamed. Interestingly, these very same words are often used by parents who have been separated from their children by adoption. This reinforces my view that adoption separation creates a loss that is difficult to grieve and that appropriate post-adoption grief counselling can be very valuable for all those who have been separated from family members by adoption.

 

The future?

 

Looking to the future, John Raible foresees…a backlash…to the global round-up of children from impoverished and war-torn nations (p180). In fact, I believe that the backlash began some years ago and is growing in strength, as adults who were adopted as children gain the courage to speak out honestly and overcome the pressure to feel grateful. The numbers of children adopted into Australia from other countries has fallen over the last ten years and I believe that they will continue to fall. I believe that we are now sophisticated and educated enough to see interracial adoption in its historical context of colonialism and exploitation and that we will soon find that Western governments will abandon the practice and replace it with more ethical, child-centred alternatives. I share the hope of the editors that…our writings create a hopeful vision of a different world, where children of color are neither sold nor expendable, our mothers and families neither erased nor exploited (p3).

Some of the contributors describe what they have experienced as hostility towards intercountry adoptive families. In my view the hostility is not necessarily a sign of racism, but more likely a hostility towards the racial elitism inherent in the practice of intercountry adoption. I predict that, in the near future, instead of taking advantage of less fortunate countries by removing their children from them, inhabitants of ‘First World’ countries will show their concern for the inequities in the world by supporting programmes to improve conditions for those who suffer.

Describing attitudes in ‘Third World’ countries which are currently losing children through intercountry adoption, Tobias Hübinette writes…most governments treat intercountry adoption as a necessary evil, even though they consider it a degrading and humiliating business (p139).

 

Conclusion

 

It is clear from books such as this that many who were adopted transracially have suffered long term grief and loss issues, not because they were not well cared for and loved in their adoptive families, or because they did not build close relationships with their adoptive parents, but in spite of the fact that they were and they did. Clearly, love was not all they needed.

These are examples of people’s experiences and, as with all adoption research, it is impossible to guarantee that they are a representative sample. However, the underlying issues shared by all of them stand out loud and clear and it is these issues, not the personal experiences as such, that I believe we must address, if we care about the best outcomes for children in need of care. Many of the issues faced by those who were adopted transracially also feature in the lives of those who were adopted within their own culture. For those who are adopted into a different culture from the one into which they were born, there are additional challenges to be confronted.

Have we learned from the mistakes of the past? Apparently, we have not. A clear understanding of the history of adoption is vital to inform current and future policy and practice. We no longer remove Aboriginal children from their families and communities and place them in non-Aboriginal homes and we have apologised for the fact that that did happen on a large scale. We no longer routinely remove newborn babies from unmarried mothers. In South Australia adoptions of locally-born children have reduced in the last forty years from almost one thousand per year to one per year. Discussions are currently taking place for a government apology to the many families who were affected by past adoption policies. These policies and practices have changed over time because we came to understand that they created long term, complex emotional issues for those affected.

As a society, in which we care about children at risk, we must now insist that our government stop repeating the mistakes of the past. Those whose main aim is to “create a family” for themselves cannot be allowed to hijack the debate around the future of intercountry adoption. If adoption is now considered not to have been in the best interests of those who are affected by past policies, then we must seriously examine whether or not we can still justify removing children from their parents, families, heritage, culture, language and homeland and allowing them to be adopted into a family, a culture, a language and a country which are all foreign to them, to live with people with whom they share no heritage.

Outsiders Within makes a brave and very valuable contribution to the intercountry adoption debate, because it focuses on the long term outcomes for the children who were adopted. It is educational and enlightening and a moving tribute to the efforts made by those who have been adopted transracially to work through the issues with which they have been presented in life, as a result of the decisions made when they were children, by adults, who claimed to have their best interests at heart. Outsiders Within is a vital addition to the library of anyone who genuinely wants to understand transracial adoption from those who have had to live with it.

© Evelyn Robinson, 2010 counsellor, educator and member of the National Inter Country Adoption Advisory Group (NICAAG). She is author of Adoption and Loss – The Hidden Grief
(first published in 2000) Adoption and Recovery – Solving the mystery of reunion (first published in 2004) and Adoption Reunion – Ecstasy or Agony? (first published in 2009)

Evelyn welcomes contact from interested readers.   erobinson@clovapublications.com

For further information about Evelyn and her work, please visit her web site 

Source : Family Preservation Advocacy

15:30 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adopté, identité, origine, australie | |  del.icio.us

15/06/2010

Les personnes nées d'un don de sperme veulent connaître leur géniteur

 

My Daddys Name is Donor.jpgQue pensent de leur conception les adultes nés d'un don de sperme ? Voudraient-ils voir lever le secret qui pèse sur leur origine ? Comment se distinguent-ils du reste de la population ?

