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19/02/2010

Tinan, témoignage d’un enfant déraciné

Il n’a même pas 5 ans lorsqu’il débarque à Roissy. Parmi d’autres enfants haïtiens adoptés par des familles françaises. Nous sommes en 1984. Tinan ne comprend pas qui est cette femme blanche qui le serre dans ses bras, il ne sait pas dans quel pays il est, ce qu’il fait ici. Le petit garçon est complètement déboussolé, dépaysé. Mais il comprend vite qu’il ne reverra plus sa maman, restée en Haïti. L’histoire d’un enfant « déraciné », aujourd’hui devenu un adulte engagé.

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Où viviez-vous avant votre départ pour la France ?


Ma mère m’avait placé dans une crèche. Ce n’était pas un établissement de départ pour l’adoption. C’était en fait un endroit dans lequel les parents plaçaient leurs enfants pour un temps avant de venir les récupérer. Ma mère n’avait pas les moyens de nous élever, mon frère et moi. Elle m’a donc placé dans cet établissement, le temps d’améliorer sa situation. Nous étions une quarantaine d’enfants à vivre dans ce centre.





Comment vous êtes-vous retrouvé dans cet avion pour la France ?


Je ne me souviens pas clairement de ce qu’il s’est passé. Je n’avais que 4 ans et demi lorsque j’ai débarqué sur le sol français ! Je ne me souviens pas qu’on m’ait dit qu’on allait en France mais de toute façon, ça n’aurait rien voulu dire pour moi.
Nous étions plusieurs enfants dans l’avion, mais je ne sais pas combien. Je me souviens de l’atmosphère pesante de ce voyage, je me suis rendu compte qu’il se passait quelque chose d’anormal.
Je voyais des choses que je n’avais jamais vues avant : d’abord ce gros appareil qui vole et une fois arrivé, toutes ces personnes blanches et ce froid… Je n’ai pas compris tout de suite ce qu’il se passait mais j’ai compris que je ne reverrai pas ma mère. J’étais dérouté par cette femme blanche, en larmes, qui s’est jetée à mes pieds à Roissy.


Vous savez aujourd’hui qui avait organisé ce départ?


Il est difficile d’avoir des pistes, de savoir qui a décidé ce départ, comment cela s’est exactement déroulé… Mais pour moi, l’essentiel n’est pas de retrouver aujourd’hui les responsables. L’essentiel, c’est surtout de mettre en garde : ce qui m’est arrivé à moi est également arrivé à au moins 40 autres enfants à l’époque…Et j’ai bien peur qu’aujourd’hui, ces pratiques ne soient plus courantes qu’on ne le pense.

On a tendance à minimiser le déracinement mais pour les enfants, c’est terrible. Le confort gagné dans un pays comme la France ne compense pas le déracinement subi par l’enfant ! Pour un enfant qui n’a plus de parent, c’est différent. Mais dans mon cas, certains adultes ont cru faire une bonne action alors que je n’avais pas été vraiment abandonné.


C’est un appel que vous lancez aujourd’hui ?


Oui, lors des procédures d’adoption, il faut faire attention aux risques de trafic d’enfants !  Des gens en Haïti profitent de l’argent donné par les familles d’accueil, il ne faut pas alimenter cela. Les Etats et les grandes organisations comme l’Unicef doivent contrôler ces procédures d’adoption. Des enfants touchés par ces trafics, il y en a forcément plein, il y a de l’argent qui circule et donc des détournements… Lorsqu’on adopte un enfant, il faut pouvoir vérifier toutes les étapes, sinon on alimente ce trafic.

Il y a des abus. Par exemple, dans mon cas, quelqu’un avait fait signer un papier d’abandon à ma mère biologique. Mais elle ne savait pas lire, elle ne savait pas ce qu’elle signait !


Comment avez-vous retrouvé votre mère et votre famille biologiques ?


En 2001, je cherchais depuis longtemps à retrouver la trace de ma famille biologique, j’avais mon nom d’origine et mon lieu de naissance pour cela. Le vrai problème était de pouvoir aller en Haïti sans connaître personne, ni la langue, et sachant que le niveau d’insécurité est très élevé…
Une amie, ici en France, communiquait par Internet avec un Haïtien. Elle nous a mis en contact… et ce garçon avait entendu parler de moi ! Un hasard total : il était ami avec mon cousin qui avait raconté mon histoire, celle du petit Manassé – c’est mon prénom Haïtien – disparu de la crèche.

