Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/03/2010

Les souffrances nées de l'exil

Exil Diaspora.jpgHier,  Libération dressait le portrait de la pédopsychiatre Marie-Rose Moro qui consacre son travail aux souffrances nées de l'exil. Elle accompagne les enfants nés ailleurs dans leur parcours d'adaptation, enfants de migrants et enfants de l'adoption internationale.


La valorisation de la langue maternelle (pendant les consultations les enfants et les parents parlent dans leur langue maternelle) fait partie de ses méthodes de travail. Pour aider les enfants à se construire et à vivre heureux en France, elle se rattache donc à leurs racines et à leur culture d'origine, ce qui me semble être une approche très intéressante en ces temps de peur du communautarisme.
Et comme la vie fait parfois bien les choses, le portrait de Libération sort exactement au moment où je voulais parler d'Edward W. Said.

 

Edward W. Said, intellectuel palestinien de citoyenneté américaine, a lui aussi beaucoup travaillé sur l'exil et ses douleurs. Il parle de l'exil comme d'une "fissure à jamais creusée entre l'être humain et sa terre natale", une expérience d'une douleur insurmontable, source de rancoeur et de regrets, mais aussi d'un certain regard sur le monde.

 

Parce qu'ils sont déracinés, qu'ils ont l'expérience de plusieurs langues et de plusieurs cultures, les exilés sont dans une situation de décalage et de solitude qui les rendrait plus à même de créer, de penser le monde, etc. Edward W. Said considère qu'une partie importante de la culture occidentale moderne est l'oeuvre d'exilés, d'émigrés, de réfugiés. Mais il ajoute également, qu'à trop vouloir valoriser cette richesse de l'exil pour l'humanité, il y a un risque de banalisation des douleurs du déracinement.

 

Ce que je retiens de Marie-Rose Moro et d'Edward W. Said, c'est qu'il ne faut pas oublier l'émigré dans l'immigré, celui qui est parti avant d'arriver.
Edward W. Said illustre ses propos en citant un autre exilé palestinien, le poète Mahmoud Darwich, auteur des lignes qui suivent.

Mais je suis l’exilé
Prends-moi sous tes yeux
Où que tu sois, prends-moi
Rends-moi la couleur du visage et du corps
La lumière du cœur et des yeux
Le sel du pain et de la mélodie
Rends-moi le goût de la terre et de la patrie !
Prends-moi sous tes yeux
Prends-moi comme une peinture sous la chaumière des soupirs
Prends-moi comme un verset dans le livre de ma tragédie
Prends-moi comme un jouet, une pierre de la maison
Afin que la génération future
Sache reconnaître
Le chemin de la maison !

- Rien qu’une autre année -


Edward W. Said, Réflexions sur l'exil et autres essais, Actes Sud, 2008 (pour la traduction française).
Mahmoud Darwich, Rien qu'une autre année, Anthologie poétique (1966-1982), Les Editions de minuit, 1983.


Source: Diaspora | 11 mars 2010

19/12/2005

Le règne de Narcisse. Tony ANATRELLA

medium_regne_de_narcisse.jpgLivre. Le règne de Narcisse.
Les enjeux du déni de la différence sexuelle.



Psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, Tony Anatrella enseigne la psychologie à Paris. Il est connu pour ses recherches sur la psychologie juvénile et la psychologie sexuelle. Il est également prêtre. Dans de nombreuses publications, il est à l’origine de divers concepts sur l’adolescence (l’adulescence, les bébés couples, la société adolescentrique, etc.). Ce dernier livre s’inscrit dans la suite de La différence interdite et Époux, heureux époux..., et surtout de Non à la société dépressive (Flammarion).

Points forts


- Notoriété de l’auteur.
- Sujet au cœur de l’actualité.
- Débat de société.


Résumé

Le règne de Narcisse analyse les structures psychiques et sociales qui sont à l’œuvre dans les revendications homosexuelles pour répondre aux questions que se posent de nombreux parents, éducateurs, enseignants, médecins et élus.
– Qu’est-ce que l’homosexualité ?
– Quels sont les enjeux de l’homosexualité sur le sens du couple et de la famille, sur la psychologie de l’enfant ?
– Que se joue-t-il à travers le slogan et la loi votée en FRANCE sur « l’homophobie » et qu’est-ce qui se dessine pour l’avenir psychologique de chacun et de la société ?

La revendication du mariage et de l’adoption des enfants par des personnes de même sexe participe de la mentalité narcissique qui caractérise notre société, dans laquelle on croit que tout citoyen doit pouvoir disposer des mêmes droits que les autres, indépendamment de la situation de chacun. Mais comment une tendance pulsionnelle peut-elle être légalisée et devenir une institution ? Si tel était le cas, ne faudrait-il pas, au nom de l’égalité, toutes les légaliser, même celles qui sont actuellement pénalisées ?

