31.01.2012

Espagne. L'affaire des bébés volés. Baltasar Garzon, poursuivi à la demande de deux associations d'extrême droite.

Baltasar Garzon, poursuivi à la demande de deux associations d'extrême droite, est accusé d'avoir enfreint la loi d'amnistie votée en octobre 1977, deux ans après la mort de Francisco Franco, qui était censée imposer un pacte du silence sur les années noires de la guerre civile (1936-1939) et de la dictature (1939-1975). A 56 ans, poursuivi pour abus de pouvoir, Baltasar Garzon risque vingt ans d'interdiction d'exercer, une peine qui mettrait fin à sa carrière. Son procès doit se poursuivre mercredi avec les premières auditions des 22 témoins représentant les familles de victimes.

Le magistrat a d'ailleurs profité de sa déposition pour souligner qu'il n'existait "aucune donnée sur la guerre civile", et que son instruction avait finalement reposé sur le travail d'associations et sur des témoignages pour chiffrer le nombre des disparus à plus de 114 000.

Le dossier ouvert par Baltasar Garzon, mondialement connu pour avoir fait arrêter l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres, lui a valu l'inimitié des milieux conservateurs qui l'accusaient de raviver de vieilles blessures.
Mais les familles de disparus ne cessent de dénoncer l'absence de volonté de l'Espagne de faire face à son passé, en dépit d'une loi votée en 2007 afin de réhabiliter les victimes.

Un dernier scandale en date a fait surface l'an dernier lorsque des familles ont commencé à témoigner sur le sort de bébés volés pendant la dictature, une pratique qui a donné lieu à un véritable trafic jusque dans les années 1980.

La suite dans Le Monde.

11.01.2012

Tchad : l’Arche de Zoé avait-elle agi avec l’appui "en sous-main" du président Nicolas Sarkozy ?

sarkozy.jpgL’opération montée en octobre 2007 par l’ONG française l’Arche de Zoé - la tentative avortée de faire sortir 103 faux orphelins du Tchad en vue d’une adoption en France - pourrait bien avoir été "publicitaire", pour populariser la cause du Darfour (la province soudanaise voisine) auprès de l’opinion publique européenne et française en particulier, avec un appui "en sous-main" du président Nicolas Sarkozy, affirme un livre paru mardi.

Selon les auteurs, François-Xavier Pinte - le "deuxième pilote belge" qui avait recruté un collègue, Jacques Wilmart - et le journaliste Geoffroy d’Ursel, un "faisceau d’indices" laisse penser que Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner, ont pu couvrir les préparatifs de l’opération, sans en avoir "la preuve irréfutable".

Ils citent notamment dans cet ouvrage, intitulé "Sarkozy dans l’avion ? Les Zozos de la Françafrique", le fait qu’une lettre de garantie pour la location du Boeing 757 qui devait emmener les enfants d’Abéché (est du Tchad) à Vatry, près de Reims (nord de la France), était signée par le frère du président, François Sarkozy, qui dirigeait la société pharmaceutique Paris Biotech Santé.

Quant au président de l’Arché de Zoé, Eric Breteau, il affirmait agir avec le parrainage de Cecilia Sarkozy, l’épouse du chef de l’Etat. Et les 25 membres de l’ONG ont effectué, après leur arrivée au Tchad, le vol entre la capitale, N’DJamena, et Abéché, en avion "Transall" de l’armée française, ont indiqué les deux auteurs lors d’une conférence de presse à Bruxelles organisée par les Editions de l’Arbre. Les membres de l’association avaient été condamnés pour enlèvement au Tchad en 2007 avant d’être grâcié par le président de ce pays africain en 2008.

Belga
Source : Tchadpages


Historique de l'affaire "Arche de Zoé" au Tchad

10.11.2011

Enquête sur le scandale des bébés espagnols volés. Un incroyable trafic d'enfants.

enfants voles du franquisme.jpgDu franquisme aux années 80, 300 000 bébés espagnols ont été volés à leur famille pour être revendus.
Le documentaire inédit de Caroline du Saint tente de faire la lumière sur ce terrible secret.