Ma mère m’a appelé plusieurs jours plus tard. Quelle émotion de l’entendre… Ma cousine sur place a joué l’interprète au téléphone, ma mère parlant créole et moi uniquement le français…

En 2002, je suis retourné pour la première fois en Haïti : je pensais être accueilli comme une bête curieuse mais pour ma famille, je n’étais pas « l’Européen ». C’était comme si j’avais toujours été avec eux… Et j’ai retrouvé mon surnom, maintenant je me fais à nouveau appeler « Tinan ». C’est mon « non jwèt », comme on dit là-bas.


Votre mère biologique vous a reparlé de votre disparition ?


Oui, elle m’a raconté que lorsqu’elle était venue me chercher à la crèche, il n’y avait plus personne. Ni enfants, ni personnel. Un choc. Toutes les rumeurs couraient sur nous : nous avions été tués, victimes d’un trafic d’organes, adoptés… Mais ma mère ne s’est apparemment jamais dit que j’étais perdu. Sa foi l’a aidée à tenir. Et elle a partagé sa douleur avec les autres mamans dont les enfants ont disparu.


Quel adulte êtes-vous aujourd’hui, toujours déraciné ?


Aujourd’hui, j’ai toujours l’impression de n’appartenir à rien, d’être perdu entre deux mondes. Il me manque des repères. C’est déstabilisant. Mais j’essaie de me raccrocher à des choses concrètes. Je veux par exemple aider d’autres Haïtiens qui ont été déracinés comme moi à retrouver leurs familles biologiques s’ils en éprouvent le besoin.




* Plus d’informations sur Tinan sur son site : www.tinan.fr

* La position de l'Unicef sur l'adoption et la protection des mineurs


Source: UNICEF | 18.02.2010

01/12/2005

Dis merci ! Tu ne connais pas ta chance d'avoir été adoptée | Barbara Monestier

R é c i t  de Barbara Monestier.medium_dismerci.jpg
Editions Anne Carrière : http://perso.wanadoo.fr/annecarriere/ 

“ D’où viens-tu ? ”
Encore cette question qui me déchire les entrailles. C’est comme si, pour la centième fois, on me prenait ma vie.
“ Mais je suis d’ici. J’habite Paris, ma famille est française… ”
On n’est donc rien sans ses origines ?
Lorsque j’étais une toute petite enfant, j’habitais au Chili. Je me souviens encore de la maison de ma nounou : nous vivions là, heureux et insouciants, au milieu d’une petite cour carrée, maîtres d’un minuscule royaume. L’hiver on suçait l’eau gelée, l’été on se baignait dans le lavoir.
Jamais on ne m’avait parlé d’adoption. Au début, ils venaient comme ça, en visiteurs, je les trouvais plutôt gentils mais je ne me doutais de rien. Un jour, ils sont venus pour m’arracher à ma vie. Je me sentais comme une marchandise. J’avais quatre ans et demi. Jamais je n’ai oublié.
Ma mère a fait de moi une petite princesse, mais moi je m’en fichais. Je ne voulais pas de toute cette richesse, de ce bonheur de pacotille. “ Tu ne connais pas ta chance ”, me disait-on souvent. Mais que voulaient-ils dire ? Savent-ils où est le bonheur ? Se donne-t-il ? Se prend-il ? Allais-je devoir toute ma vie remercier d’avoir été adoptée ? Mes parents n’avaient-ils pas besoin de moi, eux aussi ? »

Vingt ans après, Barbara Monestier raconte comment, jour après jour, elle a appris à se réconcilier avec sa vie. Un témoignage courageux sur l’adoption, vue du côté de l’enfant.

« C’est le récit poignant d’un engrenage dans lequel les sentiments et les ressentiments s’affolent puis se raidissent. C’est aussi, heureusement, la lente remontée d’une jeune fille vers la vie. »
Elle, 3 octobre 2005.

« Un texte mené à un rythme haletant, un point de vue sur l’adoption à contre-courant des clichés habituels. »
Psychologies magazines, octobre 2005.

Portrait

Barbara Monestier, 26 ans. D'origine chilienne, elle est l'une des premières filles adoptives à rejeter publiquement l'adoption, en s'en prenant particulièrement à sa mère française.

Chilienne de vie

Barbara Monestier en 5 dates
1979
Naissance de Barbara Reyes au Chili.
1983
Adoption de Barbara, installation à Paris.
1988
La famille déménage près de Montpellier.
1999
Grave dépression, tentative de suicide, maison de santé.
2000
Rencontre avec sa mère biologique, son demi-frère et sa demi-soeur.

