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03/03/2013

Au regard de la théorie de l'attachement, vivre l'attachement au quotidien

Le CREAI de Picardie, lieu de réflexions, de débats et de rencontres des professionnels du secteur social et médico-social propose une conférence-débat sur la théorie de l’attachement.

 

Date de la conférence : le lundi 11 MARS 2013, de 14 h À 17 h

Lieu : CREAI DE PICARDIE/IRFFE
Amphithéâtre Alain Segret
12 rue des deux ponts
80044 AMIENS cedex 1

 

La théorie de l’attachement, élaborée par Bowlby puis ses pairs, explique la création du lien qui amène l’attachement entre le bébé et celui (ou ceux) qui s’occupe(nt) de lui (figure(s) d’attachement). Cette théorie donne une part importante aux épisodes de séparation qui peuvent mettre en danger ce processus d’attachement.

Parler d’attachement, c’est parler du sentiment de sécurité (on parle d’attachement sécure ou insécure). Les situations ne permettant pas un attachement sécure et pouvant générer des difficultés d’attachement, voire des troubles de l’attachement sont l’abandon, la négligence, la maltraitance, la séparation de longue durée (hospitalisation, par exemple).

Lorsqu’un enfant présente des troubles du comportement, les difficultés d’attachement ne sont pas l’explication unique de ces troubles. Mais, la qualité de l’attachement (de l’enfant mais aussi du parent ou autre donneur de soin) entrera en compte dans la façon de faire face aux difficultés, aux traumas de la vie.

Il est important de comprendre pourquoi et comment cet enfant s’est construit dans cette insécurité afin de l’aider au mieux en intégrant les conséquences de l’attachement insécure dans la prise en charge des comportements difficiles. C’est pourquoi cette conférence, tout en donnant une grande part aux échanges, abordera les thèmes suivants :

 la théorie de l’attachement ;

 les conséquences d’un attachement sécure ou insécure tout au long de la vie d'un individu ;

 l’implication de l'attachement insécure et des facteurs environnants face aux traumas ;

 les principales difficultés rencontrées au quotidien ;

 l’intégration de l'attachement insécure dans la prise en charge des difficultés du quotidien.

 

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS :

Juliette HALIFAX
CREAI de Picardie
6, rue des deux ponts - 80044 AMIENS CEDEX 1
Tél. : 03.22.66.24.34 - Fax : 03.22.52.61.99
Email : juliette.halifax@irffe.fr

 

Source : l'Institut Régional de Formation aux Fonctions Educatives

 

13/07/2010

France. Quand l'adoption tourne à l'enfer.

Marianne2.jpgEnviron 4 000 enfants sont adoptés chaque année en France.
Des milliers de belles histoires d'amour familial, confortées par une poignée de people exhibant leurs tribus Benetton.
Pourtant, dans bien des cas la greffe ne prend pas et le lien finit par casser dans des drames insoutenables. Enqûete sur un tabou.


Un article paru dans Marianne n° 688 | 26 juin au 2 juillet 2010 | Pages 70 à 77.

 

Pages  1 |  234 |  56 | 7 |

 

Ils en parlent aussi

- Blog de Jean-Vital de Monléon.
- Forum Racines coréennes
- Forum de la CADCO

 

Les enfants adoptés sont-ils plus fragiles que les autres ?

Si la plupart vont bien, l'étude "The Mental Health of US Adolescents Adopted in Infancy" met en évidence un peu plus de troubles du comportement, d'anxiété et de dépression que chez les non-adoptés.
Archives Pediatrics & Adolescent Medicine. Vol. 162 No. 5, May 2008

 

En septembre 2004. la Direction générale à l'action sociale (DGAS) et le Ministère de la Santé avaient décidés de "quantifier" les échecs de l'adoption.  Une étude avait été commandée à la psychosociologue Catherine Sellenet. Pour X et Y raisons, cette recherche a été suspendue. 
Néanmoins, en 2009, Catherine Sellenet publiait son ouvrage "Souffrances dans l'adoption".

 

Quelques livres-témoignages

- L'adoption et sa face cachée, par Christian Demortier
- Dis merci ! Tu ne connais pas ta chance d'avoir été adoptée, par Barbara Monestier
- Une question d'âge, par Evelyne Pisier
- L'enfant adopté. Comprendre la blessure primitive, par Nancy Newton-Verrier

 

 

 

 

 

 

06/06/2010

Le trouble de l’attachement chez la clientèle adolescente du Centre jeunesse de Montréal : comparaison entre jeunes ayant différents types d’attachement

