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14/09/2014

100 000 enfants pauvres ont été placés de force en Suisse jusqu'en 1981 : ils parlent de leur souffrance

placementdeforceensuisse.jpgLe 31 mars 2014 devant le Palais fédéral à Berne, un groupe d’anciennes victimes ou de leurs descendants ont lancé officiellement la campagne de signatures pour l’initiative populaire demandant la création d’un fonds de réparation.

Jusqu’en 1981 en Suisse, 100 000 enfants de la pauvreté ont été placés de force dans des familles ou des institutions. De plus en plus de victimes franchissent le mur de la honte pour demander reconnaissance et réparation. Rencontres avec notre partenaire swissinfo.ch.

Sources : Rue89 et Swissinfo

11:14 Écrit par collectif a & a dans Abandon, Appel, Maltraitance, Protection de l'enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suisse | |  del.icio.us

10/01/2011

Signe des temps: fonder une famille par adoption devient de moins en moins courant en Suisse

Les suisses adoptent de moins en moins.jpgEn 2009, on n’a recensé que sept adoptions pour 1000 naissances. En chiffres absolus, le nombre d’enfants adoptés chaque année est tombé de 1600 en 1980 à 500 en 2009.

 

Les motifs d’adoption ont changé en 30 ans. Comme le monde a changé. En 1980, les deux tiers des adoptions se passaient dans le cadre des familles, souvent lorsqu’un nouveau mari adoptait les enfants que sa femme avait d’un premier lit. Aujourd’hui, la proportion s’est inversée et les adoptions à l’intérieur de la famille représentent juste un tiers du total.
 
L’acceptation sociale des mères célibataires a aussi eu un impact sur le sort des enfants. En 1980, 300 jeunes Suisses étaient à la recherche d’une famille d’accueil, contre 25 à 30 par année de nos jours.
 
Enfants dans le besoin
 
L’adoption internationale a souffert de l’absence de standards acceptés par tous, qui auraient permis de faire face à des situations de détresse extrême. Vingt ans après leur diffusion, les images terribles d’enfants laissées à eux-mêmes dans des orphelinats chinois ou roumains sont encore dans les mémoires.
 
«Ce qu’il y a de nouveau aujourd’hui, c’est que dans pratiquement tous les pays, vous avez des gens des classes moyennes ou supérieures qui ont les moyens d’adopter ces enfants», explique Rolf Widmer, du Service suisse de l’adoption.
 
Depuis 1993, la Convention de La Haye stipule que les enfants devraient d’abord être placés dans des familles adoptives de leur pays et n’être proposés pour l’adoption internationale que lorsque cela n’est pas possible. 80 pays ont adopté ce texte et en Suisse, les lois qui en découlent sont entrées en vigueur en 2003.
 
Au niveau mondial, la demande pour des enfants en bonne santé et adoptables légalement dépasse largement l’offre, explique Marlène Hofstetter, de l’ONG Terre des Hommes, dédiée à l’enfance.
 
«Depuis la Convention de La Haye, de nombreux pays ont amélioré leurs structures et leur législation et ils trouvent des solutions domestiques pour leurs orphelins, explique-t-elle. Mais comme la demande reste importante, les pays-cible placent désormais la barre très haut en termes d’âge, de santé ou de revenu des requérants, afin de limiter la demande».
 
Dernier recours
 
Marlène Hofstetter estime que l’état d’esprit des futurs parents adoptifs doit changer. «Le défi, pour l’avenir de l’adoption, c’est d’éveiller la conscience des parents sur les enfants qui ont réellement besoin d’être adoptés, soit des enfants un peu plus âgés, qui souffrent de problèmes de santé ou d’un handicap».
 
Rolf Widmer confirme que les enfants qui ont le plus besoin d’une famille d’adoption ne sont pas les tout-petits. «Les plus âgés sont généralement ceux qui restent dans les orphelinats, car ils n’ont personne. Mais adopter un enfant pareil est une tâche très exigeante pour les parents. Car ces enfants arrivent avec leur propre histoire», rappelle-t-il.
 
Christine Piffaretti, de l’association Espace adoption à Genève, confirme que l’adoption d’un enfant plus âgé est une affaire délicate. Et insiste sur l’importance de la préparation et de la bonne évaluation, des parents comme de l’enfant.
 
