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02/12/2012

Arche de Zoé : quelques leçons apprises…

arche-de-zoe.jpgA l’occasion du procès qui s’ouvre, en France, cette semaine (03.12.12), l’affaire de l’Arche de Zoé (en 2007) revient dans l’actualité et permet de rappeler quelques leçons apprises, à la lumière de cette pitoyable saga.

 

 

Y avait-il « exercice sans autorisation de l’activité d’intermédiaire en adoption d’enfants » ?

L’Arche de Zoé ne s’est jamais présentée aux familles comme ayant le statut légal d’intermédiaire en adoption. Mais, tant par écrit (dans les documents d’informations aux familles) qu’oralement (dans les conférences publiques) la possibilité de l’adoption est toujours mentionnée comme l’étape suivant l’accueil des enfants, mais sous la seule responsabilité des familles, celle de l’Arche de Zoé « s’arrêtant » à la remise des enfants aux familles dès l’arrivée sur sol français.

Un des critères de sélection des familles étant la capacité de prise en charge des enfants à vie, attestée si possible par un agrément de l’Aide Sociale à l’Enfance, des familles ont « naturellement » vu ainsi, de bonne foi, la possibilité de réaliser leur désir d’adoption, plus rapidement et pour moins cher que dans les procédures habituelles.

 

Les fondateurs de l’Arche de Zoé ont sciemment surfé sur l’appel d’air créé par la conjonction d’une situation d’urgence et d’une « demande » d’adoption, en proposant une procédure « accélérée » d’arrivée d’enfants présentés – qui plus est – comme orphelins et en danger de mort. Or l’adoption n’est pas une action d’urgence et seuls sont adoptables les enfants déclarés tels par les autorités de leurs pays.

La suite sur le blog de Bernard Boeton "Chronique de l'Abrincate"

Arche de Zoé : "Ma mère m'a dit que les Blancs nous auraient mangés"
Le Monde

Arche de Zoé: l'absence d'Eric Breteau, une "grande lâcheté"
RTL


Historique de l'affaire "Arche de Zoé" au Tchad

 

11/01/2012

Tchad : l’Arche de Zoé avait-elle agi avec l’appui "en sous-main" du président Nicolas Sarkozy ?

sarkozy.jpgL’opération montée en octobre 2007 par l’ONG française l’Arche de Zoé - la tentative avortée de faire sortir 103 faux orphelins du Tchad en vue d’une adoption en France - pourrait bien avoir été "publicitaire", pour populariser la cause du Darfour (la province soudanaise voisine) auprès de l’opinion publique européenne et française en particulier, avec un appui "en sous-main" du président Nicolas Sarkozy, affirme un livre paru mardi.

Selon les auteurs, François-Xavier Pinte - le "deuxième pilote belge" qui avait recruté un collègue, Jacques Wilmart - et le journaliste Geoffroy d’Ursel, un "faisceau d’indices" laisse penser que Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner, ont pu couvrir les préparatifs de l’opération, sans en avoir "la preuve irréfutable".

Ils citent notamment dans cet ouvrage, intitulé "Sarkozy dans l’avion ? Les Zozos de la Françafrique", le fait qu’une lettre de garantie pour la location du Boeing 757 qui devait emmener les enfants d’Abéché (est du Tchad) à Vatry, près de Reims (nord de la France), était signée par le frère du président, François Sarkozy, qui dirigeait la société pharmaceutique Paris Biotech Santé.

Quant au président de l’Arché de Zoé, Eric Breteau, il affirmait agir avec le parrainage de Cecilia Sarkozy, l’épouse du chef de l’Etat. Et les 25 membres de l’ONG ont effectué, après leur arrivée au Tchad, le vol entre la capitale, N’DJamena, et Abéché, en avion "Transall" de l’armée française, ont indiqué les deux auteurs lors d’une conférence de presse à Bruxelles organisée par les Editions de l’Arbre. Les membres de l’association avaient été condamnés pour enlèvement au Tchad en 2007 avant d’être grâcié par le président de ce pays africain en 2008.

Belga
Source : Tchadpages


Historique de l'affaire "Arche de Zoé" au Tchad

22/10/2010

Affaire de l’arche de Zoé. « Certains enfants ont pu perdre leur sécurité affective », dit Sandrine Dekens, ethnopsychologue.