 

Pour la toute première fois, une étude américaine intitulée My Daddy's Name is Donor ("Le nom de mon père est donneur") permet de confronter l'expérience et l'opinion d'adultes ayant été conçus par don de sperme à celles de personnes adoptées ainsi qu'à celles d'autres ayant grandi avec leurs parents biologiques (1).


Réalisée par le cabinet Abt SRBI de New York, l'étude a été conduite par Elizabeth Marquardt de l'Institute for American Values, un think tank "non partisan", avec le sociologue Norval Glenn de l'université d'Austin (Texas) pour le compte de la Commission sur l'avenir de la condition parentale, un groupe d'universitaires et d'experts qui réfléchit à "la situation juridique, éthique, sociale et scientifique des parents dans la société contemporaine", et qui formule à la fin du rapport des recommandations.

 

Il naîtrait aux Etats-Unis entre 30 000 et 60 000 enfants chaque année de don de sperme. La fourchette reste peu précise car aucun relevé statistique fiable n'est réalisé, une absence de transparence prévalant dans ce domaine.

 

La première naissance par don de sperme répertoriée à Philadelphie en 1884. Au XXe siècle, un "marché de la fertilité" s'est développé. Réputé en croissance, il est actuellement évalué à 3,3 milliards de dollars par an. La plus grande banque de sperme au monde, l'entreprise danoise Cryos, exporte les deux-tiers du sperme qu'elle récolte.

 

Dans un très grand nombre de pays, les personnes nées d'un don du sperme n'ont pas accès à l'identité de leur "père biologique". Ces dernières années cependant, plusieurs Etats et non des moindres, comme le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, la Suisse, certains Etats en Australie et en Nouvelle-Zélande, ont banni l'anonymat sur le don de sperme. Une loi a été discutée en ce sens récemment en Croatie.

 

UN FORT SENTIMENT D'INCOMPRÉHENSION

 

Constat de départ : les enfants nés de dons de sperme ne se distinguent guère des autres enfants. Le fait de choisir son donneur selon des critères physiques et sociaux - comme il est possible de le faire par exemple à Cryos - n'amène pas les parents à sélectionner les hommes à peau blanche et à cheveux blonds...

 

L'étude montre à quel point ces adultes représentent un échantillon représentatif de la société : 20% des personnes interviewées se revendiquent comme "hispaniques", comparé à 6% parmi les familles adoptantes et 7% de ceux élevés par leurs parents biologiques.

 

Leur diversité religieuse est tout aussi large, l'échantillon comprenant un éventail de catholiques, protestants et juifs "illustrant la réalité de leur présence dans chaque facette de la société américaine d'aujourd'hui", soulignent les auteurs.

 

Le portrait-robot qui découle de l'enquête dessine des hommes (52 % de l'échantillon) et des femmes (48 %) plutôt mal dans leur peau, donnant le sentiment d'avoir subi un préjudice et gênés par les "circonstances" qui ont présidé à leur conception. Près de la moitié reconnaît y penser "plusieurs fois par semaine voire plus".

 

Le fait que l'argent ait interféré dans leur naissance apparaît comme une source de préoccupation importante, 42% d'entre eux jugeant le fait de vendre du sperme ou des ovules à des personnes qui veulent avoir des enfants comme "une mauvaise chose", contre 24% des adultes ayant été adoptés et 21% des personnes issus de parents biologiques.

 

Un sentiment de malaise semble très fort chez une partie significative d'entre eux : 25 % acquiescent à l'idée, suggérée par les enquêteurs, que "personne ne les comprend vraiment". Un sentiment éprouvé par 13 % des adoptés et 9 % des enfants biologiques.

 

Les relations, amoureuses en particulier, de ces personnes sont affectées par cet inconnu qui pèse sur leurs origines. Près de la moitié (46 %) sont ainsi d'accord avec l'item suivant : "quand je suis attiré(e) par quelqu'un, je suis inquiet(e) du fait que je pourrais lui être apparenté(e)". De la même manière, 43 % des adultes nés de don de sperme "redoutent d'avoir une relation sexuelle avec quelqu'un avec qui [ils pourraient être] apparentés sans le savoir". Une crainte qui n'est guère partagée par les adultes adoptés (16 %) et encore moins ceux ayant grandi avec leurs parents biologiques.

 

67% DES SONDÉS SOUHAITENT LA LEVÉE DU SECRET SUR LES ORIGINES

 

Les adultes conçus par don de sperme font état de "problèmes avec la loi" et de consommation abusive de stupéfiants, deux fois plus souvent que les adultes ayant été élevés par leurs parents biologiques. Sur ce point, ils font cependant jeu égal avec les adultes ayant été adoptés.