Il n'y a pas si longtemps, quand on lui parlait en espagnol, elle jouait l'idiote. Et on s'adresse souvent à elle dans cette langue maternelle, parce qu'elle fait terriblement chilienne. Pas argentine, ni péruvienne. Chilena. «Vraiment ?» élude-t-elle avec un accent légèrement traînant, légèrement snob, pas du tout «typé», très du côté aristocratique de sa mère, en allumant une autre cigarette.

Barbara fut officiellement et reste affectivement d'origine aveyronnaise, comme son père, qui lui a offert sa parentèle chaleureuse. Très jeune, elle a déclaré : «Ici, c'est la maison de famille, c'est là que je reviendrai toujours avec mes enfants.» A tous ceux qu'elle a croisés dans son existence, elle a servi ces racines aveyronnaises pour cacher son statut d'enfant adoptée, érigée par elle seule en secret d'Etat. C'est donc en Aveyron, dans la maison de famille, que son père a voulu lui parler de sa mère chilienne. «Tu as serré tes mains sur tes oreilles et continué à dire : "Non, non, ne me dis rien", lui rappelle-t-il dans une lettre qu'elle a glissé au milieu de son livre. J'ai entendu un cri, un vrai cri de douleur qui résonne et résonnera longtemps en moi. Je t'aurais enfoncé un fer rouge dans une plaie béante, je crois que tu n'aurais pas hurlé si fort.»

Visage sculpté autour des pommettes, yeux noirs ardents, joli nez d'Amérindienne dont elle voudrait se débarrasser, elle semble indestructible et prête à se briser. Elle répond aux questions dans les salons des hôtels alors qu'elle devrait faire le ménage chez les riches de Santiago ou Concepción. Dis merci ! est le titre de son livre, avec en dessous, pour ceux qui n'auraient pas perçu la rage du titre : «Tu ne connais pas ta chance d'avoir été adoptée», récit de sa vie, autrement dit, de son adoption (1). Barbara, fille à papa, peut à 25 ans se permettre de vouloir devenir comédienne, alors que sa soeur aînée-biologique-non abandonnée, Patricia, avait déjà un enfant à nourrir au même âge, là-bas. Elle mesure aujourd'hui que son sort ne paraît pas seulement enviable, il l'est sans doute. Mais elle n'a connu la paix que par intermittence, usant ses parents jusqu'à la folie dans des crises de nerfs, de désespoir, «aimez-moi, ne m'aimez pas, écoutez-moi, ne m'écoutez pas», des années sans sommeil à sombrer dans «le vide». Elle prétend que si sa mère lui avait dit : «Nous sommes allés te chercher parce que nous n'arrivions pas à avoir d'enfant, j'avais besoin de toi pour me sentir mère», plutôt que de lui raconter qu'elle voulait faire son bonheur, elle aurait moins souffert. Elle lui reproche son orgueil, mais on entend surtout qu'aucune femme au monde n'aurait pu subvenir à cette exigence sans fin, ni fond. D'autres adoptés se remettent de l'abandon, bricolent des liens apaisés, opportunistes ou indifférents. Barbara a choisi la guerre passionnelle, contre la mère, et seulement la mère. «A peine rentrée à la maison, à la première remarque de ma mère, je rétorquais violemment : "Tu n'es pas ma vraie mère !" Alors à bout d'exaspération et de souffrance, elle me répondait : "Si tu crois que moi j'avais envie d'avoir une fille comme toi" et ça dégénérait.» C'était en CE2 et ça n'a cessé de dégénérer, jusqu'à mettre en péril le couple parental et les obliger à quitter Paris. «Cria cuervos y te sacaran los ojos», dit un proverbe hispanique. «Elève des corbeaux, et ils t'arracheront les yeux.»