Universite Montreal Papyrus.jpgCe rapport a comme objectif général d’observer et d’identifier l’évolution comportementale, affective, physique, sociale et sexuelle de jeunes ayant un trouble de l’attachement à l’adolescence, afin de se pencher sur les pistes d’intervention à favoriser auprès de cette clientèle. Le suivi et l’histoire de cas de deux jeunes ayant des styles d’attachement insécures différents et des problèmes de comportement sont analysés. Différents instruments méthodologiques ont été retenus afin de recueillir des données : entrevues, observations et questionnaires. Les résultats, obtenus à l’occasion d’un stage en intervention à titre d’agent de relations humaines au bureau Saint-Denis (CJM–IU), démontrent que ces deux jeunes ont des besoins différents, selon l’évolution de leurs problématiques, et que des interventions personnalisées sont essentielles pour aider ces jeunes. De plus, le trouble de l’attachement à l’adolescence semble se cristalliser et accentue le développement de différentes problématiques (problèmes de comportement, lacunes au niveau des habiletés sociales, déficits sur les sphères comportementales, affectives, physiques, sociales et sexuelles). Finalement, la principale piste d’intervention à favoriser auprès d’adolescents ayant un trouble de l’attachement est d’offrir un soutien visant une stabilisation des sphères de sa vie (personnel, familial, école, amis, etc.).




Conclusions



Le trouble de l’attachement à l’adolescence est un sujet peu exploré dans la littérature. Plusieurs chercheurs ont travaillé sur les causes du problème (à partir de la naissance) et des conséquences (à court et à long termes) durant l’enfance. Toutefois, peu de recherches se sont intéressées à comprendre les conséquences du trouble de l’attachement chez les adolescents. Et donc, peu d’études se sont concentrées sur l’élaboration d’interventions efficaces pour ces jeunes.



En fait, spécifiquement sur cette problématique, l’intervention privilégiée dans la littérature est la thérapie individuelle. Toutefois, dans un contexte de suivi en Centre jeunesse, les intervenants doivent développer des stratégies efficaces pour adapter leurs interventions aux besoins de ces jeunes. En effet, il est important de bien cerner les caractéristiques présentes chez ces jeunes afin de personnaliser les interventions.



De plus, le trouble de l’attachement peut être utilisé à outrance si les concepts sont mal saisis. En fait, le trouble de l’attachement s’apparente à plusieurs problématiques (tel que vue dans la littérature). La concomitance de problématique est fréquente chez les jeunes recevant des services par les Centres jeunesse. Ainsi, d’autres problématiques peuvent être confondues avec un trouble de l’attachement (difficultés relationnelles, TDAH, problèmes de comportement, etc.).



Par ailleurs, ce rapport de stage a démontré que le trouble de l’attachement semble se développer à l’enfance et que les problématiques se cristallisent à l’adolescence. Tel que le mentionne le DSM-IV révisé et la majorité de la littérature sur ce sujet, l’attachement se développe à la petite enfance et si ce lien ne se crée pas de manière adéquate, ces enfants risquent de développer un trouble de l’attachement.

 

De plus, travailler avec cette clientèle peut s’avérer ardu. En effet, le développement d’un lien de confiance entre l’intervenant et l’adolescent peut être long à créer. Comme le mentionnait Steinhauer (1999), ces jeunes ne peuvent être forcés à créer un lien d’attachement, il faut aller à leur rythme. En fait, il faut être en mesure de bien planifier ses interventions, prendre plus de temps pour expliquer au jeune la possibilité de changement dans sa vie et créer un lien positif avec ce jeune pour éviter qu’il ne se désorganise. Aussi, un environnement stable est favorable puisque ces jeunes vivent de grandes angoisses à la séparation d’avec des figures d’attachement et des lieux significatifs (Lemay, 1993). Ainsi, dans le contexte d’un suivi social avec un agent de relations humaines, il s’avère fréquent que ces jeunes connaissent de nombreux changements d’intervenants au cour de leur suivi. Bien que ce facteur soit difficile à contrôler, il est essentiel que ces jeunes aient des repères stables.


Pour ce faire, plusieurs moyens peuvent être utilisés : favoriser la stabilité à la maison (pas de changement fréquent de logement, de conjoint (si les parents sont séparés), ne pas impliquer plusieurs adultes dans la vie de l’enfant), la stabilité à l’école (avoir une personne contact, rester le plus longtemps possible dans la même école), établir une routine stable (chaque jour se ressemble, discipline et règles claires, etc.) et développer une relation positive avec une personne significative (le plus possible les parents) en favorisant des contacts positifs (activités, moments privilégiés, renforcement positif, etc.).