ZOE-CADY.jpgPour les enfants enlevés, ce n’est pas le retour dans leur famille qui pose problème mais le fort sentiment d’abandon qu’ils ont dû éprouver.

Quelles répercussions ont pu avoir l’affaire de l’arche de Zoé sur les enfants ?

Il est difficile de faire de la psychologie clinique sans avoir vu ces enfants et avec le peu d’informations dont on dispose. Mais il est probable qu’ils aient éprouvé un fort sentiment d’abandon. Ils vivaient dans leur famille et se sont retrouvés confiés à des étrangers très étranges, car blancs (il est possible que certains n’en aient jamais côtoyé). 

Arrachés de leur milieu affectif habituel, dans un milieu inconnu, avec des inconnus. Il est probable qu’ils n’aient par ailleurs rien compris de ce qui leur arrivait. Car les familles africaines n’expliquent pas toujours aux enfants ce qu’ils vivent avec des mots. Et ils se sont retrouvés avec des adultes dont ils ne comprenaient pas la langue, qui ne leur ont sans doute pas expliqué grand-chose, voire leur ont menti.

Quels ont pu être les effets de cet « abandon » ?

Plus l’enfant est petit, plus il risque d’être dans le non-sens total, et plus la séparation peut avoir des répercussions sur son développement. Le bébé est juste centré sur la perte : il va essayer de retrouver une figure d’attachement stable et déprimer s’il n’en trouve pas une rapidement. 

Plus l’enfant est grand, plus il va essayer de se raconter une histoire sur ce qui lui arrive pour lui donner du sens. Si la séparation n’a pas été trop longue, on peut imaginer que certains ont dû attendre qu’une mère, une tante, une voisine vienne les chercher.

Les personnes qui s’occupaient de ces enfants n’étaient pas nécessairement leur « mère »…

Au Soudan et au Tchad, ce qu’on appelle chez nous « la mère » n’existe pas : il n’y a pas de figure unique qui aurait à la fois accouché de cet enfant et serait sa figure de référence. Les fonctions maternelles peuvent être réparties sur plusieurs personnes. Les enfants peuvent avoir une mère du ventre, une mère de lait, une mère d’éducation, une petite mère de la journée. 

C’est donc un argument ethnocentré de légitimer la rupture du lien en disant « ce n’était pas vraiment sa mère ». Et il est erroné de penser que si l’enfant n’avait plus sa mère biologique ou ne vivait pas avec elle, la rupture serait moins grave. Ce n’est en tout cas pas cela qui doit motiver le recours à une adoption internationale, même légale.

Il existe d’ailleurs peu de pays d’Afrique qui acceptent qu’on adopte leurs enfants, même de façon « légale »…

Ces pays veulent prendre en charge leurs enfants eux-mêmes et qu’on leur en donne les moyens. Si les familles ont du mal à les nourrir, elles ne vont absolument pas demander qu’on leur retire leurs enfants. Elles vont chercher un lieu où on délivre des soins, de la nourriture, des médicaments. 

C’est là qu’il y a eu un marché de dupes, qui consiste à présenter l’adoption comme un moyen de secourir les populations pauvres en les soulageant de leurs enfants ! Les enfants plus grands ont pu être dupés eux aussi, si on leur a fait miroiter qu’on allait les « sauver », ou que l’adoption allait leur permettre de manger, d’aller à l’école, de se construire une nouvelle vie… qui sont en réalité des enjeux de migration et non de filiation. 

L’adoption, même faite dans un cadre légal, n’est pas une opération de « sauvetage », ni un geste humanitaire, ni une migration. C’est l’établissement d’une filiation. Or ces enfants-là ne semblent pas avoir été en attente de parents.

Comment ont-ils pu vivre ensuite le retour dans leur famille ?

Ce n’est pas le retour qui pose problème, mais la séparation, le sentiment d’abandon et les perturbations qu’ils entraînent : certains enfants ont pu perdre leur sécurité affective, peuvent ne plus supporter des séparations ultérieures, avoir des problèmes de sommeil, beaucoup pleurer, être considérés comme « difficiles ». 