«On n’est jamais trop prudent lorsqu’il s’agit d’une adoption internationale, surtout lorsque l’enfant est déjà un peu âgé. Cette solution ne devrait jamais être que le dernier recours, et toujours se faire dans l’intérêt de l’enfant», plaide-t-elle.
 
Un rêve onéreux
 
La route est longue pour les parents adoptifs suisses. Et le fait d’avoir reçu le feu vert pour une adoption internationale ne signifie pas qu’ils sont au bout de leurs peines. Les délais et les obstacles rencontrés en chemin incitent d’ailleurs plus de la moitié des candidats à abandonner en cours de procédure.
 
Certains couples sont prêts à payer des taxes élevées ou à faire des «donations» aux agences ou aux orphelinats dans leur quête pour l’enfant tant désiré. Une femme qui a adopté en Amérique centrale a raconté à swissinfo.ch avoir versé 20'000 dollars à l’orphelinat pour faire accélérer la procédure.
 
«Quand il commence à y avoir de l’argent qui change de mains, le risque de trafic augmente, avertit Marlène Hofstetter. Les parents qui veulent trouver un enfant sans passer par une agence reconnue ont tendance à ne pas voir plus loin que le bout de leur nez. C’est l’enfant à n’importe quel prix, et ils se mettent parfois à chercher dans des pays connus pour leurs pratiques douteuses».
 
Et pendant ce temps, de nouvelles options sont apparues pour les couples ayant des problèmes de fertilité. Aujourd’hui, plus de 3000 bébés naissent annuellement en Suisse grâce à ces technologies de procréation assistée.

(Traduction de l’anglais: Marc-André Miserez)

Source : swissinfo.ch | 09.01.2011

08:10 Écrit par collectif a & a dans Adoption internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suisse | |  del.icio.us

15/03/2010

Suisse. Les portes de l’adoption internationale se ferment.

Mince! «Voilà ce qu’on se dit. Mais c’est indiscutablement la meilleure chose qui puisse arriver à l’enfant», relate Béatrice, en évoquant le jour où elle et son époux se sont entendus dire que la tendance était aux adoptions nationales. Autrement dit à la mise en place de solutions dans le pays d’origine plutôt qu’à l’étranger.




Depuis, Priya, une adorable fillette indienne, a franchi la porte de leur maison de Muraz (VS). Mais nombreux sont les couples à voir leurs espoirs bousculés par cette réalité, qui prend de l’ampleur. «En Colombie, par exemple, le nombre d’adoptions nationales a augmenté de manière significative, passant de 5% à 30% environ ces dernières années», indique Ricardo Graells, président de l’association Adopte. ch, qui organise le 24 mars une conférence sur l’adoption(lire ci-dessous).


Moins de déracinement


«Plusieurs pays privilégient des pistes multiples, comme le placement en famille d’accueil ou parmi les proches. » Le phénomène s’explique par l’entrée en vigueur de la Convention de La Haye sur l’adoption – depuis 2003 en Suisse –, qui favorise ces alternatives au nom du bien de l’enfant, qui n’a ainsi pas à subir de «déracinement». Ricardo Graells l’attribue également à «l’émergence d’une classe moyenne» dans certains pays, en dehors de l’Afrique.


C’est la perception même de l’adoption qui évolue. Si elle a pu passer pour «rose» autrefois, elle est à considérer aujourd’hui comme «une intervention de dernier recours». «Il y a de moins en moins d’enfants adoptables», atteste Marlène Hofstetter, présidente de la Conférence suisse des organismes intermédiaires en adoption. Elle cite le cas de l’Inde, où 75% à 80% des enfants adoptés sont au bénéfice d’une solution trouvée sur place. Les couples désirant accueillir un enfant en bas âge – un critère récurrent – voient bien souvent leurs attentes déçues, certains pays réservant les poupons au réseau national. «C’est le cas de la Russie, par exemple, où il est impossible d’adopter des enfants de moins de 8 mois», relève Ricardo Graells.


La tentation de l’illégalité


Une diminution de l’«offre» qui se traduit par une érosion continue du nombre d’adoptions en Suisse: quelque 740 en 1980, 500 en 2000, 400 en 2005 et à peine plus de 300 en 2008. «La tendance n’est pas spécifique à la Suisse. Tous les pays occidentaux, en particulier la France et l’Espagne, qui sont très actifs en matière d’adoption, la connaissent. »


«On ne peut être que satisfait de cette évolution, estime Dominique Morgen, forte de son expérience de mère adoptive et qui témoignera lors de la soirée du 24 mars. Cela dit, il y a tant d’enfants qui vivent dans des conditions indécentes. Il vaudrait peut-être mieux assouplir les lois pour leur permettre de grandir dans une famille, je pense aux couples stériles en particulier, plutôt que dans un orphelinat. »
De quoi tenter certains candidats à emprunter des voies illégales, ou du moins un peu moins encadrées, comme celle que peut représenter une adoption privée (sans recours à un intermédiaire agréé), soit environ 30% des cas.