Ce rapport de stage a également démontré qu’il existe des caractéristiques semblables et distinctes entre les problématiques du trouble de l’attachement et des problèmes de comportement sérieux. Ainsi, il est important de prendre le temps de bien comprendre ces différences et ces ressemblances pour permettre l’élaboration d’un plan d’intervention pertinent aux besoins de ces jeunes (Lemay, 1993). En fait, un adolescent ayant un trouble de l’attachement a avant tout besoin de stabilité. Les techniques cognitivo-comportementales et celles proposées par Lemelin et Laviolette (2008) et Doucet (2008) semblent avoir permis de stabiliser ce jeune durant sa désorganisation.



Le plan d’intervention doit ainsi répondre à ce besoin. En fait, l’intervention n’est pas la même pour un jeune ayant un attachement évitant (comme Paul). Dans ce cas, l’intervention doit se centrer sur sa faible estime de soi et sur le respect des règles à la maison. Ainsi, bien que ces jeunes avaient des caractéristiques semblables, leurs besoins n’étaient pas les mêmes. Par ailleurs, il reste à démontrer si ces techniques apportent des améliorations sur le comportement et les attitudes à plus long terme.



Par ailleurs, ce rapport de stage présente plusieurs limites. Tout d’abord, le nombre restreint de jeunes ayant un trouble de l’attachement ne permet pas de généraliser les résultats trouvés. Toutefois, il s’avère difficile de trouver des jeunes ayant cette problématique pour deux raisons : les intervenants ne veulent pas confier leur dossier à de nouveaux intervenants car la création d’un lien thérapeutique a pris plusieurs mois et les jeunes ayant un trouble de l’attachement semblent plus se retrouver avec un suivi en centre de réadaptation. De plus, les interventions avec ces jeunes sont sommaires. En fait, dans les deux cas, l’intervenant fut continuellement appelé à gérer des crises et donc, n’a pas eu la chance d’intervenir directement sur la problématique centrale de ces jeunes.



En ce qui concerne les outils utilisés pour cibler les différentes caractéristiques du trouble de l’attachement, la grille pour identifier les comportements, raisonnements et attentes des adolescents ayant un trouble réactionnel de l’attachement s’avère très inclusive. En fait, elle est si inclusive que même des adolescents n’ayant pas un trouble de l’attachement peuvent s’y retrouver. Néanmoins, elle permet d’observer des comportements à identifier chez les jeunes en difficulté et de mieux cibler les pistes d’interventions à privilégier.



Cette recherche a permis de mieux cerner la problématique du trouble de l’attachement à l’adolescence et de comprendre les caractéristiques de ces jeunes afin de proposer des interventions plus adaptées à cette clientèle. D’autres recherches, avec un plus grand échantillon, devraient s’intéresser au développement d’un plan d’intervention basé sur les besoins de cette clientèle afin de permettre le développement d’habiletés sociales favorisant l’instauration de relations interpersonnelles saines.



Source : Rapport de stage d'Amélie Filiatrault-Charron présenté à la Faculté des études supérieures en vue de l’obtention du grade de Maître en criminologie option stage en intervention.
Université de Montréal. Date publication juin 2010.

 

 

En savoir plus sur les troubles de l'attachement.

 

 

 

09/03/2010

Les enfants adoptés en Ethiopie finalement abandonnés

Ils venaient d'Éthiopie. Très vite, leurs parents adoptifs s'étaient sentis dépassés. Jusqu'à l'abandon. Le couple était poursuivi, hier, à Nantes, pour soustraction à ses obligations légales.
Les mots du procureur de Nantes sonnent comme une gifle : « Ils resteront parents de ces enfants qu'ils le veulent ou non, jusqu'au bout de leur vie ». Mais ils ne veulent plus. La mère, enseignante en collège, le père, administrateur de société, refusent tout contact avec leurs deux garçons, aujourd'hui sur le banc des victimes.


Ils ont entre 12 et 13 ans. Abandonnés en Éthiopie, ils l'ont été une seconde fois par ce couple adoptif. « On a voulu créer un lien affectif, mais on a été submergés par les difficultés matérielles », explique posément la mère. Son mari : « La première semaine s'est bien passée puis les relations se sont dégradées. » Le couple décrit des enfants difficiles, violents, qui font pipi partout. « Une demi-heure avant d'aller au travail, fallait nettoyer. » La présidente s'étonne : « Vous avez voulu un enfant absolument. Cela n'a pas marché. Un peu comme dans une démarche de consommation, on rejette le produit pas conforme. »


« La moins pire des solutions ! »


Les parents ressassent leurs difficultés. « Très rapidement, on a demandé un soutien psychologique pour les enfants. » Mais la musique est différente à l'école, chez l'assistante sociale, la puéricultrice... L'institutrice s'inquiète d' « une absence de tendresse des parents, d'un mode éducatif rigide ». Malgré tout, l'adoption plénière est prononcée sans réserve.