Ce déni de la différence sexuelle et du sens de la procréation laisse entendre que seuls les sentiments et la volonté de « posséder » un enfant sont suffisants pour être « parent » au singulier et sans sexe, au lieu de l’être au pluriel et dans l’altérité sexuelle. Mais dans quelle structure relationnelle va-t-on engager l’enfant qui a besoin, pour se développer, d’un homme qui soit son père et d’une femme qui soit sa mère ?
Pour l’auteur, la nouvelle loi pénalisant les propos homophobes, votée précipitamment en France en décembre 2004, fait de l’homosexualité un instrument de censure et renoue avec la mentalité des pays totalitaires en instituant un délit d’opinion et une juridiction d’exception.

Tony Anatrella montre que vouloir faire de chaque « orientation sexuelle » un modèle social parmi d’autres pour fonder le couple et la famille est une idéologie dangereuse pour l’intérêt général.

Dans le Figaro.fr

Le narcissisme contemporain, dans lequel le sujet se prend pour la référence de tout, détricote le lien social et remet en question la plupart des solidarités humaines. Sous l'emprise de l'individu-roi, le législateur contribue à dévaloriser le sens du couple et de la famille au point de saper celui de l'autorité, de l'engagement et de l'éducation, à travers des lois qui créent de la pathologie sociale. Narcisse impose son ordre funeste autour de quatre faits importants.Le comportement de nombreux jeunes est le symptôme de la confusion du lien familial, d'un mépris du sens des lois, des références culturelles de la société et d'un désarroi délétère qu'on a laissé s'installer. S'ajoute ce que l'on nous prépare pour demain en brouillant, par exemple, le sens de la filiation sans mesurer les effets collatéraux.

1) Le règne de Narcisse délaisse les réalités et les lois objectives au bénéfice des revendications subjectives que la loi devrait légitimer au lieu de s'inspirer de ce qui a une dimension objective et universelle. En acceptant l'arbitraire de la subjectivité, le législateur favorise la désocialisation et dévalorise toutes les autres lois qui peuvent être de moins en moins respectées. A chacun ses moeurs, à chacun ses lois et, grâce à ce miroir dans lequel des personnes veulent se légitimer, la société se fragmente en tribus psychiques et en territoires hors la loi.

2) Le règne de Narcisse c'est le nivellement du «tous ensemble, tous pareils». Au nom de l'égalitarisme, la loi ne distingue plus entre l'essentiel et l'accidentel. Alors que les problèmes de nombreux jeunes révèlent de graves carences familiales, les élus sapent les fondements de la famille en légalisant tout ce qui existe. Prochainement ils risquent de fabriquer du couple et de la famille, non seulement à partir des «tendances sexuelles», ce qui est incohérent, mais aussi en légalisant des cas particuliers qui ont toujours existé sans pour autant être des références. Ce besoin de lois justificatives en dit long sur l'incertitude de ceux qui les revendiquent. La confusion première vient du manque de soutien de l'État à ce qui constitue réellement la famille issue de l'union d'un homme et d'une femme.

3) Le règne de Narcisse c'est aussi celui du transgresseur qui passe pour un héros et se trouve valorisé par les médias et encore davantage s'il utilise sa situation pour en appeler à réformer les lois de la société et les règles morales. C'est de cette façon que fonctionne le pervers narcissique qui instrumentalise tout au nom de son plaisir. On crée une situation de fait pour ensuite demander sa légalisation. Hier c'était avec la drogue, aujourd'hui c'est avec l'adoption des enfants, dans un duo homosexuel, au nom de leur sécurité juridique. Nous assistons, une fois de plus, au meurtre des symboles et au pillage des rôles et des fonctions familiales. La manipulation et la propagande de Narcisse détournent le sens des réalités. Comment s'étonner que devant de telles mesures insidieuses, arbitraires et transgressives, des jeunes soient dans le mépris des lois ?

4) Le règne de Narcisse culmine enfin dans le négationnisme de la différence sexuelle et le révisionnisme des normes sexuelles de la société, qui fondent pourtant le lien social, et dans la revendication du «droit» à l'enfant. Un récent colloque sur l'«homoparentalité» est venu le prétendre. La plupart des enquêtes sur le «bien-être» des enfants vivant dans ces conditions sont limitées et faussées. Elles ne rendent pas compte des structures psychiques qui se mettent en place. Les vrais problèmes apparaissent bien plus tardivement. Les mots, les discours et les chiffres sont manipulés pour en appeler à «l'égalité» afin d'éviter la question de l'instrumentalisation des enfants qui servent d'étayage à ces adultes. La filiation se brouille et devient socialement illisible.