Le risque n’est pas à exclure. D’autant que la loi suisse est déjà réputée contraignante, en exigeant des futurs parents adoptifs un âge minimal de 35 ans. Difficile d’évaluer l’ampleur de ce marché gris. «Au final, les enfants quittent le pays avec une procédure d’adoption», note Marlène Hofstetter.


Béatrice a vu son vœu exaucé après trois ans et demi d’une attente faite de doutes et d’espoirs. La patience, voilà sans doute le prix de ce sourire venu d’ailleurs, qui porte la certitude de ne pas avoir été enlevé de force à sa maman biologique.


Source: 24heures.ch 11.03.2010

 

 

Dominique Nachury : « L’adoption internationale est en baisse aujourd’hui »



Aujourd’hui le nombre de pupilles est assez limité en France donc l’adoption nationale est compliquée et répond à des règles particulières.

Après une forte hausse durant les trente dernières années, l’adoption internationale est en baisse aujourd’hui. Cela peut s’expliquer par le fait que la plupart des pays susceptibles de confier des enfants en vue d’une adoption sont signataires de la convention de La Haye.
Cette convention prévoit une priorité au maintien dans le pays et la culture d’origine.

De nombreux pays ont aussi leur situation géographique et sociale qui se modifie et de ce fait, s’ouvrent moins à l’adoption. C’est le cas par exemple du Brésil, ou de la Chine.



Source : Lyonmag. 11 juin 2009.

18/10/2009

Haïti : quand l'adoption internationale rime avec business.

Haïti est un des principaux « fournisseurs » d’enfants adoptables. Une filière quasi commerciale s’y est installée, basée sur la loi du marché plus que sur une logique d’aide à l’enfance. Beaucoup d’enfants adoptés ont encore leurs parents…


Sur le tarmac surchauffé de l’aéroport Toussaint Louverture à Port-au-Prince, pas un jour ne passe sans qu’un enfant d’Haïti n’embarque sur un vol international, accompagné de ses parents adoptifs ou d’un représentant d’un organisme d’adoption. Beaucoup partent vers l’Europe : Haïti est en effet devenu un gros «fournisseur » d’enfants adoptables : le premier pour la France, un des principaux pour la Belgique et la Suisse. Plus de 400 petits Haïtiens sont adoptés chaque année en France et une cinquantaine en Belgique. Dans ce pays, leur nombre est en baisse, « notamment à la suite d’une campagne qui dénonçait les mauvaises pratiques d’adoption en Haïti », explique Gerrit De Sloover, le vice-consul honoraire de Belgique en Haïti, consultant sur les questions liées à l’adoption internationale.
De 300 à 400 dans les années 1990, le nombre de dossiers d’adoption internationale d’enfants haïtiens déposés par an à Port-au-Prince, à l’Institut du bien-être social et de la recherche (IBESR) est aujourd’hui compris entre 1 000 et 1 500. Exactement 1 367 pour la période d’octobre 2007 à octobre 2008. Cette augmentation résulte du fait qu’Haïti est un des rares pays à n’avoir pas encore ratifié la Convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale, qui fixe un cadre éthique clair et pose comme principe qu’un enfant n’est adoptable que lorsque aucune famille ne peut l’accueillir dans le pays même.