En 2003, le couple donne naissance à une petite fille. La vie de famille se complique un peu plus. « Ils dégradaient tout à la maison. » Les deux garçons sont placés. Trois mois plus tard, les parents sollicitent leur abandon. Refus. « On était au bout du rouleau. On a donné pendant quatre ans, on n'a rien reçu. C'était la moins pire des solutions ! » Ils coupent donc les ponts. « On savait qu'ils ne grandiraient pas à la maison. Pourquoi recréer un lien artificiel ? »


Depuis, ils versent 400 € pour l'éducation des enfants mais n'exercent pas leur droit de visite. C'est pour cela qu'ils sont jugés. Les enfants les écoutent, sursautent, ravalent leur colère. Le plus grand veut dire quelques mots. S'il faisait pipi, c'était parce qu'il était enfermé dans sa chambre. Le procureur tonne : « Ils se sont soustraits à leurs obligations légales. C'est inadmissible. » Il requiert un an avec sursis.


« La loi n'est pas la morale », plaide Me Boog, l'avocat des parents, qui se place sur le terrain juridique. Selon lui, les parents ont rempli leurs obligations légales, c'est-à-dire l'autorité parentale et les frais d'entretien. C'est tout. Le reste ? « Sans doute pas moral », mais pas
« sanctionnable ». Relaxe, plaide-t-il. Le jugement est mis en délibéré au 29 mars.


Source: Ouest-France | 09 mars 2010

 

- Adoption éthiopienne tourne mal
Un couple d'Australiens a abandonné leurs enfants adoptés éthiopiens aux mains des autorités après avoir été incapable de surmonter le fait que ces enfants étaient plus âgés que ne prétendaient les officiels africains.
Les deux enfants, qui ne peuvent pas être identifiés pour des raisons juridiques, étaient âgés d'environ deux et quatre ans de plus que ce qui est indiqué sur leurs documents et ils ont été adoptés par une autre famille australienne. Les parents qui ont renoncé à l'adoption ont dit qu'ils n'avaient pas les compétences pour traiter des enfants plus âgés et lesdites autorités devraient avoir vérifié les âges. Les enfants leur ont aussi dit qu'ils avaient un frère (ou soeur) plus âgé - un fait non déclaré dans la documentation sur leurs origines.
Détails dans l'article en anglais Ethiopian adoption went awry dans The Australian | 10 mars 2010
Via Fabriquée en Corée.



- Royaume-Uni. Un enfant sur 15 ne réussit pas à créer des liens avec sa famille adoptive.
Le nombre d'enfants adoptés dont les nouvelles familles se décomposent ont doublé au cours des cinq dernières années, [...] Ils suggèrent que près d'un enfant sur 15 qui sont adoptés par les nouveaux parents ne parviennent [...]
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- Elle a abandonné son fils adoptif, qui ne "s'attachait pas". Pendant 18 mois, une mère a lutté pour se relier avant la renonciation de son enfant.
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- Un diplomate néerlandais accusé d'abandonner sa fille adoptée
L’opinion lui reproche d’avoir abandonné Jade, sa fille adoptive de 8 ans. Cette petite Sud-Coréenne a été adoptée à l’âge de 4 mois, alors que Meta Poeteray, la femme du diplomate, se croyait stérile. Après l’adoption, elle a mis deux garçons au [...]
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- Enfants adoptés, l'envers du décor
Ministère de la Santé se sont décidés à "quantifier" les échecs de l'adoption, ils n'imaginaient pas un tel résultat. [...] l'abandon." Franck se raccroche à l'association d'aide aux enfants adoptés qu'il veut fonder pour faire comprendre aux [...]
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27/01/2010

Quitter Haïti en catastrophe ne peut être qu’un traumatisme surajouté pour des enfants qui ont vu leur pays s’effondrer

Via Osi Bouaké
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Le point de vue de Bernard Golse, pédopsychiatre

Quitter Haïti... oui, mais comment ? (ou d’un tremblement de terre à l’autre)



Une fois de plus, hélas, l’amour risque de faire ses ravages, ou plutôt l’amour mal compris ! Quitter Haïti en catastrophe, ne peut être qu’un traumatisme surajouté pour des enfants qui ont vu leur pays s’effondrer - dans toutes les acceptions du terme.


Quitter son pays, soudainement, quand celui-ci se trouve en plein désastre, ne va de soi – bien évidemment – pour personne. Quitter son pays en plein désastre pour être accueilli par sa future famille d’adoption, à l’autre bout du monde, pose encore davantage de problèmes, et ceci même en cas de « dossiers déjà finalisés », selon le terme que nous ressassent à l’envi les media dégoulinants de bons sentiments dont on sait à quel point ceux-ci peuvent se révéler à double tranchant !