Le désir d'enfant n'est pas en soi légitime, encore faut-il être dans les conditions d'un couple générationnel pour l'accueillir. L'adoption a toujours impliqué un critère de sexualité fondé sur la différence sexuelle. C'est un principe d'humanité et de réalité pas un préjugé, ni une discrimination. L'enfant a besoin de recevoir des matériaux psychiques venant d'un homme et d'une femme, ou d'une personne ayant intégré psychiquement la différence sexuelle, pour se structurer affectivement. Sinon les effets identitaires directs et collatéraux apparaîtront pour lui, une fois devenu adulte, et pour la société sur plusieurs générations.
Allons-nous vers une filiation désincarnée qui fera violence à l'identité personnelle ? Cette vision de la filiation trafiquée prépare les problèmes sociaux de demain, comme l'architecture monstrueuse des années 60 a démoralisé les cités. De détails en détails la société se défait alors que l'on sait ce qui peut la faire vivre et progresser.


Fiche biographique


11:10 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Tony Anatrella, psychanalyste, adoption | |  del.icio.us

12/12/2005

Rompre les chaînes des origines | Nazir Hamad

PSYCHOLOGIE. Oui, on peut aller trop loin, avec un enfant adoptif, dans la prise en compte de sa culture d'origine. De passage à Genève*, le psychanalyste Nazir Hamad met les pieds dans le plat du «respect des différences».

Le Temps

Vous êtes d'origine libanaise, vous exercez à Paris dans vos deux langues, l'arabe et le français. Beaucoup d'immigrés ou de résidents étrangers, même s'ils maîtrisent la langue du pays, cherchent un thérapeute comme vous, qui parle leur langue d'origine. Quelles sont vos observations à ce sujet?

Nazir Hamad

Bien des gens pensent effectivement qu'ils ne peuvent entreprendre une cure que dans leur langue d'origine. Ils s'aperçoivent vite que les choses ne sont pas si simples. J'en ai vu beaucoup chercher un thérapeute arabophone, le trouver, commencer la cure et... parler français pendant des années, avant d'arriver à utiliser leur langue maternelle. C'est d'ailleurs ce que j'ai vécu moi-même lors de ma psychanalyse.

Que se passe-t-il pour ces patients?

La langue d'accueil fonctionne en quelque sorte comme une langue diplomatique: elle sert à arrondir les angles, à désacraliser certains sujets. Lorsque la tension est retombée autour de la problématique majeure - qui est d'ailleurs souvent à l'origine de l'exil de la personne - il devient possible de passer à la langue maternelle. Cela dit, du point de vue de l'inconscient, cette formulation n'a pas grand sens: l'inconscient saute d'une langue à l'autre pour construire sa langue propre, il fonctionne comme les rêves, par allitérations, homophonies, translittérations. La langue de culture d'un polyglotte est truffée de langue maternelle et vice versa.

Il faut bien que le psychothérapeute soit polyglotte aussi pour décrypter tout ça!

Effectivement. Mais il n'est pas sûr que ce soit une nécessité, ni le critère le plus important. Lorsqu'un patient et un thérapeute décident d'entreprendre un travail ensemble, c'est qu'ils partagent un langage commun, dans lequel pourra se dire la vérité de l'inconscient. Et cela n'est pas seulement une affaire de langues.

Connaître la langue d'origine du patient, cela ne permet-il pas de faire la part de ce qui, dans sa manière d'être, relève du culturel ou de l'individuel?

Oui. Même si le culturel sert souvent d'alibi pour justifier un comportement singulier. Je suis très méfiant envers la complaisance actuelle pour les différences culturelles, qui amène les ethnopsychiatres à développer des cures spécifiques pour chaque groupe ethnique. On enchaîne l'immigré à sa culture d'origine!

Vous pensez que la psychanalyse est une cure adéquate pour un Européen comme pour un Indien d'Amérique?

Je dis, tout comme le fondateur de l'ethnopsychiatrie lui-même, Georges Devereux, qu'en tant que sujet, au-delà de toutes les différences qui nous séparent, un Indien fonctionne exactement comme nous. Et qu'avec les immigrés, on court le danger, à force de bonne volonté et de compréhension pour leur situation, de noyer le singulier dans le groupe. Le risque est de passer à côté de la question centrale: qui est cette personne, au-delà de son étiquette collective?

Entre l'immigré et l'enfant adopté, la problématique est semblable?

En grande partie. Les enfants adoptés viennent aujourd'hui de loin. Ils n'ont pas seulement subi la perte de leurs parents: en arrivant chez nous, ils doivent faire le deuil de l'ensemble de leurs repères sensoriels, pour en adopter de nouveaux. C'est pareil pour les immigrés. Savez-vous quelle est l'une des plaintes les plus fréquentes parmi ces derniers lorsqu'ils viennent d'arriver? L'intérieur de leur bouche est plein de plaies provoquées par le pain croustillant!

Après avoir misé sur le secret, pensez-vous que l'on exagère aujourd'hui la prise en compte des origines de l'enfant?