Business


Souvent portée par un vrai désir d’enfant du côté des parents, l’adoption internationale apparaît sur le terrain comme un véritable business. En 2005, la procédure pouvait coûter aux adoptants entre 5 000 et 6 500 $ US en moyenne, selon l’Unicef, y compris les frais d’avocats engagés par les crèches et ceux de procédure. Aujourd’hui, on approche des 10000 $ US. L’offre a toujours existé du côté haïtien, témoigne Geerit De Sloover, mais la demande a augmenté récemment. Les maisons d’enfants ont dès lors pullulé dans le pays. En 2008, 66 crèches étaient accréditées par l’IBESR (contre 47 en 2005), dont une majorité à Port-au-Prince. Mais leur contrôle par l’Institut est problématique, compte tenu du manque de moyens de l’institution et du manque de volonté de sa part. Aux dires du directeur adjoint de l’IBESR lui-même, M. Casseus, les crèches seraient beaucoup plus nombreuses que celles accréditées par l’Institut, « près de deux cents», lâche-t-il, sans en avoir l’air très certain.
Selon l’Unicef, « l’adoption internationale via des organisations privées qui n’ont pas reçu l’autorisation est malheureusement possible ». « Je connais des cas où des crèches non reconnues sous-traitent à des crèches accréditées», affirme Gerrit De Sloover. Car « parfois, certains n’ont pas assez d’enfants ‘en stock’, explique X. V., directrice depuis dix ans d’une crèche à Port-au-Prince. Ils vont donc en chercher ailleurs » pour répondre aux désirs des parents adoptifs. « J’ai reçu nombre de courriels de parents, toujours les mêmes : [nous avons l’autorisation d’adopter, nous cherchons un enfant, une fille]», poursuit-elle.


Contrôle de pure forme


Les petits qui présentent des «défauts » ne sont guère prisés : les plus âgés et les malades ont peu de chance d’être adoptés et certaines crèches tournées exclusivement vers l’adoption internationale ne les acceptent pas. De plus, la majorité des enfants adoptés en Haïti ont toujours des parents en vie, soit les deux, soit l’un d’eux, une tante, une grand-mère... à qui ils sont littéralement « achetés » pour être confiés aux adoptants. « Il semblerait que certaines crèches donnent de l’argent à la famille », reconnaît M. Casseus. Le plus fréquent est que des gens liés à la crèche recherchent activement des mères pauvres et leur proposent de mettre leurs petits en adoption. « Une fois les papiers signés, on va leur expliquer ce qu’est l’adoption. Ce n’est pas illégal, mais illégitime et abusif », explique Gerrit De Sloover, qui estime cependant que ces cas seraient moins nombreux qu’en Inde.
Parfois, l’initiative vient des parents. On a beaucoup parlé de vente d’enfants en Haïti. Le cas d’une maman ayant vendu les deux siens pour 500 gourdes (10 €) a fait du bruit. « Les parents, dans l’incapacité de s’occuper de leurs enfants, viennent les placer », explique X. V. L’absence de sécurité sociale, de garantie pour les vieux jours, le haut taux de mortalité infantile poussent les parents à avoir beaucoup d’enfants dans l’espoir que quelques-uns s’occuperont d’eux plus tard. Pour le directeur adjoint de l’IBESR, de nombreux parents sont conscients de ce qu’ils font lorsqu’ils placent leur enfant dans une crèche, et se bercent d’illusions en se disant qu’un jour celui-ci les fera voyager... La législation haïtienne, en effet, ne reconnaît pas l’adoption dite plénière qui implique une rupture des liens de filiation avec les parents biologiques. Elle entre ainsi en contradiction avec nombre de législations étrangères. Au moment de donner leur consentement, beaucoup de parents ne sont pas bien informés, et de plus, une majorité signent des documents qu’ils ne savent pas lire (Voir encadré « On a signé pour 18 ans »).