Barbara était âgée de 4 ans et demi quand ces époux français  elle jeune femme d'affaires, lui journaliste proche de la retraite  ont débarqué dans la población où elle vivait en famille avec d'autres enfants abandonnés. Ils dormaient ensemble, se tenaient chaud, elle n'avait pas peur et ignorait le «vide» qui la tourmentera ensuite sans répit. Elle se souvient les avoir défiés. Son père dit «refusés». Surtout la femme, qui lui semblait belle et importante, dorée, quand tous ceux de sa población étaient moricauds. «Le déchirement fut terrible. Je savais que je partais pour une autre vie. Moi, je n'en voulais pas. J'aimais la mienne.» Cette blondeur maternelle, ces yeux bleu vert, ces «ah bon, c'est ta mère ?» incrédules des camarades d'école, elle ne lui pardonnera pas. «Je lui ai tapé dessus, je me frottais à elle dans l'espoir que ça soit contagieux.» Lorsqu'elle est retournée «là-bas», elle a constaté que les pauvres étaient toujours plus typés que les riches. Mais quand elle a découvert sa mère «biologique» en blonde platine décolorée, avec yeux bleu vert, la peau presque claire, elle a été prise d'un fou rire.

Elle a fumé jusqu'à cinq paquets de cigarettes par jour en maison de repos, a ralenti la cadence. Elle a des théories sur l'adoption : tous les adoptés tombent dans la compulsion alimentaire, sexuelle, toxique, alcoolique, alors très tôt, elle s'est jurée de briser cette «fatalité de la délinquance». L'autre théorie, viscérale, c'est de s'opposer à l'adoption par les couples homosexuels. «Moi, si je m'en suis sortie, c'est grâce à la normalité de ma famille», souffle-t-elle. Dans les diverses institutions catholiques où elle avait choisi de s'exiler pour mettre de la distance avec sa «famille» si normale, elle s'est trouvé des marraines, forcément plus gentilles, compréhensives, douces, que sa mère adoptive. Une enseignante, une infirmière, une bonne soeur, une directrice charismatique. Dis merci ! commence par cette dédicace. «Pour mon papa qui est à l'origine de ce livre et qui a toujours été là pour moi.» La petite brune a mis vingt ans à signer un semblant d'armistice avec la femme de son père, il ne faut pas lui en demander plus. «Un déjeuner en famille, ça reste une lutte, un effort.»

Sur la scène de l'adoption internationale, 2005 s'inscrira en France comme l'année du sentimentalement incorrect. Il y a quelques mois, Evelyne Pisier publiait une autofiction aux frontières de la haine sur l'enfant qu'elle avait adopté au Chili (2). Par maison d'édition interposée, Barbara aurait pu tenir le rôle de l'agnelle chilienne qui répond à la méchante bergère. Mais elle ne connaît pas cette femme et elle ne veut pas lire son livre : «Je ne supporterai pas des mots durs.» Elle jure ne pas avoir écrit son récit contre «eux» : ses parents. Elle est moins sûre d'elle quand il s'agit de jurer qu'elle ne l'a pas écrit contre «elle» : sa maman. Et elle semble rester imperméable à cette douceur d'adulte qu'est la gratitude, même ténue. Elle n'est reconnaissante que d'une chose, c'est de ne pas avoir été avortée. Et ça, elle le doit à Marta, sa mère biologique, qu'elle a rencontré à l'âge de 21 ans. «Je lui ai dit merci de ne pas m'avoir supprimé.» C'est tout. Pour l'abandon : «Il n'y a pas de pardon.»

La France, le bel appartement, les institutions sélectes, le ski trois fois par an, les nuits que sa mère a passées à l'aider pour ses devoirs, elle n'était pas demandeuse, mais elle continue à prendre. L'adoption, dit-elle, c'est une tentative de réconciliation entre deux souffrances, celles de l'enfant abandonné et celle du couple stérile, qui échoue presque tout le temps. Cria cuervos, et ils écriront un livre.

(1) Editions Anne Carrière.£

(2) Une question d'âge.

(3) Adolescence et adoption

 

- L'adoption sans merci.
Rencontre avec Barbara Monestier

- Une adoption peut-elle être réussie ?
Barbara Monestier et Evelyne Pisier.
 

 

13/08/2004

Des limites à l’adoption d’enfants provenant de l'étranger.

C'est une grande frustration pour un couple uni par un amour solide que de ne pas pouvoir enfanter. L'enfant, les enfants sont le couronnement et le prolongement naturels de l'union amoureuse et fondent la véritable famille. Aussi peut-on comprendre qu'un couple stérile cherche par tous les moyens à combler ce manque.

Les progrès de la technologie médicale permettent aujourd'hui de remédier à de nombreuses stérilités. En ce cas, la joie des parents et la fierté des médecins évacuent peut-être un peu vite toute préoccupation quant à la santé future des enfants qui en résultent, et plus encore quant à celle de la santé collective. Si la procréation assistée ne réussit pas, les parents potentiels se tournent volontiers vers l'adoption, parfois sans réfléchir suffisamment à toutes ses conséquences. Car si l'hérédité est déjà une loterie, on peut dire de l'adoption qu'elle est une loterie plus hasardeuse encore.