C'est un risque. J'ai connu des parents français qui, après avoir adopté un petit Vietnamien, se sont mis à manger vietnamien à la maison et à passer toutes leurs vacances au Vietnam! D'autres, dont le souci de dire la vérité allait si loin qu'ils ne manquaient pas une occasion de présenter leur enfant comme «adoptif». Je leur ai demandé: quand deviendra-t-il votre enfant tout court? Bien sûr, il faut dire la vérité, mais par moments, il faut aussi savoir respecter l'anonymat de l'enfant. Quant aux origines, si elles prennent trop de place, c'est le sujet qui risque de perdre la sienne.

Certains enfants adoptifs, dites-vous, passent leur vie à se persuader que la vraie vie est ailleurs...

Nous avons tous besoin de construire nos mythes, qui servent à répondre aux grands mystères de l'existence, et notamment à celui de l'origine. Mais nous ne nous en sortons que si tout cela reste à l'état de métaphore. Lorsque la métaphore devient réalité, la tragédie commence. Pour l'enfant adoptif comme pour d'autres, l'enjeu est de ne pas se perdre dans le mirage d'autres vies possibles, mais de s'identifier à sa vraie vie, ici et maintenant.

* Nazir Hamad était l'invité d'Espace Adoption pour une conférence, «La Langue et la frontière», le 28 novembre 2005.



Ses derniers livres parus: «Adoptions», Ed. Erès, 2003, «La langue et la frontière, double culture et polyglottisme», Ed. Denoël, 2004.

A paraître en mars: «L'enfant, sa famille et la demande de psychanalyse», Ed Erès.


Source

09:05 Écrit par collectif a & a dans Entretien | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Nazir Hamad, psychanalyste, origine, identité | |  del.icio.us

04/12/2005

Ce sont les enfants abandonnés qui ont droit à une famille et non l’inverse | Fanny Cohen-Herlem

Fanny Cohen Herlem.jpgSelon Fanny Cohen-Herlem, pédopsychiatre et psychanalyste, on doit toujours privilégier l’adopté, même si les candidats à l’adoption vivent de vrais drames quand leurs démarches n’aboutissent pas.

 

« Les postulants sont souvent persuadés, explique Fanny Cohen-Herlem, qu’il y a, répondant à leur projet, de très nombreux enfants adoptables en France et dans le monde ». Mais, précise-t-elle : « Ce n’est pas le cas ». Il faut se faire à l’idée, conseille-t-elle d’autre part, que « tous les enfants ne sont pas adoptables et tous les parents ne sont pas susceptibles d’être des parents adoptifs ». Enfin, avant et après, l’adoption est un chemin où l’accompagnement des uns et des autres est indispensable et Fanny Cohen-Herlem regrette l’absence d’une formation spécifique des travailleurs sociaux.

 

Quand on écoute les parents on entend le plus souvent parler de « parcours du combattant » pour désigner les démarches inhérentes à l’adoption. Qu’en est-il dans la réalité ?

Neuf mois pour obtenir l’agrément du conseil général, soit plusieurs entretiens avec une assistante sociale, un/e psychologue et parfois un/e psychiatre. Neuf longs mois qui sont destinés à la fois à déterminer la capacité adoptive des parents juridiquement et sur un plan psychosocial, mais qui servent aussi de temps de réflexion approfondie pour les postulants, de retour sur eux-mêmes et leur désir d’enfant, seuls et avec les travailleurs sociaux. Ils peuvent prendre le temps de penser leur projet et déterminer leurs limites. Ils peuvent aussi aborder les difficultés éventuelles liées à cette filiation particulière.

Ces démarches, cette attente, correspondent à cette obligation de répondre en premier et avant tout aux besoins des enfants privés de famille. Une fois l’agrément en poche, que reste-t-il à faire ? Pour l’adoption d’un pupille de l’État, les parents attendent qu’un enfant leur soit attribué par le conseil de famille ; et pour l’adoption d’un enfant né à l’étranger, d’autres lois régissent l’adoption internationale, notamment la convention de La Haye (qui n’a pas été signée par tous les pays), qui entraîne d’autres obligations pour les parents.

Toutes ces procédures peuvent paraître fastidieuses, d’autant plus que les postulants sont souvent persuadés qu’il y a, répondant à leur projet, de très nombreux enfants adoptables en France et dans le monde, ce qui n’est pas le cas. En fait, elles ont pour objectif de protéger les enfants et, partant, les futurs parents des dérives possibles et de les « armer » au mieux pour cette aventure.

 

Justement, quelles sont alors les principales difficultés (éducatives et/ou psychologiques) rencontrées par ces parents, vis-à-vis de ces enfants ?

Les enfants adoptés sont d’abord des enfants, et, comme tels, ils rencontrent un certain nombre de difficultés inhérentes à leur développement psychoaffectif qui remettent en jeu, à chaque étape, l’équilibre précédemment acquis. Les symptômes de souffrance sont donc ceux utilisés par tous les enfants, mais l’adoption vient leur donner une couleur différente.