Limiter l’adoption individuelle…


Selon la législation haïtienne actuelle, l’IBESR n’a pas l’obligation de vérifier la véracité du consentement des familles avant qu’une décision d’adoption ne soit prise en justice. Seule la présence dans les dossiers des documents administratifs et judiciaires est vérifiée, ce qui vaut également pour les consulats qui interviennent avant le départ. «C’est un travail purement administratif à la fin du processus », rappelle Gerrit de Sloover. « Durant des années, les critères n’ont pas été appliqués. Aujourd’hui, la procédure est assez lente, car ils ont tendance à l’être plus strictement. On a commencé à demander plus de papiers pour l’adoption, ce qui a avant tout été source de plus de corruption », déclare X. V. De six mois à un an auparavant, le délai peut aujourd’hui atteindre deux ans et demi. « Une part importante est laissée à l’interprétation personnelle des juges et fonctionnaires dans la gestion des cas, explique Gerrit De Sloover. Le concept de ‘faciliter le dossier’ est assez élastique. » X. V. soupire : « Les crèches subissent tellement de pressions... Si vous ne payez pas, le dossier traîne des mois et des mois, et les parents adoptifs vous reprochent de ne pas être aussi rapide que d’autres crèches. Aucun responsable de crèche ne vous dira évidemment qu’il paie... »
Les ambassades aussi exercent des pressions sur les autorités haïtiennes, non pour augmenter les contrôles, mais pour accélérer les procédures. Un projet de loi correctif a été déposé au Parlement, mais il a peu de chances d’être adopté à court terme. Pourtant, la responsabilité relève aussi des pays adoptants. Certains, comme la France, acceptent les démarches faites individuellement par les futurs parents, qui s’adressent directement à une crèche haïtienne. 90 % des enfants “exportés” d’Haïti vers l’Hexagone suivent cette filière.
Ailleurs, l’adoption individuelle est limitée et les parents sont obligés de passer par des organismes d’adoption agréés (OAA), où la procédure est réputée plus longue. « Mais ce qu’il faut, c’est plus de contrôles sur place », explique une autre directrice de crèche. L’IBESR estime qu’il faut aussi « renforcer la procédure du consentement pour que les parents haïtiens soient bien conscients de ce qu’implique l’acte qu’ils posent ». Mais, paradoxe, le salaire du personnel de l’Institut est payé, pour partie, grâce aux recettes issues des dossiers d’adoption déposés : 5 000 gourdes (100 €) par dossier. Même incomplets ou problématiques, ceux-ci sont acceptés en nombre…


« On a signé pour 18 ans »


Kettelie Wesh vit à Soleil 17, à Port-au-Prince. En 2005, la violence ronge le quartier. Kettelie entend parler de femmes dans le quartier qui ont « placé » leur enfant en crèche pour l’adoption internationale. C’est ainsi qu’elle a rencontré le blanc (l’étranger) qu’elle montre sur une photo jaunie avec sa fille, Jenny. Il est pasteur, soutenu par un réseau d’Églises aux États-Unis pour gérer en Haïti une crèche orientée vers l’adoption internationale, mais qui aide aussi un peu les familles à s’occuper de leurs enfants. « Si j’avais pu, j’aurais placé tous mes enfants. » En octobre 2005, elle y amène la plus jeune, Jenny, 4 ans, qui a plus de chances d’être adoptée parce que c’est une fille, encore petite.
« Le Blanc nous a expliqué que même si l’enfant part, vous restez sa maman. Que vous serez toujours en communication avec lui, même si vous ne pouvez pas le voir et qu’à 18 ans, il reviendrait faire votre connaissance. Il ajoutait que quand les Blancs viendront prendre votre enfant en Haïti, ils auront la courtoisie de venir vous rencontrer et vous expliquer quelle va être la vie de l’enfant. Que vous aurez toujours de ses nouvelles .»
En octobre 2007, Jenny part pour les États-Unis. Kettelie reçoit quelques photos. Mais depuis un an et demi, plus aucune nouvelle. Le pasteur blanc est parti sans qu’elle le sache et son ancien chauffeur transformé à son tour en pasteur a repris les rênes de la crèche. « Quand nous venons demander des nouvelles de nos enfants et que nous faisons un esclandre devant sa porte, il nous envoie la police. J’ai déjà été arrêtée. »
Les enfants adoptés en Haïti ont, pour la plupart, des parents encore en vie, mais qui ne peuvent plus s’en occuper. Ceux-ci signent un consentement à l’adoption, sans souvent avoir conscience de ce que cela implique. « On a signé pour 18 ans, clame Lucienne Ophelia, dont la fille est partie pour l’Allemagne à l’âge de 5 ans. Elle est restée un an dans la crèche. J’allais la voir de temps en temps. J’ai reçu une photo dans les six premiers mois après son départ. Ensuite, plus rien : ni photo, ni nouvelles. Elle va avoir 16 ans. » Lucienne attend son retour, dans deux ans : « Dans mon quartier, tout le monde dit que j’ai vendu mon enfant ». « Nous avons voulu rechercher une vie meilleure pour notre enfant, mais nous n’avions jamais imaginé que nous allions le perdre », témoigne Kettelie.
Et quand, exceptionnellement, des photos arrivent, les crèches changent les enveloppes avant de les remettre aux parents, « pour qu’on ne retrouve pas la trace de l’enfant », souffle d’une voix éteinte Emilio Rafael, père de deux petits adoptés en France en 2001 et dont il est sans nouvelle depuis 2003.



Source : Syfia.info | Maude Malengrez | 15 octobre 2009.

