15.04.2009
Confier les enfants éthiopiens aux Occidentaux ou tout faire pour les laisser grandir chez eux ?
Mariama, la nouvelle volontaire pour l’adoption internationale, le "Peace Corps à la française" créé par Rama Yade, est arrivée en Ethiopie, le deuxième pays où les Français adoptent.
Au consulat d’Addis-Abeba, les fonctionnaires ravis se sont un peu emmêlés les pinceaux en accueillant cette grande jeune fille aux cheveux en pétards. « Ah voilà, notre VIA ! » (Volontariat International en Administration). Mariama sourit, très pro, serre les mains, imagine déjà où elle va installer son bureau. En réalité, elle est une VAI, un sigle encore tout neuf pour les employés des ambassades : Volontaire pour l’Adoption Internationale.
Embarquée dans les valises de Rama Yade pour un voyage officiel en Ethiopie durant ce week-end de Pâques 2009, cette jeune métisse de 31 ans papa guinéen, maman hollandaise n’allait pas se formaliser pour un sigle écorché : elle est la seule (La journaliste a oublié Elodie Chemarin qui est déjà en Ethiopie depuis février 2009), parmi les dix premiers volontaires missionnés dans les pays où les Français adoptent, à avoir la chance de faire un voyage de repérage avec la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme.
« Je vais avoir du boulot »
Il faut dire que l’Ethiopie est un « gros morceau » du programme si cher à Rama Yade, pour ce réseau de volontaires comparables à des Peace Corps américains, chargés de tendre la main aux associations sur le terrain, très en amont de l’adoption. Cet Etat mythique de la corne de l’Afrique est devenu, sans bruit, le deuxième pays où les Français adoptent, derrière Haïti. Et à voir les dossiers dans des cartons alignés dans le bureau du consul, le nombre de visas accordés enfle tous les ans… Ce qui soulève beaucoup d’espoir chez les 30 000 candidats à l’adoption en France et inquiète ceux qui pensent aussitôt « dérives » .
« Je ne suis pas là pour augmenter ou faire baisser ce chiffre, précise d’emblée Mariama. Ma mission sera d’harmoniser, d’être une sorte de pont pour que tout le monde soit rassuré. » Dans les orphelinats, les associations et les ONG, « sister Mariama » est accueillie avec espoir, sympathie et un peu de circonspection par des messieurs fiers de montrer les cases en parpaings fraîchement balayées où les enfants jouent avec des Barbie démantibulées, les salles de classes sommaires remplies de bouilles sombres mangées par des grands yeux craquants.
«Il y a du chauffage ? » s’inquiète la jeune volontaire en visitant le dortoir d’un orphelinat pour les 5-12 ans où vingt lits superposés sont alignés sous le regard de la Vierge Marie. « Je découvre. Trente-deux filles dans une même pièce, c’est beaucoup… ».
Au final, 5 % seulement seront adoptées. « Les Américains, les Français, les Espagnols, ils veulent tous des petits », soupire le directeur. Mariama sait que ce sera compliqué. Penser aux enfants, à ce qui est le mieux pour eux. En Ethiopie, le taux de fécondité des femmes tourne autour de six enfants. Et leur espérance de vie plafonne à 43 ans.
Des milliers, peut-être des millions d’enfants sont orphelins. Mais il y a aussi des enfants des rues qui pourraient, moyennant un soutien à des associations, réintégrer leur famille d’origine. Même les Ethiopiens ne sont pas d’accord sur le bon choix : confier leurs enfants aux Occidentaux ou tout faire pour les laisser grandir chez eux ?
« Je vais avoir du boulot », concède Mariama, qui entrera en fonction dans un mois.
Source: Le Parisien. 14.04.2009
Repères
- Adoption in Ethiopia
Capsule overview of adoption issues
News reports of adoption irregularities
The Schuster Institute for Investigative Journalism
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| Tags : ethiopie, peace corps, mariama, adoption internationale |
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21.01.2009
PC2R pour faciliter l'adoption internationale.
Des volontaires de l'adoption internationale, le réseau de "Peace Corps à la française" créé par Rama Yade, secrétaire d'Etat chargée des affaires étrangères, vont être mis en place progressivement dans tous les pays d'adoption pour aider les familles.
Ces «volontaires», principalement des jeunes femmes, dépendent du Quai d'Orsay et sont censées faciliter l'adoption par les familles françaises en faisant le lien avec les autorités locales. Elles seront une petite dizaine à partir dans le courant du mois de février 2009.