Faire le voyage tout seul, transiter par des aéroports étranges et surtout inconnus, être empêché de s’exprimer authentiquement du fait d’une gangue de pseudo-bonté « politically correct », être accueilli entre deux portes par des parents angoissés, tout ceci ne peut que venir aggraver le fait central qui tient en ceci, que mal quitter son pays d’origine, ne prépare en rien à bien arriver dans son pays d’accueil.


Qui peut dire si ces enfants ne s’en voudront pas toute leur vie d’avoir abandonné leurs familles d’origine ou les adultes qui prenaient soin d’eux, dans des souffrances qui leur auront été, à eux évitées, mais au risque de se sentir coupables d’être rescapés et survivants ? Que l’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas, puisque, bien sûr, je me réjouis, comme tout un chacun, que ces adoptions aient pu, en dépit de tout, être menées à bien.


Je dis seulement que les circonstances exceptionnelles - et extraordinairement douloureuses - qui viennent de survenir, devraient nous amener, vis-à-vis de ces enfants en instance d’adoption, à laisser, paradoxalement ( ?), un petit peu plus de temps au temps afin qu’ils aient le temps de penser, de parler et d’écouter, urgence absolue, à mes yeux, avant même que de partir.


Tout enfant, quel que soit son âge, a le droit de comprendre ce qui arrive, ce qui lui arrive. Les mots, mais aussi les gestes de tous les jours, sont le vocabulaire d’un texte qui ne peut être compris dans l’instant, et qui a besoin de temps pour faire son chemin dans l’esprit de ces enfants gravement traumatisés.


Comment quitter son pays dévasté, comment quitter ceux qui ont veillé sur soi avant et pendant la catastrophe qui est venue redoubler la catastrophe première de l’abandon, sans savoir ce qu’il en est vraiment, et ce qu’il advient de ce pays et de ces personnes ? Les souvenirs futurs ne peuvent jamais être apaisés qu’en prenant le temps, maintenant, d’inscrire dans sa mémoire ce qui vient de se passer et à quoi on ne peut rien.


Vouloir absolument protéger les enfants de cette étape, ne traduit, à mon sens, que la peur des adultes des enfants qu’ils craignent eux-mêmes d’avoir été et dont ils se disent, souvent à tort, qu’ils n’auraient peut-être pas su vivre et supporter l’insupportable. Telle est cette peur tenace de l’enfant qu’on craint soi-même d’avoir été, qui nous empêche de renoncer à notre pouvoir sur les enfants, sous le prétexte fallacieux qu’ils n’auraient pas les ressources personnelles suffisantes pour faire face, pour faire face d’abord et toujours. Cet impossible renoncement à notre pouvoir sur les enfants ne fait, au fond, que traduire cette part d’agressivité et d’ambivalence foncière envers l’enfance qu’on prive si souvent d’actualiser ses compétences en proclamant sa vulnérabilité, et en se précipitant de vouloir toujours la protéger de tout danger externe, au risque d’intensifier, du même coup, les menaces et les insécurités internes. Il n’ y a jamais d’urgence à partir.


L’urgence est d’avoir le temps de voir, et de savoir… afin de savoir ensuite qu’on n’est pas coupable de ce qui a eu lieu, ni coupable de partir. Il me semble que si l’on parvient à envoyer plus de 15000 soldats pour maintenir un semblant d’ordre social, on aurait pu, peut-être, trouver quelques centaines de personnes aptes à parler aux enfants, à mettre des mots sur les images, et à offrir les gestes susceptibles de restaurer leur confiance dans la relation. Mais peut-être est-ce là trop demander … La précipitation, par essence, arrive toujours la première ! D’un tremblement de terre à l’autre, c’est toujours de la Terre-Mère dont il s’agit, c’est-à-dire des images parentales qu’il est, finalement, si difficile de quitter, si facile de perdre, mais aussi si délicat de construire ou d’édifier.


Bernard GOLSE
Pédopsychiatre-Psychanalyste / Chef du service de Pédopsychiatrie de l’Hôpital Necker-Enfants Malades (Paris) / Professeur de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Université René Descartes (Paris 5) / Inserm, U669, Paris, France / Université Paris-Sud et Université Paris Descartes, UMR-S0669, Paris, France / LPCP, EA 4056, Université Paris Descartes / CRPM, EA 3522, Université Paris Diderot / Membre du Conseil Supérieur de l’Adoption (CSA) / Ancien Président du Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles (CNAOP) / Président de l’Association Pikler Loczy – France / Président de l’Association pour la Formation des Psychothérapeutes Psychanalytiques de l’Enfant et de l’Adolescent (AFPPEA).



Publié sur OSI Bouké 27.01.2010.