Les familles n’ont ainsi pas forcément retrouvé l’enfant qu’elles ont laissé. De leur côté, ces familles ont pu éprouver un fort sentiment de culpabilité. Certaines ont pu être considérées comme des victimes par leur communauté, mais d’autres être rendues responsables d’avoir abandonné leur enfant et considérées comme de « mauvais parents ». 

 

Source: La Croix. 22/10/2010

 

- Les enfants oubliés de l’Arche de Zoé

Trois ans après la révélation de l’affaire, que sont devenues les victimes ? Le 25 octobre 2007, plusieurs membres de l’Arche de Zoé étaient arrêtés au moment d’embarquer 103 enfants tchadiens vers la France. Notre reporter a retrouvé quelques-unes de ces victimes, à la frontière soudanaise.

Le dossier complet sur le devenir de ces enfants sur Osi Bouaké

 

18:07 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : arche de zoé, tchad, france, sandrine dekens | |  del.icio.us

17/12/2008

Arche de Zoé : le retour d’Eric Breteau sur le web

Eric Breteau Arche de Zoe.jpgC'est une information France Info : Le président de l'Arche de Zoé relance aujourd'hui le site de l'association qui voulait sauver des orphelins du Darfour... et cherche à régler des comptes.


Installé en Provence, libre mais placé sous contrôle judiciaire dans l'attente de la fin de plusieurs procédures, Eric Breteau compte sur Internet pour mettre fin à ce qu'il estime avoir été "une vaste campagne de désinformation".


Il a donc compilé des vidéos sur son site, "pour qu'éclate la vérité" à travers ce qu'il appelle un "livre multimédia". Problème : ces vidéos sont issues de quelque 18 heures de "rushes" tournés par Marie-Agnès Pelleran, qui a suivi l'affaire depuis le début. Et la journaliste de France 3, par ailleurs membre de l'association, n'a jamais donné d'autorisation à Eric Breteau pour utiliser ce travail...

 

L’arche de Zoé (voir l'affaire ADZ) refait parler d’elle avec un nouveau site internet qu’Eric Breteau fondateur de cette association humanitaire préfère appeler livre multimédia. Raconter, expliquer, justifier et parfois régler des comptes avec les médias, c’est l’objectif d’Eric Breteau qui revient sur les raisons de l’opération Darfour.

Un an après l’opération manquée Eric Breteau conteste les accusations d’amateurisme portées contre son association. Il pose aussi des questions : que sont devenus les 103 enfants qui devaient être accueillis en France, que se passe-t-il au Darfour aujourd’hui ? Pourquoi tant d’acharnement à discréditer ce que certains ont appelé « l’Arche des zozos ».

A ces questions, Breteau et son équipe répondent en construisant leur livre multimédia comme "un thriller humanitaire". Le Darfour, l’Opération Children Rescue, l’affaire tchadienne, la dérive des médias…en sont les têtes de chapitre. Mais ce qui d’abord intéresse, c’est la somme de photos et de vidéos inédites. Tournées pour certaines par une journaliste de France 3, ces images que la chaîne n’a pour la plupart jamais diffusées permettent de se faire une idée de l’état d’esprit et du dispositif humanitaire mobilisé par l’arche de Zoé à l’époque des faits. Breteau y développe sa vision du Darfour.

On découvre aussi sur le site la fiche individuelle détaillée des 103 enfants qu’Eric Breteau et son équipe voulait faire accueillir en France. Hissein, Djamos, Atom, autant d’enfants présentés au départ comme orphelins et qui selon Breteau ont soudainement retrouvé leurs parents quand le scandale a éclaté.

Le site est aussi une réponse aux « médiamensonges » selon l’expression de Breteau, ces médias qu’il accuse d’avoir participé à une manipulation de l’opinion oubliant qu’à son retour en France il en a parfaitement joué pour faire valoir sa part de vérité. Ici pas d’autocritique ou de regrets. Eric Breteau explique qu’il a d’abord ouvert ces pages à destination des familles qui lui ont fait confiance. Et lorsqu’on lui demande si cette nouvelle version du site est un point final ou un point de départ, il reste évasif, comme s’il n’avait jamais renoncé à repartir, au Darfour ou ailleurs.