Elles auront de muliples tâches à remplir :
1. "sortir de l'orphelinat" est un objectif prioritaire pour Rama Yade : nécessité de sortir les enfants le plus rapidement possible des institutions en s'appuyant soit sur les ONG locales soit sur les associations internationales actives sur le terrain;
2. soutenir les projets d'adoption internationale et les conventions relatives à la protection internationale des enfants;
3. être des interlocutrices, des opératrices en adoption internationale présentes sur le terrain;
4. faciliter les démarches des Français adoptant à l'étranger: entrer en contact avec les structures locales, les orphelinats, les familles biologiques; aider à déclarer les enfants "adoptables";
5. débloqué les dossiers adoption en attente;
6. contrôler d'éventuelle dérive;
7. traquer les situations irrégulières
A cette liste, il serait utile d'ajouter la tâche suivante :
8. Pour les personnes adoptées qui le souhaitent, être des facilitateurs dans la recherche de leurs origines.
Un fonds de coopération humanitaire - doté de 3 millions d'euros - a également été créé pour développer l'aide aux orphelinats dans les pays d'adoption.
Cette "mission d'accompagnatrice-aidante-contrôleuse" n'est certainement pas à la portée de tout le monde, d'autant plus que "pour mieux adopter, nous devons aider les pays à avoir moins besoin d'adoption" et que "l'adoption est l'ultime recours pour les enfants orphelins ou abandonnés. Avant cela, il faut tout faire pour qu'ils retrouvent une vie familiale dans leur pays". Extraits d'un entretien avec Aujourd'hui/Le Parisien. (19.01.2009)
Sur le même sujet
- Peace Corps or adoption army? 28.07.2008
13:48 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : france, rama yade, peace corps, volontaires pour l'adoption internationale, clémence fournier, humanitaire, béatrice christiny |
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12.08.2008
Les Peace Corps pour faciliter l'adoption internationale sont en formation.
Après une formation au centre international de séjour de Reims, vingt-deux volontaires vont partir en mission internationale. Comme Clémence, qui rejoindra le Cambodge dans le cadre du programme d'adoption, lancé par Rama Yade.
Vingt-deux stagiaires de l'association française des volontaires du progrès (AFVP) sont venus de toute la France, de Belgique et du Burkina, pour une formation au centre international de séjour, à Reims. Dans un mois, ils seront en mission de solidarité internationale pour deux ans en Afrique, en Amérique du sud ou en Asie du sud-est. Ils travailleront avec les communautés villageoises pour les aider à renforcer leurs compétences locales.
« Durant ce stage, nous travaillons avec les futurs volontaires sur leurs motivations, leur engagement. Nous les aidons aussi à préparer aux mieux leur mission », explique Béatrice Christiny, responsable de la formation et de l'accompagnement des volontaires de l'AFVP.
« Nous aidons les volontaires à s'armer d'outils pour leur mission, pour qu'ils partent en connaissance de cause, indique Kadiata Thiam, chargée d'accompagnement, venue de Mauritanie. Nous leur livrons des témoignages de volontaires que nous avons rencontrés sur le terrain. Nous les informons aussi sur le regard des populations locales à leur égard. Nous avons souvent des retours de stagiaires positifs. »
Parmi les volontaires, Clémence Fournier, 25 ans, attire l'attention : elle sera l'une des premières volontaires à partir au Cambodge, le 22 août 2008 dans le cadre du programme pour l'adoption internationale, initié par Rama Yade.
« Trente volontaires de l'AFVP partent pour ce programme. L'objectif est de travailler sur la protection infantile dans les pays du Sud, d'identifier sur place les orphelinats, et de soutenir les dossiers d'adoption internationale », rappelle Béatrice Christiny.
À 25 ans, Clémence Fournier a déjà été volontaire au Cambodge pour six mois où elle a rencontré Rama Yade, en Inde et au Madagascar pour diverses missions avec les enfants.
« Ce stage est l'occasion d'échanger avec d'autres volontaires. Même si les projets sont différents, nous avons un même engagement, un même dynamisme et un même état d'esprit », affirme-t-elle, précisant que le stage lui permet également de savoir comment se positionner par rapport aux jeux des acteurs. « Il faut être sur le terrain pour faire des choses et sortir les enfants des institutions », ajoute-t-elle.
Eric Walter, conseiller auprès du secrétaire d'État en charge des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme et membre du cabinet de Rama Yade, était présent lors du stage de préparation pour connaître les motivations des volontaires et discuter du projet d'adoption internationale.
Émilie Lapointe, originaire de Marseille, partira, elle, en Égypte. Elle apprécie l'échange de vécu lors du stage et la mise en commun des différents projets. « Nous préparons notre mission sur le terrain. »
Avant de partir dans les pays du Sud, d'ici à un mois, les volontaires profitent également du stage pour régler les derniers détails d'ordre administratif.
Source : Union.
Repères
- PC2R pour faciliter l'adoption internationale.
- Peace Corps or adoption army?
10:14 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : peace corps, rama yade, volontaires pour l'adoption internationale, cambodge, clémence fournier, béatrice christiny, humanitaire |
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