En effet, le traumatisme premier que représente l’abandon, puis, les éventuelles carences affectives précoces, les carences nutritionnelles, les séparations répétées, les possibles maltraitances, autrement dit, tout ce qui a précédé l’adoption est susceptible d’avoir des effets sur les modalités de développement et de relation de l’enfant. Mais, la façon dont les parents reçoivent l’histoire de leur enfant, comment elle retentit sur leur investissement, la représentation qu’ils s’en font, l’écho qu’elle rencontre avec leur propre histoire, leur désir de réparation… entrent largement en ligne de compte sur les effets de l’histoire des enfants.

Chaque histoire est unique et chaque symptôme est à replacer à la fois dans l’histoire de l’enfant et dans celle qu’il est en train de construire et de vivre avec sa nouvelle famille.

Les « troubles de l’attachement », notion très à la mode actuellement recouvrent en fait les troubles dus aux carences affectives précoces. Face aux difficultés relationnelles d’un enfant, ce qui est à interroger l’est autant du côté de l’enfant que du côté des parents car, dans toute relation on est au moins deux. Quelles que soient leurs qualités personnelles, tous les enfants ne sont pas adoptables et tous les parents ne sont pas susceptibles d’être des parents adoptifs.

Enfin, les parents adoptifs ont à se défaire de la tentation d’avoir à être des parents « parfaits », pour lesquels « tout fonctionne bien », car tout problème devient alors un échec personnel, une blessure narcissique. Reste à devenir un parent « suffisamment bon » au sens Winnicotien du terme.

 

Et du côté des enfants, leur âge d’abandon présente-t-il des conséquences sur leurs relations avec leurs parents adoptifs ? Quels sentiments peuvent-ils développer ?

Les difficultés pour les enfants varient bien sûr, selon l’âge de l’abandon et de recueil et de leurs modalités, ainsi que de leur histoire pré-adoptive. Ils vont rencontrer des parents chez qui ces difficultés vont être entendues, comprises, acceptées ou non de façons différentes. Et cela aura un effet sur l’évolution de ces difficultés quelles qu’elles soient.

Être adopté, c’est avoir été abandonné et il faut à l’enfant réussir à faire le deuil des parents d’origine, trouver d’autres repères identificatoires, et faire des parents adoptifs « ses parents ».

Être adopté c’est entrer dans une famille, s’adapter à ses codes, sa culture, ses valeurs.

Se sentir dans « sa » famille, signifie, pouvoir faire confiance, se sentir en sécurité dans un environnement stable, fiable et aimant. Quand on a été abandonné, la question du pourquoi finit toujours par se poser et entraîne alors souvent la remise en cause de la fiabilité des liens établis, leur attaque, le besoin de vérifier leur solidité. Cette question ne souffre pas une réponse unique car elle renvoie l’enfant à sa qualité d’être humain aimable et ayant une valeur. L’enfant a besoin d’entendre que le désir d’enfant de ses parents adoptifs fait écho à son propre désir de parents (même insu), et se sentir sujet désiré et unique avec toute l’histoire dont il est porteur.

Être adopté, ce peut être changer de pays et donc de langue, d’habitudes, sentir d’autres odeurs, goûter d’autres aliments. Être adopté, ce peut être aller à l’école pour la première fois. Être adopté, ce peut être se retrouver l’objet unique de l’attention de parents qui étaient en attente, et ce peut être parfois, un peu trop…. Être adopté, c’est apprendre que l’on peut être aimé sans que tout soit permis, que tout ce qui est demandé soit donné, c’est apprendre que la frustration n’est pas en contradiction avec l’amour porté, que l’autorité est nécessaire mais peut exister sans violence…. Être adopté, c’est à l’adolescence, vivre une crise qui prend un relief particulier car la remise normale en question des parents rejoint la question concernant les parents d’origine, et ouvre sur des perspectives qui peuvent être vertigineuses….

En matière d’adoption, quelles sont selon vous les principales dérives ?

On pense aux « trafics d’enfants », aux intermédiaires douteux, à l’argent qui circule…
Une des premières raisons à ces dérives est la forte demande d’enfants petits et en bonne santé. Il y a plus de demandes que de tels enfants adoptables. Le risque de dérive existe donc surtout si l’on ne prend pas la peine de s’informer un maximum avant de partir pour adopter un enfant à l’étranger.

Il existe des lois dans chaque pays d’origine et chaque pays d’accueil a ses propres règles pour ce type d’adoption. Par ailleurs un grand nombre de pays ont signé la convention de La Haye qui a pour objectif la protection des enfants privés de famille dans l’adoption internationale. Elle oblige les États à se doter d’un certain nombre d’instruments législatifs nécessaires à sa mise en œuvre et rappelle que l’adoption internationale doit toujours venir en second après la recherche de parents adoptifs dans le pays d’origine de l’enfant.