 

- Commentaires intéressants de Sandrine Dekens, psychologue spécialisée en ethnopsypsychiatrie
[“Agir dans la précipitation serait absolument catastrophique” - Blog Le Monde - Haïti après le séisme - 18 janvier 2010]


"Hervé Boéchat du SSI est quelqu’un de toujours très intéressant et pertinent. Pour avoir bien suivi l’affaire de l’arche de Zoé (et pris la parole à cette occasion), j’ai l’impression qu’il y a cette fois, davantage de prises de position de la part des professionnels du champ et également de la part de parents adoptants, que nous sommes de plus en plus nombreux à exprimer nos réserves face à l’adoption comme "compulsion" au sauvetage d’enfants."

"Je reviens sur l’article du SSI particulièrement censé et intéressant [L’adoption ne doit pas être une réponse émotionnelle à la catastrophe]
Boéchat y formule une inquiétude que je partage quant à l’état psychologique dans lequel seront les enfants haïtiens adoptés à leur arrivée en France. Ce sont des enfants en état de fort stress post-traumatique lié à la catastrophe et aux conditions de survie, qui vont se trouver propulsés dans un autre monde, alors que la plupart d’entre eux n’ont jamais approché physiquement une personne blanche. En tant que psychologue, je m’interroge sur leurs capacités psychiques à surmonter cette accumulation de traumatismes, et affirme qu’il est indispensable que ces enfants soient vus par des professionnels dès leur arrivée, qui les aideront à surmonter ces épreuves. Certains parents ne tarderont pas à s’en apercevoir car l’enfant traumatisé montrera qu’il va mal (plaintes et atteintes somatiques, cauchemars et terreurs nocturnes, problèmes cognitifs et affectifs, dépression, agitation etc.). D’autres ne manifesteront pas toujours de réaction au trauma, mais le traumatisme créé une fragilité psychique susceptible d’être violemment réactivée des années plus tard, au détour d’un événement qui peut paraitre anodin. Nous savons combien la capacité à dépasser un état post-traumatique et pour grande partie liée à l’inscription dans un groupe, un collectif social (cf Cyrulnik, Moro, Feldman, etc), qui donne sens aux événements, et où l’individu partage le même destin social que ses semblables. Les enfants haitiens traumatisés vont se retrouvés isolés, éloignés de leurs semblables, et donc privés de certaines capacités de récupération. Ils auront sans conteste, besoin de soins."


Source : OSI Bouaké. 21.01.2010.

 

- Traumatisme et adoption, un regard clinique. Sandrine Dekens.
Les événements récents survenus en Haïti amènent aujourd’hui des enfants de ce pays à arriver en urgence en France pour y être adoptés. Cette succession d’épisodes bouleversants dans la vie d’un enfant conduit à un cumul de risques traumatiques, non équivalents entre eux, très fortement susceptibles de produire une importante blessure psychique, qui peut rester invisible et qui nécessite une prise en charge professionnelle sans délai. Après la publication du texte de Bernard Golse sur ce sujet (Lire son article du 25/01/10), j’ai souhaité lui emboiter le pas et revenir sur les conséquences cliniques d’un tel cumul.
La suite sur OSI Bouaké | 29 janvier 2010


Haiti Position Unicef 2010.jpg- Adoption et protection de l'enfance en Haïti : la position de l'Unicef

La protection des enfants d’Haïti est une priorité de l’Unicef. La situation à Port-au-Prince et dans les environs rend les enfants restés sans soutien parental ni familial particulièrement vulnérables.
Ce contexte favorise l’activité des trafiquants, ceux qui facilitent l’adoption illégale ou ceux qui essaient d’exploiter la situation et de contourner les standards nationaux et internationaux de façon à sortir pour leur seul profit les enfants du territoire haïtien.
Des informations sur de telles pratiques sont déjà en cours d’investigation.
Communiqué Unicef France | 28.01.2010

 

- Communiqué de SOS Villages d’Enfants quant à l’adoption internationale à la suite du tremblement de terre en Haïti
Lors d’une urgence catastrophique comme celle du tremblement de terre en Haïti, des images d’enfants blessés et vulnérables, affamés et traumatisés, éveillent de grandes émotions. Nombreux sont ceux qui réagissent et souhaitent donner instinctivement à ces enfants ce qu’ils ont perdu en apparence : la sécurité, l’amour et une famille aimante. Dans de telles circonstances, les demandes urgentes et les offres d’adoption sont nombreuses et compréhensibles.
SOS Villages d'Enfants International | 25/01/2010


- Tremblement de terre en Haïti :  Le cas de l'adoption internationale.

Position du Centre international de référence pour les droits de l’enfant privé de famille (SSI/CIR). 18 janvier 2010.