 

Alors que le secret pèse sur leur origine, 38,5 % disent ne pas être d'accord avec l'idée qu'on puisse "délibérément concevoir un enfant sans père". Certains de ces adultes (36 %) vont jusqu'à émettre une objection de fond sur le principe même du don de sperme, même si une très large majorité y sont plutôt favorables, approuvant même la technique du clonage "pour tous ceux qui ne peuvent pas avoir d'enfants autrement".

 

Ils sont 67 % à demander la levée du secret sur les origines, actuellement en cours aux Etats-Unis. Parmi les dix-neuf recommandations formulées, à l'issue du rapport, par la Commission sur l'avenir de la condition parentale, figure justement, en tête, celle de mettre fin à l'anonymat du don, ainsi que la fixation d'une limite du nombre d'enfants nés d'un donneur.

 


(1) Le panel des 1687 personnes interviewées se répartit ainsi en 485 adultes pensant "avoir été conçus" par don de sperme dont 485 avec certitude, 563 adultes ayant grandi avec leurs parents biologiques et 562 adultes issus d'une adoption. L'étude a été réalisée par Internet entre les 10 et 28 juillet 2008.


Source: Le Monde.fr | 08.06.10 | Brigitte Perucca

 

The Sperm-Donor Kids Are Not Really All Right
A new study shows they suffer. By Karen Clark and Elizabeth Marquardt
Slate

 

Orphelins génétiques
Depuis plusieurs années, les adoptés revendiquent leur droit à l'identité. Aujourd'hui, comme il était à prévoir, les enfants conçus en cliniques de fertilité, de pères anonymes, veulent connaître leurs antécédents médicaux...
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Mère : connue. Père : éprouvette
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Certains sont toujours en quête d'identité.
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11:21 Écrit par collectif a & a dans Etude - Recherche | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : identité, origine, fiv | |  del.icio.us

09/06/2010

France. Le droit de l’enfant à accéder à ses origines menacé

 

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Tout un chacun a-t-il le droit de connaitre ses parents, ceux qui l’on engendré ? A priori on aurait tendance à répondre par l’affirmative tellement il apparait essentiel de garantir à tout individu de pouvoir s’inscrire dans une lignée. A défaut de savoir où l’on va chacun, doit savoir d’où il vient. La vie, la mort, sont les grandes questions qui structurent chacun d’entre nous.

 

Pour l’immense majorité la question ne souffre guère de difficulté. Dès les premiers instants nombre de bonnes ou de mauvaises fées se penchent sur le berceau pour s’exercer au grand jeu des ressemblances : « Bon Dieu ce qu’il ressemble à son père ! » ou « Tout sa mère ! » Quand ce n’est pas : « C’est son grand-père craché  » ou « l’oncle Anatole ! » que beaucoup ont oublié voire n’ont n’a jamais connu s’agissant d’une des deux branches du nouveau-né !

 

Cette recherche de similitudes est un classique avec une marge d’erreur que peu connaissent quand les travaux des chercheurs en sciences sociales montrent que dans une proportion non négligeables – entre 6 à 8 affirment certains, un peu plus de 10% affirment d’autres - les enfants nés d’une femme marié n’ont pas systématiquement pour père le mari de la mère.

 

Plus tard quand l’enfant s’interroge « Papa est-il mon père ?  » ou « Maman est-elle bien ma mère ! », un rapide tour d’horizon des photos de famille est de nature à rassurer celui qui douterait.

 

Reste que pour certains la difficulté est réelle pour répondre à cette question fondamentale « Qui suis-je ? » car ses géniteurs auront fait en sorte de brouiller sinon d’effacer les pistes. Il ne s’agit pas de condamner moralement cette attitude et de porter de jugement de valeur sur cette attitude mais simplement de la constater.

 

En France, chaque année plusieurs centaines d’enfants naissent ainsi sous « X », c’est-à-dire sans que leur filiation soit établie .

 

Je peux témoigner que de tous les gens que j’ai pu croiser qui étaient en grande difficulté psychologique ce sont ceux qui souffrent le plus. Non seulement ils ont le sentiment d’avoir été spoliés d’une partie d’eux-mêmes et ils s’interrogent sur ce qui peut être à l’origine de leur rejet ou l’incapacité de leurs parents de les assumer, mais encore et surtout ils reprochent à la puissance publique de savoir et de leur cacher une vérité qui leur appartient. Ils ne supportent pas cette injustice et des années durant, devenus même largement matures, ils en souffrent et sont près à soulever des montagnes pour savoir.