Partir dans un « pays La Haye » donne donc déjà des garanties aux postulants sur l’adoptabilité juridique de l’enfant qui leur sera confié. Passer par l’intermédiaire d’un Organisme agréé à l’adoption (OAA) donne aussi des garanties aux parents d’être accompagnés d’un bout à l’autre de leurs démarches. Prendre contact avec des associations de parents est une aide importante mais qui n’est pas toujours suffisante.

Partir seuls, dans un pays qui n’a pas signé la convention de La Haye rend les parents plus fragiles. C’est à eux d’aller dans les orphelinats, de trouver les avocats et les intermédiaires nécessaires aux procédures d’adoption. C’est ainsi qu’ils peuvent se trouver dans des situations difficiles, comme pouvoir choisir leur enfant, se trouver face à une fratrie alors qu’ils étaient partis pour un enfant unique, être soumis à des pressions financières… être pris malgré eux dans des circuits douteux.

On sait bien à présent que les enfants font l’objet d’un marché pour des intermédiaires peu scrupuleux et que dans certains pays, des pressions sont exercées sur des mères fragiles ou en grande précarité pour qu’elles vendent leurs bébés à peine nés ou même à naître… On évite au maximum les écueils en prenant toujours contact avec l’Autorité centrale française, représentée actuellement par la Mission de l’adoption internationale (avant sa transformation prévue pour 2006).

La possibilité pour les couples homosexuels d’adopter un enfant, semble plus complexe encore. Qu’en pensez-vous ?

Il s’agit effectivement d’un problème très complexe, qui doit être abordé sans idées préconçues, à distance de toutes pressions, d’où qu’elles viennent. Je vous livre ici l’état actuel de ma réflexion. L’amour homosexuel, quelle que soit sa valeur ne peut engendrer d’enfant, il est stérile par nature. Ce qui n’a rien à voir avec la capacité éducative et d’amour que peuvent avoir deux personnes du même sexe vivant en couple. Si le choix homosexuel entraîne l’impossibilité de procréer « naturellement », et l’on peut reconnaître que cela est une souffrance, ce n’est pas à l’enfant de traiter cette souffrance. En invalidant, par son existence la différence entre homosexualité et hétérosexualité, il est mis en position de rendre ce choix inexistant. L’adoption signifie pour l’enfant l’entrée dans une nouvelle filiation. Filiation symbolique qui lui donne un nom et le fait héritier et successeur dans l’ordre généalogique de ses nouveaux parents. L’amour que se portent les parents est ainsi, à défaut de se réaliser dans la conception et la naissance d’un enfant, symbolisé dans cette filiation. Les enfants adoptés ont besoin de se penser/rêver enfant engendré par les parents qui les ont accueillis.

Se retrouver avec deux adultes tutélaires du même sexe c’est obliger l’enfant à reconnaître un seul adulte comme père ou mère et le priver de l’autre et l’empêcher de vivre la différence sexuelle au sein du couple, différence qui l’aide à se structurer. Ce sont les enfants abandonnés qui ont droit à une famille et non l’inverse. C’est à la société de réparer les souffrances qu’endurent les enfants en leur donnant les moyens de se développer et de s’épanouir dans les meilleures conditions, dans un contexte qui soit le moins conflictuel possible.

Les politiques françaises mises en place en matière d’adoption sont-elles adaptées aux demandes d’adoption ?

Une politique appropriée est, à mon avis, une politique qui se définit en priorité en fonction des besoins des enfants privés de famille. Une politique qui tendrait à faciliter l’adoption, en réponse unique à la souffrance de parents qui souhaitent adopter ne paraît pas adéquate. Une politique qui faciliterait l’adoption internationale au motif que les orphelinats sont « pleins d’enfants adoptables » ne tiendrait pas compte des réalités des pays d’origine, ni du caractère subsidiaire de ce type d’adoption.

Il est fondamental que les procédures soient claires et connues des postulants, que ce soit celles du pays d’accueil ou celles du pays d’origine. Il est aussi fondamental que les futurs parents soient préparés à l’accueil d’un enfant, en particulier s’il s’agit d’un enfant né à l’étranger, et qu’ils puissent trouver si nécessaire, des lieux d’écoute, d’aide et de soins avec dans un premier temps, des professionnels connaissant les problématiques particulières liées à l’adoption.


Voulez-vous dire par là, que les travailleurs sociaux œuvrant dans ce domaine ne sont pas suffisamment formés aux problématiques liées à l’adoption ?