Source: L’arche de Zoé surfe sur le web... David Abiker. France Info.


-  Arche de Zoé: "Eric Breteau est un adepte de la théorie du complot"

Marie-Agnès Peleran est l'une des trois journalistes qui ont suivi L'Arche de Zoé lors de la tentative malheureuse de ramener en France des "enfants du Darfour". Eric Breteau, président de l'association, la prend nommément à partie sur son site Internet, rouvert ce mercredi, lui reprochant d'avoir menti lors de la diffusion de son reportage sur France 3, dans lequel elle exprime les doutes qu'elle a pu avoir pendant l'opération. Jointe par LEXPRESS.FR, elle réagit contre ce qu'elle qualifie de "manipulation".

28/10/2008

Les voyous de l'Arche de Zoé. Enquête sur un kidnapping d'enfants.

voyous-ADZ.jpgLe 25 octobre 2007 à Abéché, au Tchad, les membres de Children Rescue-Arche de Zoé sont arrêtés avec leurs chefs Eric Breteau et Emilie Lelouch, leur pilote belge, l'ensemble de l'équipage et trois journalistes. Ils étaient sur le point de faire embarquer dans un Boeing 757, 103 enfants tchadiens vers la France, pour les placer en famille d'accueil.

 

En quelques jours, des personnalités françaises prennent la défense de ces "bienfaiteurs de l'Afrique" puis s'indignent de leur incarcération malgré le flagrant délit d'enlèvement de mineurs.

 

Qui sont réellement ces individus condamnés à huit ans de travaux forcés puis étrangement grâciés ? Comment ont-ils monté leur opération et de quels moyens disposaient-ils ?

 

S'appuyant sur des documents confidentiels, les dépositions des témoins et les pièces du procès, le journaliste d'investigation Charles Onana, en collaboration avec le député tchadien Ngarléjy Yorongar, révèle comment au nom du "génocide", la propagande contre le terrorisme se mêle à la guerre du pétrole et aux escrocs de l'humanitaire.

 

Source : DirectAbidjan.

- Présentation de l'éditeur

A partir d'un mensonge sur le génocide au Darfour défendu par Georges Bush aux Etats-Unis et Bernard Kouchner en France, des Français, membres d'une fausse association dénommée Children Rescue enlèvent 103 enfants au Tchad en prétextant sauver des orphelins du Darfour. S'appuyant sur des documents confidentiels, les dépositions des témoins et les pièces du procès, le journaliste d'investigation Charles Onana révèle comment au nom du génocide, la propagande contre le terrorisme se mêle à la guerre du pétrole et aux escrocs de l'humanitaire.

 

- Biographie de l'auteur

 Charles Onana est journaliste d'investigation, auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la participation des tirailleurs africains à la seconde guerre mondiale et sur la géopolitique des Grands Lacs africains. Il est également l'auteur de plusieurs biographie : Bokassa, ascension et chute d'un empereur; Joséphine Baker contre Hitler; René Maran, le premier Goncourt noir.

 

- Le scandale de l'Arche de Zoé

Reportage vidéo avec transcription. Francopolis.

 

18/10/2008

Arche de Zoé : le Tchad réclame 6 millions d'euros à la France.

membres-arche-de-zoe.jpgLe Tchad demande à la justice française 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts. C'est la somme que les six Français de L'Arche de Zoé ont été condamnés à verser aux familles des 103 enfants qu'ils tentaient d'emmener.

 

Dans une lettre adressée le 7 octobre à la ministre française de la Justice Rachida Dati, N'Djamena demande l'exécution du jugement, donc le versement des 4,12 milliards de FCFA (6,3 millions d'euros) de dommages et intérêts, a affirmé Mahamat Hissène, également porte-parole du gouvernement, en montrant le document.



Les six bénévoles Français de l'association l'"Arche de Zoé" avaient été graciés pour leur peine de huit ans de prison, mais le Tchad réclame les 6,3 millions d'euros de dédommagement, a déclaré ce vendred le ministre tchadien de la communication, Mahamat Hissène.



"Nous estimons qu'en obtenant le transfert des Français (condamnés) du Tchad en France, la France assumait aussi la charge des dommages et intérêts", a expliqué le ministre.



