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26/01/2008

Geen geslachtsvoorkeur meer mogelijk voor adoptieouders

BRUSSEL - Ouders die een kind uit binnen- of buitenland willen adopteren, mogen niet langer kiezen of ze een jongen of een meisje willen. De maatregel komt er omdat opvallend veel ouders voor een meisje kiezen. Dat bevestigen Kind en Gezin en de Vlaamse adoptieambtenaar zaterdag in Het Belang van Limburg en Gazet van Antwerpen.



260166952dab7ec45595c7146c24c3c9.jpgDe Vlaamse Centrale Autoriteit inzake Adoptie besliste dat adoptieouders in spe geen geslachtsvoorkeur meer mogen opgeven in hun aanvraag. "Ouders denken dat meisjes gemakkelijker op te voeden zijn, of ze zijn bang dat - in het geval van buitenlandse adopties - jongens meer kans lopen op racisme dan een exotisch uitziend meisje", vertel Vlaams adoptieambtenaar Dorine Chamon.


De keuzemogelijkheid die Vlaamse adoptiebureaus tot nog toe boden, zorgt er volgens Chamon voor dat er meer jongens in buitenlandse weeshuizen blijven zitten. "We vonden dat we daartegen moesten optreden. Uiteindelijk zijn we op zoek naar ouders die een kind willen adopteren, en niet enkel een jongen of enkel een meisje. Wie via de natuurlijke weg zwanger wordt, heeft die keuzemogelijkheid trouwens ook niet."



Vele ouders die een kind willen adopteren, hebben nu al geen expliciete voorkeur voor een jongen of een meisje. Dat zegt Leen Du Bois, woordvoerster van Kind en Gezin. "Het is zeker niet zo dat alle kandidaat-adoptieouders expliciet een meisje of een jongen willen", zegt Du Bois. Ze geeft wel toe dat als er een expliciete keuze is, dat er dan meestal een meisje gevraagd wordt.



"Maar vaak heeft dat te maken met heel individuele zaken", luidt het. Een voorbeeld is een ouderpaar dat ooit een kindje verloor en nu enkel een kindje van het andere geslacht wil.



De woordvoerster van Kind en Gezin zegt voorts dat ook in de toekomst bij uitzonderlijke gevallen er nog een expliciete keuze kan zijn. De algemene regel wordt wel dat adoptieouders in spe geen geslachtsvoorkeur meer mogen opgeven in hun aanvraag.



In Vlaanderen waren er in 2006 162 adopties van kinderen uit het buitenland - vooral uit Ethiopië en China - en 22 binnenlandse adopties, zo blijkt uit het activiteitenverslag van Kind en Gezin. Cijfers van 2007 heeft Du Bois nog niet.

 

Oorspong : De Standaard



Les parents adoptifs flamands n'auront plus le choix du sexe


Les parents adoptifs flamands qui désirent adopter un enfant en Belgique ou à l'étranger ne pourront désormais plus choisir s'ils veulent une fille ou un garçon. La mesure intervient car de nombreux parents préfèrent adopter des filles, rapportent samedi les journaux Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen. « Les parents adoptifs pensent que les filles sont plus faciles à éduquer ou ils ont peur, dans le cas d'adoption à l'étranger, que les garçons soient plus facilement victimes de racisme », explique pour sa part Dorine Chamon de l'autorité centrale flamande en matière d'adoption.
"Au final, nous sommes à la recherche de parents qui veulent adopter un enfant, et pas seulement un garçon ou une fille. Une mère qui devient naturellement enceinte n'a pas non plus la possibilité de choisir le sexe de son enfant", ajoute Dorine Chamon. En 2006, 162 enfants étrangers ont été adoptés en Flandre, principalement des enfants originaires d'Ethiopie et de Chine, pour 22 adoptions d'enfants belges.

01/12/2005

L'humiliation ordinaire | Alain Badiou

Mon fils adoptif est noir.
Pour la police, cela fait de lui un suspect.

"Constamment contrôlés par la police." De tous les griefs mentionnés par les jeunes révoltés du peuple de ce pays, cette omniprésence du contrôle et de l'arrestation dans leur vie ordinaire, ce harcèlement sans trêve, est le plus constant, le plus partagé. Se rend-on vraiment compte de ce que signifie ce grief ? De la dose d'humiliation et de violence qu'il représente ?

J'ai un fils adoptif de 16 ans qui est noir. Appelons-le Gérard. Il ne relève pas des "explications" sociologiques et misérabilistes ordinaires. Son histoire se passe à Paris, tout bonnement.

Entre le 31 mars 2004 (Gérard n'avait pas 15 ans) et aujourd'hui, je n'ai pu dénombrer les contrôles dans la rue. Innombrables, il n'y a pas d'autre mot. Les arrestations : Six ! En dix-huit mois... J'appelle "arrestation" qu'on l'emmène menotté au commissariat, qu'on l'insulte, qu'on l'attache à un banc, qu'il reste là des heures, parfois une ou deux journées de garde à vue. Pour rien.