Il me semble que l’écho donné aux problèmes liés à l’adoption a sensibilisé à la fois le public et les travailleurs sociaux. Néanmoins, il y a encore peu de formations qui leur soient proposées. Dans les situations de crise, les travailleurs sociaux se trouvent confrontés à l’inévitable question « qu’est ce qui est lié à l’adoption ? ». On voit donc ici la nécessité de bien connaître les particularités de l’adoption pour ne pas tomber dans le piège qui consisterait à tout lier à l’adoption.

Une formation adéquate consisterait donc à proposer une connaissance juridique de base sur le cadre légal de l’adoption nationale et internationale, des notions sur les effets de l’abandon précoce et tardif, les particularités liées à l’adoption d’enfants petits et d’enfants « grands », les problèmes d’ordre psycho affectifs et éducatifs des enfants et des parents, ainsi que les structures de recours en cas de difficultés. Il serait aussi intéressant de tordre le cou à un certain nombre d’idées reçues sur l’adoption.


Source : Le Lien Social.

 

L'enfant adopté n'est pas une marchandise
Libération | 25.10.2006

 

 

 

01/12/2005

Dans l'intérêt de l'enfant vraiment ? | Diane DRORY

La Ligue de familles en Belgique s'est prononcée pour l'adoption par les couples homosexuels. L'intérêt de l'enfant n'est-il pourtant pas de grandir avec un père et une mère de sexe différent ?


Le 8 octobre 2005, l'assemblée générale de la Ligue des familles a approuvé, à la quasi-unanimité (trois abstentions, aucun contre), un avis favorable pour l'adoption par des couples homosexuels. Sous peine d'être traitée de «néo-traditionaliste», avec tout ce que cela sous-entend de péjoratif et de facile pour faire écran à la réflexion, je n'hésiterai pas à argumenter un avis différent. Différent de ceux qui prônent l'égalitarisme, qui fait aujourd'hui partie d'une certaine «modernité» bien médiatisée, qui oublie que l'altérité fonde la spécificité de notre humanité.

Est-ce la soumission à une société éprise d'immédiateté et d'effervescence médiatique qui rend soudain «urgent» le règlement de cette question? Selon le président de la Ligue, l'urgence se fonde sur la nécessité de «légaliser un état de fait».

L'«empressement à légiférer» peut engendrer des effets pervers. Une analogie pour vous faire sourire? Il faudrait aussi que les parlementaires se mettent de toute urgence à plancher sur la suppression des lois fiscales puisqu'une majorité des Belges fraudent le fisc. Ainsi dans cette même logique, face à un couple homosexuel éduquant un enfant, il faudrait d'urgence établir une législation de filiation (par ailleurs impossible) ! L'adoption n'est pas qu'un «fait social», aussi il est indispensable de confronter les divers regards culturels dont dispose notre société.

Cette position tranchée de la Ligue est-elle issue d'une autre influence de la modernité? Fruit de notre société de consommation qui refuse le manque, qui veut que tout désir soit réalisé et qui dément l'impossible? Avoir tout, être tout. Que penser de l'énoncé du président de la Ligue: «Les sociétés toujours ajoutent à la nature, instauratrice des liens de la génération et de la filiation, ce que la volonté créatrice des hommes estime opportun pour la réalisation de tous nos désirs et nos besoins» ? Nos besoins, oui sans doute, mais ceux-ci n'ont en rien à être confondus avec ce qui est du désir. Car ce dernier, pour rester vivant, ne peut être assouvi. Le «rêve humain» est par définition sans limite mais la spécificité de notre humanité est de ne pas le confondre avec «l'acte humain». Ce dernier est confronté aux réalités contraignantes de la vie... Mais il est vrai que de nos jours, le principe du Plaisir l'emporte et le principe de Réalité qui appelle au «non» devient un acte courageux! Oser dire non, c'est s'inscrire en contre-pied de la tendance actuelle qui pousse à accepter tout et n'importe quoi au prix d'une nouvelle valeur en hausse: «se réaliser à tout prix».

L'égarement de certaines revendications survient du fait d'une confusion entre être «égaux» et être «tous les mêmes». S'il faut se battre pour une égalité, il faut aussi savoir reconnaître l'importance de la différence. C'est par elle que chacun peut devenir unique et non le clone d'un autre. L'altérité facilite la subjectivation. Le monde psy auquel j'appartiens plaide pour un véritable respect de la différence jusqu'y compris dans le cadre juridique qui signe et parle de cette différence. Dans cet ordre d'idées, reconnaître un statut à un enfant vivant dans un couple homosexuel n'est pas du tout la même chose que de voter une loi rendant légale l'adoption par des couples homosexuels.

Comme argument pour convaincre, sont brandies les statistiques démontrant qu'il n'y aurait aucune différence entre les enfants ayant grandi avec des parents du même sexe et les autres. Ces études ont pour seuls objets d'analyse la détection d'une adaptation sociale et le repérage de maladies psychiatriques et portent principalement sur des jeunes adultes pour la plupart conçus par un couple homme-femme dont l'un est parti vivre son homosexualité. Aucune étude n'a été faite sur la structure psychique des enfants qui ont grandi dès le départ dans un couple homosexuel ni sur leurs éventuels manques.