Arrêtés en octobre 2007 à Abéché (Est du Tchad) et jugés dans la capitale N'Djamena, les six Français de l'association l'Arche de Zoé avaient été condamnés le 26 décembre 2007 par la Cour criminelle de N'Djamena à huit an de travaux forcés et à verser "solidairement" 4,12 milliards de FCFA (6,3 millions d'euros) aux familles des 103 enfants que l'association avait tenté d'exfiltrer vers la France.



"Les enfants doivent recevoir les bénéfices des dommages et intérêts"



En attendant, le Tchad a débloqué "il y a quelques jours" 1,5 milliard de FCFA (2,3 millions d'euros) pour les familles, a précisé Mahamat Hissène.



Il ajoute: "Le gouvernement estime que les enfants doivent recevoir les bénéfices des dommages et intérêts. Nous préférons avancer l'argent en attendant que la France nous paie".



Le ministre a également nié le versement par la France de sommes au Tchad de manière extra-officielle: "Si la France nous avait donnés l'argent dû, on ne le réclamerait pas à la justice française".



Le Premier ministre français François Fillon avait exclu que Paris paie ces dommages et intérêts: "Il est hors de question que le contribuable français paie six millions d'euros pour des erreurs que la France n'a pas commises", avait-il déclaré le 1er avril.



Cette affaire avait déclenché une vive tension entre la France et le Tchad, le président français Nicolas Sarkozy était venu spécialement en novembre 2007 à N'Djamena où il avait notamment plaidé pour que les accusés soient jugés en France.



Source : L'Express.

 

- L'Arche de Zoé: qui va payer ?
L'Internaute: Vidéo


- L'épilogue de l'affaire Arche de Zoé fait grincer des dents en Afrique.

Qui paiera les 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts dus aux familles des victimes ? demande la presse africaine, unanime pour critiquer vertement la grâce accordée par le président tchadien Idriss Déby aux six membres de l'association.


- Tsjaad wil Franse schadevergoeding voor adoptie-affaire.
Tsjaad heeft van de Franse regering een schadevergoeding geëist van 6,3 miljoen euro.
NRC-Handelsblad.

 

03/04/2008

L'épilogue de l'affaire Arche de Zoé fait grincer des dents en Afrique.

Qui paiera les 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts dus aux familles des victimes ? demande la presse africaine, unanime pour critiquer vertement la grâce accordée par le président tchadien Idriss Déby aux six membres de l'association.


1614685525.jpgLes six bénévoles de l'association L'Arche de Zoé qui s'étaient illustrés dans une tentative rocambolesque d'enlèvements de 103 enfants au Tchad ont été graciés le 31 mars par le président Idriss Déby et sont sortis des différentes prisons françaises où ils étaient détenus. Condamnés à huit ans de travaux forcés par un tribunal de N'Djamena en décembre 2007, ils sont toujours redevables de 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts à verser aux familles des enfants.

 

"L'affaire de L'Arche de Zoé a révélé à quel point cette bête immonde qu'est la Françafrique est coriace. Elle a tellement la peau dure que, chaque fois qu'on la croit atteinte à jamais, elle revient toujours à la charge", souligne l'hebdomadaire Le Bénin aujourd'hui, qui s'en prend violemment à Nicolas Sarkozy et à ses promesses de rupture. "Après de tels marchandages, qui feraient honte au plus vénal des épiciers, osera-t-on encore nous rebattre les oreilles avec la fameuse rupture", insiste pour sa part le magazine sénégalais Nouvel Horizon , qui ajoute que "la lamentable équipée des membres de L'Arche de Zoé prouve que, plus de quarante ans après les indépendances, l'Afrique reste un immense terrain de jeu où une bande de pieds nickelés, au nom d'une fumeuse morale humanitaire, peuvent kidnapper 103 gosses sans risquer grand-chose."