La Une propose le jeudi 10 novembre 2011 à 21.50 une enquête surprenante, nourrie de témoignages bouleversants, sur un trafic de bébés volés en Espagne qui a commencé sous la dictature de Franco et qui a duré près de 50 ans : Bébés volés : l’incroyable scandale, un documentaire de  Caroline du Saint

Un incroyable scandale, c’est le mot : 300 000 bébés ont été volés à leurs mères au cœur de l’Europe, pour alimenter un incroyable trafic d’enfants. Le scandale, qui  vient d’éclater en Espagne, est devenu une affaire d’Etat. Des enfants, aujourd’hui trentenaires, partent à la recherche du secret caché de leurs origines et des milliers de plaintes ont été déposées. Le film rend la parole à ces enfants et à leurs mères dépossédées, réduits au silence pendant des décennies. Il nous mènera aussi chez les responsables du trafic : médecins, religieux, qui exercent encore mais qui vont aujourd'hui rendre des comptes.

Tout a commencé en 1940 sous la dictature de Franco. Les nouveaux nés des familles républicaines étaient enlevés à leurs mères pour être élevés dans des familles franquistes. Voler des bébés était alors un projet politique : « rééduquer » les enfants des « rouges » dans les valeurs nationalistes et catholiques.  Dans les années 50 et 60,  la politique a fait place à la morale chrétienne. Les bébés étaient enlevés à des jeunes filles mineures ou des mères célibataires, à qui on annonçait la mort de leur enfant juste après l’accouchement.   Mais plus incroyable encore, ces vols de bébés ont continué, à plus grande échelle encore, sous la démocratie... Les réseaux mis en place sous la dictature ont perduré,  l'argent a remplacé les idéologies et le trafic s’est même internationalisé. Cet incroyable commerce illicite ne s’est interrompu qu’en… 1987 ! De 30.000 bébés volés sous la dictature, on passe à 300.000 enfants enlevés dans l’Espagne moderne. Ce trafic fut rendu possible par la complicité entre institutions religieuses et cliniques privées. Pour avoir une idée de l’ampleur de ce trafic, un exemple : dans les années 80, une clinique privée de Madrid a déclaré 37 décès de nouveaux nés en un mois sur une centaine de naissances, avec des causes de décès aussi farfelues qu’une otite. 37 décès ou plutôt 37 bébés arrachés à leur mère. Petit à petit des langues se sont déliées et aujourd'hui, les bébés volés d'alors sont devenus des adultes et réclament la vérité. Une gigantesque enquête ADN a été lancée pour tenter de renouer les liens entre ces enfants en quête de réelle identité et leur mère biologique. Des milliers de plaintes ont été déposées, plusieurs centaines sont en cours d'instruction. Les premiers procès devraient avoir lieu dans quelques mois. Et une cellule « bébés volés » a été constituée au sein du ministère de la justice espagnol.

Ce documentaire est une enquête fouillée sur ce système occulte ; une enquête nourrie de témoignages forts des victimes du scandale (enfants volés, mères spoliées, parents adoptifs) et d’images poignantes des premières retrouvailles dans les familles recomposées. Une enquête surprenante sur un incroyable scandale au cœur de l’Europe. Production : Capa Presse TV

 

Le samedi 12 novembre 2011 à 21.05 sur La Trois. Le doc sera suivi à 22.00 de 'Ninos' de José-Luis Penafuerte

Entre juillet 36 et mars 39, la guerre civile espagnole a provoqué l'évacuation forcée de plus de trente mille enfants espagnols, des enfants qui avaient entre 4 et 14 ans, par trains, bateaux, camions ou à pied.Par la suite ces enfants ont été accueillis en Belgique, en Russie, au Mexique, en Angleterre et en France. Autant de routes, d'arrêts et de chemins d'espoir, qui les ont amené vers un nouveau destin, une nouvelle survie, une nouvelle vie. Depuis lors, ils sont appelés Los niños de la guerra, une histoire tombée dans l'oubli.Le film est avant une introspection à travers la mémoire intime et collective de ces " enfants " oubliés. Il évoquera l'itinéraire de Emilia Labajos (Belgique), et rappellera les faits mais jamais il ne nous écrasera avec un excès de vieux documents, évitant de nous tourner vers son passé et d'y rester. Ce film nous conduira dans les espaces où une mémoire se construira sous nos yeux, une mémoire vivace et douloureuse qui se bat contre l'oubli

Source: RTBF