23/09/2009

Terre des hommes s’oppose à l’ordonnance fédérale sur l’adoption en Suisse. Crainte de trafic d’enfants.

Logo TDH.jpg

L’organisation non gouvernementale "Terre des hommes" s’élève contre l’ordonnance fédérale sur l’adoption. Elle craint que la diminution des exigences concernant l’activité d’intermédiaires ne conduise à un trafic d’enfants.



La mise en consultation de l’ordonnance fédérale suisse qui règle le placement d’enfants à des fins d’entretien et en vue d’adoption fait craindre à Terre des hommes (Tdh) que l’on ne respecte plus l’intérêt supérieur de l’enfant et les principes éthiques". La nouvelle ordonnance se contenterait, selon l’organisation, d’exiger des connaissances suffisantes du contexte culturel et social des pays d’origine de la part des parents adoptants."


Avis Tdh sur l’avant-projet d’ordonnance sur l’adoption. 14/09/2009.


Source: apic-kipa

20:14 Écrit par collectif a & a dans Avis d'expert | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : suisse, adoption, terre des hommes | |  del.icio.us

07/08/2008

Un employé suisse de l'ONU aurait soustrait un enfant à sa mère.

MaureenNanyanziMawejje.jpgUn citoyen suisse travaillant pour l'ONU et son épouse ougandaise sont accusés d'enlèvement d'enfant par les autorités du Kenya. Le couple aurait soustrait son enfant à une jeune femme, elle aussi de nationalité ougandaise.


"Nous sommes au courant de ce cas, qui est suivi par notre représentation à Nairobi", a indiqué un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères. Il réagissait à une information de l'agence AP. Le DFAE n'était en revanche pas en mesure de confirmer d'éventuelles enquêtes en cours dans cette affaire.

Selon des informations de presse, la police kenyane enquêterait sur la base d'une plainte de l'organisation "Children's Legal Action Network". De l'avis de cette dernière, le couple aurait initialement aidé financièrement l'enfant et sa mère légitime, puis se serait approprié le premier. Des documents auraient notamment été falsifiés, selon l'accusation.

Le citoyen suisse, qui est au service des Nations unies, bénéficie d'un statut diplomatique.


Source: Le Matin Online.

 

- Un diplomate suisse soupçonné d'enlèvement d'enfant



Un diplomate suisse et son épouse sont soupçonnés d'avoir soustrait à une jeune fille ougandaise son enfant au Kenya.
Le couple aurait falsifié des documents pour empêcher que la mère puisse le récupérer.


Les autorités enquêtent contre le Suisse et son épouse - une ancienne reine de beauté ougandaise - pour enlèvement d'enfant, traite d'enfant et fausse déclaration. La police de Nairobi réagit à une plainte de l'organisation «Children's Legal Action Network» fondée par l'UNICEF, qui fournit une aide juridique à la jeune femme de 25 ans.


Selon la plainte, le couple a enlevé un jeune enfant et falsifié des documents pour empêcher que la mère puisse le récupérer. Le Suisse, qui en tant que collaborateur des Nations Unies bénéficie du statut diplomatique, n'a pas voulu s'exprimer sur ce qui lui est reproché. Son avocat Ian Maina a cependant déclaré que la mère a remis l'enfant de son plein gré au couple.


La mère prétend que le couple a d'abord proposé son aide, peu après la naissance de l'enfant, offrant des habits et une aide financière. Le couple lui aurait ensuite proposé d'habiter avec lui puis l'aurait invitée à un voyage en Suisse. Lorsqu'elle est revenue d'Ouganda où elle s'est rendue pour les formalités de visa, le couple était parti avec l'enfant.


Source : 20minutes.


- Couple accused of taking Kenyan baby



A criminal investigation has been launched against a Swiss citizen and his wife who are accused of taking a baby from a Kenyan woman.

Kenyan police confirmed the probe was underway on Thursday after a complaint had been lodged to the UNICEF-funded Children Legal Action Network.

Nairobi police processed charges of kidnapping, child trafficking and perjury against the Swiss citizen, who has diplomatic status as a United Nations employee, and his wife.


The complaint says the couple stole the baby and forged documents to prevent the mother reclaiming him.


The couple deny the allegations and say the mother signed away her guardianship rights.


The UN has declined to comment on the case.


Swiss foreign ministry spokesman Lars Knuchel said they were aware of the case and it was being followed by their Nairobi representatives.