 

La DDASS multiplie les précautions, avec une réglementation si pointilleuse que l'adoption devient pour les demandeurs un véritable parcours du combattant. De sorte que beaucoup se découragent et finalement s'efforcent d'adopter des bébés étrangers, le plus souvent originaires du tiers-monde. Mais nous entrons alors dans une dérive que les pouvoirs publics ne devraient pas tolérer, car ces démarches n'ont d'adoptions que le nom. Il ne s'agit plus que d'acheter au prix fort des bébés que l'on ne connaît pas et dont on ne sait même pas si les trafiquants de chair humaine qui les proposent ne les ont pas tout simplement kidnappés. C'est ainsi que de nombreux petits enfants brésiliens et vietnamiens ont été, au cours de ces dernières années, « importés » par des familles françaises qui, sous couleur de satisfaire leur instinct maternel ou paternel, ne font que succomber à la déviance de leurs instincts possessifs.

 

De quel droit ?

 

Ces pseudo-adoptions ne peuvent plus se faire aujourd'hui que par l'intermédiaire d'associations accréditées supposées prendre toutes les précautions nécessaires pour que ces immigrés involontaires soient réellement des enfants orphelins ou abandonnés. Mais pourquoi personne ne songe-t-il à poser les questions fondamentales, à savoir :

1°- De quel droit peut-on arracher de force de jeunes enfants au pays de leurs aïeux et les couper de leurs racines ancestrales ?

2°- De quel droit peut-on vouer ces mêmes enfants, lorsqu'ils auront grandi, à toutes sortes de dramatiques difficultés d'adaptation à une communauté humaine dont les caractéristiques physiques et ataviques sont très différentes des leurs ?

3°- De quel droit enfin ces pseudo-parents pourraient-ils, à seule fin de satisfaire leur obsession, contribuer à détruire un peu plus l'identité nationale en prétendant aller chercher de futurs « Français » au fond de l'Asie ou de l'Amazonie ?

 

Ces gens qui veulent jouer à la poupée vivante à n'importe quel prix se prennent volontiers pour des parents-gâteau, mais sont en réalité des monstres d'égoïsme. Ils achètent des enfants comme d'autres des chats et ne se soucient ni de l'avenir de leurs victimes déracinées ni de celui de leur propre pays. Bien sûr, ils se donnent bonne conscience en se disant que les chers petits seront mieux nourris et soignés en France que dans leur pays natal. Mais personne n'a le droit de décider pour d'autres êtres ce qui est bon pour eux.

 

En fait, ces achats d'enfants du Tiers-monde ne sont rien d'autre qu'une sorte de « traite des bébés » et constituent la forme la plus sournoise d'un nouveau colonialisme aux allures « angéliques ». J'estime que le législateur doit absolument interdire l'adoption d'enfants originaires d'autres pays que ceux de la communauté européenne et les pouvoirs publics doivent faire cesser ce honteux « safari des berceaux ».

 

Extrait du « Grand livre de Réponse à tout » (Édition 1998) : « Nombreux sont les témoignages de parents qui avouent avoir dépensé de 100 000 à 200 000 FF pour adopter leur enfant. (...)

 

Entre 1979 et 1994, 33 667 enfants étrangers ont été adoptés en France. (...) En 1990, 683 enfants sont arrivés du Brésil, 332 de Colombie, 311 de Roumanie, 209 de Pologne, 198 du Sri Lanka, 167 de Corée, 151 du Chili, 123 de Madagascar, 108 de l'Inde, 85 du Pérou, 78 d'Éthiopie, 69 du Mali, 61 d'Haïti, 58 de Djibouti, 57 du Vietnam, 55 du Mexique, 36 du Rwanda, 35 de Thaïlande, 20 du Liban, 20 du Guatemala, 19 du Salvador, 15 du Sénégal, 14 des Philippines, 14 de l'île Maurice, 11 du Népal, 8 des îles du Cap-Vert, 6 de Bolivie, 6 du Burkina-Faso, 5 du Honduras et 2 de Yougoslavie. (Ces chiffres n'incluent pas les enfants entrés illégalement.) »

 

Pierre Lance.


Source :  Les 4 vérités.