Le pire d'une persécution tient souvent aux détails. Je raconte donc, un peu minutieusement, la toute dernière arrestation. Gérard, accompagné de son ami Kemal (né en France, Français donc, de famille turque), est vers 16 h 30 devant un lycée privé (fréquenté par des jeunes filles). Pendant que Gérard fait assaut de galanterie, Kemal négocie avec un élève d'un autre lycée voisin l'achat d'un vélo. Vingt euros, le vélo, une affaire ! Suspecte, c'est certain. Notons cependant que Kemal a quelques euros, pas beaucoup, parce qu'il travaille : il est aide et marmiton dans une crêperie. Trois "petits jeunes" viennent à leur rencontre. Un d'entre eux, l'air désemparé : "Ce vélo est à moi, un grand l'a emprunté, il y a une heure et demie, et il ne me l'a pas rendu." Aïe ! Le vendeur était, semble-t-il, un "emprunteur". Discussion. Gérard ne voit qu'une solution : rendre le vélo. Bien mal acquis ne profite guère. Kemal s'y résout. Les "petits jeunes" partent avec l'engin.

C'est alors que se range le long du trottoir, tous freins crissants, une voiture de police. Deux de ses occupants bondissent sur Gérard et Kemal, les plaquent à terre, les menottent mains dans le dos, puis les alignent contre le mur. Insultes et menaces : "Enculés ! Connards !" Nos deux héros demandent ce qu'ils ont fait. "Vous savez très bien ! Du reste, tournez-vous – on les met, toujours menottés, face aux passants dans la rue –, que tout le monde voie bien qui vous êtes et ce que vous faites !" Réinvention du pilori médiéval (une demi-heure d'exposition), mais, nouveauté, avant tout jugement, et même toute accusation. Survient le fourgon. "Vous allez voir ce que vous prendrez dans la gueule, quand vous serez tout seuls." "Vous aimez les chiens ?" "Au commissariat, y aura personne pour vous aider."

Les petits jeunes disent : "Ils n'ont rien fait, ils nous ont rendu le vélo." Peu importe, on embarque tout le monde, Gérard, Kemal, les trois "petits jeunes", et le vélo. Serait-ce ce maudit vélo, le coupable ? Disons tout de suite que non, il n'en sera plus jamais question. Du reste, au commissariat, on sépare Gérard et Kemal des trois petits jeunes et du vélo, trois braves petits "blancs" qui sortiront libres dans la foulée. Le Noir et le Turc, c'est une autre affaire. C'est, nous raconteront-ils, le moment le plus "mauvais". Menottés au banc, petits coups dans les tibias chaque fois qu'un policier passe devant eux, insultes, spécialement pour Gérard : "gros porc", "crado"... On les monte et on les descend, ça dure une heure et demie sans qu'ils sachent de quoi ils sont accusés et pourquoi ils sont ainsi devenus du gibier. Finalement, on leur signifie qu'ils sont mis en garde à vue pour une agression en réunion commise il y a quinze jours. Ils sont vraiment dégoûtés, ne sachant de quoi il retourne. Signature de garde à vue, fouille, cellule. Il est 22 heures. A la maison, j'attends mon fils. Téléphone deux heures et demie plus tard : "Votre fils est en garde à vue pour probabilité de violences en réunion." J'adore cette "probabilité". Au passage, un policier moins complice a dit à Gérard : "Mais toi, il me semble que tu n'es dans aucune des affaires, qu'est-ce que tu fais encore là ?" Mystère, en effet.

S'agissant du Noir, mon fils, disons tout de suite qu'il n'a été reconnu par personne. C'est fini pour lui, dit une policière, un peu ennuyée. Tu as nos excuses. D'où venait toute cette histoire ? D'une dénonciation, encore et toujours. Un surveillant du lycée aux demoiselles l'aurait identifié comme celui qui aurait participé aux fameuses violences d'il y a deux semaines. Ce n'était aucunement lui ? Un Noir et un autre Noir, vous savez...

A propos des lycées, des surveillants et des délations : j'indique au passage que lors de la troisième des arrestations de Gérard, tout aussi vaine et brutale que les cinq autres, on a demandé à son lycée la photo et le dossier scolaire de tous les élèves noirs. Vous avez bien lu : les élèves noirs. Et comme le dossier en question était sur le bureau de l'inspecteur, je dois croire que le lycée, devenu succursale de la police, a opéré cette "sélection" intéressante.

On nous téléphone bien après 22 heures de venir récupérer notre fils, il n'a rien fait du tout, on s'excuse. Des excuses ? Qui peut s'en contenter ? Et j'imagine que ceux des "banlieues" n'y ont pas même droit, à de telles excuses. La marque d'infamie qu'on veut ainsi inscrire dans la vie quotidienne de ces gamins, qui peut croire qu'elle reste sans effets, sans effets dévastateurs ? Et s'ils entendent démontrer qu'après tout, puisqu'on les contrôle pour rien, il se pourrait qu'ils fassent savoir, un jour, et "en réunion", qu'on peut les contrôler pour quelque chose, qui leur en voudra ?

On a les émeutes qu'on mérite. Un Etat pour lequel ce qu'il appelle l'ordre public n'est que l'appariement de la protection de la richesse privée et des chiens lâchés sur les enfances ouvrières ou les provenances étrangères est purement et simplement méprisable."

Alain Badiou, philosophe, professeur émérite à l'Ecole normale supérieure, dramaturge et romancier.

Source : LE MONDE.

15:40 Écrit par collectif a & a dans Témoignage | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Alain Badiou, témoignage, racisme, France | |  del.icio.us