Source : swissinfo.ch

05/12/2005

Suisse | Cherche coparent(s) désespérément

Gays et lesbiennes aspirent à devenir parents et sont de plus en plus nombreux à rechercher un partenaire «idéal» du sexe opposé, puis à choisir de préserver un lien fort entre eux tout au long de l’éducation de leur-s enfant-s. Rencontres avec cinq personnes ayant choisi la voie de la coparentalité.


Cherche coparent(s) désespérément
Gays et lesbiennes aspirent à devenir parents et sont de plus en plus nombreux à rechercher un partenaire «idéal» du sexe opposé, puis à choisir de préserver un lien fort entre eux tout au long de l’éducation de leur-s enfant-s. Rencontres avec cinq personnes ayant choisi la voie de la coparentalité.

En surfant sur les forums du Net consacrés à l’homoparentalité, le nombre d’annonces du genre «maman(s) cherche(nt) papa(s)» ou vice versa est en constante augmentation. Loin des cas de pères ou mères de famille «conventionnelle» découvrant et vivant leur homosexualité, ou même de couples de même sexe assumant à eux seuls l’éducation de leur-s enfant-s, de nombreux homos cherchent à valoriser les rapports de confiance, de connivence et d’amitié profonde entre futurs «coparents» en vue de la procréation d’un enfant dont ils partageront l’éducation sans pour autant former un couple. Un parcours semé d’embûches.

Sophie
Nonobstant son «profond désir d’avoir des enfants», Sophie, une Française de 32 ans vivant avec une autre femme à Genève, s’était longtemps dit qu’en raison de son homosexualité, la maternité n’était pas pour elle. Aujourd’hui, elle est à la recherche d’un coparent: «Je ne voudrais pas d’un enfant sans un père pour participer, même de très loin, à son éducation. Ce serait un choix égoïste de ma part imposé à l’enfant. Je pense qu’un enfant a le droit de savoir d’où il vient, ce qui n’est pas le cas lors d’une adoption ou d’une insémination artificielle avec un donneur anonyme.» Le droit de l’enfant à connaître ses origines se révèle comme un moteur essentiel dans toute démarche qui vise la coparentalité. Sophie raconte qu’après diverses tentatives pour rencontrer un père biologique, un couple d’hommes s’est présenté, dont l’un souhaitait ardemment devenir père: «Rendez-vous a été pris – d’abord à quatre, ensuite juste lui et moi. En premier lieu, la difficulté consistait à s’exposer face à un inconnu, à rompre le sentiment de gêne et, en second lieu, à parler de ce qu’on veut vraiment, car dès qu’un enfant naît, on est lié pour la vie.» Après avoir sympathisé et trouvé un terrain d’entente, les deux parents biologiques ont entrepris une insémination artisanale (lire encadré) – en vain, son partenaire s’étant révélé stérile: «En fait, j’étais soulagée, car je me suis rendu compte de la superficialité de nos liens. Aujourd’hui, je me dis que je devrais faire des concessions… Le père idéal n’existe peut-être pas.» Les échecs successifs, si fréquents dans un domaine aussi sensible, ont provoqué l’intérêt des coparents pour les rencontres par Internet. «Ma copine est très réticente, explique Sophie. Mais c’est un premier point de rencontre entre personnes concernées. On n’est pas sur eBay! Pourquoi laisser le hasard décider d’une chose si importante?»

Arnaud
Arnaud est l’heureux père de deux enfants qu’il a eu avec une mère biologique rencontrée il y a cinq ans, grâce à une petite annonce dans le magazine que vous lisez présentement: «Je peux affirmer qu’il y a eu un coup de foudre entre nous. A l’époque, j’étais en couple – depuis nous avons rompu – et la mère de mes enfants vivait déjà avec sa compagne actuelle. Nous nous sommes beaucoup fréquentés tous les quatre (vacances, week-end, etc.). Au bout d’un an notre décision était arrêtée. Et du fait de notre excellente compatibilité, un garçon est né sous les meilleurs auspices. Comme les filles habitaient un petit village de la campagne genevoise, nous avons emménagé à deux pas et depuis, je vois mon fils tous les jours et tous les week-ends. J’ai réduit mon temps de travail en fonction de cette nouvelle donne.» Mais Arnaud se voyait le père de plusieurs enfants, ce qui eut l’heur de plaire au versant féminin de cette grande famille. «L’année passée, dit-il souriant, ma petite fille est née. Sa mère est celle de son grand frère.» La fratrie s’agrandira-t-elle? «Je ne pense pas. Un garçon et une fille, c’est l’idéal et avec mon nouveau partenaire, nous formons déjà une famille de six personnes.» Aux yeux de l’administration (Service de protection de la jeunesse), Arnaud et la maman de ses enfants, après avoir clairement exposé leur situation, disposent de l’autorité parentale conjointe pour leurs deux enfants. En revanche, aucune reconnaissance n’existe pour les deux autres coparents actifs dans l’éducation des enfants et prodiguant leur amour.