 

- Adoption is a last resort. L’adoption ne doit être que la dernière chance, le dernier recours.
Marlène Hofstetter, Terre des hommes
La priorité est la protection des enfants.

 

- Amnesty International sur Haïti : Les droits humains doivent être au coeur des efforts de reconstruction
...
Amnesty International a dressé une liste de points sur lesquels tous les acteurs concernés devront être particulièrement vigilants au cours de la phase de distribution de l'aide d'urgence et des premiers stades de la reconstruction :

Protection des enfants contre les violences, l'exploitation et la traite
Les enfants sont parmi les membres les plus vulnérables de la société et, lors d'une crise humanitaire, leur vulnérabilité augmente de façon significative en raison de la violence, des exactions, de la séparation des familles ou du handicap. La séparation des familles et la destruction des écoles et des villages ont laissé des milliers d'enfants privés de leur environnement protecteur. Sans lui, ils risquent de devenir la proie de réseaux de trafiquants et d'exploiteurs qui opéraient déjà en Haïti avant le tremblement de terre.
Des enfants séparés de leurs familles pourraient être considérés à tort comme orphelins et faire l'objet de procédures irrégulières d'adoption. Selon la Convention de La Haye sur les adoptions internationales, l'adoption internationale ne doit être envisagée qu'en dernier ressort, lorsque toutes les alternatives à l'intérieur du pays ont été épuisées et seulement après constat par les autorités compétentes de l'absence de parent ou de tuteur pour s'occuper des enfants. Le risque existait déjà avant le tremblement de terre mais il pourrait être amplifié maintenant, étant donné l'intérêt manifesté par les familles d'autres pays qui souhaitent répondre à la détresse des enfants orphelins d'Haïti en les adoptant. Les institutions haïtiennes n'étant pas en mesure dans la plupart des cas de déterminer si l'adoption est la solution la mieux adaptée et de veiller au respect des droits des enfants, des réseaux d'adoption illégaux pourraient se développer. Les autorités haïtiennes, avec le soutien de la MINUSTAH (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti), doivent s'assurer que des mécanismes et des garanties appropriés sont mis en place pour empêcher que des enfants ne soient emmenés hors de leur pays sans passer par une procédure légale complète d'adoption internationale.
News Press | 28.01.2010

 

- Le Conseil des droits de l'homme débat de l'importance d'une approche fondée sur les droits de l'homme après le séisme en Haïti
...
M. DERMOT CARTY (Fonds des Nations Unies pour l'enfance - UNICEF) a fait remarquer que l'ampleur du séisme à Haïti a eu un impact extrêmement important sur les enfants haïtiens, dans un contexte où la réalisation des droits de l'enfant était déjà compliquée. Ces enfants font aujourd'hui face à des risques accrus de malnutrition et de maladie, ils sont vulnérables à la traite et à l'exploitation sexuelle. Le représentant de l'UNICEF a attiré l'attention sur la situation particulière d'enfants qui se retrouvent aujourd'hui sans parents, sans famille, des enfants qui sont plus que jamais vulnérables au trafic ou à l'adoption illégale. Avant le séisme, un nombre alarmant d'enfants étaient orphelins ou abandonnés, surtout pour des raisons économiques, a-t-il rappelé. Les enfants des rues, ainsi que ceux travaillant comme domestiques, étaient également nombreux. La vente et le trafic d'enfants faisaient malheureusement partie de la réalité. Avec le séisme, les préoccupations d'UNICEF pour tous ces enfants se sont accrues.

Le représentant de l'UNICEF a souligné l'importance de répondre rapidement à cette situation. Il faut enregistrer ces enfants et promouvoir la réunification avec leur famille. Il est impératif d'interdire que des enfants haïtiens soient sortis illégalement du pays. Cette préoccupation, déjà soulevée par l'UNICEF avant la catastrophe, est aujourd'hui plus forte que jamais. Il faut empêcher les séparations non nécessaires avec les familles. Il faut nourrir les enfants, les loger et leur offrir un soutien émotionnel. L'UNICEF s'engage dans ces efforts.
Source: United Nations Office of the High Commissioner for Human Rights (OHCHR)
ReliefWeb | 27 Jan 2010


- L'adoption n'est pas de l'aide humanitaire. Opération "Baby Lift" à Haiti.
Via United Adoptees International - News.

06/01/2010

Devons-nous envoyer en internat notre fille adoptive, qui vole et qui ment ?

psychologiecom.jpgNous avons adopté, il y a quatre ans, une enfant roumaine de 8 ans. Très vite, elle a présenté des « troubles de l’attachement » (vols, mensonges, violence). Notre famille est malmenée. Le pédopsychiatre qui la suit depuis trois ans préconise l’internat. Aidez-nous. Paule - Grenoble.

 


La réponse de Claude Halmos. Psychanalyste.