Il est rarissime de lire un commentaire ou d'entendre citer le livre«J'ai deux mamans, c'est un secret». Livre écrit par une jeune femme qui est passée par là et qui dénonce la honte, le mensonge dans lequel vivent souvent des enfants qui grandissent avec des parents du même sexe. Peut-on nier la souffrance psychique souvent muette de ces enfants? Cela n'a rien à voir avec une question d'adoption ou non. C'est la question du regard de l'autre.

La souffrance des adoptés de «ne pas être comme tout le monde» et «de ne pas avoir des parents comme tout le monde» est connue et reconnue. Alors pourquoi faudrait-il que la société complique la vie d'un enfant déjà éprouvé par l'abandon en légalisant une situation où il aurait, en outre, à assumer la «différence» de ses parents d'adoption? Notre culture, par sa législation, peut-elle accorder à des adultes, en vue de leur accomplissement personnel, le droit de décider «pour l'intérêt de l'enfant» d'un cheminement aussi doublement inconfortable psychiquement? Face à cette question d'adoption par des homosexuels, est-il question de «droits de l'enfant» ou plutôt de répondre à un «besoin» d'adultes?

Par ailleurs, s'il est de toute évidence indispensable de légiférer en ce qui concerne l'enfant élevé par un partenaire non parental, on ne souligne jamais que la voie de l'adoption est impossible pour les nombreux enfants nés d'une relation hétérosexuelle et qui, après séparation, vivent dans une famille homosexuelle.

La Ligue se serait d'emblée ralliée à la cause de l'enfant dans le but essentiel de refuser tout risque ou source de discrimination. Les différentes propositions juridiques de parentalité sociale, de coparentalité, de tutelle ne sont-elles pas des réponses intelligentes permettant d'éliminer toute discrimination négative de statut juridique entre les enfants quelle que soit la composition de leur famille? La Ligue rejette ces pistes sans autre argument que d'estimer qu'un statut différent est un sous-statut! Or, opter pour un contrat de coparentalité protégerait l'enfant juridiquement et conférerait aux adultes qui en ont la garde tous les droits et les obligations attachés au rôle parental!

Parlant de discrimination, si cette loi passe, les décideurs se rendent-ils compte qu'en confondant un «état de fait» avec une discrimination, ils vont créer une réelle discrimination? En effet, les couples hétérosexuels belges en demande d'adoption se verront précarisés par rapport à ceux de nombreux autres pays où l'adoption homosexuelle est réfutée. Car la majorité des pays offrant de possibles enfants à adopter refusent que ceux-ci soient confiés à un couple homosexuel. Le but de l'opération est-il de pénaliser les familles hétérosexuelles en désir d'enfant? Parce que l'un souffre d'un certain handicap par rapport à une situation, tous doivent-ils en pâtir? Est-ce cela, la démocratie?

Adopter une loi ou régler la situation juridique dans laquelle nombre d'enfants se trouvent aujourd'hui sont deux choses différentes. Que l'on arrête de tout mélanger sous prétexte de démêler des contradictions! Donnons du temps au temps et prenons le temps de réfléchir si, dans le débat qui nous occupe, il n'y a pas à craindre un effet contre-productif qui entraînerait un déficit symbolique préjudiciable à l'organisation sociale et à la structuration psychique des individus. Est-ce enviable pour notre culture, sous prétexte de la diversité culturelle, que soit votée une loi qui nous considère comme «tous pareils» ? Que penser d'une société qui rejette en bloc toutes ses traditions au nom d'une «modernité» qui n'a pas encore fait ses preuves?

L'intérêt de l'enfant ne serait-il pas de lui garantir le droit de grandir avec un père et une mère de sexes différents? Je cite Tony Anatrella: «Le lien logique entre la conception de l'enfant et la sexualité des adultes est indispensable afin qu'il puisse se différencier subjectivement et socialement. Dire à l'enfant qu'il a deux papas ou deux mamans est un mensonge social et un handicap pour se situer dans l'altérité sexuelle.» L'adoption est plus qu'un statut juridique, elle définit l'identité humaine! Dans le cadre d'une union homosexuelle, la filiation est contraire à la logique la plus élémentaire. Est-ce le chaos mental et psychique que la jurisprudence doit transmettre aux enfants belges?

Si c'est vraiment le bien-être des enfants qui anime les réflexions et qui sous-entend les actions de l'assemblée générale de la Ligue, il faudrait peut-être qu'ils revoient leur copie...

Diane DRORY
Psychologue, psychanalyste. Ancienne présidente de la Fédération belge des psychologues. Collaboratrice du «Ligueur».

Source : LA LIBRE BELGIQUE