Louise
Louise* nous raconte combien son désir d’être mère est fort. Bien qu’elle ait l’opportunité d’être une seconde maman pour le fils de sa compagne (enfant issu d’une coparentalité), rien n’y fait: le besoin est viscéral: «Concrètement, j’ai commencé mes démarches, il y a quatre ans avec un ami gay. Notre relation est quasi amoureuse et il serait le père rêvé. Pour des raisons de santé, nous avons dû reporter à beaucoup plus tard les inséminations. Mais elles se sont toutes révélées infructueuses. Récemment mon ami n’a plus souhaité continuer cette aventure et malheureusement mon temps pour donner la vie est aujourd’hui compté. Le père est un élément important de la constitution d’un individu, mais si je ne le rencontre pas bientôt, sans doute aurai-je recours à la fécondation in vitro.»

Virginie
Dans la campagne neuchâteloise, Christiane* et Virginie* sont les mamans d’un petit garçon d’à peine deux mois. Ce dernier est le fruit de l’union entre Virginie et François, un Franc-Comtois. «Au préalable, lance la mère biologique, nous avons fait un vrai travail de réflexion et avons consulté des spécialistes, des psy entre autres, par crainte de compromettre le développement de l’enfant dans cette situation familiale très spéciale. Les inséminations artisanales et les échecs se sont succédés pendant deux ans. Mais finalement, grâce à notre ténacité à tous les trois, je peux dire que je suis la femme la plus heureuse qui soit. Mais c’est maintenant que les vrais défis commencent. L’enfant vivra la semaine chez nous et le week-end chez François, comme si nous avions divorcé. A dessein, nous avons signé tous les trois une charte de coparentalité.» Cette charte, rédigée avant la conception, est courante chez les coparents (des exemples de chartes sont disponibles sur les sites référencés ci-dessous). Il va de soi qu’elle n’a aucune valeur juridique. Néanmoins, les parents s’accordent sur le fait qu’elle pourrait être présentée devant un tribunal en cas de litige. Par ce document, les parents s’accordent une confiance mutuelle pour l’éducation, la santé, la sécurité et le droit de garde de l’enfant.

Paolo
L’histoire de Paolo*, un Tessinois homo de 27 ans résidant au bord du lac Léman, est pour le moins originale. «Je me suis très souvent rendu au Mexique. C’est là que j’ai rencontré ma meilleure amie, mexicaine et bisexuelle. La relation est très intense. Un jour alors que nous nous étions rendus chez des amis et que nous nous trouvions devant une porte close, le désir s’est emparé de nous. Ma copine est tombée enceinte. Pour l’un comme pour l’autre, c’était la stupeur et l’angoisse, car il s’agissait d’un accident. Nous avons gardé l’enfant qui est née en mars 2003. Pour la maman, ça a été une période de crise jusqu’au sevrage de notre petite fille. Mais aujourd’hui nous formons une famille harmonieuse. Une famille d’autant plus ordinaire que nous nous avons contracté un mariage blanc. Nous avons donc tous les signes extérieurs d’une famille “normales” mais en fait je n’ai que des relations homosexuelles et ma copine vit toujours sa bisexualité. Comme j’ai un instinct domestique très développé et que l’instinct maternel de ma femme n’est pas excessif, je me charge à la maison de la cuisine et d’autres tâches ménagères.» Cette histoire est remarquable tout d’abord en raison du jeune âge de ses protagonistes. Ensuite, elle reflète, à l’instar de tant d’autres, le profond décalage entre les structures de notre monde et la réalité des familles coparentales qui, bon an, mal an, composent avec ce dernier comme elles le peuvent.

*Prénoms fictif

Source : http://www.360.ch/

10:45 Écrit par collectif a & a dans Homoparentalité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Suisse, homoparentalité, adoption | |  del.icio.us