Votre lettre, Paule, m’a fait me poser beaucoup de questions. Non pas par rapport à vous, mais par rapport aux professionnels qui s’occupent de votre fille.

 

Cette enfant en effet a déjà subi, à 12 ans, plus de traumatismes graves que bien des adultes. Elle a vécu la perte de ses parents biologiques ; connu les orphelinats roumains, dont on sait qu’ils ne sont pas des modèles d’humanité, l’arrachement à la langue qui a été celle de ses premières années et enfin l’arrivée dans une famille qu’elle ne connaissait pas. Vous étiez prêts à l’aimer ? Certainement. Mais pensez-vous qu’avec une histoire pareille, un enfant puisse encore croire un adulte et lui faire confiance ? Elle s’est mise à mentir, voler et se montrer violente ? Cela n’a rien d’étonnant. Elle ne fait que reproduire ce qu’on lui a fait.

 

La vie lui a volé ses « parents de naissance ». On lui a sans doute menti plus souvent qu’à son tour. Quant à la violence, outre celle inhérente à sa situation, les orphelinats roumains n’en sont pas exempts… Or, au lieu d’écouter sa souffrance (et la vôtre), on pose un diagnostic déshumanisé : « troubles de l’attachement ». On vous conseille d’ignorer ses provocations et, pour vous protéger, de la mettre en pension, c’est-à-dire de lui faire vivre un nouvel abandon.

 

Mais comment n’aurait-elle pas des difficultés à s’attacher ? Qui s’est attaché à elle ? Qui s’est préoccupé de ses attachements de bébé ? Un enfant adopté, Paule, arrive dans sa famille adoptive avec son histoire et il la répète toujours. Il faut donc d’abord aider ses parents adoptifs à comprendre qu’ils ne sont pas en cause. Leur donner les moyens d’analyser ce que suscite chez eux l’attitude de l’enfant. Et faire avec eux et ce dernier un travail pour décrypter ses comportements de façon à pouvoir reconstituer son passé, le lui restituer et lui permettre de le dépasser. C’est-à-dire de retrouver la force de prendre à nouveau le risque d’aimer.

 


Source: Psychologie.com

04/01/2010

Comprendre l'attachement et les troubles de l'attachement. Vivien Prior, Danya Glaser.

Comprendre l attachement et les troubles de l attachement Vivien Prior Danya Glaser.jpgCe livre fait le point sur la théorie de l’attachement et ses implications dans la pratique thérapeutique. Les auteurs Vivien Prior et Danya Glaser sont des professionnels de référence en Angleterre dans le domaine de l’attachement et de la prise en charge des enfants et des jeunes qui présentent des troubles de l’attachement.




Le Mot de l'éditeur

Ce livre fait le point sur la théorie de l’attachement et ses implications dans la pratique thérapeutique. Les auteurs sont des professionnels de référence en Angleterre dans le domaine de l’attachement et de la prise en charge des enfants et des jeunes qui présentent des troubles de l’attachement.

La première partie reprend la théorie de l’attachement, la classification des attachements, les facteurs influençant l’organisation et la validation de l’attachement à travers les cultures, le tout appuyé par de nombreuses références et études réalisées dans différents pays.

La deuxième partie, après avoir présenté des notions de statistiques adaptées à la recherche en psychologie, développe les différentes méthodes d’évaluation de l’attachement, tant chez l’enfant que chez l’adolescent ou chez l’adulte, ainsi que les techniques d’évaluation de la qualité des soins donnés par les parents ou d’autres soignants.

La troisième partie montre les liens qui existent entre l’organisation et la sécurité de l’attachement et le fonctionnement des individus, enfants ou adultes.

La quatrième partie s’intéresse aux troubles de l’attachement et aux recherches réalisées dans ce domaine encore controversé. Après avoir présenté les résultats des recherches, les auteurs montrent comment la notion de troubles de l’attachement peut être conceptualisée. S’opposant à certaines déclarations excessives, elles plaident pour une approche scientifique basée sur la théorie de l’attachement et sur les résultats des recherches entreprises.

La dernière partie définit ce qu’est une intervention basée sur l’attachement et ce qui ne l’est pas. Elle décrit diverses interventions thérapeutiques qui ont pour but de favoriser la formation d’attachements sécures entre l’enfant et son(ses) soignant(s).


Nouveauté à paraître, indisponible à ce jour. Date de sortie :  février 2010


Source : FNAC.

 

- Comment se spécialiser pour soigner les troubles de l'attachement?
Geneviève, psychologue
guidesocial.be, le forum des professionnels |Secteur santé mentale | 04.01.2010.

15:25 Écrit par collectif a & a dans Livre - Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : troubles de l'attachement | |  del.icio.us