 

Pour le quotidien burkinabé Le Pays, le Tchad est le grand perdant. Si Sarkozy peut se frotter les mains, car les intérêts des Français sont saufs, Idriss Déby n'a pas les moyens de faire pression sur Paris pour récupérer les quelque 6 millions d'euros de l'amende infligée aux accusés, que ceux-ci ne peuvent pas payer. Quant au gouvernement français, il a été clair, "pas un kopeck du contribuable français ne sera engagé dans cette affaire". Et pourtant, rapporte le quotidien, "le président tchadien a tenté de lier le paiement des indemnités à la grâce, en vain". Il ne pouvait pas en être autrement quand on se rappelle qu'au mois de février dernier Paris a sauvé le régime tchadien "contre la horde des rebelles qui tentaient de le renverser".
Alors qui indemnisera les 103 victimes et leurs familles ?

 

Source : Courrier International


Sur le même sujet


-> Les familles tchadiennes doivent saisir la justice française.
Les démarches en France pour récupérer les 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts dus par les six Français de l'Arche de Zoé doivent être menées par les familles tchadiennes lésées, et ne concernent pas les gouvernements, a indiqué jeudi le ministère français de la Justice.

-> Le grand bazar de l’humanitaire
Les exhortations de Bernard Kouchner et consorts sont en partie responsables de la crise, estime un chercheur britannique.

-> AFRIQUE. Que faisons-nous pour nos orphelins ?
Au-delà du scandale et de son exploitation politique, remarque Le Pays, l’affaire de l’Arche de Zoé pose la question de la réglementation de l’adoption dans les sociétés africaines.

-> Tchad. L'affaire Arche de Zoé.
L'historique.

-> L’Arche de Zoé encore ...
Blog "Les droits des enfants vus par un juge des enfants"

-> Le président de l'Arche de Zoé affirme avoir voulu "créer un incident international".
S'exprimant pour la première fois à la radio depuis sa libération, le président de l'Arche de Zoé, Eric Breteau, a affirmé qu'il n'avait aucun regret sur sa mission menée au Tchad. "Sur la légitimité de l'opération, le bien fondé d'organiser cette évacuation, je n'ai aucun regret et si c'était à refaire, je le referai parce que je souhaite faire bouger la cause du Darfour", a-t-il expliqué sur France Info. "Nous avons voulu mener une action concrète et politique parce que l'objectif était de créer un incident international qui oblige la communauté internationale à intervenir sur le sujet du Darfour", a-t-il poursuivi.

Dans une interview accordée au Figaro, Eric Breteau a également affirmé que les responsables gouvernementaux français avaient connaissance de son projet. "Bernard Kouchner était parfaitement au courant de notre opération puisque j'ai rencontré personnellement son conseiller politique et qu'il a partagé mon analyse de la situation au Darfour et surtout mon analyse sur l'impact d'une telle opération qui, forcément, aurait créé une crise internationale avec le Soudan", a-t-il affirmé. Il a dit avoir rencontré "un assistant direct de Catherine Pégard qui est une conseillère très proche du président Nicolas Sarkozy".

"Il était même prévu que Cécilia Sarkozy et [la ministre de la justice] Rachida Dati se déplacent en personne pour accueillir les cent trois enfants à l'aéroport de Vatry", dans la Marne, affirme le président de l'Arche de Zoé, en précisant qu'il compte réclamer "la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion du dossier par les autorités françaises".

ATTAQUE EN DIFFAMATION

Eric Breteau s'est aussi dit "résolu" à attaquer en justice la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, pour ses critiques sur son opération au Tchad. "Je suis résolu à porter plainte contre elle pour diffamation ainsi que pour atteinte à la présomption d'innocence, car elle s'est montrée indigne de sa fonction", a affirmé Eric Breteau dans son entretien au Figaro. Le 26 octobre 2007, au lendemain de l'arrestation au Tchad des membres de l'Arche de Zoé, Rama Yade avait déclaré que le fait d'"enlever" une centaine d'enfants – que l'association disait originaires du Darfour – était "illégal et irresponsable".

Les six Français de l'Arche de Zoé, graciés par le président tchadien après une condamnation à une peine de 8 ans d'emprisonnement, ont été libérés le 31 mars. Dans une procédure judiciaire distincte à Paris, quatre d'entre eux, dont Eric Breteau, ont été mis en examen pour "aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France", un délit passible d'un an de prison et 15 000 euros d'amende.

11:59 Écrit par collectif a & a dans Trafic d'enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, tchad, arche de zoé, humanitaire | |  del.icio.us