 

Leur revendication est forte et la résistance à leur donner satisfaction est tout aussi forte. Une batterie d’arguments sont traditionnellement développés. Ainsi on avance qu’il faut savoir tourner la page : leur permettre d’accéder à cette vérité pourrait déboucher sur des drames pour leur mère qui souvent a reconstruit sa vie et demande à oublier. On argumente encore que la révélation pourrait remettre en cause l’adoption, qui a pu survenir. Tout simplement l’accouchement sous « X » évite nombre d’infanticides.

 

Ces arguments ne tiennent pas la route. Ainsi nombre de femmes qui ont eu un enfant très jeune sont elles-mêmes en recherche et à tout le moins aimeraient savoir ce que leur enfant est devenu. Nombre d’ailleurs ont veillé discrètement à s’informer sur leur sort auprès des œuvres d’adoption. Par ailleurs tous les enfants nés sans identité ne sont pas adoptés. Et pourquoi un enfant adopté devrait-il être vierge de tout passé : il est adopté pour ce qu’il est et non pas comme s’il n’avait existé avant d’être accueilli par sa famille. Ne parlons pas de l’argument tiré de la prévention de l’infanticide : rien ne démontre scientifiquement qu’il soit pertinent. La France et le Luxembourg sont les deux pays qui pratiquent l’accouchement sous « X » sans qu’il soit établi que dans les autres pays il y ait plus d’infanticides.

 

Cette question de l’accès aux origines a longtemps été un des sujets d’affrontement entre les partisans des droits de femmes et ceux qui portaient les droits des enfants.

 

Jusqu’ici très nettement le droit des femmes l’avait emporté.

 

La convention internationale sur les droits de l’enfant du 20 novembre 1989 dans son article 6 avance que l’ enfant a « le droit, dans la mesure du possible, de connaitre ses parents et d’être élevé par eux ».

 

Dans la mesure du possible ne signifie pas dans la mesure où on le souhaite. Un droit est reconnu dont l’exercice ne peut se heurter qu’à des difficultés factuelles comme l’absence d’informations identifiantes (ex. : le billet dans le berceau).

 

Au soutien de l’application simple de ce texte ratifié par la France sans réserve nous avancions que l’histoire d’un enfant n’appartient pas qu’à ses géniteurs, mais lui appartient aussi. Ce point de vue que nous soutenions très fort a fini par l’emporter en France en 2001.

 

Certes un verrou a été posé : si la mère s’oppose à la révélation de son identité les autorités publiques ne pourront pas passer outre. Si le droit de l’enfant a été reconnu, le droit de la mère reste supérieur.
A l’époque, avec le Médiateur de la République, nous avons combattu en vain ce veto.

 

En tout cas, comme nous le souhaitions un accompagnement social a été décidé par le législateur et doit se mettre en place pour permettre à la mère d’assumer son passé sans casser ce que depuis elle a construit, souvent difficilement. On ne doit pas débarquer avec un gyrophare policier dans sa vie ! Nous faisons le pari que dans nombre de cas certains accepteraient ce qu’elles refusaient initialement.

 

De fait ce dispositif fonctionne. Insuffisamment certes, mais nombre des personnes ont pu ainsi accéder à leurs origines malgré les réserves de ceux qui initialement ont monté et animé le CNAOP (Conseil national d’accès aux origines personnelles)

 

On pensait qu’une dynamique était en marche, discrètement, mais efficacement.

 

On sera d’autant plus choqué de lire dans le rapport à paraître prochainement du CNAOP (ASH du 4 juin 2010) : « La démarche de recherche de ses origines, que ce soit ou non dans le cadre d’un accouchement anonyme, requiert une certaine maturité et peut s’avérer profondément déstabilisante ». « Les informations, la réalité sont souvent bien différentes ce de ce qui avait été imaginé ». Et d’ajouter « Plus l’enfant est jeune, plus il semble difficile pour la mère de naissance d’imaginer pouvoir le rencontrer ». Conclusion du CNAOP : il faut réserver aux majeurs l’accès aux origines personnelles.

 

Pas question de nier que la matière soit délicate, mais revenir sur la loi de 2001 en interdisant à des enfants mineurs d’âge de rechercher leurs parents serait une régression et une disposition contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant.

 

Redoublons plutôt d’efforts et d’imagination pour permettre l’exercice de ce droit. L’exercice d’un droit ne se discute pas, il s’accompagne éventuellement. Celui-ci comme d’autre. Sans doute faut-il en amont créer un climat favorable en acclimatant l’opinion à cette démarche.

 

Source : blog de Jean-Pierre Rosenczveig.

 

Une lueur d'espoir pour les nés sous X en France?

 


09:03 Écrit par collectif a & a dans Nés sous X | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, accouchement sous x, identité, origine | |  del.icio.us